Compte rendu du Conseil des ministres du 11 août 2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 16:00OuverteRéponse directe
Concernant le pass sanitaire, vous avez demandé le rétablissement du masque en intérieur. Des médecins préconisent que les vaccinés gardent le masque à cause du variant Delta. Confirmez-vous ?
- 17:00OuverteRéponse directe
Vous dites atteindre un plateau. Êtes-vous rassuré par la vaccination ou inquiet pour la situation sanitaire ?
- 19:00OuverteRéponse directe
La situation hospitalière se dégrade en Corse. Faut-il craindre des mesures strictes dans les semaines à venir ?
- 21:00OuverteRéponse directe
Le pass sanitaire garantit-il de ne pas fermer les établissements ?
- 23:00OuverteRéponse directe
Sur les tests payants à partir de mi-octobre : n'avez-vous pas peur de perdre de vue les contaminés ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Un nouveau confinement est-il possible ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 22 500 nouvelles contaminations détectées en moyenne chaque jour. »
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« En une semaine, le nombre de patients hospitalisés a augmenté de 15 % et dépassé les 9 200. »
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« Le nombre de personnes admises en réanimation a augmenté de près de 30 % en sept jours. »
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« Plus de 1 700 patients sont hospitalisés aujourd'hui en soins critiques du fait de la Covid 19. »
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« 4 millions d'injections sont réalisées chaque semaine. »
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« Hier encore, un 10 août, ce sont 600 000 Français qui ont reçu une injection, dont la moitié une première dose. »
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« Nous avons passé le cap des 45 millions de Français ayant reçu une première injection. »
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« Huit majeurs sur dix et même neuf personnes de plus de 65 ans sur dix qui commencent à être protégées grâce au vaccin. »
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« Seuls un quart des Martiniquais et des Guadeloupéens ont reçu une dose de vaccin. »
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« Le taux d'incidence atteint des records, près de 1 200 en Martinique, près de 1 900 en Guadeloupe. »
- 11:00locuteur_inconnuChiffre
« Un habitant de Guadeloupe sur 50 est atteint du Covid. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mesdames, Messieurs, bonjour à toutes et à tous. Un conseil de défense et de sécurité nationale consacré à l'épidémie de [INAUDIBLE] Conseil des ministres se sont tenus ce matin en vidéoconférence. Ils ont été dominés, vous l'imaginez, par la situation sanitaire.
Mais avant cela, avant de parler de la crise, [INAUDIBLE] dès lundi au père Olivier Maire. Face à ce drame, nous avons une pensée toute particulière pour nos compatriotes catholiques. Une pensée pour eux mais ce sont tous les Français qui aujourd'hui portent le deuil.
S'en être pris à lui, c'est s'en être pris à nous tous et c'est quand elle fait bloc que la France est grande. Mesdames, Messieurs, les deux conseils de ce matin, je vous le disais à l'instant, ont été l'occasion de revenir longuement sur la situation sanitaire. Après des semaines de hausse exponentielle, le nombre de contaminations est désormais sur un faux plat légèrement ascendant.
Il s'agit d'un plateau très haut avec 22 500 nouvelles contaminations détectées en moyenne chaque jour. Un plateau haut surtout qui ne semble pour l'instant pas s'infléchir. Il n'y a pour l'instant aucune décrue de l'épidémie, au contraire à l'hôpital la situation s'aggrave.
En une semaine, le nombre de patients hospitalisés a augmenté de 15 % et dépassé les 9 200. Le nombre de personnes admises en réanimation a augmenté de près de 30 % en sept jours, une dynamique extrêmement rapide, et près de 170 nouveaux patients rentrent en réanimation chaque jour. Au total, plus de 1 700 patients sont hospitalisés aujourd'hui en soins critiques du fait de la Covid 19.
Cette augmentation vive commence à avoir des conséquences sérieuses. [INAUDIBLE] établissements sont d'ores et contraints de se réorganiser. Dans certaines régions, la situation hospitalière est particulièrement inquiétante, dans le sud du pays, en PACA, en Occitanie et, depuis hier, nous avons dû déclencher [INAUDIBLE] pour faire face à l'hôpital.
En PACA, en Occitanie ou en Corse, le taux d'incidence dépasse même [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] sanitaires ont repris, notamment depuis la Corse et l'Occitanie. La situation en France métropolitaine reste donc extrêmement tendue mais nous avons encore des motifs d'espoir. Le premier, c'est évidemment la vaccination.
Alors que la plupart de nos voisins connaissent un essoufflement de leur campagne de vaccination, ce n'est pas le cas de notre pays. 4 millions d'injections sont réalisées chaque semaine. Hier encore, un 10 août, ce sont 600 000 Français qui ont reçu une injection, dont la moitié une première dose.
Compte tenu de l'été, des vacances, c'est un exploit. C'est le fruit du travail extraordinaire des soignants, des bénévoles, des élus locaux qui se mobilisent pour la campagne de vaccination. C'est aussi le signe de la détermination des Français à se faire vacciner.
Nous avons passé le cap des 45 millions de Français ayant reçu une première injection, huit majeurs sur dix et même neuf personnes de plus de 65 ans sur dix qui commencent à être protégées grâce au vaccin. Cette vaste majorité est silencieuse mais elle a fait le choix de la responsabilité, le choix de la solidarité, le choix de la protection. Elle a fait le choix d'aider les soignants, d'aider notre hôpital et d'empêcher notre pays de se refermer à nouveau.
Elle ne cédera pas un iota à l'intimidation, aux attaques, aux insultes de certains. Avec le vaccin, nous disposons depuis lundi d'un autre outil pleinement opérationnel : le pass sanitaire. Depuis lundi, il est pleinement opérationnel et s'applique ainsi également dans les bars et dans les restaurants.
Ce pass, c'est la vie qui continue. C'est ce qui permet aux commerces, aux restaurants, aux cinémas de rester ouverts. C'est ce qui évite aujourd'hui un confinement dans beaucoup de territoires.
Bien sûr, nous préférerions ne pas avoir recours au pass. Bien sûr, nous préférerions n'avoir aucune contrainte, aucune restriction mais c'est parce que nous préférerions ne pas avoir de virus. Depuis le début nous sommes clairs.
Nous devons vivre avec le virus, vivre malgré le virus et le pass sanitaire c'est aujourd'hui la meilleure assurance ouverture pour notre société. C'est le meilleur équilibre entre protection de la santé et protection des libertés. Le Conseil constitutionnel l'a lui-même confirmé.
Bien sûr, ce pass provoque encore des interrogations. La semaine qui a commencé est résolument une semaine de rodage, une semaine d'explications bien plus que de sanctions, où il s'agira d'accompagner chacun. Mais, que les choses soient très claires, accompagnement et pédagogie ne veulent en aucun cas dire application à la carte.
Le pass sera appliqué partout où il doit l'être. Nous serons fermes sur ce point et des contrôles auront lieu. J'entends aussi, et j'étais moi-même hier avec des restaurateurs à Nice, les craintes de certains sur le maintien de l'activité et sur les aides qui sont apportées.
Je veux les rassurer ici et leur dire dans les yeux : nous ne laisserons personne sur le côté. À la fin du mois d'août, cela a déjà été annoncé, nous tirerons un bilan et, si nous observons un impact sur le chiffre d'affaires, évidemment que nous prolongerons et adapterons les aides en conséquence. Le président de la République a rappelé très fortement ce point ce matin en Conseil de défense et en Conseil des ministres.
Mais je veux le dire aussi, au-delà des craintes, ce qui me frappe dans mes échanges, dans nos échanges avec les professionnels, c'est l'esprit de responsabilité. Chacun comprend la nécessité du pass sanitaire. Chacun a envie de prendre sa part dans le combat contre le virus.
Nous devons donc monter notre vigilance d'un cran encore, ne laisser aucune brèche au virus. Lors du Conseil de défense de ce matin, nous avons donc pris une série de décisions supplémentaires pour freiner des quatre fers l'épidémie. D'abord, nous allons continuer à sécuriser nos frontières pour bloquer au maximum l'accès du virus à notre pays.
Nos contrôles aux frontières, vous le savez, sont déjà particulièrement fermes et particulièrement durs. Ils seront désormais plus drastiques encore. Le président de la République l'a demandé, 100 % des voyageurs en provenance des pays à risques, par les airs comme par la mer, seront désormais contrôlés par test antigénique.
Ensuite, nous savons désormais bien que le virus circule dans les zones de brassage. C'est pourquoi il a été décidé ce matin en Conseil de défense, de demander à tous les préfets des départements où le taux d'incidence dépasse les 200 pour 100 000 habitants, d'appliquer le pass sanitaire dans les grands centres commerciaux, c'est-à-dire les centres commerciaux d'une superficie de plus de 20 000 mètres carrés. Nous demandons également aux préfets de ces territoires de rétablir l'obligation du port du masque en intérieur, dans les établissements recevant du public soumis au pass sanitaire.
Bien sûr nous allons aider, nous allons accompagner et nous ferons en sorte que des offres de vaccination, des offres de tests soient disponibles à immédiate proximité des centres commerciaux et des lieux les plus fréquentés. Le président de la République l'a aussi demandé et rappelé ce matin, la vaccination doit être au coin de chaque rue. Il ne peut y avoir aucun laissé pour compte du vaccin.
Ces opérations devraient avoir lieu dès la pré-rentrée. Elles s'inscrivent dans notre ligne, dans notre stratégie " d'aller vers ", vous le savez, qui nous amène à mobiliser les collectivités locales, des associations, les pompiers, la protection civile, pour aller vacciner partout sur le territoire, toucher tous les publics. Et le président de la République a donc demandé une nouvelle étape dans cette mobilisation " d'aller vers " dès la pré-rentrée, notamment en mobilisant les centres commerciaux, tout cela pour poursuivre notre stratégie de vaccination de masse qui vise à toucher tout le monde et rendre la vaccination accessible à tous.
C'est aussi cette stratégie qui nous conduira, dès la rentrée, à mettre en place des barnums de vaccination à proximité des établissements scolaires, afin de donner accès à la vaccination à tous les élèves de plus de 12 ans. Et je veux saluer ici les très forts progrès qui ont été menés ces dernières semaines en matière de vaccination des mineurs. Je crois qu'en première injection, nous sommes aujourd'hui autour de 47 %.
J'étais moi-même hier à Nice dans un centre de vaccination dont une partie est dédiée à l'accueil des mineurs. Il y a une remarquable mobilisation de l'ensemble de la chaîne de la campagne de vaccination mais aussi des mineurs et de leurs familles autour de la vaccination. Par ailleurs alors que la vaccination devient, je le disais il y a un instant, désormais la norme, qu'une très vaste majorité de la population est vaccinée et que le vaccin sera accessible partout, nous avons décidé ce matin d'acter la fin de la gratuité des tests hors prescription médicale.
Elle devrait entrer en vigueur à la mi-octobre. C'est conforme à l'annonce qu'avait faite le président de la République dans son allocution du 12 juillet. C'est aussi conforme au choix que font un certain nombre de nos voisins européens en ce moment.
Je veux rappeler sur ce point que les tests ne protègent pas. Les tests à répétition n'empêchent pas d'aller à l'hôpital et de contaminer fortement. D'ici mi-octobre, chacun aura eu le temps de s'organiser et de prendre ses responsabilités.
Nous prenons également les nôtres. Enfin notre cap reste clair, résolu : protéger totalement, protéger résolument. Le président de la République a donc décidé la mise en place d'une campagne de rappel de vaccination [INAUDIBLE] à risque.
La liste des populations concernées sera établie par la Haute Autorité de Santé. Il a été décidé ce matin que les rendez-vous ouvriront dès la fin du mois d'août, début du mois de septembre, pour une campagne de rappel qui débutera à la mi-septembre. Mesdames et Messieurs, la situation Outre-mer a été au coeur de nos échanges ce matin.
Aux Antilles, la situation est d'une exceptionnelle gravité. Elle nous montre durement toute la violence de l'épidémie sans une vaccination à la hauteur. La situation aux Antilles est critique.
Le taux d'incidence atteint des records, près de 1 200 en Martinique, près de 1 900 en Guadeloupe. Jamais sur le territoire français nous n'avions atteint de tels niveaux d'incidence. Un tel niveau d'incidence signifie par exemple qu'un habitant de Guadeloupe sur 50 est atteint du Covid.
C'est colossal. Avec une telle vague de contamination, la situation hospitalière est également extrêmement préoccupante. Il y a en Martinique deux fois plus de patients hospitalisés qu'au plus fort de la crise sur les 18 derniers mois et les services de réanimation des deux départements sont aujourd'hui à saturation.
Face à cette situation, plusieurs mesures ont été prises. Un confinement strict, d'abord, a été instauré pour stopper au plus vite la circulation du virus. En Martinique, le préfet a ainsi pris hier un arrêté qui ferme les restaurants, les bars, l'accès aux plages, certains commerces et allonge le couvre-feu.
Ce sont des mesures fortes mais nécessaires. Il fallait tirer le frein d'urgence et le tirer fort. Lors du Conseil de défense de ce matin, nous avons décidé d'étendre ces mesures à la Guadeloupe.
C'est une nécessité vitale. Par ailleurs, en Outre-mer la solidarité joue tout son rôle. Le Service de santé des armées est déployé depuis plusieurs jours maintenant pour augmenter les capacités de réanimation des Antilles.
Olivier Véran a lancé un appel aux soignants pour se porter volontaires et venir aider la Guadeloupe et la Martinique. 230 soignants ont répondu à l'appel et sont partis hier soir. Ils vont permettre de pousser les murs de nos hôpitaux et d'aider à surmonter cette situation gravissime.
Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, est sur place depuis hier. Il sera rejoint dès demain par le ministre des Solidarités et de la Santé. La situation antillaise nous le rappelle, le vaccin est notre meilleure chance de reprendre le contrôle sur l'épidémie.
Seuls un quart des Martiniquais et des Guadeloupéens ont reçu une dose de vaccin. C'est beaucoup trop peu pour endiguer l'épidémie, pour empêcher les cas graves et pour empêcher la saturation de l'hôpital. Si la situation est si grave aux Antilles alors que nous tenons en métropole, c'est parce que la vaccination y est bien trop faible.
Alors, solennellement, je lance un appel : vaccinez-vous. C'est la seule chance d'éviter une catastrophe sanitaire dans ces îles. Si nous agissons particulièrement pour les Antilles, notre vigilance est évidemment totale dans tous les territoires ultramarins.
Je pense en particulier à la Guyane et à la Réunion. Je pense enfin, bien sûr, à la Polynésie française. La situation y est là aussi extrêmement préoccupante, avec un taux d'incidence supérieur à 1000 et un peu moins de 30 % de la population vaccinée seulement.
Nous devons nous donner les moyens d'agir, de freiner fortement l'épidémie. C'est pourquoi le Conseil des ministres de ce matin a adopté un décret déclarant l'état d'urgence sanitaire en Polynésie. L'état d'urgence sanitaire y entrera en vigueur à partir de minuit le 12 août et permettra de prendre les mesures adaptées pour freiner l'épidémie.
Voilà, Mesdames, Messieurs, ce que je pouvais vous dire du Conseil de défense et du Conseil des ministres qui se sont tenus ce matin et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions. Monsieur Attal, bonjour, Olivier Castel pour France Bleu RCFM. Concernant le pass sanitaire, vous avez demandé le rétablissement du masque en intérieur, y compris dans les établissements concernés par le pass sanitaire.
Aujourd'hui, il y a des médecins qui préconisent que les vaccinés eux-mêmes gardent ce masque parce que la charge virale du variant Delta est mille fois supérieure, qu'on soit une personne vaccinée ou non vaccinée. Est-ce que vous confirmez ? Ce que je vous confirme c'est qu'il y a plusieurs semaines, conformément aux recommandations des autorités sanitaires, nous avions pris une mesure qui permettait, donnait la possibilité de lever l'obligation du port du masque en intérieur dans les lieux soumis au pass sanitaire et que, au regard de la situation épidémique, nous avons décidé ce matin que, dans les départements où le taux d'incidence est supérieur à 200, les préfets devront rétablir l'obligation du port du masque pour tout le monde en intérieur, dans les lieux soumis au pass sanitaire.
Ça me semble donc répondre à la préoccupation que vous évoquiez. Uniquement en intérieur et pas dans des concerts, en extérieur comme on le voit en ce moment ? C'est pour les lieux soumis au pass sanitaire.
Mais uniquement en intérieur... - Oui. ...jamais en extérieur ?
Vous l'avez dit, on atteint un plateau. Est-ce que vous êtes plutôt rassuré par la situation sanitaire actuelle, par la hausse de la vaccination ou est-ce que vous êtes quand même inquiet ? Je le disais à l'instant, il y a des motifs d'espoir et notamment la hausse très forte de la vaccination.
Encore une fois, 45 millions de personnes ayant reçu une première dose, c'est un chiffre extrêmement élevé et ça continue à progresser très fortement puisque, je le disais, hier encore nous avons eu 600 000 injections dont une moitié de premières doses. Et je rappelle notre objectif qui a été rehaussé, qui est d'avoir 50 millions de personnes primo vaccinées à la fin du mois d'août. Il faut voir d'où l'on vient.
Au départ, cet objectif était de 40 millions à la fin du mois d'août. Nous l'avons atteint plus d'un mois en avance et nous l'avons rehaussé à 50 millions. Donc c'est un motif d'espoir puisque ce que nous observons c'est que, grâce à la vaccination, il y a moins de formes graves qui nécessitent une hospitalisation.
Si nous n'avions pas la vaccination, quand on voit aujourd'hui le taux d'incidence dans un certain nombre de territoires que j'ai cités tout à l'heure, nous aurions des hôpitaux totalement débordés. Il y a une situation qui est très difficile à l'hôpital, qui continue de se dégrader mais, grâce à la vaccination, il y a moins de cas graves qu'il y en aurait si nous étions vaccinés. Et, encore une fois, une manière de le voir c'est malheureusement de regarder la situation aux Antilles où le taux de vaccination est très faible et où nous avons malheureusement un hôpital qui est quasi saturé, où nous déployons des moyens supplémentaires.
Donc il y a ce motif d'espoir de la vaccination mais la situation épidémique n'est pas rassurante aujourd'hui, pour répondre à votre question. Il y a un niveau de circulation du virus qui est élevé. Il y a, je le disais à l'instant, 22 500 détections de cas positifs par jour en moyenne sur les sept derniers jours.
Il y a eu une hausse exponentielle pendant plusieurs semaines. Nous sommes aujourd'hui sur une forme de plateau mais c'est un plateau ascendant. Ça continue légèrement de progresser, de monter.
En tout cas, il n'y a pas de décrue en vue aujourd'hui en termes d'incidence et de contamination. Cela veut donc dire qu'il faut continuer à faire très attention avec les gestes barrières, continuer à se vacciner et continuer à prendre des mesures là où c'est nécessaire, c'est ce que je viens de vous annoncer. Vous avez annoncé également l'obligation du pass sanitaire dans les grands centres commerciaux au-delà d'un certain taux d'incidence.
Ça veut dire que vous allez demander au préfet de Corse de mettre en place ce pass sanitaire en Corse ? Oui, ce que j'ai dit c'est ce que nous avons décidé ce matin en Conseil de défense, c'est de demander aux préfets des départements où le taux d'incidence est supérieur à 200 pour 100 000 habitants, de mettre en place le pass sanitaire dans les grands centres commerciaux, c'est-à-dire ceux de plus de 20 000 mètres carrés. Ensuite, chaque préfet communiquera sur la liste des centres commerciaux concernés mais en tout cas c'est la décision qui a été actée ce matin en Conseil de défense et de sécurité nationale. [INAUDIBLE] pour France 3 Corse.
Vous l'aviez évoqué, la situation hospitalière qui se dégrade un peu partout, dans plusieurs régions notamment ici en Corse. Les hôpitaux sont débordés. Est-ce qu'il faut craindre, même si ce n'est pas du tout la même situation, vous l'avez dit, le taux de vaccination en Outre-mer est très faible, ici les gens continuent à se vacciner mais est-ce qu'il faut craindre des mesures aussi strictes dans les semaines à venir ?
J'ai longuement échangé ce matin avec le préfet de Corse. Nous avons fait un point sur la situation sanitaire ici. Ce que nous constatons, c'est un taux d'incidence qui est très élevé, qui commence à être légèrement descendant s'agissant de la Haute-Corse, autour de 620 d'incidence pour 100 000 habitants, qui reste montant dans ce département aussi autour de 620 cas pour 100 000 habitants, avec une situation hospitalière qui est tendue.
Je le disais tout à l'heure, le plan blanc déclenché, des évacuations sanitaires engagées mais, nous avons eu un échange ce matin avec le préfet, il n'y a pas lieu aujourd'hui, au regard de la situation épidémique, de prendre des mesures supplémentaires. Maintenant nous faisons le point régulièrement. Je rappelle que des mesures s'appliquent par ailleurs, notamment la fermeture des établissements recevant du public à une heure du matin, la limitation des événements festifs, la limitation des rassemblements sur la voie publique et l'obligation du port du masque dans un certain nombre de lieux.
Ce sont les mesures qui ont été progressivement décidées. Aujourd'hui, il n'est pas prévu de prendre des mesures supplémentaires. Le pass sanitaire, qu'on comprenne bien, c'est la garantie de ne pas fermer les établissements quels qu'ils soient ?
Je le disais à l'instant, si nous n'avions pas la vaccination, si nous n'avions pas le pass sanitaire, nous serions contraints de refermer des lieux du fait de la circulation du virus aujourd'hui. Et donc, je le dis, le pass sanitaire c'est une forme d'assurance ouverture puisque cela permet de maintenir des lieux ouverts parce que nous savons que les personnes qui y pénètrent sont soit vaccinées soit ont fait un test négatif. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas être contaminé quand on est vacciné.
Ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas y avoir une contamination, il faut donc continuer à faire attention, c'est pour ça qu'il y a des protocoles sanitaires, mais en tout cas, ça permet de freiner, de limiter la circulation du virus. C'est aussi la vaccination et sa progression exceptionnelle depuis l'allocution du président de la République du 12 juillet qui nous permet aujourd'hui de maintenir tous ces lieux essentiels au lien social ouverts, essentiels aussi à l'activité économique pour des gérants, pour des salariés qui ont envie de pouvoir continuer à travailler. Justement, sur cette activité économique, vous avez dit avoir rencontré des restaurateurs [INAUDIBLE] pratiques par rapport à une perte éventuelle d'activité.
Il y a d'autres secteurs d'activités qui craignent cette perte. Est-ce que le gouvernement a prévu de maintenir les aides, au moins pendant un certain temps ? D'abord, il faut rappeler que la France est probablement l'un des pays où l'accompagnement en direction des acteurs économiques a été le plus puissant, le plus fort, avec le " Quoi qu'il en coûte " qui avait été décidé par le président de la République, avec le chômage partiel, avec le Fonds de solidarité, avec les prêts garantis par l'État, avec les exonérations et les reports de charges.
Tout cela a permis à des secteurs d'activité entiers, à des pans entiers de notre économie de tenir, à des millions de Français de pouvoir conserver leur emploi, leurs compétences et de pouvoir aujourd'hui se remettre à travailler quand les lieux dans lesquels ils travaillaient avaient été fermés. Nous avons eu cette politique du " Quoi qu'il en coûte " et, il y a plusieurs semaines, le président de la République avait indiqué que nous passions du " Quoi qu'il en coûte " au " Quoi qu'il arrive ". Nous sommes dans une situation où le virus circule à nouveau, où dans certains endroits nous devons prendre des décisions, où nous mettons en place un pass sanitaire.
Cela pourrait avoir un impact dans certains secteurs sur l'activité économique et, ce qu'a demandé le président de la République ce matin très fortement, c'est qu'un point soit fait à la fin du mois avec Bruno Le Maire, avec les secteurs concernés, sous l'autorité du Premier ministre, pour que des mesures soient prises dès lors que nous constaterions un impact sur l'activité et sur le chiffre d'affaires des secteurs économiques concernés. Évidemment, nous continuerons à répondre présents comme nous l'avons fait depuis le début. Gabriel Attal, une question sur les tests qui seront payants à partir de la mi-octobre aussi pour la France, c'est déjà le cas en Allemagne et ce sera aussi le cas pour la France à l'automne, est-ce que vous n'avez pas peur de perdre de vue les contaminés tout simplement qui ne voudraient pas débourser un seul centime pour se faire tester ?
Certes ce sera sur prescription médicale mais est-ce qu'au final le but n'est pas d'éviter quand même les clusters et la transmission tout simplement ? Évidemment, et le meilleur moyen c'est de se vacciner. C'est pour cela que nous incitons très fortement à la vaccination et la vaccination progresse beaucoup et cela peut nous donner confiance pour l'avenir.
Maintenant, je le disais à l'instant, un test ne protège pas. Un test n'est pas un vaccin de substitution. Multiplier les tests tous les jours ou toutes les semaines ne remplace pas le fait de se vacciner.
Et, à un moment donné, vous avez indiqué vous-même que c'était le cas chez un certain nombre de nos voisins, il faut prendre la décision de rendre les tests payants, évidemment en dehors des prescriptions médicales qui permettront de garantir que, pour des raisons sanitaires impérieuses, les tests pourront continuer à être pris en charge par la Sécurité sociale. Quel sera le coût des tests ? Je ne peux pas vous l'indiquer aujourd'hui.
L'éventualité d'un nouveau confinement tel que celui qu'on a vécu en octobre dernier voire en mars 2020 est-elle possible ? Ce n'est pas du tout l'esprit, je le disais à l'instant, des mesures que nous prenons avec la vaccination mais aussi le pass sanitaire. C'est bien de garder une vie la plus normale possible.
Évidemment que ce sont des contraintes. Ce sont des contraintes pour les restaurateurs, ce sont des contraintes pour les gestionnaires d'établissements qui doivent appliquer le pass sanitaire. Mais c'est ce qui nous permet de les maintenir ouverts et, grâce à la vaccination, encore une fois aujourd'hui nous avons des corrélations entre l'incidence, le nombre de contaminations et le nombre de cas graves.
Vous connaissez la mécanique de ce virus depuis un an et demi. Il y avait d'abord la hausse des contaminations et puis ensuite mécaniquement, une forme de mécanique, deux semaines plus tard une hausse très forte, parallèle, des cas graves à l'hôpital. Et ce que nous constatons c'est que, grâce à la vaccination, ce qui se passe à l'hôpital c'est que la hausse des cas graves progresse moins fortement et moins vite que celle des contaminations.
En gros, grâce au vaccin, nous pouvons faire dérailler la mécanique de ce virus. C'est pour ça que c'est important de continuer à se vacciner très largement parce que c'est précisément ce qui nous protège de devoir reprendre des mesures très difficiles comme celle que vous avez évoquée du confinement. Une autre question qui concerne les territoires insulaires.
Tous les touristes qui vont devoir désormais faire des tests ou présenter un pass sanitaire pour rejoindre le continent, s'ils s'avèrent positifs, s'ils sont dans l'incapacité de prendre l'avion et qu'ils ne veulent pas faire de test, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce qu'ils vont devoir présenter obligatoirement un test pour pouvoir rentrer ? Je ne suis pas sûr d'avoir totalement compris la question.
En tout cas, il me semble qu'il y a déjà aujourd'hui un dispositif de pass qui s'applique pour venir en Corse donc pour moi la question ne se pose pas. S'ils sont positifs et qu'ils ne peuvent pas monter, ils vont bien devoir rester sur le territoire. Mais je pense que les règles sont déjà prévues aujourd'hui.
Le préfet qui est là pourra vous répondre mais il y a déjà des règles qui sont prévues puisque le dispositif existe déjà précisément pour la Corse aujourd'hui, donc je laisserai le préfet vous répondre juste après. Une dernière question. Pour les passagers venant de l'étranger, vous avez parlé de systématiser les tests antigéniques à l'arrivée.
Pour les cas positifs, quelles seront les mesures préconisées ? Un isolement ? Oui, évidemment.
Vous savez qu'on a mis en place un régime d'isolement. C'est ce qu'a demandé le président de la République ce matin. On a déjà, je le redis, une politique de contrôle extrêmement stricte et extrêmement ferme à nos frontières.
On a pris très tôt des mesures, on les a enrichies progressivement, vous le savez, avec une classification de pays : les pays rouges, les pays orange, les pays verts, avec à chaque fois des mesures différentes. Évidemment pour les pays rouges les plus à risque, des mesures de quarantaine obligatoire contrôlées par la police, verbalisées à hauteur de 1 000 euros si elles ne sont pas respectées par les passagers qui rejoignent notre pays. Nous rehaussons donc notre niveau de contrôles aux frontières puisque désormais tous les voyageurs venant des pays à risque devront être testés de manière systématique avec un test antigénique.
Et, je le disais, qu'il s'agisse des airs ou de la mer, et je pense notamment aux ferries qui accostent dans le sud de la France, qui viennent de pays du Maghreb où vous savez que la situation sanitaire est extrêmement tendue, il y aura donc ces politiques de tests antigéniques systématiques. Une dernière question sur la tension hospitalière. Quelles sont les zones les plus touchées ?
Et, a contrario, quelles zones peuvent accueillir des patients s'il y a déjà beaucoup d'évacuations sanitaires ? C'est le cas de la Corse. Je vous le disais à l'instant, la situation hospitalière est particulièrement tendue dans plusieurs régions pour lesquelles nous avons activé le plan blanc.
C'est notamment le cas de la région PACA, de la région Sud, de la région Corse, de la région Occitanie et, depuis hier, de la région Nouvelle-Aquitaine. Nous constatons une augmentation des admissions à l'hôpital et en réanimation partout en France, mais ce sont ces régions qui sont les plus concernées et, pour certaines d'entre elles, nous avons dû procéder à des évacuations sanitaires. Merci beaucoup.
Emmanuel Macron