Budget pour la France: entretien avec Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alors on allait parler du budget de la France, venez tous les deux, bonsoir, on allait parler de ce budget que la France n'a toujours pas ou qui aura peut-être mardi puisque a priori Sébastien Lecornu devrait dégainer soit l'article 49.3 sous les ordonnances, bref deux passages en force mais on va quand même vous poser une question sur l'international. Bonsoir monsieur le ministre Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'espace.
Dans un instant effectivement on va revenir sur ces annonces qu'a fait Sébastien Lecornu concernant les étudiants avec Mathieu Vallée, député européen du Rassemblement National mais d'abord c'est l'actualité qui prend le cours et c'est l'annonce, la riposte de Donald Trump à l'envoi des troupes européennes sur le sol groenlandais. Il persiste et il signe, il veut ce terre-histoire. Philippe Baptiste, comment est-ce qu'on doit réagir à ces 10% ? Il dit que les Européens jouent à un jeu dangereux.
Moi je pense que le jeu dangereux il n'est pas joué par les Européens aujourd'hui, il est joué par Donald Trump d'une part. Et puis d'autre part la réponse elle est très simple, le groenland n'est pas à vendre. Le groenland n'est pas à vendre. Donc la réponse elle est extrêmement simple, voilà c'est tout. Donc maintenant il faut arriver à sortir de ça et pas oublier qu'entre la France et les Etats-Unis, entre l'Europe et les Etats-Unis, il y a un lien qui est un lien ancien, qui est un lien extrêmement fort. Il faut veiller à ne pas l'abîmer et il faut veiller à le restaurer.
Et néanmoins comment est-ce que vous voyez effectivement cette déclaration puisque Donald Trump dit qu'il est impératif afin de protéger la paix et la sécurité mondiale de prendre des mesures fortes pour que cette situation potentiellement périlleuse prenne fin rapidement. Ça veut dire qu'il hausse le ton, qu'il rentre dans une quasi-guerre ouverte avec l'Europe ?
Non, je pense qu'il y a une part de gesticulation aussi derrière tout ça, derrière ce qui se passe aujourd'hui, c'est ça. Bon, maintenant je pense qu'il faut revenir aux fondamentaux. Le groenland n'est pas à vendre et je pense que c'est l'intérêt de personne de rentrer dans une guerre des pays.
Il faut riposter, riposter à ces 10% ?
Je pense qu'il faut prendre le temps de comprendre ce que veut faire exactement le président des Etats-Unis. Il faut prendre un petit peu de temps et encore une fois, le groenland n'est pas à vendre et personne n'a intérêt à une guerre des tarifs.
Monsieur Vallée, on va parler donc du budget. Sébastien Lecornu a fait beaucoup d'annonces. Je le disais, il a fait des annonces concernant votre ministère, l'enseignement supérieur notamment, le repas à 1 euro généralisé pour tous les étudiants, le maintien des bourses, pas de hausse de l'impôt sur le revenu, beaucoup, beaucoup de dépenses. D'ailleurs, Marine Le Pen disait qu'à l'Himero Lecornu, on ne voit pas où sont les recettes. Vous êtes d'accord ?
Ah ben, je vous attendrais si je n'étais pas d'accord avec la chef de file de notre parti à l'Assemblée nationale. Non, mais le problème, M. Baptiste, on vit du sujet tout de suite dans le débat, M. le ministre, c'est que vous rasez gratis avec de l'argent que vous n'avez pas. Vous distribuez les chèques comme la grande kermesse du Nord. Alors, le repas à 1 euro pour les étudiants, c'est quelque chose que d'ailleurs nous avions voté. Mais à côté de ça, c'est 7 milliards d'euros de dépenses que vous allez vous apprêter à faire sur le dos des Français avec des poches qui sont plus que vides, elles sont trouées.
Et derrière, il faut dire comment vous allez trouver les 20 milliards d'euros d'économies que nous allons devoir faire. Alors, évidemment, vous êtes aux responsabilités avec un mandat précaire puisque vous avez fait des élèves contre nature pour pouvoir rester aux responsabilités. Vous sauvez vos sièges là, nous, on veut sauver le budget de la France. Et donc, je termine. Nous, on propose par exemple, M. Baptiste, de permettre, M. Baptiste, on propose par exemple de revenir sur les prestations sociales non contributives.
On fait 16 milliards tout de suite. Je vous encourage à mieux, peut-être à réécouter l'intervention du Premier ministre, de Sébastien Lecourne. Oui, mais ça vaut toujours la peine de réécouter puisqu'il a réaffirmé aussi un objectif de déficit qui était un objectif de déficit qui était en baisse parce que ça fait partie de la responsabilité du gouvernement. Donc, c'est un objectif, ce qui veut dire qu'il y aura des efforts et il y aura des économies à côté des augmentations qui sont sur la table aujourd'hui. La responsabilité, la responsabilité aujourd'hui, c'est de doter la France d'un budget. Mais pas n'importe quel prix. C'est de doter la France d'un budget.
Et il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Il faut être capable de faire des compromis. Il faut être capable de discuter. Et il y a deux parties, vous et vos amis de LFI, qui ne discutez sur rien. Mes amis, M. Baptiste, vous êtes en renseigné. Et vous êtes en permanence dans des stratégies de blocage, d'instrumentalisation du Parlement. Vous avez fait des discussions budgétaires, un monstre, un Frankenstein qui n'est pas votable aujourd'hui. Donc, forcément, on est obligé de faire différemment.
Mais la responsabilité, c'est de rentrer dans la discussion, c'est de rentrer dans les négociations et c'est de trouver des compromis collectifs pour l'ensemble de la classe politique, pour donner à la France un budget. On a besoin d'un budget. On a besoin d'un budget pour la défense. On a besoin d'un budget pour l'innovation. On a besoin d'un budget pour la recherche, pour les universités, pour les étudiants, pour le travail et pour l'emploi des Français.
Et néanmoins, M. Baptiste, M. Vallée a posé une question. Effectivement, le repas à 1 euro généralisé pour tous les étudiants, vous le financez comment ?
Alors, c'est 90 millions d'euros en année pleine, effectivement. Donc, c'est une dépense, c'est une dépense collective. Je voudrais rappeler que c'est un petit morceau. L'effort aujourd'hui qu'on fait pour les étudiants, pour la vie étudiante, c'est à peu près 3,2 milliards d'euros par an. Donc, on est en train de parler d'une petite augmentation, qui est importante, mais qu'il faut mesurer par rapport à ces 3,2 milliards que la France consacre aux jeunes aujourd'hui, à travers des bourses, à travers des logements, pour aider les étudiants.
Mais est-ce que la France a les moyens, généralisés à tous les étudiants, pourquoi pas juste à ceux qui sont très clairs ?
Vous savez, c'est un choix, c'est l'objet d'un compromis. Je vais être très clair et très franc, si vous avez suivi les débats au moment où on a discuté de ce projet de loi, le gouvernement n'était pas favorable initialement à ce budget, à ce repas à 1 euro pour tout le monde. Mais c'est aussi parce qu'on pensait qu'il y avait peut-être d'autres moyens, peut-être d'autres priorités au sein de la vie étudiante, mais c'est aussi une demande qui est très forte et qui est très importante aujourd'hui.
Et donc, je sais que vous avez rejoint récemment le gouvernement, mais j'aimerais rien ne pas remplacer une. Oui, mais je vais vous détruire, vous savez, je n'ai aucune carte politique. Ça se voit parce que, vu l'amateurisme avec lequel votre parti...
Alors, M. Vallée, en revanche, c'est un débat apaisé qu'on va faire ici. M. Vallée, je vous en prie.
Non, mais là, vous dites, c'est moi qui décide si ça se passe bien ou pas en revanche. Oui, moi aussi, c'est moi qui décide comment je réponds et comment je le réponds,
n'est pas né, ni vous, ni qui que ce soit, comment je dois répondre aux gens.
Je suis élu, madame, donc un peu de respect, parce que le jour où vous présentez vos élections, vous aurez la possibilité de me faire des sons de morale. Donc, j'ai simplement, M. le ministre, que vous venez avec vos gros sabots, mais vous devriez demander pardon et vous excuser auprès des Français en 10 ans. On est à 3 400 milliards de dettes. M. Macron, que vous avez choisi de servir, je ne vous ai pas obligé, et Marine Le Pen et Jordan Bardella, vous n'allez pas le servir. Non, non, mais rassurez-vous, je ne prendrai aucune instruction de Jordan Bardella.
Je pense que pour l'ancien docteur en CNRS, que vous êtes habitué des chiffres, habitué des sciences et de la recherche et de l'université, votre cœur doit se saigner quand il voit la France, qui aujourd'hui est à genoux face à ses créanciers, majoritairement étrangers, parce que vous empruntez de l'argent que vous n'avez pas, M. le ministre.
La question, vous savez, autour de la question de la dette de la France...
C'est important de dépenser de l'argent que vous n'avez pas, M. le ministre, d'engager les responsabilités des gens en France.
Le problème de la dette, vous savez, aujourd'hui, c'est de savoir en gros pourquoi on s'endette. On s'endette beaucoup, on s'endette trop, ça c'est sûr. La deuxième raison, c'est qu'est-ce qu'on fait de l'argent qu'on emprunte ? Et notre problème aujourd'hui, qui est un problème collectif pour tous les Français, c'est qu'on emprunte pas pour investir suffisamment dans le futur, dans l'avenir, dans la science, dans la technologie, dans notre industrie, mais on emprunte trop pour payer nos retraites. Et ça, vous savez, c'est un problème qui est un problème fondamental. Non, c'est un sujet qui est sur la table depuis des décennies, et qu'il faut être capable de faire évoluer.
Je ne vous ai pas beaucoup entendu au moment où on a travaillé sur la réforme des retraites, aussi bien avec le gouvernement d'Edouard Philippe. Ah non, non, non, non, non, la démagogie, ça c'est votre forme.
Une question sur les annonces, M. le ministre. Vous, le mention de l'absence de la société, c'est aussi votre part. Une question sur les annonces, M. le ministre, sur les bourses étudiantes, qu'est-ce qui est annoncé par Sébastien Lecornu ? Une revalorisation, une extension ? Est-ce qu'on peut nous donner des chiffres concrets ?
Non, pour l'instant, le but du jeu, c'est quelque part de maintenir l'enveloppe des bourses étudiantes aujourd'hui, c'est-à-dire quelque part, il y avait une légère baisse qui était dans le budget précédent. On va revenir au budget qui était le budget précédent, et donc ça va permettre de maintenir l'effort sur les bourses pour les étudiants, parce que c'est important d'avoir ces bourses pour soutenir effectivement les étudiants. Vous savez, les étudiants, les étudiants qui n'ont pas de bourses... Allez-y, parce qu'il ne reste qu'une minute.
Mais le ministre, il est très fort dans les propos, mais très faible dans les actes. Les bourses, ça fait depuis 8 ans que vous les promettez, ce système de bourses pour les plus défavorisés, elle n'arrive pas. Vous avez même dit que ça faisait des objets de discussion avant même votre arrivée. Non mais, M. le ministre, vous avez dit... Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je pense que vous mélangez le budget de la France avec le budget de l'argent que vous n'avez pas. Mais, M. le ministre, je termine sur ça. Vous avez dit que l'université française, ce n'était pas Zola.
Mais moi, je peux vous dire que, pardon, vous en avez un sujet qui me concerne, dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, ce n'est pas Zola, c'est le cher monde. Vous savez qu'il manque 2 milliards pour nos gendarmes pour les loger correctement et les faire travailler dans les conditions satisfaisantes. Laissez-le répondre, le mot de la fin, M. Baptiste, tout pour nos tribunaux de magistrats pour éviter que des fous furieux se retrouvent dans la rue.
Qu'est-ce que vous proposez sur ça ? Notre pays a son lot de difficultés et on a aussi notre lot de fierté. On a des universités qui sont extraordinaires. On a des chercheurs qui sont extraordinaires. Ça change de plus de plus assulté. On a des laboratoires de recherche, on a des équipements qui sont extraordinaires. Et vous savez, vous devriez plutôt regarder les succès et veiller à les maintenir. J'essaie de les trouver avec la ma chronique, c'est dur. On va récupérer un pays que vous avez mis à terre. Et on le relèvera avec fierté, monsieur.
Philippe Baptiste