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speechyoutube.com· 30 janvier 2024 5 min

Nicolas Dupont-Aignan, sa réponse à la déclaration de politique générale de Gabriel Attal 30/01/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Nicolas Dupont-Aignan

Madame la Présidente, Monsieur le Premier Ministre, chers collègues, vous entrez dans le livre des records, non pas parce que vous êtes le plus jeune Premier Ministre, mais parce que vous êtes le nouveau Premier Ministre du président de tous les tristes records. Record d'endettement avec 788 milliards supplémentaires depuis 2017. Record de déficit commercial, record de déficit budgétaire avec en 2023 presque le montant de 2020. Record d'immigration avec deux fois plus de séjour, de premier titre de séjour. Record d'insécurité avec plus 63% de coups et blessures depuis 2017.

Et bien sûr, record d'impopularité car on ne peut pas éternellement confondre présidence d'impopularité car on ne peut pas également confondre présidence de la République et agence de communication. Vous devez vivre, Monsieur le Premier Ministre, dans le même monde parallèle qu'Emmanuel Macron pour avoir osé cet après-midi qualifier son bilan de concret, tangible et solide. Je comprends mieux pourquoi Emmanuel Macron vous a choisi. J'attendais un Premier Ministre, j'ai découvert un porte-parole. Un seul discours aura donc suffi pour comprendre que votre nomination ne changera rien. Et cela pour deux raisons principales.

La première, c'est que le Président Emmanuel Macron est le vrai Premier Ministre comme sa conférence de presse l'a démontré. Comment allez-vous conforter les classes moyennes alors qu'avant même ce discours de politique générale, Emmanuel Macron a annoncé lui-même l'augmentation des franchises sur les médicaments et Bruno Le Maire, l'augmentation du tarif de l'électricité ? Dans un autre domaine, celui de l'éducation nationale, comment allez-vous pouvoir répondre à toutes les demandes de l'Elysée, cours de théâtre, cours de sport, instruction civique, à des élèves qui ont besoin avant tout d'apprendre à lire ?

En matière de sécurité, comment allez-vous faire baisser la délinquance en conservant un garde des Sceaux et une politique judiciaire profondément laxiste et en étant fier de laisser détricoter une loi sur l'immigration qui était déjà bien insuffisante ? Enfin, dans le domaine du logement, vous ne manquez pas de culot pour annoncer un choc de l'offre alors que depuis 2017, vous avez systématiquement saboté tous les mécanismes d'aide au logement ? La seconde raison pour laquelle vous êtes condamné à parler dans le vide, à agiter des éléments de langage éternellement ressassés depuis 2017 et que si le Premier ministre est à l'Elysée, le vrai président est malheureusement à Bruxelles.

C'est Mme von der Leyen qui vous donne des ordres matin, midi et soir. Preuve en est, mes chers collègues, la Commission européenne vient d'annoncer à l'instant, dépêche-retaire, que vous pouvez vous procurer, que les négociations et que le Mercosur continuaient bien, infligeant un nouveau camouflet à l'Elysée qui prétendait hier qu'elles étaient stoppées.

De même, au moment où vous tentiez d'éteindre l'incendie agricole en tenant un discours assis sur une botte de foin, un consultant en communication avait dû vous suggérer que cela ferait bien, les députés européens Renaissance, après avoir déjà approuvé la nouvelle PAC et ses achères, votaient en faveur de l'accord de libre-échange avec le Chili, après ce, avec la Nouvelle-Zélande, avec le Kenya, avec le Vietnam. Enfin, vous avez préféré, et ça vous fait rire, donner des gages au gouvernement allemand, plutôt que de baisser le tarif de l'électricité en sortant du marché européen, comme ont su le faire l'Espagne et le Portugal.

Alors, pour faire oublier vos doubles discours successifs, vous êtes condamnés à multiplier les effets d'annonce. Vous nous avez livré, cet après-midi, un concours, un catalogue de mesurettes. Avant-hier, l'éducation était au-dessus de tout. Hier, c'était l'agriculture. Aujourd'hui, c'est le travail. En définitif, vous me faites penser à ces jongleurs d'assiettes qui, dans les cirques, sont obligés d'en ajouter toujours plus pour tenir en haleine le spectateur, jusqu'au jour où, patatras, elles se brisent toutes.

Ce moment est proche, car les Français ne se portent plus les fausses promesses, les injonctions contradictoires, le manque de sérieux et de maturité dans la conduite de l'État, la disparition de la souveraineté populaire. Sans majorité dans cet hémicycle, vous serez obligés, comme votre prédécesseur, de multiplier jusqu'à plus soif les 49-3. Et plus tôt, une motion de censure nous libérera de cette mauvaise pièce de théâtre pour, avec de nouvelles élections législatives, permettre au peuple d'arbitrer. Et plus vite, la souffrance des Français, la nôtre et la vôtre, M. le Premier ministre, seront abrégées. Je vous remercie. Merci.