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interviewFrance Inter (sur YouTube)· 23 novembre 2023 25 min

Marine Le Pen : "L'Union européenne est une structure technocratique obèse"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée Nationale, députée du Pas-de-Calais. Question, réaction, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Beaucoup de sujets à aborder avec vous. L'accord de trêve au Proche-Orient, le projet de loi immigration, le drame de la mort du jeune Thomas Crépole. Mais d'abord, quelques mots sur les élections aux Pays-Bas. Le parti d'extrême droite de Gerd Wilders est arrivé largement en tête des élections hier soir, même s'il devra maintenant former une coalition pour devenir Premier ministre.

Et que ça ne va pas être facile. Mais Marine Le Pen, ce matin, est-ce que vous vous félicitez tout simplement de cette victoire ?

0:47
Marine Le Pen

Bien sûr. Bien sûr, je me félicite de cette victoire parce que Gerd Wilders et son mouvement sont des alliés du Rassemblement National. Il participe du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen. Et il démontre que de plus en plus de pays au sein de l'Union européenne, d'abord contestent son fonctionnement. Et il y a vraiment de quoi. Et souhaitent que l'on puisse à nouveau maîtriser une immigration qui est considérée par beaucoup de peuples européens comme en même temps massive. et aujourd'hui totalement anarchique. Quand je vous dis qu'il y a des raisons de lutter contre l'Union européenne, hier encore un rapport de M.

Verhofstadt a été voté qui entend, il n'a pas de valeur légale, mais enfin tout de même il dit quelque chose parce qu'il a été voté par le PS, par les écologistes, par le parti du président de la République En Marche. En Marche et il dépouille en réalité les nations de l'intégralité quasiment de leur souveraineté. Il transforme Mme von der Leyen, présidente de la Commission, enfin transformerait en présidente de l'Union européenne. Les commissaires ne seraient plus choisis par les États, mais par ce soi-disant président. Il s'attribue les pouvoirs en matière de santé, en matière de fiscalité, en matière d'immigration.

2:08
Invité

Et Marie Le Pen, dans le programme de Gerd Wilders figure notamment la promesse d'un référendum sur le maintien ou non des Pays-Bas dans l'Union européenne. S'il organisait ce référendum et si les Pays-Bas disaient on sort de l'Union européenne, ce serait une bonne nouvelle ? Mais ce n'est pas une question de bonne ou de mauvaise nouvelle.

2:24
Marine Le Pen

La bonne nouvelle c'est quand les peuples peuvent s'exprimer. La mauvaise nouvelle c'est comme en 2005 lorsqu'ils disent non à la constitution européenne et qu'on leur impose tout de même le traité de Lisbonne. Voilà c'est ça la mauvaise nouvelle. Après c'est au peuple néerlandais de choisir son destin, comme l'a fait d'ailleurs le peuple britannique. Mais encore une fois, le résultat de ce référendum, il pose la question de ce qu'est devenue l'Union européenne. C'est-à-dire une structure technocratique obèse qui avance par la sanction, la menace, par les condamnations. La dernière promesse de condamnation étant celle de 20 000 euros par migrant refusé par les Etats à qui on les imposerait.

3:07
Invité

Critiquer le fonctionnement de l'Union européenne comme vous le faites est une chose, entendable d'ailleurs, audible. Mais l'autre chose c'est de se réjouir si les Pays-Bas sortaient comme Jordan Bardella il y a 4 ans au moment des élections européennes. C'était réjoui de la décision du Brexit en disant on faut saluer cette décision du Brexit. Est-ce qu'à terme c'est ça qu'il faudrait ? Il faudrait que chaque pays sorte et que l'Union européenne se délite ?

3:29
Marine Le Pen

Mais non, à terme, ce qu'il faut et ce pourquoi nous nous battons au Parlement européen, c'est précisément de changer radicalement le fonctionnement de l'Union européenne. Donc moi je suis optimiste, sinon on ne se présenterait pas aux élections, vous voyez. Donc on se présente aux élections européennes parce que précisément nous pensons qu'il est possible d'avoir une Union des Nations européennes, parce que c'est ça en réalité la véritable dénomination qu'il faudrait imposer, une Union des Nations européennes sur des grands projets pour pouvoir faire ensemble ce qu'on ne peut pas faire tout seul et en respectant les souverainetés des nations.

4:05
Invité

Sur l'Union européenne, qui est un sujet sur lequel vous avez varié, vous l'avez reconnu vous-même entre les différentes présidentielles, si jamais vous étiez élue par exemple en 2027, vous pourriez organiser un référendum pour sortir une Union européenne ?

4:16
Marine Le Pen

Pardon, mais je ne suis pas sûre d'avoir varié. Je suis partie de l'idée à un moment, compte tenu du paysage politique en Europe, que nous n'arriverions pas en réalité. Le Pen, vous vouliez sortir de la zone euro ? Oui, sur l'euro nous avons modifié notre position, mais sur le reste, on est parti d'une situation où nous ne pouvions pas envisager de modifier le fonctionnement de l'Union européenne. Aujourd'hui, et la victoire du PVV nous le dit, nous avons la possibilité, et je le crois, pour peu que les Français se mobilisent, de pouvoir changer radicalement la majorité au sein de l'Union européenne.

Typiquement, au sein du Parlement notamment, typiquement, on a réussi à mettre Emmanuel Macron en minorité à l'Assemblée nationale. Il faut faire la même chose, il faut mettre lui et ses amis idéologiques en minorité au Parlement européen.

5:01
Présentateur

Gerd Wilders dit que son grand combat est contre l'invasion islamique de l'Europe. Il a été poursuivi en justice pour avoir traité les Marocains de Raqqa. Il a proposé des concours de caricature du prophète. Vous cautionnez cet aspect-là aussi du personnage ?

5:16
Marine Le Pen

Non mais je n'ai pas à cautionner ou pas cautionner, si vous voulez. Moi, je cherche en Europe des alliés, pas des clones. Je ne suis pas Gerd Wilders, il n'est pas Marine Le Pen. Il est parfois accessible ? Oui, il a parfois des propos, le moins qu'on puisse dire, qui sont chocs et qui peuvent d'ailleurs parfois être choquants. C'est sa méthode, c'est sa manière. Je crois d'ailleurs qu'il a pas mal évolué sur cela. Il s'est normalisé lui aussi, vous dites. On ne peut que s'en réjouir. Mais vous savez, pour se faire entendre parfois, quand on est un mouvement qui n'a pas encore l'audience nécessaire, certains croient qu'il est utile justement de choquer.

Je ne voudrais pas dire que les résultats aujourd'hui qu'il obtient sont justement la conséquence de cette normalisation, mais quand même, je le crois.

6:05
Présentateur

Venons-en au Proche-Orient. A l'accord conclu entre Israël et le Hamas, 50 otages israéliens libérés en échange d'une trêve de 4 jours et de la libération de prisonniers palestiniens. Joe Biden se dit extrêmement satisfait. Emmanuel Macron a également salué l'accord. Après un mois et demi de conflit, Marine Le Pen, cette trêve humanitaire accompagnée d'une libération partielle d'otages, est-elle une bonne nouvelle ?

6:29
Marine Le Pen

D'abord que les otages franco-israéliens soient libérés est une très bonne nouvelle. Ce serait une très bonne nouvelle. Permettez-moi de parler encore au conditionnel, parce que tant que les choses ne sont pas faites dans ce domaine, je crois qu'il faut rester quand même prudent. Je suis d'ailleurs étonnée du silence qui entoure ces otages français. Je suis étonnée que depuis 45 jours, aucun hommage national n'ait été d'ailleurs organisé. Je m'en suis étonnée en privé, auprès d'un certain nombre de personnes, pas publiquement.

Aujourd'hui, je le fais publiquement parce que 45 jours sans un hommage national, compte tenu de nos compatriotes qui sont morts dans des circonstances absolument épouvantables, je trouve que ça commence à faire très long. Maintenant, je pense que les dirigeants qui doivent prendre ces décisions sont face à des décisions qui sont difficiles. Parce que la libération des otages est évidemment un souhait de chacun. Mais le prix qui doit être payé pour la libération de ces otages est un prix qui est lourd. C'est-à-dire une trêve de 4 jours, pour vous, c'est un prix qui est lourd ? Oui, c'est un prix qui est lourd.

Parce que la réalité, c'est que derrière l'aspect humanitaire qui est toujours mis en avant, il y a un aspect militaire. C'est-à-dire qu'une trêve de 4 jours, c'est aussi 4 jours pour le Hamas, pour pouvoir se réorganiser et pour pouvoir potentiellement, demain, commettre à nouveau des exactions.

7:59
Invité

Emmanuel Macron a interpellé Benjamin Netanyahou sur les trop nombreuses pertes civiles à Gaza, lui rappelant la nécessité absolue de distinguer les terroristes de la population. Il y a beaucoup d'enfants qui meurent aujourd'hui à Gaza. Vous comprenez la position du président de la République qui est de dire qu'il faut aussi penser aux civils de Gaza ?

8:17
Marine Le Pen

Oui, mais je trouve cette leçon de morale en même temps facile et un peu déplacée.

8:21
Invité

Pourquoi ?

8:22
Marine Le Pen

Parce qu'Emmanuel Macron, s'il avait voulu être totalement honnête, il aurait rappelé que le Hamas est le premier responsable de ces pertes civiles, car en réalité, le Hamas se sert de la population civile comme bouclier humain. Et d'ailleurs, à la différence du président Emmanuel Macron, l'Union Européenne, qui pourtant commet souvent de graves erreurs en matière géopolitique, a condamné le fait que le Hamas se sert de bouclier humain, condamné le fait qu'ils mettent leur QG dans des hôpitaux, dans des écoles, précisément pour que les attaques qui sont faites contre eux fassent des pertes civiles. Donc pas de trêve humanitaire, pas d'aide humanitaire pour les populations ?

Je rappelle également, j'ai l'impression d'être un peu la seule à le faire, mais je le fais quand même parce que je trouve que c'est juste de le faire. Je rappelle également qu'il existe des lieux humanitaires, c'est-à-dire des lieux où l'armée d'Israël dit « Nous ne bombarderons pas tel quartier, donc il faut que la population civile puisse aller s'y réfugier ». Et le Hamas empêche cette population civile de rejoindre ces quartiers. Donc les responsables, en réalité, sont les terroristes du Hamas.

9:33
Invité

Marine Le Pen, Catherine Colonna a salué hier à ce micro, tout particulièrement le travail de médiation du Qatar dans ce deal. Est-ce que vous saluez aussi le rôle du Qatar ? Est-il un partenaire diplomatique pour vous ?

9:44
Marine Le Pen

Du fait de sa proximité avec le Hamas, c'est un interlocuteur. Moi j'essaye de regarder le monde tel qu'il est, pas tel que je souhaiterais qu'il soit. Mais il n'en demeure pas moins que le fait qu'il soit un interlocuteur démontre qu'il a une relation privilégiée avec les fondamentalistes islamistes, dont nous savons qu'il a contribué en partie à les financer. Et je vous rappelle que lorsque nous avons créé une commission d'enquête, l'ensemble des groupes politiques ont refusé de travailler sur les ingérences du Golfe. Nous avons, je crois au Rassemblement National, été les seuls à dénoncer ces ingérences du Qatar en France et en Europe. Il est un interlocuteur pour défendre les otages.

Il n'en demeure pas moins que, diplomatiquement, il faudra, je crois, un jour, clairement et fermement leur expliquer que nous ne souhaitons pas qu'ils continuent à financer ce fondamentalisme islamiste, particulièrement, bien entendu, sur notre territoire.

10:44
Invité

Marine Le Pen, le député de votre camp, Jean-Philippe Tanguy, veut remettre en cause le fait que le Qatar possède le PSG, vous aussi ?

10:49
Marine Le Pen

Je crois que c'est un sujet presque anecdotique au regard de la gravité des agissements.

10:56
Invité

Lui dit, il y voit un moyen d'influence considérable.

10:59
Marine Le Pen

Oui, il n'a pas tort, mais il y en a beaucoup d'autres auxquels nous devons nous attaquer, notamment des financements d'associations dans un certain nombre de quartiers, dans un certain nombre de banlieues, une influence politique qui s'exerce de la part du Qatar et qu'il faut arrêter.

11:17
Présentateur

L'Union Européenne, Marine Le Pen, a validé la poursuite de son aide au développement en faveur des Palestiniens. Après un réexamen qui a montré qu'aucun fonds n'avait bénéficié au Hamas, le RN s'était prononcé pour une suspension de l'aide après le 7 octobre. Au regard de la situation humanitaire à Gaza, avez-vous changé d'avis sur le sujet ?

11:38
Marine Le Pen

Non, la suspension était liée au fait que l'Union Européenne était dans l'incapacité de savoir si les fonds partaient au Hamas ou pas.

11:44
Présentateur

Aujourd'hui, êtes-vous rassurée sur ce point ?

11:49
Marine Le Pen

Non, je ne suis pas très rassurée parce que je vois que, par exemple, l'Union Européenne finance l'Université de Gaza et on sait que l'Université de Gaza est le lieu où sont éduqués, en quelque sorte, les futurs cadres du Hamas. Donc je ne sais pas si l'examen qui a été effectué est un examen assez sérieux. Je préférerais que ce soit la France et ses services qui fassent cet examen plutôt que les technocrates de l'Union Européenne.

12:14
Invité

Beaucoup de questions internationales ce matin. C'est vrai que l'actualité internationale est très dense. On voudrait aussi parler de la France. J'ai encore une question sur l'actualité internationale. Sur l'Ukraine, le Figaro titrait le spectre d'une défaite militaire de l'Ukraine il y a deux jours. La promesse des Européens de fournir un million de munitions d'ici au printemps 2024 n'a pour l'instant pas été tenue. Ils ont reçu que 30%. Diriez-vous ce matin qu'il ne faut surtout pas relâcher l'aide, qu'il faut continuer de soutenir les Ukrainiens ? Je dis que ça n'aurait rien changé.

12:41
Marine Le Pen

Je le dis depuis le début. J'ai entendu la somme de bêtises que j'ai pu entendre sur un certain nombre de chaînes de télévision ou de radio concernant la situation est spectaculaire. La réalité de tout ça, c'est que c'est une véritable boucherie et c'est épouvantable. C'est épouvantable.

13:03
Invité

C'est épouvantable quoi Marine Le Pen ?

13:04
Marine Le Pen

La boucherie que représente ce conflit. Selon une étude suisse qui me paraît relativement sérieuse, 500 000 morts et blessés, les deux camps confondus, c'est terrible. Donc j'avais dit et je redis que de toute façon la seule solution c'est la paix pour une raison simple. C'est que l'Ukraine ne peut gagner que si l'OTAN entre en guerre et c'est la troisième guerre mondiale. Si la Russie gagne, c'est une catastrophe parce que tous les pays qui ont une revendication de quelque nature que ce soit penseront qu'elles peuvent le régler par la force. Et si on continue à livrer en réalité des armes à l'Ukraine, on ne fera que continuer la boucherie et ce sera la guerre de 100 ans.

Donc il n'y a pas d'autre solution que de trouver une solution qui soit négociée.

13:58
Invité

J'entends ce que vous dites sur la livraison d'armes. Ce n'est pas ce que pense Jordan Bardella qui a affirmé à l'opinion en février dernier que le soutien moral, politique et matériel à l'Ukraine relève pour lui de l'évidence.

14:06
Marine Le Pen

Nous avons été très clairs depuis le début. Nous avons dit oui pour fournir une aide à l'Ukraine, oui, mais pas avec des moyens de longue portée qui permettraient en réalité d'entraîner un conflit qui pourrait assez facilement s'internationaliser. Donc on a toujours été sur la même ligne. Je sais que le jeu en ce moment c'est de trouver des différences. Il peut y en avoir d'ailleurs, ou des nuances entre Jordan Bardella et moi-même, mais en l'occurrence sur ce sujet il n'y en a pas.

14:41
Présentateur

Revenons en France. Samedi dernier, un adolescent de 16 ans, Thomas, a été tué lors d'une fête communale à Crépole dans la Drôme. Un groupe d'une dizaine de personnes a fait irruption déclenchant une bagarre d'une violence assez inouïe pour un village de 500 habitants. Pour citer les mots de la porte-parole de la gendarmerie nationale, neuf personnes ont été interpellées, dont le principal suspect, un homme âgé de 20 ans qui a été formellement désigné comme auteur du coup de couteau mortel. Gérald Darmanin a déploré une attaque qui marque selon lui une faillite générale de notre société, déplorant un tournant dans l'ensauvagement. Marine Le Pen, reprendriez-vous ces mots ?

15:22
Marine Le Pen

C'est lui qui a repris les miens plutôt. Voilà, c'est lui qui a repris les miens, car la réalité c'est que nous avons été les premiers justement à faire ce constat de l'ensauvagement de notre société, de la montée en puissance d'une violence et d'une brutalité, souvent d'ailleurs absolument gratuite. Et nous avons fait un certain nombre de propositions. C'est là où le gouvernement se paye de mots et que ça commence à devenir véritablement problématique.

J'ai dit moi pendant la campagne présidentielle qu'il fallait resacraliser l'intégrité physique, qu'aujourd'hui il y avait une perte totale de respect de l'intégrité physique et qu'il fallait que les sanctions en cas d'atteinte à l'intégrité physique soient beaucoup plus fermes. J'ai dit qu'il fallait poursuivre et condamner lourdement ceux qui portent des armes. Or, qu'est-ce qu'on s'aperçoit dans cette affaire ? C'est que celui qui a tué Thomas avait été condamné pour avoir déjà en septembre porté une arme blanche. À combien s'il vous plaît ? À 200 euros. À 200 euros. Est-ce que c'est sérieux ?

Et tous les jeunes vous expliquent, tous ces jeunes délinquants vous expliquent que eux ils sont armés tout le temps. Ils ont tout le temps sur eux une lame. Mais c'est inadmissible dans notre pays.

16:37
Invité

Marine Le Pen, ce que vous dites est une fois de plus audible, mais vous n'avez pas attendu les premiers éléments de l'enquête pour en tirer des conclusions. Dès lundi matin, dans une interview aux Valeurs Actuelles, vous déclariez qu'on assiste à une attaque organisée émanant d'un certain nombre de banlieues criminogènes dans lesquelles se trouvent des milices armées qui opèrent des radias. Personne ne veut voir la réalité dès qu'elle met en cause l'immigration. Or, lundi soir, le procureur de la République de Valence disait « Il est faux d'affirmer que le groupe hostile serait composé d'individus tous originaires de la même ville et du même quartier.

Et par ailleurs, celui qui aurait porté le coup fatal est de nationalité française. » Donc, ce n'est pas l'immigration là.

17:09
Marine Le Pen

D'abord, je n'ai pas dit l'immigration, j'ai dit l'immigration ou issue de l'immigration. Oui, vous avez dit l'immigration qui est en cause d'immigration ou issue de l'immigration. Donc, j'avais raison. Comme d'habitude, sur ces sujets-là, il faut regarder les choses...

17:20
Invité

Vous n'avez pas parlé trop vite, c'est ma question.

17:21
Marine Le Pen

Non, la preuve. La preuve, je n'ai pas parlé trop vite. Alors, soit je suis mieux renseigné que le procureur, ce qui serait quand même problématique, soit j'accepte de regarder, encore une fois, le monde tel qu'il est. Et moi, je suis frappé par la cécité de notre classe politique, ou par sa lâcheté d'ailleurs. Et je vais vous dire que la manière dont ils essayent de détourner l'attention sur le fond des problèmes, avec ces accusations permanentes et systématiques en récupération, devient insupportable. Voilà. C'est indigne de vouloir détourner l'attention d'abord d'eux. Leur responsabilité, parce qu'ils sont responsables. Ils sont au pouvoir. À un moment donné, ça veut dire quelque chose.

18:05
Présentateur

Éric Dupond-Moretti vous vise clairement. L'avis enlevé de ce gosse de 16 ans méritait un moment de silence et de recueillement. Il a immédiatement été substitué par un moment de polémique. Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. Les rendez-vous du malheur que vous honorez, c'est ce qu'il a déclaré. Honorez-vous les rendez-vous du malheur.

18:25
Marine Le Pen

Vous ne croyez pas qu'il faut bien se taire, le ministre de la Justice, compte tenu de son bilan ? Vous ne croyez pas qu'il devrait s'excuser ? Vous ne croyez pas qu'il devrait venir devant la représentation nationale en disant « Ce qui se passe est un drame terrible et nous allons tenter d'y apporter des solutions ? » Non. Le premier réflexe, et à chaque fois c'est pareil, c'est d'accuser l'opposition. Mais ça veut dire beaucoup ça. Et les Français, encore une fois, ne le supportent plus. Nous ne nous excuserons jamais, ni nous ni nos millions d'électeurs, quand il nous sera fait ce procès en récupération, parce qu'il est utilisé pour masquer l'effroyable bilan sécuritaire du gouvernement.

Voilà, c'est clair. Les villages, parce que parlons des villages, les villages, entre 2016 et 2022, le nombre d'actes violents sur la voie publique a explosé. On est passé de 23 000 en 2016 à 32 000 en 2022.

19:19
Invité

Marine Le Pen, croyez bien qu'on pose la question, à chaque fois que Gérald Darmanin vient à ce micro, on lui pose la question et on lui oppose son bilan sécuritaire. Les questions sont posées. Bien sûr, mais je ne dis pas que vous ne leur posez pas la question.

19:33
Marine Le Pen

Je dis qu'eux cherchent à y échapper en détournant l'accusation à l'égard de l'opposition. Eh bien moi je les accuse, moi j'accuse ceux qui font ce procès en récupération, juste un mot, d'être malhonnête, de ne pas vouloir regarder les problèmes en face, de ne pas être capable de les régler. Et le simple fait d'essayer de détourner l'attention démontre qu'ils ne sont pas une partie de la solution mais une partie du problème.

19:58
Invité

Quand on entend après le drame de Crépole, et ensuite on va passer au standard pour le projet de loi immigration en 3 minutes, donc on va aller très vite, Éric Zemmour parle du drame de Crépole comme, je le cite, « nos martyrs sont des victimes innocentes de la guerre de civilisation ». Marion Maréchal parle d'une guerre ethnique et d'une guerre civile en gestation. Ce sont les mots que vous employez ?

20:14
Marine Le Pen

Non, bien sûr que non, mais d'ailleurs je suis contre ce concept de guerre de civilisation qui semble d'ailleurs être partagé, pas seulement par Éric Zemmour mais également par presque Jean-Luc Mélenchon et peut-être même d'ailleurs le président de la République qui a eu des mots non démentis pendant ou juste avant la marche contre l'antisémitisme qui révélait cette vision en réalité de deux camps qui seraient par principe irréconciliables. Ça n'est pas encore une fois ma vision. Moi je lutte contre l'islamisme, c'est une idéologie totalitaire que l'on peut éradiquer pour peu qu'on s'en occupe sérieusement.

20:52
Présentateur

Allez on passe au standard. Sylvain, vous nous appelez de Vendée, vous avez une question, je vous salue d'abord, bonjour. Vous avez une question sur un point précis du projet de loi immigration, bonjour.

21:02
Auditeur

Oui bonjour et merci de prendre mon témoignage. Bonjour. Bonjour. Donc voilà, moi je voulais parler de la sardinerie Jandreau en Vendée.

21:12
Marine Le Pen

La sardinerie, pardon, excusez-moi j'avais pas entendu.

21:15
Auditeur

La sardinerie Jandreau en Vendée qui produit les sardines des dieux. Donc moi ma copine travaille à la CIMAD à la Roche-sur-Yon, enfin elle est bénévole à la CIMAD, elle donne des cours aux migrants. Et elle a eu ce témoignage cette semaine, la sardinerie Jandreau, il y a un bus qui part de la Roche-sur-Yon tous les jours pour emmener des personnes issues de l'immigration, des personnes migrantes avec ou sans papier pour travailler à la sardinerie Jandreau.

Parce qu'en Vendée on a beaucoup de travail, mais notamment dans l'agro-alimentaire, vous pourrez en parler au sénateur Retailleau, dans ce secteur-là on a besoin de cette main-d'oeuvre-là, de personnes issues d'immigration, parce qu'il n'y a plus personne qui veut travailler dans ces endroits-là. Donc quand vous dites que vous regardez le monde tel qu'il est et pas tel que vous voudriez qu'il soit, cette réalité-là il faut la voir aussi. On a besoin de ces personnes-là pour faire tourner ces industries-là en Vendée.

22:12
Présentateur

Merci Sylvain pour cette question, Marine Le Pen vous répond.

22:15
Marine Le Pen

Sylvain, moi je vois cette situation, je n'y apporte juste pas les mêmes solutions que l'ensemble de la classe politique. Et pour une fois, je suis souvent en désaccord avec le MEDEF, mais pour une fois le président du MEDEF a dit exactement la même chose que nous. On n'a rien demandé, dit-il. Je considère, je lis ses propos, je considère qu'il y a encore beaucoup de chômeurs dans toutes les régions de France et que notre première responsabilité, c'est de les ramener vers l'emploi. Eh bien, c'est, je crois, la responsabilité aussi des dirigeants politiques de les ramener vers l'emploi. Il y a des choses à faire.

Il y a un constat à faire qui est le niveau trop bas des salaires, et notamment des salaires dans le travail manuel. Il y a un problème de formation. Il y a un problème de logement aussi, qui est à l'origine d'un problème de pénurie d'emploi. Voilà. Donc, il y a tous ces problèmes-là auxquels il faut s'attaquer. Mais depuis 40 ans, on fait venir des personnes de l'immigration pour, soi-disant, remplir les métiers en tension. Les métiers sont toujours en tension. Et nous avons fait rentrer, je crois, 2 millions de personnes dans l'espace de...

23:18
Invité

D'un mot, Marine Le Pen, parce que c'est fini. Mais le projet de loi immigration arrive le 11 décembre à l'Assemblée nationale, après avoir été nettement durci par le Sénat. Suppression de l'article 3 sur la régulisation, remplacée par un article 4 bis, beaucoup plus stricte. Suppression de l'AME, resserrement des critères du regroupement familial. Vous dites bravo aux sénateurs LR qui ont accouché d'un texte plus dur, qui va plus dans votre sens. Et est-ce que vous le voterez, ce texte, quand il arrive à l'Assemblée ?

23:40
Marine Le Pen

Non, mais la dureté des sénateurs LR, tout est dans la phrase, quoi. Voyez, la dureté des sénateurs LR, en réalité, est une mollesse absolue en matière d'immigration. Et donc, c'est encore une filière d'immigration supplémentaire qui est intégrée dans ce texte. C'est inadmissible compte tenu de la situation que nous vivons. Donc vous ne voterez pas le texte, parce que vous avez changé d'avis.

24:00
Invité

Vous avez dit, début octobre, vous avez dit, je le voterai ce texte. Ensuite, je ne le voterai pas.

24:05
Marine Le Pen

Oui, mais voyez, comme je ne suis pas un lapin de l'année, ce n'est pas parce qu'on me dit, l'article 3 s'appelle maintenant article 4 bis, que je vais le voter. Je sais que c'est le même, en réalité. Donc, à partir du moment où l'idéologie de cet article 3 est toujours dans le texte, en l'État, nous n'avons aucune raison de voter ce texte.

24:26
Invité

Merci Marine Le Pen. Je précise par rapport à ce que vous avez dit, qu'Emmanuel Macron a dit à trois reprises qu'il y aurait un hommage aux victimes françaises des attaques du Hamas quand le bilan sera définitif.

24:35
Marine Le Pen

Cette phrase est terrible. Pourquoi ? Parce que ça veut dire qu'on attend de savoir définitivement quel est le nombre de morts. On attend de savoir si on arrive à libérer les huit Français peut-être qu'ils sont pris en otage. D'accord, mais ça empêche de faire l'hommage ? 45 jours. Voilà, c'est tout. 45 jours.

24:53
Présentateur

Merci Marine Le Pen.