Florent Morillon : "La filière du cognac est prise en otage" par le bras de fer Chine/Europe
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:36OuverteRéponse directe
La Chine va vous imposer, à partir de vendredi, de déposer une caution auprès des douanes chinoises. Ça veut dire quoi exactement ?
- 1:47FerméeRéponse directe
Mais aujourd'hui, vos bouteilles de Cognac, elles sont taxées quand vous les vendez en Chine ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Vous le disiez, pour certaines maisons, la Chine, c'est 60% du chiffre d'affaires. Ça veut dire que des producteurs risquent de mettre la clé sous la porte ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Et pourquoi c'est vous qui êtes visé par la Chine ? Pourquoi le Cognac ?
- 3:54RelanceRéponse directe
Mais elle dit aussi qu'elle a quand même enquêté et qu'elle a trouvé des preuves de dumping justement dans cette filière du Cognac et que vous touchiez des subventions et c'est ce qu'elle vous reproche. Vous touchez des subventions ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Mais est-ce que vous comprenez que l'Europe veuille protéger son industrie automobile parce que ça, c'est le point de départ en fait de cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03InvitéChiffre
« Il y a un mois, on a eu une intention de notification de droit de douane venant de la Chine à hauteur de 35% en moyenne. »
- 2:10InvitéChiffre
« Oui, elles sont taxées mais à hauteur, on va dire, de 5%. »
- 2:14InvitéChiffre
« Et à ce 5% se rajouterait 35% en moyenne. Et pour certaines entreprises, jusqu'à 39%. »
- 2:23InvitéChiffre
« Je rappelle quand même que notre marché en Chine, c'est 25% des exportations de Cognac. »
- 2:30InvitéChiffre
« Pour certaines maisons, c'est 60%. »
- 2:41InvitéChiffre
« Notre région, je rappellerai que le Cognac, c'est 80 000 emplois directs et indirects. »
- 3:30InvitéChiffre
« Nous exportons à 97%. »
- 4:04InvitéChiffre
« À Cognac, il y a 250 maisons de négoce. »
- 4:54InvitéChiffre
« Ce sera peut-être 5 ans, peut-être 6 ans. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Présentateur32 %
≈ 1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, le 5-7. Il est 6h21, entre l'Europe et la Chine, c'est œil pour œil, dent pour dent. La Commission européenne a décidé la semaine dernière d'imposer de nouvelles surtaxes douanières sur les voitures électriques chinoises. Pékin n'a pas traîné pour réagir et prend à son tour des mesures restrictives contre les importations de brandy européens. Ce sont à 95% les producteurs français de cognac qui sont ciblés, producteurs que vous représentez. Florent Morillon, bonjour. Oui, bonjour. Vous êtes le président du Bureau national interprofessionnel du Cognac. La Chine va vous imposer, à partir de vendredi, de déposer une caution auprès des douanes chinoises.
Ça veut dire quoi exactement ? Expliquez-moi le mécanisme de cette caution.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous sommes pris en otage. Très clairement, on le dit depuis le départ, on n'a rien à voir avec ce dossier des véhicules électriques. Notre filière est prise en otage depuis le 5 janvier. Avec une montée en puissance chaque mois. Il y a un mois, on a eu une intention de notification de droit de douane venant de la Chine à hauteur de 35% en moyenne. Nous avons actuellement des enquêtes des Chinois qui viennent dans nos entreprises. Nous ouvrons nos portes parce qu'on n'a strictement rien à se reprocher. Et là, effectivement, est tombée cette nouvelle qui ne nous étonne pas non plus au regard du vote de vendredi dernier.
Et ce système de cautionnement, ça va être finalement bloqué de l'argent sur des comptes dans l'attente de la fin de l'enquête. Donc ça va fortement pénaliser les entreprises de Cognac. C'est complètement inadmissible. Et nous sommes une filière qui est sacrifiée dans un dossier dont on n'y est strictement pour rien.
Mais aujourd'hui, vos bouteilles de Cognac, elles sont taxées quand vous les vendez en Chine ?
Oui, elles sont taxées. Mais on va dire à un moment où on va se déapprendre.
Je vous entends très très mal. Je suis désolée. Ce n'est pas ce qu'on peut faire. Est-ce que vous pouvez vous rapprocher de votre téléphone ? Oui. Voilà. Ah, c'est beaucoup mieux. Mais oui. Donc vos bouteilles, aujourd'hui, elles sont taxées ou pas ?
Oui, elles sont taxées mais à hauteur, on va dire, de 5%. D'accord. Et à ce 5% se rajouterait 35% en moyenne. Et pour certaines entreprises, jusqu'à 39%. Donc c'est insupportable pour le consommateur, bien sûr, qui ne va plus acheter nos bouteilles. Je rappelle quand même que notre marché en Chine, c'est 25% des exportations de Cognac. Pour certaines maisons, c'est 60%. Donc c'est vraiment insupportable pour notre filière. Nous allons perdre ce marché. Et les conséquences vont être très graves pour nos entreprises. Notre région, je rappellerai que le Cognac, c'est 80 000 emplois directs et indirects.
Alors je vais vous redemander à nouveau, soit de vous rapprocher de votre téléphone, il y a peut-être un faux contact, mais on vous perd de temps en temps, M. Morillon. Vous le disiez, pour certaines maisons, la Chine, c'est 60% du chiffre d'affaires. Ça veut dire que des producteurs risquent de mettre la clé sous la porte ?
Alors c'est les maisons de négociation qui pourront acheter moins. Et en achetant moins de devis aux viticulteurs, c'est les viticulteurs aussi qui vont subir les conséquences. Donc ça voudra dire qu'on va avoir des viticulteurs qui vont vendre moins de devis et qui seront pour certains obligés d'arrêter leur activité et des entreprises aussi.
Et pourquoi c'est vous qui êtes visé par la Chine ? Pourquoi le Cognac ?
Alors le Cognac, c'est connu, c'est un fleuron de l'économie française. Nous exportons à 97%. C'est une filière d'excellence qui a plus de 300 ans. Et nous sommes convaincus que la Chine voulait envoyer un signe à la France au regard de ses positions de ces derniers mois sur ce dossier. Et elle a décidé de viser le Cognac.
Mais elle dit aussi qu'elle a quand même enquêté et qu'elle a trouvé des preuves de dumping justement dans cette filière du Cognac et que vous touchiez des subventions et c'est ce qu'elle vous reproche. Vous touchez des subventions ?
Alors c'est complètement faux. La Chine parle de dumping. Vous savez, à Cognac, il y a 250 maisons de négoce. On parle de Cognac, mais il ne faut pas oublier que l'Armaniac est visé aussi. Il ne faut pas oublier que le brandi espagnol est visé aussi. Il ne faut pas oublier que le brandi italien est visé aussi. Je ne veux pas croire que les 250 maisons de négoce de Cognac plus toutes les maisons d'Armaniac et des autres pays qui font du brandi se soient mises d'accord pour faire du dumping en Chine. Donc on le prouvera. On est en train de le prouver. Le sujet est complètement et exclusivement politique. C'est reconnu de part et d'autre aujourd'hui.
Bien sûr, aujourd'hui, l'Europe nous annonce qu'une action devant l'OMC va être menée.
Oui, la Commission européenne dit qu'elle va contester la mesure devant l'OMC.
Oui, tout à fait. Et l'OMC, j'en suis convaincu, prouvera, démontrera que nous n'avons aucune de ces pratiques. Le problème, c'est que ça va prendre énormément d'années. Ce sera peut-être 5 ans, peut-être 6 ans. Et d'ici là, on aura perdu les marchés. Ce sera la catastrophe pour nos entreprises.
Mais est-ce que vous comprenez que l'Europe veuille protéger son industrie automobile parce que ça, c'est le point de départ en fait de cette affaire ?
Ah mais là, on n'a pas de jugement à avoir sur ce sujet. C'est un autre sujet qui n'a rien à voir avec nous. Le problème, c'est que nous, on ne veut pas être pris en otage pour ce dossier, pour ce sujet des véhicules électriques. On ne veut pas être à marge d'ajustement.
Merci beaucoup, Florent Morillon, président du Bureau national interprofessionnel du Cognac. Vous étiez l'invité du 5-7.