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interviewC dans l'air· 31 juillet 2021 68 min

Pécresse - Bertrand : l'été meurtrier #cdanslair 30.07.2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Qui sera le candidat de la droite en 2022 ? Car Xavier Bertrand n'est plus seul. La primaire à droite semble bel et bien lancée avec déjà deux participants, Valérie Pécresse mais aussi le professeur Philippe Juvin en attendant d'autres prétendants. Alors question, le processus ira-t-il à son terme ? Quelle est la meilleure stratégie ? La primaire ou l'aventure solitaire ? Peut-on envisager deux candidats à droite pour la prochaine présidentielle à savoir Xavier Bertrand est le vainqueur de cette primaire qui est le mieux placé pour avoir une chance de gagner l'élection présidentielle et avec quel programme ? Qu'est-ce qu'être de droite aujourd'hui ?

Quels sont les marqueurs, les valeurs de ce parti ? C'est le sujet de cette émission, de ce C'est dans l'air intitulé Pécresse. Bertrand, l'été meurtrier. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir de recevoir Dominique Régnier. Vous êtes directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, la Fondapol, professeur à Sciences Po et auteur du 21e siècle du christianisme. C'est aux éditions du CERF. Louis Ozelter, vous êtes journaliste politique chez Marianne. Je signale votre livre, Marion Maréchal, le fantasme de la droite. C'est aux éditions du Rocher.

Isabelle Véramasson, vous êtes directrice de recherche au CNRS à l'université Paris-Dauphine, spécialiste de la communication politique. Et enfin, Émilie Zapalski, vous êtes communicante politique. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Dominique Régnier, on commence avec vous. Dans neuf mois, moins de neuf mois maintenant, c'est l'élection présidentielle. On ne sait toujours pas qui sera le candidat de la droite. Qu'est-ce que ça raconte d'abord de ce parti, du parti Les Républicains ? Et est-ce inquiétant ?

1:51
Invité

En tout cas, c'est spectaculaire parce que les noms que vous avez prononcés, à l'exception de Philippe Juvin, mais qui n'est pour le moment pas encore un ténor, ce n'est pas quelqu'un qui ne sait pas faire offense que de dire ça, qui pèse encore beaucoup. Aujourd'hui, à moins de neuf mois, les LR n'ont pas de candidat et n'ont pas l'ombre d'un candidat, puisque Valérie Pécresse n'est plus au LR, Xavier Bertrand non plus, on le sait. Et on ne voit pas, de la part des LR, une candidature se profiler.

C'est d'autant plus frappant qu'on rappelle, chacun s'en souvient, qu'en 2017, les LR, pour la droite de cette tradition-là, les LR en l'espèce, ont été pour la première fois éliminés du second tour. Là, c'est comme s'ils avaient du mal à être dans le premier tour. Donc, il y a une sorte, je dirais, de signe d'une crise profonde. Il me paraît, moi, d'un point de vue au moins logique, certain que les LR doivent avoir une réponse à cette question. Arriveront-ils à soutenir, en tant que LR, une candidature ?

Ou vont-ils se départager dans une primaire à laquelle Xavier Bertrand ne participera pas, mais qui peut faire, au fond, amener les LR à devoir soutenir un candidat qui serait issu de leur rang et qui serait opposé à Xavier Bertrand et aux autres candidats, ce qui serait évidemment meurtrier ? Donc, voilà, c'est quand même une situation que je trouve, moi, sans précédent et qui confirme que, cinq ans après, pratiquement, l'élection d'Emmanuel Macron, ni la gauche, pour le PS, mais là, on parle des LR, ni les LR n'ont réussi à se réorganiser, à se reconstruire. Ils apparaissent très faibles, à ce jour, en tout cas, à l'approche du premier tour.

3:28
Présentateur

Oui, Ozelter, ça veut dire que Xavier Bertrand n'a pas réussi son pari, qui consistait à être le candidat naturel de la droite. Je veux dire, il n'a pas réussi, puisque c'est parti, il y a une primaire qui semblait être lancée à droite, à côté de lui. Et puis aussi, parce que, pour l'instant, dans aucun sondage, Xavier Bertrand ne perturbe le duel Macron-Le Pen. C'est quand même important. Le candidat naturel, c'est quand même celui qui est qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle, ce qui était toujours arrivé à la droite, jusqu'à la défaite de François Fillon en 2017.

Et le pari de Bertrand, qui était un pari gaullien, de rencontre d'un homme et du peuple, qui était de dire, moi, je ne passe pas par la primaire, je vais directement à l'élection présidentielle, et je serai candidat quoi qu'il arrive. C'est ce qu'il a essayé d'installer, si on est ironique, on dirait qu'il a déclaré sa candidature un certain nombre de fois, au cours de l'année écoulée, pour tenter, justement, d'installer cette présence. Le fait qu'il est candidat a pu gagner aussi en notoriété et en connaissance de sa personne et de son image. C'est ce qu'il a essayé de faire.

Alors certes, il est le mieux placé, si l'on compare dans les sondages des différents prétendants de la droite, mais il ne perturbe pas ce fameux duel Macron-Le Pen pour l'instant. Et cette stratégie qui consistait à vouloir creuser l'écart n'a pour l'instant pas marché. Il comptait sur l'été pour le creuser un peu plus, mais Valérie Pécresse a accéléré son calendrier en déclarant sa candidature, non pas à la fin de l'été, mais il n'y a pas très longtemps. Il y a d'autres candidats depuis à cette primaire. Et tout ça conforte la stratégie de Pécresse et des autres candidats à la primaire. C'est de conforter justement cette idée qu'il y aura bien un mode de départage à droite.

Donc, Xavier Bertrand devra affronter un collectif, des gens qui disent « Nous, nous sommes pour dialoguer entre nous, pour avoir un mode de départage et pas pour jouer individuel. » Et vous allez voir que c'est le reproche qui va lui être fait en boucle cet été à la rentrée. Alors, Émilie Zapanski, est-ce que vous pouvez d'ailleurs nous décrypter la stratégie de Xavier Bertrand qui, face à l'adversité, n'accorde aucune interview dans les médias ? On essaye de l'avoir, ils refusent. Ils se posent sur les réseaux sociaux devant des TGV Ouigo, c'est les TGV low-cost, on va peut-être le voir. Il fait attention de ne pas être devant le TGV chic, le inouï.

Tout ça est délibéré et sciemment orchestré.

5:33
Xavier Bertrand

Alors, je pense que c'est travaillé, oui. Je ne suis pas complètement d'accord avec ce que vous disiez. Je pense qu'il prend de la distance, justement, vis-à-vis de ce micmac qui s'organise difficilement au niveau des Républicains. Cette primaire, pas primaire, quel candidat, comment on va faire ? Il y a un candidat à l'extérieur des LR, c'est celui qui, pour l'instant, est quand même le mieux placé. Il se met à distance. Il a, en effet, tapé du point plusieurs fois. C'est vrai que sa candidature, on avait l'impression qu'il l'a répétée quasiment tous les jours pendant une période. Ça y est, il arrête.

Il fait partie des élus, des candidats à côté d'éventuellement Emmanuel Macron, s'il se déclare enfin, de Marine Le Pen. Il se positionne complètement autrement, ailleurs, plutôt que ces petits, entre guillemets, des Républicains qui cherchent encore à savoir quel candidat. Je pense que c'est assez sciemment. Et il y a un autre objectif. Prendre de la hauteur en faisant sa parole rare. Voilà, tout à fait. Et aussi, ne pas être en frontal, attaquer frontalement Valérie Pécresse, qui maintenant s'est déclarée, de la même façon. Ne pas se justifier sur ses arguments, d'autant plus que les lignes ne sont pas si différentes que ça, entre Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.

Donc, il n'a pas intérêt à y aller trop tôt. Il y a un autre argument, il me semble, qui semble plaider pour ne pas trop parler. C'est le pass sanitaire et toute la question sanitaire. Difficile actuellement pour l'opposition de parler. Et d'ailleurs, on n'en entend pas beaucoup, à part un peu Marine Le Pen sur les mesures liberticides. C'est compliqué quand même de se positionner dans cette crise sanitaire avec ce virus qui revient cet été. On voit mal comment il pourrait attaquer le gouvernement ou comment il pourrait remettre en question les mesures qui sont actuellement prises. C'est assez difficile.

Il me semble qu'il attend un petit peu la séquence suivante qui sera probablement à la rentrée, peut-être un peu plus économique, un peu plus sociale, pour reparler et revenir en selle, mais toujours dans cet habit de candidat et pas de marasme républicain primaire.

7:23
Présentateur

Alors Isabelle Véramasson, pour l'instant, donc deux candidats déclarés. Il y a Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse ou Philippe Juvin, mais qui fait plus une candidature de témoignage, comme on dit. Qu'est-ce qui les différencie, Xavier Bertrand et... Je crois que vous... Ah ben vous avez la colle. Au jeu des sept différences et Valérie Pécresse. Je crois que vous l'avez dit. En tout cas, il y a des points communs. Ça, c'est vraiment frappant quand même. Ce n'est pas évident. Les deux sont sortis du parti majoritaire, les LR. Ils font chacun créer leur petite structure.

Les deux sont présidents de région, c'est-à-dire que ce sont quand même des notables, ce sont des ténors, et qu'il s'agit maintenant des détriers. Et ensuite, ils ont des thèmes de campagne qui ne sont pas si différents que cela. Ça, c'est les points communs. On pourrait dire qu'ils ont des points communs, c'est-à-dire qu'ils ont les mêmes conceptions de l'existence. On pourrait dire gaullisme social, quelque chose comme ça. Vous avez utilisé le mot gaullisme. Peut-être que Valérie Pécresse l'utiliserait moins, mais finalement, quelque part, c'est les deux. Ils sont niés à l'extrême droite des LR. Alors, s'ils se ressemblent autant, ça n'est qu'une question d'ambition personnelle ?

En revanche, ils sont quelque chose. Comme disait Ségolène Royal en 2007, il suffit de les regarder. Et la différence apparaît. Elle a dit ça après un débat avec Dominique Strauss-Kahn. Et Laurent Fabius a dit que la différence entre les trois, regardez-moi, c'est évident. C'est une femme. Et là, effectivement, le fait que Valérie Pécresse soit une femme, c'est un argument majeur qu'elle n'a même pas besoin de répéter. Puisque comme le dit Ségolène Royal, c'est évident. Elle a la chance que n'avait pas... Elle le dit. Elle le dit. Elle disait l'air l'autre jour que les élections sont en neuf mois, c'est le temps d'une grossesse. Ça serait sa quatrième, si j'ose dire.

Je crois qu'elle a trois enfants. Et puis, donc, c'est une femme. Et le fait d'être une femme, c'est encore un peu différent de ce que c'était en 2007. Il y a cette référence absolue qui est Angela Merkel. Et pas du tout à droite, d'une certaine manière. L'autre référence négative qui est évidemment Mme Thatcher, enfin négative, plus compliquée en tous les cas. Donc, elle a la référence à Angela Merkel. Et puis, le fait d'être une femme, aujourd'hui, après les campagnes que nous connaissons, prend au-delà de la question de l'identité, elle prend presque un ensemble de valeurs. Et ces valeurs, pourquoi pas Valérie Pécresse les portera.

Et là, forcément, puisque c'est en elle qu'elle porte ces valeurs, ce sera différent de celle que porte Xavier Bertrand. C'est un argument qui lui permet de se défaire de ce qu'on disait des tribatouillages électoraux, de ce que les Français détestent, toute stratégie personnelle qui ferait qu'elle serait là, alors qu'elle pense exactement la même chose que Xavier Bertrand, elle porte en elle, dans son corps, dans son apparence, dans son identité, quelque chose que les autres n'ont pas. Comme l'héritière, donc, enfin, l'Angela Merkel française.

Elle est une femme, elle est Angela Merkel, elle porte le care, elle porte la compréhension, elle porte tout ce que, paraît-il, nous les femmes, nous avons... Le care, le soin. Alors, justement, nous l'avons suivi, Valérie Pécresse, puisqu'à droite, donc, le combat est déclaré maintenant à la présidentielle entre Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Donc, d'un côté, nous avons le nordiste qui refuse de passer par les primaires, de l'autre, la francilienne qui, elle, se plie au jeu du collectif, un duel en plein été avec deux styles très différents, ce reportage d'Ambrine Bida et Arnaud Faura.

10:37
Invité

C'est un éléphant derrière moi, c'est un éléphant, c'est des machines à nantes, c'est tout simplement de la magie.

10:42
Présentateur

Xavier Bertrand en mode selfie sur les réseaux sociaux. Moi, celle qui m'a impressionnée, c'est Marie-Pierre avec ses talons comme ça, là.

10:50
Valérie Pécresse

Valérie Pécresse en plein shooting. Une même ambition, mais deux styles de communication bien différents.

10:57
Invité

On est à quatre jours, mais peut-être qu'avec de l'ombre, ça marche ?

11:00
Valérie Pécresse

L'ombre. Valérie Pécresse veut absolument l'éviter. Ce jour-là, opération séduction au poste frontière de Saint-Ludovic à Menton.

11:09
Invité

Allez, madame Pécresse. Par ici.

11:11
Valérie Pécresse

Sans les masses, on peut ou pas ? Les journalistes sont bien évidemment présents.

11:16
Invité

Bonjour, la réserve opérationnelle.

11:18
Locuteur

Bonjour.

11:19
Invité

Bonjour. Donc vous êtes tous de la réserve opérationnelle ? Je suis de la réserve. Bravo. La candidate rencontre les policiers chargés d'empêcher le passage des migrants. De plus en plus nombreux à tenter la traversée depuis l'Italie.

11:31
Valérie Pécresse

Pour passer de présidente de région à présidente de la République, Valérie Pécresse mise sur la sécurité et la lutte contre l'immigration illégale. Mais elle se défend de chasser sur les terres du Rassemblement national.

11:45
Invité

Ce que je dis, c'est que moi, je veux de l'ordre et de l'humanité. Et que Marine Le Pen, elle, elle parle des problèmes, mais elle ne veut ni l'ordre ni l'humanité. Et vous parlez d'ordre, mais est-ce que vous n'avez pas l'impression justement que les différents candidats de la droite partent un peu en ordre dispersé ? Au contraire, on est plutôt tous en train de se rassembler derrière l'idée d'une démarche collective. En tout cas, moi, je soutiens l'idée d'une démarche collective. Ce que je dis, c'est que les Français ont le droit de choisir le ou la candidate qui les représentera à l'élection présidentielle pour la droite et le centre.

12:16
Valérie Pécresse

L'organisation d'une primaire, pas si simple. Xavier Bertrand a déjà annoncé qu'il l'a refusé, au risque de faire échouer la droite. Éric Ciotti le met en garde.

12:28
Invité

La peur n'évite pas le danger. Il y a toujours ce risque. On l'a vu par le passé. Mais je crois profondément et sincèrement que ça ne se passera pas. Parce que je connais celles et ceux qui sont engagés et je connais leur esprit de responsabilité. Ils savent très bien que celui qui pourrait faire perdre n'aurait plus aucun avenir.

12:55
Valérie Pécresse

Pas de quoi inquiéter le cavalier seul de la droite, boosté par sa réélection à la tête de sa région.

13:04
Présentateur

Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français. Des Hauts-de-France à la France. Xavier Bertrand se voit déjà à l'Elysée.

13:15
Valérie Pécresse

Et il n'hésite pas à titiller le chef de l'État en visite à Douai au lendemain des élections régionales.

13:21
Présentateur

Je suis heureux de se retrouver ici. C'est important qu'on ait réussi à faire recul de retour le VFM. Je pense que c'est important, ça montre que quand on investit, on y arrive. C'est l'abstention. L'abstention partout. Elle dit beaucoup de choses.

13:33
Valérie Pécresse

Pour s'assurer la victoire, lui aussi a entamé son tour de France. Il partage ses rencontres avec des commerçants, des élus, sur les réseaux sociaux pour se démarquer de sa rivale, Valérie Pécresse. Elle mise notamment sur le fait d'être une femme pour sa campagne. Et elle ne s'en cache pas. Comme lorsqu'elle découvre la liste des présidents de conseil des Alpes-Maritimes.

13:59
Présentateur

Encore un Ébrest qui n'a pas eu le temps de faire une femme.

14:03
Invité

Les femmes au second plan, c'est terminé pour la présidente de la région Île-de-France. Je crois qu'aujourd'hui, toutes les femmes de France doivent pouvoir oser leurs ambitions et pouvoir porter leurs projets.

14:17
Présentateur

Donc je crois qu'il n'y a plus de barrières aujourd'hui à avoir et plus de plafond de verre à avoir. C'est votre cas ? Absolument.

14:24
Locuteur

Merci.

14:25
Invité

Mais je vois que les hommes politiques adhèrent. Ah oui. Voilà.

14:33
Valérie Pécresse

Les Républicains ont lancé un sondage auprès de 15 000 électeurs de droite. Si un candidat obtient une très forte majorité, il n'y aura pas de primaire. Réponse, le 25 septembre.

14:47
Présentateur

Alors, question téléspectateurs. Cite au président de région, Pécresse et Bertrand oublient leurs électeurs pour une campagne présidentielle. Est-ce sérieux ? C'est Nicolas qui pose la question à Paris, Dominique Reynier.

14:59
Invité

Ça fait partie de l'interprétation de l'élection des présidents de région depuis que ça prend une importance croissante. On a même pensé à un moment donné que ce serait un peu comme aux États-Unis. On est gouverneur et après, on peut candidater à la présidence. Il y a un peu cette fonction-là qui peut apparaître. C'est vrai que c'est un peu rapide entre l'élection et la candidature à la présidentielle. Donc ça peut poser un problème. Il me semble que ça poserait surtout un problème dans chacune des régions concernées, plutôt qu'à l'échelle du pays, où là on verra davantage une personnalité... Donc c'est plutôt un atout dans le cadre d'une élection présidentielle.

C'est quand même quelqu'un qui a été... On a, avec l'exemple d'exemple d'exemple d'exemple de Valérie Pécresse, on a deux personnes qui ont été réélus. Et donc ce sont plutôt des champions électoraux, régionaux, mais qui aspirent légitimement à une compétition plus rude. Et puis le reportage était, si vous me permettez, sur un point très intéressant. Il me semble que quand même, la question d'une candidature femme a son importance aujourd'hui dans la société française. C'est quelque chose qui a cheminé, qui travaille dans notre société. Et qui jusqu'ici d'ailleurs, assez paradoxalement, ne pouvait pas être énoncée, puisque la femme candidate était Marine Le Pen.

Et donc on avait une sorte d'impossibilité, apparemment, je le constate, d'associer...

16:23
Présentateur

Je dirais, il est temps qu'une femme soit présidente, parce qu'on pensait immédiatement à Marine Le Pen.

16:27
Invité

Donc là, il y a quelque chose qui vient...

16:29
Présentateur

C'est un bonus pour Valérie Pécresse, bien sûr.

16:31
Invité

Il y a quelque chose qui est sans doute positif pour elle. Et même Xavier Bertrand, j'en suis sûr, devra tenir compte de cette nouvelle réalité dans sa façon de faire campagne, comme dans ce moment-là.

16:38
Présentateur

On reproche à Anne Hidalgo d'être parisienne. Est-ce qu'on pourrait reprocher à Valérie Pécresse d'être élue de la région parisienne ? Alors, je voulais quand même prolonger ce que disait Dominique Reynier. C'est quand même, il y a des choses très spécifiques sur ces élections-là. C'est le fait que les présidents de région aient été élus très peu de temps avant les présidentielles. C'est ça qui change quand même pas mal de choses. Et donc, évidemment, on peut leur reprocher d'autant plus d'avoir été élus et de partir, qu'ils savaient qu'ils allaient partir très peu de temps après. Et dans ce sens-là, Xavier Bertrand, je trouve, a été très habile.

Puisque tout de suite, il a dit qu'il serait candidat aux élections présidentielles et candidat régionales. Il l'avait prévenu. On ne peut pas lui reprocher. Et ça me semble extrêmement important d'avoir quelque part trompé ses électeurs en se faisant élire pour ensuite... Alors que Valérie Pécresse n'a pas eu le courage, mais elle avait une autre stratégie qui était d'attendre quelques temps après son élection pour se déclarer candidate présidentielle. Là, puisqu'elle a décidé d'aller un peu plus tôt, elle est dans une situation un peu compliquée. Parce qu'effectivement, je comprendrais les électeurs de la région Île-de-France.

C'est-à-dire qu'on a élu quelqu'un et finalement, on va avoir quelqu'un d'autre à sa place. Sur le côté parisien de Valérie Pécresse... Alors, sur le côté parisien, alors là, elle a la chance que n'ont pas les autres présidents de région. C'est que Paris, c'est un peu la France quand même. C'est-à-dire que... Mais les Parisiens, c'est souvent une tare pour Anne Hidalgo. C'est un problème pour l'État qui était 75. Anne Hidalgo, son problème, c'est qu'elle n'est que parisienne. Alors que Valérie Pécresse, c'est l'île de France. C'est l'île de France. Donc, c'est mieux. C'est quand même... Sa candidature se ressemble incroyablement à l'identité française.

Louis, aux alters, on peut penser qu'il va y avoir d'autres candidats. On pense à Laurent Wauquiez, puisque vous parliez des régions... Le président de région le mieux réélu, c'est Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes. À droite. Oui, à droite. On se souvient qu'en 2017, on l'a un peu découvert par la suite, il y avait des inimitiés féroces entre les candidats, entre Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, est-ce qu'ils se parlent ? Comment se jauge-t-il tous les impétrants ? Il y a l'inimitié, puis il y a la haine. C'est-à-dire qu'entre... 2017, c'était plutôt la haine.

Alors ça dépend, parce qu'en fait, Sarkozy et Juppé, qui étaient donnés comme les deux favoris, ne se haïssaient pas. Il y avait une forme de respect mutuel, même s'ils étaient complètement opposés, ne serait-ce que leur caractère, leur tempérament, et donc chacun disait pique-pente de l'autre. Mais la vraie haine était plutôt entre Sarkozy et Fillon, en fait, parce que le 5 années de malentendus à la tête de l'État avec un président qui écrasait son Premier ministre, ça avait vraiment laissé beaucoup de traces. Là, c'est pareil, ça dépend des personnalités. Pour l'instant, ce que je peux vous dire, c'est que le camp Pécresse et le camp Bertrand se parlent.

D'ailleurs, Xavier Bertrand a essayé de joindre Valérie Pécresse avant qu'elle déclare sa candidature, en pressentant que quelque chose était en train de se tramer. Valérie Pécresse a fini par lui répondre pour lui dire que oui, elle allait déclarer sa candidature. Donc pour l'instant, les camps se parlent, et je pense qu'en fait, ils sont tous quand même dans le même bateau. C'est-à-dire que la différence avec la dernière fois, c'est que la dernière fois, tout le monde pensait que la droite allait gagner l'élection présidentielle et que le vainqueur de la primaire allait être propulsé automatiquement à l'Élysée. En décembre 2016, Fillon était président de la République.

Donc à la limite, ils pouvaient se permettre de se diviser entre eux parce que quelque part, on pensait avec un peu des œillères, on a pensé que la présidentielle n'allait se jouer qu'entre eux, ce qui était une erreur. Là, cette fois, il n'est pas du tout dit que ce sera la droite à l'Élysée. Au contraire, ce n'est pas l'hypothèse privilégiée compte tenu des sondages en ce moment. En revanche, ils ont une petite chance. Et la dynamique des régionales les a un petit peu remis en selle.

Donc, ils sont en train de se dire entre eux, Wauquiez, Pécresse, Bertrand, les autres, si on se divise à nouveau et qu'on donne un tel spectacle, là, l'électorat de droite, ce qui reste, parce qu'il ne reste pas non plus beaucoup de monde, ce qui reste, c'est terminé pour toujours. On ne leur pardonnera pas des divisions, alors même que, contre toute espérance, ils ont une petite chance d'accéder au second tour de l'élection présidentielle. Si la dynamique se confirme, elle est bien. C'est vrai qu'on a entendu Éric Ciotti dans le reportage dire « Celui qui pourrait faire perdre n'aurait aucun de l'avenir. » Autant en 2017, ils se battaient pour être président.

Là, le risque, c'est de disparaître, au fond. Ils se disent « Notre parti, attention, si on se comporte mal, ça peut être la fin de la droite telle qu'on l'a connue sous la cinquième. »

20:49
Xavier Bertrand

Oui, tout à fait, il y a ce risque-là. On a vu, d'ailleurs, quand on parle des figures ex-républicains, il y en a quand même, si on parle d'Édouard Philippe, par exemple, ou de Bruno Le Maire, qui ont aussi une espèce de charisme auprès de la population française et qui ne sont pas les républicains. Donc, il y a ce risque de voir cette droite tiraillée entre Emmanuel Macron, certains… Il y a des Thierry Mariani aussi au Rassemblement national. Donc, ne plus avoir d'espace, en fait. Et on ne peut pas dire que les figures qui sont là, qu'on voit, les personnalités, se démarquent absolument.

Si on prend un peu de recul, justement, vis-à-vis d'Édouard Philippe ou d'autres, ce ne sont pas des figures… Il n'y a pas de candidat naturel et ce n'est pas la primaire qui va faire un candidat plus fort, plus charismatique.

21:29
Présentateur

Ce que vous voulez dire, Émilie Zapalski, c'est qu'on pourrait avoir des surprises, en fait. Le sondage élabe de juillet pour Radio Classique, Les Echos. Quelle est votre personnalité, enfin, la personnalité préférée de la droite, à droite ? Édouard Philippe arrive en tête. 48% devant Xavier Bertrand, 34%.

21:44
Xavier Bertrand

Vous vous rendez compte, c'est un parti politique qui, toutes les meilleures cartes, elles sont à l'extérieur. Xavier Bertrand, Édouard Philippe, Bruno Le Maire qui fait quand même une belle carrière de ministre de l'économie avec la crise sanitaire sur le dos. Donc, c'est quand même un peu désespérant. C'est quand même un peu désespérant. Après, la question de la primaire, elle est quand même très embêtante. Et on l'a vu d'ailleurs auparavant avec Benoît Hamon qui avait gagné la primaire du PS et qui a fait un résultat déplorable, avec François Fillon pour d'autres raisons. Mais on voit bien que la question de la primaire, ça éloigne un petit peu de l'électorat global français.

C'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est un micmac. C'est nos petites affaires en cuisine. On réfléchit, on voit. On est encore très loin en termes de communication, de l'électorat. Et pendant ce temps-là, oui, il y a des Xavier Bertrand ou il y a d'autres personnalités comme Marine Le Pen, par exemple, le 1er mai qui parlait aux jeunes avec tout un volet social. Il y en a qui commencent à poser des jalons déjà de présidentiel à neuf mois avant. Ça les éloigne un petit peu, ça prend du temps. Et puis, quelle ligne va sortir ? C'est aussi ça, parce que là, on parle des personnalités.

Mais la ligne, il y a quand même une scission assez profonde entre des Éric Ciotti et puis des Valérie Pécresse, même s'il y en a beaucoup moins entre Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. Quelle ligne va émerger ? C'est sûr que ce n'est pas du tout pareil d'avoir un Laurent Wauquiez qui sortirait de la primaire. C'est quand même la vision la plus autoritaire et la plus traditionnelle de la droite que d'avoir une Valérie Pécresse qui serait plus économique, peut-être libérale. Elle l'a dit, elle veut être autoritaire, mais c'est quand même dans la déclaration. Donc, voilà, ça va dessiner aussi cette ligne. Et elle n'a pas l'air du tout claire encore.

On ne voit pas la fusion encore se réaliser.

23:16
Présentateur

Dominique Reynier, est-ce que l'électeur type de LR qui va voter, qui pourrait voter à la primaire, est-ce qu'il s'y retrouve là aujourd'hui avec ses candidats ? Qu'est-ce qui manque ? On pense à Laurent Wauquiez ?

23:29
Invité

Alors, on peut aligner des noms. Et il y a des noms, et je ne dis pas ça de manière péjorative du tout. On peut imaginer d'autres candidatures. Michel Barnier. Michel Barnier. Il y a des noms de personnes. Bruno Retailleau. Absolument, qui sont des personnes très reconnues au sein des LR. Mais je crois que ce qui manque surtout aujourd'hui, et il faudra quand même que ça ne tarde pas trop pour que ça puisse fonctionner, c'est soit une figure qui aimante, qui attire, qui agrège cet électorat avec cette idée que cette fois-ci, c'est cette personne-là. On sent bien que là, ça marche.

soit par une sorte de charisme, de capacité personnelle à faire chef, si je puis dire, soit une personne, et c'est peut-être une des conditions de celle-ci, qui va tenir un discours tranchant, projetant une vision qui peut faire sens, emporter les convictions et provoquer, je dirais, au fond, cette réaction. Enfin, on nous parle. Enfin, on y voit clair. Enfin, on voit ce qu'on a envie de faire ensemble. Pour le moment, on ne l'a pas du tout. On n'a pas non plus une personnalité naturelle qui s'impose. Ça, ça, on l'a déjà dit. On n'a pas non plus ce discours-là. Et c'est surtout ça, je pense, que les électeurs LR attendent.

Si ça ne se présente pas, ils vont rester dans leur chausson, du côté de l'abstention ou bien d'un vote autre. Même si, pour commenter ce que disait Louis-Alter, moi, je pourrais faire l'hypothèse que la droite va gagner la présidentielle. Pourquoi ? On ne sait pas quel est le nom du président, mais on sait que c'est la droite qui va gagner. Oui, c'est ça. Parce que les idées de droite sont larguement représentées sur l'arrivée. La droite, globalement.

25:09
Présentateur

Isabelle Véramasson, sur ce discours, c'est vrai qu'on a voulu prendre une phrase de Valérie Pécresse. Elle l'a dit sur TF1. « Je suis plus réformatrice que Macron et j'ai plus d'autorité que Marine Le Pen. » C'est un discours qui emporte ? C'est surtout un discours qui la positionne. Elle est claire, au moins, c'est-à-dire qu'elle sera la troisième. Il ne s'agit pas d'évoquer quelqu'un d'autre. Mais ce discours sur le candidat naturel qui l'emporte, c'est un mythe. Je veux dire, à part Gérald De Gaulle et Georges Pompidou, aucun des candidats que nous avons eus après n'a été un candidat naturel.

25:46
Xavier Bertrand

Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy.

25:48
Locuteur

Même pas.

25:49
Xavier Bertrand

Emmanuel Macron, puisque c'est tout ça.

25:51
Présentateur

Emmanuel Macron, bien évidemment pas. Non, je veux dire, c'est vraiment quelque chose, à chaque élection, nous avons les cités dédiés qu'il faut trouver un candidat naturel. Il n'existe pas. C'est pour ça qu'on a inventé les primaires. C'est parce qu'aucun candidat depuis... Non, disons alors, je vous accorde Nicolas Sarkozy. Il y a Chirac aussi en son temps.

26:10
Xavier Bertrand

Alors les primaires...

26:11
Présentateur

Alors, à droite, mais à gauche, il n'y avait aucun candidat naturel. Il n'y a pas, à gauche et à droite, des candidats naturels. Est-ce que le fait de passer par les primaires, ça peut donner un bon point à Valérie Pécresse en disant, vous voyez, moi je joue la carte du rassemblement. Alors qu'il est égoïste dans son coin, Xavier Bertrand. Est-ce qu'au moins le cheminement qu'emprunte Valérie Pécresse peut lui apporter un bonus ? C'est une reconnaissance que justement, ce que je disais, c'est qu'il n'y a pas de candidat charismatique, naturel, le fameux homme providentiel à la française, qui n'est pas un signe de démocratie.

Les grandes démocraties n'ont pas d'homme providentiel ou de femme providentiel. Elles ont des structures qui permettent de choisir des candidats. Donc effectivement, accepter les statuts, puisqu'en fait c'est ça, les procédures qui permettent démocratiquement d'y dire quelqu'un, c'est à la fois ne pas se situer dans un personnage que l'on n'est pas, que l'on ne sera pas, que les autres ne seront pas le plus, c'est-à-dire quelqu'un de charismatique, je ne sais quoi. C'est respecter les formes de la démocratie.

Et c'est se replacer aussi, et ça c'est une difficulté pour elles, dans le cadre du parti légitime, le parti qui va lui permettre de faire campagne, de lui donner des moyens, c'est-à-dire LR. C'est quand même très important d'être accompagné par un parti politique. Donc effectivement, c'est une excellente manière de se présenter. Mais ça ne veut pas dire qu'elle n'espère pas, quelque part, qu'il n'y aura pas de primaire. Moi, j'ai cette hypothèse que les candidats acceptent de la primaire. On sait que c'est du bluff et que la primaire n'ira pas à son terme ? Non, non, ce n'est pas du bluff.

Mais c'est quand même l'idée qu'elle déclare qu'elle fait partie du courant légitime, légitimiste, c'est-à-dire j'accepte les règles du LR. Mais si demain, grâce au sondage, ce sont les sondages qui vont faire l'élection, encore une fois, enfin encore une fois comme souvent, si au sondage, elle apparaît comme celle qui va faire gagner son camp, probablement il n'y aura pas de primaire. Personne n'a envie qu'il y ait des primaires. Louis Auxalter, vous disiez tout à l'heure, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ils ont de bonnes relations, les équipes communiquent. Et il y avait même, je me souviens, au moment des régionales, des appels.

Xavier Bertrand disait à Valérie Pécresse, faisons un ticket et Valérie Pécresse avait l'air de répondre positivement. Est-ce qu'on peut imaginer que la primaire n'aille pas à son terme et que ces deux lois, ces deux-là se rejoignent ? La question étant de savoir qui serait le premier ministre de l'autre ? C'est ça, et non, moi je ne l'imagine pas tellement, d'autant que Valérie Pécresse a expliqué son grand argument, de dire pourquoi la femme serait numéro deux, elle l'a déjà dit, etc. C'est l'école du vice, dit-elle, être femme en politique, être vice-présidente, premier ministre.

Et puis surtout, il faut bien voir quand même que, certes, j'irais pas jusqu'à dire que les relations sont bonnes, mais en tout cas, les camps se parlent, c'est un peu plus nuancé, et il n'y a pas une détestation viscérale qui conduirait les lignes à être coupées. Mais quand même, entre ces deux-là, et je rajoute Laurent Wauquiez, c'est quand même, les trois ont été ministres de Nicolas Sarkozy, les trois ont des parcours assez similaires. Bertrand et Pécresse ont une génération, ils ont quelques années de plus que Laurent Wauquiez, mais Laurent Wauquiez, je pense qu'il ne voit pas pourquoi il attendrait son tour et laisserait passer ses... Donc il va y aller pour un quinquennat.

À lire son interview dans le Figaro Magazine ce matin, où il expose l'amorce d'un programme pour la France, ça me fait plutôt dire que, en tout cas, il est très tenté, et que peut-être qu'à la rentrée, il donnera des nouvelles. Mais quand il se compare, je pense que le fait d'avoir été ministre ensemble, d'avoir un parcours un peu similaire, rend difficile mentalement de se dire, « Ce sera lui plutôt que moi, et je vais lui laisser la place. » Nicolas Sarkozy, qu'en pense-t-il ? Pour qui est-il secrètement ? Et se prononcera-t-il ? Et son choix sera-t-il déterminant ? Vous avez beaucoup de questions.

29:37
Invité

Plusieurs sont sous le registre d'une connaissance intime que moi, je n'ai pas. Mais ce qui est certain, c'est que Nicolas Sarkozy, par son rôle historique, par le fait aussi, je crois, moi, que c'est celui qui ne peut pas concourir et que beaucoup regrettent. C'est-à-dire, il répond un peu à ce qu'on disait tout à l'heure. Je ne vais pas revenir sur la question de l'homme providentiel, mais sa personnalité, sa rhétorique, sa façon de faire de la politique, son énergie, sont ceux qui, aujourd'hui, manquent. C'est ce qui manque pour les électeurs de LR. Donc, c'est quand même un peu le deuil de ce profil-là.

Et il va beaucoup peser, sans aucun doute, quand il va parler, quand il va dire, oui, là, on s'y retrouve, là, on ne s'y retrouve pas. Donc, il parlera sans doute. Il parlera sans doute assez tard, parce qu'il ne peut pas commenter non plus l'élection présidentielle. Mais je pense que les militants, les sympathisants… Et si ça lui déplait, il dira, je vote Macron ? Il fera autrement, il sera plus subtil. Mais regardons quand même, vous avez remarqué, vous le savez bien, c'est quelqu'un qui, quand il fait un livre, vend beaucoup ses livres, on le sait. Quand il fait des signatures, il y a beaucoup de monde, tout ça a déjà été dit.

Il reste quelque chose qui est très fort, entre la droite LR et Nicolas Sarkozy. Et donc, sa façon de parler pèsera beaucoup, c'est certain. Et les candidats vont devoir, ils sont, comme le disait Louis aux alters, son ancien ministre de Nicolas Sarkozy, ils vont devoir passer par Nicolas Sarkozy pour avancer au mieux.

31:06
Présentateur

Alors, ce sera sûrement l'un des thèmes de la prochaine élection présidentielle, la sécurité. Il faut savoir que même des partis qui, d'habitude, s'aventurent peu sur ce terrain, en parlent aujourd'hui. C'est le cas du Parti communiste. Cet été, son candidat, Fabien Roussel, sillonne la France en caravane. Nous l'avons suivi dans une étape à 7 dans l'Hérault. Reportage de Léa Dermidjian, David Lemarchand et Éric Chevalier.

31:31
Valérie Pécresse

À Ballaruc-les-Bains, près de Montpellier, une caravane de campagnes couleur flashy. C'est celle de Fabien Roussel. Il se présente en 2022 et il veut que ça se voit. Bonjour. Le candidat accueilli ce jour-là chaleureusement par ses militants, attendu comme l'homme providentiel du Parti communiste.

31:52
Invité

J'avais quitté le parti pendant 19 ans et je suis revenu depuis le dernier convainc. Là, je suis très heureux parce que je retrouve un parti communiste qui a des propositions, qui présente un candidat et qui agit sur l'essentiel.

32:07
Valérie Pécresse

Fabien Roussel auprès de ses militants en terrain déjà conquis. Mais certains l'attendent aussi pour des explications. Il ne digère pas sa présence en mai dernier à la manifestation des policiers.

32:18
Invité

À la télévision, j'étais vu avec des flics ou les trocars chez les fachos, à mon avis. Je pourrais montrer les lettres de remerciement des syndicats de police progressistes, de gauche pour certains, et qui disent « On s'est fait kidnapper la manif par alliance, etc. » Et donc ils étaient très contents, très contents, que justement il y en ait un à gauche qui s'occupe de ces questions-là. J'étais un peu en colère, mais je suis quand même venu ici. Je sais où j'habite, sur cette télé-volée maintenant. « On m'en prend dans plus rien. » « On est une grande famille. » « C'est bien, tu vas très bien répondre. Il faut que tu continues comme ça. »

32:53
Valérie Pécresse

Entre camarades sans rancune, mais la position de Fabien Roussel a de quoi déconcerter. La sécurité chasse gardée de la droite et de l'extrême droite, alors que vient y faire Fabien Roussel ?

33:05
Invité

« Le thème de ma campagne, c'est pas la sécurité. C'est la sécurité qui s'est invitée dans la campagne.

33:10
Xavier Bertrand

Pour moi, le thème de ma campagne, c'est l'emploi et c'est le pouvoir d'achat. Mais si la question de la sécurité s'invite dans la campagne, aujourd'hui, je vais dire que je suis armé idéologiquement.

33:20
Invité

Parce que justement, j'ai décidé de me saisir du sujet. »

33:24
Valérie Pécresse

Parler sécurité, pas si nouveau chez les communistes. Déjà en 1981, le candidat à la présidentielle, Georges Marchais, en faisait un argument de campagne.

33:33
Invité

« On n'est pas libre quand on ne peut plus rentrer ou sortir de chez soi la nuit tombée toute la journée à l'usine ou au bureau et subir aux travailleurs et aux travailleuses pour que chez eux… »

34:04
Valérie Pécresse

Pour 2022, Fabien Roussel ferait-il du Georges Marchais ? Ce jour-là, parmi les militants, une présence remarquée, celle d'Olivier Marchais, le fils de l'ancien secrétaire du Parti communiste.

34:15
Invité

« Le plus important, ce n'est pas le rapprochement avec mon père. Fabien est bien dans son temps. Mon père est décédé il y a 21 ans. Donc le monde a changé. Les défis auxquels on est confrontés ont changé. »

34:31
Valérie Pécresse

Changement aussi au niveau des résultats. 15% pour Georges Marchais en 1981, quand Fabien Roussel est crédité de 3,5%. Mais pour la première fois en 15 ans, pas d'alliance à gauche dès le premier tour. Fabien Roussel veut faire mentir les sondages.

34:46
Invité

« Il y a beaucoup d'électeurs aujourd'hui qui nous disent, qui me disent qu'ils ne voteront plus jamais socialiste et qu'ils ne voteront plus Jean-Luc Mélenchon. Il y a donc aujourd'hui beaucoup d'électeurs orphelins de candidats à gauche. Ma candidature n'a pas vocation à aller soustraire des voix à d'autres forces de gauche. Elle a vocation à aller en convaincre de nouvelles pour renforcer la gauche. »

35:08
Valérie Pécresse

Pour convaincre de nouveaux électeurs justement, encore faut-il être connu et reconnu. Pour Fabien Roussel, député du Nord, ce n'est pas encore gagné dans les rues de Sète. « Si je vous dis Fabien Roussel ? » « Oui, on connaît. »

35:22
Invité

« Tu connais ? » « Bah oui. » « Tu connais pas si bon. » « C'est pas un acteur ? » « On demande monsieur Roussel, Fabien. » « S'il vous plaît. »

35:31
Valérie Pécresse

« Monsieur, on nous explique que vous allez vous présenter. » « C'est un site de notoriété que Fabien Roussel va devoir combler s'il veut faire mieux que Marie-Georges Buffet en 2007. » « À l'époque, la candidate avait remporté moins de 2% des suffrages. » « Convaincant ? » « Convaincant ! »

35:57
Xavier Bertrand

« Alors, question téléspectateurs.

36:04
Présentateur

Les candidats de gauche comme de droite vont tous aborder le thème de la sécurité. Comment se singulariser ? » C'est Guy Danlin qui pose la question à Émilie Zapalski.

36:13
Xavier Bertrand

« Alors, c'est très compliqué et on le voit bien. Tout le monde se dispute cette thématique qui préoccupe les Français. Mais pas seulement. Je dois le dire quand même. Il y a aussi la santé, l'écologie. Il y a d'autres questions. Mais c'est vrai que tout le monde se dispute cette thématique-là. Et le problème, c'est qu'on a l'impression que ce ressenti des Français de plus en plus de violence, il fait écho à un ressenti d'action. C'est-à-dire que ce qui marche le mieux, malheureusement, c'est celui qui frappe le plus fort. On a eu des mots très forts. « L'ensauvagement » de Gérald Darmanin. « L'été orange mécanique » de Xavier Bertrand. Marine Le Pen aussi.

Valérie Pécresse, qu'on a entendu tout à l'heure. « Je suis plus ferme, je suis plus autoritaire. » C'est que des mots. C'est ça qui est terrible. C'est qu'on a l'impression que c'est à la hauteur des mots et pas des actions. Parce qu'on voit bien que les actions, ça ne fonctionne pas. Là, récemment encore, on annonce 900 millions d'euros de plus pour le ministère de l'Intérieur, pour lutter contre les rixes des adolescents, des choses comme ça, les rodéos urbains. Ça ne fonctionne pas depuis un certain temps. On voit que les violences sont de plus en plus nombreuses.

Maintenant, quand on a dit ça et que, malheureusement, c'est ça qui marche le mieux auprès des Français, c'est-à-dire de parler fort, d'avoir cette surenchère des mots, qui est le mieux placé pour ça ? Malheureusement, c'est Marine Le Pen. Parce qu'elle peut atteindre des niveaux, même si Gérald Darmanin l'avait traité de trop molle sur ces aspects-là. On se souvient d'un débat où il l'avait traité de trop molle sur l'aspect sécuritaire et immigration. Mais malheureusement, c'est elle qui, par sa légitimité de parti, peut aller très, très loin sur le sujet.

37:36
Présentateur

Même si, Dominique Régnier, on a vu dans le sujet que la légitimité, autrefois, ce n'était pas forcément en ORN. On a vu le parti que... Georges Marchais, en 1981, je reprends ces mots, les ouvriers, le soir, ont le droit de vivre dans la tranquillité et la sécurité.

37:49
Invité

Absolument. C'est ce qui, moi, me fait penser que la sécurité n'a pas à être qualifiée de thème de droite. Ce n'est pas ça, le bon critère pour dire qu'il y a une droitisation. La sécurité, chacun sait, dès qu'on y réfléchit un peu, ou parce qu'on le vit, elle manque là où on manque de tout. C'est dans les quartiers populaires que la sécurité est la plus élevée. Là, on n'a pas les moyens de la vidéosurveillance, ou d'une milice privée, ou d'une police privée, ou de caméras intérieures. Enfin, c'est évident, ça. C'est dans les quartiers populaires que l'insécurité est la plus élevée. Ça a toujours été comme ça. Et la gauche prenait ce thème en charge.

On l'a vu, effectivement, en 1981 avec Georges Marchais. Mais c'était une tradition de la gauche d'avoir des réponses fermes en matière de sécurité. Ça s'est un peu perdu du côté du PS dans les années 70 et après. C'est quand même revenu avec des figures comme Jean-Pierre Chevènement, pour prendre un seul exemple. Mais pendant longtemps, la gauche, y compris le communisme, n'osait plus prendre en charge ce thème. Et donc, ce que fait Fabien Roussel, paraît très cohérent avec la réappropriation d'une tradition de gauche. Il le fait d'ailleurs aussi sur d'autres thèmes. Le nucléaire, le pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat, c'est contre la décroissance. C'est aussi une façon de se distinguer.

Et si vous me permettez, Axel Tarny, moi, je voudrais ajouter un commentaire. Le fait qu'il y ait des contacts aujourd'hui, et même des affrontements plus importants entre la police et les délinquants, c'est peut-être que ça ne marche pas, parce qu'on va aller chercher beaucoup plus. Il y a beaucoup plus de policiers qui vont en contact depuis quelques semaines, quelques mois, qui vont perturber des trafics et qui suscitent en réaction des violences qui sont plus nombreuses.

39:25
Présentateur

Les chiffres ne sont pas bons. Hier, le Figaro en faisait sa une. Les agressions avec violences physiques, plus 16% sur les six premiers mois de l'année.

39:32
Invité

Ça, ce sont les chiffres de la délinquance qui sont effectivement très parlants et qui confirment ce qu'on appelle un sentiment d'insécurité. C'est la sécurité que tout le monde peut constater ou peut avoir apporté. Mais je veux dire que, dans la mesure où la police va beaucoup plus au contact, notamment des dealers, il est presque mécanique.

39:51
Présentateur

Il y a une réaction.

39:51
Invité

Il y a une réaction. Et c'est aussi à ça qu'on assiste aujourd'hui.

39:53
Présentateur

Isabelle Véramasson, c'est compliqué quand même, on l'a vu pour le Parti communiste et pour la gauche en général, de se réapproprier ce thème de la sécurité. On a vu dans le reportage à nouveau un militant engueuler, passez-moi l'expression, Fabien Roussel en disant « Ah, t'étais à la manif pour les policiers ». Culturellement, la gauche n'est plus associée à la sécurité. Et ce ne sera pas facile si le débat porte à dessus en 2022. Elle ne l'a jamais hésité. Elle ne l'a jamais hésité. Et aborder ces thèmes-là pour un Georges Marchais à l'époque, comme ensuite Jean-Pierre Chevènement, c'était ce qu'on appelle maintenant la triangulation.

C'est-à-dire ne pas laisser certains thèmes forcément aux partis qui étaient en face, en l'occurrence le Rassemblement national. Donc, il y a des thèmes qui appartiennent à des familles politiques et c'est comme ça. Et parfois, d'ailleurs, ça s'inverse. On sait dans l'histoire que certains thèmes sont passés de la droite à la gauche. La question de la sécurité, elle est effectivement du domaine, dans la trousse de la droite et plutôt de l'extrême droite, même si la gauche a essayé de se réapproprier ce thème. Mais ce qui les différencie, ce sont évidemment les solutions à régler.

On se souvient que Nicolas Sarkozy a diminué le nombre de policiers, alors que traditionnellement, lui, à droite, il aurait dû faire l'inverse. Et en revanche, on a vu d'autres présidents de la République investir dans la sécurité. Donc, il y a le problème de la justice, etc. Donc, ce que je veux dire, c'est que la triangulation est une tactique. La triangulation, c'est la stratégie qui consiste à s'approprier aux autres, enfin, s'approprier à soi la solution des autres. emprunter à l'autre famille politique son thème pour montrer qu'on est aussi fort. Ne marche pas en général, mais elle permet tout de même de ne pas abandonner le thème à l'autre.

Ce que je voudrais dire aussi, c'est que cette question du thème de la sécurité n'est pas toujours là. Quand on a révisé, pour venir chez vous, les thèmes prioritaires qui intéressent les Français, le thème de la sécurité, parfois, il disparaît, presque. Il arrive au 10e. En revanche, d'autres thèmes comme le pouvoir d'achat, le chômage, le terrorisme, par exemple, qui a été récemment, après 2015, c'est l'écologie. On parlait de l'environnement. Pourquoi, en ce moment, c'est le thème de la sécurité qui marche comme en 2002 ? Souvent, c'est lié à des choses qui sont assez anecdotiques. Par exemple, les faits divers.

Les faits divers sont parfois des événements extrêmement marquants dans la conscience des gens. Ce qui est intéressant dans les campagnes électorales, c'est qu'on s'aperçoit que certains thèmes peuvent disparaître. Et tout d'un coup, un autre, parce qu'il va se passer quelque chose, va émerger et va faire la différence. Louis Ozelter, enfin, moi, quand même, je vais citer les chiffres des six premiers mois de l'année. Tentative d'homicide et homicide, plus 12%. Délinquance sexuelle, plus 25%. Escroquerie, plus 29%. Ça touche des départements qu'on imaginait paisibles comme l'Aude, le Vaucluse, le Var et Lyon qui apparaissent en tête.

Est-ce à dire, Louis Ozelter, que la gauche, elle est très ancrée localement ? Est-ce que c'est aussi, maintenant, elle a la culture du local, elle a des municipalités et c'est cette culture du local qui lui fait prendre conscience l'importance de ces sujets et c'est par le local qu'elle sera crédible demain ? Tout à fait. Je pense que ça fait partie de son agrément de taux. Le traumatisme de la gauche sur la sécurité, c'est Jospin en 2002. C'est quand, dans une campagne très marquée par ce thème-là, Lionel Jospin se fait éliminer par Jean-Marie Le Pen et ça vient après des décennies où, effectivement, la gauche s'était désappropriée ce terme.

C'était vraiment le bon terme que vous avez employé parce que quand on voit les images de Georges Marchais, il revendiquait la sécurité comme une politique sociale et comme l'a dit Dominique Reynier défavorisés, les plus pauvres qui sont victimes de l'insécurité. Quand on n'est plus favorisé, on peut habiter au bon endroit, on peut se protéger au mieux et on n'a pas besoin forcément d'un service public pour se protéger. D'ailleurs, Emmanuel Macron ne dit pas autre chose dans le Figaro en avril dernier. La violence s'ancre d'abord dans les quartiers les plus pauvres. Et Gérald Darmanin dit que c'est une politique sociale. Effectivement, ça s'adresse d'abord à ces publics-là.

La gauche, effectivement, revient sur le thème de la sécurité moins par son appareil que par ses élus locaux. Prenez l'exemple élu un petit peu par surprise parce que la campagne a été très serrée et qui tient un discours très musclé sur la sécurité qui en fait est un discours que moi je trouve logique dans la bouche d'un maire d'une ville qui est gangrenée par des phénomènes de délinquance assez inquiétants dans lesquels il y a une résurgence de la délinquance. Et donc, il tient un discours musclé. Il explique que ce n'est pas un tabou, que pour lui, c'est sécurité, laïcité. Il a demandé des renforts policiers. Il a aussi mis plus de policiers municipaux.

Il y a un autre exemple intéressant, c'est un écologiste avec le parti de l'Europe écologie des Verts traditionnellement ne passe pas pour obsédé par la sécurité sous son aspect répressif. Eh bien, le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmique, à l'automne dernier, il a demandé plus de policiers à Gérald Darmanin. D'ailleurs, il les a obtenus. Il a aussi renforcé les effectifs de la police municipale. Et il explique à Bordeaux, qui est une ville qui a découvert l'insécurité ces dernières années, que ce n'est pas un sujet tabou et qu'en tant que maire, il doit s'en préoccuper.

Et ça, ça fait bouger un petit peu, c'est vrai, l'appareil du Parti Socialiste qui était en déshérence et qui cherchait vraiment un nouveau logiciel pour se reconnecter aux catégories populaires qui étaient son électorat traditionnel. Ça fait partie de la réflexion de Fabien Roussel aussi pour démarquer que Jean-Luc Mélenchon qui ne tient pas les mêmes propos. Et ça fait partie d'un débat interne au Parti écologiste entre des élus locaux qui expliquent qu'il faut s'en emparer et un appareil qui explique que c'est un non-sujet. Émilie Isabelle.

45:01
Xavier Bertrand

Oui, je pense que c'est très important cette question que la gauche se réapproprie cette sécurité, cette thématique dans une approche un peu pragmatique, c'est-à-dire pas uniquement répressive et pas uniquement police et de voir les services publics, les commerces, etc. C'est vraiment très intéressant et ça permet aussi de se différencier de... Actuellement, là, ce qui se passe, Emmanuel Macron, malgré lui, a mis en place un état-providence pendant la crise sanitaire. On soutient les entreprises, on soutient les salariés avec le chômage partiel. Difficile d'avoir une ligne économique claire pour un parti de gauche parce que que faire de plus ?

Des milliards qui sont distribués comme ça, le plan de relance 100 milliards d'euros, c'est difficile de faire la surenchère de ce côté-là. Donc, c'est une manière d'attaquer le problème autrement. Mais, encore une fois, moi, je pense qu'il y a d'autres thématiques qui sont importantes comme l'économique, le social et l'écologie et que c'est dommage qu'on focalise toute la présidence. Alors, à l'extrême droite,

45:51
Présentateur

Marine Le Pen tente de faire bonne figure après sa défaite au Régional. Elle semble aussi durcir le ton pour ne pas perdre les électeurs les plus radicaux car un personnage pourrait lui faire de l'ombre en 2022, Éric Zemmour, pas encore candidat mais redouté par le Rassemblement National, décryptage de Juliette Vallon, Arnaud Forat et Nicolas Baudry-Dasson. C'était quelques heures après avoir été réélu à la tête du Rassemblement National. Devant des militants venus de toute la France pour assister au congrès du parti, Marine Le Pen lance sa campagne pour la présidentielle et le message est clair, elle ne changera pas de ligne politique.

46:33
Invité

Nous ne reviendrons pas en arrière. Avec tout le respect que nous avons pour notre propre histoire, nous ne reviendrons pas au Front National.

46:44
Présentateur

Pas de retour en arrière, mais une semaine après la débattre de son parti au Régional, Marine Le Pen n'oublie pas ce jour-là de marteler les fondamentaux pour remobiliser son électorat.

46:56
Invité

Il ne se passe pas de jour sans que des territoires ne sombrent sous la loi des caïds, des islamistes ou des mafias. Les zones de non-droit deviennent progressivement des zones de non-France. L'État doit retrouver sa fonction première, celle d'organiser la sécurité des Français.

47:15
Présentateur

La sécurité, l'immigration, des thèmes chers aux militants visiblement soulagés après le discours de leur chef.

47:27
Invité

J'ai besoin de pouvoir l'avoir réaffirmé ses valeurs, les valeurs du Rassemblement National d'il y a 8 ans et ne pas l'avoir s'éparpiller comme on a pu l'entendre ces derniers temps. Et là, je suis rassuré, elle a vraiment gardé sa ligne.

47:43
Présentateur

Marine Le Pen craint-elle de perdre sa base historique alors qu'un homme, pas encore candidat, pourrait bien la doubler sur sa droite ? Et si Éric Zemmour se lançait dans le grand bain de la présidentielle ? Le polémiste qui fait durer le suspense depuis plusieurs semaines devrait auto-éditer son livre à la rentrée pour y livrer sa vision de la France, une candidature pour l'instant balayée d'un revers de main par les cadres du Rassemblement National.

48:07
Invité

Je ne pense pas qu'il ait un avenir politique important. S'il tend la main au RN, qu'il le fasse. Je pense que ce serait une bonne chose déjà de tendre la main au RN. Nous, ce que l'on veut, c'est quand même que tous ceux qui ont la même philosophie, les mêmes grandes orientations politiques puissent quand même non pas être derrière nous mais être avec nous.

48:33
Présentateur

Eux ont déjà choisi Éric Zemmour plutôt que le Rassemblement National.

48:37
Invité

Et on remue, on ne lâche pas.

48:41
Présentateur

C'est une méthode assez artisanale.

48:43
Invité

C'est les primo militants, on démarre et on se prépare pour la campagne.

48:46
Présentateur

Voici les membres de la génération Z, des étudiants en droit, commerce ou sciences politiques âgés de 20 ans à peine, tous fans de l'éditorialiste d'extrême droite qu'ils n'ont jamais officiellement rencontrés.

48:58
Invité

Nous, on n'a pas de lien avec Éric Zemmour directement. Nous, on espère que nos soutiens, les affiches et toutes les actions qu'on fait lui donnent envie de se présenter et on espère qu'il se présenterait un jour ou l'autre et en attendant qu'on va voir le terrain.

49:10
Présentateur

Le réseau pro-Zemmour qui se veut très visible grâce à ses affiches collées un peu partout en France. Un coup de com' financé par des proches du polémiste, impatient de le voir s'engager pour de bon en politique. Et pour Stanislas, passionné depuis l'adolescence par la rhétorique d'Éric Zemmour, peu importe les nombreuses polémiques et condamnations essuyées par son champion.

49:29
Invité

Je considère que la situation de la France et les enjeux qui vont arriver et qui sont déjà là pour les cinq prochaines années à partir de 2022 sont beaucoup plus importantes que des condamnations en fait pour des incitations à la haine qui sont en plus à l'appréciation des juges.

49:46
Présentateur

Les juges, justement. Éric Zemmour devrait les retrouver le 8 septembre prochain pour provocation à la discrimination et injures raciales. En début d'année, le chroniqueur avait à nouveau dérapé en comparant les migrants mineurs à des violeurs. Alors, question de téléspectateurs. À quel point une potentielle candidature d'Éric Zemmour peut-elle être préjudiciable au RN de Marine Le Pen ? Dominique Régnier.

50:12
Invité

Il y a d'abord un élément qui me paraît important qui est que d'une certaine manière c'était très intéressant parce qu'on le voyait dans le reportage où vous interrogiez un des participants au meeting de Marine Le Pen. D'une certaine manière le discours de Marine Le Pen au fil des années c'est affadis, c'est un peu épuisé, c'est une espèce de routine qui ne crante plus autant. Et Éric Zemmour c'est sans doute ça aussi, c'est-à-dire un discours nouveau, plus carré, plus ferme, plus incisif qui a donc un public, son public. Le niveau est impossible à déterminer aujourd'hui parce que si c'est 5%, 10 ou 15, c'est évidemment pas la même chose.

Mais ce qu'on peut dire sans prendre beaucoup de risques c'est que s'il est candidat, il prendra certainement des électeurs à Marine Le Pen, je crois qu'il compliquera aussi la tâche des LR. Parce que, avec son discours, Éric Zemmour obligerait la droite LR à apparaître sur tous les thèmes de la sécurité, de l'immigration et de la souveraineté notamment, comme une espèce de droite faiblarde, palote, en quelque sorte. Et comme de l'autre côté de la droite, il y a une droite modérée qui est très macroniste encore aujourd'hui, il ne resterait plus grand-chose au fond à la droite LR. Je pense que ça complique le jeu, l'arrivée d'Éric Zemmour pour Marine Le Pen comme pour la droite.

Et ça suppose, pour que ce jeu soit vraiment compliqué par Éric Zemmour, ça suppose un accord entre lui et Nicolas Dupont-Aignan. Les deux candidatures, d'une certaine manière, ne se combinent pas. Elles vont, je dirais, sur le même espace. L'un, Éric Zemmour, avec plus de fraîcheur que l'autre, parce qu'Éric Zemmour a une espèce de popularité du moment. Mais ça veut dire qu'il faudrait que Nicolas Dupont-Aignan accepte de soutenir Éric Zemmour, de passer derrière lui. Et ça, c'est toujours difficile quand on a une organisation politique comme celle de Nicolas Dupont-Aignan.

52:04
Présentateur

Louis, Auzalta, est-ce qu'on connaît le profil des soutiens d'Éric Zemmour, de ceux qui ont envie, qui voteraient Éric Zemmour ? Qui sont-ils ? Grâce à des sondages, et notamment un sondage très intéressant que l'IFOP a fait pour Le Point en juin. Et là, ce qui est intéressant, alors il est donné à 5,5% dans ce sondage, qu'il testait dans une configuration où il y avait Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et un candidat de la droite, en l'occurrence, c'était Xavier Bertrand. Et donc son score est assez peu élevé, 5,5%. Et puis, ce qui est paradoxal, c'est qu'il ne prend quasiment personne à Marine Le Pen. Il prend aux Républicains.

La première victime, c'est effectivement Nicolas Dupont-Aignan. C'est pas la même que l'électeur ? Je vous donne le score d'Éric Zemmour dans les catégories populaires, 4%. Celui de Marine Le Pen, 41%. C'est-à-dire que le réflexe du vote Le Pen qui s'est ancré chez un ouvrier du Nord ou un artisan du Sud pour simplifier un peu sa sociologie électorale, ne se déconstruit pas comme ça en quelques semaines. Il est ancré depuis 5, 10 ans et par ailleurs, il y a un autre coefficient qui joue, c'est la notoriété. Éric Zemmour est un journaliste, chroniqueur, essayiste, quelqu'un qui vend beaucoup de livres.

Il fait aussi une émission où il est un peu suivi mais il est beaucoup moins connu chez des gens qui sont un peu plus éloignés de cet univers-là que des journalistes ou des profils plus CSP+. C'est pour ça la sociologie électorale de Zemmour, pour l'instant... Ce sont les CSP+, des grandes villes. Exactement, c'est un peu plus ça et c'est des gens qui voteraient plutôt LR dans une élection normale. Et j'irais plus loin en disant que le vote Zemmour, à mon avis, c'est le vote du sympathisant de droite très à droite qui ne franchit pas le pas de voter Le Pen, qui ne veut pas voter Le Pen, qui ne le fera pas.

Et là, le vote Zemmour lui apparaît comme un exutoire quelque part à ses idées parce que ce n'est pas voter Le Pen, mais c'est voter pour un essayiste, quelqu'un qui écrit des livres, qui a un profil, qui a une vraie culture générale et historique, c'est incontestable. Donc je dirais que ça apparaît comme ce profil-là, ce débouché-là et c'est pour ça, à mon avis, qu'il prend plus sa l'air qu'à Marseille. Quelqu'un qui écrit des livres, Émilie Zapalski, est-ce que ça veut dire que s'il se présente, il renoncera à ses tribunes dans les différents journaux, à ses livres ? Est-ce qu'il ira selon vous ?

54:03
Xavier Bertrand

C'est compliqué quand même parce que là, on voit en effet une personnalité très installée dans les médias, donc il y a ce public qui en vit très bien, mais pas seulement, qui a cette espèce d'aura grâce aux médias. Ce n'est pas du tout pareil après de se déclarer candidat politique et de ne plus avoir cette tribune-là, que ce soit dans les livres, mais surtout dans les médias. Ça va être très compliqué et probablement, s'il le fait, il attendra le dernier moment pour pouvoir faire campagne entre guillemets en off avec ces médias-là derrière lui. Donc ça, ça va être compliqué.

Moi, ce que je pense, c'est qu'en effet, il a beaucoup de CSP+, de catégorie socioprofessionnelle supérieure derrière lui, mais il peut représenter cette fameuse figure que certains Français attendent et ce n'est pas un phénomène particulièrement français, ça va dans le monde entier, on a vu Trump, quelqu'un d'un peu anti-système, populiste, qui ne soit pas complètement dans la politique et on voit bien qu'il y a cette attente-là. On sent bien qu'il y a cette attente en France, à l'étranger et que ça a fonctionné pour Trump en l'occurrence. Il peut jouer ce rôle-là. Maintenant, il faut voir dans quelle mesure cet élan se crée, est-ce qu'il y va ?

Et puis après, concrètement, il lui faut des soutiens financiers, il lui faut en effet cette tribune médiatique qu'il n'aura plus, il faut la remplacer dans des manifestations, dans des congrès. Il n'a pas été très bon quand on l'a vu chez Mario Maréchal, il n'était pas excellent non plus quand il est en direct avec les gens en salle. et il faudra aussi d'autres compétences qu'il n'a pas et qui, pour l'instant, ne l'intéressent pas tellement comme l'économique. J'ai appris que Loïc Lefloc-Prigent, le conseiller de l'économie pour les nuls, en gros, parce que lui, ce n'est pas du tout un domaine dans lequel il est.

Lui, sa mission, c'est de sauver la civilisation française contre le grand emplacement ou quoi. Donc, c'est beaucoup plus chevaleresque, mais c'est un peu moins ancré dans la réalité et on va avoir quand même besoin de réalité aussi. Isabelle Véramasson,

55:50
Présentateur

ça veut dire que, bon, Marine Le Pen, qu'est-ce qu'elle peut faire là ? Elle croise les doigts en espérant qu'elle n'y aille pas ou est-ce qu'il y a un dispositif anti-Zemmour ? Est-ce qu'elle doit muscler son discours, justement, pour éteindre l'hypothèse Zemmour ? Parce que ça peut la faire trébucher, non ? Bien sûr, moi, je pense qu'il y a un vrai risque pour elle parce que, de toute façon, un ou deux points, on est là. Je veux dire, si elle lui prend un ou deux points, ça lui permet... Enfin, le risque, c'est qu'elle soit troisième. Et c'est vrai pour tous les candidats, mais particulièrement à droite. Donc, Zemmour, je crois que c'est un vrai danger pour Marine Le Pen.

Alors, elle n'a pas beaucoup de solutions. Elle a essayé, avec Nicolas Dupont-Aignan, de gagner ses un points ou deux en lui proposant d'être son premier ministre. On n'imagine pas qu'elle puisse le faire de nouveau et probablement, il ne l'accepterait pas. Donc, effectivement, la seule possibilité qu'elle a, c'est de parler, de lui expliquer à quel point ça servira sa cause. Je ne crois pas qu'elle puisse muscler son discours. On voit bien qu'elle a deux types de discours. Elle a un discours dans les médias où elle est dédiabolisée et dédiabolisante. Et elle a un discours dans les meetings. C'était très frappant. Et d'ailleurs, ses militants étaient contents. Elle est très dure.

Et on sait que ça sortira auprès de ses militants. Donc, elle n'a pas d'autre choix, effectivement, que de croiser les doigts, que de négocier. Et puis, effectivement, elle ne négociera pas beaucoup, mais en sous-main comme ça. Mais je pense qu'effectivement, il aura du mal à guérir. Parce que pourquoi il irait ? Les relations sont mauvaises entre Marine Le Pen et Éric Zemmour ? Elles étaient déjà pas très bonnes parce qu'Éric Zemmour, l'air de rien, disait beaucoup de mal de Marine Le Pen sur les plateaux. Pas fait intellectuel. Pas assez haut niveau. En fait, il avait un peu le mépris de l'essayiste pour la politique.

C'est quelque chose qui existe depuis longtemps dans le paysage français. Et voilà, il y avait des relations tendues. Il se voyait un peu. Et là, je dirais que ces derniers temps, Marine Le Pen est passée de l'amusement forcé à l'agacement avéré au congrès du Rassemblement National à Perpignan où elle en a parlé à la presse. Et elle expliquait qu'elle était devenue la principale cible de Zemmour. Et surtout, là où elle souligne les failles de Zemmour, c'est qu'elle explique que sa pensée, les idées qu'il développe, ne peuvent pas trouver un débouché politique.

Parce qu'expliquer que l'islam est incompatible avec la République, que de toute façon, la France est envahie et se faire prophète de déclin, parce que c'est quand même ce que Zemmour explique, notamment dans le suicide français, c'est qu'en fait, tout est foutu et que donc, on ne peut plus rien faire, se muer en candidat à la présidentielle avec des propositions en ayant tenu ce discours-là, ça suppose quand même une mue assez importante qu'il a commencé à essayer de faire, notamment à travers quelques déplacements, des apparitions sur les réseaux sociaux.

Mais Marine Le Pen pense que c'est le bon moyen de pointer ces failles, c'est qu'il développe encore plus l'idéologique mais qu'il ne se convertit pas forcément en action politique. Pour ça qu'il se prépare Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, peut-on imaginer que Xavier Bertrand se maintienne contre un candidat issu d'une primaire de la droite ? Henri, à Paris, qui pose la question, deux candidats ?

58:39
Xavier Bertrand

De toute façon, il a joué cette carte depuis un moment, l'électron libre. Il a joué aussi cette carte de l'élu, les mains dans le cambouis, avec les Hauts-de-France. Il a installé la 3e révolution industrielle. Moi, je pense qu'il y a des chances qu'il y aille en effet et ça peut même le monter en puissance. C'est comme ça, c'est arrivé souvent

58:56
Présentateur

dans l'histoire de la cinquième à public quand même qu'il y ait deux candidats de droite.

58:59
Invité

Non, pas comme ça. Là, c'est l'assurance que personne à droite ne passe le second tour.

59:05
Présentateur

Comment Xavier Bertrand et Éric Zemmour comptent-ils mener campagne sans parti ni argent ? Alors, Dominique Reynier, ce n'est pas simple ça. Emmanuel Macron a réussi. Est-ce que Xavier Bertrand et Éric Zemmour pourraient se lancer dans une campagne présidentielle sans parti ?

59:19
Invité

Oui, c'est possible, d'autant plus que... Regardez, vous avez cité Emmanuel Macron, mais est-ce que La République en marche existe davantage au terme de son quinquennat ? Pas vraiment. Et il est favori aujourd'hui pour être réélu. Il aura peut-être, s'il est réélu, ce sera le premier président à être élu sans parti, réélu toujours sans parti. Donc, il se passe quelque chose. C'est certain, il se passe quelque chose. Et puis, de toute façon... Donc, les partis ne servent plus à rien. Ça me paraît un peu... Il faudrait revoir ça, mais il y a quelque chose qui touche la fonction des partis.

Et n'oublions pas que la crise sanitaire est anti-parti, si je puis dire, anti-meeting, anti-réunion, anti-serrage de main. Donc, il y a tout un bouleversement des campagnes par la crise sanitaire qui sera là pendant la présidentielle. Et donc, il est possible que la présidentielle se gagne avec des candidatures qui s'appuient plus sur des réseaux, des communications autres que ce que font les partis en général, classiquement. La gauche inexistante

1:00:14
Présentateur

et décrédibilisée, la droite désunie, Macron n'a-t-il pas déjà gagné ? Louis Ozelter, c'est vrai qu'on n'a pas parlé de la gauche, mais eux aussi, ils n'ont pas de candidats, on est à neuf mois. C'est sûr. Et si on s'intéresse moins à eux, c'est parce qu'ils représentent beaucoup moins sur l'échiquier électoral. Si on regarde les plaques tectoniques idéologiques, le pays est plus à droite. Personne ne les voit au second tour. En revanche, là, je vais dire une banalité, mais les scénarios n'ont jamais été écrits d'avance. Il n'est quasiment jamais arrivé que le scénario, ce que les sondages donnaient un an à l'avance d'une élection présidentielle, se produisent.

Et par ailleurs, je pense qu'il va être déterminant. Et ça va avec ce qu'on disait sur cette espèce d'éclatement. Il n'y a plus des grands partis. Chaque candidat peut agréger autour de lui et lancer une aventure présidentielle. Et le ticket pour le second tour est à un niveau très faible. On l'a vu en 2017 où la veille du premier tour, quatre candidats se tenaient à rien du tout dans les sondages. Et finalement, il y a eu Emmanuel Macron et Marine Le Pen. On a même été surpris que Macron arrive en tête alors qu'un an avant, tout le monde voyait Marine Le Pen arriver. Et d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon était persuadé de passer le cap et d'être le fameux second.

Justement, question téléspectateurs, Jean-Luc Mélenchon a-t-il encore le soutien de la France insoumise où est-ce qu'il y a des jeunes en clémentine autin ? En tout cas,

1:01:31
Xavier Bertrand

ce qu'on sent, c'est que Jean-Luc Mélenchon, ça devient un problème pour la France insoumise. C'est quand même ses déclarations, sa personnalité, ça devient quand même difficile. Et c'est vrai qu'on a vu une clémentine autin au régional tenir pas mal quand même la ligne, arriver à se positionner, arriver à vraiment se libérer un petit peu de, j'allais dire, le boulet. Mais il y a un peu de ce côté-là. C'est-à-dire qu'on ne peut pas... Il est très bon par moments et puis il explose en plein vol. Et c'est très défavorable pour la France insoumise. Est-ce utile

1:02:01
Présentateur

de communiquer en plein été ? Ça dépend qui.

1:02:07
Xavier Bertrand

Le gouvernement, il est un peu obligé parce qu'on est quand même en pleine crise sanitaire et ça serait compliqué. D'ailleurs, on l'a vu, dernier Conseil des ministres, lundi dernier, ils étaient déjà sur le pont tous pour aller ici à un bus de vaccination, là ou ailleurs. Donc ça, c'est incontournable pour le gouvernement. Pour d'autres, comme Valérie Pécresse dont on parlait tout à l'heure, c'est intéressant de se positionner, de prendre un petit peu d'avance par rapport à la rentrée qui va avoir une connotation très présidentielle au fur et à mesure. Et puis certains, comme Xavier Bertrand, choisissent la voie du silence pour être un petit peu plus sage et prendre de la hauteur.

1:02:37
Présentateur

Dominique Reynier, alors beaucoup de discussions autour des personnes, mais que fait-on pour l'hôpital, pour l'éducation nationale ou vis-à-vis de l'Europe ? C'est Alain dans l'Aveyron qui s'interroge sur ce que la droite a raconté sur tous ces sujets du quotidien, donc l'école, l'Europe, l'hôpital. Bon,

1:02:54
Invité

ça sera précisément le contenu des programmes, mais là-dessus, d'ailleurs, il y a quelques indications, déjà, puisque Xavier Bertrand a fait une déclaration à la sortie d'un EHPAD qui était en faveur du recrutement de plus de personnel, donc il y avait déjà un positionnement qui a toute une série de conséquences.

1:03:15
Présentateur

À l'opposé de ce que préconisait François Fillon qui voulait tailler dans le nombre de fonctionnaires.

1:03:19
Invité

À l'opposé, exact, tout à fait. Bon, après, il faudra qu'il se distingue avec une proposition pareille, non seulement à droite, mais de la gauche aussi, donc c'est un... Mais ce sera, évidemment, ce sont des sujets. Ça, c'est le programme. Il me semble que ce qui manque le plus aujourd'hui, c'est le projet, c'est-à-dire, au fond, dans quel cadre on inscrit toutes ces mesures qui sont destinées à redresser la situation du pays pour faire quoi quel est notre destin dans cette histoire du XXIe siècle dont on sait très bien qu'elle va être très agitée, sans doute beaucoup plus dangereuse que ce que nous avons vécu jusque-là, comment on se situe.

Il y a la Chine, la Turquie, il y a le réchauffement climatique, il y a des tas de grands défis qui nous dépassent et qui, parfois, nous saturent. C'est ce qu'aujourd'hui, on n'entend pas du tout. Moi, je ne suis pas inquiet sur la possibilité qu'il y ait mille propositions sur tous les sujets techniques qu'un président doit aborder ou un candidat doit aborder. Par contre, la défaillance du projet, ça, c'est une chose qui, du reste, permet d'aménager une place pour des candidatures. On a parlé à l'instant d'Éric Zemmour qui sont peut-être plus davantage sur un discours de ce type, plus projectif et général, civilisationnel que technocratique.

Mais le technocratique, ce n'est pas ce qui différencie beaucoup ni ce qui fait se mouvoir les électeurs.

1:04:34
Présentateur

À part la sécurité, quels sont les principaux thèmes de la campagne, Louis Ozelter ? Est-ce que ce sera le Covid, le chômage, la retraite ? Et qui ça peut avantager selon les thèmes qui seront prédominants ? Alors, ça dépend toujours de l'heure du temps. Le Covid, je pense plutôt en forme de bilan, c'est-à-dire, globalement, est-ce que Macron a bien ou mal géré la crise ? Je pense que ce sera uniquement le prisme parce que les oppositions ont essayé de s'opposer. Ce n'était pas très facile dans un contexte où il n'y avait pas... Donc, ça pourrait favoriser Emmanuel Macron si vous parliez du Covid.

Avant l'arrivée du variant Delta, le camp Macron était persuadé que le bilan allait énormément favoriser Emmanuel Macron parce que le comparatif avec les autres pays sur la fermeture des écoles, notamment, et sur le quoi qu'il en coûte et les aides apportées au secteur économique, allait le favoriser.

Donc, je ne vous dirais peut-être pas la même chose à la rentrée en raison des nouveaux ravages du variant et de la suite qui peut-être nous attend malheureusement, mais certains, en tant qu'on Macron, sont persuadés qu'il est possible de le transformer positivement et que donc un quinquennat qui aura été interrompu aujourd'hui politiquement est quasiment fini parce que même la réforme des retraites, vraisemblablement, ne verra pas le jour dans les prochains mois. Au moins, il y aura peut-être cet actif à mettre au bilan. Mais moi, je pense que les ouils, les sujets sont déjà là qui vont beaucoup porter en fait de façon générale et ça rassemble tous les sujets qu'on a brassés aujourd'hui.

C'est sur le rapport à la mondialisation. C'est ce qui opposait Macron et Le Pen en fait. C'est le rapport fondamental à la mondialisation et à ses effets en termes d'immigration, en termes économiques, en termes de danger de déclassement pour certains territoires et de dynamisme pour d'autres. C'est en fait ce duel, ce clivage presque philosophique dont découle en fait l'intégralité quasiment des grands sujets, pas technocratiques mais effectivement politiques. Donc le même thème qu'en 2017. Eh bien, je pense que ce thème, il est toujours installé. Alors, il n'est pas forcément clarifié et la droite notamment n'a pas réglé ce thème. On ne sait pas ce que Xavier Bertrand pense de l'Europe.

On ne sait pas ce que Valérie Pécresse va faire avec l'Union européenne, comment elle va régler les questions de jurisprudence européenne qui empêchent certaines lois de s'appliquer. Ça, c'est plein de questions qui sont en rapport avec l'Europe et la mondialisation qui sont posées mais la droite n'en parle pas pour l'instant. Alors, je trouve curieux que Michel Barnier ne fasse pas partie des prétendants. Ne serait-il pas crédible ? Isabelle Véramasson, on sait qu'il y en a d'autres qui y pensent. On pense beaucoup à Laurent Wauquiez. Ce sont les... Qui va voter ? Ce sont les sympathisants, les militants LR. Donc, est-ce qu'on a une idée de...

Souvent, on vote pour celui qui représente le mieux ses idées et pas forcément pour celui qui a le plus de chances de gagner ? Ce n'est pas encore fixé, je crois, le... Non, le mode de désignation de ceux qui votent. Or, il est essentiel. Valérie Fécresse l'a encore dit l'autre jour, elle ne veut pas que ce soit un électorat, je ne sais pas comment dire, très restreint aux militants. On voit bien pourquoi parce qu'elle n'est même pas dans le parti. Donc, elle demande une ouverture beaucoup plus grande de la base électorale. Donc, tout ça, c'est là que ça va décider. La primaire de la droite va tout décider.

On l'a vu dans les primaires, c'est la question essentielle, c'est-à-dire qui va voter, quels seront... Et du coup, quand on saura qui va voter et qui seront les candidats, à ce moment-là, il faudra faire un programme qui permet de se différencier ou de s'adresser à un public plus ou moins large. La question de la primaire, si elle a lieu, elle sera décisive et sur les candidats et sur le nombre de candidats, etc. Et surtout sur leur programme parce que c'est en fonction des uns et des autres qu'il faudra se faire élire. C'est la fin de cette émission. Merci beaucoup d'y avoir participé.

Je rappelle que C'est dans l'air et disponible gratuitement en podcast audio sur toutes les bonnes plateformes. On se retrouve demain pour une nouvelle émission. Bonne soirée sur France 5 et à demain.