Incendies, canicule, Ukraine... Le "8h30 franceinfo" de Pascal Canfin
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Pascal Canfin, qu'est-ce que vous vous dites ce matin en découvrant cet incendie en Seine-et-Marne, à quelques dizaines de kilomètres de Paris, des bombardiers d'eau, des canadaires qui interviennent pour la première fois en Ile-de-France ?
D'abord, c'est avec beaucoup d'émotion que je regarde ces images, parce que moi je suis francilien, je suis un usager de la forêt de Fontainebleau, qui est un joyau extraordinaire, mes enfants font de l'escalade à la forêt de Fontainebleau, donc c'est une partie de mon quotidien, comme une partie du quotidien de millions de franciliens qui est en train de disparaître sous nos yeux. Donc c'est beaucoup d'émotions, comme c'est beaucoup d'émotions dans la Drôme, ou dans les Pyrénées-Orientales, ou dans les Côtes d'Armor, ou il y a quelques années la forêt de Bruxelles-Liande en Bretagne. Ce sont des éléments du patrimoine français, c'est la France qui est en train de brûler sous nos yeux.
Et pour autant, est-ce qu'on peut être surpris ce matin ? On n'est pas surpris, puisque tous les scénarios des scientifiques nous disent que, et depuis des années, que ces événements extrêmes, ces canicules extrêmes, ces sécheresses, ou au contraire, tout d'un coup, ces torrents d'eau qui vont tout dévaster, ou la montée progressive de l'océan qui va manger progressivement une partie de nos littoraux sur l'Atlantique, c'est déjà en train de se faire en Nouvelle-Aquitaine. Tout ça est parfaitement connu. Tout ça est parfaitement connu. Et donc, nous sommes aujourd'hui, je l'espère, je l'espère, et rendez-vous quelque part en septembre ou en octobre, quand il fera un peu moins chaud ?
Est-ce qu'on dira toujours, ça y est, il y a un avant et un après, été 2026 ? Est-ce qu'on est vraiment, sincèrement, tous ensemble, tous ensemble, en train de sortir du déni dans lequel nous étions, tous ensemble, pour enfin prendre la chose au sérieux ?
Pascal Canfin, les conséquences immédiates, ce sont des personnes qui sont amenées à sortir de leur domicile, des coupures d'autoroutes, des retards très importants sur les lignes SNCF. Est-ce que l'exécutif français est dépassé par les événements ?
Alors, lorsqu'il y a un feu de forêt, il y a forcément, au moment où il y a le feu de forêt, des procédures de sécurité évidentes. Vous coupez les lignes ferroviaires, vous coupez l'autoroute, vous coupez les routes qui peuvent être affectées. Faire l'inverse serait complètement aberrant. Donc, ce n'est pas être dépassé que de prendre les mesures de sécurité qui s'imposent. C'est vrai pour la SNCF, c'est vrai pour ceux qui gèrent les autoroutes, c'est vrai pour le gouvernement, comme c'est vrai pour toutes les collectivités locales concernées.
Après, il y a les questions des moyens pour lutter contre les incendies une fois qu'ils débutent.
En revanche, le fait pour aller quelque part dans votre sens, non pas parce que ce seraient des mauvaises décisions qui seraient prises, évidemment, elles sont nécessaires pour des enjeux de sécurité de court terme de tout à chacun. Néanmoins, ce qui est évident, c'est qu'on subit. On subit. Et on subit tous les jours. Les agriculteurs subissent une baisse de rendement agricole, comme jamais. Moins 30% sur le maïs en une seule année. En Italie, c'est le riz. En Espagne, c'est autre chose. C'est l'huile d'olive. Moins 50%. C'est vraiment quelque chose de totalement inédit que nous sommes en train de vivre. Et qui était pourtant, et vous l'avez dit, prévisible. Parfaitement prévisible.
Nous sommes en train d'entrer dans un nouveau monde. Nous sommes en train d'entrer dans un nouveau monde.
Il nous avait été annoncé, encore une fois. Comment se fait-il que nous subissions à ce point-là aujourd'hui ?
Parce qu'il y a eu, et moi je ne vais pas renvoyer, je pense que c'est un peu infantile de renvoyer la balle aux uns ou aux autres. Soyons honnêtes, il y a un déni collectif. Citez-moi un seul territoire en France, quelle que soit la couleur politique qui le dirige, qui peut dire aujourd'hui, moi j'ai fait le job, moi je suis réguliant, moi je sais gérer. Personne, soyons honnêtes, personne. Pourquoi ? Parce que c'est un phénomène d'une ampleur pas du tout imprévisible. Vous avez raison, totalement prévisible. Mais à laquelle, aujourd'hui, au moment où on parle, nous ne sommes pas préparés parce qu'il y a eu une forme de déni collectif. Et aujourd'hui, nous entrons.
Un déni aussi de votre camp politique, Pascal Canfin. Vous êtes issu des écologistes, vous êtes engagé chez Renaissance, derrière Emmanuel Macron depuis plusieurs années. Est-ce que ce n'était pas à cet exécutif d'agir depuis neuf ans ?
Bien sûr. Et il l'a fait en partie. Est-ce qu'il l'a fait assez ? Non. Je vais vous prendre un exemple sur la réduction des émissions de CO2. Parce que la meilleure politique d'adaptation, c'est déjà éviter que ça continue d'empirer. Pendant deux ans, en 2022-2023, pour la première fois, les réductions d'émissions de la France ont été enfin alignées avec ce que les scientifiques nous disent de faire avec l'accord de Paris, c'est-à-dire moins 5% par an. Deux ans. Ça n'était jamais arrivé. Donc, je peux vous dire, c'est mieux.
Mais sauf que la dernière baisse en date, pardonnez-moi, Pascal Canfin, elle est due en partie à un des effets du réchauffement climatique, un hiver doux et une baisse des besoins en chauffage. La dernière baisse en date.
Non. Il y a aussi l'électrification du parc automobile. Il y a aussi l'électrification de l'industrie. En partie. Oui, mais bien sûr. Donc, si vous m'avez laissé terminer, je vous dirais, mais le mais que vous évoquez, je l'évoque aussi parce qu'encore une fois, on ne va pas faire de la politique politicienne sur des sujets qui concernent des millions de Français, se renvoyer la balle en disant à toi, non, ce n'est pas ça. Il faut s'élever à la hauteur de l'enjeu historique auquel on est. Donc, pendant deux ans, les réductions d'émissions de CO2 ont été à la hauteur 2022-2023 de ce que la science, l'accord de Paris, l'engagement que nous avons pris nous demandent de faire.
Et puis, 2024-2025, non. Il est possible que 2026, ce soit le cas, non pas à cause de l'hiver, etc., mais à cause de l'augmentation du prix du pétrole.
Pourquoi on est sorti des rails pour aller vers l'accord de Paris ?
C'est une très bonne question. Je pense qu'il y a, aujourd'hui, depuis deux ans, ce qu'on appelle un backlash anti-écologique. Il y a notamment, et moi je le vois au Parlement européen tous les jours, une alliance politique qui est largement tirée par tous les partis d'extrême droite européens, le RN en France, mais Vox en Espagne, le gouvernement Mélanie en Italie, les conservateurs polonais, etc. Parce qu'il y a une idéologie anti-écologique, anti-climatique partagée par toute l'extrême droite européenne.
Et c'est évidemment ça qui la connecte à ce qu'on appelle l'international réactionnaire, c'est-à-dire Milley en Argentine, ou Bolsonaro il y a quelques années au Brésil, ou évidemment Donald Trump aux Etats-Unis, qui, chacun le sait, est totalement climato-sceptique.
Justement, vous avez signé, il n'y a pas de temps une tribune en ce sens, où vous taclez le RN, qui tenterait, d'après vous, de faire oublier son opposition radicale à toute politique climatique. C'est quoi ? C'est le RN qui retourne sa veste ?
Déjà, il faut avoir conscience, il faut que les électeurs du RN, qui nous écoutent, et il y en a forcément aussi sur France Info, aient conscience de cette réalité politique. Parce que je pense qu'ils ne votent pas du tout pour le RN, pour cette raison-là. Ils ne votent pas pour le RN pour détruire toutes les politiques qui peuvent nous protéger contre les incendies, contre la montée des eaux, contre la baisse des rendements agricoles, etc. Évidemment, ils ne le font pas pour ça. Mais la conséquence, c'est qu'ils donnent à des responsables politiques, partout en Europe, encore une fois, je pense qu'il faut...
Moi, je suis député européen, je vois cette réalité politique, pas seulement en France, partout en Europe. Ils leur donnent du pouvoir pour détricoter, pour avoir le rapport de force, pour détricoter les politiques que nous avons mises en place.
Le RN, il a fait quoi concrètement pour favoriser le réchauffement climatique récemment ?
Alors, par exemple, le RN, en s'opposant aux énergies renouvelables, il contribue à ce que nous restions dépendants des énergies fossiles. Première cause d'augmentation du réchauffement climatique, c'est le fait qu'on continue de brûler des énergies fossiles. Autre exemple, le RN s'est opposé au principe même qu'il y ait une loi climatique, donc une action climatique en Europe.
Parce que le RN estime que ça n'est pas à l'Europe pour nous décider de cela.
Non, bah oui, mais... Ce sont leurs arguments. Sincèrement, qui peut penser que nous allons... C'est un non-sens, excusez-moi, mais les bras m'en tombent. Quand vous êtes face à un phénomène mondial, penser que c'est à l'intérieur des frontières françaises qu'on va tout seul, avec nos petits bras musclés, régler le problème, c'est totalement un non-sens. Mais il faut que chacun le jure. C'est une évidence absolue qu'il faut éligir au moins à l'échelle continentale, et bien évidemment à l'échelle mondiale. Donc le RN est en partie, et je le dis haut et fort, en partie responsable, pas uniquement, bien évidemment,
mais en partie responsable. Parce qu'Alcanfin, le Haut Conseil pour le Climat, en France, dit que la France n'est pas prête.
Elle n'est pas prête à encaisser le choc du dérèglement climatique. Absolument, et je suis entièrement d'accord. J'ai moi-même été membre du Haut Conseil pour le Climat. Donc je partage totalement ces analyses. La France n'est pas prête, nous subissons. Donc la question fondamentale maintenant, c'est d'aller de l'avant. Comment on évite de subir et qu'on arrive à anticiper ?
Donc moi, je fais une proposition qui est partagée par d'autres élus, à l'Assemblée nationale par exemple, c'est que maintenant, le Premier ministre réunisse tous les mois, régulièrement, pas seulement les chefs de parti, pas seulement les ministres, mais aussi les présidents de région, les grands élus locaux, les grands maires ou les grands présidents d'agglomérations pour régler les questions d'îlots de chaleur en ville. Et puis les maires ruraux pour les sujets d'eau, d'adaptation, de stress hydrique sur les champs et les productions agricoles. On n'a aucune instance aujourd'hui, aucune, aucune instance de dialogue, de négociation avec les élus locaux qui sont au front sur ces sujets.
Donc au lieu d'avoir des cellules interministérielles de crise là tous les deux jours, il faudrait des cellules mensuelles ?
Mais il faudrait des cellules permanentes, mais avec des points d'État tous les mois, avec tous les ministres concernés, toutes les administrations concernées, les préfets et les présidents de région et les maires des grandes villes, etc. Si on veut développer, si on veut par exemple avoir une grande politique d'adaptation de nos milieux urbains qui sont des îlots de chaleur, quelle que soit la couleur politique du maire, parce que ça dépasse, ça dépasse la politique politicienne. Paris, c'est un patrimoine. Je veux dire, Paris, c'est une majorité de gauche et écologique depuis 30 ans. Est-ce que Paris est adapté au changement climatique ? Bien sûr que non. Pourquoi ?
Parce qu'ils ne sont pas responsables du bâti haussmanien, ils ne sont pas responsables des toits en zinc, ils ne sont pas responsables du fait que Paris... On revoit les règles du patrimoine, alors ? Est-ce qu'il faut revoir
les règles du patrimoine, par exemple ?
Il faut évidemment revoir la question avec les architectes des bâtiments de France. Il faut pouvoir adapter Paris, qui n'est absolument pas adapté, ni à 40 degrés, ni encore moins. Et tout le monde sait que ça va arriver. Ce n'est pas de la politique fiction à 50 degrés.
Est-ce qu'on adapte le droit du travail aussi ? Est-ce qu'on fait un congé climatique ?
Est-ce que ça,
ce sont des bonnes idées d'adaptation ?
Bien sûr. J'ai lu que ça venait, par exemple, des Verts et de LFI. Et je pense que nous n'aurons pas d'autre choix que d'adapter le droit du travail. Alors, LFI appelle ça un droit de retrait. Les écologistes appellent ça un congé climatique. Peu importe. Mais c'est évident. Quand vous êtes sur un chantier du BTP qui fait 40 degrés, que vous n'avez pas dormi, enfin, 40 degrés à l'ombre, que vous n'avez pas dormi de la nuit parce qu'il a fait 30 degrés, évidemment, à un moment donné, ce sont des questions de sécurité au travail. Et en même temps, oui, il faut installer des climatiseurs dans les hôpitaux et dans les écoles.
Et oui, il faut végétaliser les toits pour essayer de créer un peu d'absorption de la chaleur. Et l'idée selon laquelle une personne unique ou un parti unique, quel qu'il soit, aurait tout seul les solutions, et encore plus depuis Paris, ça n'a aucun sens. Donc, il faut... Moi, c'est ma philosophie sur tous les sujets. Il ne faut pas polariser ces sujets. Il faut ajouter les solutions. Il faut additionner les solutions. Et il y a des bonnes idées qui viennent de la gauche. Et il y a des bonnes idées qui viennent de la droite. Et c'est en se réunissant tous ensemble qu'on va réussir à gagner cette bataille.
On a encore beaucoup de questions à vous soumettre, Pascal Canfin.
Le 830 France Info,
Audrey Tison, Marie Bernardo. Et nous sommes toujours avec vous, Pascal Canfin, eurodéputé Renew. C'est le groupe Renaissance au Parlement européen. Vous êtes membre de la commission Environnement. La tension est remontée d'un cran au Moyen-Orient. L'Iran et les Etats-Unis ont procédé à des frappes. Téhéran dit avoir frappé Oman, le Bahreïn, le Koweït. Téhéran qui dit avoir fermé le des droits d'Hormuz, ce que conteste Washington. Bref, on se demande bien si la paix n'est pas en train de s'éloigner. À quoi ça a servi finalement, cette signature, il n'y a pas longtemps, à Versailles, signature d'un protocole d'accord par Donald Trump ?
Ça, c'est à lui qu'il faut le demander, quelque part, puisqu'il est engagé dans une aventure qui n'a aucun objectif. Un jour, c'est le nucléaire iranien. Le lendemain, c'est de faire tomber le régime des Mollahs. Le troisième, c'est de faire la démocratie en Iran. Le quatrième, c'est de sécuriser la provision noire en pétrole. Les buts de guerre changent tous les jours. On est partis là sur quelque chose qui est absolument non-maîtrisé, totalement non-maîtrisé. Évidemment, on ne peut que le regretter. Nous, Européens, nous, Français et nous, Européens, on n'a pas du tout été associés à cette politique guerrière. Encore une fois, qui ne se fixe aucun objectif.
Donc, à partir du moment où vous ne savez pas pourquoi vous partez en guerre, c'est très difficile d'arrêter le conflit.
Mais l'Europe est inaudible, Pascal Canfin ?
Sur ce sujet, l'Europe est inaudible au sens où nous n'avons jamais souhaité ce conflit. Nous ne participerons pas à ce conflit et c'est à Donald Trump d'arrêter ce conflit. Il y a un moment donné où nous, nous mettons toutes nos forces dans la bataille et j'espère qu'on va en parler puisque c'est aujourd'hui à Paris que ça se tient dans la capacité à aider l'Ukraine contre l'impérialisme russe et l'offensive russe qui a commencé il y a 4 ans et demi. Là, Vladimir Poutine disait en quelques jours je vais avaler l'Ukraine 4 ans et demi plus tard il y est toujours. Pas par l'opération du Saint-Esprit.
Il y est toujours parce qu'on a, nous, Européens, nous, Français, nous, Européens, avec les Britanniques, on a tenu. On a envoyé les armes qu'il fallait à l'Ukraine. Avec les Américains, avec les Etats-Unis. En partie. Au début, absolument. Il n'y a aucun doute les Etats-Unis. Depuis l'élection de Donald Trump, ça n'a échappé à personne avec beaucoup plus d'incertitude côté américain et de revirement. Mais on a tenu bon et on a tenu bon en faisant équipe. S'il n'y avait eu que l'Allemagne ou que le Royaume-Uni ou que la France, je peux vous dire que l'Ukraine, aujourd'hui, elle serait tombée.
Finalement, on est en train de réinventer un petit peu l'Union Européenne avec cette coalition des volontaires, la France et le Royaume-Uni qui sont à la manœuvre et qui ont réuni autour d'eux 35 pays. Ce n'est pas
qu'on réinvente l'Union Européenne, c'est qu'on complète l'Union Européenne et c'est très important. Oui, parce que l'Union Européenne
au niveau diplomatique reste très faible.
Exactement et elle le restera. Pourquoi ? Parce que vous avez des pays qui n'ont aucune histoire diplomatique et on ne va pas demander tout d'un coup à Chypre ou à Malte de devenir une grande puissance géopolitique. D'accord ? Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que les pays qui ont cette histoire, cette tradition, ces moyens militaires, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et justement ce qu'on a fait depuis février 2022, c'est-à-dire le début de la guerre en Ukraine, sans nous, sans nos efforts, sans l'équipe d'Europe, eh bien je peux vous dire que l'Ukraine serait tombée.
Et la liberté, excusez-moi pour resituer l'importance de ce conflit, c'est que la liberté des Ukrainiens, c'est notre liberté. Pourquoi ? Parce que si Vladimir Poutine gagne en Ukraine, gagné en Ukraine, parce que la perspective d'une victoire russe est sérieusement en train de s'éloigner, c'est notre liberté qui serait attaquée. Donc ce qu'on défend en Ukraine, c'est notre liberté. Est-ce que Vladimir Poutine
va finalement acter quelque part sa défaite en signant un accord de paix ? Est-ce que le fait de faire défiler, par exemple, 500 soldats des autres pays de nos alliés sur les Champs-Elysées, demain, en plus de nos soldats français, ça peut faire peur à Vladimir Poutine ?
La démonstration, ce n'est pas l'objectif de ce défilé. Ce n'est pas une démonstration de force militaire. Nous ne voulons pas nous engager militairement, directement, dans le conflit en Ukraine. Ça a été une ligne rouge qu'aucun pays, aucun chef d'État n'a jamais voulu franchir à raison. En revanche, c'est une démonstration de force politique au sens où nous sommes tous, tous unis derrière la capacité militaire à fournir des armes aux Ukrainiens et par ailleurs, les Ukrainiens ont inventé la guerre du faible au fort avec des drones. Aujourd'hui, c'est les meilleurs au monde, peut-être avec les Iraniens par ailleurs, sur les drones.
Ils sont en train d'aller chercher la Russie sur son territoire. Ils sont en train de contre-attaquer. C'est l'addition de ces talents ukrainiens, extraordinaire capacité de résilience et de résistance avec notre capacité à être unis, à avoir créé l'Europe de la défense dans la vraie vie de la bataille contre l'imperialisme russe.
Ce n'est pas une réalité
aboutie. Si vous voulez me dire que tout est fait...
Mais la menace russe, elle est aboutie. Elle est là.
La menace russe, les militaires, elle est aboutie. C'est une bonne question. Elle est là. Elle est là. Nous, nous avons créé suffisamment de travail en commun, de livraison d'armes avec en partie les Américains, encore une fois, notamment au début. Et j'espère que ça va revenir dans le droit chemin. Et d'ailleurs, le G7, pour ça, organisé par la France, par le président de la République, a été un moment très important pour essayer de faire revenir Donald Trump dans une logique d'alliance avec nous face à Poutine, eh bien, on a fait des choses extraordinaires que nous n'aurions pas pu penser possibles encore il y a quelques années. Maintenant, est-ce que c'est la fin de l'histoire ?
Est-ce que c'est abouti ? Bien évidemment que non. Et à l'inverse, sur votre question, est-ce que la menace russe n'ira jamais au-delà de l'Ukraine ? Tous les militaires européens, les militaires français, mais les militaires néerlandais, baltes, allemands, nous disent qu'il y a en Russie des plans très clairs pour avant 2030, pas avant 2030, envahir d'autres pays européens.
Et là, on n'est pas dans le déni ?
On n'est plus dans le déni ? Non, ce serait vraiment excessif de ma part de dire qu'on est dans le déni. On a fait énormément de choses, on a conscience, on augmente partout en Europe nos budgets de la défense et franchement, ça ne nous fait pas plaisir, mais il faut le faire parce que c'est notre liberté, c'est notre souveraineté qui est en jeu. de la même manière qu'il faudra augmenter les crédits sur l'adaptation au changement climatique parce que c'est une question d'habitabilité, c'est la France qui est en train de devenir inhabitable, donc il faudra agir.
Et la boucle est bouclée, merci beaucoup Pascal Canfin d'avoir été avec nous en direct ce matin sur France Info, député européen, Renew, Renaissance, membre de la commission environnement du Parlement européen. Bonne journée à vous.
Merci. Merci.
Pascal Canfin