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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 5 avril 2022 24 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & famille

L'hypocrite (Comment Macron a aidé Le Pen et prétend la combattre)

Source d'origine 8 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron représente-t-il un rempart à l'extrême droite ?

  • 8:45OuverteRéponse directe

    Qu'a relevé de nouveau dans le programme de Macron en 2022 ?

  • 13:50OuverteRéponse directe

    Peut-on croire Macron quand il affirme protéger les Français ?

  • 17:45OuverteRéponse directe

    Pourquoi le programme économique de Mélenchon est-il crédible ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Invité politiqueChiffre
    « La progression de l'extrême droite, elle s'est faite sur 20-30 ans. Dans les années 80, on était à 1%. »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « Macron n'a été en rien un rempart. La politique qu'il a menée a favorisé l'extrême droite. »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « Le programme libéral de Macron, c'est un programme qui crée des inégalités. »
  • 9:09Invité politiqueChiffre
    « C'était un programme de 60 milliards de coupes sur la dépense publique. »
  • 9:23Invité politiqueChiffre
    « 120 000 postes de fonctionnaires en moins, 50 000 dans la fonction d'État et 70 000 dans les collectivités locales. »
  • 9:38Invité politiqueFait
    « Les cadeaux aux 1% les plus riches avec la réforme de l'ISF. Et la flat tax, qui est un cadeau à ceux qui ont des revenus financiers. »
  • 10:41Invité politiqueChiffre
    « Il a dû freiner sa politique et qu'il a lâché 10 milliards. »
  • 17:58Invité politiqueFait
    « Le programme de Jean-Luc Mélenchon est très crédible. »
  • 18:11Invité politiqueChiffre
    « Ce programme avait été soutenu par plus de 100 économistes. »
  • 19:13Invité politiqueFait
    « En économie vous avez plusieurs avenirs possibles. »

Temps de parole

  • Invité politique73 %
  • Présentateur14 %
  • Présentateur 22 %
  • Invité2 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité politique

On a eu d'abord Chirac. Le CPE, à l'époque, c'était un scandale. Ça n'a rien à voir avec les lois de travail qui sont passées, le CPE. La mini, mini, mini loi de travail. Sarkozy est passé, il a fait un programme de droite, plus à droite que Chirac. Hollande, de gauche, est passé, il a fait un programme plus à droite que Sarkozy. Hollande a fait le CICE comme le voulait le MEDEF. Hollande a fait la baisse des collectivités locales. Jamais Sarkozy n'a osé faire ça. Et puis Macron a été encore plus loin. Donc on va toujours plus loin, et là, il ira encore plus loin.

0:22
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, et bienvenue dans ce nouvel Instant Porcher. Nous sommes le lundi 4 avril 2022, J-6, avant le premier tour de l'élection présidentielle. Dans ce contexte, l'information est dense, riche, palpitante. Il est donc important de prendre le temps de la décrypter, afin de mieux la comprendre et de la maîtriser. Et comme chaque semaine, au Média, on le fait avec Thomas Porcher. Au programme, aujourd'hui, Macron. Le candidat à l'élection présidentielle représente-t-il un réel rempart à l'extrême droite, comme il l'affirme ? Nous nous arrêterons aussi sur l'analyse de son programme. Quelle différence avec celui de 2017 ?

Et enfin, le programme économique de Jean-Luc Mélenchon, difficilement crédible. C'est du moins ce qu'affirment certains éditorialistes dans les médias. On décrypte tout ça avec Thomas, c'est l'instant Porcher. Jeudi dernier, lors d'un déplacement en Charente-Maritime, Emmanuel Macron s'est emporté contre la banalisation des idées de Marine Le Pen. Je cite, on dit que son programme, c'est un programme gentil, qui est comme les autres, que ce n'est pas l'extrême droite, a-t-il dénoncé. Il y a un tandem qui est là, en train d'avancer, avec des idées d'extrême droite, qu'on connaît depuis longtemps, qui sont portées par un clan et un nouveau venu.

Je les combats avec force, mais je ne les banalise pas. Ce sont ses mots. Alors lors de son meeting samedi dernier à la Défense Arena, Emmanuel Macron a de nouveau insisté sur le sujet. Sans jamais citer ses adversaires, le candidat à sa réélection s'est posé comme barrage contre l'extrême droite. Alors Thomas, selon toi, Emmanuel Macron est-il un rempart, comme il l'affirme, contre l'extrême droite ?

1:50
Invité politique

Mais pas du tout. C'est même l'inverse. Quand on regarde Emmanuel Macron en 2017, quand il a fait campagne, il y avait l'extrême droite qui était déjà très forte. Il faut le dire, qui était très forte. La progression de l'extrême droite, elle s'est faite sur 20-30 ans. Dans les années 80, on était à 1%. Ça valait ça, à l'extrême droite, 1%. En 2017, au deuxième tour, ça fait 35% et au premier tour, 20%. Et là, on est, quand on rajoute les deux candidats, à 30% au premier tour et on est sur des sondages à quasiment à l'équilibre 45-55%. Donc c'est de plus en plus serré. Et Macron n'a été en rien un rempart. La politique qu'il a menée a favorisé l'extrême droite.

Parce qu'il ne faut jamais oublier que cette technique a été de se positionner au centre, d'écarter de plus en plus le centre, pour repousser à gauche l'extrême gauche, comme seul candidat plausible, et à droite l'extrême droite. Mais là, sur sa droite, il a fait quand même quelque chose d'assez impressionnant. C'est qu'il a réussi à diviser l'extrême droite, c'est-à-dire à faire en sorte qu'il y ait un nouveau candidat, Éric Zemmour, mais que Marine Le Pen reste toujours très élevée dans les sondages. Et quand on fait l'addition des deux, on est à 30% au premier tour, ce qui est du jamais vu.

Donc la politique de Macron, on va en parler un peu plus tard, comme la politique libérale, est en réalité le carburant de l'extrême droite. Et vous regardez, sur les programmes économiques, il n'y a pas tant de différence que ça. C'est-à-dire que le programme libéral de Macron, c'est un programme qui crée des inégalités. Et en fait, ensuite, l'extrême droite joue avec ces inégalités pour trouver un coupable qui est l'immigré. L'immigré serait la source de toutes ces inégalités. Donc en réalité, les politiques libérales et les pratiquées par Emmanuel Macron sont le terreau pour que puissent se développer des idées d'extrême droite.

3:33
Invité

Moi, je ne pense pas qu'on puisse faire barrage à Le Pen dans les urnes. D'ailleurs, vous aurez remarqué que depuis qu'on fait barrage à Le Pen dans les urnes, ça fait maintenant 20 ans, elle ne fait que monter. Qui peut croire qu'Emmanuel Macron pourra faire barrage à Le Pen ? Écoutez, ça a été ça, son argument de campagne il y a 5 ans. Aujourd'hui, on se retrouve avec, non pas un candidat d'extrême droite, mais avec deux. Avec deux. Et effectivement, très fort. Pourquoi ? Parce qu'y compris la politique d'Emmanuel Macron apporte du grain à moudre à l'extrême droite.

4:05
Présentateur

C'est vrai que Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou l'ont dit sur des plateaux télé, que c'est vrai qu'ils accusaient Emmanuel Macron d'être responsable de la montée de l'extrême droite. Mais en quoi ces politiques libérales sont justement le moteur de la montée de l'extrême droite ?

4:20
Invité politique

Le premier tournant libéral au niveau mondial, il s'est fait au Royaume-Uni et aux États-Unis. C'est ce qu'on appelle le tournant Reagan-Thatcher dans les années 80. Et pendant très longtemps, on nous a dit, regardez, c'est un exemple. Ils ont flexibilisé leur marché du travail. Ils ont pratiqué de l'austérité salariale. Ils ont joué le jeu de la mondialisation à fond. Ils ont fait l'austérité publique. Ils ont remplacé l'austérité publique par du secteur privé. Et on nous a dit, regardez, c'est génial, il y a un dynamisme économique, etc. 20 à 30 ans après, qu'est-ce qui s'est passé ? Trump a gagné.

Trump a gagné sur un programme qui pourrait ressembler à celui de Marine Le Pen, c'est-à-dire où on parle beaucoup de réindustrialisation, mais la réindustrialisation ne se fait que par des baisses d'impôts. C'est ce qu'a fait Trump. Et puis on tape aussi sur l'immigré. Donc on va dans les territoires où les industries sont parties. Et on leur dit « America is back ». Et on va dans les territoires où ils se sentent menacés par l'immigration, dans le sud notamment l'immigration mexicaine. Et là, on crée des murs et on tape sur les immigrés. Très fortement à ce que fait Marine Le Pen. Très fortement à ce que fait Marine Le Pen. Et Trump a gagné.

Trump a gagné dans un pays où on nous disait « Mais regardez, le taux de chômage est faible, l'activité est géniale, il y a de l'innovation. Mais quand ça se fait qu'il y a un candidat d'extrême droite qui gagne ? » Mais il a gagné. Et il s'est passé la même chose au Royaume-Uni. Au Royaume-Uni, on a eu le Brexit. Alors le Brexit, on nous l'a vendu comme quelque chose d'une reprise en main, d'une souveraineté économique. C'est faux, c'est faux. Le Royaume-Uni avait déjà une très grande souveraineté. Déjà, ils n'étaient pas dans l'euro. Ils avaient refusé d'aller dans l'euro. Ils avaient leur monnaie. Ils faisaient des dévaluations monétaires quand ça les arrangeait.

Et puis les contributions qu'ils donnaient à l'Europe étaient extrêmement faibles. Extrêmement faibles. Je veux dire, nous, Margaret Thatcher, elle avait dit « I want my money back ». Elle ne voulait plus donner de contribution. Elle a baissé ses contributions. C'est nous qui avons compensé. Donc ils avaient très peu de contraintes à être dans l'Union européenne. Mais il y a eu, on va dire, s'est développé un peu cette idée qu'il fallait retrouver une forme de nationalisme. Et surtout que l'Europe, via les travailleurs détachés et l'immigration d'Europe de l'Est, notamment des jeunes qui a été très forte en Europe de l'Ouest, il y avait un ennemi de cette immigration au Royaume-Uni.

Donc ça s'est fait selon les mêmes critères. Donc vous voyez, là, on a l'exemple parfait de deux exemples qu'on nous a tout le temps mis en avant, de dynamisme économique, de création de richesses, etc. Et qui est arrivé à faire gagner, pour la première fois, l'extrême droite. Et puis après, on a eu la même chose en Europe de l'Est. Moi, je me souviens que quand la Hongrie a fait des réformes libérales très très fortes, on nous a dit « Mais regardez, l'Europe de l'Est est courageuse, les Hongrois sont courageux, contrairement aux pays du Sud, l'Espagne, la Grèce, qui ne veut pas faire de réformes, qui traînent des pieds. » Que s'est-il passé ? Viktor Orban a gagné, candidat d'extrême droite.

Donc partout, vous avez des politiques libérales, vous avez l'extrême droite qui monte. Pourquoi ? Parce que ces politiques créent des inégalités, elles créent un certain nombre de perdants. Et c'est sur ce terreau qu'un discours simpliste et faux arrive à se greffer en disant « Si demain, il y avait moins d'immigration, tu aurais plus d'accès aux services publics, tu aurais plus d'emplois, etc. » Donc c'est la concurrence, on va dire, internationale et l'immigration qui font que tu es malheureux et que tu n'as pas accès aux services publics. Et c'est là-dessus que s'est greffé, ce discours-là, qui prend très facilement.

Or, c'est un discours faux, puisque les vrais coupables, finalement, du sort de ces individus qui sont des victimes de la mondialisation et des victimes de politiques libérales, c'est justement d'en finir avec ces politiques-là et pas de trouver un coupable. Comme je le rappelle tout le temps, et c'est important de le rappeler et de le répéter, de le répéter, de le répéter constamment, en 2008, quand il y a eu 1,5 million de chômeurs en plus, ce n'est pas à cause de l'immigration, c'est à cause d'une crise du capital financier.

Quand il y a des dotations en moins dans les collectivités locales, ce qui fait qu'il y a moins d'argent pour le périscolaire, qu'il y a moins d'argent pour la petite enfance, qu'il y a moins d'argent pour les loisirs et la culture, ce n'est pas l'immigration. C'est la politique de Hollande de baisse de dotation sur les collectivités locales qui n'a jamais été faite depuis la Deuxième Guerre mondiale. Quand on précarise l'emploi avec des lois, travail, pour faire en sorte qu'on peut être licencé plus rapidement, ce n'est pas l'immigration. C'est les politiques libérales. Donc il ne faut pas se tromper de combat. Les politiques libérales créent des inégalités.

La finalité, c'est d'en finir avec ces politiques, pas de trouver un coupable idéal qui n'est pas le coupable par ailleurs.

8:21
Présentateur

Il faut le dire, Emmanuel Macron était attendu au tournant samedi dernier, le 2 avril, à la Défense Arena. Il s'agissait de son premier et unique meeting de cette campagne. Pour rappel, l'actuel président de la République avait attendu le dernier moment pour se déclarer candidat à l'élection, 24 heures avant la date limite, le 3 mars dernier. Et cela va sans dire que son programme se faisait désirer. C'est donc devant plus de 30 000 personnes ce samedi qu'Emmanuel Macron l'a détaillé. Alors Thomas, toi, qu'as-tu relevé de nouveau dans ce programme ? Est-ce qu'Emmanuel Macron de 2022 est différent de celui de 2017 ?

8:53
Invité politique

Non, il n'y a rien de nouveau. On est dans la continuité. Il ne faut pas oublier ce qu'était Macron en 2017. Parce qu'il y a beaucoup de gens qui oublient. Moi, je suis assez impressionné par la capacité des gens à oublier ou à se contenter de petites phrases pour dire « Ah bah, il est peut-être de gauche ». C'était quoi Macron en 2017 ? Quand on nous a dit « ni de droite ni de gauche », c'était quoi ? C'était un programme de 60 milliards de coupes sur la dépense publique. Notamment 25 milliards sur la sphère sociale, c'est-à-dire 15 milliards sur l'assurance maladie, la santé, les hôpitaux, 10 milliards sur l'assurance chômage, ceux qui sont mis au chômage.

C'était ça, le programme de Macron. 120 000 postes de fonctionnaires en moins, 50 000 dans la fonction d'État et 70 000 dans les collectivités locales. C'était ça. Des baisses de dotations aux collectivités locales dans la continuité de François Hollande. C'était ça. La loi travail, XXL, parce qu'il y avait déjà une loi travail qui n'était pas sous Hollande. C'était ça, son programme. Les cadeaux aux 1% les plus riches avec la réforme de l'ISF. Et la flat tax, qui est un cadeau à ceux qui ont des revenus financiers. Tout le monde n'a pas des revenus financiers. C'est les 10% les plus riches qui en ont, et majoritairement les 1% les plus riches.

Donc c'était un programme extrêmement libéral qui visait à offrir des baisses fiscales sur les 1%, voire 10% les plus riches chez les entreprises et de faire des coupes de l'autre côté sur les chômeurs et la santé. C'était ça, son programme. Voilà, c'était ça. Et on nous a dit déjà à l'époque, oui, il est peut-être un peu de gauche. Je ne voyais pas où il était de gauche. Mais tu sais, il va quand même offrir des prestations chômage aux démissionnaires et aux auto-entrepreneurs. Bon, ben oui, il offrait des prestations, c'est vrai, mais avec la condition d'économie sur l'enveloppe globale, ce qui veut dire que les prestations allaient être plus faibles ou sur des durées moins longues.

Donc c'était quelqu'un qui était très à droite, très, très à droite. Et là, on continue en réalité. Alors ce qui perturbe un petit peu le discours sur Macron de droite, c'est qu'il y a eu deux événements majeurs dans son quinquennat. Il y a eu les Gilets jaunes qui a fait qu'il a dû freiner sa politique et qu'il a lâché 10 milliards. Plus ou moins, on va dire, mais qu'il a quand même freiné sa politique. Ça, c'était les Gilets jaunes. Donc on a dit, bon, tiens, il se passe quelque chose. Et puis après, il y a eu la pandémie, le Covid, où il a fait le quoi qu'il en coûte.

Et là, il faut quand même rappeler que tout ce qui nous a sauvés pendant cette pandémie, c'est-à-dire le chômage partiel, les déficits pour soutenir l'activité, le modèle social, l'hôpital, etc. C'est tout ce que Macron voulait détruire. Et c'est ça qui nous a sauvés. Et là, il peut se présenter comme, ah oui, on a le modèle social, oui, l'État est intervenu. Mais c'est tout ce qui avait été créé avant Macron qui nous a sauvés. Lui, il voulait le détruire. Mais là, il se l'approprie maintenant. Et donc, ça brouille un peu les pistes en disant, on ne peut pas dire qu'il est libéral, il a fait le quoi qu'il en coûte, sauf qu'il n'a jamais voulu faire le quoi qu'il en coûte.

Il l'a fait, voilà, comme tous les autres pays l'ont fait. Et si ça avait été fait de cette manière-là, je veux dire, s'il y a eu des stabilisateurs automatiques très forts, c'est ce qui avait été créé avant Macron et que lui voulait détruire. Et là, quelle est la suite de ce programme ? La suite de ce programme, c'est quoi ? C'est, on continue à baisser les impôts sur les sociétés sans contrepartie, ni sociale, ni écologique. C'est-à-dire qu'on baisse les impôts de production. Il a baissé l'IS. Est-ce que les entreprises ont rien ? Non. Les entreprises n'ont pas embauchées, n'ont pas été plus vertueuses d'un point de vue écologique et social. Qu'est-ce qu'elles ont fait ?

La France a continué à se désindustrialiser malgré les baisses d'impôts qu'il avait faites. Ça, tous les rapports le montrent. Est-ce que quand il a baissé de la fiscalité sur les plus riches, les plus riches ont investi ? Non, ils n'ont pas investi. Ils ont placé leur argent en bourse qui leur a apporté beaucoup plus d'argent. Donc là, il continue là-dessus, baisse d'impôts de production sans contrepartie, en pensant que le capitalisme va se réguler de lui-même, alors qu'on sait que ces baisses de production vont finir où ? Dans les dividendes des actionnaires.

Il fait ça et puis il continue la coupe, comme il fait des baisses d'impôts, la coupe sur le reste, avec imposer aux chômeurs des heures de travail, faire en sorte que les gens travaillent plus longtemps pour faire des économies sur les retraites. Il continue là-dessus. Et il va y avoir probablement des coupes, je pense aussi, sur les aides sociales. Donc on en est là. Donc on est sur le même programme, c'est-à-dire un programme qui vise à faire des cadeaux aux entreprises et aux plus riches et à faire des économies après sur le reste, sur le service public. Donc il ne faut pas vraiment se tromper.

Là, on est dans une période un peu trouble parce qu'il y a eu le quoi qu'il en coûte en disant « Oui, les pragmatiques, l'État est quand même toujours là », mais derrière, ce qui va se passer, ça va être un tournant, un tour de vis assez fort qui va reposer sur les vieux, les chômeurs et les plus fragiles. Donc il ne faut pas être dupe. Macron, c'est un libéral. Il a un programme de continuité. Il continue. Ce qui a été fait ces 30 dernières années, il a été encore plus loin, mais il continue. Je rappelle quand même des choses qui sont importantes. C'est que ce qu'on a eu, c'est aussi ça, ça rejoint notre premier sujet, ce qu'on a eu ces 30 dernières années. On a eu d'abord Chirac.

On se souvient que De Villepin s'est fait virer pour le CPU. Le CPU, à l'époque, c'était un scandale. Je veux dire, ça n'a rien à voir avec les lois de travail qui sont passées, le CPU. C'était vraiment la mini, mini, mini loi de travail. Sarkozy est passé, il a fait un programme de droite, plus à droite que Chirac. Hollande, de gauche, est passé, il a fait un programme plus à droite que Sarkozy. Sarkozy n'avait jamais osé faire une loi de travail. Il avait vu que De Villepin s'était fait virer avec la mini, mini loi de travail. Hollande l'a fait. Hollande a fait le CICE comme le voulait le MEDEF. Hollande a fait la baisse des collectivités locales. Jamais Sarkozy n'a osé faire ça.

Et puis Macron a été encore plus loin. Donc on va toujours plus loin. Et là, il ira encore plus loin. Donc on va toujours plus loin dans la même logique. Donc Macron n'a pas changé, c'est le même. Et c'est un programme de continuité que l'on connaît depuis 20 ans, qui n'a rien apporté et qui a précarisé plutôt une partie de la population et enrichi une partie qui n'avait pas besoin.

13:49
Présentateur

En plus de s'affirmer rempart contre l'extrême droite, Emmanuel Macron a aussi déclaré que son programme protégerait les Français. Peut-on vraiment le croire ?

13:57
Invité politique

Non, on ne peut pas le croire. Alors, il se cache derrière l'Europe. Ça, c'est très marrant. C'est qu'il se cache derrière l'Europe, notamment sur le programme de vaccination européen, qui fait qu'on a eu les vaccins moins chers, et sur le fait que l'Europe a, pour la première fois, emprunté de l'argent communément. Alors, il y a un certain nombre de progrès qui ont été faits, il faut le dire, dans l'Europe. Mais on partait tellement de bas. Il faut aussi le dire aussi, parce qu'il y a eu quand même l'Europe de 2010 à, on va dire, de 2020. C'est une Europe qui a pratiqué l'austérité sur les pays de l'Europe du Sud. C'est quand même l'Europe qui permet d'avoir des paradis fiscaux.

Et même Macron, dans son meeting, l'a dit, oui, les riches, ils se cassent en Belgique. Enfin, tu vois, il reconnaît lui-même que, voilà, l'Europe, c'est la concurrence fiscale. Il le reconnaît lui-même et c'est un état de fait, il ne faut rien faire contre. Puis l'Europe, ça a été aussi une grosse partie de jeunes qui n'avaient pas de débouchés dans leurs propres pays, qui étaient obligés de changer de pays, et parfois qui étaient contre ce qu'on a vu, par exemple, en Grèce. Donc voilà ce qui s'est passé en Europe. Donc effectivement, il y a eu quelques progrès. Il y a eu des progrès sur la garantie, finalement, des dettes par la BCE. Ça a été un progrès.

Ça a fait que les taux d'intérêt étaient plus faibles. Et il y a eu le fait qu'on emprunte de l'argent tous ensemble. Et puis il y a eu aussi, on peut le dire, peut-être la politique, même si elle avait très mal commencé, la politique vaccinale, qui a été quand même, en termes de disposition des vaccins, plutôt bonne par rapport aux autres pays. Mais il y a une chose qu'il faut dire, et c'est très important, c'est que la concurrence sociale et fiscale existe toujours, et que les délocalisations aujourd'hui se font majoritairement en Europe, et qu'on ne peut pas se boucher le nez en faisant genre, oui, le concurrent, c'est la Chine, le concurrent, c'est les États-Unis.

Non, les délocalisations, elles se font à l'intérieur de l'Europe. Les fonderies qui ferment, elles s'installent en Europe. D'accord ? Les fonderies françaises. Ça, c'est la première des choses, et on ne peut pas se pincer le nez là-dessus. Deuxièmement, la concurrence fiscale, elle est toujours là. Elle est toujours là. Et troisièmement, l'Europe, si on peut bénéficier en partie du plan de relance européen, c'est contre des mesures de réformes structurelles visant à taper les retraites ou à taper l'assurance chômage. Et ça, il faut le dire aussi. Et là, Macron, il fait comme si ça, ça n'existait pas. Et donc, il présente aux gens l'Europe protectrice.

Mais non, l'Europe, elle n'est pas protectrice. L'Europe, c'est le véhicule, le premier véhicule de politique et de réforme libérale qui vise à baisser la fiscalité. Et la dernière des choses que je dirais, c'est l'aspect social de son programme. C'est l'aspect... Il y a eu le prélèvement à la source des impôts. Et là, il veut maintenant que les prestations se fassent aussi à la source. Elles soient données à la source pour lutter contre ceux qui ne les demandent pas et qui pourraient les avoir. Mais ça aussi, il faut faire très attention. Il y a un tiers des gens qui ne touchent pas le RSA. Un tiers des gens. Là, ils le toucheront obligatoirement, puisque ce sera donné à la source.

Sauf qu'il veut faire cette réforme, pareil, à montant constant. Alors, s'il y a un tiers de gens en plus qui touchent le RSA, mais que l'enveloppe globale du RSA ne bouge pas, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le RSA va soit baisser ou soit le temps donné va diminuer, mais qu'il y aura des réformes là-dessus aussi visant à baisser les prestations sur les chômeurs. Donc, Macron, c'est toujours à budget constant. Donc, quand il te fait un cadeau, c'est à budget constant. Ça veut dire que, structurellement, comme la population augmente, l'inflation augmente, il y aura des économies à faire. C'est toujours ça qu'il fait.

Donc, on est dans un programme où il y aura beaucoup moins de protection sur les plus pauvres et il y aura toujours des cadeaux sans condition qui seront faits aux entreprises et aux plus riches.

17:03
Invité

Quand on voit certains programmes où on parle de nouvelles dépenses à hauteur de centaines de milliards d'euros, c'est la fête à neuleux, cette campagne. Non, enfin, honnêtement, c'est la troisième que je suis de près.

17:15
Locuteur 9

Là, c'est la pire.

17:16
Invité

On n'a jamais vu ce délire de dépenses. Parce qu'il y a eu le sentiment de l'argent magique, là, avec le quoi qu'il en coûte de ces derniers mois. C'est exactement ça. C'est que le quoi qu'il en coûte a déformé les esprits complètement, en donnant le sentiment qu'il suffisait de se baisser pour les ramasser.

17:30
Présentateur

Dans cette séquence de l'émission C'est à vous, diffusée sur France 5 vendredi dernier, nous avons vu le journaliste économiste François Langlais s'énerver contre les programmes économiques de certains candidats, décrédibilisant ainsi certains, comme celui de Jean-Luc Mélenchon, qui prévoit par exemple d'augmenter le SMIC. Alors Thomas, est-ce que tu peux nous dire pourquoi est-ce que le programme d'économique de Jean-Luc Mélenchon est crédible et pourquoi certains s'acharnent tant à dire que non ?

17:56
Invité politique

Le programme de Jean-Luc Mélenchon est très crédible. Tout comme celui de Macron est crédible. Tout comme celui de Pécresse est crédible. Il faut se rappeler, en 2017, c'est ça qui a fait gagner Macron. C'est qu'on nous a dit que le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est ce que certains éditorialistes ont dit et qu'ils redisent aujourd'hui, n'était pas crédible, n'était pas applicable. Alors même que ce programme avait été soutenu par plus de 100 économistes. Parmi certains économistes, les meilleurs au monde. Il y avait, je me souviens, A-Chun Chang, professeur à Cambridge, qui en 2017 soutenait le programme de Jean-Luc Mélenchon, un des économistes les plus importants au niveau mondial.

Vous avez d'autres, comme en France, Bruno Hamable, qui a eu le prix du meilleur jeune économiste, un des prix les plus prestigieux que le cercle des économistes et le monde donnent. Donc vous voyez, ce n'est pas la CGT. Et il soutenait, et il soutient encore cette année, le programme de Jean-Luc Mélenchon. Donc vous regardez la liste des économistes, c'est des économistes très sérieux, avec les plus hauts diplômes, des enseignants-chercheurs, des professeurs, en France comme à l'étranger, qui ont soutenu ce programme, et en 2017, et récemment en 2022. Donc le programme est crédible.

Et il faut comprendre une chose, et c'est peut-être ça la différence avec certains éditorialistes économiques, qui font des éditos, qui peuvent être intéressants par ailleurs, mais qui ne sont pas des vrais économistes, c'est-à-dire qui n'ont pas fait des études d'économistes, qui n'ont pas fait des publications académiques, etc. C'est qu'en économie, vous n'avez pas qu'un seul avenir possible. Ça c'est Margaret Thatcher qui le disait, « Derris nos alternatives », Macron l'avait dit en 2017, « L'autre programme est un mirage ». En réalité non, en économie vous avez plusieurs avenirs possibles. Il y a plusieurs avenirs possibles.

Il y a l'avenir que vous promet Macron, c'est un avenir possible, qui a déjà été appliqué. Il y a l'avenir que vous promet Jean-Luc Mélenchon, qui est aussi un programme plutôt keynésien, mais qui a été appliqué en d'autres temps, entre les années 50 et 70 par exemple, avec le développement d'un fort service public, avec la réindustrialisation, la planification écologique. C'est parfaitement crédible. Ça a été chiffré et le chiffrage est parfaitement crédible et il est reconnu par plus d'une centaine d'économistes.

Donc aujourd'hui, d'un point de vue démocratique, je trouve qu'il y a un vrai problème quand on annonce comme ça dans une émission, « Ah ben lui c'est crédible, lui c'est pas crédible ». Je ne parle même pas de la compétence pour le dire, mais qu'on l'annonce comme ça, en faisant peur, en agitant des épouvantails, alors qu'en réalité la démocratie, c'est deux avenirs possibles et les gens peuvent trancher par le vote. Et le devoir que devraient avoir justement les éditorialistes économiques, c'est de dire que les deux programmes sont en réalité crédibles, mais qu'ils sont différents et qu'il faudra choisir. Voilà.

Et moi, si la démocratie dit que c'est Macron et les gens veulent le programme de Macron, bosser sur les 65 ans, faire 20 heures ceux qui sont au RSA, baisser les impôts de production, bon, ils ont choisi, c'est leur programme, c'est la démocratie qui tranche. Mais qu'on ne dise pas qu'il y ait un programme qui n'est pas crédible. Si les autres veulent le programme de Jean-Luc Mélenchon, retour à la retraite de 60 ans, investissement public, etc., ils peuvent le choisir. Il n'y a pas qu'une seule voie en économie. Il y a plusieurs avenirs possibles et doivent être débattus sur un pied d'égalité. C'est ça, normalement, la démocratie. Vous voyez ?

Et aujourd'hui, il y a des gens qui ne jouent pas ce jeu-là en donnant leur avis comme ça, sous couvert d'une expertise et sous couvert du fait qu'ils ne prennent pas parti politiquement, alors qu'en réalité, ils prennent parti politiquement. Et ne pas prendre parti politiquement, c'est exactement ce que je fais en disant que deux programmes sont crédibles et qu'ils doivent être débattus sur le fond sans en stigmatiser un par rapport à l'autre.

21:01
Présentateur

Merci à vous d'avoir suivi cet instant porché. À l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, il est important d'avoir les clés pour maîtriser et comprendre les discours de chacun et chacune. Alors merci de nous faire confiance. Si vous voulez soutenir un média indépendant et une information différente, rendez-vous sur lemediatv.fr slash soutien. Spectateurs, abonnés, donateurs et sociaux, merci de nous avoir suivis. On se donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel instant porché. Et au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, on risque d'avoir des choses à dire.

21:32
Locuteur 9

Le Média TV, c'est de l'actualité. Une contre-matinale quotidienne. Des entretiens, d'actualités, des reportages. Mais ce n'est pas que cela.

21:40
Locuteur 5

Le Média TV, c'est aussi de l'enquête. Des enquêtes. Sur l'évasion fiscale, sur la France-Afrique et ses dérives, sur les violences policières.

21:47
Locuteur 4

Nous avons réussi à nous procurer des images de vidéosurveillance que nous diffusons aujourd'hui en exclusivité. Ces images, nous les avons analysées en collaboration avec l'agence d'expertise indépendante Index.

21:59
Locuteur 8

La BPI n'hésite pas à endosser le rôle de gestionnaire de fonds pour des investisseurs venus du Golfe. C'est ce qu'elle fait dans le cadre du projet Lac d'Argent. Des dizaines de milliers de morts

22:10
Locuteur 7

et un million de déplacés internes. Dans un pays qui compte à peine 4 millions d'habitants. C'est aussi le résultat d'un jeu macabre entre États étrangers. Comme le Tchad, le puissant voisin et son allié principal, la France. L'ancienne puissance coloniale.

22:25
Présentateur

Quelques semaines avant l'élection présidentielle, alors que la machine a étouffé les vérités qui dérangent et est en marche, nous avons décidé d'accélérer notre production d'enquêtes. Des enquêtes sur des figures politiques de premier plan. Des enquêtes qui se rapprocheront de plus en plus de la Macronie, des gouvernants et de ce qu'ils préfèreraient cacher aux électeurs, surtout en ce moment.

22:47
Locuteur 5

Pour finaliser ces enquêtes et lancer de nouveaux chantiers, nous avons besoin de votre soutien. Pour bien entendu payer les équipes qui travaillent et travailleront sur ces sujets. Mais aussi, malheureusement, pour provisionner les frais d'avocat car nos adversaires ont des moyens et n'hésitent pas à recourir aux procédures Bayon.

23:02
Locuteur 9

Plus votre mobilisation financière sera forte, plus nous aurons les moyens de nos ambitions. Les moyens d'aller au-delà de ce que les puissants laissent transparaître à travers une communication bien rodée.

23:12
Présentateur

Face à la grande offensive des pouvoirs et des oligarques contre le journalisme d'enquête, celui qui dérange et dévoile, imposons notre plan B citoyen, faisons vivre l'investigation sur le Média TV.

L'hypocrite (Comment Macron a aidé Le Pen et prétend la combattre) · Pourquijevote