Macron : l'heure « des sacrifices » #cdanslair Archives 2022
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Ce matin, les mines étaient sombres et le ton était grave. En introduction du premier conseil des ministres, le président a annoncé la couleur, la fin de l'abondance, de l'insouciance. L'heure est selon lui au sacrifice et au grand basculement après un été marqué par les catastrophes climatiques.
Il semble bien loin donc le temps des jours heureux en cette rentrée politique avec un gouvernement qui doit résoudre une équation presque impossible, accompagner les hausses de prix de l'énergie, faire accepter la sobriété aux Français, freiner l'inflation sans plomber la croissance avec en prime une menace de récession qui plane sur la zone euro, le tout sans majorité à l'Assemblée nationale. Et ce titre Macron, l'heure des sacrifices. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, vous êtes également conseiller de la rédaction de Franc-Tireur. Yves Treyer, vous êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro.
Sylvie Mattelli, vous êtes économiste, directrice adjointe de l'Institut de relations internationales et stratégiques. Je rappelle votre livre, Géopolitique de l'économie, aux éditions Erol. Enfin, Mathieu Plannes, vous êtes économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C dans l'air en direct. On va quand même s'arrêter sur ces mots, sur cette mine assez grave du chef de l'État, Christophe Barbier, pour ce tout premier conseil des ministres de la rentrée, inhabituellement grave.
Oui, inhabituellement grave et une rentrée politique qui passe directement du ciel bleu et de la canicule à un automne qui s'annonce quand même orageux, tempétueux, inquiétant. Ce sont de sombres nuages à l'horizon que nous dépeint le président de la République puisqu'il annonce le pire en espérant peut-être que le pire n'adviendra pas, mais il veut visiblement préparer les esprits des Français. Est-ce que c'est du sang de la sueur et des larmes à la mode Churchill ?
Pas tout à fait, mais c'est déjà des sacrifices, le mot est employé, et puis surtout, c'est tourner une page, un changement majeur, il le dit lui-même, ce n'est pas un accident, ce n'est pas une petite crise dans une normalité qui va revenir, c'est une page qui se tourne, la page de l'abondance et de l'insouciance. Adieu les jours heureux. Les jours heureux, c'était une expression du président de la République pendant l'épidémie. Les jours heureux reviendront, ils ne sont pas vraiment revenus. En tout cas, s'ils sont revenus, ils sont déjà en train de partir. Voilà ce que nous dit le président. Alors, on peut le lire de deux manières.
Secouer les Français en cette rentrée pour leur dire, attention, regarder comment ça se passe ailleurs, regarder les événements géopolitiques, ça va être difficile. Soyez raisonnables, soyez prêts. L'autre manière de penser, c'est de préparer les Français à des réformes difficiles, compliquées, qu'il veut faire parce qu'il les a promises dans sa campagne présidentielle, et en leur annonçant des difficultés économiques, les amener à accepter des sacrifices sociaux. Si c'est ça, la manœuvre sera vite déjouée par les oppositions et elle se retournera contre le président.
Avec Yves Traer, un mot qui a pas mal heurté l'opposition, les oppositions de gauche, c'est le mot « abondance ». On a entendu des réactions cet après-midi en disant que l'abondance, ce n'était déjà pas pour une catégorie des Français.
Oui, alors effectivement, l'abondance, on se demande pour qui ? Parce que c'était quand même, depuis pas mal de temps, des efforts qui sont à demander aux Français. On sait très bien que la période de croissance, elle est derrière nous. Je ne comprends pas très bien la tactique du président de la République. La tactique du président de la République, soit c'est pour se prémunir d'une crise sociale. Moi, je pense qu'il redoute par-dessus tout une crise sociale, une espèce de tsunami comme il y a eu les gilets jaunes il y a quelque temps, dont on n'est jamais vraiment sorti. Et ça, je crois que c'est vraiment la hantise du président.
Alors, est-ce qu'il veut se protéger contre ça en disant « je vous avais prévenu, je vous avais prévenu que les temps seraient difficiles » ? Alors qu'il disait tout le contraire aux voeux, j'ai repris les voeux qu'il a donnés le 31 décembre dernier, où il disait « la crise est derrière nous, je suis très confiant pour l'avenir et pour les années qui viennent ». Donc, c'est un changement radical de discours. Et je suis assez étonné de voir que d'ailleurs, il n'y a pas une uniformité de ton au gouvernement.
Le président de la République, qui a un discours très pessimiste, très noir, je dirais, et un ministre de l'économie que vous venez d'interviewer, qui lui est quand même beaucoup moins sombre et qui dit, qui continue à dire, et c'est là aussi la difficulté du président de la République de concilier fin du mois et fin du monde, le ministre de l'économie qui dit « on va vous aider, on vous aide ». Ça veut dire qu'on vous aide, ça veut dire que vous allez continuer à consommer, que vous allez consommer notamment des produits polluants, alors que le président de la République, lui, nous annonce qu'on va être obligé de changer complètement le cadre de vie et de mode de vie.
C'est vrai que quand il parle de grand basculement, et il fait le lien naturellement avec cet été chargé en accidents climatiques, en catastrophes climatiques liées au réchauffement climatique, là on se dit qu'il a l'ambition, en tout cas c'est comme ça qu'il le défend en ce premier Conseil des ministres, de changer de modèle économique. Peut-être avec vous, Sylvie Matély.
En fait, je pense qu'aujourd'hui, il y a une prise de conscience du gouvernement qui… Enfin, il y a aujourd'hui… Non, ça date déjà, mais si vous voulez, on est face à deux Frances. Et parfois, la complexité de la chose, c'est qu'un même citoyen représente ces deux Frances. Une France qui s'inquiète du changement climatique, et qui dit « il faut absolument accélérer la transition énergétique, il faut avancer dans la lutte contre le changement climatique, parce qu'on va dans le mur, et à la fin de l'été, cette France, elle est regonflée à bloc.
» Et puis une France qui voit l'inflation arriver, qui voit son pouvoir d'achat grévé, et qui dit « oh là là, il faut nous soutenir, nous donner du pouvoir d'achat, parce qu'on va avoir des difficultés. » Ça, c'est la France qui, là aussi, au moment de la rentrée, voit le panier de course qui coûte plus cher, et se pose des questions. Et au fond, je crois qu'entre M. Le Maire et Emmanuel Macron, il ne parle pas tout à fait à la même France. Il y en a un qui a choisi d'accélérer sur la transition énergétique, et qui prépare à ce grand basculement.
Et quand il parle d'abondance, il ne parle pas forcément d'une abondance de ressources, mais d'un accès très facile à l'eau, à l'énergie, aux voyages, aux vacances, etc. Et cette France-là, qui avait accès à cette consommation, qui va devoir changer de mode de vie, il y a un clin d'œil évident à cette France aisée, en fait, qui est largement critiquée par les Gilets jaunes, et puis tous ces gens qui, eux, ont du mal à boucler leur fin de mois. Alors que Bruno Le Maire essaye peut-être de rassurer ce qu'on appellerait la France d'en bas, ou ces gens qui ont du mal à boucler leur fin de mois, en leur disant « ne vous inquiétez pas, on est là, on va vous aider. » Mathieu Plannes ?
Oui, moi je pense qu'il y a aussi un constat de réalité, qui est assez évident. C'est-à-dire que, effectivement, pendant les voeux, il y avait plus d'optimisme, il n'y avait pas la guerre en Ukraine, il n'y a pas l'hiver qui nous attend, avec les difficultés d'approvisionnement, pas les problématiques avec la Chine et la stratégie zéro-Covid, il n'y a pas la remontée des taux d'intérêt, il n'y a pas les politiques budgétaires qui peuvent être plus restrictives. Donc le climat a changé très vite, pas le climat environnemental, mais le climat économique en l'espace de quelques mois. Et donc l'abondance, c'est l'abondance, effectivement, en énergie.
Il faut peut-être se préparer à avoir des ressources en énergie qui sont limitées, et ça serait une première. L'abondance sur les liquidités, ça veut dire que le coût de l'endettement va augmenter. Donc effectivement, on n'a pas les mêmes stratégies économiques face à ça. C'est-à-dire qu'il faut aussi accélérer là-dessus, sur la transition énergétique. Peut-être qu'il faut aussi, la question budgétaire va revenir parce qu'on a moins de marge de ménage budgétaire. Ça fait trois ans qu'on est quasiment dans le quoi qu'il en coûte. Et la sortie va être très très délicate, avec beaucoup d'horizons, un horizon et des nuages qui sont quand même très sombres devant nous.
Donc je pense qu'on a gagné du temps, mais à un moment donné, la réalité va nous rattraper et il va falloir faire des choix, des choix politiques qui sont assez durs.
Des choix politiques et des choix économiques, avec cette phrase aussi de François Bayrou dans un entretien accordé à L'Express, qui dit en gros que nous allons au devant, au point je crois, qui dit nous allons au devant de la plus grave crise qui est connue la France depuis la Seconde Guerre mondiale. C'est-à-dire que là, les perspectives, il faudrait, est-ce qu'il faut rassurer les Français quand ils rentrent de vacances, pour leur dire on est là et on va faire en sorte que ça se passe le moins mal possible, ou est-ce qu'il faut mettre carte sur table ?
Il faut dire la vérité aux Français, c'était d'ailleurs l'autre partie du message du Président à ses ministres, c'était de leur dire dites la vérité aux Français, ne faites pas de démagogie, mais après expliquons-leur avec raisonnement ce que l'on peut faire pour protéger les Français. Et ça c'est une bonne pédagogie. François Bayrou a entièrement raison, puisqu'il y a un mélange de crise économique, alors on pourrait dire mais le choc pétrolier en 1973, c'était déjà une crise économique certes, mais il n'y avait pas en même temps la crise géopolitique que l'on connaît, avec des risques de conflits majeurs, Russie-Ukraine, Chine-Taiwan.
Donc cette association des deux nous renvoie en effet à l'idée que c'est la plus grande crise depuis 1945. Et d'ailleurs derrière le mot abondance, en effet, ce n'est pas l'idée que tout le monde nageait dans le luxe et dans l'excès de friandises, c'est qu'en effet depuis des décennies, quand on tourne le robinet, l'eau coule, quand on allume l'interrupteur, l'électricité arrive. Il y avait une abondance par la production. Et quand on allait dans les supermarchés, il y avait de la moutarde et de l'huile de tournesol. C'est ça qui aujourd'hui est en question.
C'est que même ceux qui ont les moyens, parce que pour beaucoup de Français, le luxe était un rêve depuis longtemps, même ceux qui ont le moyen pourraient ne pas trouver du carburant, de l'énergie ou des produits de consommation, parce que la machine de production serait enrayée par divers phénomènes. C'est cette crise de production qui peut nous plonger dans une réception.
Pardon, mais ça change quoi de mettre quatre cartes sur table vis-à-vis des Français ?
Alors c'est là la limite, c'est que les Français, le constat, ils l'ont, ils l'ont fait. Ce qu'ils veulent, c'est des décisions. L'heure de vérité, ça va être des décisions qui seront prêtes à l'automne.
Les décisions, elles ont déjà eu lieu, en partie. On va déjà les commenter sur l'accompagnement de l'inflation.
Il y a beaucoup qui doivent être prises, des décisions sur, justement, des économies d'énergie, sur le pouvoir d'achat, tout ça reste à faire.
Et on va en parler ce soir. Il a choisi en tout cas de faire entrer, c'est assez inhabituel, on veut même en dire un mot peut-être avant de faire le lancement du reportage. Il a fait rentrer les caméras dans le Conseil des ministres. Ça s'est fait déjà, de faire une déclaration ?
Il l'a pratiqué à plusieurs reprises, généralement pour inaugurer des périodes électorales, par exemple quand il y a un nouveau gouvernement. C'est la première fois qu'on a, à l'occasion de ce moment de communication, un discours aussi grave, aussi dense, aussi lourd.
En tout cas, il a donc choisi de faire entrer les caméras dans la salle du Conseil des ministres pour délivrer un message, à la fois aux Français, mais aussi à son équipe gouvernementale, un message, on l'a bien compris, emprunt d'une forme de gravité lorsque le Président évoque la fin de l'abondance, de l'insouciance et les sacrifices, les oppositions de gauche, mais aussi la CGT, ce braque et sonne la charge. Laszlo Gelaber et Mathieu Barrère.
L'heure de la rentrée a sonné. Premier Conseil des ministres ce matin. Face aux caméras, le Président avertit les Français sur ce qu'il appelle la fin de l'abondance. Cette fin de l'abondance, cette fin de l'insouciance, cette fin des évidences montrent que c'est au fond une grande bascule que nous vivons,
face à laquelle, évidemment, nos compatriotes peuvent réagir avec beaucoup d'anxiété. Notre liberté, le régime de liberté de vie dans lequel nous nous sommes habitués à vivre, a un coût. Et parfois, quand il faut le défendre, peut supposer des sacrifices,
en tout cas d'aller au bout de certaines batailles à mener. Pour limiter les effets d'une inflation record de 6,1% sur un an, l'exécutif mise toujours sur la ristourne de 30 centimes d'euros par litre de carburant dès le 1er septembre, ou le plafonnement du prix du gaz et de l'électricité. Mais en fin de matinée, le porte-parole du gouvernement prévient, ce bouclier tarifaire ne sera pas éternel.
Si le gouvernement fait le choix, et un choix beaucoup plus assumé que la quasi-totalité de nos voisins européens, d'agir pour protéger le pouvoir d'achat, le gouvernement ne pourra pas, parce que la dette publique, les déficits sont aussi quelque chose qui compte pour les Français, parce que c'est le moyen de maintenir notre autonomie, notre souveraineté, nous obligera à faire des choix. Et donc, nous ne pourrons pas indéfiniment geler les prix, comme nous l'avons fait, au cœur de la crise et au plus fort de la crise. Ce qui ne veut pas dire qu'on va relâcher d'un seul coup un bouclier et qu'il y aurait une flambée des prix. La fin de l'abondance, donc.
La forme et le fond provoquent l'ire de la CGT. C'est très déplacé. Quand on parle de faire des sacrifices, on parle d'abondance. Je pense aux millions de chômeurs, aux millions de précaires, notamment les femmes, aux smicards, qui doivent dire « Mais il a bit où, lui ? » Abondance, vous vous rendez compte ? Je vous n'aide pas, sans savoir qu'il y a quelques problèmes de pouvoir d'achat dans ce pays. Et donc, ce message-là, il est décalé. Un message, pourtant minutieusement préparé par le président. Hier déjà, il recevait la première ministre pour un dîner de travail. Au menu, un calendrier à venir très chargé et des dossiers explosifs.
À commencer par l'assurance chômage, le premier texte censé être présenté au Parlement le 4 octobre prochain. Reprise aussi des discussions sous la réforme des retraites, celle qui avait provoqué des manifestations dans toute la France, via trois ans. Risques de contestation sociale d'un côté. Et de l'autre, une opposition qui compte bien profiter
de la majorité relative du gouvernement. Avec une dette publique de 115%, les députés républicains préviennent, sans mesure forte pour diminuer le déficit,
ils ne voteront pas le prochain budget. À force de régler les problèmes, en aggravant les déficits et la dette, on arrive à une situation terrible. Par conséquent, notre devoir à nous, opposition de proposition, opposition d'intérêt national, c'est d'alerter l'opinion publique et d'agir pour qu'on accélère la réduction des déficits. La gauche, elle, réclame de taxer les entreprises qui tirent profit de la crise actuelle,
comme dans d'autres pays en Europe. Nous avons dit, mettons en place une taxation sur les super profits pour faire en sorte que les grandes entreprises, notamment du secteur de l'énergie, des carburants, du transport maritime, qui ont fait des profits gigantesques, records, soient mis à contribution.
Là-dessus, vous étiez un peu tout seul, effectivement.
Ça ne s'est pas joué à beaucoup. Il a manqué quelques voix à l'Assemblée nationale pour que cet amendement soit voté. Mais on ne renonce pas sur ce sujet. La rentrée des ministres passée, la rentrée sociale s'annonce mouvementée. Une première grève interprofessionnelle est prévue le 29 septembre prochain.
Et cette question de Michel en Meurthe-et-Moselle, Emmanuel Macron veut qu'on se prive encore un peu plus. Mais quel genre de situation sociale veut-il à l'automne ? Vous nous disiez tout à l'heure, c'est sa hantise.
C'est sa hantise, c'est manifeste. En plus, vous vous rendez compte qu'on est au début du deuxième quinquennat. Donc, il ne faut pas qu'il y ait un point de fixation et un accès de fièvre à ce moment-là. Surtout que, c'est ça le paradoxe, c'est qu'on est dans une situation économique quand même pas très simple, mais qu'on ne connaît pas bien le cap du président de la République. Parce que le problème, c'est que sa campagne électorale, il ne nous a pas fixé un cap précis. Contrairement au premier quinquennat, la campagne électorale, il fallait transformer la France, il fallait changer la France. Le discours était assez optimiste. Là, il a fait une non-campagne.
Il ne nous a pas dit grand-chose sur l'avenir. Or, ce qu'il nous dit aujourd'hui, en gros, c'est très turtilien. Il va falloir consommer moins, il va falloir... On change de monde, mais ce monde, ce n'est pas moi qui vais le transformer, c'est qu'il est en train de changer, il faut qu'on s'adapte à lui. Et donc, la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, tout le programme régalien qui est aussi prévu, et qui n'est pas anodin du tout, tout ça, ça va se passer dans une espèce de climat social
qui peut être tendu. Mais vous estimez que dire, dans ce contexte-là, au début d'un deuxième mandat, je ferai de toute façon la réforme de l'assurance chômage, et je ferai de toute façon la réforme des retraites, ce n'est pas un cap ?
Ce n'est pas un cap précis, parce que quelle réforme des retraites ? Quelle réforme de l'assurance chômage ? On en sait un peu plus sur l'assurance chômage. Jusqu'où il veut aller sur le régalien ? Tout ça, il n'y a rien de vraiment très précis. À chaque fois, par exemple, sur le régalien, ils nous promettent toujours des choses très, très...
Ce que vous appelez le régalien, c'est la sécurité...
Sécurité, immigration, politique carcérale, tout ça. Mais à chaque fois, il s'arrête au milieu du guet.
Christophe Barbier, le problème, c'est qu'il n'y a pas de cap. Voilà ce que nous dit Yves Tréard, et qu'au fond, c'est ce que je résume, ce que vous êtes en train de nous expliquer, que les propos qu'il a tenus aujourd'hui ajoutent à cette espèce de flottement. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Oui, mais il n'y a pas de cap
parce qu'il n'y a pas eu de campagne présidentielle. En effet, en partie aussi parce que la guerre en Ukraine a escamoté le débat. Puis il n'y a pas de cap parce qu'il n'y a pas de majorité absolue. Si le président pouvait dire voilà, on va faire du bleu clair et du bleu gris et puis il s'est voté dans la foulée parce qu'il y a 450 députés, pas de problème. Mais là, il peut annoncer demain que la réforme des retraites, ça sera tel indice, tel âge, tel taux. Oui, mais qu'est-ce qui va se passer au Parlement ? Quels seront les amendements ? Quelles seront les négociations ?
Pour obtenir un vote, le fait de ne pas pouvoir être sûr de faire voter des textes fait que donner le cap, c'est très compliqué. Alors il en est réduit à donner l'ambiance. Et l'ambiance, on le comprend depuis ce matin, ça sera une ambiance de rigueur et de sacrifice. Alors ce qu'il pourra dire assez vite... Il n'a pas dit rigueur. Non, il a dit sacrifice. Ce qu'il pourra dire assez vite, c'est lesquels et pour qui ? Lesquels sacrifices ? Ça veut dire quoi ? Parce que si c'est changer de modèle pour moins consommer d'énergie, tout le monde est d'accord.
On sait bien qu'on doit aller vers ce modèle-là pour des raisons climatiques et pour des raisons d'urgence énergétique à cause du conflit en Russie. Mais si les sacrifices, c'est de dire les SMICAR vont voir leur SMIC baisser, les retraités, leur retraite baisser, ça ne passera pas. Ça sera l'explosion sociale. Donc il peut corriger le tir ou compléter son propos en disant qui va être ciblé, pour quel type de sacrifice. Si les sacrifices, c'est un moment pour inventer un modèle nouveau, ça peut entraîner la population, notamment la jeunesse.
Et de dire, enfin, il fait faire les efforts nécessaires pour qu'on sorte de ce modèle consumériste, capitaliste, trop productiviste pour aller vers un nouveau modèle. Là, il peut avoir un mouvement d'opinion, si ce n'est enthousiaste, du moins qui tolère.
Mathieu Plannes, est-ce que vous diriez qu'il reste une part d'incertitude sur la façon et la stratégie de ce gouvernement vis-à-vis de la crise énergétique ? On a entendu tout à l'heure Olivier Véran qui dit, bon, en gros, on ne va pas pouvoir indéfiniment accompagner cette crise énergétique. Il ne le dit pas exactement comme ça, mais ça veut dire ça. On a entendu tout à l'heure Bruno Le Maire qui insiste pour dire que de toute façon, au moins jusqu'à la fin de l'année, on est là et que la priorité, c'est d'encaisser le choc. Est-ce que là-dessus, ça manque de visibilité, de lisibilité ?
Alors, ça manque de visibilité, mais pour le coup, c'est difficile d'avoir de la visibilité aujourd'hui. Et c'est pour ça que le cap est difficile à tenir. C'est-à-dire que dans le climat actuel, c'est difficile de mener des grandes réformes si on a des questions internationales de cette ampleur. Donc, je pense qu'il y a une double chose, c'est qu'il faudrait donner la visibilité, mais c'est très difficile d'en donner avec le prix de l'énergie aujourd'hui. On voit que les premières...
Donc, c'est normal qu'on ne sache pas pardonner beaucoup, mais ce qui se passe après la fin de l'année,
c'est normal ? Alors, je pense que le gouvernement espère que le prix de l'énergie rebaisse pour pouvoir justement sortir des bouclés tarifaires. Après, la question, c'est s'il ne baisse pas, c'est qu'est-ce qu'on fait de ce bouclé tarifaire qui profite à tout le monde ? Est-ce qu'on le cible ? Et du coup, ça pose la question des effets de seuil, c'est-à-dire qui en profite, qui en profite pas. Le risque, c'est que la classe moyenne se retrouve à exposer à un choc inflationniste qu'elle n'a pas vraiment vécu aujourd'hui parce qu'elle a été énormément protégée en réalité par les mesures.
Et donc, c'est pour ça que je pense qu'aujourd'hui, il y a encore des discussions assez profondes sur quelles sont les mesures qui peuvent être prises pour 2023 avec les mesures d'urgence, est-ce qu'on les prolonge ? Et puis, le cap budgétaire, c'est-à-dire qu'on entend la petite musique qui revient, de dire le déficit est trop élevé, il faut baisser, il faut revenir à 3 %, les taux d'intérêt remontent.
Qui dit cette petite musique-là ?
On l'entend, mais c'est vrai que le pacte de stabilité européen est fondé aussi là-dessus, c'est-à-dire des formes d'équilibre budgétaire. Et la dette et les mesures d'urgence qu'on a depuis 3 ans ne sont pas tenables dans le temps. Donc, le problème, c'est que tant que c'est de l'urgence, ça passe, le jour où vous êtes durablement avec des prix de l'énergie élevés, il faut changer de modèle. Mais le modèle, vous ne le changez pas du jour au lendemain. Mais en même temps, vous subissez un impact à court terme qui est extrêmement violent.
On changera de modèle parce qu'on nous demandera de le faire. Parce que c'est vrai qu'on n'entend plus parler de la règle des 3%. On n'entend plus de messages, d'injonctions qui viendraient de Bruxelles pour nous dire qu'il va falloir rentrer dans les clous. Parce qu'il y a cette urgence.
Oui. Alors, il y a ça. C'est-à-dire qu'effectivement, parce que l'Allemagne aussi est en difficulté, et donc l'Allemagne est moins orthodoxe que d'habitude, parce qu'elle est quand même en première ligne de cette crise. Et puis, il y a quand même ce risque, malgré tout, d'une dette qui a fortement augmenté et les taux d'intérêt montants, vous payez plus cher chaque année. La charge d'intérêt, il faut la financer. Et donc, c'est vrai que vous ne pouvez pas indéfiniment utiliser l'argent magique. C'est un peu le problème. Et ça va être difficile aussi d'expliquer ça aux Français.
C'est qu'on est dans une situation exceptionnelle où on peut avoir des mesures exceptionnelles, mais ce ne sont pas des mesures durables dans le temps.
Le grand basculement, ça pourrait être justement ce moment-là ?
C'est exactement ça. C'est-à-dire que c'est le moment, effectivement, où vous avez ces contraintes-là, vous essayez d'en faire une opportunité pour changer de modèle et de raccorder le fait que votre dépendance énergétique aux hydrocarbures de créer une moindre dépendance. Et c'est là que c'est viole en matière pleine. Et c'est là où il va falloir accompagner les plus fragiles. Mais c'est qui les plus fragiles ? Et c'est là la question. C'est qui les plus fragiles ? Fin de mois, fin du mois.
C'est qui les plus fragiles ? On le sait qui sont les plus fragiles.
Est-ce que c'est les 20% de la population ? C'est les 30, les 40, les 50%. Je rappelle, la classe moyenne, aujourd'hui, le revenu médian, il est en dessous de 2 000 euros net par mois. Est-ce qu'on protège 50% de la population ? Si c'est que 20%, c'est au niveau du SMIC. Vous voyez ? Et les coûts budgétaires ne sont pas du tout les mêmes. Donc, les seuils sont extrêmement difficiles à établir. Et le problème qu'on mettait des seuils, c'est qu'une partie des professions va dire, mais pourquoi moi ? Je n'en bénéficie pas. Alors, je ne suis pas riche. Je dois prendre ma voiture pour aller travailler, etc.
Parmi les déclarations de la rentrée, il y a cette histoire de pic de l'inflation. On essaie tout de savoir si on est vraiment le plus dur est à venir ou pas. Est-ce qu'à votre avis, Sylvie Matéli, on se rassure à bon compte en considérant que, au fond, le choc de l'inflation, les Français l'ont déjà intégré là et qu'ensuite, il y aurait une sorte d'embellie ou qu'on aurait vécu le pire ?
Je pense que les Français, comme les Européens, d'ailleurs, dans leur ensemble, ont compris qu'il y avait de l'inflation, mais n'ont pas complètement intégré ce que ça signifiait. Il y a 40 ans, on avait l'habitude, depuis des décennies, d'un niveau d'inflation et on vivait avec, en fait. On s'adaptait. Aujourd'hui, ça fait un peu plus d'une année que ça dure. Dans un premier temps, il y a eu une sorte de déni de nos gouvernements qui nous expliquaient que c'était la sortie Covid, que ça n'allait pas durer. Alors même que... C'était temporaire.
Et là, c'est hyper symptomatique de l'incapacité de nos décideurs, et pas qu'en France, partout en Europe, de comprendre ce qu'était la transition énergétique. Parce que déjà, l'automne dernier, l'augmentation des prix, l'inflation, beaucoup plus modérée qu'aujourd'hui, elle était essentiellement liée aux énergies fossiles et aux gaz, qui avait très fortement augmenté. Et donc, on comprenait qu'on entrait en transition énergétique et que ça allait durer. Et donc, ça va durer. La question est de savoir comment on s'adapte.
Et ce qui est assez intéressant, et moi, je pense que c'est là qu'on a ce discours un peu différent suivant les ministres et le président, c'est que vous êtes face à un gouvernement qui, il y a 5 ans, voire 3 ou 4 ans, n'avait absolument pas pris conscience de cette transition énergétique et avait un programme de poursuite, d'abandon du nucléaire ou en tout cas de réduction de la part du nucléaire, a lancé un programme d'énergie renouvelable parce qu'on avait un ministre de l'écologie à l'époque et qu'il fallait le satisfaire. Et puis, in fine, on devait aboutir en 10 ans à je ne sais plus quelle part d'énergie renouvelable. On est aujourd'hui sur une tendance à 30 ans.
Donc, on a un gouvernement qui a perdu beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps à négocier cette transition énergétique parce que l'abondance, parce que l'énergie arrivait toute seule via des gazoducs et qu'on ne se posait pas beaucoup de questions en réalité. Et ça va être
un choc économique, cette transition. Parce que là, on est à la fois contraint par ce qui se passe avec la guerre en Ukraine et convaincu par ce qui s'est passé cet été et qu'il a urgence de le faire. Mais est-ce que, économiquement, le pays, les acteurs économiques, peuvent encaisser une transition écologique aussi brutale parce qu'il faut qu'elle le soit quelque part,
parce qu'il faut aller vite ? Alors, ça dépend complètement de la façon dont ça va être accompagné. Si le quoi qu'il en coûte perdure, et pour l'instant, les institutions européennes et les Européens dans leur ensemble sont plutôt sur une relative souplesse en la matière, au moins pour les 6 prochains mois, et donc, on pourrait accompagner les ménages qui le souhaitent. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que, toute la difficulté, c'est qu'il y a probablement 20% de la population qui va vraiment encaisser un choc très dur.
Quand je dis un choc très dur, c'est un choc qui peut les rendre difficiles même de s'acheter le minimum vital, mais les personnes qui vont finalement avoir l'impression de souffrir le plus parce qu'elles sont dans la classe moyenne, qu'elles ont un niveau de vie tout à fait correct et qu'elles pourraient se paupériser, c'est la partie entre les 30 et 50%. Et donc, qui va-t-on aider ? C'est un vrai sujet parce que, ceux qui descendent dans la rue, ce n'est pas les plus défavorisés, mais c'est ceux qui ont le plus de poids. L'histoire ne se répète jamais, mais il faut quand même avoir pour les plus anciens, il faut rappeler ce qui s'est passé dans les années 70.
Malheureusement, c'est peut-être parti des plus anciens. 1974, premier choc pétrolier, un premier choc pétrolier très violent. On pensait que ça serait temporaire. Et à partir de là, chômage de masse, désindustrialisation et on n'en est jamais vraiment sorti, la France. Contrairement à l'Allemagne, contrairement à la Grande-Bretagne. Donc, il faut être très méfiant quand même. Il faut être sur ses gardes parce qu'autant, à l'époque, il n'était pas question de transition énergétique, il n'était pas question de changer de modèle. Mais aujourd'hui, en plus, il y a la nécessité et l'obligation qui nous est faite de changer de modèle. Parce que tout le monde voit l'œil nu maintenant.
Il ne peut plus y avoir de climato-sceptique. Tout le monde voit que le climat est complètement déréglé. Donc, il faut faire quelque chose. Mais faire quelque chose, est-ce que ça ne demande pas des sacrifices qui, s'ils s'ajoutent à une crise économique qui est due aussi au désordre, je dirais, géopolitique ? Tout comme, d'ailleurs, il ne faut pas l'oublier, le désordre a été géopolitique. En 1974, c'est la guerre israélo-arabe. Et donc, il y a quand même des similitudes dont il faut se souvenir et qui sont bonnes à rappeler quand même.
Avec peut-être deux nuances qui, moi, me rendent un peu plus optimiste. D'abord, on a des outils pour lutter contre l'inflation qu'on n'avait pas à l'époque. L'inflation est montée à 14%. C'est le cas
dans certains pays européens. Voilà,
ce n'est pas le cas en France. On voit que le gouvernement a réussi à mettre en place des outils, peut-être temporaires, mais en tout cas efficaces pour l'instant. Et puis surtout, on a la monnaie unique. À l'époque, il y avait la dévaluation compétitive. On dévaluait le franc pour prendre des parts de marché aux Allemands. Les Italiens dévaluaient la lire encore plus et nous piquaient des parts de marché. Il y avait au sein de l'Europe une compétition sauvage dont on sortait perdant. En effet, c'est ce qui a provoqué la désindustrialisation parce qu'on ne voulait pas faire les efforts que les Allemands ont faits. Et ça a duré pendant 30 ans comme ça. On n'est plus dans ce cas-là.
On a cet attelage européen qui fait que chacun surveille chacun. Personne ne peut souhaiter l'effondrement du voisin parce qu'il sera entraîné dans l'abîme avec lui. C'est une contrainte supplémentaire. C'est des risques supplémentaires. C'est une chance supplémentaire et une protection.
Avec l'idée quand même que l'euro est au plus bas par rapport au delà. Oui, on exporte.
On exporte et on importe de l'inflation. Et on importe de l'inflation. C'est ça. C'est vrai que ça entretient l'inflation. C'est vrai que c'est plutôt bien pour les exportateurs à l'international. C'est mieux pour le tourisme aussi, par exemple. Mais je veux juste faire une différence sur les années 70 et aujourd'hui. C'est que l'inflation effectivement était liée à un choc pétrolier initial. Mais après, les revenus avaient beaucoup augmenté. Les salaires augmentaient de plus de 10% par an. Il n'y avait pas un choc sur le pouvoir d'achat. Ce qui a fait une spirale inflationniste. Là, le problème, c'est qu'on ne va pas rentrer dans une spirale inflationniste.
C'est en gros les ménages qui ont encaissé le choc de pouvoir d'achat parce que les salaires n'augmentent pas autant que l'inflation. Et donc, c'est ça. On voit aujourd'hui la confiance des ménages. Ce qu'on appelle l'enquête de confiance des ménages de l'INSEE est au plus bas depuis pratiquement 50 ans. C'est-à-dire que la perception sur l'avenir est extrêmement mauvaise. Donc, l'inflation en soi, elle n'est pas si grave que ça. C'est qui va payer ce choc inflationniste ? Est-ce que c'est les entreprises ? Est-ce que c'est les ménages ? Est-ce que c'est l'État qui accompagne en faisant du déficit et de la dette ?
La réponse qui va payer pour l'instant, c'est l'État ?
Pour le moment, c'est l'État et en partie les ménages. Les entreprises ont augmenté les salaires mais moins que l'inflation. Et moi, je pense que l'élément clé, ça sera vraiment en 2023. C'est quand on va sortir des aides et qu'on va rentrer un peu dans le dur.
Sur l'augmentation des salaires, Bruno Le Maire l'a répété toute l'année dernière, une forme d'injonction aux entreprises en augmenter les salaires. On voit bien que ça n'a pas suivi comme il le souhaitait ou est-ce qu'il y a eu quand même des gestes qui ont été faits sur la restauration ?
Il y a une inertie quand même sur les salaires. Pour prendre les chiffres du deuxième trimestre, on a 3% de hausse des salaires sur un an et l'inflation est à 6%. Donc, si vous voulez, vos salaires réels baissent de 3%. C'est-à-dire qu'il y a un rattrapage, ils sont plus élevés qu'avant mais il y a une perte de poids d'achat et c'est compliqué parce que c'est les salariés notamment qui perdent et pas forcément ceux au SMIC parce que le SMIC augmente comme l'inflation.
Donc, c'est ceux qui sont juste au-dessus dont on en a parlé qui vont gagner 10, 20, 30% de plus que le SMIC mais l'employeur n'a pas d'obligation d'augmenter le salaire quand il est dans une PME qui n'a pas beaucoup de marge de manœuvre ce qui fait que vous avez le risque d'une forme de SMIC cardisation d'un certain nombre de salariés ce qui pose quand même beaucoup de difficultés.
Christophe Barbier ? Payer la crise pendant 30 ans ça signifiait perdre son emploi et c'était la hantise des Français c'était de tomber dans ce chômage de masse. Là, dans cette crise-là payer la crise ça sera toujours les Français qui vont la payer mais ça peut vouloir dire travailler plus pas forcément pour gagner plus mais travailler plus cet effort collectif pas facile à vendre et puis consommer différemment ça ne veut pas dire forcément consommer moins mais ça veut dire consommer différemment et accompagner cette mutation du modèle est-ce qu'on a besoin de changer de téléphone aussi souvent ? Est-ce qu'on a besoin de telle ou telle consommation ?
Beaucoup de Français sont au minimum vital donc ce n'est pas des questions pour eux mais certains vont devoir se poser cette question-là. Troisième moyen de payer la crise c'est proposé par certaines oppositions c'est de payer plus d'impôts c'est d'aller chercher une ressource fiscale une recette fiscale chez ceux qui peuvent la payer.
Taxer les super profits comme on l'a entendu c'est un débat qui demeure au sein de la majorité même si ça a été écarté par le Président et par le ministre de l'économie.
C'est un débat qui va enfler c'est un débat qui va enfler et il y a deux débats qui vont enfler c'est effectivement et alors là c'est très politique là c'est très très très politique c'est effectivement taxer les super profits mais le Président de la République a besoin de sa droite et puis c'est ne pas respecter les 3% mais le déficit mais le Président de la République a besoin de sa droite aussi.
On n'y est pas dans les 3% Non, on est loin mais évidemment qu'il va y avoir une espèce de chantage de la part des Républicains pour aller dans ce sens-là pas de la part du Rassemblement National puisque eux c'est pas trop leur affaire mais il va y avoir un chantage là il va y avoir un chantage politique et sur la taxation des profits ça risque d'être homérique à l'Assemblée Nationale.
Et dans ces efforts qui seront demandés aux Français sur la sobriété pour faire face à ce grand basculement décrit par le Président il y aura en tout cas dans le débat les débats qui vont enfler je voudrais avoir votre avis là-dessus Sylvie Mattelli ce souci aussi d'égalité de demander un effort et peut-être des sacrifices puisque c'est le mot du jour qui soient les mêmes pour tous.
La question clé c'est la question de la justice on parle souvent des gilets jaunes et de la peur d'Emmanuel Macron d'un retour des gilets jaunes ce qui a déclenché les gilets jaunes c'est pas tant une augmentation du prix de l'essence c'est l'impression qu'on allait taxer plus le carburant alors même qu'on avait baissé les impôts pour les plus riches donc il y a vraiment cette question de la justice sociale qui va être au cœur du sujet et qu'il faudra prendre à bras le corps si on veut à minimum faire accepter certains sacrifices
et éviter les mouvements sociaux justement parce que c'est une situation qui est surveillée sans doute par tous les gouvernements européens la Grande-Bretagne même si elle ne fait plus totalement partie du club elle est confrontée à une colère sociale grandissante avec une inflation à 13% un record depuis 40 ans et des mouvements de grève qui s'étendent Docker chauffeur de bousse avocat services postaux j'en passe reportage sur place Laura Radeau Ariane Molisson et Léa Demirjian
Sur les ronds-points pour crier leur colère à Felixstow inédit les salariés du plus gros port de fret de l'Angleterre sont en grève leur revendication une augmentation de salaire de 10% Kathleen 24 ans manifeste pour la première fois
on gagne tout juste
un peu plus que le salaire minimum ce n'est pas beaucoup
je sais que la direction
n'augmentera jamais nos salaires à la hauteur de l'inflation mais un petit coup de pouce ça nous aiderait un peu
nous avons voté
une grève de 8 jours 8 jours où on ne sera pas payé ça représente beaucoup d'argent à la fin du mois ça va avoir de lourdes conséquences je dois payer mon loyer mes factures d'électricité
surtout en ce moment avec les prix qui augmentent oui donc c'est vraiment
stressant avec une inflation à plus de 10% en juillet l'énergie la nourriture tout coûte plus cher eux ont bien reçu une augmentation de 1,4% en 2020 mais ça ne compense pas
dans toute l'histoire du port on n'a jamais vu ça deux ans de pandémie et la boîte a quand même fait 273 millions de profits les gens ici ils ont travaillé pendant le covid et la direction ne leur dit même pas merci
Courtenay Barrel travaille dans la division marine
on ne demande pas beaucoup vraiment pas après tout ce qu'on a fait pendant toutes ces années on mérite de gagner bien plus l'inflation augmente et on ne dit pas que c'est de la faute de l'entreprise mais en fin de compte ils voient ce qui se passe et les représentants syndicaux nous ont dit qu'ils pouvaient bien se permettre de nous augmenter
la colère et la peur du lendemain tous les mardis l'église de la ville se transforme en centre de distribution alimentaire pour deux livres chacun peut remplir son panier vous voulez des pommes ? merci c'est une première pour Jamie une nécessité pour cette mère au foyer avec deux enfants en bas âge
j'arrive à la fin du mois et en fait je n'ai quasiment plus d'argent alors deux livres pour avoir un sac plein de courses pour moi c'est vraiment incroyable il y a six mois je ne pouvais pas épargner mais à la fin du mois il me restait de l'argent je n'étais pas inquiète je ne me demandais pas comment faire mon prochain repas
de nouveaux bénéficiaires semaine après semaine toujours plus nombreux ici les bénévoles aussi subissent la crise de plein fouet ma fille et mes petits-enfants sont venus vivre chez moi ils ne peuvent plus vivre là où ils étaient ils ne peuvent tout simplement pas payer le loyer vivre ensemble c'est faire des économies oui oui je pense que beaucoup de familles en font autant trouver des plans B faire des économies partout où cela est possible c'est devenu l'obsession de Lewis Ford
on fait moins de machines et surtout à des températures plus basses
on s'en tient au lavage éco à 30 degrés ce consultant en informatique a obtenu une augmentation de salaire mais face à des dépenses qui ont doublé il frôle le découvert au Royaume-Uni pas de bouclier tarifaire ce père de famille vient de signer une pétition qui appelle les britanniques à refuser de payer leur facture d'énergie
combien de fois sommes-nous on va aller aux urnes ces dix dernières années à chaque fois on a voté pour que les choses changent et à chaque fois ça n'a fait qu'empirer alors maintenant on doit avoir une approche
plus directe le sentiment de ne pas être entendu
on l'appelle le gouvernement des zombies ils ont refusé de rentrer de leurs vacances d'été alors qu'il y a une crise et que les gens choisissent entre se chauffer et manger
et vous vous en pensez quoi
c'est un peu insultant non ça montre une déconnexion totale entre les politiciens et les travailleurs de la classe moyenne au Royaume-Uni
l'inflation devrait encore grimper dans les prochains mois autour de 13% à l'automne affectant encore plus les secteurs économiques et les ménages
justement avec vous Sylvie Matély sur ce reportage qu'on vient de voir et la situation au Royaume-Uni pourquoi sont-ils dans cette situation-là eux ? Alors pour plein de raisons
mais aussi outre toutes les raisons que nous connaissons nous des décisions politiques presque caricaturales à l'automne qui ont conduit à cette situation c'est-à-dire suite au Brexit mais et aux dépenses qui ont été engagées dans le cadre du Brexit mais surtout à la période de Covid la dette publique avait très fortement augmenté le Royaume-Uni est un pays relativement isolé depuis le Brexit et le gouvernement qui est un gouvernement conservateur a essayé de redresser très rapidement les finances publiques et donc a fortement augmenté les impôts à l'automne n'ayant pas anticipé ou pensant peut-être comme d'autres l'ont pensé que l'inflation n'allait pas durer et que ça allait passer et profitant aussi de la croissance économique qui était extrêmement forte je crois qu'ils ont fait 9% de croissance l'an passé donc profitant de tout ça sauf que à partir du début de l'année vous avez une inflation qui s'accélère vous avez une guerre en Ukraine qui amplifie encore cette inflation et donc des populations qui subissent les augmentations du prix du gaz et de l'énergie qui subissent un certain nombre de pénuries déjà rappelez-vous les chauffeurs là aussi avec un gouvernement qui au lieu de lâcher du lest sur l'immigration à faire venir des chauffeurs européens préfère faire sortir l'armée et mettre des soldats dans des camions donc voilà vous avez tout cet ensemble de décisions qui nous amènent au mois d'avril-mai où les choses s'accélèrent sur le plan économique et où finalement les décisions qui ont été prises ont des conséquences relativement
ça veut dire Mathieu Plannes qu'au niveau européen quand on regarde la carte de l'Europe de l'inflation on voit qu'il y a pas mal de divergences de différences entre les taux d'inflation pour des pays qui sont pourtant membres de la zone euro ça tient aux politiques qui ont été prises et aux choix politiques et économiques qui ont été faits par les pays
principalement il y a deux choses effectivement c'est les mesures budgétaires qui ont pu être différentes et là pour le coup la France ça fait beaucoup on a des pays qui a dépensé le plus rapporté au PIB pour lutter contre le prix de l'énergie ça c'est le premier point d'ailleurs l'inflation en France c'est la plus faible d'Europe et donc ça c'est quand même un point important et on a des pays on a plusieurs pays des grands pays qui ont une inflation aujourd'hui super à 10% et qui ont fait moins de mesures justement de protection donc ça c'est un premier point et deuxième point c'est le mix énergétique c'est à dire est-ce que vous êtes plus dépendant du gaz, de l'électricité du charbon etc et donc tout ça va combiner l'inflation et l'inflation différenciée j'allais dire que nous on s'en sort plutôt bien en réalité par rapport à nos voisins le risque c'est que l'inflation qu'on n'a pas eu elle arrive pour 2023 c'est à dire que quand on a été protégé
quand on va arrêter les aides
oui regardez le bouclet tarifaire c'est plus de 20 milliards si vous rapportez par ménage c'est 700 euros par ménage quand même qu'on n'a pas payé ou que l'Etat a pris sa charge si vous l'enlevez cette inflation si les prix d'énergie ne changent pas vous l'avez avec retard ce que les autres ont eu on peut l'avoir avec retard donc c'est là où je pense que la question sociale elle est explosive elle n'est pas forcément pour cette rentrée parce que quelque part il y a énormément de mesures qui ont été prises cet été les revalorisations on voit qu'on a d'autres versements on a le bouclet tarifaire jusqu'à la fin de l'année la question c'est vraiment 2023 2023 quand les choses s'arrêtent alors que les autres eux auront peut-être passé le pic donc c'est vrai que nous on a un risque de rattrapage
mais pourquoi est-ce qu'on pense qu'on est au pic pourquoi ça peut pardon mais c'est votre métier de faire des produits économiques mais pourquoi est-ce que vous dites le problème ça peut être 2023 est-ce qu'on est à peu près sûr qu'à un moment donné tout ça va se calmer ou est-ce qu'on peut aussi dans les calculs qui sont faits imaginer qu'au-delà de 2023 on ait encore une inflation aussi forte
alors il faut juste rappeler l'inflation sans vouloir faire de cours d'économie mais c'est la variation des prix c'est-à-dire qu'avoir moins d'inflation ça ne veut pas dire que les prix baissent c'est-à-dire que si vous avez l'inflation à 7% les prix continuent à augmenter mais moins vite donc c'est ça donc c'est très difficile d'avoir une inflation durable si les prix de l'énergie au bout d'un moment se stabilisent donc ça voudrait dire pour ça qu'il y a une boucle prix-salaire c'est-à-dire que les salaires il faudrait qu'on soit comme dans les années 70-80 que les salaires augmentent aussi vite que l'inflation ce qui n'est pas le cas aujourd'hui donc en fait la question fondamentale c'est l'évolution des prix de l'énergie quand même ou des matières premières importées donc ça dépend de l'Ukraine et la Russie ça dépend de la Chine et la stratégie zéro-Covid c'est des éléments extérieurs
On va parler de la Chine dans un instant mais ce qu'on comprend aussi c'est que tout est entre les mains de Vladimir Poutine
Ah oui, il y a une donnée géopolitique en partie imprévisible qui pèse beaucoup mais pas seulement parce que la machine mondiale s'était déjà emballée dans une forme de rattrapage du Covid avec une forte production qui avait tiré les prix de l'énergie vers le haut si on entre dans une accalmie voire dans une récession il y aura moins de gens qui auront besoin de carburant pour faire tourner leurs usines et ça fera baisser les prix c'est d'ailleurs un peu ce qu'on a vu déjà cet été le bouclier tarifaire la ristourne de 30 centimes du gouvernement arrive à un moment où l'essence est déjà en train de baisser naturellement en tout cas n'a pas flambé comme on pouvait l'imaginer est-ce que le gouvernement n'aurait pas dû décaler dire attendez on pensait que c'était 2 euros on voulait vous ramener vers 1,50 avec 30 du gouvernement et 20 centimes fournis par les diffuseurs de pétrole on n'a pas besoin de ça on va le décaler dans le temps on se le réserve pour plus tard si en effet il y avait de nouveau On pourrait faire ça ?
Non, moi je suis complètement d'accord avec Christophe Barbier c'est-à-dire que la question fondamentale c'est le prix de la matière première si le prix de la matière première diminue quel est l'intérêt de faire une remise de 30 centimes alors même que cette matière première peut coûter plus cher à la fin de l'année et on n'aura plus de remise donc il faut que la remise s'ajuste au prix du baril
Et que le prix élevé a une vertu c'est de dire aux gens réfléchissez avant de prendre votre voiture voilà est-ce qu'il n'y a pas des transports alternatifs à privilégier ? Je pense que le gouvernement a dû décaler cette tête dans le temps C'est pas le choix qui a été fait comme une poire pour la soif Non, c'est pas le choix qui a été fait pour des raisons juridiques parce que ça a été voté donc on l'applique pour des raisons aussi de lutte contre ce climat social cette colère sourde on arrose avant que l'incendie ait commencé à prendre
Mais vous voyez pardonnez-moi juste mais quand vous voyez Christophe Barbier ce qui se passe en Angleterre c'est un scénario qui est inenvisageable parce que justement on a des amortisseurs sociaux parce qu'on a pris les bonnes mesures d'accompagnement
Je crois pas au parallélisme d'abord parce que on l'a vu le Royaume-Uni c'est très différent c'est une économie isolée ils ont jamais été dans la monnaie unique il y a eu des décisions du gouvernement il n'y a pas de gouvernement en ce moment il y a un bureau féministe finissant il y a une compétition donc c'est le moment où la colère sociale peut boxer contre un pouvoir faible il y a une tradition de lutte sociale britannique beaucoup plus virulente quand elle se déclenche que chez nous ou qu'en Allemagne c'est pas du tout les modes de concertation et puis il y a un effet historique de ce que les britanniques font par cycle en 1964 Alain Perfit va à Londres il va y avoir De Gaulle pour lui dire qu'est-ce que je dois dire aux britanniques et De Gaulle lui dit n'accablez pas les britanniques d'abord ils nous ont aidé en 1940 et puis en ce moment ils ne savent plus comment ils s'appellent ils font n'importe quoi mais c'est comme ça dans leur histoire ça va durer 15 ans et vous verrez ils nous surprendront par leur réaction 15 ans après 1964 c'est Thatcher et l'arrivée de Thatcher a été d'une brutalité terrible sociale mais ça a relancé les britanniques pour quasiment 30 ans de prospérité économique et de choix économiques qui les ont mis à la pointe des rebonds
mais je crois qu'il y a aussi si vous disiez tout à l'heure justement que Poutine est un peu le maître de la situation mais pas uniquement c'est aussi tout ça le produit de choix politiques de choix politiques nationaux si on prend la Grande-Bretagne son choix c'est de sortir de l'Union Européenne même si elle n'était pas dans l'euro c'est quand même un handicap majeur pour elle parce qu'elle n'a pas réussi à trouver d'autres partenaires aussi puissants que l'Union Européenne ça c'est la première chose si vous prenez l'Allemagne parce que la situation allemande est presque plus inquiétante pour nous en tout cas et bien c'est le choix de Madame Merkel qui a décidé d'arrêter le nucléaire du jour au lendemain pour des raisons strictement d'opportunisme politique après la catastrophe japonaise parce qu'elle était sous pression et elle s'est mise dans les mains de Poutine et nous on a une chance justement mais il faut la saisir c'est que mais on a un débat autour du nucléaire qui est quand même extrêmement tendu et extrêmement violent c'est qu'on a cette arme j'allais dire cette énergie nucléaire qui nous permet de garantir notre indépendance mais depuis 20 ans 25 ans et bien on flotte on ne sait pas si on veut accélérer si on veut ralentir
ce débat est un peu tranché
mais il n'est pas tranché du tout on est en train de relancer le nucléaire après de l'avoir arrêté oui du coup mais attendez mais sauf que ce débat il n'a pas été porté devant la place publique c'est le président de la république qui a décidé qu'on allait lancer six réacteurs enfin six EPR de nouvelle génération donc maintenant mais qui vous dit que dans la situation actuelle politique avec une gauche qui est plutôt assez anti-nucléaire en tous les cas les écologistes et les insoumis qui est importante à l'Assemblée nationale c'est pas tranché du tout Mathieu Plain je crois que c'est important cette question là parce que en réalité c'est vrai que le changement la transformation effectivement c'est un discours qu'on a mais on n'était pas vraiment préparé d'ailleurs dans la campagne on a parlé maintenant de planification écologique mais on ne sait pas bien ce qu'il va y avoir la relance du nucléaire avant que c'est des effets c'est quoi ?
c'est 2030 mais c'est aujourd'hui qu'on doit transformer notre économie donc comment on fait dans l'immédiat face à un choc de cette ampleur pour transformer rapidement et pareil le plan de sobriété on attend le plan de sobriété qui ça va concerner comment on le fait ?
les sacrifices le plan de sobriété tout ça c'est pour le courant septembre la planification écologique les annonces non ?
le début
le début
ça à mon avis ça va durer
juste quand même un mot sur l'Allemagne avec vous Mathieu Plain puisque le patron de la Bundesbank a dit cet après-midi c'était un rapport précisément de la Bundesbank qui a dit cet après-midi que la probabilité d'une récession en Allemagne est de plus en plus forte ça c'est notre problème à nous aussi français
c'est d'abord leur problème et nous c'est notre problème par effet domino c'est-à-dire que c'est notre principal partenaire commercial donc bien sûr c'est un effet pour nous mais ils cumulent les effets négatifs c'est-à-dire effectivement très exposés à la crise énergétique et au gaz russe c'est une part importante de leur énergie et puis leur industrie qui est très touchée par les composants industriels notamment les livraisons et l'approvisionnement venant de Chine et donc ils vont multiplier les difficultés donc vu les chocs c'est très envisageable d'imaginer une récession en Allemagne
mais récession en Allemagne quand on est aussi proche et nos économies sont aussi intégrées on se dit c'est pas une bonne nouvelle
non c'est pas une bonne nouvelle mais nous on prévoit en 2023 une croissance à 1% ce qui est une croissance très molle en sortie de crise Covid je rappelle qu'en 2021 on avait une croissance proche de 7% en rattrapage on était sur une dynamique de rattrapage qui était importante donc on va retomber sur une croissance molle on risque de frôler la récession on a eu un trimestre négatif donc on est et dans ce scénario-là vous dégagez moins de manœuvres de budgetaires vous créez moins d'emplois vous avez un risque même de retournement du marché du travail avec une hausse du chômage donc c'est là que ça devient extrêmement difficile
et un autre voyant qui est passé au rouge sans mauvais jeu de mots et qui inquiète les marchés et les gouvernements c'est ce qui se passe en Chine puisque l'économie chinoise ralentit la Chine on le rappelle c'est 15% de l'économie mondiale les conséquences de la stratégie zéro Covid mais aussi une crise immobilière qui fragilise la deuxième économie mondiale Thibaut Grosse et Benoît Thébaud
Au cœur de la Chine c'est l'image d'une économie paralysée des immeubles inachevés des constructions à l'arrêt mais surtout des propriétaires désespérés endettés comme ici à Xi'an ses habitants ont acheté un appartement dans cet immeuble 5 ans plus tard les travaux ne sont pas terminés les familles ont quand même décidé d'emménager
Cela fait 5 ans
que l'on ne vit pas normalement On n'en peut plus On n'en peut plus Un quotidien sous les échafaudages parfois même le sol dans un bâtiment sans eau courante ni électricité
Je me sens démuni je ne veux pas vivre comme ça mais je n'ai nulle part où aller Les Chinois
confrontés à une crise immobilière historique Aujourd'hui on estime que 45% des nouveaux acheteurs n'auraient pas reçu les clés de leur appartement La raison ?
Des promoteurs en faillite à l'image d'Evergrande Ce géant de l'immobilier surendetté à hauteur de 300 milliards de dollars Une crise symptôme d'une économie chinoise en panne L'économie chinoise a poursuivi sa reprise en juillet mais fonctionne en douceur dans l'ensemble Cependant il faut aussi voir que la dynamique s'est légèrement ralentie en raison de multiples facteurs et davantage d'efforts sont encore nécessaires pour consolider les bases du rebond Une croissance chinoise bien loin des chiffres records des dernières décennies Pour 2022 le gouvernement espère une progression du PIB de 5,5% C'est le pire taux de croissance en 30 ans sans compter l'année 2020 marquée par le Covid Mais selon certains experts ce chiffre ne sera même pas atteint à la fin de l'année Entreprise en d'été croissance économique en berne la banque centrale chinoise a donc décidé de diminuer ses taux d'intérêt par deux fois au cours des deux semaines passées Un ralentissement en grande partie dû aux restrictions sanitaires de ces derniers mois Une politique zéro Covid Des dépistages à la chaîne Des villes entièrement reconfinées à l'image de Shanghai au printemps dernier Et les cas positifs placés en quarantaine parfois par la force Un jusqu'au boutisme assumé par les autorités chinoises La politique de prévention et de contrôle du gouvernement chinois peut résister à l'épreuve de l'histoire Et nos mesures de prévention et de contrôle sont scientifiques et efficaces La Chine est l'un des pays les plus performants au monde en matière de prévention et de contrôle des épidémies La Chine pourrait également être fragilisée par les regains de tension avec Taïwan Car le pays est le premier producteur de semi-conducteurs matériel indispensable à la production de smartphones ou même de voitures Le dirigeant de la plus grosse entreprise de ce composant à Taïwan met en garde contre toute invasion
Notre interruption aurait pour conséquence de générer
d'énormes turbulences économiques en Chine car soudainement leurs approvisionnements en composants les plus sophistiqués viendraient à disparaître Des fragilités alors qu'aujourd'hui le dirigeant du géant chinois Huawei annonce lui aussi rencontrer des difficultés Dans une note envoyée à ses salariés il estime que son entreprise est menacée par la récession mondiale
Je voudrais juste qu'on s'arrête sur cette dernière phrase On parle de Huawei On faisait des émissions sur le géant chinois qui challengeait les géants américains Là il parle de la survie d'entreprise qui est en cause Céline Matelli
Complètement On est face à une économie chinoise qui traverse probablement les plus fortes turbulences de ces 30 dernières années Une économie chinoise rappelez-vous fin des années 90 qui est la 7ème économie au monde qui est déjà en croissance très forte et qui va en quelques années en moins de 20 ans devenir le challenger de la première économie le challenger des Etats-Unis avec l'objectif de les dépasser Donc on est vraiment dans des difficultés que n'a jamais connues ce gouvernement avec en plus là aussi des choix politiques qui ont été extrêmement maladroits la reprise en main de l'économie la reprise en main du système et des ultra-riches chinois puisqu'il s'agit bien de ça qui a quand même fortement affecté la confiance des personnes qui investissaient en Chine et qui se sont dit mais pourquoi on investit si c'est pour le pouvoir central vous avez la stratégie zéro Covid dont on parle dans votre reportage qui a été catastrophique mais catastrophique jusqu'à un point qu'on n'imagine même pas au-delà des personnes qui ont été confinées des chaînes d'approvisionnement qui ont été affectées vous avez un certain nombre d'entreprises européennes ou occidentales qui sont obligées aujourd'hui de quitter la Chine parce que plus personne plus aucun expatrié ne veut aller s'installer en Chine ça veut dire quoi ?
une entreprise occidentale une grande entreprise qui quitte la Chine c'est des jeunes chinois qui se retrouvent au chômage à Shanghai le chômage des jeunes a atteint 20% parce que c'est essentiellement des jeunes chinois qui travaillent dans ces entreprises des jeunes chinois c'est des consommateurs en moins quand on est jeune on s'achète des apparts on s'achète de l'électron ménager des voitures donc vous avez toute une économie qui est complètement déstabilisée je n'ai même pas parlé de la crise immobilière
oui ça a été fait dans le reportage ça a été rappelé dans le reportage c'est une des fragilités de plus de l'économie chinoise on parle ce soir des sacrifices puisque le mot a été prononcé par le président de la république lui il parlait de la situation française mais Mathieu Plannes quand on regarde ce qui se passe dans la deuxième économie mondiale on se dit ça aussi ça peut avoir des conséquences sur ces mois qui nous attendent et dont on a bien compris qu'il ne serait pas facile
oui bien sûr que ça pèse sur la croissance mondiale c'est 15% du PIB mondial et encore plus dans le commerce mondial je crois que ça d'ailleurs le président en a parlé aussi de la question dans la transformation de la souveraineté c'est à dire que et la souveraineté industrielle c'est à dire qu'une des questions qui a émergé aussi avec la crise Covid c'est de voir la dépendance qu'on avait sur un certain nombre de produits de composants industriels vis-à-vis de la Chine la Chine le problème de la Chine c'est que sa récession est aussi liée à sa stratégie zéro Covid et donc parce qu'elle produit moins parce qu'elle a fait des choix sanitaires qui sont particuliers mais c'est moins de production c'est aussi moins d'approvisionnement pour nous pour les économies européennes donc c'est vrai que ça met à l'arrêt aussi des chaînes de production industrielle par exemple dans l'automobile ou d'autres secteurs industriels ce qui crée des difficultés donc c'est pas juste le ralentissement chinois le problème c'est ce que ça a sur les chaînes de production mondiale et l'approvisionnement pour l'industrie notamment européenne et les Allemands sont là-dessus en première ligne
donc ça peut avoir des conséquences sur l'activité sur l'inflation quelles conséquences ça peut avoir parce qu'il y a cette question pardonnez-moi qui nous est posée par Françoise dans les Alpes de Provence qui nous dit y a-t-il de l'inflation en Chine ?
il y en a un peu mais je pense que ils sont à 4% voilà 4% mais c'est moins que nous je pense que c'est pas le problème numéro 1 de la Chine mais en revanche une récession chinoise aurait plutôt tendance à limiter l'inflation mondiale parce que ils sont extrêmement c'est la plus grosse demande mondiale de tout ce qui va être énergie en réalité et donc forcément les prix du pétrole ont aussi reculé parce que la croissance mondiale chinoise a ralenti donc ça c'est plutôt un effet de stabilisateur sur l'inflation
un mot Christophe Barbier j'ai cité à l'imperfit tout à l'heure est-ce qu'il écrirait aujourd'hui quand la Chine s'effondrera après avoir écrit quand la Chine s'éveillera il faut qu'on se prête tous à un petit jeu on rentre chez nous ce soir et on regarde tout ce qui est made in China chez nous vêtements, jouets, électroniques et on mesurera notre dépendance à la Chine elle est au moins égale si ce n'est supérieure à notre dépendance à la Russie elle est en tout cas plus visible dans notre vie quotidienne alors on n'est pas dans le scénario d'un effondrement de la Chine mais on est quand même dans le scénario d'un refroidissement complet de son économie mais aussi du coup de ses ambitions il y a deux ans il y avait l'ambition de dépasser les Etats-Unis il y avait les routes de la soie en clair racheter une bonne partie de l'économie mondiale et notamment européenne par des circuits de circulation racheter des ports des aéroports etc on n'en entend plus beaucoup parler ne parlons pas non plus de son ambition en Afrique qui va sans doute aussi reculer un petit peu une Chine un peu malade c'est pas forcément mauvais pour nous et c'est une Chine qui n'aura peut-être plus l'envie d'envahir Taïwan et de provoquer cette crise mondiale le côté géopolitique risque géopolitique est lié à cela il y a eu une sécheresse c'était une canicule en Chine il y aura des problèmes peut-être aussi alimentaires chez eux on voit des colères sociales poindres on voit que depuis 2020 la Chine est d'abord affaiblie par ses problèmes intérieurs avant d'être confrontée à tel ou tel ennemi extérieur
mais ce qui est intéressant c'est de savoir si ces problèmes énormes qu'elle a peu traversé quand même qui remet en question tout le modèle de Deng Xiaoping qui avait ouvert la Chine à l'économie est-ce que politiquement ça va avoir des... parce que ça si politiquement ça a eu des conséquences à l'heure où le numéro 1 chinois Xi Jinping se prend pour Mao c'est-à-dire que il a inscrit dans la constitution son nom est-ce que ça va avoir des conséquences et là on va au devant alors là on pourrait aller au devant d'un changement radical
la question qu'on posait ce soir par rapport au début de notre conversation sur la situation économique sur le pouvoir d'achat c'est que c'est une fragilité de plus dans la photographie que vous nous avez aidé à faire ce soir bien sûr qu'il y a l'Ukraine bien sûr qu'il y a les cours de l'énergie mais il y a aussi ces choix politiques qui sont faits en Chine et qui fragilisent la deuxième économie mondiale et on voit bien qu'au fond on revient au début de notre conversation ça va être compliqué d'expliquer aux Français que ce n'est pas de notre faute que c'est de la faute des Chinois ou que c'est de la faute de Vladimir Putin
et avec un complément sur la récession chinoise qui s'annonce c'est que le zéro Covid a comme ça a été très bien dit affecté les chaînes d'approvisionnement affecté l'industrie et les secteurs industriels la récession aujourd'hui en Chine elle porte essentiellement elle est essentiellement la cause d'un ralentissement de la consommation des ménages or ces ménages à Shanghai, à Pékin ou autres qui ont un fort pouvoir d'achat ils achetaient quoi ? ils achetaient du luxe français ils achetaient des produits agroalimentaires français ou européens et autres donc on va avoir aussi des secteurs d'activité qui avaient été relativement épargnés aujourd'hui qui vont se trouver touchés par la récession
Juste comment est-ce qu'on concilie la sobriété nécessaire donc cette idée encore une fois derrière les mots du président de la République qui parle de grand basculement l'idée que c'est la fin de l'abondance et en même temps le soutien à l'économique et à la consommation
alors je pense que c'est difficilement réconciliable comme ça mais si il y a quand même quelque chose c'est-à-dire sobriété ça peut être consommer moins d'énergie et des hydrocarbures les hydrocarbures on ne les produit pas donc ça veut dire que l'activité qu'on réalise c'est pas parce que mais par contre ces hydrocarbures sont utiles pour notre production industrielle ça veut dire consommer peut-être plus local plus made in France je pense qu'il y a une transformation c'est ça aussi la transformation de l'économie
et nous revenons maintenant à vos questions une question de Joël dans les Pyrénées-Atlantiques que veut dire la fin de l'insouciance et de l'abondance et pour qui ?
Christophe Harvey si on essaie de décrypter ces mots du président et les oppositions ont tout de suite pris ces mots pour les renvoyer à la figure de l'exécutif il faut regarder ce qu'il veut dire en termes de production c'est quoi l'abondance et l'insouciance ?
l'insouciance c'est qu'on ne se dit pas tiens est-ce que j'aurai de l'essence demain à mettre dans ma voiture est-ce que j'aurai de l'électricité quand j'allumerai l'interrupteur est-ce que je pourrais faire démarrer mon usine parce que j'aurai du gaz pour faire tourner mes fourneaux on n'a pas ces angoisses là c'est des angoisses qui ont accompagné pendant 40 ans les pays de l'Est ce régime communiste c'est des angoisses qui ont connu les français juste après la fin de la seconde guerre mondiale dans la période de reconstruction en plus de ça il y a est-ce que j'aurai si j'ai de l'argent parce que j'ai travaillé est-ce que je trouverai dans les supermarchés de quoi me nourrir de quoi me vêtir on était sortis de cela il y avait de l'insouciance ça n'était pas un souci de se dire est-ce que je trouverai il y avait d'autres soucis est-ce que je vais perdre mon emploi est-ce que mes enfants vont trouver du travail mais il n'y avait pas ces soucis là je pense que ce que le président voulait dire c'est ça ce changement d'un modèle de corne d'abondance comme on le dit dans la mythologie où tout est là si on a les moyens de se payer c'est pas le cas pour tout le monde on trouvera de quoi acheter les supermarchés sont pleins c'est la fin peut-être de ce système ça nous incite à aller vers ce grand basculement qu'il présente comme quelque chose de positif inventons une nouvelle économie un nouveau rapport à la consommation un nouveau rapport au travail un nouveau rapport à l'environnement local pour survivre à ce bascule
il y a une maladresse dans le choix du mot abondance au moment où on parle d'inflation ce qui aurait été reproché par les oppositions que vous citiez à l'instant
ce que dit Christophe effectivement c'est la remise en question de la société de consommation sauf que cette société de consommation qui dure depuis les années on va dire les années 60 elle n'est pas la même pour tout le monde effectivement c'est à dire qu'on a une France alors c'est un peu facile de dire ça mais à deux vitesses vous avez une France qui ne se pose pas la question de savoir si elle va partir en vacances elle va partir en vacances si elle va aller à la mer à la montagne l'école des enfants si ça ne marche pas dans le public ça sera le privé toutes ces questions pour beaucoup de français ne se posent pas mais pour une grande partie des français elles se posent ces questions là
donc pour cette partie des français là ça peut être choquant
ça peut être choquant de se dire déjà on se sert à la ceinture et ça fait longtemps qu'on se sert à la ceinture dans des ménages ou des foyers où il y a parfois au moins un membre qui est au chômage aussi il faut le dire parce qu'on n'est pas au plein emploi en France et ce discours là il peut être considéré comme un peu abusif
justement Macron se prend-il pour Churchill n'a-t-il pas assez de promettre du sang du labeur et des larmes et des sueurs
il aime l'histoire donc il pense évidemment à Churchill et Churchill ça lui avait réussi mais Churchill était un premier ministre de crise et quand il y avait la paix et bien il était renvoyé dans ses foyers
là on peut considérer que c'est un président de crise
on peut considérer que c'est un président de crise
il a déjà dit
qu'on était en guerre plusieurs fois c'est un président de crise avec un S et des crises bien supérieures aux crises domestiques qu'on a connues comme les gilets jaunes ça c'est des crises maintenant mondiales il n'a pas les clés de la crise Churchill en même temps qu'il disait du sang de la sueur et des larmes dans ce discours il disait ce qu'il fallait faire comment organiser la défense passive comment organiser les contre-attaques il avait un plan de guerre on attend celui du président il y a des circonstances politiques qu'on a décrites qui ne sont pas simples pour lui mais on attend quand même cela il veut s'en occuper personnellement il va demain s'occuper de parler au recteur donc d'académie donc l'éducation la rentrée scolaire ça le concerne il va ensuite en Algérie parce que le gaz il se trouve aussi là-bas et on doit se rabibocher avec ce voisin avec lequel nos relations sont si froides depuis un certain temps donc le président veut prendre le manche dans l'avion mais il n'a pas de majorité donc ça ne va pas être simple
Serons-nous obligés de choisir entre nous chauffer et nous nourrir ?
Ouh là !
On a peut-être cassé un peu le moral des gens qui nous écoutent ce soir
Non mais c'est vrai que cette histoire on le voit sur un certain nombre de produits il peut y avoir des difficultés notamment alimentaires sur la question de l'énergie elle est fondamentale c'est-à-dire la question du gaz c'est comment est-ce qu'il y a un plan en cas effectivement de coupure de gaz sur comment on va allouer le gaz c'est-à-dire qui seront les est-ce que les industries notamment gazo-intensifs continuent à être approvisionnées est-ce que c'est les ménages qui sont prioritaires ?
Le président l'a dit ce seront les ménages qui sont prioritaires ?
Qui sont prioritaires donc ça veut dire que du coup s'il y a des réflexions sur le gaz c'est-à-dire qu'une partie de l'industrie on n'aura plus donc ça veut dire qu'on aura un choc économique
c'est trop fioul et c'est vrai qu'il y a est-ce qu'il y a des aides pour accompagner parce que c'est plus cher que ça n'a été ?
Le fioul domestique je regardais les chiffres je crois que ça a augmenté de 100% donc beaucoup plus que le gaz le gaz de la problématique elle est bien sûr sur les prix le prix du gaz a augmenté elle fait fois 20 quasiment depuis plus d'un an mais là le problème ce qui est un nouveau problème c'est le rationnement c'est ce qu'on ne connaît pas c'est pour ça qu'on parle d'économie de guerre dans ces cas-là c'est comment on organise du rationnement et c'est là qu'on retrouve les discours sur l'abondance ou pas d'abondance c'est-à-dire le rationnement on n'a pas connu ça depuis l'après et les sacrifices et donc les sacrifices et qui fait des sacrifices et comment on organise ces sacrifices ?
Avec ce retour ce que vous disiez tout à l'heure sur ce sentiment sur l'égalité et la justice dans ce qui doit être aussi prise en compte surtout dans un pays comme le nôtre une question de Jean dans le Vaucluse les français accepteront-ils de faire des efforts si on ne met pas à contribution les plus fortunés de ce pays ? Vous voyez je vous posais la question
On en revient toujours à la même question et on le voit sur tous les débats qui pointent aujourd'hui on est vraiment sur ce sujet-là est-ce que tout le monde est à la même enseigne ? Est-ce que s'il y a des plans de sobriété est-ce qu'ils seront appliqués à tout le monde ? Ou est-ce qu'il y a des privilégiés ?
Et il ne faut pas oublier que le président Macron est souvent qualifié du président de riche donc on va le regarder avec une loupe sur ce sujet-là pour être sûr qu'il n'accorde pas un certain nombre de privilèges Dieu sait qu'en France on n'aime pas les privilèges Juste un petit point je pense que ça a été une des difficultés aussi du gouvernement c'est que depuis plusieurs années maintenant il y a vraiment ce discours de ne pas augmenter les impôts
C'est la règle qui est fixée pour le prochain budget pas d'impôt supplémentaire
pas de dette supplémentaire Comment on fait pour trouver des nouvelles ressources fiscales si on n'augmente pas les impôts et comment on prélève du coup chez les plus riches sur par exemple les entreprises qui réalisent des super profits etc.
Il faut mettre à contribution les plus riches particuliers ou entreprises sans décourager les investisseurs et c'est les mêmes si vous faites fuir des contribuables qui diront vous augmentez mes impôts je vais aller les payer en Belgique ou ailleurs vous jouez contre votre camp c'est cet équilibre-là qui est très très difficile à trouver on sent bien que la pression politique sur l'opinion publique maintenant sur le gouvernement sur Macron est très forte C'est ce que nous disait
tout à l'heure Yves Tréhard
Ça ne peut pas être que du symbole sur les jets privés il faut que ça soit quelque chose de structuré sur la redistribution financière en France et sur la vertu de celui qui gagne de l'argent quelqu'un qui fait un super profit mais qui fait un super investissement avec son super profit il va créer beaucoup d'emplois il n'y a pas de raison de le taxer
C'est pour ça que le gouvernement s'est opposé enfin le président de la République s'est opposé à la baisse de la TVA sur le gaz alors que les Allemands dans le même temps autorisent la baisse enfin vont vers une baisse de la TVA sur le gaz donc par définition une baisse de la TVA ça touche tout le monde mais le président de la République a d'ailleurs n'a pas dit la vérité puisqu'il a dit que l'Europe allait nous en empêcher l'Europe a accepté que l'Allemagne le fasse donc ça va être une grande question chez nous
Une question de Patrick dont le doux les Français doivent-ils craindre pour leurs économies ? Mathieu Plannes
Non pas pour leurs économies d'ailleurs il y a quand même quelque chose d'intéressant c'est qu'une bonne nouvelle c'est que les ménages
Il a fallu attendre une heure Merci
Mais voilà il faut quand même finir sur une bonne nouvelle entre guillemets alors c'est pas forcément une si bonne nouvelle que ça mais il y a eu beaucoup d'épargnes pendant la crise Covid en réalité il y a presque 170 milliards d'épargnes qui ont été accumulées alors pas tous les ménages c'est effectivement plutôt les plus aisés et pour le moment ils n'ont pas tellement puisé dans cette épargne pour justement soutenir la consommation les plus modestes sont déjà puisés mais il y a un certain nombre de ménages qui ont encore des réserves d'épargnes qui pourraient consommer plus et relancer l'activité
Et l'épargne rémunère ?
Elle rémunère pas très bien surtout avec une inflation qui sont garanties
Une inflation à 6,1% contre près de 9% pour la zone euro et les français ronchonnent ?
Ben oui ils ronchonnent parce que 6,1% c'est quand même beaucoup puis on ne vit pas en Hongrie on ne vit pas en Allemagne et en effet on a de l'argent sur l'ivrea on en a même mis beaucoup cet été mais l'inflation le dévore donc il faut investir il faut consommer mais quand on a peur pour l'avenir c'est pas ça
Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h45 on te retrouve demain dès 17h30 avec C'est dans l'air l'invité et puis votre rendez-vous habituel c'est dans l'air Belle soirée sur France 5
Emmanuel Macron