Le discours intégral de passation de pouvoirs du nouveau ministre de l'Économie Antoine Armand
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:18Invité politiqueChiffre
« Le chômage est au plus bas depuis 40 ans dans notre pays. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« Les impôts des ménages et des entreprises ont baissé de 60 milliards d'euros. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« La France est devenue le pays le plus attractif d'Europe et notre croissance est supérieure à celle de l'Allemagne. »
- 3:31Invité politiqueChiffre
« 300 nouvelles usines depuis 2017. »
- 3:34Invité politiqueChiffre
« 130 000 emplois créés pour fabriquer chez nous, en France, de l'énergie, des batteries, des médicaments. »
- 4:49Invité politiqueChiffre
« Il y a sept ans, seuls 20% de la France avaient accès à la fibre. Aujourd'hui, c'est 90%. »
- 7:03Invité politiquePromesse
« C'est le combat pour la souveraineté alimentaire et la défense de nos agriculteurs. »
- 7:14Invité politiquePromesse
« C'est le combat pour notre souveraineté énergétique à laquelle je tiens tant. »
- 7:18Invité politiquePromesse
« C'est le combat pour la souveraineté industrielle, technologique, numérique, alors que des gigapuissances politiques, économiques la mettent en péril. »
- 7:26Invité politiquePromesse
« C'est enfin, oui, le combat pour les finances publiques plus robustes, sans lesquelles nous dépendrons toujours des autres. »
- 8:13Invité politiquePromesse
« Nous devons faire advenir un modèle qui combine croissance, baisse des émissions et protection de la biodiversité. »
- 8:30Invité politiqueFait
« Jamais aucune loi, jamais aucun décret n'a payé un salaire. »
- 8:34Invité politiqueFait
« Jamais aucune norme n'a créé une entreprise ou un emploi. »
Temps de parole
- Antoine Armand100 %
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Merci. Monsieur le ministre, cher Bruno, mesdames et messieurs les ministres, chère Roland, chère Olivia, chère Thomas, chère Marina, chère Laurent, chère Marc, chère Marie-Agnès, chère Laurence, mesdames et messieurs les parlementaires, chers collègues, mesdames et messieurs les directeurs d'administration centrale, madame la secrétaire générale, mesdames et messieurs, chers amis, C'est avec une immense émotion que je prends mes fonctions aujourd'hui. Je tiens évidemment d'abord à remercier le président de la République et le Premier ministre pour la confiance qu'ils me font aujourd'hui et je veux leur dire qu'ils pourront compter sur mon engagement.
En général, vous savez, tu l'as dit Bruno, quand un Savoyard appelle un haut Savoyard pour servir son pays, il n'hésite pas longtemps et en particulier pour ce beau ministère, ce magnifique ministère que je retrouve et qui m'a tant appris. Ce ministère, c'est avant tout celui des Français. C'est le ministère du pouvoir d'achat. C'est le ministère des salaires, des TPE, PME, des artisans, des commerçants, le ministère de ceux qui font vivre notre pays. C'est aussi le ministère des fleurons industriels qui font la grandeur et la fierté de la France. Ce ministère, il est composé d'agents d'une immense compétence.
Chers collègues, vous avez fait le choix de consacrer votre vie au service de l'économie française et je sais personnellement le travail qui est ici abattu. Je sais la complexité des dossiers, je sais la difficulté des décisions et pour tout cela, je veux vous dire mon infinie gratitude et mon respect. Ce ministère a porté parmi les plus grandes réussites de la dernière décennie et je veux évidemment saluer l'action de Bruno Le Maire, ton action cher Bruno. Tu es resté 7 ans à Bercy. Grâce à ton travail, à ta détermination, le chômage est au plus bas depuis 40 ans dans notre pays. Le chômage de masse était le fléau de la France, nous n'en parlons plus en tant que tel.
Les impôts des ménages et des entreprises ont baissé de 60 milliards d'euros. La France est devenue le pays le plus attractif d'Europe et notre croissance est supérieure à celle de l'Allemagne. Alors qu'avant toi, cher Bruno, on la prenait en exemple. Pour ton courage, parce que tu as été successivement le ministre de la crise Covid, le ministre de la guerre en Ukraine, le ministre de la réindustrialisation aussi. Parce que tu as agi en homme d'État, je veux te témoigner mon admiration et toute mon amitié. Et je veux te dire aussi, puisque tu m'as offert ce bâton, que je crois que nous partageons tous les deux le goût de l'altitude et le sang-froid de ceux qui marchent en haute montagne.
Ce bilan, chers amis, c'est évidemment celui d'une équipe. L'industrie d'abord. Grâce au travail de Roland Lescure et de ses prédécesseurs, la France rouvre pour la première fois des usines. 300 nouvelles usines depuis 2017. 130 000 emplois créés pour fabriquer chez nous, en France, de l'énergie, des batteries, des médicaments. Alors oui, la route est encore longue, mais comment ne pas être fier ? Comment ne pas voir tout ce qui a été réussi ? Cher Roland, pour tout cela, bravo et merci. Il faut, je crois, aussi mesurer l'impact qu'a eu l'action de ce ministère au quotidien, ministère du quotidien.
Partout en France, les commerces de proximité, les très petites entreprises, les petites, les moyennes entreprises ont tenu bon à travers les crises. Elles ont tenu bon, elles ont continué à se développer partout en France. Et je sais, personnellement, que ça n'aurait pas été possible sans l'énergie, sans la ténacité d'Olivia Grégoire. Alors pour ces quatre ans au service de français, cher Elisa, bravo et merci. Ce ministère, cela ne peut être que celui des territoires, de toutes les communes de France, métropolitaines et d'outre-mer. Et l'élu d'Annecy que je suis en fera une priorité absolue. Un exemple. Il y a sept ans, seuls 20% de la France avaient accès à la fibre.
Aujourd'hui, c'est 90%. C'est grâce à l'action des agents dans les services déconcentrés, des ministères, aux agents de l'administration centrale, aux ministres qui se sont succédés, à l'action de mon ancienne collègue, de ma voisine Savoyard d'Aix-les-Bains, Marina Ferrari. Quel plaisir de t'avoir à mes côtés pour animer notre politique touristique, toi qui connais si bien ces sujets. Merci donc à la formidable équipe de Bercy. Merci évidemment aussi à toi, cher Thomas. Je sais que vous allez continuer à servir dans vos responsabilités, dans vos parcours divers.
Je veux aussi saluer à travers vous, permettez-moi de le faire, vos collaboratrices et vos collaborateurs qui ont travaillé d'arrache-pied, souvent dans l'ombre, jamais en renaclant, grâce à eux, tout ce travail a pu être abattu. Que vous en soyez remerciés, mesdames et messieurs. Et puis, vous le savez, mais je pense important de le rappeler aujourd'hui, le succès de cette équipe, c'est celle des collègues parlementaires, députés et sénateurs, qui ont soutenu cette ambition, avec qui nous avons tant travaillé.
Nous croyons au fond toujours dans cette idée à la fois audacieuse et nécessaire, cette idée initiée par le président de la République, celle de transformer la France en dépassant les clivages. Et face à de telles réussites, et j'aurais pu en citer beaucoup d'autres, je mesure la chance que j'ai d'hériter d'un tel bilan. Je mesure aussi l'ampleur des défis, auxquels nous devrons faire face ensemble, à l'heure où la guerre est aux portes de l'Europe et où la concurrence internationale nous agresse souvent très violemment. Face à ces défis, il faut, je crois, et comme l'a dit le Premier ministre, tout simplement commencer par dire la vérité et avoir des convictions fortes.
La première, c'est qu'il faut poursuivre le combat pour la souveraineté, pour la souveraineté de notre pays. C'est le combat pour la souveraineté alimentaire et la défense de nos agriculteurs que tu as connus, cher Bruno, dans d'autres fonctions également. C'est le combat pour notre souveraineté énergétique à laquelle je tiens tant. J'ai mené ce combat à l'Assemblée nationale, je le continuerai. C'est le combat pour la souveraineté industrielle, technologique, numérique, alors que des gigapuissances politiques, économiques la mettent en péril. C'est enfin, oui, le combat pour les finances publiques plus robustes, sans lesquelles nous dépendrons toujours des autres.
Et pour mener ce combat, soyons clairs, nous avons besoin de l'Europe. Nous avons besoin d'une Europe forte qui ne tombe pas dans la naïveté, une Europe qui défende toujours l'intérêt des nations. Nous avons besoin de continuer à travailler avec nos partenaires, avec nos amis européens, ainsi qu'avec nos alliés partout dans le monde. La deuxième conviction, mesdames et messieurs, c'est que le défi majeur de notre siècle, c'est celui de l'urgence climatique. Il y aurait tant à dire, mais en un mot, nous devons faire advenir un modèle qui combine croissance, baisse des émissions et protection de la biodiversité. Et cela a déjà commencé en France grâce à l'action menée. Cela sera notre cap.
La troisième conviction, et vous m'excuserez d'être directe, c'est que jamais aucune loi, jamais aucun décret n'a payé un salaire. Jamais aucune norme n'a créé une entreprise ou un emploi. La richesse de notre pays, ce sont les femmes et les hommes qui la créent. Ce sont eux qui transmettent leur savoir pour former les plus jeunes, eux qui travaillent, eux qui innovent. Pour partager la valeur, encore faut-il la créer, mesdames et messieurs. Notre travail à nous, dans ce monde, c'est de faciliter la tâche des entreprises, de celles et ceux qui travaillent. C'est de les accompagner et de ne pas les encombrer de normes parfois inutiles ou contradictoires.
De faire en sorte que tous les Français qui travaillent aient un salaire décent. Mesdames et messieurs, nous ne ferons rien tout seuls. Nous ne ferons rien tout seuls. Comment croire que nous redresserons notre industrie sans les parlementaires, au-delà des clivages, comme j'ai eu l'occasion de le faire avec mes collègues de la Commission des affaires économiques que je salue ? Comment croire que nous renforcerons notre économie, que nous résoudrons la crise du logement sans l'investissement local ? Comment croire que la transition écologique se fera sans que cela ne vienne des entreprises, des partenaires sociaux et des organisations professionnelles ?
Alors oui, chaque minute passée à Bercy doit être consacrée aux Français, avec mes collègues du gouvernement et au quotidien avec mes collègues de Bercy, avec Laurent Saint-Martin, cher Laurent, si heureux de te retrouver ici, et avec à mes côtés Marc Ferracci pour l'industrie, Marie-Agnès Foussier-Vinzbach pour une économie responsable, avec Marina Ferrari, je l'ai dit, pour l'économie du tourisme, et avec Laurence Garnier pour la consommation, au service de toutes les Françaises et de tous les Français de métropole et d'outre-mer. Alors évidemment, certains préfèreraient que nous ne réussissions pas.
Mais je crois profondément que chez tout responsable politique, au fond, il y a l'envie de faire grandir la France. Il y a l'envie de servir les Françaises et les Français. Et à tout cela, je le dis, ma porte sera toujours ouverte. Mon dernier mot, mesdames et messieurs, sera pour celles et ceux avec qui je milite, pour mes équipes, pour ma famille et pour mes proches. Votre affection, votre soutien ne me seront jamais aussi précieux que dans cette mission. Je sais d'où je viens et je ne l'oublierai pas.
Antoine Armand