Élisabeth Doineau : « Notre protection sociale est en faillite »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Ellisabeth Donau, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes sénatrice union centrice de la Mayenne, rapporteur général du budget de la sécurité sociale dont l'examen a commencé hier en séance. On va bien sûr y revenir longuement dans quelques instants, mais d'abord on regarde ensemble les unes de la presse régionale.
On en a sélectionné trois. D'abord la une de la Provence et ce sont les mots forts d'Amine Kessassi à la une de la Provence. Sur mes mains, je vois le son de mon frère, dit-il.
Il appelle à participer à la marche blanche en mémoire de son frère M samedi. On l'a dit, Laurent Lunez et Gérald Armin qui sont aujourd'hui à Marseille. La deuxième une, c'est celle de la Voie du Nord.
Il n'y a pas de liberté sans responsabilité. C'est ce qu'a déclaré hier Aras Emmanuel Macron qui poursuit son Tour de France des échanges avec les lecteurs de la presse régionale sur le thème de la démocratie à l'heure des réseaux sociaux et des algorithmes. Et puis la dernière une, c'est celle de Corse Matin.
L'hôpital à domicile en Corse, l'hospitalisation à domicile connaît un essort spectaculaire. Chaque jour près de 290 personnes sont prises en charge chez elle. Mais ce dispositif repose aussi fortement sur les aidants, souvent très sollicité.
De quelle avez-vous envie de nous parler ? Écoutez, chaque sujet est vraiment très important, mais je prendrai la première. Sur mes mains, je vois le sang de mon frère parce que là, on est devant un drame familial, mais c'est un drame de de quartier, c'est un drame d'une ville, c'est le drame de tout un pays.
En tout cas, c'est comme cela que je l'ai reçu moi euh depuis que voilà c'est arrivé. C'est un une situation tellement difficile pour une famille que de voir voilà deux enfants déjà. C'est pas le premier, c'est le deuxè qui est victime finalement du du narcotrafic et et et très franchement je je choisis celle-ci parce que je veux dire à cette famille qu'il faut que la nation tout entière soit derrière eux, soit près d'eux et je pense que il faut euh il faut aller encore plus loin.
Je je crois vraiment que il a fait beaucoup de choses depuis un certain nombre d'années, mais je crois qu'il faut les montrer, les transformer en quelque sorte. Il faut il faut il faut montrer à chaque fois ce que nos organisations en terme de sécurité, en terme de prévention sont capable de faire parce que on peut avoir pris des lois, pris des décisions, mais ce qu'il faut maintenant c'est transformer ça, c'est montrer que ce que disait hier à ça si il y a beaucoup de mots, il y a beaucoup de déclarations, mais mais nous on veut voir les actes. Est-ce que cette nouvelle ligne franchit avec ce que Laurent Lunez a qualifié de crime d'intimidation, ça révèle pas quelque part l'impuissance de l'État face au narcotrafiquant ?
En tout cas, ce combat doit être celui de chacun d'entre nous. Je crois qu'il faut pas les laisser seul. C'est vraiment c'est c'est vraiment le message que je veux faire passer ce matin parce que c'est un drame familial mais c'est un drame pour la nation et donc chacun doit prendre sa part.
Quand hier en conseil des ministres Emmanuel Macron fustige les bourgeois des centre-villes qui financent le narcotrafic, est-ce que c'est des mots qu'il a raison d'employer ? Est-ce que vous diriez la même chose ? Mais vous savez euh devant un drame comme celui-là, on on peut être très en colère, on peut être très triste, mais vraiment au point de montrer de la désespérance.
Euh et c'est ce que montre peuvent montrer certains jeunes ou certaines familles. Et puis on peut avoir des mots qui peut-être débordent du cadre. C'est peut-être un peu mais mais je pense qu'il a raison de dire que avant tout il faut rien acheter à ces narcotrafiquants.
Si on on on leur coupe finalement leurs ressources euh ils vont partir, ils vont aller ailleurs. Donc moi, j'invite effectivement, c'est pour ça que je disais que c'était collectif, c'est que chacun a sa part au niveau où il est. Consommateur, pas consommateur, élu, pas élu, un habitant de la ville, pas un habitant de la ville.
Je pense que tous nous devons avoir notre Il faut les sanctionner plus durement les consommateurs. Mais déjà les sanctions sont lourdes, hein. On les a changé et à chaque fois qu'il y a un drame en fait, on se dit voilà c'est la solution, c'est la loi et cetera.
Mais non, je pense que c'est une plutôt une prise de conscience de notre société. C'est-à-dire chacun a sa part à son niveau. Chacun.
On va parler d'une substance dont l'usage des tournées inquiète, c'est le protoxyde d'azote. Une adolescente de 17 ans est morte le weekend dernier dans le nord, Mathis 19 ans, fauché le 3 novembre à Lille par un automobiliste dont la voiture contenait des bonbonnes de protoxes d'azote. Pour en parler, on est avec Michel Paco.
Bonjour, vous êtes mère LR de Mionce. Merci beaucoup d'être avec nous. Michael Paco, vous êtes maire mais vous êtes également sapeur pompier.
D'abord, un mot sur les conséquences de ce protoxyde d'azote. Quelles sont-elles ? Vous vous les voyez concrètement.
Merci pour votre invitation. Effectivement, les conséquences, on les voit sur le terrain, elles sont humaines. Pour commencer, et vous le savez, les accidents de circulation, les atteintes neurologiques sont parfois irréversibles et ensuite on a pour l'environnement et puis on a aussi un aspect financier pour les communes.
Donc oui, le protoxide d'azote, moi j'ai voulu agir localement et faire un arrêté pour qu'il y ait une prise de conscience déjà par cette jeunesse et et puis que ça s'arrête, qu'on évite au maximum cette patient qui est aussi, si je puis dire, une drogue et qui et qui enlève des vies et c'est vraiment grave. Que dit votre arrêté du coup ? Quelle mesure vous avez pris vous dans votre commune ?
Non, j'ai prévu euh l'arrêt ou l'interdiction, pardon, de la détention, de l'usage, de la consommation, de la revente. Euh j'ai fait un arrêté euh package euh qui euh me permet d'agir, qui permet à ma police municipale de pouvoir euh enlever quand on quand on trouve ses bonbonnes dans les voitures et surtout euh d'essayer de mettre des PV, des amendes parce que on sait très bien que l'aspect financier quand on tape au portefeuille, c'est ce qui est aussi souvent impactant. Alors vous vous avez pris un un arrêté dans votre commune.
Est-ce que vous demandez aux parlementaires d'agir au niveau national ? Hier j'ai été reçu par la ministre déléguée auprès du ministre de l'intérieur. Ça a été un moment qui a été très constructif.
C'était il y avait des parlementaires qui ont déjà travaillé sur sur ça et je lui laisserai le soin de de dire un peu ce qui s'est raconté. Mais le rendez-vous, j'étais à la sortie assez confiant. Vous avez acté au ministère de l'intérieur du coup des avancées législatives ?
Ah moi j'ai donné mon ressenti de terrain et puis ce que vivait les élus locaux parce que ça touche les villes et les villages hein. Il faut être très clair c'est pas que les les secteurs urbains, on les retrouve dans les parcs, dans les rues, à côté des écoles donc mais de partout je pense sur le territoire national. Moi j'ai donné mon ressenti.
La ministre a été à l'écoute. Les parlementaires ont fait un un très beau travail déjà à peaufiner he comme il le disait. Mais moi je peux pas forcément vous en dire plus sur sur ce qui a été raconté, mais en tout cas c'était très constructif et un peu rassuré euh sur l'avenir de mon côté.
Ellis Isabelle Doan quand quand vous entendez ce témoignage, est-ce que vous dites qu'il faut encore aller plus loin dans la loi ? Alors, tout d'abord, je voudrais saluer monsieur le maire et je voudrais à travers votre témoignage dire combien les maires sont les garants de la sécurité de leur commune. Souvent euh on parle de beaucoup de sujets, mais en réalité ils sont là pour assurer cette sécurité.
Et donc, je salue votre action. Euh le protoxyde d'azote, c'est un sujet qui nous avait été amené par Valérie Lettard. Euh ça fait déjà très longtemps.
À l'époque, on utilisait des petites bonbonnes comme ça et maintenant, on est à des bonbonnes comme ça. C'est un véritable fléo. Et là encore, voilà.
Exactement. C'est ce que vous montrez sur sur l'écran. Euh la réalité c'est que on voit bien que ça se diffuse et qu'il n'y a sans doute pas d'information suffisante déjà au début pour que les jeunes ne puissent pas comment dirais-je prendre ses ses produits.
En tout cas, il est important d'agir sur la sécurité donc la prévention. Et la prévention, c'est euh aussi après évidemment la sécurité des jeunes, c'est comme on les accompagne parce que moi je vous rappelle que alors on dit depuis le Covid mais je pense que c'est quelque chose qui est monté progressivement dans la société et notamment chez les jeunes, c'est la santé mentale qui s'est dégradée parce que on va pas vers des produits comme ça quand on va bien. Donc ça veut dire que notre jeunesse, une partie de notre jeunesse ne va pas bien.
Donc il faut agir par rapport à ce produit mais il faut agir en en général sur la santé mentale des jeunes. une nécessité. Mais est-ce qu'il faut aller plus loin ?
Est-ce qu'il faut interdire son usage au parti ? Mais oui, alors moi je suis complètement pour effectivement l'interdiction mais après je crois queon est lié aux décisions européennes donc il faut que notre droit soit Mais si on pouvait prendre cette décision à l'échelle européenne, ce serait très bien. Puis il faut arrêter de pouvoir acheter ces ces bonbonnes sur internet et se les faire livrer.
Non mais faut faut arrêter quoi. C'est c'est c'est fini. Il faut enfin je je ne comprends pas que justement on ne puisse pas dès la racine interdire l'usage de ces produits.
Vous êtes d'accord Michael Paco, il faut aller jusqu'à l'interdiction particulier. Alors moi je j'ai pas forcément d'avis sur cette interdiction générale et cetera parce qu'on sait très bien qu'il y a des professionnels qui l'utilisent et nous ce qu' cible vous savez c'est la jeunesse et c'est ceux qui le consomment d'une manière dite récréative mais qui l'est pas du tout. Moi, vous savez, vous l'avez dit au début, je suis saort pompier professionnel depuis presque 22 ans dans un secteur d'intervention où on en voit tout le temps sur le bas côté des rues et également pompier volontaire depuis 25 ans.
J'ai vu les dégâts, comme beaucoup peut-être en France de ce protoxyde d'azote avec des véhicules qu'on croise quand on rentre d'intervention la nuit ou qui roule à contesens et cetera ou des accidents de la circulation très grave et j'en ai fait ou des jeunes filles où les parents nous appellent le matin parce qu'elles sont rentrées et elles arrivent plus du tout à bouger. Voilà, moi je je veux protéger ma jeunesse. Vous l'avez rappelé madame, le maire il a une responsabilité, c'est d'assurer la sécurité sur sa commune.
Donc moi, c'est ce que j'ai fait avec cet arrêté. Et oui, il faut vite légiférer, trouver, donner des solutions au maire sur le terrain, aux polices municipal. Vous savez l'aspect, il est il est immense parce que on parle d'interdiction, on parle d'amende, on il faut parler de recyclage et coût financier aussi.
Et ça arrive à la fin parce que une bouteille pour la la recycler, c'est 9 €. Et quand vous en trouvez, moi c'est une trentaine voir une quarantaine par semaine qu'on en trouve. Dans des villes, c'est beaucoup plus.
C'est là aussi il y a il y a un sujet donc il faut prendre le sujet dans son ensemble et et en tout cas j'ai j'ai eu une oreille attentive hier au ministère de l'intérieur. C'est ce qui d'ailleurs avait été fait dans la dernière loi et qu'on a voté en mars dernier. Il y avait l'aspect environnemental aussi inclus dans dans les dispositions.
Merci Michael Paco. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Maire de Mion Jean Leone merci d'avoir été notre invité.
Le Sénat a donc entamé hier l'examen du budget de la sécurité sociale. Donc vous êtes la rapporte générale Élisabeth Doanu et Clémentine, vous avez suivi les premières heures de ces séance. Oui et c'est une copie largement remodelée qui est arrivée hier au Sénat avec un nombre record d'amendements et un déficit public qui atteindrait les 24 milliards d'euros en 2026.
Selon cette version du texte. On est très loin des 17 milliards de déficit que visait le gouvernement avec sa première version du texte. et on est encore plus loin des 15,1 milliards de déficit que se fixe comme objectif la majorité sénatoriale de droite et du centre.
Et hier donc au Sénat, plusieurs ministres se sont exprimés lors de la discussion générale sur ce budget en insistant sur la nécessité d'aller plus loin que le texte issu de l'Assemblée. Oui. Et le gouvernement et la majorité sénatoriale semblent plutôt en face sur ce point, sauf peut-être sur un point, c'est la fameuse suspension de la réforme des retraites puisque c'est le compromis trouvé entre le Parti socialiste et le gouvernement pour éviter la censure.
Une suspension de la réforme des retraites adoptée à l'Assemblée nationale sur la partie recette. mais que les sénateurs eux contre compte bien pardon détricoter. Alors hier le ministre du travail Jean-Pierre Farandou appelé la chambre haute à réfléchir à deux fois avant de tirer un trait sur cette suspension.
On l'écoute. Le gouvernement estime que c'est une mesure de stabilité du pays. Cette stabilité, elle est voulue par les Françaises, par les Français mais aussi par les entreprises.
Alors, nous sommes nombreux à souhaiter que la manière du système de retraite soit éclaircie. C'est cette suspension a aussi le côté positif donner du temps. C'est aussi le temps du débat démocratique.
Certains partis politiques s'emparent du sujet et commencent à faire des proposition sur les sur les retraites. Et à gauche de l'hémicycle, le groupe communiste, républicain, citoyen écologiste et déposé une motion d'irrecevabilité du texte. Sa présidente Cécile Cucerman a brièvement appelé les élus de gauche, principalement les socialistes, à ne pas se rendre complice d'un budget d'austérité pour de maigres victoires.
On l'écoute. À celles et ceux qui pensent encore pouvoir sortir de la séquence budgétaire avec quelques victoires sur l'accessoire et des reculs sur le principal, nous vous disons, refuser de voter la motion, c'est accepter l'adoption des amendements de la majorité sénatoriale et être comptable des coûts budgétaires. Cette motion, Clémentin, a été rejetée en 244 voix contre 34.
Oui. Et plusieurs motions ont été déposées hier. Tout ont été rejetés.
Le texte peut donc être amendé par la chambre haute. Madame Douano, vous étiez hier dans l'hémicycle. Votre groupe est plutôt favorable à au rejet de la suspension de la réforme des retraites quit à mettre en danger le gouvernement et la stabilité politique du pays.
Est-ce que vous allez vraiment prendre ce risque ? L'heure n'est pas à prendre ce risque. L'heure est au débat.
En fait, on démarre le la discussion sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale et donc pour l'instant c'est passé à commission. Nous avons voté la suppression du décalage de la réforme des retraites. On verra après ce que ça donnera dans l'hémicycle.
Mais ça veut dire que vous êtes prêt à un compromis où vraiment la majorité sénatoriale est arqueboutée sur l'instant. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas.
Vous vous le savez. Euh la réforme des retraites en 2023, elle a été beaucoup débattue. Vous savez qu' elle n'est pas née par hasard.
Elle est née du fait que au Sénat avant cela, on on disait chaque année au PLFS attention la branche vieillesse est en déficit. Nous devons alerter l'opinion et y travailler. Et donc en 2017, c'était une des mesures phare du projet d'Emmanuel Macron.
Il l'a mis à l'ordre du jour et nous au Sénat, on l'a largement voté du fait de notre majorité. Bon mais là, est-ce que vous vous dites, comme dit Jean-Pierre Farandouiller, le gouvernement dit que c'est une mesure de stabilité du pays. Est-ce que vous dites "Bon ben sur le fond, on n'est pas d'accord mais pour garantir la stabilité, on peut faire un compromis ?" Je pense que on en discutera et et sur le coup parce que évidemment la première année, on le voit bien avec les carrières longues désormais c'est 300 millions d'euros.
C'est c'est on pourrait dire mais pourquoi se battent-ils là-dessus ? Oui, mais en fait ce que l'on peut voir c'est que c'est une bombe à retardement parce que dès l'année suivante ça coûte beaucoup plus cher. Ça coûte déjà des milliards et après on multiplie les milliards.
Pourquoi ? Notre système par répartition est fondé sur le nombre d'actifs qui travaillent pour payer les pensions et vous savez très bien que l'équilibre n'est plus là, que on est à 1,8 1,6 actif pour un retraité. Et au départ c'était trois quatre et c'est menacé.
C'est menacé parce que on sait aussi que euh d'après les démographes avec le taux de natalité que nous avons, mais nous allons avoir une dégradation du financement de la sécurité sociale tout au moins sur le plan de la branche vieillesse. Et donc c'est le système qu'il faut réfléchir. Alors certains ont des idées comme la capitalisation, on en parle beaucoup, d'autres c'est revenir à cette fameuse retraite à point qui je le rappelle n'a pas été votée.
Donc on peut se poser la question. C'est ce que dit Gabriel, revenir à une retraite par point, part de capitalisation avec un fond de 1000 € pour chaque enfant à sa naissance. Est-ce que ça c'est un bon système ?
Moi, écoutez, je je pense que justement là cette année, c'est c'est très douloureux parce que on ne vit qu'un PFS avec des mesures budgétaires, des mesures comptables. Il y a rien de pire vers l'opinion et mais on peut pas faire autrement parce que là c'est notre protection sociale qui est je dirais en faillite hein et on peut très bien demain avoir des problèmes de paiement de paiement des pensions et des prestations. Et donc je je dis il faut remettre à plat encore une fois ce sujet, mais il faut pas attendre 2027.
Enfin, quel est le pays qui a reculé sur une réforme des retraites ? Alors, on on a un incroyable talent en France. On a un incroyable talent.
C'est la procrastination, quoi. [rires] Je veux dire qu'on est face à un défi démographique. Alors, moi, je veux bien qu'on réfléchisse à une part de capitalisation, pourquoi pas une part de retraite à point si on veut complexifier le dispositif, mais il faut sauver la répartition.
La répartition, c'est le système le plus euh équitable pour tout le monde, le plus égalitaire quelque part. Et donc il faut donc le menace la répartition en voulant suspendre la réforme. Je ne dis pas ça.
Je ne dis pas ça. Je dis simplement que euh évidemment la le PS, il écoute aussi nos concitoyens qui n'ont pas envie de partir tardivement à la retraite après un un un travail qui peut être parfois très très fatiguant. Et c'est là-dessus qu'on aurait dû plus travailler sur la pénibilité de certains métiers et les carrières qui commencent très tôt.
Mais euh la réalité c'est que là on est sur une mesure une mesure d'âge et et et très franchement euh quand on regarde dans les pays voisins, dans tous les pays du monde, mais qui a pu faire une chose comme on est en train de faire en France ? Moi, je je pose la question à à à quiconque qui est capable. Il faut savoir que pour avoir des dépenses, il faut avoir des recettes.
Mais là aujourd'hui, le système ne peut plus tenir. Et le Parti socialiste justement qui se prépare à faire face à une majorité de droite et du centre, bien décidé donc à changer le visage de ce budget de la de la sécurité sociale, pardon, dessiné par l'Assemblée nationale. On écoute Patrick Caner.
On veut aller jusqu'au bout du débat et nous irons jusqu'au bout du débat. Nous avons des points de divergence mais il y a un point commun, c'est que nous savons que en face de nous, nous aurons une droite particulièrement revancharde pour pas dire réactionnaire. Revancharde.
Réactionnaire. Je ne me sens pas atteinte. [rires] Je ne me sens pas atteinte.
Non, moi je dis simplement, moi je je dis que c'est un dénis de réalité de ne pas voir en fait la situation de notre pays euh avec ou alors mettons plus d'actifs à travailler, augmentons le nombre d'heures euh ou augmentons le travail des jeunes, augmentons le travail des seigneurs euh mais ça on sait bien que ça ne se fait pas comme ça d'un coup de baguette magique. S'il y a il y a quelque chose qu'on peut faire, c'est augmenter le temps de travail parce que le problème en France c'est que nous avons un PIB enfin un potentiel qui est médiant. Et ça, je je veux le rappeler, c'est pas facile à comprendre pour chacun, mais en réalité notre potentiel euh il est beaucoup plus faible que celui de l'Allemagne.
Si on avait le même potentiel euh que l'Allemagne, mais on aurait aucun sujet. Aucun sujet. Donc, il faut se poser les bonnes questions.
Le nombre d'actifs, le nombre de retraités, la longueur du temps passé en retraite, le temps de travail. C'est c'est tout ça qu'il faut remettre sur la table. Et je trouve que l'opportunité d'une grande conférence comme l'a annoncé le premier ministre est une très bonne idée parce que les retraites c'est lié au travail et et donc là par contre je suis vraiment enthousiaste et je pense qu'il faut même en fait même si le patronat n'a pas l'air très très chaud sur cette regrette.
Alors j'ai un petit reproche au patronat parce que le conclave c'est quand même un petit peu à cause d'eux que ça s'est mal terminé. Alors euh euh je euh monsieur Marette nous a dit c'est une euh symphonie inachevée. Moi, j'ai envie de dire non, faut pas le prendre comme ça.
Euh Schumann d'ailleurs aurait pu dire ou Schubert aurait pu dire excusez-moi euh euh comment que finalement euh il y a des symphonies inachevées qui ont eu un succès fou. Et donc [rires] voilà, comparons cette symphonie à la symphonie de Chubber. Mais très réellement c'est c'est il faut chaque année qu'on discute de ce sujet des retraites parce que je pense qu'il faut une part aussi euh comment dirais-je qui soit posé sur le nombre d'actifs, le nombre de retraités et qui puisse y avoir un petit pourcentage chaque année qui soit fait en fonction justement de la réalité.
L'un des pires budgets de la sécurité sociale depuis sa création. C'est ce qu'a dit hier Cécile Kckerman, la présidente du groupe communiste. Qu'est-ce que vous pensez de ces propos ?
Bah, c'est peut-être effectivement le pire que j'ai à vivre [rires] parce que c'est des sujets très sensibles et comme je l'ai dit tout à l'heure, ce sont des réponses comptables. Aujourd'hui, le système est tellement à bout de souffle qu'on est obligé de faire des mesures, je dirais, de rente budgétaire. Et vous savez, c'est pas facile d'être parlementaire ou d'être une élu dans ces moments-là, d'être en responsabilité parce que ce ne sont que des problèmes, que des sujets sensibles, des sujets politiques éminemment politiques.
Mais euh je veux simplement rappeler que c'est facile d'être dans l'opposition, mais quand on est en responsabilité, les choses sont beaucoup moins drôles. On les verra les candidats en 2027, ce qu'ils feront avec un système qui est dans un tel déficit alors qu'on n'est pas en crise, ni en crise sanitaire, ni en crise financière. Je veux les voir les candidats.
C'està-dire que vous pensez que aucun ne se Mais ça peut pas tenir. Enfin euh on on peut pas faire des promesses. Euh comme ça.
Aucun ne reviendra sur cette réforme. Aucun président élu ne reviendra sur cette réforme. Ben écoutez euh pendant le temps d'une d'une campagne certainement et après mais après quand on est face quand on est face aux réalités et là chacun peut être face aux réalités.
Alors, on me répète à à tout bout de champ, oui, mais on n' pas on a'ura pas les mêmes méthodes, on a'ura pas les mêmes euh idées en terme de recettes notamment, mais les recettes les recettes, attention, un un pays qui veut être euh justement un peu plus riche au niveau de son son Payb, c'est un pays qui euh encourage l'industrie, qui encourage l'initiative, l'innovation et trop de taxes, trop d'impôts, là vous verrez tout le monde partir. Et dans le cas du médicament, c'est un peu le cas aujourd'hui et ça me rend très triste. À l'heure actuelle, le le déficit, il est à 24 milliards.
Le gouvernement dit il faut le ramener en dessous de de 20 milliards, le Sénat aussi et même largement en dessous de 20 milliards. Pour vous, est-ce que les patients vont devoir contribuer à à la résorption de ce déficit ? Les efforts, ils sont demandés de toutes parts.
C'est ça que c'est ça que je vous disais tout à l'heure. C'est dur à porter, hein. C'est très dur à porter parce qu'on va demander des efforts aux assurés, des efforts aux mutuels.
On va demander des efforts aux professionnels, on va demander des efforts aux établissements, on demande des efforts aux salariés du coup les actifs, on demande des efforts aux retraités. Mais vous dites au français qui nous écoute, compte tenu de la situation, il faut accepter de payer plus cher sa boîte de médicament, d'avoir un reste encharge moindre quand on va chez le médecin. Mais c'està-dire que moi je ne sais pas comment résoudre l'équation sinon parce qu'effectivement un déficit qui va s'ajouter au déficit qui est porté aujourd'hui par la CSE, donc l'URSAF, c'est la rendre très fragile et et et en fait on pourrait avoir une crise et ne pas jouer le rôle d'amortisseur que joue habituellement la sécurité sociale.
C'està-dire que quand on a eu la crise sanitaire, on était rendu à 100 milliards d'euros qui étaient à la charge de la Cosse et tout d'un coup, elle n'a pu elle n'a pu trouver de d'emprunt possible sur les marchés financiers. Et bien qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle s'est tourné vers la la Caisse des dépôts et consignation et vers et vers un pool bancaire.
Mais demain, avec notre niveau d'endettement, qui va nous faire confiance sur les marchés financiers ? On est le plus mauvais élève de la zone euro. On paye les taux d'intérêt les plus élevés, donc presque à deux.
Euh plus de 1000 amendements déposés. Est-ce que vous pensez arriver au vote à temps dans le calendrier prévu ? Nous allons tout mettre en œuvre pour y arriver.
Un dernier mot ? Oui. Euh ce texte, il a quand même des chances de finir en commission mixte paritaire.
Une fois en commission, il va falloir trouver un compromis, réussir à s'entendre. Comment vous envisagez cette commission mixte paritaire ? Évidemment, on va chercher le compromis pendant un un un un un moment.
On va essayer de voir ce que chacun met sur la table. Euh après, moi j'ai vécu une seule CMP conclusive, c'était celle de l'année dernière. 2 jours après, le gouvernement Barnier sautait.
Donc je vais vous dire, j'ai presque la préférence pour une CMP qui n'aboutit pas finalement. Mais nous chercherons quand même toutes les voies possibles. Il faut toujours essayer de de travailler et de se comprendre.
Moi, j'y crois peu. Moi, j'y crois peu très honnêtement. Mais il y a une deuxième lecture après hein.
Donc il faut aussi laisser le temps au texte d'évoluer dans une deuxième lecture. Et on suivra bien évidemment ces débats. Merci beaucoup Elisabeth Doanau d'avoir été avec nous. euh rapporteur général de ce budget de la sécurité sociale. [musique]
Élisabeth Doineau