Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin· 23 février 2017 44 min

RUFFIN - "NOUS SOMMES LA GAUCHE !" - MEETING DE FLIXECOURT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ah. [Musique] [Musique] Je sais pas si ça vous plaît comme baraque. Ça vous plaît les whpol ?

Où est-ce qu'ils sont les whpol ? Ils sont là. Ça vous plaît comme baraque ou pas ?

Ça vous tente ? Donc là, il y a un terrain de tennis. Est-ce qu'on peut déplacer avec la souris ?

Tu peux nous montrer le terrain de tennis ? Il y a il y a des frais d'entretien. Il y en a une, ça do celle de droite, ça doit être pour monsieur.

Celle de gauche, ça doit être pour madame là, je pense. Il y a une piscine intérieure. On la voit pas.

Le jacuzzi, eux, ils l'ont. C'est pas comme à Fakir. Il doit y avoir une quarantaine de chambres là-dedans.

Alors, si on peut faire un zoom arrière, on va voir qu'il y a un truc sympa aussi. Attends, on va voir qu'il y a un truc sympa. Tu peux me faire le le zoom arrière ?

Ah voilà, il arrive le zoom arrière là. Vous voyez, c'est accès direct à la plage. C'est sympa comme baraque, non ?

Qu'est-ce que vous en pensez ? Alors euh ça appartient à Jeff Fétig cette baraque. Ça vous dit quelque chose ou pas ?

Vous voyez c'est tout le problème c'est qu'on est on connaît pas le nom de nos maîtres aujourd'hui. Et William William Mnab, ça vous dit quelque chose ou pas William McNab ? Non, ça vous dit rien ?

Voyez je vous ai peut-être pas fait attention quand vous êtes rentré là-bas sur le parking, mais juste en face là-bas, il y a un château. Vous l'avez vu ? Qui l'a vu ?

Il y a ceux qui connaissent. Bah vous ferez gaffe, vous relèverez le nez sur le parking, derrière la pâtinoire, vous verrez le château, c'est un château des frères saints. Et il y en avait plein des châteaux des sain et ce qui fait que ici dans le coin, dans les usines des frères saints, les salariés, ils il y avait immédiatement un rapport entre euh une proximité entre les Tod et les châteaux.

Vous voyez ? De la même manière quand on va au cimetière de Fix secours, vous avez des grandes chapelles et à côté vous avez des gens qui sont enterrés à même le sol. Vous allez, vous entrez dans l'église, vous avez un petit carré qui est réservé pour les riches où il y avait les petits coussins moltonnés et les autres et ben ils s'étaient sur des sièges en paille.

Et donc la proximité comme ça de ces riches et de ses pauvres, ça faisait que les manifestations elles se terminaient systématiquement devant le château en Cortège et ça fait qu'il y a deux châteaux qui ont brûlé quand même dans le coin. Vous voyez, il y avait une proximité entre ça qui permettait une révolte. La difficulté là, c'est que il y a une disjonction géographique entre euh les travailleurs, le entre le travail et le capital.

Parce que la baraque que vous avez vu, ah bah là, vous voyez le bonhomme, ça c'est Jeff Fétig. Qui est Jeff Fétig ? C'est le PDG de Whpool.

Et vous voyez le fait qu'on connaisse pas son nom, qu'on sache pas où il habite, ça a des ça a des effets politique parce que les salariés de chez Walpool, ils voient pas tous les matins où va la plusvalue. La plusvalue, le salaire de Jeff Petig, donc vous voyez, on bosse un petit peu de temps en temps. Il touche 100ion5 grosso modo de salaire annuel, 2 millions de bonus annuels, 100 millions de revenus sur stock option, soit un total de 135 à peu près. 135 si on divise par le salaire d'un ouvrier de whpol, je je leur ai demandé, ça fait 500 ans.

Il faut imaginer un salarié de Willpool travaillant depuis l'invention depuis la guerre de Marignan à peu près, la bataille de Marignan en 1515 pour arriver travaillant depuis ce temps-là jusqu'à aujourd'hui pour égaler une année de salaire de Jeff Fétig. Et ça veut dire autre chose. Ça veut dire autre chose parce qu'il faut donner des images.

Ça veut dire que c'est comme si tous les salariés de Wpouamien, mais aussi le sous-traitant Prima, mais aussi la centaine de d'intérimaires qui interviennent régulièrement comme si ces 500 personnesl travaillaient pendant 1 an pour égaler le salaire, les revenus de monsieur Jeff Pétig. La totalité des salariés d'Amien, c'est égal à ce seul bonhomme à lui tout seul. [Musique] Donc déjà, on peut dire que c'est une situation qui est indécente, mais ce qui est encore plus indécent évidemment, c'est que qui coûte trop cher, nous dit-on c'est pas monsieur Jeff Fig, ce sont les salariés d'Amien qui coûteraient supposément très trop cher.

Il y a il y a 15 jours, 3 semaines, je me trouvais chez la maman de Linda. Linda, elle est aussi en vacances, c'est la c'est la directrice du centre périscolaire de mes enfants. Elle m'a emmené chez sa maman.

Il me semble qu'elle est là sa maman. Vous vous pouvez applaudir ça la maman de Linda parce que elle a organiser une réunion politique dans son salon et je pense que ça devait être la première fois qu'il y avait une réunion politique qui s organison là. Donc j'ai été on a été accueilli par un garçon surnommé cacahuète.

Linda lui a dit comme tu es bien habillé aujourd'hui cacahuète, il m'a dit, il a dit oui bah oui parce qu'aujourd'hui je dois servir. Donc je me suis bien habillé. On aurait cru en effet qu'on était dans un lycée hôtelier, c'est pareil.

Vous aviez mis la table comme il fallait, les naprons, tout ça. Bon et puis il y avait le sucre qui était en place. Cacahuète avait bien fait son travail.

Il y avait là toute la rue Saint-Pierre, enfin un paquet de personnes de la rue Saint-Pierre. Il y avait les sœurs, les beaux-frères. Il y a Sandra qui est là, un peu toute la famille qui était rassemblée.

Il y avait Pascal qui travaillait à la mise en rayon à Carrefour. Mikaela qui est assistante matériel, George qui est retraité bon et ainsi de suite et Laurent qui est pâtissier et il y avait Denis ouvrier chez WHP depuis 1992. Je l'ai vu aussi tout à l'heure Denis peut-être il va pas se dénoncer mais Denis est là aussi.

Bon et Denis qu'est-ce qu'il a dit ? Il a dit "Il y a une prime chez Wpool. La prime c'est 120 € à l'année.

Mais comme j'ai accompagné ma fille pendant 50 minutes chez le dentiste, je n'ai pas touché ma prime cette année." [Musique] Alors, où vont ces 120 € ? Bah, ces 120 € ils vont dans quelques tuiles du château de monsieur Jeff Tig.

Mais la difficulté c'est que Denis et ses camarades, il voi pas Jeff Fétig sortir de leur château et venir leur dire à eux vous savez vous gagner trop, vos revenus sont trop chers. Il y a un tas de délégations, il y a des DRH, il y a des services communication, il y a des directeurs de site et tout ça qui permettent d'étendre la chaîne entre les deux et du coup ça suscite pas la révolte comme ça pourrait la la susciter si ça jamais il sortait directement de sa baraque. Et résultat le risque évidemment avec cet éloignement entre le travail et capital comme l'adversaire cet adversaire n'est pas visible c'est qu'on on retrouve d'autres adversaires qui eux sont visibles à la place.

C'est quoi ? le salarié du privé contre le fonctionnaire, c'est le travailleur contre celui qui est désigné contre assisteré et c'est évidemment le français contre l'immigré. C'est-à-dire qu'on on va chercher des adversaires qui sont des adversaires visibles immédiats plutôt d'aller chercher notre notre véritable adversaire sur le plan de finances.

C'est et donc cet éloignement entre le travail et capital nous fait oublier cette leçon simple de Victor Hugo. C'est de l'enfer des pauvres qui a fait le paradis des [Applaudissements] riches. Alors, j'ai passé à William Mnab parce que comme on a été long avant, je saute.

Vous voulez un paragraphe sur Fillon ou bien on se fait pas Fillon ? Bon, qui veut Fillon ? Qui veut pas Fillon ?

Oh bordel et la démocratie directe c'est compliqué alors là. Bon allez voyons. On passe la photo de Fillon.

On la voit la photo de Fillon. Je vais faire rapide mais c'est tout c'est le retour des seigneurs. Le voilà lui aussi qui est devant ça devant son château et qui vient vous dire que c'est vous avec cette votre sécurité sociale, c'est vous fonctionnaire, c'est vous qui coûtez trop cher au pays et qui se fait le centre de l'hyper austérité.

Vraiment ça rappelle enfin on est revenu au temps de vous savez la grande jaquerie en 1358 elle est partie de Picardie. C'est ici qu'on a mis le feu au château pour commencer hein. Le slogan c'était po à mot feu au château.

Alors j'ai sauté Macron quand même. Vous voulez pas de Macron hein. Euh par contre je veux bien de la flotte moi.

Alors maintenant j'en étais où ? Ah oui William Mnab. Est-ce qu'on peut voir sa photo à William McNab ? [Musique] gos.

Ah, vous sentez tout de suite qu'il est dans votre camp même si vous connaissez pas hein. Alors, William Mnab, qui c'est William McNab ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a un peu de culture dans cette salle ou qui a un téléphone portable qui répond vite ?

Euh, c'est le PDG de Vanguard Group. Qu'est-ce que Vuard Group ? C'est l'un des plus gros fonds mondiaux qui gère qui gère 3000 milliards d'euros.

Alors pourquoi j'ai choisi ce fond là ? Et ben parce que VAR Group c'est l'actionnaire principal de whpol. C'està-dire que c'est le patron quelque part de Jeff Etig Fig.

Mais ce William Macnab, il est aussi ce fond est aussi actionnaire de d'autres entreprises comme c'est l'actionnaire principal aussi de Monsanto, cette entreprise qui déverse le roundup, tous les pesticides, le lassau, les OGM, le cancer pour les agriculteurs qui pollu nos rivières, qui a déversé l'agent range pendant la guerre du Vietnam. Vo on voilà l'actionnaire principal. C'est l'actionnaire principal aussi de Exol, la marée noire en Alaska en 1989.

C'est eux. C'est eux qui financent aussi des lobby pour nous dire que le réchauffement climatique n'a rien à voir du tout avec l'industrie plutorière. C'est aussi l'actionnaire de Doimicol.

Do Kimicol, c'est Bopal 1984. Bopal 1984, c'est 20000 morts. C'est encore 300000 malades.

Et c'est eux qui font toutes les chicaneries pour ne pas payer les victimes de cette catastrophe industrielle. [Applaudissements] Enfin, The V Guard Group, c'est aussi l'actionnaire de Foxcon. Foxton, le sous-traitant de Apple en Chine surnommé les usines à suicide.

Alors, je vous cite tout ça. Donc, Virgou à la fois actionnaire prioritaire principal de WHPOL, de Monstau, de Exon, de Doimical, de Foxcon. Je vous dis tout ça pour vous dire que les travailleurs de Picardie d'Inde ou de Chine, ils ont le même ennemi.

Et il faut pas séparer l'écologie et le social non plus parce que c'est la même bataille. Il y a la même bataille dans tous ces combats. C'est la même bataille contre le même adversaire et et la bataille qui est engagé, c'est celle pour ne pas laisser notre notre destin entre les mains de ces seigneurs.

Pas seulement pour les sèchelinges, mais aussi pour l'avenir de la planète. Il y a il y a une une petite nouvelle dans le courard, je vous la montre. C'est une nouvelle de cette taille-là.

Vous voyez la taille du truc ? Et pourtant, c'est une nouvelle qui est dramatique et je trouve que la taille qui est donnée à cette nouvelle est doublement dramatique. Qu'est-ce que c'est ça ?

C'est un nouveau pic de pollution. Il est se termine. Donc c'était samedi dernier, ça fait 10 lignes comme ça.

Et ça nous dit quoi ? Il est à la fin, il est recommandé à l'ensemble de la population et plus particulièrement personnes sensibles d'évicer les activités physiques. Voilà à quoi on est en train de s'habituer quand on voit la taille de cette nouvelle dans le courer Picard.

C'est-à-dire, on est en train de s'habituer au fait queon conseille les à nos enfants de pas sortir pendant les récréations, de pas faire de sport et puis tout ça. Voilà la taille que ça fait quand pendant une journée on conseille ça à nos enfants. Est-ce que c'est ça que vous voulez comme avenir pour vos enfants ?

Et pendant ce temps-là, on va faire traverser l'Europe à des caillons whol pour pour livrer les sèchelinges depuis l'autre bout de l'Europe. Et pendant ce temps-là, il va y avoir du jambon, des cochons qui vont partir à Parme en camion et qui vont vont revenir en Hollande sous forme de jambon de Parme pour sur l'étiquette. On va laisser les camions traverser l'Europe en tout sens.

Vous savez, il y a un truc que je dis, c'est moi j'ai grandi, il y avait des irondelles. J'adorais regarder les irondelles. Euh, on savait que quand elle volait bas, c'est et ben c'était parce qu'il allait y avoir de l'orage.

Vous pouvez regarder d'ors et déjà, mes enfants, ils grandissent sans voir de Dirondel. Quasiment vos enfants, ils grandissent sans voir Dirondel. Bah, je pense qu'il y a un symptôme de ce qu'on peut pas accepter parce que si on si on les laisse faire, on sait qu'ils iront jusqu'au bout.

Ils raseront les forêts, ils vidront les mers des tons des baleines, des sardines, ils pressureront les roches, ils feront fondre les pôles, ils noirchiront l'Alascar, ils sauveront les banques avec nos retraites, ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus au franc. Tout ça c'est si on les laisse faire. Donc évidemment la question c'est aussi la question de notre soumission, c'est comment ça se fait que jusqu'ici on les laisse faire ?

Bon, c'est le le truc, ils ne sont ils ne sont grands pour que nous sommes que parce que nous sommes à genoux et c'est pour bien pour ça qu'on a on a choisi. C'est pour ça que nous disons Picardi debout. Alors dans tout ça, il y a des complices.

Vous avez compris que mon adversaire c'est toujours la finance. Le changement de discours c'est pas pour maintenant. On a eu François Land qui disait euh "Mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti et pourtant il gouverne." Oh ben des noms et des visages, vous avez vu qu'il en a.

Mais les partis les a presque tous. La finance, elle gouverne avec presque tous les partis. Alors, j'ai choisi la fleur mais en fait, je pense que ce sont eux qui sont le plus des pantins.

La fleur comme symbole, mais je pense que les pentins ce sont avant tout eux. Ce sont avant tout eux les marionnettes de la finance. On voit les grosses ficelles.

Alors, je saute Pascal de Marte. Bon, je j'enviens au communiqué sur WH Pool pour rester à Wpool toujours. Le communiqué publié par Brigitte Four, maire d'amien, Alain Geste, député de la Somme, Xavier Bertrand, président de la région des Haut de France.

Ce communiqué s'appelle s'intitule colère et incompréhension et ça commence comme ça. C'est avec colère et incompréhension que nous apprenons la décision de Weol. Mais qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas ?

Qu'est-ce qu'ils comprennent pas ? Le coût du travail est moins élevé en Pologne. Wpol l'explique dans son communiqué.

Donc ils partent en Pologne. Le raisonnement est quand même simple. Un gamin de 5 ans comprend ce raisonnement.

Qu'est-ce que tu dis José ? Bah oui, Paris au siège de France. Paris au siège de France qui fabriquait des meubles partis en Roumanie hein.

Il le disent. Oui. Oui.

Maintenant il le disent. Ce qu'il dis c'est que maintenant en plus il ils disent qu'ils partent en Pologne. Avant ils disaient pas Pariso, ils ont pas dit qu'il partaient en il partaient en Roumanie.

Mais good c'était la même histoire, c'était la Pologne. Moi, le premier plan social que j'ai fait, ça a été le le lave-linge chez Wpool. Le lave-linge est parti à Popr dans Slovakie.

C'est la même histoire qui se répète depuis 30 ans et ils viennent nous dire "Ah bah on comprend pas." Et alors dans leur communiqué, c'est cette cette fermeture répond à des impératifs exclusivement fondés sur la rentabilité financière. Quelle surprise !

Il croyait que Wpool c'était une association philanthropique ? Non mais je sais pas quoi. Il croyait que c'était le secours catholique.

Alors on a eu le meilleur c'était Ain Gest sur RTL. Cette délocalisation, c'est pour faire plaisir aux actionnaires. mais et le mec, il a fallu qu'il fasse des études pour découvrir ça [Applaudissements] quoi.

Alors vous allez voir ensuite ça va chauffer sur les décisions qui sont prises. Si whpool ne consacre pas tous les efforts à la réindustrialisation, il faudra que les Français premiers consommateurs soient informés de la façon dont l'entreprise fabricante de produits grand public n'assume pas ses responsabilités à Amien. Elle doit trembler Weol, ça doit trembler là-bas.

Ils doivent avoir les chocottes là-haut si on leur dit que bon attention, on va on va tenir informer les gens que oh là là. Alors, le plus drôle, c'est quand euh euh ils demandent les gestes pour et tout ça, ils disent "Il est aujourd'hui la responsabilité du gouvernement de faire de la réindustrialisation de laamiennoie une priorité nationale." C'est les mêmes qui avec Fillon veulent massacrer l'État qui viennent vous dire "Maintenant, c'est à l'État de prendre ses responsabilités pour réindustrialiser le site." À un moment, faut quand même faire des choix, quoi.

Donc euh moi je je dis tout ça parce que ce que je dis il y a un enfant de 5 ans comprend tout ça. Pourquoi donc il y a un mot qui absent de tous leur communiqués, c'est le mot Europe. Ce mot Europe, il est absent.

Or, c'est au centre de la problématique, c'est la mise à la possibilité évidemment de partir en Slovaquie, en Roumanie et ainsi de suite où le coût de travail est moins cher. C'est normal qu'ils veulent pas mettre ça en lumière puisque à la fois l'acte unique européen signale que l'acte unique européen qui est voté en 1986, mis en application en 1993, c'est le le critère des civilis. C'est ça qui donne le plus de libre circulation des capitaux et des marchandises.

Et c'est un un traité qui à l'époque est voté par toutes les organisations politiques, y compris le Front National. Le Front National a voté pour la lipcirculation des capitaux et des marchandises en Europe par toutes les organisations politiques, sauf le Parti communiste. Euh donc comment qu'est-ce que comment ça se fait ?

Moi ma question c'est comment ça se fait que ça peut durer comme ça depuis 30 ans et que depuis 30 ans on laisse faire qu'on laisse faire ça débuté d'abord le textile avec les la famille saint enfin avec sa frère ça a été l'ameublement pariso ça a été la métallurgie ça a été la chimie même je dis même les chips ont quitté la picardie quoi qu'est-ce qui nous reste il nous reste même plus les patates et ça fait 30 ans que ça dur que pendant 30 ans et bien on laisse faire je pense que la question centrale c'est parce que ce sont des ouvriers parce que ce sont des ouvriers qui ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale et bien ça peut continuer tranquillement. Vous savez quand on touche, moi je suis journaliste, quand on touche à l'avantage fiscal des journalistes, le lendemain ça fait des pattes à caisses pas possible. Vous voyez euh si jamais mais il se trouve qu'on n'est pas mis moi j'ai jamais mon patron quand j'ai travaillé pour mer à France interre il me disait bon ben on a trouvé un reporter roumain il est vachement moins cher que toi et puis tout ça il me disait jamais ça mais si jamais ça avait été ça ça aurait fait ben imaginez qu'on dise bon bah finalement le député roumain il est beaucoup moins cher le député polonais il est à 2000 € le député français est à 7100 € le député polonais est à 2100 € donc là il y a les gains compétitivité à faire là-dessus.

Vous voyez, on peut gagner le coût du travail peut être diminué sur Et encore je suis je suis mesuré parce que le député Bingladé, on a regardé, il est à 164 € par mois. Vous voyez ? Mais si jamais on disait allez hop délocalisation de l'hémicycle à Varsovie mais le lendemain tous les députés ils feraient une loi un projet de loi c'est pas possible c'est interdit ça peut pas marcher comme ça mais tant que c'est pour des ouvriers ça peut durer pendant plus pendant 30 ans.

Et pendant 30 ans, non seulement il y a pas de loi, mais il y a même pas une véritable discussion sur ces questions à l'Assemblée nationale. Alors, qu'est-ce que je qu'est-ce que je proposerai si j'étais député ? Un truc simple et puis c'est qui c'est qui l'a dit tout à l'heure ?

Euh, c'est l'un des saladas de Widou qui a dit plus aucun produit en France. Alors, je parle pas de boycott, moi, c'est toi, c'est toi qui l'a dit. Euh, je dis pas seulement euh je parle pas seulement de boycott parce que le boycott, c'est un truc individuel.

C'est chacun qui va faire son geste au supermarché et on sait que massivement ça marche pas. Je parle d'une loi, moi d'une loi qui interdit tout produit powerpol sur le territoire français. Je pense que c'est ça vers ça qu'il faut aller.

Si on n'est pas assez bon pour produire, pourquoi on serait assez con pour les acheter ? Alors, on me dit alors j'ai eu des réflexions, c'est une logique simpliste, vous voyez. Bah, c'est vrai, je suis assez basique moi comme garçon.

Mais vous trouvez qu'ils sont très les élaborés eux en face ? Bah, on part en Pologne parce que c'est moins cher, on part en Roumanie parce que c'est moins cher, on part en Slovaquie parce que c'est moins cher. C'est aussi ils ont une logique qui est vraiment simpliste et qui mettent en œuvre depuis 30 ans.

Et ben je suis désolé mais face à ça, je suis partisan aussi de mesures simplistes. Alors si ça vous dit, si ça vous dit déjà, on peut commencer par une pétition. Qui voudrait signer la pétition ici ?

Bon, alors vas-y, balance la pétition. Voilà. C'est fait.

Maintenant, vous pouvez l'assigner en rentrant chez vous. D'accord ? Mais la démocratie du clic, ça suffit pas.

Moi, je tiens à dire que qui ici serait prêt à accompagner les les whol si jamais il décidait de descendre à Paris. Ouais, criez un peu parce que là, franchement, vous êtes endormi, c'est pas possible. Bon, allez, allez, je vais vous chauffer un peu parce que ça va pas.

Là, vous vous allez répéter, vous direz après moi flic secours avec nous. Picardi debout. Picardi debout.

Non, vous vous dites fix secours avec nous. Picardi debout. Fix secours avec nous.

Picardi debout. Oh je vous entends pas là. Ça va pas là.

Picardi debout. Pardonbout. Bon, ça va un peu mieux.

Bon, on est en Picardie quand même. Bon, il court avec nous. Ah, voilà.

Bon alors je vais vous dire ah il y a une citation que j'aime bien. Je vais vous dire je vous dis mon adversaire principal adversaire c'est la finance mais c'est surtout l'indifférence. Il y a une il y a une citation que j'adore de Samuel Huntington.

Donc c'est le gars qui a dit il faut le choc qui a prené le choc des civilisations. Mais en 1975, il est à un truc qui s'appelle la commission trilaptérale qui a un super fingtong qui se rassemble l'Europe, les États-Unis et le Japon et il a cette phrase : "Le problème dans toutes les démocraties occidentales, c'est qu'il y a trop de démocraties. Le peuple se prend au sérieux.

Or, pour en finir avec cette attitude et que les dirigeants puissent diriger, il faut installer de l'apathie politique. Voilà le programme que délivrait Huntington en 1975. Et ben voilà ce qui est notre principal adversaire tous les jours autour de nous.

C'est l'apathie politique. C'est ce sentiment de résignation, de fatalisme qu'on y peut plus rien. C'est en fait un vaste sentiment d'impuissance.

Je vais citer un c'est comme s'il y avait un immense aquabond autour de nous. Et c'est contre ça essentiellement que tous les jours on doit combattre. C'est contre ça qu'on a on a lutté porte à porte, rue à rue la semaine dernière à Fix secours pour essayer de dire aux gens non, il y a encore des possibilités de faire des chose.

Il y a une phrase que j'aime bien, alors c'est d'un auteur très conservateur, nationaliste, qui s'appelle Maurice Barci que les pauvres et le sentiment de leur impuissance, voilà une condition première de la paix sociale. Pourquoi il y a la paix sociale dans ce pays ? Parce que jusqu'à maintenant, vous êtes convaincu que vous pouvez rien faire.

C'est ça le problème. Si vous vous prenez conscience que finalement vous pouvez faire quelque chose et ben si vous en prenez conscience et confiance et ben ça peut vraiment changer. Il suffit d'un déclic que ça prenne quoi.

C'est Orwell qui dit le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuadé chacun de son impuissance. Et moi je suis convaincu, au contraire, c'est queon est puissant. Nous sommes puissants.

Je pense que c'est un truc que déjà vous pouvez ressentir ce soir. Si vous êtes, vous savez, la puissance ça passe pas seulement par les discours du tout, mais rien que le fait d'être nombreux, de faire du bruit, mais vous en faites pas de bruit aussi. Mais vous en faites pas de bruit.

Oh bon euh mais je pense que le sentiment de puissance, il passe par ça, il passe par les corps aussi. Alors euh dans tout ça, à quoi servir mon élection ? Et ben à ça, je crois, à reprendre puissance.

Je pense pas que ça soit une fin. Je pense que c'est une étape sur le chemin. Vous savez euh la l'appétit vient en mangeant.

La victoire appelle la victoire. Moi, je pense que le peuple, il est comme un malade en convalescence. Euh et il faut lui trouver le moyen de faire le premier pas.

Le premier pas qui lui permettra peut-être de faire un second pas. Mais si vous lui dites "Ah, on va aller à la rupture avec le capitalisme, voilà, les mecs, il ils arrêtent tout de suite parce qu'ils sont découragés. On leur dit, c'est comme s'ils étaient malades, on leur demande de battre le record du soin en longueur d'un seul coup." Ben, je pense que il nous faut accumuler des petites victoires pour reprendre conscience et reprendre confiance.

Et alors, il s'agit pas d'être seulement dans la défense, dans l'emploi, mais il faudra aussi être dans l'attaque. La sécurité sociale à 100 %, le SMIC à 1500 € les ha des petites retraites, la fin du travail de tâché, les embauches dans l'hôpital et dans l'éducation, le revenu maximal et ainsi de suite. Il va falloir que tout ça on le conquière.

Mais on va pas se mentir et les gens le savent et je les prends pas je prends pas les gens pour des cons. Ils le savent que demain il est peu vraisemblable qu'il y a une majorité à l'Assemblée nationale qui mettent le SMIC à 1500 € qui euh proposent le revenu maximal qui impose une sécurité sociale à 5 %. Je l'espère, je le souhaite, je me battrai pour.

Mais les gens sont pas bêtes. C'est pas le sentiment qui domine dans le climat politique aujourd'hui. Euh et c'est pour ça que alors à quoi ça peut servir dans ce cadre-là ?

D'abord, moi je crois que je peux vous représenter. J'aurais une fierté à le faire mais je veux dire que déjà dans rien que de le fait de je pense qu'il y a une souffrance simplement à ne pas être représenté. Moi, je quelque chose que j'ai éprouvé dans mon adolescence, c'est-à-dire que j'avais l'impression d'avoir des idées, d'avoir une révolte en moi et qu'il y avait personne qui portait de cette révolte.

Il y avait personne qui parlent pour moi, vous voyez, quand j'ouvrais les médias ou quand j'entendais au cours de moi. Et c'était je j'ai prouvé ça comme une douleur et c'était devenu une douleur physique. J'attrapé des boutons.

C'est pas une blague hein, vraiment j'attrapé des boutons. Mais je pense qu'il y a plein de gens qui réagissent comme ça qui contiennent vachement. Et alors par exemple quand j'ai vu Serge Alimi, donc l'auteur des nouveaux chiens de garde que je directeur du monde diplomatique, il est passé dans une émission qui s'appelait arrêt sur image et qui a dit tout le mal que je pensais les médias. mais ça m'a fait un bien fou.

Rien parce queil avait exprimé, c'est-à-dire pousser dehors. Exprimer ça veut dire pousser dehors. Il avait exprimé ce que je ressentais.

Mais quand j'ai vu Xavier Mathieu renvoyer David Pujad dans les 22 m en lui disant "Mais attendez quoi vous me dites que c'est nous qui sommes violents mais c'est eux qui sont violents en face et le renvoyer comme ça mais c'est comme un éclair dans la nuit. [Applaudissements] [Musique] La nuit elle est longue, c'est comme un éclair dans la nuit. La nuit elle est longue mais on se souvient quand même des éclairs.

Je pense qu'il y a dans la fonction député, c'est pour ça que je brigue ce mandat, quelque chose qui s'appelle la fonction tribunicienne. C'est-à-dire qu'on vient porter la parole du peuple. On fait des lois certes, il y a des lois à faire, mais il y a aussi le fait de porter la parole du peuple, le fait de le représenter et je dirais dans l'Assemblée nationale et en dehors parce qu'il faut pas il faudra pas en rester à l'Assemblée nationale.

La le ce qui se passe dans les urnes, ça alors ça me rappelle tiens quand j'ai fait le tractage chez WHPOL, c'était vendredi dernier. Il y a un mec, il y a un ouvrier de chez Wpool qui m'a dit "Moi je vote Marine Le Pen pour les faire chier." Je dis mais vote pour moi, je les ferai encore plus chier.

Voilà, mon objectif, si vous me donnez l'écharpes, c'est de continuer à faire ce que je fais mais en les faisant chier à la puissance 100 avec l'écharpes quoi. [Applaudissements] Il y a autre chose aussi, il y a que je regrette souvent, moi je je suis, vous savez, on est porté par des mythes. Il y a il y a des choses qui vous traversent.

Moi, je suis porté par la Révolution française, par cette espèce de mystique mythique de la Révolution française. Et ce que je trouve de beau dans les députés pendant la Révolution française, c'est que ils votent en leur âme et conscience. Les camps sont très mouvants.

Or, qu'est-ce qui s'est passé pendant les 5 dernières années, par exemple ? C'est qu'on a eu des députés qui votaient sur aux petits ordres du parti des partis. Vous voyez ?

Et pas du tout en la âme au conscience. Et je pense que ça c'est problématique et moi je je voterai en effet en mon âme au conscience. Alors il y a il y a il y a un jeune qui m'a demandé quand je lui ai annoncé que j'allais me mettre au SMIC, il m'a dit "Bah pourquoi tu fais ça alors ?" Vous voyez parce que bah oui parce que j'ai dit que j'allais mettre j'allais me mettre mon j'allais pas toucher 7100 € mais que j'allais me mettre au SMIC.

J'ai pas fait partie de mes trois mesures. Mon mandat est révocable, hein. Si vous êtes pas content, vous pétitionnez et je démissionne.

C'est la première mesure. La deuxième mesure, c'est vous qui gérer mes réserves parlementaires avec un jury populaire tir au sort. Et la troisème mesure, je me mets au SMIC.

Et il y a un jeune qui m'a dit enfin "Mais alors, pourquoi tu fais ça si juste pour toucher le SMIC ?" Parce qu'il croyait que c'était pour gagner plus de pognons quoi. Euh alors pourquoi je fais ça ?

Euh, je pense que d'abord on aime bien vivre des aventures. Je pense que si vous êtes ici ce soir et puis ceux qui sont venus faire du porte à porte et qui se lancent dans notre bataille, c'est parce qu' aussi c'est la chanson de Brê. Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ?

Et ben déjà, je pense que dans les semaines à venir, on va pas s'ennuyer, ça va déjà être ça. Mais par ailleurs, il y a de même que pour vous. Je disais moi, je veux vous rendre un sentiment de puissance, mais moi je veux l'avoir aussi ce sentiment de puissance.

Or, il y a plein de moments où je me bagarre et je me sens seul. J'ai mes moments de découragement. Je me sens isolé par exemple un moment pendant le conflit sur la loi travail l'an dernier à l'Assemblée nationale, je au ministère du travail, je vais pour essayer de poser deux questions à à Myiamcomeri ou à son cabinet, mais deux questions toutes bêtes quoi, vraiment toutes bêtes.

Et qu'est-ce qu'on m'envoie ? On m'envoie les renseignements généraux, on m'envoie les vigiles, on m'envoie la préfecture de police, on m'envoie tout ça. Et bon alors il y a deux solutions.

Soit je me fais virer et à la limite je me fais virer par les flics comme il y a une caméra et qu'on est au ministère du dialogue social quelque part j'ai gagné. Soit la deuxième solution c'est que je vais devoir passer la nuit là et il y a Johanna qui est en train de m'apporter un sac de couchage pour dormir là. Bon je veux dire je freeise et parfois je suis complètement dans le pathétique hein.

Vous savez après c'est comme Merci patron. On a l'air héroïque comme ça, mais c'est parce qu'on on choisit les scènes au montage aussi quand même hein. Il y a plein il y a quand même plein de moments où on a les bras ball et tout ça et euh et où on est découragé.

Et c'est ce que disait euh tout à l'heure Elodie, je trouve. C'est-à-dire que là, ce qu'on me propose, c'est d'être protégé par l'écharpe. C'est de pouvoir faire la même chose mais en étenant soutenu par vous, en ayant vos voix qui renforcent ma voix.

Un truc que j'aime bien aussi dans dans les députés pendant la révolution française, c'est que il y a en permanence quelque chose qui se passe entre ce qu'il y a à l'intérieur de l'Assemblée nationale et ce qui se passe à l'extérieur. Ça passe de l'un à l'autre. Et là et moi si jamais je suis élu, c'est juste je ne serai qu'un point d'appui si vous luttez pas je pourrait rien faire pour vous.

Il faut que les gens ils se prennent en je pourrais être un point d'appui en volute. Je je compte bien par exemple si c'était si les Wpool arrivaient que j'étais à l'Assemblée nationale opérer une marche qui nous mène de Amien jusqu'à Paris rassembler du monde avoir un meeting devant l'Assemblée nationale qui rassemble 10 20000 50000 personnes pour venir poser cette question de l'interdiction des produits wepol sur le territoire français de manière à créer un rapport de force et que ma voix à l'intérieur de la nationale parce que je serai tout seul enfin on sera pas nombreux à porter ça et ben que ma voix elle sera renforcée par vos 10000 200000 100000 voix dehors. Mais il faut qu'il y ait en permanence cette passerelle entre les luttes dans la rue et et le fruit des ures.

Mais ça peut pas être un isolement à [Applaudissements] l'intérieur. Alors vous savez, c'est vrai ça sera là vous allez vous battre pour 1 sur 57. On va se bagarrer là-dessus.

Bon d'abord moi je crois à la force dit non. Si jamais les les 11 et 18 juin vous votez pour moi, ça aura du retentissement. Ça sera un nom qui aura du retentissement.

Ça c'est une phrase de Malerot. Je vais fa d'André Malerot, je vais le faire sans son bégayement. Mais bon, le mot non fermement opposé à la force possède une puissance mystérieuse qui vient du fond du des siècles.

L'esclave dit toujours oui. Et ben voilà, l'objectif c'est qu'un nom raisonne dans la première circonscription de la Somme les 11 et 18 juin. Et puis je crois beaucoup au scrupule.

Vous savez le scrupule en latin, c'est le petit caillou. Moi je pense que je sais faire ça. Je sais être un petit caillou.

Mais vous savez quand vous avez un petit caillou dans la chaussure, vous pensez plus qu'à votre pied. Et bah voilà, je serai le petit caillou. Mais vous savez, j'ai vu Sophie Menton qui est nana du patronate.

Je l'ai croisé dans une émission de télé. Elle m'a dit "Ah, c'est vous qui avez traumatisé Bernard Arnaud ?" Attendez.

Traumatisé. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc je crois que en effet quand on est ce petit caillou et ben ça peut apporter les choses derrière.

Alors [Applaudissements] il y a aussi que je sais pour qui je lutte. J'ai juste vous donner une anecdote, j'avais pas prévu la la caser maintenant mais euh je sais vous savez samedi dernier, j'étais à la salle Daniel Ferry au repas des des communistes de Longo et parce que parce que c'est ce que j'aime bien dans la période que je vis et j'espère que ça se poursuivra. C'est moi je crois qu'on est sauvé que par les autres de toute façon et si on reste tout seul, on se noie et là justement j'ai l'occasion de faire plein de belles rencontres et des gens qui viennent me parler tout ça parce que je me retrouve avec euh une un nouveau statut et ça me voilà et euh moi j'arrive pas à lutter euh contre des grandes généralités, contre la précarité, contre le libéralisme.

J'ai besoin de lutter pour des gens, pour des corps, pour des vies, pour des gens concrets. Et samedi dernier à à la fête du parti communiste de Longo, il y avait Michaell qui était là, qui est pas membre du parti communiste. Était venu parce que sa belle famille venait et il me racontait sa vie qu'il faisait la plonge avant.

Il faisait la plonge à l'hôtel le Campanil et il était enfermé dans une petite cahute à voir passé des assiettes tout le temps, tout le temps, tout le temps. Il avait l'impression de de de crever à l'intérieur de ce truc et d'être traité comme une merde, comme une grosse merde. Il me disait.

Donc un jour un barbecue, il a croisé un mec, ils étaient un peu tous bourrés et le mec lui a dit "Bah voilà, moi j'ai monté un hôtel dans les Évelines, si tu veux tu viens me rejoindre et je te mettrai directeur adjoint." Bon le mec était bourré donc Michael a rappelé le lendemain en disant "Mais attends, ta proposition d'hier c'était sérieux ?" et lui le gars lui a dit "Oui oui oui, c'était bien une proposition sérieuse, tu peux venir, tu viens." Et donc bon bah Michael est parti donc ça fait je crois 4 5 ans qu' vit dans les Yvelines.

Enfin il est il a sa femme à Longo et il part du lundi au vendredi de il habite du lundi au vendredi dans les Yvelines. Et je lui dis "Bah alors et tu as des enfants ?" Il me dit "Bah non, je peux pas avoir d'enfants parce que imagine ils vont savoir dire maman, ils sauront jamais dire papa, ils me verront jamais." Vous voyez ?

Et il me dit "Mais puis moi ma vie c'est ma longo." Tu peux pas imaginer quand je vois le panneau longo le vendredi soir, je respire ? Et dit "Bah tu as l'air triste." Bah il me dit "Oui, bah oui, j'ai pas la vie que je voudrais." Mais en même temps, il dit "Je sais bien que les gens qui sont ici, donc dans cette salle Daniel Ferry, eux non plus ils ont pas la vie qu'ils voudraient." Moi, j'ai besoin de Michaël parce que ça nous rappelle à ce pourquoi on lutte.

C'est mon carburant. Ne pas oublier ces personnes que ça voilà, il faut des corps, il faut des chaires et que on sait qu'on lutte pour les gens dans la salle Daniel Ferry de Longo, dans toutes les salles Daniel Ferry du pays et même du monde pour que tous ils vivent un peu plus la vie qu'il voudrait. C'est pas la vie idéale mais au moins un peu plus la vie qu'il voudrait. [Applaudissements] Pour ça, dans les semaines à venir, déjà, il y en a dans cette salle qui ont fourni beaucoup d'efforts pour que on soit aussi nombreux ce soir et pour que il y ait quelque chose qui se passe, qu'on arrive à lutter contre euh je dirais euh le fatalisme, la résignation et le marinisme à sortir de ça.

Ça demande donc et dans les semaines à venir, on va encore avoir à labourer le terrain dans tous les sens. quartier après quartier, rue après rue rue, maison après maison, tout ça pour une circonscription sur 577. Mais il y a une valeur de l'exemple, vous savez comme dans quand dans mon film je sauve les clures, enfin entre guillemets quand les clures sont sauvés, ça se passe à Forest en Cambrésie, mais je sais que les gens qui vont voir le film, ils vont pas se dire "Ah tiens, c'est quelque chose qui vaut que pour Forest en Combrésie." Je sais que les gens qui vont voir ce film, ils vont en tirer une leçon universelle.

La leçon, elle est simple dans le film, c'est nous sommes nous sommes parfois plus forts qu'on le pense et ils sont parfois plus fragiles qu'on ne le croit. Mais et de la même manière, je pense que si jamais dans cette circonscription populaire où il y a aujourd'hui un front national qui est énorme, si jamais on arrive à montrer que on le le on n'est pas voué à aller vers ce glissement, vers le pire, euh parce que dans les gens de notre coin, il y a de la fibre rouge en dessous. Il y a plein de gens, il y a de la fibre rouge en dessous.

Il y a du brun et du brun au sens de merde et du brun au sens de de la couleur brune, la couleur du Front National. Il y a du brun qui s'est mis dessus mais on peut on peut le nettoyer et on peut retrouver cette fibre rouge qui est en dessous. Alors si on réussit ça ici, vous savez ça sera alors tout à l'heure, il y a un journaliste de François qui m'a dit "C'est Christique." Bah peut-être que oui, on pe je suis peut-être pas seulement traversé par le mythe de la révolution française mais bon mais je je dirais que si on réussit ici, vous savez c'est une lumière qui s'allume dans un tunnel.

Quand il fait noir dans le tunnel et qu'une lumière s'allume, il y a du monde qui regarde la lumière qui s'allume. Je pense que si on réussit quelque chose ici, c'est un fondement pour la gauche, non pas de demain, mais pour la gauche d'après-demain. On pose les bases d'une force enthousiaste, volontaire, populaire et combative.

Euh alors, je termine la la citation qui nous a guidé depuis le début. Euh donc il va il va falloir il va falloir bosser hein parce que c'est pas gagné hein. C'est c'est vraiment maison après maison, rue après rue, les copains après les copains, la famille, les cousins, les collègues de boulot et tout ça si on veut réussir à à accrocher le deuxème tour, à être vainqueur au deuxème tour.

Je termine avec sur une citation de Victor Hugo qui est une citation qui nous a guidé depuis maintenant un an et demi qui parle d'étonner la catastrophe parce que on sait ce que que ce qu'est la catastrophe qui pourrait se destiner devant nous. Et Victor Hugo dit ceci : "Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corp à corp le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête. Voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise.

Voilà notre programme, camarades. ton cœur un morceau de chiffon rouge, une fleur couleur de sang. Tu veux vraiment que ça change et que ça bouge ?

Lve-toi car il est temps en levant le point vers la lumière. [Musique] En levant le point et en serrant les dents, nous réveillerons la terre entière et demain nos matins chanterons compagnon de colère, compagnon de combat, toi que l'on faisait terre toi qui ne prend tes pas tu vas pouvoir enfin le porter le chiffon rouge de la liberté car le monde sera ce que tu le feras plein d'amour de justice et de joie là il y a du boulot là ton cœur un morceau de chiffon rouge, une fleur couleur de sang. Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge, lève-toi, car il est temp.

Tu crevais de faim. Dans ta misère, tu vendais tes bras pour un morceau de pain, mais ne crains plus rien. Le jour se lève et il fera bon vivre demain.

Compagnon de colère, compagnon de combat, que é toi [Musique] qui pouvoir enfin le porter le chit rouge de la liberté car le monde sera Tu le feras un amour de justice et de joie. [Applaudissements] [Musique]

RUFFIN - "NOUS SOMMES LA GAUCHE !" - MEETING DE FLIXECOURT — François Ruffin · Pourquijevote