Mouvement des retraites : et maintenant ?
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Comme vous le savez, l'année 2023 a été marquée par le mouvement des retraites, pour lequel il y a eu des mobilisations quasiment historiques dans la plupart des villes de France, et auxquelles on a toutes et tous participé dans les cortèges syndicaux et politiques. Aujourd'hui, la question se pose de savoir ce qui va se passer maintenant. Et on a, nous, au sein du Parti Socialiste, la volonté de poursuivre ce mouvement des retraites, tout en sachant que cette mobilisation, elle ne pourra pas prendre tout à fait la même forme que celle des manifestations qui ont lieu cette année.
Donc tout le sujet de cette table ronde est de savoir, déjà, de pouvoir analyser aussi un peu cette séquence et surtout les suites dans l'opinion, et de voir aussi, avec les intervenants que j'appellerai successivement et qui constituent cette table ronde qui est très riche, quelles sont les formes de mobilisation syndicale, politique, les deux, que nous allons pouvoir inventer demain. Alors j'ai tout d'abord le plaisir de t'accueillir, Frédéric, pour cette table ronde. Bon, tu es aussi un habitué de nos débats introductifs. C'est toujours un plaisir de t'entendre.
Je vais te donner la parole sur, évidemment, la mobilisation et l'analyse de l'opinion dans l'après-mouvement des retraites, c'est-à-dire quelles ont été les perceptions de l'opinion sur les différents mouvements politiques au sein du Parlement, notamment le débat à l'Assemblée nationale et au Sénat, et aussi les mobilisations syndicales. Et tu pourras ensuite nous exprimer un peu quels ont été à toi tes sentiments par rapport à ce qu'ont ressenti les Français de cette période et la manière dont ils peuvent l'analyser maintenant. Je te passe le micro.
Merci, chère Sarah. Bonjour à toutes et tous. Effectivement, je suis très heureux de venir comme chaque année ici. Beaucoup plus de monde que l'année dernière, je le constate également. Et effectivement, l'idée, c'est de revenir en propos introductif avant les prises de parole de leaders syndicaux et d'élus politiques sur cette séquence réforme des retraites qui, je n'ai pas besoin de vous le dire, a été l'événement majeur de cette première année du quinquennat. Ça me frappe de voir à quel point encore aujourd'hui, alors que les médias n'en parlent plus dans nos enquêtes qualitatives, les Français en parlent. Ça reste quelque chose. Ça reste un acte lourd de cette première année.
Et puis, pendant la séquence janvier-avril, présentation de la réforme par la Première ministre, je crois, le 10 ou le 15 janvier, et jusqu'au vote final, les Français, ça a été leur premier sujet devant même l'inflation qui, on sait à quel point, est un sujet structurant et anxiogène dans le discours de l'opinion publique. Moi, parler de cette réforme, parler de cette séquence d'opinion, pour moi, c'est revenir sur une forme de paradoxe.
Paradoxe parce que, d'un côté, et c'est extrêmement net, et vous me connaissez, je suis plutôt prudent et pas péremptoire, mais j'ai rarement vu une bataille de l'opinion perdue à tel point, à plaque couture, par un gouvernement, une majorité, et ceux qui défendaient cette réforme, c'est-à-dire le passage de 62 à 64 ans. J'ai été marqué par un rejet massif dans les enquêtes IFOP avec un fait majeur, c'est-à-dire qu'il y a eu une stabilité absolument remarquable et sans oscillation du refus de la réforme.
Malgré les différents épisodes, la présentation du plan par la Première ministre, les premières faits de mobilisation, les éléments de langage, la défense parfois habile de la réforme par des membres du gouvernement, on a eu une opinion publique figée. Ça n'a jamais bougé, contrairement à des périodes, si je pense au CPE, où au tout début, il y avait eu un petit bout d'opinion qui trouvait que l'idée de Dominique de Villepin n'était pas si mauvaise que ça, puis les choses s'étaient dégradées pour la majorité de l'époque. Là, j'ai été frappé par l'absence d'évolution.
Pour préparer cette petite intervention, parce que j'ai qu'une dizaine de minutes, j'ai repris toutes les enquêtes IFOP faites entre décembre et avril. Il y en avait eu une douzaine d'enquêtes publiées pour LCI, pour le JDD, pour Sud Radio, et l'adhésion à la réforme des retraites n'a jamais oscillé entre 28 et 31%, c'est-à-dire une minorité de Français. Et quand on regarde les premiers concernés, c'est-à-dire les actifs, il y avait par exemple un rejet de 75%. Chez les salariés, on est monté à 78-79%, avec quelque chose qui n'a, je le répète, jamais évolué.
Et puis, un élément, quand on regarde les questions d'opinion, on ne pose jamais les questions de manière binaire, mais on cherche à identifier des soutiens catégoriques à une réforme et des personnes réfractaires. Les réfractaires, ceux qui se disaient, selon les enquêtes de mes confrères ou celles de l'IFOP, pas du tout favorables à la réforme, ou même tout à fait opposés, ont parfois dépassé 50-55%.
C'était extrêmement net, un rejet du fonds, un rejet de la méthode, puisque au cours, dès février-mars, quand le 49-3 est devenu inévitable, on est passé d'une focalisation des Français sur le passage 62-64 ans, à la méthode, c'est-à-dire le 49-3, avec globalement, mais j'ai pas assez de temps pour en parler, trois grandes représentations. Cette réforme était injuste. Et quand la Première Ministre, lors de son intervention du mois de janvier pour présenter le projet de loi, a parlé d'une réforme juste. Clairement, c'était dissonant par rapport aux perceptions des Français.
Une réforme dont la finalité a été tout de suite mal perçue, ou la finalité présentée par le Président, la Première Ministre, ou le gouvernement a oscillé. D'abord, c'était pour se trouver des marges de manœuvre budgétaires dans les domaines de la santé et de l'éducation. Et puis, on est revenu à la logique classique de 2010, c'est-à-dire s'il faut sauver le système, la logique que j'appelle de der-de-der, c'est le dernier effort, la dernière fois, pour sauver le système des retraites.
Et puis, il faut le dire, beaucoup plus qu'en 1995 pour la réforme Juppé, beaucoup plus qu'en 2010 pour la réforme Sarkozy-Fillon-Verse, on a eu très rapidement l'impression que le gouvernement était dans une logique de tromperie, de mensonge, avec toute une série, je vais pas revenir là-dessus, mais d'épisodes, les pensions pour les femmes, le montant des pensions et le nombre de personnes concernées, on se souvient de l'assiette qui s'était réduite considérablement pour les 250 euros.
Donc tout ça, cette séquence qui était extrêmement, je dirais, fluide, homogène s'agissant des Français, n'a rien à voir, n'a rien eu à voir avec les logiques d'opinion qui prévalaient en 2010, au moment de la dernière réforme des retraites sous la droite, où, clairement, il faut le dire, malgré le nombre de manifestations très importantes, malgré le fait qu'il y avait beaucoup de monde dans la rue, même si, c'est pas le sujet du jour, mais les chefs de confédération syndicale en parleront, il y a eu une cartographie de la mobilisation très différente entre 2010 et 2023, l'arrivée des mobilisations très fortes dans des petites villes, dans des villes moyennes, contrairement à 2010 où tout était focalisé sur des grandes villes, sur Paris, Lyon, Marseille, etc.
Mais en 2010, on avait eu une logique d'effort raisonnable où, selon les enquêtes, entre 40, 50, 45% de Français disaient, faisons un effort raisonnable de passer de 40 à 42 ans, de 60 à 62 ans, pour sauver le système. C'est pas le même contexte, on sortait d'une crise financière qui avait beaucoup inquiété les Français, le chômage montait en flèche, et donc il y a eu cette acceptation qui ne s'est absolument pas produite.
Et malgré tout, c'est pour ça que j'ai parlé d'un paradoxe, malgré ce rejet, on pourrait faire des heures, mais qui a été absolument massif, malgré la dégradation forte de la confiance à l'égard d'un président, pourtant réélu assez facilement quelques mois avant, sur la séquence il a perdu une douzaine de points de popularité, la Première Ministre également. Ce qui me frappe, c'est que, quand on regarde le débouché politique, je ne suis pas sur la scène syndicale, le débouché politique, la gauche n'en a que marginalement profité, voire n'en a pas profité du tout. Il n'y a pas eu de dynamique enclenchée, de logique d'unité qui serait arrivée. Différence également par rapport à 2010.
2010, c'est une défaite dans le sens où la loi Sarkozy-Fillon-Verse est votée, mais quelques mois après, élection régionale de mars 2010, où le PS, c'est le PS, c'est moins la gauche que le PS, mais c'était la gauche unie, le PS lave l'affront du mauvais score des élections européennes, et remporte quasiment toutes les régions, sauf l'Alsace, si je ne me trompe pas, en France métropolitaine. On voit très bien que les mobilisations ont été un moment important pour préparer des victoires au scrutin intermédiaire.
2010, les régionales, 2011, les élections cantonales, et dans les raisons à cette époque avancées par les Français sur des motivations de sanctionner l'exécutif Sarkozy, cette réforme des retraites avait été avancée fortement. Là, alors, vous allez me dire, je compare 2010, où il y a eu une élection très forte proximité temporelle, à 2022-2023, on parlera des européennes un peu plus tard, mais il n'y a pas le même logique. Mais ce qui me frappe, c'est que dans tous les indicateurs d'opinion, c'est-à-dire dans toutes les enquêtes, clairement, on n'a pas d'élément qui montrerait que la gauche, la gauche nupesse, a profité de cette forte mobilisation, de ce rejet à l'égard du gouvernement.
Une enquête IFOP fiduciale pour LCI et Soudradio sur des personnalités qui sortent plutôt renforcées de la séquence. Les leaders syndicaux Berger et Martinez sortent renforcées, mais s'agissant des personnalités politiques, c'est dur à entendre, mais c'est comme ça. C'est Marine Le Pen qui apparaît comme étant la plus renforcée par la séquence retraite, alors même que son rôle a été, par rapport à la gauche, le rôle du RN a été très discret. Alors que, de la même manière, les autres leaders de gauche ne n'en ont pas profité. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, apparaît affaibli à 70%.
Donc on a un moment où, clairement, dans les indicateurs d'opinion, autre élément, quand on demande qui incarne le mieux l'opposition à Emmanuel Macron, malgré cette séquence retraite où la gauche unie est dans la rue, où le peuple de gauche, si je puis dire, une partie des Français importantes est dans la rue, clairement, ça ne bouge pas. C'est toujours le RN qui apparaît comme incarnant le mieux l'opposition à Emmanuel Macron.
Alors qu'est-ce qui peut expliquer ce paradoxe, c'est-à-dire défaite du gouvernement, opinion publique massivement en adéquation avec la position de la gauche au global sur la réforme des retraites, et il semble que, je suis prudent là-dessus, puis on pourra échanger, qu'il n'y a pas d'une dynamique aussi nette que l'on avait constatée en 95, bien sûr. 97 a été préparée par les mobilisations de 95. 2012 a été préparée par ce qui s'est passé en 2010, malgré le vote de la réforme des retraites. Qu'est-ce qui peut expliquer que cette dynamique ne semble pas émerger ou soit vraiment ténue ?
D'abord, est-ce que cette bataille de l'opinion, malgré la défaite par le gouvernement, n'était pas la chronique d'une défaite annoncée ? Je m'explique. Je m'explique. Parallèlement à toutes les données que je viens d'évoquer, qui n'allaient jamais dans le sens du projet de loi gouvernementale, pendant toute la séquence, systématiquement, on avait le signe d'une sorte de résignation, d'une sorte d'intériorisation que la loi passerait.
Quand on demandait aux Français, est-ce que la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron sera votée et appliquée, ou bien sera retirée face au mouvement social, on avait entre deux tiers et trois quarts des Français, c'est même monté encore plus haut en fin de mouvement, qui considérait que la loi serait votée et appliquée.
Force de la promesse faite par le président pendant l'élection présidentielle, pardon, mais il n'a pas fait campagne, bien sûr, mais quand on interrogeait les Français sur le programme d'Emmanuel Macron, la proposition de passer de 62 à 65 ans, à l'époque c'était 65 ans pendant la campagne, était la proposition du candidat Macron qui était la plus fortement mémorisée.
Donc on n'a pas du tout eu la logique de 95, où dès le début les Français sentaient que Juppé, Alain Juppé, pouvait reculer, on n'a pas assisté à la logique de 2010, même si finalement Sarkozy avait tenu, mais il y avait une part assez croissante des Français qui disaient que finalement, peut-être que la loi, peut-être que le projet de loi ne passerait pas. Là, on a eu cette résignation. Alors, est-ce que c'est une résignation ? Est-ce que c'est l'intériorisation que le candidat, que le président de Nouvelle-Moye, ne pouvait pas, ne pas passer sa réforme sous peine d'une mort politique de son quinquennat ?
Mais je pense que ça a joué dans une absence de dynamique politique et une logique peut-être de baroute de nord. Deuxième élément que je mettrai en avant, je ne sais pas si j'ai encore un petit peu de temps. Moi, j'ai vu dans nos enquêtes, notamment qualitatives, une gêne de l'opinion publique qu'on n'avait pas ressenti en 95 ni en 2010 sur ce qui a été vu comme la lutte entre deux scènes pendant ce mouvement social, pendant cette période réforme des retraites. C'est la scène syndicale dans la rue qui a été très fortement légitimée, qui a été très fortement soutenue.
Les codes, les indicateurs classiques d'opinion de confiance vis-à-vis des syndicats au global et syndicats par syndicat se sont envolés, et ce n'était pas arrivé depuis extrêmement longtemps, entre cette scène syndicale et la scène parlementaire. Beaucoup de Français ont eu parfois le sentiment d'une concurrence où la scène politique, la scène parlementaire, notamment une partie de la gauche, a voulu s'arroger, je dirais, le leadership sur la lutte contre la réforme des retraites.
En 2010, ce n'est pas Martine Aubry qui a mené le combat contre la réforme des retraites, pour les Français, c'était Bernard Thibault et François Chérec, et surtout Bernard Thibault, à cette époque qui dominait la scène syndicale. Ce n'est pas ce que les Français ont ressenti. Alors, il y a toute une série d'épisodes. La marche de la jeunesse organisée par LFI, quelques jours, deux jours après, le grand mouvement de mobilisation qui était, je crois, le 19 janvier, vous me corrigeriez si je me trompe, contre la réforme des retraites. En tout cas, c'est quelque chose qui n'était pas apparu précédemment et qui a peut-être empêché cette dynamique de s'enclencher.
Troisièmement, et j'en aurais fini pour pouvoir peut-être échanger, il y a la question de la discussion du texte sur la scène parlementaire, à l'Assemblée nationale. Clairement, et on l'a vu dans nos enquêtes, y compris bien sûr de personnes opposées à la réforme des retraites, la stratégie de bordélisation, de zadisation, on va vous l'appeler comme vous voulez, opérée par LFI, n'a pas plu aux Français. Même si la réforme était une réforme rejetée, les Français, dans un contexte de préoccupations très fortes sur la question du travail, de mutation du travail, attendaient du débat.
La divergence sur la stratégie parlementaire aussi, pour voter ou pas l'article 7, tout le monde ne l'a pas vu, mais ça a contribué au fait que ce n'était pas ce qui était attendu. Et d'ailleurs, dans nos enquêtes, clairement, ce qui s'est passé au Sénat a été mieux perçu que ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. Il y a une logique de distinction qui a profité au Sénat. Et tout ça a, je dirais, je ne dirais pas décrédibilisé, mais a empêché de tirer profit de cette séquence quand bien même la loi a été votée. Donc, pour conclure, est-ce que cette mobilisation est sur le lendemain ? Non.
Non, parce que je suis frappé de voir que dans les enquêtes, ça reste dans une sorte, il y a une sorte de rancœur sur le chagrin, de chagrin sur la tristesse. Bien sûr, on en parle moins. Les casserole-lades, ça nous paraît maintenant complètement oublié. Et ce n'était pas ce que souhaitaient les Français. Là aussi, en termes de méthode, il ne faut pas se cacher.
Mais ça reste quelque chose qui a pesé et qui pourra peut-être, et qui aura sans doute gêné le bloc central, c'est-à-dire le bloc Modem-Horizon-Renaissance, dans la perspective de 2027, je rappelle qu'un des principaux candidats à l'éventuel candidature à la présidentielle est sur une retraite à 67 ans, en l'occurrence, Édouard Philippe. Est-ce que ça peut jouer positivement pour la gauche ? Ce n'est pas ce que l'on voit en ce moment. Alors, j'arrive peut-être un peu tôt, on va publier dans quelques jours notre enquête annuelle pour l'humanité sur l'identité de gauche. Est-ce que ça a eu un impact sur la capacité de la gauche à se rassembler ?
Sans doute non, compte tenu des péripéties récentes. En tout cas, je dirais que ce n'est pas une occasion ratée, mais c'est peut-être un rendez-vous manqué sur les conséquences de ce mouvement social qui, je le répète, a été soutenu massivement par les Français.
Merci Frédéric. Merci pour ces premiers éléments d'analyse très intéressants, notamment sur la distinction d'imperception entre mouvement syndical et mouvement politique. Et donc, j'en profite pour rappeler notre deuxième panel d'intervenants. Donc, Olivier Guivarche, qui est secrétaire national de la CFDT. Frédéric Souillot, donc secrétaire général de Force Ouvrière. Tu peux t'asseoir à ce côté-là ? Et Thomas Vacheron, membre de la direction confédérale de la CGT. Merci encore à vous pour votre participation, votre présence essentielle à cette table ronde. Donc, je vais vous passer la parole successivement pour avoir un peu vos éléments d'analyse.
Et donc, une première question très courte qui permet ensuite de rebondir sur la suite. Quelle a été pour chacun d'entre vous, chacune de vos organisations syndicales, et cette belle intersyndicale, on y reviendra, qui a justement donné une perception très favorable dans l'opinion de l'unité des syndicats face à la réforme des retraites. Quel a été, selon vous, le bilan de cette mobilisation que vous en tirez dans un premier temps avant de parler de la suite et de ce qui pourra nous unir dans les combats à venir ? Olivier, je donne la parole en premier.
Merci pour votre invitation. Alors, déjà, un premier bilan, c'est le fait de rendre hommage à beaucoup de travailleuses et de travailleurs qui se sont mobilisés. Il faut vraiment se rendre compte de ce mouvement, des manifestations qui se sont succédées et des personnes qui ont pris de leur temps, qui ont fait grève parfois pour venir manifester. et une opinion publique qui se renforçait, ça a été dit. Et ça, ça a été un mouvement formidable, ça nous a porté. Et parmi ces manifestantes et ces manifestants, il y avait des travailleurs et des travailleurs pour qui c'était la première manifestation qui vont garder ça. Ça va forger leur conscience politique. Et c'est important de s'en souvenir.
Il faut aussi dire qu'il y avait de nouveaux visages. On a vu de nouveaux visages dans nos cortèges. Et des travailleuses et des travailleurs de la seconde ligne, des salariés du commerce, de la restauration rapide, de la propreté, du transport. Il y avait vraiment une diversité sociologique, professionnelle, intergénérationnelle. C'était aussi des cortèges festifs. Ça aussi, c'était un peu nouveau pour avoir vécu 2010 et puis d'autres mouvements avant. C'était des manifestations joyeuses, sans violence, bien organisées, en intersyndicale, on en reparlera. Je crois que c'est aussi important de le souligner, mais j'y reviendrai.
En tout cas, on garde une image évidemment très positive de cette mobilisation. Alors c'est vrai qu'on peut aussi nous répondre que nous n'avons pas obtenu gain de cause. Mais il faut d'abord se dire que ces personnes se sont mobilisées. Et ça a été dit juste avant. Beaucoup de travailleurs et de travailleurs se mobilisaient, mais ne pensaient pas qu'ils allaient forcément obtenir gain de cause. C'est-à-dire qu'il y avait cette idée de considération. Je pense que c'est venu aussi après le Covid. Et un besoin de manifester, de pouvoir librement manifester, de pouvoir se retrouver, de pouvoir s'exprimer. Et ça, c'était aussi frappant.
Ce qu'on a vu aussi, et ça a énormément compté dans le mouvement, c'est qu'il y avait des mobilisations sur tout le territoire, dans des villes moyennes, dans des petites villes. Ça aussi, on ne l'avait pas vu auparavant. Et avec des classes sociologiques vraiment les plus variées. Tous les métiers étaient représentés. Il y avait des travailleurs, des travailleuses du privé, du public. Et ça, c'est quelque chose qui compte. Donc, je dirais, ça c'est les premières impressions. Je vais laisser la parole à mes camarades. Avant de parler aussi de l'après, et puis de préciser les réussites qu'on peut encore retenir.
Je dois répondre à la même question. Ça tombe bien, puisqu'on en partage les idées. Et le résultat, la mobilisation, elle était historique. Et c'était y compris la mobilisation des sous-préfectures. On s'est mobilisés partout sur le territoire national contre cette réforme des retraites injuste, brutale, injustifiée. Et puis, en termes de mobilisation de grévistes dans la rue, si on reprend les chiffres, et vous les avez évoqués tout à l'heure, de 2010 ou de 1995, c'est la première fois qu'on a réussi à mobiliser autant de monde. Alors, des batailles, on en a gagné.
La bataille de la communication sur ce qu'était la volonté de cette réforme des retraites, on l'a gagné vis-à-vis du gouvernement. La bataille de la mobilisation, on l'a gagné aussi. Et puis, les syndicats qui étaient ringards, finis, non représentatifs et tout cela, on y a regagné en légitimité et en visibilité. Aujourd'hui, on peut le dire les uns et les autres, le nombre d'adhésions. Moi, je prends celles qui sont publiques. 27 754 demandes d'adhésion en ligne depuis le début de l'année 2023 pour Forces ouvrières. Cela ne nous était pas arrivé depuis 25 ans. Et cette mobilisation comme notre intersyndical, nous l'avons construit d'abord sur la loi pouvoir d'achat.
Le premier communiqué de l'intersyndical, il est le 13 juillet sur la loi pouvoir d'achat. où là, déjà, on avait commencé à dire puisqu'on entendait parler des réformes des retraites, assurances chômage, contrats cyclicités et tout ce qui allait avec. Mais d'abord, ce qui était la première préoccupation des salariés, c'était l'inflation. Et pour le premier communiqué, on se dit les choses. Communiqué d'une page, 82 amendements, parce que l'intersyndical, il fallait qu'on réapprenne à se parler. Aujourd'hui, on fait un communiqué quand c'est nos chefs de file qui ont l'habitude. Il y a 4 amendements et en 3 heures, on est capable de sortir un communiqué parce qu'on a réappris à se parler.
On a assumé nos différences parce qu'on en a. Parce qu'autrement, on serait tous dans la même organisation. On est dans une intersyndicale. Il n'y a pas de résignation. On assume nos différences et on va la continuer. Et l'opinion nous reconnaît l'organisation de ces mobilisations et de ces manifestations républicaines sans heure dans la mobilisation autour, oui, un peu, mais dedans, sans souci.
Je vais essayer de ne pas répéter la même chose que ce qu'ont dit mes collègues pour une seule et bonne raison. C'est que le syndicalisme, c'est comme le salariat, c'est divers en fait. Et vous avez ici une partie de ce que représentent au fond comme choix les salariés et dans notre diversité, on arrive non pas à être en concurrence mais complémentaire et c'est ça l'idée parce qu'en fait, il y a un truc extrêmement fort dans le salariat comme dans la population en général, c'est qu'ensemble, on est plus fort que divisé. Et sur des éléments qui nous rassemblent et nous rapprochent, on s'est mis d'accord en taisant une partie des divergences et en mettant en avant une partie des convergences.
Et pour faire le bilan des mobilisations retraites, il faut quand même avoir un avis un peu plus élaboré, une photographie du salariat. Donc j'ai entendu votre thème sur retrouver le peuple et tous les éléments que ça concernait. Nous, ce qu'on connaît, c'est le salariat. Parce que le syndicat, ça organise les salariés avec ou sans emploi, en apprentissage ou retraité, du public ou du privé. Mais en fait, 90% des actifs de ce pays sont des salariés. Et c'est ce que nous essayons collectivement d'organiser. C'était dit dans l'introduction, ceux et celles qui n'ont que leur force de travail pour vivre. Et notre force première, c'est notre nombre.
Donc de le rassembler, c'est un élément déterminant pour contrecarrer les contre-réformes, justement. Et le problème majeur qu'on a dans le salariat, c'est son éclatement, c'est sa division. C'est aussi lié au choix politique de précarisation. Les trois cédés, vous savez, l'intérim, le temps partiel subi par les femmes. Le deuxième élément sur la photographie de là où on en est et pour savoir ce qui s'est passé, c'est aussi l'affaiblissement des droits des salariés. Et souvent, on entend dans les médias notamment, il faut connaître l'entreprise. Personne d'autre mieux que les salariés ne connaissent l'entreprise.
Et le travail d'entreprise, la réalité de l'entreprise est extrêmement dure pour d'autres raisons. C'est qu'il y a eu un affaiblissement des droits des salariés. La scandaleuse loi travail Valls et le Commery qui ont joué contre le camp des salariés. Ça, c'est un problème extrêmement majeur. Et on vous remercie de l'invitation. Mais on n'oublie pas aussi ce qui s'est passé et la réalité dans laquelle on est. Et pire, parce qu'on gradue, on est des syndicalistes. On n'a pas d'éléments partidaires. Au contraire, on essaie de réunir et d'être le plus utile possible. Ce sont les ordonnances Macron qui là, c'était cavalcade avec plus de pouvoir aux employeurs, moins de droits pour les salariés.
Vous savez, plutôt que ce soit la CGT, FO ou la CFDT qu'ils le disent, c'est un patron qui le dit. Il dit, les salariés ont eu les lois au roux en 1982, nous avons eu les ordonnances Macron en 2017 et c'est assez éclairant sur la situation. Et c'est de cette situation qu'il faut discuter et qui fait que pourquoi, pour l'instant, on n'a pas réussi à gagner ? Comment ça se fait que c'est une défaite collective de plus et qu'il n'y a pas eu de victoire collective du mouvement social, du mouvement syndical depuis 1995, hors parenthèse du contrat premier embauche CPE en 2006, comme ça a été dit, qui était avant tout un mouvement pour la jeunesse.
Et sur le bilan de la mobilisation, vous avez vu que c'est complémentaire puisqu'on considère que les organisations syndicales ont été à la hauteur de l'enjeu, on ne renvoie pas tout vers les autres. On a nos problématiques, on a souvent trop de divergences entre nous qui apparaissent et notamment dans les entreprises où, comme je vous parlais de l'histoire du droit du travail qui est renversé ou tous déterminant l'entreprise, les employeurs jouent de nos divisions et transforment la nécessaire unité syndicale en compétition mortifère et donc on doit y prendre garde.
Mais par ailleurs, quand même, quand je dis qu'on a mis et essayé d'être à la hauteur, c'est qu'ensemble, on a dit pas de recul de l'âge de départ, pas d'augmentation du nombre de trimestres, qu'on a, comme Frédéric l'a dit et Olivier aussi, mené la bataille des idées contre le gouvernement et le patronat parce qu'il faut le dire quand même, vous savez, ce sont les mêmes qui nous licencient avant 60 ans qui ont demandé au gouvernement de vous faire travailler jusqu'à 64 ans la belle affaire.
Et si on a réussi à avancer collectivement, c'est comme l'a dit Frédéric, on a réussi à prouver que cette loi était injuste et pas juste comme il le disait, qu'elle n'était pas nécessaire parce qu'à chaque fois c'est les salariés qui doivent payer et qu'en plus elle était brutale en termes antidémocratiques dans l'entreprise comme je le disais et à une échelle du pays comme vous l'avez vu et menée avec nous.
Enfin, dernier élément, c'est dans le pays où la première dépense de l'Etat cumulée, ce sont les centaines de millions d'euros d'aides publiques, fiscales et sociales aux entreprises sans contrôle, sans contrepartie, sans effet sur l'emploi et ce n'est pas la CGT, FO ou la CFDT qui le disent, c'est la Cour des comptes d'un côté, France Stratégie de l'autre, etc.
Aujourd'hui, il n'en manque pas et c'est un sujet scandaleux sur lequel il faut absolument essayer de rééquilibrer et c'est aussi le sens de notre combat et enfin, dans un pays où nous sommes sur le podium mondial des dividendes distribués aux actionnaires, dans le seul pays au monde où le nombre de millionnaires est en augmentation et dans le pays au monde où c'est encore les travailleurs, les salariés de ce pays de payer plus, de se faire voler deux années de vie et ensemble, nous l'avons dit, ça suffit.
Et le dernier élément qui, non pas renvoie, mais nous interroge toutes et tous parce qu'encore une fois, personne ne peut faire la leçon à personne, mais on ne peut pas, à juste titre, être horrifié par le risque et la course de vitesse que nous avons avec l'extrême droite dans ce qui peut arriver de pire pour le pays avec les uns et les autres trop souvent de ne pas être à la hauteur de la situation. Encore une fois, on ne renvoie pas naïvement, en tout cas, les responsabilités des uns et des autres.
La première responsabilité, c'était que la fonction d'Emmanuel Macron était d'empêcher l'extrême droite d'arriver aux portes de l'Elysée et en faisant les lois liberticides autoritaires telles qu'il les a appliquées contre 95% des salariés, 74% de la population, des millions et des millions de salariés qui ont perdu et vous l'avez fait, des heures de salaire pour manifester, pour se mobiliser, il en porte leur responsabilité mais les uns et les autres, nous devons être à la hauteur.
Merci. Merci pour ces premiers éléments d'analyse et aussi de ressenti de chacune de vos organisations. Peut-être une deuxième question avant de passer à un temps d'intervenant plus politique. Donc selon vous, on était contre cette réforme des retraites tous ensemble mais aujourd'hui, ce qui se dessine, c'est qu'est-ce qu'on propose aussi comme alternative et c'est là où il n'y a au final pas de consensus. Quels seraient les combats communs à venir pour maintenir cet inter-syndicat l'uni ?
Est-ce qu'on va finalement réussir à trouver une position en commun pour continuer ce mouvement et sans arrêt mobiliser les salariés, mobiliser les citoyens là-dessus mais pas seulement en contre pour une réforme alternative qu'on aurait trouvé en commun ? Peut-être tout d'abord Olivier pour la CFDT.
Alors il y a le temps court et le temps long. Avant, je voudrais juste préciser qu'on ne se berce pas d'illusions, c'est-à-dire qu'on est bien sûr satisfait et heureux de gagner des adhérents dans un tel mouvement. La CFDT a compté environ 45 000 adhérents de plus mais c'est vrai que parallèlement, c'est le RN qui gagne des voix dans les sondages. Et ça, ça renforce notre vigilance et notre inquiétude. Et je pense que c'est quelque chose que nous allons partager cet après-midi, c'est-à-dire que nous allons préciser des sujets, nous allons aborder des sujets essentiels pour les travailleuses et les travailleurs et on va partager ces sujets-là.
Nous allons voir qu'il y a des points communs pour les organisations syndicales et donc peut-être du grain à moudre, peut-être des résultats positifs dans certaines négociations mais on aura toujours à l'esprit quand bien même on gagnerait des adhérents, quand bien même on aurait des salariés qui nous font de plus en plus confiance et quand bien même il y aurait des participations fortes aux élections dans les entreprises puisqu'on en parlera aussi, il y a des élections dans les entreprises, ça c'est quelque chose qui nous occupe aussi beaucoup dans l'année avec les élections CSE, quand bien même tout ça serait positif, on a à l'esprit que l'extrême droite progresse et donc c'est une vraie bataille d'opinion, c'est vraiment une bataille des idées, en fait c'est une guerre culturelle, une bataille culturelle afin de pouvoir je dirais non seulement avoir des adhérents mais avoir aussi des soutiens sur beaucoup de sujets sociétaux, politiques, syndicaux, etc.
Alors pour ce qui est de l'après, mais c'est pas vraiment un après réforme des retraites, c'est qu'en fait il y a le temps court et le temps long, dans le temps court il faut bien considérer que même s'il y a eu cette mobilisation, il y a des sujets qui arrivent dans l'actualité et il faut les traiter et c'est le rôle des organisations syndicales de traiter ces sujets-là et de faire avec un agenda social, alors un agenda social qu'on stimule, puisqu'il y a des sujets qu'on travaille et qu'on porte et puis il y a des sujets qui sont liés à la réforme des retraites.
Je vais en évoquer quelques-uns, il y a une négociation sur les retraites complémentaires et là il y a un lien direct avec la réforme des retraites. On espère une négociation sur l'emploi des seniors, ça a été dit par Thomas, on a des employeurs qui ont une responsabilité très importante dans la période et d'ailleurs on n'en parle pas. On ne parle jamais des organisations patronales, on ne parle jamais des employeurs et de leurs responsabilités, on parle beaucoup du gouvernement, on parle beaucoup de lois, mais on ne parle pas de ce qui se passe dans les entreprises et des choix des organisations patronales.
Or là, ce qui se passe pour les mois à venir, c'est qu'on va pointer la responsabilité des organisations patronales parce qu'ils ont en effet soutenu une réforme qui dit qu'il faut faire deux ans de plus mais les pratiques ne changent pas en entreprise. Il va falloir faire des efforts et changer les cultures d'entreprise et changer les méthodes de management et changer radicalement le monde de l'entreprise pour s'adapter déjà à la transformation écologique mais aussi aux profondes mutations économiques et sociales de notre pays. Et là, on aimerait bien un peu plus de responsabilité des organisations patronales.
Ça, c'est le temps court parce qu'on a des négociations à venir sur un certain nombre de sujets. Emploi des seniors, les retraites complémentaires, je pourrais ajouter l'assurance chômage puisqu'on va avoir aussi une négociation assurance chômage qui doit se terminer au plus tard le 15 novembre. Donc vous voyez quand je dis du temps court, c'est qu'en fait, dès la semaine prochaine, on est amené à se rencontrer entre organisations syndicales et puis avec les organisations patronales. Ce qui est difficile dans ce temps court, c'est qu'on ne bénéficie pas du même soutien de l'opinion publique.
Il y a un chiffre qui avait été donné par la fondation Jean Jaurès, c'était 70% à peu près des personnes interrogées qui estimaient que les demeureurs d'emploi sont responsables de leur situation et pourraient trouver un emploi. Et ça, c'est très dur parce qu'on sait qu'on va devoir négocier des droits sociaux avec une opinion publique qui ne nous soutient pas et puis avec des difficultés de mobiliser. Très clairement. Je pense que c'est important aussi de parler vrai ici et de se dire très clairement que parfois, on va faire les choses avec beaucoup de difficultés. Donc ça, ce sera difficile, ce temps court.
Et pour ce qui est du temps long, je voudrais vous dire, mais vous le savez, qu'on ne se résigne pas et qu'on est toujours opposé à cette réforme des retraites et que par tout moyen, nous agirons pour revenir à 62 ans et pour retirer cette réforme. Ça, c'est quelque chose qui est un cap très clair et qui est écrit dans la résolution qui a été votée au Congrès, différents congrès de la CFDT. Et puis, c'est quelque chose qu'on partage avec les autres organisations syndicales. Et c'est aussi pour ça que l'intersyndicale, c'est une richesse, c'est quelque chose de précieux qu'il faut conserver quand c'est un moyen très fort pour obtenir des résultats.
Alors, il n'y a pas un avant et un après. Il y a la suite. Comme on le dit tous, et vous verrez une belle déclaration de l'intersyndicale qui va sortir lundi matin, où il ne manque aucun logo de toutes les organisations syndicales françaises. Et ça, encore, ce n'est pas un succès, c'est une habitude maintenant. Et c'est même devenu pour nous, les uns et les autres, pas une priorité, mais une des bases, une des fondations du mouvement syndical français. Alors, évidemment, sur les retraites, la résignation, il y a toutes les questions que se posent les uns et les autres. combien de temps vais-je devoir travailler plus et tout cela.
Et dès que ça va commencer à arriver, la colère, elle va repartir. Alors, on va appuyer, et on le dit depuis le début, sur tous les boutons pour que cette réforme ne s'applique pas. On va devant le Conseil d'État pour attaquer les décrets. Systématiquement, il y a plein de fois où on sait qu'on ne gagnera pas. Mais on continue d'y aller et il y a aussi tous les biais qu'on pourra mettre dans cette réforme parce que c'est comment on revient alors d'abord à 62 mais comment est-ce qu'on écrit, comment est-ce qu'on réécrit notre protection sociale collective ? La cohésion de la République, c'est le paritarisme et notre protection sociale collective.
Elle nous prend de la naissance jusqu'à la mort. que ce soit les aides pour les enfants, le logement, l'assurance maladie, l'assurance chômage et la retraite. Donc là, nous, on va continuer de se voir très très rapidement puisqu'on débute sur retraite complémentaire dès le 5 septembre. Alors, sur retraite complémentaire, Agir Carco, on va trouver je pense assez rapidement un accord. De toute façon, il faut que nous ayons terminé pour le 8 octobre. Après, il va arriver l'assurance chômage.
Eh bien, l'assurance chômage, si nous n'arrivons pas à trouver de convention, ça veut dire que la gestion paritaire de l'assurance chômage à travers l'UNEDIC, que vous l'appeliez demain, France Travail, Pôle emploi ou je ne sais quoi d'autre, c'est terminé. Ça veut dire qu'un des grands pans de notre protection sociale collective, moi je le dis et je le redis ici, devant vous, être au chômage ou au RSA, ce n'est pas un choix. Toutes les études le prouvent. Moins de 0,8%, oui, mais on l'en trouvera toujours. Donc, nous la bagarre, elle va continuer. Et les élections professionnelles, cette année, on renouvelle 66% des CSE.
il y a 57 000 élections professionnelles dans les entreprises avant le 31 décembre. Donc, on va continuer la mobilisation et puis, on va surtout aussi bagarrer sur l'augmentation des salaires, des pensions et des minimas sociaux. Parce que même si l'inflation plafonne, Olivier Véran, il a gardé la même communication que pendant le Covid, vous vous rappelez ? ça met, ça remonte, ça plafonne. Eh bien, les prix ne baissent pas. Et aujourd'hui, c'est avec la paie qu'on remplit le frigo. C'est pas autre chose. Et la première préoccupation des travailleurs, c'est comment est-ce qu'on termine le mois, quel que soit le niveau dans l'entreprise.
Et aujourd'hui, la bagarre, elle va se faire sur l'augmentation des salaires, les négociations qu'on a en cours sur l'agenda autonome, l'emploi des seniors en fait partie. Alors, l'emploi des seniors, et vous avez eu la majorité absolue pendant aussi quelques temps, ça a commencé à déconner au début des années 2000. Et on n'a pas réussi à remettre les choses.
Eh bien, quand vous terminez pendant deux ans au minima sociaux ou au RSA, vous faites baisser dans le même temps votre pension de retraite, la cohésion sociale quand vous voyez votre père, votre mère qui a bossé toute sa vie, qui termine au RSA pour avoir une carte de sécu parce qu'il n'est plus en emploi comme 50% de ceux qui liquident leur retraite aujourd'hui, ça n'est pas possible. Eh bien, sur l'emploi des seniors, on va revenir sur la réforme des retraites et donc pour nous, la bagarre, elle n'est pas perdue et on va continuer.
Bon, on considère comme vous que la question des retraites est centrale, vous l'aurez compris, c'est le thème du débat, ce qu'on a fait, ce qu'on peut faire. Par les retraites, c'est par les travails et on parle trop peu de travail dans le débat public. On en parle systématiquement, c'est comme ce que j'évoquais tout à l'heure sur l'entreprise, systématiquement, en extériorité ou du point de vue patronal, de manière macro, systématique et macroéconomique. La question des retraites, elle est structurante dans le pays parce que c'est une des grandes avancées sociales.
La mise en place en 1945 du système généralisé et la grande avancée sociale de la conquête de la retraite à 60 ans grâce au gouvernement de gauche de 1981 qui nous a permis, et c'est notre souhait, une grosse partie d'entre nous, on l'a dit, 62 c'est des atro et c'est de revenir aux 60 ans évidemment. Mais depuis, ça a subi énormément d'attaques par Balladur, comme vous le savez. Je dis ça parce que c'est extrêmement important, parce que ça a des conséquences concrètes sur la vie des gens où ils ont fait passer le calcul de la retraite des 10 meilleures années ou moins mauvaises années aux 25 10 meilleures années ou les moins mauvaises comme vous le savez.
C'est 20% de pension en moins pour les retraités du privé. Il y a eu les attaques de Juppé sur la question des régimes spéciaux qui étaient partiellement arrêtées, les attaques Fillon de 2003, de Sarkozy 2010 comme ça a été évoqué, de Touraine en 2013 qui a là aussi voulu augmenter le nombre d'annuités et qui était un recul. Et à chaque fois, à chaque fois, de toutes ces contre-réformes-là, c'est les travailleurs, les salariés qui sont sacrifiés pour garantir le profit de quelques-uns ou en tout cas pas les amoindrir. Et on considère qu'il n'y a pas de progrès social sans retour, notamment pour nous, aux avancées de 81, c'est-à-dire la retraite à 60 ans.
Et cet élément-là est majoritaire dans le pays. Aujourd'hui, les sondages l'indiquent. Revenir à la retraite à 60 ans, c'est un élément de progrès social. C'est un élément qui permet à toutes et tous de travailler parce qu'aujourd'hui, il faut travailler moins pour travailler toutes et toutes, contrairement à ce que dit M. Bruno Le Maire, par exemple, parce qu'il y a encore 5 millions de chômeurs toutes catégories confondues. Et, comme vient de le dire Frédéric, on n'arrêtera pas. La priorité de la population, c'est d'augmenter les salaires tellement l'inflation est importante, notamment sur les produits de première nécessité. Et il y a un effet déformé.
Moins on a de revenus, plus l'inflation est importante parce que le panier du quotidien est conséquent. Et donc, on le redit, l'urgence, c'est d'augmenter les salaires, pas de reculéage de départ à la retraite. Et on donne et on tire des perspectives avec notamment une grande journée de mobilisation qui aura lieu la mi-octobre, qui sera officialisée lundi, comme tu viens de le dire, et dont on vous invite, on invite les travailleurs, les salariés, les retraités de ce pays à participer. Et on vous invite aussi, puisque vous êtes engagés et c'est tout à votre honneur.
Parce que si le pays y tient, c'est parce qu'il y a des organisations politiques, des organisations associatives, des organisations syndicales, et donc à se syndiquer, et il n'y a que l'embarras du choix, vous aurez compris, mais c'est important que les uns et les autres, on s'organise collectivement avec des enjeux extrêmement importants. Et le dernier élément, y compris en termes de perspective, on essaie en tout cas de faire ce qui s'est passé, y compris dans un passé très récent. Par exemple, tu as évoqué tout à l'heure dans ton introduction la notion des Gilets jaunes et ce que ça a impacté.
Ce qu'on a réussi à faire, c'est que si cette mobilisation était aussi ancrée, aussi longue, en millions, partout sur le territoire, d'Albi à Rodez, du Puy-en-Velay à Charleville-Mézières, sur la totalité des petites villes sous préfectures, où le mouvement des Gilets jaunes était extrêmement important, c'est que les travailleurs de ce pays ont compris, étaient d'accord, n'acceptent pas des reculs sociaux supplémentaires. Et on pense qu'il faut qu'il y ait une combinaison, chacun dans sa fonction, pour porter ces éléments-là, les continuer, et qu'il y ait un débouché politique progressiste de ce pays pour ne pas que demain soit pire qu'aujourd'hui.
Merci pour ces propos très clairs. On aura le temps d'y revenir lors du temps d'échange avec les militants. Donc j'appelle tout de suite le troisième panel d'intervenants. Jérôme Gage, député de l'Essonne, vous pouvez nous rejoindre. Non, non, vous pouvez rester. Maria-Alette Carlotti, sénatrice des Bouches-du-Rhône, et Lamia El-Arage, adjointe à la maire socialiste de Paris, qui nous rejoint également.
Alors peut-être pour commencer, comme tu es à ma droite, Jérôme, donc on a vu la parole des syndicats qui est très forte, qui est unie, une intersyndicale aussi qui a donné l'exemple, ça on l'a souvent dit dans les cortèges et au-delà, et qui propose dès à présent des moyens d'action pour continuer cette lutte. Toi, en tant que député, déjà peut-être nous faire aussi un peu le retour de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, y compris au sein du groupe socialiste, mais plus largement avec nos partenaires de la NUPES, et comment aujourd'hui on peut continuer cette mobilisation ?
Quels sont selon toi les éléments, les clés pour ne pas laisser retomber cette mobilisation face à cette réforme injuste qu'on veut toujours continuer à combattre ?
Merci Sarah, bonjour à toutes et à tous.
D'abord, moi je constate, et ce n'est pas un hasard, qu'on démarre ces universités d'été placées sous le signe de la reconquête des classes populaires par le sujet, cela vient d'être évoqué, qui est celui de la place du travail dans la société, parce que la question des retraites, évidemment, elle renvoie à la question du travail, mais pas dans la sémantique que la droite veut nous imposer, celle de la valeur travail, mais la sémantique et le contenu profond que nous souhaitons y mettre, qui est de celui de reconnaître, il y a des enjeux de reconnaissance, qui ne sont pas que salariaux, mais qui le sont aussi, évidemment, de reconnaître que le travail doit être valorisé, doit être reconnu à sa juste valeur.
Nous, plutôt que la valeur travail, Olivier l'a très bien dit dans l'interview qu'il a fait hier à Libération, c'est le travail à sa juste valeur. Et les retraites sont l'élément. Les retraites, c'est le prolongement du travail, c'est le salaire différé, c'est la reconnaissance de l'engagement dans la construction et la production du pays pendant toutes les avis. Et donc, oui, évidemment, la bataille qu'on a menée à l'Assemblée nationale, elle était fondatrice. Emmanuel Macron en faisait la mère de toutes les batailles. L'opposition à cette réforme était pour nous identitaire. Elle était même consubstantielle à la raison d'être de la gauche au Parlement dans cette période.
On aurait préféré que ce soit pour faire une autre réforme des retraites si nous avions été majoritaires, mais il fallait que nous soyons résolus et déterminés. Je le dis très sincèrement, nonobstant les commentaires et les analyses qui ont pu être perçus par l'opinion publique et qu'on a tous ressentis. Mais l'inter-syndicale d'un côté, sa capacité à affirmer justement qu'au-delà des divergences qui existent, vous n'avez pas les mêmes propositions pour ce que serait un système de retraite idéal. Retraite à points, retour à 60 ans, 40 annuités, 37 ans et demi, il y a une diversité dans le mouvement syndical.
Mais vous avez été capable dans l'adversité de considérer que ce qui nous rassemblait était plus important que ce qui nous divise et que chacun en tire la leçon parce qu'elle est valable aussi dans le champ politique. Et ce qui nous rassemblait de manière résolue et déterminée à cette instance c'était que nous refusons que la variable d'ajustement ce soit les travailleurs à un choix de modèle économique et à un choix de modèle économique néolibéral.
quand on a utilisé ce terme d'impôt sur la vie que nous avons nous glissé dans le débat dans le débat public dans un gouvernement qui dit moi j'augmente pas les impôts mais si vous augmentez l'impôt sur la vie j'en profite pour dire qu'aujourd'hui les mêmes qui nous disent qu'ils n'augmentent pas les impôts ils inventent un nouvel impôt l'impôt sur la maladie avec le doublement des franchises médicales et ça il faut qu'on le leur colle au basket après l'impôt sur la vie ils nous imposent l'impôt sur la maladie voilà les seuls impôts qu'ils décident d'augmenter quand ils préfèrent en sens inverse baisser massivement les impôts pour une catégorie soit les entreprises soit les ménages les plus aisés donc on avait dans cette bataille là l'identité de la gauche qui s'affirmait de manière absolument essentielle alors on l'a fait avec beaucoup d'opiniâtreté je ne vais pas revenir sur l'ensemble de la bataille mais dans les éléments parce que ça nous projette aussi sur la manière d'incarner l'alternative il faut de la radicalité et il faut de la solennité c'est à dire que l'opposition qui était la nôtre elle était radicale elle était au diapason du mouvement de l'inter syndical elle était sur ce mot d'ordre nous refusons cet impôt sur la vie des deux années supplémentaires mais elle n'était pas incantatoire moi dans les bénéfices que je tire de la période outre le fait que nous avons été capables de dire tous ensemble dans le cadre de la NUPES que nous nous opposions à cet allongement et à ces 64 années nous avons été capables dans le même temps de dire ensemble voilà les solutions alternatives que nous proposons à un moment où on n'était pas capable ça n'avait pas de sens de proposer un contre-projet et nous avons eu l'intelligence à ce moment là de ne pas proposer un contre-projet parce que sinon le débat se serait déplacé sur nous et c'était donné des arguments à la Macronie et au camp présidentiel en disant mais regardez ces gens là qui ne sont pas aux responsabilités mais qui nous font la leçon avec la retraite l'horizon de la retraite à 60 ans qui était celui que nous avions fait figurer dans le programme de la NUPES mais qui n'avait pas lieu d'être proposé parce que c'était notre programme en cas de victoire ça ne pouvait pas être notre programme ou nos contre-positions en cas de défaite parce que sinon ça a changé la nature du débat mais par contre dans les propositions alternatives je pense que le point que nous avons pris sur lequel il faut continuer à avancer parce qu'il surplombe l'ensemble des débats à venir c'est que nous avons dit cette question des retraites en fait elle pose la question centrale dans le débat politique et dans le débat public qui est celui du partage des richesses parce qu'il lève cet impôt sur la vie parce qu'il refuse d'organiser différemment le partage des richesses parce que face au déséquilibre qui existe dans la branche vieillesse eux ils préfèrent lever l'impôt sur la vie et nous nous avons mis sur la table et tous ensemble des séries de propositions de la taxation des super profits de revenir sur les exonérations de cotisations sociales de la taxe sur les super dividendes de revenir sur toute une série de niches sociales et fiscales sur les retraites chapeau ou je ne sais encore nous avons une palette de solutions qui montre que le débat il est sur la question du partage des richesses et ce débat là il ne s'épuise pas et il ne s'éteint pas et je pense que c'est à mettre notre crédit alors ce qui a été aussi donc ça c'était notre forme de radicalité et ce qui est aussi notre solennité alors peut-être qu'elle nous a fait défaut et j'entends ce que nous disait Frédéric Daby en disant en disant ben ça a eu un effet délétère dans l'opinion la manière dont comment tu as dit zadisation bordélisation etc je l'ai vécu compris parfois de manière sonore je n'étais pas très loin mais on a été capable de porter aussi la solennité je le dis moi je suis fier que ce soit nous socialistes avec les partenaires de la NUPES avec l'ensemble des députés j'en ai plusieurs devant moi Olivier Faure Arthur Delaporte et je salue Raquel Garrido qui avec nous menait la bataille au parlement mais qu'on était aussi capable de leur mordre les mollets et de montrer par exemple il s'avère que nous l'avons fait nous socialistes le double discours et les ambiguïtés je pense à l'intervention formidable dans une question au gouvernement de mon ami Iñaki Echaniz qui a montré le double jeu d'Olivier Dussopt en lui reposant la même question que celle que lui-même il avait posé 13 ans auparavant je pense évidemment au fait que pour décrédibiliser on a été capable de démonter les mensonges et ben tout seigneur tout honneur oui je suis fier comme socialiste d'avoir porté le fer sur les mensonges d'Olivier Dussopt quand il disait que la retraite pour 1200 euros ce serait pour tous de démontrer que ce gouvernement il a été menteur quand il mettait en avant le fait que c'était une réforme de justice sociale et je suis convaincu que c'est parce qu'on a été capable de mener ce travail sérieux la gauche sérieuse c'est celle que j'appelle de mes voeux et la gauche sérieuse elle est toujours sérieusement de gauche c'est parce qu'on a été capable de mener le fer sur ces questions là qu'il n'y a pas eu d'évolution et de décrochage si j'ose dire dans l'adhésion à la réforme des retraites c'est qu'ils avaient des éléments de langage ils martelaient ils étaient sur tous les plateaux et bien on a été capable de montrer qu'il y avait des solutions alternatives et des modalités de partage des richesses qui étaient différentes de dire que la réforme des retraites elle était injuste et injustifiée et qu'en plus elle n'était pas comme il le disait un modèle de justice sociale parce que le fameux sucré qu'il nous proposait n'était pas de nature à compenser le salé très amer je ne sais pas si on peut dire les deux ensemble que constituaient les deux années supplémentaires alors pour répondre à la question et après le retour rétrospectif c'est la suite notre responsabilité historique est de refuser de tourner la page le gouvernement souhaite que la page soit tournée sur la réforme des retraites le rôle de la gauche c'est que ce soit leur sparadrap du capitaine Haddock et qu'il le traîne jusqu'en 2027 parce que la rancœur le regret et le chagrin sont extrêmement puissants et que notre rôle il est de l'entretenir alors chacun on doit le faire dans notre rôle j'entends que les syndicats affichent leur disponibilité en disant voilà nous continuons à être opposés à la retraite à 64 ans et bien nous formation de gauche et singulièrement nous socialistes je le dis ici et nous devons le proposer à l'ensemble des partenaires nous devons faire en sorte que dès la rentrée sociale ce ne soit pas d'autres sujets qui occupent le débat ils vont essayer de saturer l'espace avec d'autres sujets la loi immigration les conditions du budget le budget de la sécurité sociale etc nous devons matin, midi et soir continuer à leur parler de la réforme des retraites et pourquoi nous devons le faire parce qu'à partir du mois de septembre les premiers salariés vont être concernés par les trimestres supplémentaires des dizaines des centaines de milliers de gens vont voir qu'ils vont partir 3 mois 6 mois 9 mois plus tard ils vont voir qu'ils ne sont pas concernés par les revalorisations des pensions qu'on leur a promise ils vont voir que les carrières longues c'est plus compliqué et oui là aussi de manière sérieuse et technique on va aller démontrer que la CNAV en ce moment ne propose pas aux salariés de bénéficier de la clause de sauvegarde telle qu'elle était présentée dans le décret parce que techniquement et organisationnellement ils ne sont pas capables de le faire il faut que le ressenti quotidien de chacun des salariés concernés ou néo-retraités par la réforme de retraite ne soit pas quelque chose de résigné et solitaire isolé dans son coin mais soit aussi le ferment d'un mouvement collectif et donc pour le faire il faut ouvrir un débouché et nous comme parlementaires et responsables politiques il faut qu'on les mette sur la table moi je souhaite que la fin de l'année 2023 et l'année 2024 soient les années où on dise nous continuons à vouloir l'abrogation de la réforme des retraites et pour ça il faut qu'on s'appuie sur un mouvement populaire alors bien sûr il n'y aura pas des grandes mobilisations et des manifestations pour le faire mais il y a d'autres manières de le faire on a vu que le parlement était évidemment au coeur du débat même s'il a été balayé moi je le dis je souhaite et avec Boris Vallaud et l'ensemble des députés socialistes on est bien placé pour le faire c'est nous qui les premiers quelques minutes après l'adoption de la loi la promulgation de la loi nous avions déposé la première proposition de loi d'abrogation de la réforme des retraites il s'avère que c'est les députés liottes parce que leur niche parlementaire venait derrière qui ont pu la soumettre à l'examen reprolongeant de quelques mois l'espoir et l'espérance et donc la mobilisation et moi je refuse l'argument qui consiste à dire ne levons pas des espoirs parce que si jamais ils ne sont pas atteints alors la frustration est trop grande maintenant ce serait pire que de ne rien faire et pas se battre et d'accepter une résignation et donc moi je souhaite que dans la période tous les outils soient utilisés nous déposerons à nouveau des propositions de loi d'abrogation de la réforme des retraites à chaque fois que nous le pourrons nous lancerons une pétition parlementaire pour demander dès à présent que le sujet soit remis à l'ordre du jour et le 14 avril 2024 figurez-vous ce sera un an après la promulgation de la loi et de la même manière que aussi nous avions pris l'initiative alors c'était compliqué juridiquement parce que l'outil du référendum d'initiative partagée n'est pas fait pour qu'il puisse être mis en vigueur rapidement après l'adoption d'une loi moi je souhaite que dès le 14 avril 2024 nous reproposions un référendum d'initiative partagée pour l'abrogation parce que derrière ça c'est juridiquement plus simple de le déposer un an après et que derrière ça c'est de nouveau lancer une campagne de mobilisation parce que ce coup-ci je suis certain les amis que nous saurons le rédiger juridiquement pour qu'il soit recevable et que donc derrière nous pourrons lancer à partir d'avril 2024 une campagne de recueil de 4 millions de signatures dans le pays pour que le référendum d'initiative partagée soit soumis je ne dis pas qu'il aboutira mais rien que ça rien que cette mobilisation pour laquelle on aura besoin de vous les syndicats des organisations des associations des élus locaux pour dire que le sujet continue alors on pourra faire oeuvre utile j'ajoute un dernier mot parce que je voulais pas l'oublier à cet instant que cette question là désormais en disant qu'on veut revenir à la retraite à 62 ans que c'est notre priorité c'est aussi un discours plus global que nous devons porter contre vents et marées parce que c'est un discours en fait qui est celui de la réduction du temps de travail qui est celui de la qualité de la vie au travail et qui est donc celui aussi de ce que j'évoquais tout à l'heure sur la reconnaissance du travail et que la gauche quand elle s'affirme elle doit offrir des horizons le PS on a souffert souvent d'une labellisation de techno-gestionnaire les fois où nous n'étions pas c'est quand nous avions une vision politique celle de 81 avec la réduction du temps de travail sur toute la vie avec la retraite à 60 ans celle de 97 avec les 35 heures et la réduction du temps de travail sur la semaine rouvrons ce chantier de la réduction du temps de travail sur la vie sur la semaine de manière négociée et organisée mais offrons cette perspective de ce partage de parler du partage des richesses il y a un enjeu de partage nous le ferons avec l'ensemble des organisations il faut être solidaires les uns des autres et je profite de ce moment là pour dire que comme beaucoup les tentatives de criminalisation de stigmatisation de ceux qui s'opposent dans le pays sont inacceptables et je veux apporter ici notre soutien à Sébastien Ménéplier le secrétaire général de la CGT Énergie convoqué par la justice parce qu'il a organisé ce qui est un mouvement classique des coupures de courant dans la circonception d'Olivier Dussopt le lien entre le mouvement social et le mouvement politique est apparu dans cette réforme prolonge-le
merci Jérôme Marie-Arlette de ton siège de sénatrice peut-être ton analyse et aussi ta vision du combat qui a eu lieu au Sénat sur ce mouvement des retraites
ok merci Sarah chère et chers camarades salut à vous tous cher Jérôme on aura peut-être quelques petites différences mais en tout cas on est d'accord sur un point ici c'est que l'acquis de cette mobilisation qui a été exceptionnel c'est vraiment de nous rappeler la façon dont les syndicats contribuent au jeu démocratique et à la démocratie dans ce pays ça franchement c'était un bonheur pour nous de retrouver les organisations syndicales vous avez su mobiliser dans la durée dans l'unité sans violence etc et alors je dois surtout vous remercier parce que vous nous avez donné un bonheur extrême c'est à dire que vous nous avez montré le rassemblement d'un peuple uni rassemblé dans ce pays et ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas vu ça c'est une vraie vitalité démocratique qui est venue à nos yeux je sais qu'il y a des faiblesses dans cette vitalité démocratique on en parlait tout à l'heure en aparté c'est le taux de syndicalisation vous avez chacun dit que vous aviez fait progresser vos adhésions ça reste une difficulté dans ce pays avec un taux trop faible qui va peut-être jouer pour l'avenir mais vous nous le direz peut-être dans le débat moi ça m'importe beaucoup en tout cas de toute évidence cette mobilisation sur la réforme des retraites ça aura ouvert pour vous de vraies perspectives nouvelles et si j'ai voulu revenir sur ce point c'est parce qu'à contrario effectivement le printemps syndical tranche énormément avec l'état dans lequel s'est trouvé la gauche justement et vous le souvenez-vous dès février 2023 Philippe Martinez qui était encore à l'époque secrétaire général de la CGT disait assez vertement d'ailleurs que la mobilisation était sociale et qu'elle ne devait rien au parti politique alors on savait très bien que c'était une adresse à l'intention du leader de la France insoumise mais pas que je le cite il dit qu'il condamnait tous ceux qui tentaient de s'approprier le mouvement social et de se substituer aux organisations syndicales et je crois qu'il y a eu ce type de tentative et je crois que ça a été une erreur d'une partie de la gauche que de le faire nous autres socialistes nous avons été très mobilisés sur ces questions partout dans nos territoires nous étions présents mais jamais au grand jamais nous avons tenté une récupération je reviens sur ce qui s'est passé également à l'Assemblée nationale et je crois que les milliers d'amendements posés par les insoumis n'ont pas favorisé la clarté du débat puisqu'ils n'ont pas permis de débattre sur l'article 7 en particulier qui était le dur du projet même s'il y en avait bien d'autres et que c'est dommage parce qu'on avait besoin de clarté je garde à l'esprit que c'est quand même le premier des responsables c'est quand même le gouvernement évidemment qui en multipliant les entraves institutionnelles n'a pas permis la clarté du débat évidemment mais c'est une erreur aussi je crois de comportement moi je salue les députés socialistes qui eux en responsabilité ont su retirer les amendements à un moment donné justement pour avancer et du coup c'est fort de l'expérience que vous aviez eue à l'Assemblée nationale que nous au Sénat nous avons davantage joué le débat d'idées le débat politique parce que les syndicats le voulaient je le répète débattre de l'article 7 et parce que les français en avaient besoin souvenez-vous ils ne comprenaient plus rien à ce stade de ce qui était en train de se passer dans le pays ils avaient besoin de connaître les positions des uns et des autres je dois vous dire également au Sénat nous avons travaillé dans une totale responsabilité entre les forces de gauche les trois groupes de gauche ont travaillé ensemble interruption de séance amendement complémentaire ça n'a pas absolument fait défaut alors moi je crois que globalement et ça a été dit mais je l'ai ressenti comme ça nous avons été dans la confusion dans l'impossibilité de proposer une débauchée politique à cette vaste mobilisation nous avons été incapables de proposer autre chose qu'un simple discours oppositionnel et là je ne suis pas d'accord avec toi Jérôme parce que notre travail de politique c'est quand même de prendre les révoltes et d'en sortir une perspective politique du coup moi je pense que ça a été pour l'ensemble de la gauche une occasion manquée aujourd'hui oui mais je le regrette mais rien n'est perdu aujourd'hui le bloc de gauche plafonnerait à 30% je crois je ne sais pas vous me direz si je me trompe avec une union de la gauche il faut bien le reconnaître qui est en crise qui est fragilisée politiquement qui est fragilisée encore dans la façon dont la France insoumise pratique son opposition elle est largement désavouée par les français et je crois que ce désaveu va s'accroître encore c'est peut-être déjà accru avec le refus d'appeler au calme durant les dernières émeutes c'est un vrai problème et moi ce constat je veux qu'on en tire des conclusions je pense qu'on devrait s'amener nous tous les socialistes à nous questionner sur notre stratégie et notamment ce sera le moment de le faire au moment de la préparation des élections européennes d'ailleurs le premier secrétaire Olivier Faure a déjà évoqué ce sujet puisqu'il a évoqué une émancipation de chaque composante de la gauche après la victoire de Pedro Sanchez qui a permis de tenir l'extrême droite hors du pouvoir même si malheureusement il faut vérifier et faire très attention comment les choses vont se dénouer de ce point de vue nous avons besoin effectivement d'une émancipation dans le respect de chacune des composantes et nous avons besoin de positionner notre position au regard des élections européennes pour dire qui nous sommes et qu'est-ce que nous allons proposer je crois que c'est fondamental donc pour moi l'heure est venue l'heure est venue clairement de refonder à gauche à gauche pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté n'est-ce pas une alliance nouvelle un peu comme ils l'ont fait dans le respect de chacune des composantes comme ont fait les organisations syndicales sur la Macronie je pensais qu'elle avait passé le cap de la réforme des retraites parce qu'elle se tenait à 28% mais aujourd'hui on voit bien qu'elle est en train de se fragiliser totalement on voit bien que la tentative désespérée d'Emmanuel Macron d'être président jusqu'au dernier quart d'heure c'est plutôt une voie sans issue et que donc je crois qu'aujourd'hui on a un espace politique parce que le fossé s'est creusé pendant la réforme du Covid entre ceux qui s'en tirent bien et qui gagnent mieux et ceux qui ne s'en sortent pas et là je crois que la réforme des retraites est venue rajouter encore dans les inégalités donc il y a un besoin de gauche dans ce pays j'ai pas dit une envie pas encore mais il y a un besoin de gauche dans ce pays et nous devons occuper cet espace Emmanuel Macron penche de plus en plus à droite moi j'y vois une opportunité pour récupérer un électorat perdu ce qui m'inquiète le plus c'est le RN ça a été évoqué tout à l'heure je veux le développer un peu plus je sais qu'il est en embuscade et qu'il pourrait au bout du bout tirer des marrons du feu parce qu'ils auront peut-être la possibilité de consolider justement cette colère que nous ne n'avons pas su consolider et qui pourrait bien s'exprimer dans les urnes parce qu'on sait bien qu'aujourd'hui il y a une France d'extrême droite qui est très sensible aux thématiques sociales qui attend son heure une France populaire qui était avant le public naturel de la gauche et qui s'est détournée de nous aujourd'hui le RN ne progresse plus nécessairement à droite il progresse aussi en partie à gauche sur les classes moyennes quelquefois sur les cadres le plus souvent sur les catégories les plus anciennes de la population en tout cas globalement sur des catégories qui avaient résisté jusqu'alors à l'attraction de l'extrême droite et je crois qu'il va falloir savoir leur parler vous avez évoqué des sujets parler aux couches moyennes parler aux couches populaires dont on ne parle pas assez en ce moment sinon Marine Le Pen pourrait bien finalement crever le plafond de verre à laquelle elle s'est heurtée jusqu'à présent alors pour autant je ne veux pas qu'on en tire des conclusions et moi je n'en tire pas des conclusions définitives pour les prochaines élections présidentielles par exemple qui auront lieu que dans 4 ans donc beaucoup de choses sont possibles mais je voudrais qu'on garde à l'esprit que effectivement et ça a été dit tout à l'heure c'est le RN qui pourrait bien être et qui est bien la seule formation politique qui a profité de la dernière période et malheureusement ça n'est pas doux je vois qu'il faut que je conclue je vais conclure en disant quelques trucs c'est mon intervention qui s'en va pourtant à ce stade je pense que rien n'est gravé dans le marbre bien sûr le RN est en position bien sûr nous sommes fragilisés rien n'est gravé dans le marbre si si un nous sommes capables de rassembler les socialistes tous les socialistes c'est notre responsabilité ceux qui nous ont quittés aussi qui aujourd'hui doivent un jour revenir chez nous notre électorat ceux qui sont partis mais oui ceux qui sont partis pour créer des associations ou des clubs qui sont des aventures sans lendemain mais dans lesquelles nous devons leur parler et les rassembler on ne fait rien sans rassembler d'abord
on laisse s'il vous plaît
on ne fait rien sans rassembler d'abord sa famille politique je parle de la gauche je ne parle
il y aura des prises de parole donc je propose de laisser je ne parle
que de la gauche effectivement et si et si deux si nous travaillons à un rassemblement de la gauche pour moi ce serait une alliance revisité sans dominant ni dominé et pour moi elle est à reconstruire une alliance nouvelle version effectivement je regarde ce qu'ont fait les organisations syndicales et si j'en viens à là nous constituons un corpus qui nous identifie auprès des français et l'occasion sera l'élection européenne pour effectivement dire ce que nous sommes aux français et un corpus qui réponde à leurs préoccupations quotidiennes et pour le reste je vous le dis celui qui sera ou celle l'incarnation ou le leader franchement tout ça ça peut attendre l'essentiel c'est la stratégie et l'essentiel c'est le contenu je pense qu'un espace politique c'est dégagé à gauche et qu'il existe aujourd'hui et qu'il va encore s'accroître avec la crise économique qui couvre et je pense que cet espace politique les socialistes peuvent s'en emparer nous ne le faisons pas encore assez
Lamia je te laisse la parole je te propose de conclure ce tour de parole après il y aura vous pourrez prendre la parole aussi pour intervenir poser vos questions à nos intervenants on va essayer de faire court pour vous essayer le temps et ne pas prendre trop de retard sur l'heure qui était annoncée initialement donc Lamia peut-être pour terminer ce tour de parole et aussi un peu recentrer parce qu'on s'en est un peu éloigné sur le mouvement des retraites et après quelles sont les perspectives pour la gauche et notamment le parti socialiste
merci Marie-Arlette d'avoir réveillé la salle j'avais un petit peu peur que les gens se soient endormis alors ça va ils sont bien là ils sont bien là alors moi j'ai une question en fait sommes-nous la gauche la plus bête du monde au sortir de cette réforme des retraites au sortir de cette mobilisation je crois que la question se pose la question des retraites elle nous a énormément occupé et moi ce que j'entends en filigrane dans l'ensemble des interventions avec quelques nuances c'est et maintenant qu'est-ce qu'on fait comment est-ce qu'on est en capacité d'assurer la continuité de l'opposition à cette réforme mais au-delà de ça comment est-ce qu'on a en capacité de porter une structuration de cet après pour donner des perspectives parce que quand on est socialiste je crois que la première de notre responsabilité c'est de porter l'espoir c'est d'être en capacité de l'incarner et donc de faire des propositions qui vont permettre cette continuité du mouvement dans le cadre de la composition de la constitution d'un projet alternatif parce que désormais et je crois qu'on est tous d'accord là-dessus quel que soit l'endroit duquel on parle que ce soit les experts que ce soit les syndicalistes que ce soit les associatifs que ce soit les politiques tous les progressistes c'est que si nous n'arrivons pas à incarner cet espoir le risque c'est qu'en 2027 nous ayons l'extrême droite en responsabilité nationale et je crois que quand on est progressiste aucun de nous ne peut s'y résoudre donc comment est-ce qu'on fait cette réforme des retraites elle était injuste elle est injuste et complètement déséquilibrée elle était d'abord déséquilibrée sur le plan économique j'imagine que vous avez vu le rapport du corps qui est sorti mi-juillet au final cette réforme va avoir un surcoût de plus de 9 milliards d'euros que si la loi n'avait pas changé donc elle nous avait été vendue comme étant nécessaire pour assurer l'équilibre des comptes de la protection sociale à terme et là ce qu'on nous dit c'est qu'en dépit de cette réforme au final le système sera encore plus déséquilibré que si nous n'avions rien fait elle est aussi déséquilibrée d'un point de vue d'une valeur fondamentale pour nous en tant que socialistes en tant que peuple de gauche c'est la notion de justice elle est totalement injuste parce qu'elle vient accroître des inégalités notamment les inégalités liées aux origines sociales aux origines territoriales à toutes les disparités qui aujourd'hui malheureusement continuent de labourer notre société parce qu'on sait que 64 ans en fonction de la profession qu'on a exercée en fonction de l'endroit où on est né en fonction de son état de santé en fonction de sa pénibilité en fonction de la durée de sa carrière en fonction aussi du chômage dont on a pu souffrir parce que le chômage a un impact très fort sur la santé physique et psychique et bien on n'arrivera pas tous dans le même état à l'âge de 64 ans et alors qu'on nous explique qu'il faut lutter contre le chômage des seniors on voudrait faire travailler plus les seniors mais du coup quoi ?
ils continueraient d'être au chômage jusqu'à 64 ans au final ?
le troisième point de déséquilibre c'est sur la notion même la conception même qui a été à l'origine de ce projet de loi je ne veux pas du tout remettre en cause la légitimité démocratique de l'élection d'Emmanuel Macron on est des démocrates on respecte les résultats issus des urnes et en l'occurrence il a été élu mais dans un contexte qui était quand même extrêmement particulier il faut le rappeler moi je n'ai pas voté au deuxième tour pour Emmanuel Macron parce que je voulais d'une réforme des retraites j'ai voté au deuxième tour pour Emmanuel Macron parce que je ne voulais surtout pas voter pour Marine Le Pen et ça le fait qu'Emmanuel Macron lui-même qui a dit au lendemain de l'élection qu'il n'oublierait pas dans quel contexte il a été élu et qui quelques mois après nous explique qu'il a été élu pour mettre en oeuvre sa réforme des retraites il est venu fragiliser un lien de confiance fondamentale dans notre pays et qui est à mon sens au fondement de la démocratie et ça il emporte une responsabilité majeure Frédéric l'a dit tout à l'heure et merci beaucoup pour ton propos introductif le sentiment de résignation et ça c'est extrêmement grave parce qu'Emmanuel Macron ce qu'il a fait en réalité et j'y reviendrai c'est qu'il a tué ou il a tenté de tuer la démocratie sociale on ne remet pas en cause à la légitimité démocratique je l'ai dit quand on a été élu l'idée ce n'est pas de rejouer l'élection en permanence bien évidemment mais quand on est dirigeant quand on est en responsabilité nationale l'objectif c'est aussi de montrer que dans notre façon de gouverner on entend ce qui peut être dit par les concitoyens on entend l'opposition à une mesure ou à une proposition et derrière on est en capacité de faire évoluer sa position ce que Chirac avait fait en 2006 ça a été rappelé sur le CPE face à l'opposition très bien ok je retire cette réforme ça veut dire quoi concrètement ça veut dire que on est en capacité quand on gouverne un pays de dire qu'on entend les mouvements contestataires qu'on entend les oppositions et qu'à partir de là quand une réforme est rejetée par plus de 7 français sur 10 quand vous avez une mobilisation si importante que celle qu'on a eue dans la rue grâce à l'intersyndical uni quand vous avez une majorité de travailleurs qui sont opposés à cette réforme on est en capacité de dire très bien j'ai entendu c'est aussi comme ça qu'on restaure le lien de confiance avec les concitoyens c'est comme ça qu'on leur dit allez voter en fait c'est utile que vous alliez voter parce que vous pouvez avoir confiance dans vos gouvernants aujourd'hui ils disent quoi les français et tu nous l'as rappelé Frédéric de toute façon ça sert à rien au final ils font toujours ce qu'ils veulent de toute façon ça ne sert à rien d'aller voter puisque de toute façon ils feront ce qu'ils veulent à la fin et même si on s'oppose même si on se mobilise même si on va manifester même si on organise la contestation même si on se met en grève de toute façon ils feront ce qu'ils veulent comment est-ce qu'on leur dit nous maintenant faites-nous confiance faites confiance aux politiques faites confiance en vous dirigeant allez voter considérez que vos élus à qui vous donnez mandat pour vous représenter pour décider pour vous ils feront ce qu'il y a de mieux pour vous parce que ce n'est pas ce qui s'est passé là ça c'est le premier point sur la démocratie sociale le deuxième point quand vous avez une intersyndicale aussi unie que ce qu'elle a pu être et qu'en tant que gouvernant vous décidez que vous n'avez pas à les recevoir vous n'avez pas à discuter avec eux vous n'avez pas à les écouter alors qu'ils représentent les travailleurs vous venez achever la démocratie sociale et je pense que c'est une responsabilité énorme qu'est celle d'Emmanuel Macron aujourd'hui et de son gouvernement et que ce qu'il a fait c'est qu'il a passé la sixième pour permettre pas la sixième république la vitesse pour permettre à Marine Le Pen de faciliter le travail de conviction qu'elle est en train de faire sur le terrain donc à partir de là je crois que nous on a une responsabilité majeure c'est comment est-ce qu'on redonne des perspectives à la démocratie sociale comment est-ce qu'on redonne confiance aux françaises et aux français et comment est-ce qu'on constitue un projet crédible pour la suite le deuxième point et peut-être que je vais un tout petit peu m'éloigner de la question de la réforme des retraites en tant que telle tu l'as dit tout à l'heure Jérôme c'est que c'est une logique néolibérale qui a motivé Emmanuel Macron et en fait c'était le point d'orgue d'une politique de déconstruction globale de tout ce que sont nos communs la protection sociale je rappelle quand même ce qui se passe à l'hôpital c'est une catastrophe absolue je rappelle ce qui se passe dans l'éducation nationale on va bien voir à la rentrée dans quelques jours combien d'enseignants seront manquants devant nos enfants bref tout ce qui fonde le service public tout ce qui fait la notion de république liberté, égalité, fraternité quel que soit l'endroit où on se trouve sur le territoire il est en train d'achever de le déconstruire et cette réforme des retraites était symptomatique à ce sujet donc pour nous aujourd'hui c'est comment est-ce qu'on fait à gauche pour redonner des perspectives et pour incarner cette gauche crédible et audible moi je crois et je partage ce que tu as dit Marie-Arlette que ce qui s'est passé au Parlement ne nous a pas permis de nous distinguer par rapport notamment à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale et je le regrette parce que on n'a pas été audible dans la contestation qui a été la nôtre même si j'entends le travail bien sûr d'opposition qui a été fait Jérôme c'était extrêmement intéressant que tu puisses rappeler ces moments-là mais je regrette que nous n'ayons pas été en capacité d'avoir une alternative crédible et audible à opposer à ce projet délétère et injuste qui a été soumis donc comment est-ce qu'on fait maintenant pour faire des propositions concrètes et je crois que cette table ronde elle est extrêmement représentative de ce qu'on pourrait faire ensemble je pense qu'il faut que nous convoquions des assises de la gauche de tous les progressistes de tous ceux qui ont envie de faire de la politique avec un grand paix paix pardon pas que de la politique partisane oui c'était pas que de la politique partisane les syndicats les associatifs l'éducation populaire tous les bénévoles tous les progressistes tous ceux qui font la solidarité à l'échelle de nos territoires au quotidien doivent pouvoir discuter ensemble sur des propositions qui soient claires c'est quoi aujourd'hui notre rapport au monde du travail c'est quoi aujourd'hui notre rapport au travail comment est-ce qu'on organise la baisse du temps de travail comment est-ce qu'on organise le droit au temps libéré comment est-ce qu'on fait pour que chacune et chacun puisse bénéficier des mêmes opportunités dans la vie comment est-ce qu'on organise la solidarité à l'échelle de nos territoires et je crois que là-dessus nous avons énormément de personnes qui sont investies à l'échelle des territoires élus militants bénévoles et qui sont en capacité de nous aider à construire cette alternative parce que c'est notre responsabilité collective parce que nous ne pouvons pas nous résoudre à ce que l'extrême droite puisse gagner en 2027 ou à ce que les néolibéraux puissent regagner en 2027 donc je crois que c'est ça qui doit nous animer dans les prochains temps et je crois que par rapport à ça et je conclurai là-dessus nous les socialistes avons une responsabilité majeure nous avons une pratique démocratique ancienne extrêmement ancrée dans notre parti avec la transparence de l'exigence sur la façon que nous avons d'organiser cette démocratie et je crois que quand on est dans cette pratique très ancienne ça veut aussi dire qu'on est en capacité de la transposer à l'échelle du pays et quand on parle du délitement total de la démocratie sociale je pense que nous pouvons via notre expérience partisane être en capacité aussi d'apporter des garanties sur cette capacité à respecter le cadre démocratique que nous appelons de nos voeux le deuxième point c'est aussi celui de l'éthique en politique on tient ses promesses quand on dit quelque chose on le fait quand on promet quelque chose on le fait c'est aussi simple que ça quand vous rencontrez beaucoup de concitoyens sur les marchés ou dans la rue qu'est-ce qu'ils vous disent non mais de toute façon les politiques c'est tous des menteurs des voleurs ils racontent n'importe quoi les promesses n'engagent que ceux qui y croient blablabla et là dessus aussi on a une responsabilité majeure c'est qu'on fait ce qu'on dit et parfois on peut aussi reconnaître en humilité qu'on s'est trompé et donc entendre quand il y a des oppositions et ça on le fait à l'échelle de nos territoires quand on organise des concertations sur des séances de circulation sur des projets locaux sur une organisation municipale ou dans nos collectivités on écoute ce que disent les concitoyens c'est aussi ce qui donne le sentiment d'appartenir à une société organisée et d'avoir envie de travailler dans cette société organisée pour permettre son amélioration donc voilà ce que je voulais vous dire trois périls aujourd'hui démocratique économique écologique et surtout psychologique celui de la perte d'espoir voilà où est je crois notre responsabilité et je pense qu'au sein du parti socialiste cette exigence du fond bien évidemment vient ces assises qui nous permettront de travailler un projet commun elle doit aussi être accompagnée d'une très grande exigence sur la forme parce que sinon nous sommes inaudibles et derrière on ne nous croit pas et les citoyens surtout ne nous entendent pas donc ils ne peuvent même pas croire ce qu'ils n'entendent pas
merci Lamia alors le moment très frustrant de cette table ronde va arriver on fait signe qu'il y a une autre table ronde qui arrive ici dans à peu près cinq minutes et donc nous malheureusement nous n'aurons pas le temps d'échange que nous voulions faire initialement mais on va pouvoir se rattraper dans les ateliers puisque c'est une thématique qui a lieu tout au long du campus je vais laisser en guise de conclusion Frédéric Dhabi nous dire peut-être en deux trois minutes ce qu'il a pu noter en rebond par rapport à tout ce qui s'est dit et si vous souhaitez qu'on échange on le fait juste après la conclusion de cette table ronde dans l'espace de la Halle au grain avec des intervenants qui seront encore parmi nous pour quelques instants donc Frédéric je te repasse le micro et je te remercie encore d'avoir été parmi nous aujourd'hui
merci Sarah effectivement c'est frustrant de ne pas pouvoir échanger ensemble mais je comprends très bien non ce que je voulais répondre sur quelques points qui ont été dits par rapport à ce que vous avez dit sur la question des chômeurs effectivement c'est une logique d'opinion très forte que l'on voit quand on demande depuis environ 20 ans 25 ans c'est des questions qu'il faut poser notamment pour la fondation Jean Jaurès est-ce que les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment clairement cette question la réponse est devenue largement majoritaire du près des trois quarts y compris chez une partie des sympathisants de gauche c'est une donnée d'opinion c'est dur à entendre je pense qu'il y a toute une série de choses qui expliquent ça il y a d'abord l'effet des emplois non pourvus c'est une sorte de une sorte de montagne mal comprise par les français mais il y a l'idée que maintenant on peut trouver du travail d'ailleurs la fameuse petite phrase d'Emmanuel Macron traverser la rue pour trouver un emploi lui a été beaucoup moins négativement attribué a suscité beaucoup moins de critiques dans l'opinion que d'autres petites phrases et puis maintenant et ça fait le lien avec ce qui a été dit sur la valeur du travail le partage de la richesse l'injustice suprême pour les français ce n'est plus être au chômage c'est avoir un travail qui paye mal moi je suis frappé de voir que alors que le chômage il y a encore énormément de chômeurs des salariés à temps partiel surtout des femmes on va sortir lundi matin une enquête pardon pour la publicité notre enquête annuelle sur les enjeux prioritaires pour les français je ne l'ai pas regardé mais je me fiche mon billet que comme celle d'il y a quelques mois le chômage est en 10ème 12ème position on a changé de paradigme par rapport à cela alors ce qui a été dit par Jérôme sur cette page qui n'a pas vraiment été tournée vous l'avez dit vous tous de manière différente oui je pense que la page retraite n'est pas tournée par les français elle n'est pas tournée par les français il y a un agenda médiatique qui l'a mise complètement de côté mais il y a toute une série de moyens de la réactiver souvenez-vous comme une mesure aussi anodine et qui concernait là contrairement à la retraite pas les français comme le bouclier fiscal a été à empoisonner le quinquennat de Nicolas Sarkozy la loi TEPA ça a je dirais installé ce quinquennat dans un sentiment d'injustice et je le disais tout à l'heure dans mon propos le premier mot qui a été associé par les français dans les enquêtes qualitatives j'aime bien les sondages mais je préfère le qualitatif où on laisse les gens s'exprimer spontanément c'est une réforme injuste maintenant oui c'est vrai et j'ai entendu quelques sifflets sur les propos de Marie-Arlette Carlotti mais je le dis de manière très très sincère ces propos quand je les entends c'est ceux qui collent le plus à ce que nous disent dans nos enquêtes une majorité j'ai pas dit tous les sympathisants de gauche mais une majorité de sympathisants de gauche c'est comme ça il y a en ce moment une mécanique de gauche autour de la NUPES qui ne séduisent pas une majorité de sympathisants de gauche je le dis de manière très très clairement vous verrez l'enquête dans quelques jours pour l'humanité sur les entités de gauche et c'est vrai qu'il y a sans doute alors de par les assises dont a parlé la mien de par d'autres manières de par la poursuite du combat contre la réforme des retraites un moyen de changer j'ai pas dit détruire nuire c'est pas mon statut de dire ce qu'il faut faire à l'égard de la NUPES mais de dépasser changer transformer pour faire comme lors de la mécanique de 2010 que la mobilisation contre la réforme des retraites produise au scrutin intermédiaire et il y en a je mets les sénatoriales de côté il y en a un dans quelques mois qui va être extrêmement important les élections européennes et je pense que pour les français comment dire le moyen c'est à dire liste unie liste séparée compte infiniment moins que ce que la gauche va dire au moment de cette élection qui va beaucoup intéresser et je pense que l'abstention va être beaucoup moins forte que celle qui a été anticipée les français veulent s'exprimer et c'est sur ça que je pense la gauche sera entendue je vous remercie beaucoup
un grand merci à toi Frédéric je remercie tout particulièrement nos trois intervenants syndicalistes donc Olivier Guivarche Frédéric Souillot Thomas Vacheron merci merci parce que on les applaudit votre discours nous fait du bien dans la période et nous aide aussi à repartir sur des communs communs je l'espère à la rentrée sur des dates de mobilisation qui seront annoncées lundi par l'intersyndical donc encore une fois merci et évidemment merci à Lamia Jérôme et Marie-Arlette pour leur présence vous pouvez rester ici pour la table ronde qui va suivre ou poursuivre les échanges dans les ateliers qui seront et c'est promis plus participatives sur le format à très bientôt et bon campus à tous
Marie-arlette Carlotti