Richard Ramos - Le Barbier du matin du 10/12/24
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Richard Ramos, bonjour. Bonjour. Et bienvenue, bienvenue à Radio-J. Alors à 14h, méthode Macron nouvelle, il y aura une grande table ronde des partis, sauf LFI et le RN. Pourquoi ? Pour essayer de trouver un Premier ministre ?
Je crois que c'est ça, mais c'est une connerie. Pourquoi ? Parce qu'il ne faut pas mettre les partis autour de la table pour essayer de sortir de l'ornière. Les partis, c'est politique, c'est tout ce que détestent les gens. Ce qu'il fallait mettre, c'est les parlementaires, des sénateurs et des députés. Et donc la méthode Macron de cet après-midi est une mauvaise méthode.
Même s'il y a des présidents de groupe, même s'il y a des représentants, ça ne marchera pas.
C'est une mauvaise méthode. Ce n'est pas les partis, les gens, ils ne supportent plus les partis politiques. Quand on va en circonscription, c'est terminé. Donc il y a des gens de droite comme de gauche au Parlement, des députés, des sénateurs qui ont envie de sortir le pays de l'ornière. C'est là-dessus qu'il faut s'appuyer, sur des personnalités et pas sur des partis politiques.
Alors au moins, on verra les partis face à leur responsabilité. Cette incapacité des partis, on va peut-être le voir cet après-midi. Certainement, certainement, on aura.
On aura chacun qui cherchera des positionnements. Parce que qu'est-ce que fait un parti ? Un parti, il est fait pour avoir des élus. C'est normal, c'est ce qui fait qu'il existe. Et donc il va chercher un positionnement. Un positionnement pour 2027. Il faudra qu'il soit écologiste modéré, mais quand même un peu à gauche. Parce que sinon, au prochain congrès des écologistes, je ne serai pas réélu.
C'est des conneries tout ça. Il faut s'appuyer sur les individus. Alors les individus, mais tous. C'est-à-dire, est-ce qu'il faudra des parlementaires LFI et RN autour de cette table ?
Non. Moi, je pense qu'aujourd'hui, il faut chercher une majorité au Parlement sans LFI et sans le RN. C'est-à-dire les acteurs réels de la censure. Oui, mais ça ne veut pas dire, parce qu'on n'est pas avec LFI et le RN, qu'on ne les respecte pas. Que les choses soient très claires. Pourquoi moi, je défends évidemment François Bayrou dans cette affaire-là ? C'est que je pense qu'il a à la fois le respect, le respect des partis politiques qui ne seraient pas autour de cette table-là, qui est le RN et LFI, et il a la capacité, je le pense, à pouvoir mettre, je dirais, un bloc central, même si ce n'est pas un bloc commun qui était à moins un socle commun, même si c'était une région.
Il faut mettre des gens qui pensent différemment. Rappelez-vous cette phrase de François Bayrou, quand on commence à penser tous la même chose, on finit par penser plus rien.
Mais pourquoi aurait-il cette capacité aujourd'hui, où chacun en effet est tendu vers 2027 et n'a pas intérêt à ce que ça marche ? Parce qu'aujourd'hui, les gens ne peuvent pas faire plusieurs fois le chaos.
Je veux dire, il y a eu une espèce de chaos sur lequel on est devant, les Français le voient, et les partis, là, pour le coup, politiques ou les chefs politiques ne peuvent pas se permettre d'être plusieurs fois, de façon consécutive, responsables du chaos. La preuve, Mme Le Pen s'en est rendue compte, elle voit bien qu'aujourd'hui, elle a perdu son socle de droite, dont il fallait qu'elle allait le conquérir pour être au deuxième tour de la présidentielle. Elle a fait une bêtise, il faut qu'elle reconstruise cette confiance. Elle a voulu aller sur son socle, je dirais, anti-système, les militants, mais pour être au deuxième tour.
Parce que si elle peut être candidate, elle sera au deuxième tour. Mais pour gagner au deuxième tour, il lui faudra conquérir les voix de droite. Et moi, je vous assure, dans ma circonscription, qui est une circonscription plutôt de droite, rurale, c'est terminé pour certains. C'est-à-dire, pour eux, ces mois passés à vouloir essayer d'être un parti notable, ça s'est écroulé.
Alors, ce qu'on dit, François Bayrou, c'est qu'en effet, il pourrait obtenir une sorte d'accord pour le laisser gouverner, mais pour rien faire, pour ne pas faire de réformes.
Mais pas pour ne pas faire de réformes. Je pense qu'on a besoin, aujourd'hui, dans ce pays-là, d'abord d'avoir un budget. C'est pour ceux qui étaient élus ruraux dans une mairie, si vous n'avez pas de budget, vous ne pouvez rien faire. Si vous, vous ne pétez pas votre budget du 1er jusqu'au 30 du mois, vous ne pouvez rien faire.
Et là, l'horloge tourne pour le budget.
C'est pour ça qu'on commence par là. Et je pense que François Bayrou est celui qui est en capacité, aujourd'hui, à être respecté par la gauche. Je ne dis pas que la gauche va voter tout ce que dit François Bayrou, et être respecté par la droite. Ils ne sont pas nombreux. Ils ne sont pas nombreux. Est-ce que Bayrou dirait à la gauche, bon, d'accord, j'abroge la réforme des retraites ? Non, je pense que, vous avez vu, même Olivier Faure n'a pas dit qu'on abroge la réforme des retraites. Il a dit qu'on fait une clause de revoyure, c'est-à-dire qu'en 2027 ou 2026. Donc, il y a des choses qui peuvent être regardées.
Et je pense que la gauche, notamment la gauche modérée, peut regarder ce qui va se passer autour des retraites.
L'idée, ça serait d'obtenir au moins ce qu'on appelle un pacte de non-censure si Bayrou compose un gouvernement.
Oui, je pense que, encore une fois, le budget, le budget, rien que le budget. On a besoin de ce budget-là, il faut, autour de ce budget-là, essayer de trouver, je dirais, des gens qui ne pensent pas la même chose, mais qui vont travailler ensemble. Et vous savez, au Parlement, Yaël Braun-Pivet l'a dit à plusieurs reprises, sur plein de petits textes qui font l'avis des Français. Moi, je me suis occupé des tickets-restaurants, mais c'est 6 millions de personnes, d'accord ? J'ai fait quoi ? Je suis allé voir l'excellente députée Mme Blain, LR, je suis allé voir les socialistes, et on a trouvé un compromis.
Il paraît que Nicolas Sarkozy a mis son veto à Bayrou, et qu'il a dit au LR, vous ne le ferez pas parce qu'il n'a pas voulu de l'UMP, et il m'a fait perdre en 2012.
C'est ce qu'on me dit aussi, c'est exactement ce qu'on me dit, Nicolas Sarkozy a dit, ce ne sera pas François Bayrou. Mais moi, ça m'inquiète, c'est le président de la République, parce que si le président de la République, il écoute Sarkozy encore aujourd'hui, ça pose des soucis quand même pour la France. Et est-ce que les LR écoutent Sarkozy aujourd'hui ? Non, parce que les LR sont divisés en deux. Eux aussi, ils préparent leur petit porte-avions pour 2027. Vous avez d'un côté M. Retailleau, en gros M. Retailleau, Gérald Darmanin, pour qui j'ai hôte estime, le corps nu, et Sarkozy. Et de l'autre côté, vous avez M. Wauquiez, il n'en veut pas, il ne veut pas de cet axe-là.
Et donc il y a aussi chez les LR une guerre qui se joue en interne, entre M. Retailleau qui veut y aller, qui a fait montre, je dirais, de quelque chose de nouveau, même si je le combats, et M. Wauquiez qui ne laissera pas aller.
Il y a cette idée de constituer un gouvernement d'intérêt général. Certains, comme Marine Tondulé, disent que l'intérêt général, ça n'existe pas. Vous, vous pensez que c'est un bon concept ?
Oui, oui, oui. Parce qu'on a voulu faire croire, avec le socle commun, qu'on avait quelque chose en commun, par exemple, avec les LR. Moi, par exemple, j'ai été élu, je l'aurais dû perdre, on a foutu un LR contre moi pour que je sois derrière la gauche. Et me faire perdre, ils n'ont pas réussi. Les LR, ils nous ont tapé dans la tête pendant 5 ans. Et moi, je me rappelle, quand on a été reçus par la ministre des Relations avec le Parlement, il y avait les LR et puis les gens comme moi. Et il y en avait, à part des gens, des relations humaines personnelles, on n'avait rien à se dire. C'était compliqué. Mais on peut quand même travailler sur... L'intérêt de la France, l'intérêt de la France...
Ça résonne encore à la France. Oui, ça résonne à la France. Simplement, c'est là que le président de la République fait une erreur. Un érecteur grave, historique, il remet les partis. Les partis, c'est des machines. La 4ème République, c'est... Mais c'est des machines à perdre. C'est des machines qui n'aiment pas les Français. Ils sèment eux-mêmes, les partis politiques. Moi, vous savez, j'ai cette chance-là. Je reste un élu rural. Je reste un petit gars simple du terrain. Un gars n'est dans la cité. Je suis proche des gens. J'en ai rien à foutre d'être... Je parlerais pas aussi bien que ça si je voulais être secrétaire d'État au Choufarsi.
Et donc, comme j'étais chroniqueur gastronomique, j'ai trop de respect pour le Choufarsi. Et donc, je veux dire par là, c'est qu'il faut arrêter les partis politiques.
Il faut trouver des hommes et des femmes de haut niveau pour pouvoir diriger la France. Ces parlementaires, vous pensez que si on les rassemblait, ça pourrait arracher la gauche raisonnable à l'alliance avec les filles ? Oui. Y compris les communistes ? Oui. Alors, oui. Vous savez, j'étais ce matin avec André Chassaigne, ce matin même...
Président du groupe. Avant de venir avec vous, M. Barbie, on prenait un café avec André Chassaigne. Lui aussi, il cherche quelque chose. Lui aussi a envie, quelque part, de trouver à servir la France comme le Parti communiste l'a fait après-guerre. Il sent bien qu'on est devant le chaos. Et donc, tout le monde est de bonne volonté. Et donc, il faut mettre des gens capables de travailler avec tout le monde, sauf avec ceux qui veulent finalement toujours le chaos et qu'on votait ensemble. Puisqu'il faut rappeler quand même que le Rassemblement National et LFI, c'est eux qui nous ont mis aussi dans cette situation-là.
Avec le Président de la République et la dissolution, je dirais que c'est un tiers responsable. Vous êtes favorable à ce qu'on adopte la proportionnelle vite, au cas où il y a une dissolution cet été ? Alors, vite, vite. Je ne dirais pas vite. C'est trop important pour ne pas prendre son temps. Mais je pense qu'on a besoin de prendre la proportionnelle. Je pense qu'on arrachera le Parti Socialiste à LFI parce qu'ils ont besoin de la proportionnelle. Et on a également le Rassemblement National qui, 11 millions de voix, ce n'est pas neutre dans l'Assemblée Nationale. Moi, je les ai toujours respectées, même si je les combats, qui veulent la proportionnelle.
Et donc, ça veut dire que la représentation du peuple, elle est plutôt tendance proportionnelle.
Même si ça crée des situations encore plus inextricables. Oui. On fera avec.
Non, mais on n'est pas dans la proportionnelle. On confond. Aujourd'hui, on n'est pas dans la proportionnelle. Si on avait eu la proportionnelle, on n'aurait pas le Parti Socialiste qui serait oreille tenue par les oreilles par le Parti LFI de M. Mélenchon.
Alors, changement de régime en Syrie. Vous vous êtes beaucoup engagé. Vous vous engagez beaucoup pour les chrétiens d'Orient. Êtes-vous inquiet pour eux, là, sur leur sort en Syrie, avec un islamiste quand même qui arrive ?
Je suis très inquiet, je le dis très clairement. Il faut quand même dire que le boucher qui n'est plus là, c'est une chance pour ce pays-là et pour le monde qu'il ne soit plus là. Les massacres qu'il y a eu, près d'un demi-million. On dit que dans les prisons, il y avait, vous vous rendez compte, des hachoirs humains. Des hachoirs humains. Et donc, tant mieux qu'ils soient partis. Mais attention, je suis, oui, très, très, très inquiet. On voit bien que ce sont des islamistes qui pourraient arriver au pouvoir. Voilà, je suis très inquiet pour nos amis d'Israël. Et je suis très inquiet pour ce que je connais un peu le mieux, c'est-à-dire les chrétiens d'Orient.
Israël, les États-Unis ont tout de suite frappé pour désarmer un peu cela. Quelques risques, les chrétiens d'Orient. Vous pensez qu'ils peuvent être persécutés, chassés ?
Oui, bien sûr, ils peuvent être persécutés, chassés, bien évidemment. C'est ce qui, à mon avis, pourrait arriver. Alors, on le voit bien dans les télés nationales. On commence à prendre 3-4 chrétiens pour les faire témoigner. Mais on voit bien que tout ça, quand on a un peu d'informations comme moi, on voit tout ça que c'est un vernis. C'est la com' là. Voilà, il faut aller protéger. Et vous savez, on voit bien les nouveaux dirigeants qui arrivent. Ils avaient dit, mais nous, on n'a qu'un projet syrien. Et vous avez vu qu'hier, il a commencé à dire, ça change dans la région. Et donc, le danger est là. Il faut être très prudent.
Donc, il faut peut-être stopper, suspendre les demandes d'asile de ceux qui viennent de là-bas ?
En tout cas, il faut surveiller. C'est-à-dire que là, on peut avoir encore une fois des gens qui viennent nous infiltrer. Et donc, il faut être très, très attentif. Mais attention aussi, on a eu des Syriens qui sont venus sous la peur, etc. On a bien fait de les accueillir aussi pour... Et ils vont peut-être retourner là-bas, reconstruire leur pays. Et on voit déjà qu'il y a des demandes. C'est ce que j'allais vous dire. Il y a déjà des Syriens. Vous voyez comme quoi, de temps en temps, on peut les accueillir. Parce qu'aujourd'hui, ils ont envie de revenir, pour certains.
Alors, vous avez porté l'idée d'un groupe d'amitié France-Palestine, alors que la Palestine n'est pas encore un État reconnu. Pourquoi ?
Parce que j'avais cette idée-là. D'abord, comme le Sénat. Vous savez qu'au Sénat, il y a un groupe d'amitié France-Palestine. Parce qu'on avait un groupe d'amitié France-Israël au Parlement. Et si on veut faire des choses en commun, entre nos amis qui dirigent le groupe d'amitié France-Israël et le groupe d'amitié ou d'études Palestine, il fallait qu'il y ait une symétrie. Moi, mon rêve, c'est que ces deux groupes d'amitié parlementaires, on aille faire un voyage en commun.
Et vous anticipez les deux États, en quelque sorte ?
Oui, bien sûr. Moi, je milite pour, évidemment, un territoire à deux États. Et moi, je suis juste qu'un artisan de la paix. À titre personnel, je suis un amoureux de la vie de Jésus. Et donc, prenons le chemin de la paix.
Mais est-ce que vous n'allez pas vous faire voler le pilotage de ce groupe par la France Insoumise, qui en fera une machine anti-Israël ? C'est possible. C'est possible.
Alors, vous savez que ce n'est pas une élection. Je pense que si c'était une élection, j'aurais été élu président. Là, ça va être dans quelques jours ou quelques semaines. C'est des jeux de points en fonction du groupe. En tout cas, beaucoup de gens sont venus me voir, même à gauche, pour que ce soit à moi qui soit un peu le barissant de quelque chose qui est modéré. Et je le dis aussi à mes amis israéliens. C'est parce que nous pensons que nous avons des choses à faire dans la paix au Parlement français entre Israël et la Palestine.
La logique des Insoumis, la stratégie des Insoumis vis-à-vis d'Israël, vous pouvez l'arrêter encore au Parlement ?
Non, non, mais non, mais non. On l'a vu dans les élections, la stratégie de la France Insoumise, c'était d'aller mettre... Ce n'était plus la gauche dans la cité. Avant, quand vous vouliez gagner des voix à la cité, vous alliez marcher pendant les élections, vous disiez « je suis de gauche, je suis de gauche ». Là, c'était Palestine, Palestine. Et donc, ils ont hystérisé les débats. Ils ont fait même en sorte que des jeunes musulmans modérés, comme beaucoup, d'accord, se radicalisent. Et donc, ils ont une stratégie qui est la stratégie du chaos, qui est la stratégie d'essayer, dans les quartiers, d'aller exciter des gens en les radicalisant.
Richard Ramos, député inclassable, mais député quand même modem du Loiret. Merci beaucoup d'être venu. Bonne journée. Merci. Merci beaucoup, Christophe. On vous retrouvera demain à 7h45. Votre invité sera Christophe Béchut, secrétaire général d'Horizon et maire d'Angers.
Richard Ramos