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speechyoutube.com· 3 juillet 2025 35 min

Antisémitisme: le discours de François Bayrou au dîner annuel du CRIF

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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François Bayrou

Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Président du Conseil économique, social et environnemental, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Madame et Messieurs les premiers ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires et les élus, Madame la maire de Paris, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Monsieur le Président du Consistoire central et l'écorchiat, Monsieur le Président du CRIF, Yodat Anarfi, que je souhaite féliciter pour sa réélection, remercier pour le travail commun et d'avance pour celui que nous avons amené.

Mesdames et Messieurs les chers amis, Je vous parlerai bien sûr comme Premier ministre dans un instant, je vous parlerai de notre République et du combat que la République attend de nous. Mais permettez-moi quelques moments auparavant de vous parler en homme, comme le jeune étudiant que j'étais, pas encore majeur, qui assistait passionné et engagé dans son bordeaux provincial. Aux réunions de l'amitié judéo-chrétienne qui, du moins, si ma mémoire est fidèle, venaient d'y être fondées. Un professeur qui était le protecteur de mes interrogations me passait la revue un tout petit format parce que je n'avais même pas l'argent d'un abonnement.

Je n'ai sans doute pas besoin d'insister pour que vous compreniez que parmi mes camarades post-68ars, les interrogations sur les liens entre judaïsme et christianisme n'étaient pas vraiment les plus fréquentes. J'avais, je vous rassure, les mêmes passions qu'eux, mais de surcroît, j'avais cette préoccupation. Ce qui m'intéressait, ce qui m'intéresse tant d'années après de la même manière, c'était, si vous me permettez l'usage de cette expression, l'âme juive.

C'est que depuis mes 16 ans, j'étais entré en affection, en admiration, en fraternité, au travers du temps et des livres, avec un maître à penser, un maître à écrire, un maître à vibrer, qui s'appelait Charles Pédy, et qui donna à la défense de l'âme juive le plus pur et le plus profond de sa jeune vie. D'abord en étant un des tout premiers défenseurs de Dreyfus, ensuite en éclairant et en partageant la lumineuse figure de Bernard Lazare, enfin en écrivant sur l'âme juive les lignes suivantes, que je vous lis avec la même émotion, qui me les fit découvrir en ces premières années de ma jeunesse. Je connais bien ce peuple d'Ypé.

Il n'a pas sur la peau un point qui ne soit pas douloureux, où il n'y ait un ancien bleu, une ancienne contusion, une douleur sourde, une cicatrice, une meurtrissure d'Orient ou d'Occident. Ils ont les leurs et toutes celles des autres. Parlant de Péguy, partant de Péguy, je n'ai jamais quitté ce souci, cette préoccupation de l'âme juive, et si je peux une confidence, ma famille m'a accompagné par la passion de l'écriture. Certains de mes enfants ont appris l'hébreu, seuls, au long du temps, ou à l'université hébraïque de Jérusalem, pendant les sessions estivales que vous savez.

L'âme du peuple juif, ce peuple millénaire, millénairement martyrisé, millénairement exilé, millénairement humilié, ceux à qui on interdisait la propriété de la terre, ceux qui, courbant le dos, subissaient les pauvres hommes, ce dont Chateaubriand, dans une page admirable, a dit « Pénétrer dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. » Ce qu'il faisait, il y a 5000 ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté 17 fois à la ruine de Jérusalem. Et rien ne peut l'empêcher de tourner ses regards vers Sion.

Si quelque chose parmi les nations porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. Et ce miracle s'est produit. Un jour, ce peuple a dit « C'est fini. Plus jamais vous ne nous traiterez comme cela. Et plus jamais personne au monde ne nous traitera comme cela. Plus jamais nous ne courberons les chines. Plus jamais personne ne nous humiliera. Nous y laisserons peut-être notre vie, mais ce sera debout et respecté et armé. Sur cette terre désertique, nous relèverons le pays où coulent le lait et le miel. Et nous le défendrons, les armes à la main.

Et ce seront nos armes, pas celles dont on nous fera l'aumône, un peuple relevé devant l'histoire et devant le regard de ses fils. Les Français réunis ici ce soir. Nous sommes d'un pays, nous sommes un pays, notre pays, cultivé pendant des siècles, éclairé, illuminé par l'âme juive au long des âges et qui, nous ne l'oublions jamais, a fait naître chez les Juifs en 1791, comme s'était rappelé, la certitude qu'ils entraient dans la communauté nationale avec une confiance et une espérance profonde. Mais nous sommes aussi d'un pays qui a vu se perpétrer par ses fonctionnaires et dans ses lois l'indélébile trahison de Vichy et du Veldive.

Nous en gardons même la marque chez nous, au pied des Pyrénées, dans ce camp de Gurs où se retrouvèrent internés des hommes et des femmes qui, comme Otto Frenlich, Charlotte Salomon et Anna Arendt, croyaient avoir trouvé un refuge sûr dans notre pays. C'est pourquoi j'ai pris l'initiative de construire à Gurs le mémorial de la douleur. En France comme dans le monde, beaucoup avaient espéré que la victoire sur le nazisme, le procès de Nuremberg, le travail de mémoire et la proclamation universelle des droits de l'homme qui doit tant à mon compatriote René Cassin tournaient définitivement la page sur la persécution des Juifs, en particulier dans cette Europe qui avait prêté son sol au pire.

Beaucoup pensaient, y compris dans cette salle, que le monstre millénaire de la haine des Juifs, cette bête délirante et meurtrière comme la vision de Daniel, étaient terrassés à jamais. À ces mouvements, soudains et meurtriers pourtant, nous aurions dû comprendre que la bête dormait seulement. Ces réveils en France se sont faits de plus en plus fréquents, de plus en plus mortels. Par exemple, quand la barbarie s'est déchaînée sur Ilan Halimi, et je veux ce soir avoir une pensée pour ce garçon et pour sa famille. Et je veux avoir une pensée avec vous, aux dix Français dont je veux prononcer le nom à cette tribune qui, après lui, ont perdu la vie pour la seule raison qu'ils étaient Juifs.

Jonathan Sandler, les enfants Gabriel Sandler, Harry Sandler et Myriam Monsonégo, Toulouse en 2012, Johan Cohen, Philippe Braham, François-Michel Saada et Yoav Atab, l'hypercachère porte de Vincennes en 2015, et Mireille Gnor, Gnol et Sarah Halimi. Cela, c'était chez nous, mais le matin du 7 octobre 2023, au milieu des danses, de la musique, de la fête de la jeunesse sur la terre d'Israël, le plus hideux visage de la bête a ressurgi. C'est Isaïe. Elle a cessé l'allégresse des tambourins. Il a pris fin le joyeux vacarme. Elle a cessé la joie des citards. Tout cela a laissé place au pire des cauchemars.

Le plus grand pogrom depuis la Shoah a frappé de mort 1 200 personnes, des jeunes qui débordaient de vie, des femmes qui portaient la vie, des enfants à naître et des nouveaux-nés. Et parmi ces vies arrachées, 49 Français, huit autres ont été retenus en otage. Sept seulement sont revenus. Notre compatriote Oad Yahalomi est mort dans les conditions ignobles de sa détention. Quatorze autres ont été blessés. Je tiens à remercier le CRIF pour le soutien et l'accompagnement qu'il a apporté aux victimes françaises du 7 octobre. Le 7 février 2024, à la nation par un hommage unique au monde, à la demande du président de la République à exprimer son deuil pour ceux qu'elle avait perdus.

Mais elle ne cessera pas d'être fidèle à leur mémoire. Si vous le permettez, je voudrais nous inviter à réfléchir ensemble sur le but de ces massacres. Parce que ça n'était pas un accès de violence. Soudain, subi, comme tant des accidents de frontières qui s'étaient succédés. Il s'agissait là d'un massacre planifié pour atteindre un but délibéré, rendre la paix définitivement impossible, la haine irémissible en profanant l'idée même d'humanité. Le but de cette violence et de cette haine, ce n'étaient même pas les victimes pantelantes. c'était l'espoir de paix qui avait commencé à luire à l'horizon avec les accords d'Abraham.

La cible, c'était les efforts si difficiles conduits pour qu'un certain nombre d'États qui avaient commencé de s'asseoir à la même table, le Maroc, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan, en soient découragés à jamais et d'autres qui auraient pu suivre. Et on l'a bien vu dès le 8 octobre, Israël, dans sa situation de faiblesse soudaine, a été ciblé par les affidés de la République islamique d'Iran, le Hezbollah libanais, les milices armées chiites en Syrie et en Irak, les outils du Yémen, tous ceux à qui la perpétuation de la haine d'Israël fournit une raison d'être.

J'affirme qu'il ne pourra pas y avoir au Proche-Orient d'équilibre fondé sur le droit tant qu'Israël ne sera pas reconnu par ses voisins dans sa légitimité à vivre de ceux qui n'ont cessé de proclamer leur unique obsession, leur unique intention de le détruire. A la suite de Raymond Aron, je veux dire ce soir cette phrase « Si les grandes puissances laissent détruire ce petit État qui n'est pas le mien, ce crime m'enlèverait la force de vivre.

» Face au pogrom, face aux menaces existentielles, je tiens à exprimer l'amitié qui est indéfectible de la France au peuple d'Israël auxquelles unissent tant de liens personnels, culturels et scientifiques depuis 80 ans d'une façon mystérieuse que Milan Kundera est peut-être le seul à avoir su exprimer avec tant de justesse. Israël est aussi une part de nous-mêmes, nous Français et nous Européens. Milan Kundera disait « Si les Juifs même après avoir été tragiquement déçus par l'Europe sont pourtant restés fidèles à ce cosmopolitisme européen, Israël, leur petite patrie enfin retrouvée, surgit à mes yeux comme le véritable cœur de l'Europe, étrange cœur placé au-delà du corps.

Cela, cette conscience, cette intimité avec l'âme juive au sein de l'âme française, cela n'empêche pas d'exprimer les inquiétudes, les soucis et les désaccords que nous avons avec le gouvernement israélien comme à propos de la situation humanitaire à Gaza, du manque d'accès en sécurité des civils à l'eau, à la nourriture et aux soins. Ces désaccords ne rompent pas notre lien avec le peuple israélien, ils ajoutent en revanche de la force et de l'urgence à nos appels répétés, à la libération des otages et au cessez-le-feu.

Il ne pourra pas y avoir de paix durable au Proche-Orient qui passe pour la France par une solution à deux États sans cesser le feu, condamnation absolue du 7 octobre et libération de tous les otages. La France refuse qu'on oublie les 50 personnes qui subissent encore le sort qu'a connu Mme Aran qui est présente ici. Qu'ils soient israéliens ou ressortissants d'autres pays, elle n'oublie pas les parents, les personnes âgées, les malades, les jeunes dont les jours s'éternisent dans les ravins de la mort.

Je pense aussi aux milliers de nos compatriotes dont sur le sol d'Israël ces dernières semaines les journées ont été rythmées par les alarmes, les courses aux abris et l'attente souvent dans l'angoisse de nouvelles de leurs proches. En 1981, alors qu'Israël était bombardé par Saddam Hussein, j'étais sur place pour exprimer mon soutien. Je n'oublie pas les heures que nous avons passées dans un abri avec Hubert Eibron qui nous a quittés il y a un an et dont je salue la mémoire. J'ai tenu dès les premières attaques et jusqu'à la reprise complète des liaisons aériennes à ce que le gouvernement avec tous ces ministres qui sont là organise en urgence tous les rapatriements nécessaires.

Mais pour sortir de la guerre permanente, la France croit exactement ceci que je vais vous lire sans changer une lettre du texte. Dans ma vision de la paix sur cette petite terre qui est la nôtre, deux peuples vivent librement côte à côte dans l'amitié et le respect mutuel. Chacun aura... Deux peuples vivront librement côte à côte dans le respect et dans l'amitié et le respect mutuel. Chacun aura son propre drapeau, son propre hymne national, son propre gouvernement, aucun ne menacera la sécurité ou l'existence de l'autre.

Réalisons, je cite toujours, réalisons la vision d'Isaïe qui, à Jérusalem, il y a 2700 ans, disait « Aucune nation ne lèvera plus l'épée contre une autre et l'on n'y apprendra plus la guerre. » L'homme qui a prononcé ces mots, c'était Benjamin Netanyahou, lors d'un discours prononcé en 2009 à l'université Barilane de Tel Aviv. Cet idéal, exprimé dans ses phrases, aussi surprenant qu'il puisse apparaître, c'est celui que la République française porte dans son regard sur le monde et dans l'amitié qu'elle a avec Israël et les peuples qui vivent sur cette terre. Mais la violence partie le 7 octobre a aussi et très rapidement touché sur notre sol les Français juifs.

Ils l'ont été à la Grande Motte, à Rouen, à Courbevoie avec l'ignoble vol antisémite perpétré contre une enfant de 12 ans. Ils l'ont été à Orléans quand le rabbin Ariel Engelberg a été frappé à la sortie de la synagogue sous les yeux de son jeune fils et je sais pour en avoir parlé avec lui le soir même et la communauté d'Orléans le traumatisme que cette attaque a représenté. Ils l'ont été quelques semaines plus tard à Deauville puis à Neuilly en la personne du rabbin Elie Lémel présent ce soir à qui j'adresse tout mon soutien et l'on voit apparaître comme la semaine dernière à Bordeaux des menaces proférées contre une maman qui vient chercher son enfant à la crèche.

En 2024 ce sont 1570 actes antisémites qui ont été ainsi recensés. 1570 actes antisémites. Près de 4 fois plus qu'en 2022 près de 20 fois plus qu'au milieu des années 1990 et depuis le début de cette année 2025 nous en sommes déjà à 325 actes dont 10% sont des agressions physiques. Les deux tiers des faits antireligieux ciblent nos compatriotes juifs. Alors comment oser parler d'un phénomène résiduel quand au contraire sa progression est exponentielle et l'on ne compte pas les mésousa ôtés des portes les noms que l'on modifie pour appeler un taxi ou se faire livrer une commande. La bête nous surprend d'autant plus qu'elle a chez nous changé de forme.

Nous connaissions les injures des journaux d'extrême droite et les délires négationnistes bien sûr ils existent toujours mais le monstre a fait pousser d'autres têtes alimentées essentiellement par l'islamisme radical les contestations de l'holocauste à l'école les insultes et les coups dans les cours de récréation au cours de l'année scolaire 2023-2024 madame la ministre d'état quatre fois plus d'actes antisémites que l'année précédente ont été recensés dans les établissements parmi les plus jeunes les discours de haine c'est vrai se banalisent et en viennent à former un antisémitisme d'atmosphère à l'université et dans plusieurs grandes écoles d'autres dérivent encore la culture de la compréhension fondement des humanités a reculé devant des organisations aveuglées manipulées instrumentalisées et je veux ici saluer la fermeté et le travail de Louise Vassy pour restaurer à Sciences Po Paris un environnement de dialogue et de respect de l'école le 12 novembre nous avons tous partagé un cortège à Paris et à Pau pour dénoncer cette gravissime dérive nous refusons que les français juifs aient à quitter ni même pensent à quitter leur quartier et la terre où ils sont nés nous n'acceptons pas que ceux qui choisissent de rester vivent dans la peur nous n'acceptons pas qu'ils désinscrivent leurs enfants de l'école publique que 6 parents juifs sur 10 craignent pour la sûreté et le bien-être de leurs enfants s'ils le maintiennent dans le service public de l'éducation cela est pour nous le signe indéniable d'une défaite républicaine et nationale c'est la preuve de l'école c'est la preuve que l'école de la république pour laquelle toute ma vie je me suis battu et toute notre vie nous nous sommes battus l'école de la république que nous exigeons accueillante pour tous lieu d'épanouissement pour tous de création de liens fraternels que cette école est aujourd'hui à défendre et d'une certaine manière sur ce sujet à reconstruire mais dans notre combat pour la république nous devons prendre conscience que nous avons des armes celles que nous avons forgées au long des siècles contre la haine et l'arme principale c'est notre laïcité qui pour moi tient en une formule la loi protège la foi mais la foi ne fait pas la loi la loi protège les identités elle protège les origines mais elle est indépendante de quelque groupe de pression que ce soit elle permet par exemple la loi de la laïcité elle permet aux étudiants croyants de passer leurs examens hors des périodes de fête c'est l'application concrète simple pratique de la laïcité que comme ministre de l'éducation nationale longtemps avant Elisabeth Borne j'ai défendu que je défends encore aujourd'hui à la tête du gouvernement idée et réalité pour laquelle un jeune homme venait défendre les dossiers devant moi il s'appelait Rahim Korsia et je lui adresse mon salut ce soir mais la laïcité fait une promesse plus profonde encore qui va bien au delà de la tolérance c'est cette promesse qu'elle porte dans son étymologie celle de faire un seul peuple le premier pas de la tolérance était l'édit de Nantes mais l'idée de laïcité est allée encore beaucoup plus loin elle aboutit à cette conviction qui cimente aujourd'hui la république même si elle est assez peu souvent articulée c'est qu'un pays se porte mieux d'être constitué de cultures et de sensibilités différentes la laïcité et cet engagement vous avez le droit d'applaudir parce que ça vous l'applique la laïcité et cet engagement qui dépasse la tolérance et qui va jusqu'à la compréhension de l'autre sans lequel il ne peut y avoir d'unité et sans unité je le dis sur ce sujet et pour bien d'autres sans unité dans le monde brutal où nous vivons aucun peuple ne survivra pour ajouter ces armes que sont la fermeté et la compréhension je veux saluer le travail mené par la ministre en charge de la lutte contre les discriminations Aurore Berger les exercices de lutte contre l'antisémitisme qu'elle a réuni en février dernier et dont je remercie tous les contributeurs sont nombreux dans cette salle ont formulé des propositions en matière de justice et d'éducation qui vont orienter le travail du gouvernement d'ores et déjà le ministre d'état ministre de l'intérieur mène une action résolue pour démanteler des réseaux qui alimentent l'antisémitisme cette action doit être intensifiée et il a pour ce faire ma confiance la protection des lieux de culte des écoles et des commerces juifs a été renforcée après le 7 octobre et depuis le 19 juin les patrouilles sont doublées mais devant la propagation des actes antisémites notre réponse pénale doit impérativement être affirmée c'est pourquoi le garde des sceaux transmetta prochainement à tous les parquets de France une circulaire précisant les méthodes qui permettent de débusquer l'antisémitisme sous les prétextes les insinuations et les ambiguïtés en s'appuyant notamment sur la définition donnée par l'alliance internationale pour la mémoire de l'holocauste si des propositions de loi permettent d'améliorer effectivement la lutte contre l'antisémitisme sous toutes ses formes dans le respect de la constitution elles auront notre soutien plein et entier l'université ne peut plus être un lieu où de fausses théories cause de vraies blessures nous allons donc généraliser dans les établissements d'enseignement supérieur les cellules de veille et de signalement pour que chaque victime d'actes antisémites ou racisme trouve un interlocuteur compétent je salue l'engagement du parlement sur cette question centrale celui notamment des sénateurs Pierre-Antoine Lévy et Bernard Fialaire leur proposition de loi qui vient d'être votée par l'Assemblée nationale après que le gouvernement a voulu qu'elle soit examinée avant la fin de la session parlementaire fait des pas décisifs dans la lutte contre l'antisémitisme dans l'enseignement supérieur notamment en renforçant les procédures disciplinaires l'antisémitisme se démultiplie aussi sur les écrans les réseaux sociaux où se déploient des stratégies organisées financées pour cibler les jeunes et les inciter dans l'anonymat à déchaîner leurs passions archaïques et je dis que la question de l'anonymat sur les réseaux sociaux très difficile à traiter pour les raisons juridiques que l'on sait cette question de l'anonymat doit être posée traitée examinée et doit trouver une réponse c'est pourquoi les moyens du parquet national de lutte contre la haine en ligne vont être renforcés Faros la plateforme qui recense analyse et oriente les signalements va être développée encore davantage madame la ministre du numérique mais la fermeté ne peut pas être la seule réponse pour atteindre au coeur l'hydre de l'antisémitisme la république doit tenir sa promesse d'éducation à la compréhension et à la fraternité à l'initiative d'Elisabeth Borne ministre d'état le plan national de lutte contre le racisme l'antisémitisme et les discriminations oblige depuis 2023 les élèves à effectuer au cours de leur scolarité une visite mémorielle je veux ici saluer le travail inestimable de la fondation pour la mémoire de la Shoah qui en 2024 a accompagné 160 000 élèves et 6200 enseignants la mémoire est un devoir imprescriptible et Lévisel disait ça magnifiquement seuls ceux qui ont connu Auschwitz savent ce que c'était les autres ne le sauront jamais au moins comprendront-ils oublier les mots saurait les tuer une deuxième fois et si les tueurs et leurs complices acceptaient nul n'est responsable de leur première mort nous le serions de la seconde tous les élèves doivent partager cette mémoire car nous croyons que si la mémoire cette part la plus intime de nous-mêmes se partage alors notre identité s'élargit la coexistence de tous dans la république passe par la coexistence des mémoires sans en effacer ni en relativiser aucune le gouvernement souhaite donc que soit intégré au programme d'histoire une étude approfondie des mouvements d'émancipation nationale au Moyen-Orient cette coexistence ne sera jamais simple ni complète mais tout progrès dans ce sens sera un progrès pour la république pour que je cite votre prière tous les samedis pour que la France soit forte et grande dans l'union et la concorde et ce vœu qui résonne chaque semaine dans les synagogues dans la prière pour la république et pour nous tous un vœu précieux c'est le sens premier de la présence si large du gouvernement parmi vous ce soir rappelez que la république est d'abord cette promesse de réconciliation la tenir la réaliser n'est jamais simple mais nous avons le devoir d'y travailler chacun à sa place chacun dans la responsabilité qui est la sienne allant vers le toujours plus humain plus responsable et vers le refus de céder à la tentation de la division l'augmentation des actes ciblant telle ou telle communauté de notre pays les français juifs mais aussi les français musulmans ou chrétiens ou d'autres montrent que les passions brûlent il est de la responsabilité des acteurs politiques vous l'avez dit monsieur le président Arfi il est de la responsabilité des acteurs politiques de ne pas les attiser de refuser de les entretenir car toutes les origines toutes les sensibilités tous les noms de toutes les consonances méritent la même attention et la même protection tous les enfants sont les nôtres mesdames et messieurs devant le séisme du monde chacun trouve où il l'entend les sources de l'espérance ces sources sont diverses mais pour tous les français et je le sais particulièrement dans cette salle la république est une espérance cette espérance porte un sens pour le monde car notre projet est national unique mais il est aussi un projet profondément universel j'ai voulu ce soir vous assurer de l'engagement du gouvernement pour condamner et combattre l'antisémitisme mais le discours que je viens de prononcer devant vous chacun de ces mots vaut mon défense de tous des juifs des musulmans des chrétiens des athées des agnostiques car la sensibilité pour reprendre les mots d'Edmond Fleck la sensibilité juive elle est présente en tout lieu où pleure une souffrance et je sais par l'engagement du CRIF contre toutes les discriminations vous l'avez rappelé que cette défense aura votre soutien et votre approbation le souci de la justice envers tous est la plus vive lueur que porte l'âme juive depuis des millénaires et la république telle que nous la voulons est cette oeuvre d'unité de fermeté et d'ouverture de cette unité fondée sur la laïcité vous avez été et êtes aujourd'hui les premiers défenseurs dès 1789 90 et 91 vous en avez perçu toute la fécondité Raim Korsia avec qui je parle souvent a raison de dire que les français juifs veulent être constructeurs de la république et que cette volonté de construire est entravée par l'antisémitisme ce soir en répondant à votre invitation nous avons voulu vous donner ainsi qu'à tous nos concitoyens des raisons d'espérer dans la république et de poursuivre ensemble sa construction je vous remercie

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Présentateur

merci

35:11
François Bayrou

merci merci