Jean-Claude Mailly : « Il faut bien que la colère s’exprime, sinon elle s’exprimera dans les urnes »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jean-Claude Mailli. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation pour cet entretien. Vous êtes l'ancien secrétaire général de force ouvrière.
Une figure euh du monde syndical. On va revenir sur la mobilisation d'hier. 500000 personnes selon le ministère de l'intérieur, 1 million selon la CGT.
Est-ce que vous qualifiez cette mobilisation de réussie ? Oui. Oui, c'est une mobilisation réussie.
Écoutez, 500000 personnes selon le ministère. Bon, un million selon toujours un écart entre les deux, c'est pas d'aujourd'hui. Donc, qu'est-ce qui peut mettre autant de personnes dans la rue ?
à part les syndicats, c'est c'est dans les structures organisées. Aucun parti politique aujourd'hui peut faire autant. Voilà.
Donc non, c'est une mobilisation qui est qui est importante et qui est réussie. D'ailleurs, je pense que tout le monde le reconnaît. La France n'a pas été bloquée.
C'est ce qu'a dit hier soir Bruno Retail, mise à l'intérieur. Comment vous percevez cette déclaration ? Bah, elle est inutile.
Qui pensait que la France allait être complètement bloquée hier ? Quand on dit bloquon, c'est un slogan. C'est c'est rare que la France été complètement complètement bloquée.
Donc il aurait pu il aurait pu se dispenser de deux choses le ministre à la fois de cette déclaration hier. Oui. OK. pas ça pas bloqué mais ça a surpris personne et le matin quand il disait ah ben il y a moins de monde que prévu voilà il aurait pu s'en dispenser maintenant il a fait le boulot sur le plan des forces de l'ordre et moi je je ne critique pas qu'il y ait eu 80000 personnes.
Ça permet que les manifestations se déroulent correctement parce que quand il y a les black block ou autres on parle plus que de ça et on parle plus des revendications. C'est une inquiétude ça quand on est leader syndical comme vous l'avez été l'organisation de ces manifestations, de ces mobilisations, c'est un sujet d'inquiétude ? toujours bien sûr parce que enfin il faut toujours rappeler que les services d'ordre des syndicats et les syndicats sont responsables de euh de l'ordre dans le cortège syndical.
Pas avant le cortège ni après le cortège. Or, quand il y a des problèmes, c'est toujours avant ou après. Et là, ce sont les forces de l'ordre qui sont responsables.
Et c'est c'est de plus en plus difficile aujourd'hui d'organiser ce type de manifestation. Il y a les Black Block, il y a les casseurs. C'était moins le cas quand vous vous étiez leader de force.
Ça a démarré en 2016. Ça a démarré la première fois, je m'en souviens, c'était en 2016 au moment de la loi travail. Alors, mais ça ça existait avant à l'étranger, à Gen, en Allemagne.
On a l'impression que c'est devenu systématique. Oui, c'est devenu systématique. C'est c'est pas des gens en plus qui veulent revendiquer qui revendiquent quelque chose.
C'est leur logique, c'est de casser. Et vous avez tout là-dedans, y compris des étrangers. Vous avez p avoir des Italiens, des Allemands et cetera.
Eux, leur seul objectif, c'est de casser. À partir de là, ça ça dénature ça dénature un mouvement. Oui.
Alors, c'est très bien quand on les empêche d'agir. On va revenir évidemment sur le le fond de cette mobilisation. D'abord, la date, maintenir cette mobilisation, c'est une date qui qui était prévue avant la la chute de François Baou, mais la maintenir alors qu'il n'y a pas de gouvernement.
Est-ce que ça avait du sens ? Oui, bien sûr. Ce les syndiques, ce qu' voulu les syndicats qui sont dans une unité euh d'action, c'est euh quand ils ont décédé la date, c'était toujours François Perou mais tout le monde avait compris qu'il allait partir.
Donc c'était pas non plus Donc ce qu'ils ont voulu dire, c'est attention qui ce soit demain, euh si vous nous ressortez le projet de budget euh que François Berou nous a présenté, ça ne marchera pas. On n'est pas d'accord et puis donc ils ont réaffirmé à partir de là leur revendication. Donc bien sûr que ça avait du sens.
Oui, c'est c'est un moyen de mettre la pression sur Sébastien Lecornu, sur Emmanuel Macron, sur les deux sur les deux sur la difficulté la difficulté enfin je pense qu'un gouvernement s'il est raisonnable va devoir tenir compte de ce qui s'est passé hier. De quelle manière ils pe en tenir compte ? Par rapport aux revendications qui sont posées.
Alors je dis pas de répondre à toutes les revendications. Enfin aujourd'hui, il y a une urgence dans le pays, c'est d'avoir un budget. C'est ça l'urgence aujourd'hui.
Et pour avoir un budget, il y a des il peut pas ce que les syndicats disent tous euh ils disent ce peut pas être toujours au même de payer. Donc ça veut dire qu'il y a un besoin très fort qui n'est pas nouveau mais qui s'est amplifié de désir de justice fiscale d'équité. C'est ça qui est demandé aujourd'hui.
Donc ça signifie que si des efforts doivent être faits, parce que tout le monde est d'accord pour que grant pour que la dette soit réduite, pas forcément sur le montant. Bon, moi j'ai toujours considéré par exemple que 44 milliards c'était trop. Voilà hein, c'est on peut faire 25 milliards minimum.
Ce serait le bon chiffre. Bah écoutez, l'Europe avait laissé entendre dans une recommandation 25 milliards. Donc 25, certains 10 30.
Bon, c'est déjà faut déjà les faire. Moi je dis faut mieux réussir 25 que de rater 44 hein d'une manière d'une manière ou d'une autre. Voilà.
Bon donc ça faut y répondre. Alors après ça ça vise certes le premier ministre mais derrière ça vise le président. Donc après politiquement parce qu'il y a une dimension politique aussi dans dans l'affaire, il faut que Sébastien Lecornu, le premier ministre, il y a trois choses.
Il faut un que président de la République accepte de bouger sur ses lignes, ce qui est pas gagné avec lui parce que il est quand même pas très souple et il aime pas trop la contradiction. Vous pensez qu'il a encore le choix ? Est-ce que si Sébastien Lecornu échoue, c'est pas Emmanuel Macron qui se retrouve désormais en première ligne ?
Oui, benah, il est déjà en il est déjà quasiment en première ligne, hein. Vous avez vu les pancartes hier. C'est logique d'une manière parce que la situation dans laquelle nous sommes, c'est lui le responsable.
C'est lui qui a dit sous personne d'autre, hein. Personne ne lui demandait. Bon, c'est lui qui a décidé la dissolution et on voit très bien que c'était vraiment une erreur.
Bon, une erreur de stratégie, une erreur d'analyse et cetera. Bon, donc il a la responsabilité de ça. Maintenant, sur sa politique de l'offre qu'il mène depuis 2000, est-ce qu'il est prêt lui à l'écorner, à mettre certaines choses en cause ? hein, de est-ce que les Républicains sont prêts eux à accepter qu'il y ait une taxation sous une forme ou une autre de ce qu'on appelle aujourd'hui les ultra riches ?
Et est-ce que le Parti socialiste accepte lui que ce soit pas par exemple la taxman mais autre chose ? Voilà. Alors, c'est pas simple à résoudre, je suis d'accord, mais euh si on n' pas ça, ça veut dire que ben les Imagino Connie va faire un passage rapide, quoi.
Bon, hein. Donc, il y a une je crois qu'il y a une responsabilité, on va pas aller la chercher du côté de LFI ni du côté du Brassemblabl national qui eux ont déjà dit qu'il voteraient la censure, donc ils sont pas prêts à discuter. Après, donc, il y a une responsabilité sur les épaules de ce qu'on appelle le bloc central qui est quand même un bloc un peu miné également des Républicains et du Parti socialiste.
Mais vous qui avez mené des négociations, qui avez dû en trouver des compromis, vous pensez qu'aujourd'hui les les partis sont prêts à le faire ? Bah je je pense qu'il porte une lourde responsabilité parce que imaginons un seul instant qu'il n'y ait pas d'accord, c'est impossible, il trouve pas d'accord et cetera. Qu'est-ce qui se passe derrière un gouvernement technique ?
Il va tenir combien de temps un gouvernement technique ? On n'est pas en Belgique. J'ai rien contre les amis belges he qu'on se comprenne bien.
Mais les Français, c'est pas la culture. Voilà. Donc bon, une nouvelle dissolution, ça va donner quoi une nouvelle dissolution, ça va changer fondamentalement des choses.
Je pas du tout convaincu que ça change, ça peut même aggraver la situation. Donc voilà, donc ils ont une responsabilité qui est une responsabilité démocratique, hein. Il faut tenir un an et demi hein avant les élections présidentielles.
En tous les cas, ce budget là est important. Donc il faut qu'il trouve un accord. Après, il sera sera pas un accord magnifique mais et puis écoutez, moi j'étais encore en débat dans une entreprise il y a pas longtemps assez importante.
Bah, ils ont par exemple un exemple parmi d'autres décidé de geler un investissement de 10 millions d'euros. Voilà, parce que ils ne savent pas où on va. Et quand la note est dégradée, même si c'est pas dégradé de beaucoup hein, on avait 16, on est tombé à 15.
Bon, c'est pas c'est pas non plus mauvais mais en même temps, quelle est la raison évoquée ? l'instabilité politique. Donc les responsables politiques ont une responsabilité particulière qui n'est pas uniquement une responsabilité politique qui est aussi pour moi une responsabilité démocratique.
Vous nous avez parlé de de la taxe des économies 25 milliards 30 milliards maximum selon vous. Il y a aussi un autre sujet c'est la réforme des retraites. Alors on en a peut-être entendu un peu moins parler même dans les démobilisations hier.
Est-ce que vous dites c'est pas le sujet du moment ça ça se réglera en 2027 ? Bah, les syndicats réclament, ils font leur boulot, hein. Ils réclament certains l'abrogation, d'autres la suspension et cetera.
Ce sera l'idéal. C'est c'est évident pour les syndicats. Euh, ceci étant, je pense que ce sera un débat 2027.
Oui, mais enfin, il y a il y a des urgences aujourd'hui et l'urgence, elle est budgétaire. Voilà. Donc, c'est ce qui je rappelle que les dates, c'est 7 octobre, donc c'est demain dépôt hein du c'est le jour où il faut déposer le budget.
Le jour où il faut déposer le budget. Donc après, il y a 70 jours si ma mémoire est bonne de débat au Parlement. Donc c'est ça l'urgence aujourd'hui.
Donc je crois qu'il faut se focaliser sur le budget aujourd'hui. Ça ne veut pas dire oublier le reste, mais il faut se focaliser sur le mais sur la réforme des retraites. Si aujourd'hui vous étiez encore à la tête de force ouvrière compte tenu de l'état de la démographie, compte tenu de l'état des finances publiques, de l'état du régime des retraite, est-ce que vous diriez il faut revenir sur les 64 ans ? passer à 62 ou 60 ans en tous les cas au enfin ce qui n'est pas normal l'erreur de d'Emmanuel Macron parce que c'est lui qui est l'erreur d'Emmanuel Macron c'est d'être passé en force hein donc il a pas cherché à discuter il a imposé il a pas bougé de nin sur l'âge. mort à chaque fois vous pouvez regarder depuis 1993 à chaque fois qu'il y a eu une réforme qui portait sur l'âge ça générait des mouvements sociaux et quand ces mouvements sociaux étaient importants et qu'il n'était pas il comme rent en 2023 il toujours une conséquence en effet boouerang ils ont pas réussi en 2023 à obtenir satisfaction les syndicat mais vous avez eu l'effet boomerang avec les élections politiques et j'ai toujours connu ça dans l'histoire alors il faut reposer le problème calmement pour le reposer calmement ça peut pas être en ce moment faut le reposer en Et on peut revenir sur les 64 ans.
Est-ce que c'est pas mettre en danger le système par répartition ? Mais moi, écoutez, à titre personnel, il y a diff il y a d'autres formules. Il y a il y a il y a d'autres formules.
Moi, je ne suis pas compte par exemple, mais c'est titre personnel, je c'est vraiment un titre personnel, j'ai plus de mandat, j'ai plus rien. Que l'on crée un troisème niveau au-delà de dans le privé. Il y a dans le privé, vous avez le régime général, les régimes complémentaires gérés par la gir carco.
On peut très bien créer un troisème niveau par capitalisation obligatoire à condition qu'il soit géré par la GIR carco. Ça veut dire géré par les partenaires sociaux. Ça ça peut se discuter.
Voyez, il y a plein de choses qu'on peut mettre qu'on peut mettre sur la table hein plutôt que de dire c'est la solution de facilité pour un gouvernement parce que il ah bah voilà on joue sur l'âge et quand on joue sur l'âge ça va faire plaisir au marché. On montre qu'on est dur, on est voilà bon c'est qu'on est courageux mais je trouve ça facile et ça passe pas. Quand il y a eu quand on a joué à une époque, je dis pas que c'était bien mais sur la durée de cotisation ça a pas eu les vagues que ça que l'âge donne.
Alors ça rapporte plus l'âge tout. Mais en même temps quand vous prolongez l'âge, ça veut dire que les salariés les plus âgés, ça c'est les statistiques, sont plus souvent malades. Donc il y a un surcoup assurance maladie et ils sont souvent plus souvent au chômage également.
Donc un surcoup assurance chômage. Donc quand on met tout sur la table, c'est pas évident. Euh vous regrettez que les les syndicats, les partenaires sociaux n'aient pas réussi à se mettre d'accord lors du conclave sur les retraites ?
Je suis pas surpris, franchement. Franchement, je suis pas surpris. Le premier responsable de l'échec du conclave, c'est le premier ministre de l'époque qui a changé les règles du jeu dans mon parcours.
Alors donc à partir, vous savez moi les les réunions tripartites, état, patronat, gouvernement, vous savez c'est comme les ménages à trois. Il y en a toujours un qui se fait avoir d'une manière ou d'une autre. Voilà.
Bon, je préfère que les partenaires sociaux discutent entre eux, hein, patronat d'un côté, organisation syndicale de l'autre. Ils ont des choses en chantier. Étonnéz en chantier, ils ont le financement de la protection sociale en ce moment.
Bah ça, on règle pas ça en 15 jours. Ça demande du travail, ça demande du débat et cetera. Et euh je les trouve enfin tous les cas, moi je trouve les interlocuteurs sociaux plus responsables aujourd'hui que les partis politiques sur la la méthode Sébastien Lecornu notamment avec les syndicats.
Dans ses consultations, il a choisi de recevoir d'abord les syndicats avant même les forces d'opposition. C'est la bonne méthode. Ah bah je trouve que c'est intelligent.
Oui, en tous les cas, en terme de méthode, c'est bien puisque le dialogue social, d'une manière générale, il a été vraiment bafoué depuis plusieurs années, hein. Moi, je pour j'ai eu à fréquenter le président République quand j'étais encore en fonction. Il y a eu du dialogue social pendant 6 mois, grosso modo, au moment des ordonnances où on a pu discuter, je me souviens, être allé à l'Élysée, négocier avec lui, avec Laurent Berger.
On est allé négocier avec lui. Après ça s'est terminé, je sais pas pourquoi hein. Donc il aime pas le dialogue social, il considère que c'est de la perte de temps et cetera.
Bon bah il en a les effets, c'est une erreur. Donc à partir du moment où les relations se sont pr Il récolte aujourd'hui le le fait d'avoir d'avoir un peu pas méprisé mais en tout cas ou si mépriser, on peut dire mépriser. Oui, il y a une forme de mépris.
Oui, ben ça c'est il récolte. La démocratie, ce n'est pas que l'élection euh des députés, des sénateurs et du président de la République. La démocratie euh c'est aussi la démocratie sociale, hein, elle fonctionne.
Euh regardez en ce moment, s'il avait pas négligé les corps intermédiairees, il en serait pas là. Bah oui, parce qu'il aurait fait autre chose. Il aurait fait d'autres choix ég ou certains choix qui auraient été édulcorés et cetera.
Donc là, il a foncé en 2018 quand il a bafoué l'accord qui était signé sur l'assurance chômage. Voilà, ça fait ça, c'est une forme de mépris de claque aux partenaires sociaux. Ça, vous savez, vous le payez toujours à un moment donné.
Quand Sébastien Lecornu hier dit qu'il va recevoir à nouveau les syndicats, vous vous en avez mené he évidemment des des consultations à l'Élysée, à Matignon, est-ce qu'on est dans un vrai dialogue où on peut obtenir des choses ou ou est-ce qu'on est chacun dans sa posture ? Non non, c'est c'est ça dépend du contexte. Si vous sentez que votre interlocuteur est effectivement prêt à évoluer, vous discutez.
C'est pas une négociation. On va pas signer un papier à la fin. C'est ça que je veux dire quoi.
Mais quand ça si c'est pas si c'est pas du bluff ou de la com uniquement hein. Si vous êtes dans une situation où vous exprimez votre position et que vous sentez que votre interlocuteur est prêt à tenir compte et à modifier les choses. C'est une forme de négociation bien entendu.
Et là regardez ce qui j'ai vu ce qu'il a déclaré que les revendication grosso modo les revendications exprimées hier sont au cœur des des travaux et des discussions et cetera. Bon, alors lui, il doit à la fois discuter avec les partenaires sociaux et d'un autre côté négocier avec les partis politiques. Bon, c'est un challenge, hein.
C'est moi qu'on puis dire. La crête est quand même étroite. Dites-moi bon courage.
Bon courage. C'est message que vous lui passez sur l'intersyndical qui a réussi à se mettre d'accord hier, qui était uni. Vous pensez que ça va durer ?
J'en sais rien. Écoutez, moi je suis plus en responsabilité mais je pense que oui, je je ne sais pas s'ils vont se revoir tout de suite. Bah je pense enfin j'en parle, j'en sais rien.
Se revoir aujourd'hui pour discuter d'une Ils ont pas réussi à se remettre d'accord hier. Oui oui. Non mais de ils vont se ils vont ils sont en contact régulier et cetera.
C'est pas obligatoirement des réunions. Ils ont des contacts réguliers. Je pense qu'ils vont attendre aussi quelle va être la réponse du du premier ministre.
Il y a encore une organisation syndicale qui va être reçu lundi également. Puis il va recevoir il va à nouveau recevoir tous les syndicats et le patronat vous savez mais à un moment donné il faudra y compris que le patronat évolue euh sur certains points hein. Je parle même pas de la taxe Zuckman, mais à un moment donné par exemple faudra qu'il accepte que sur certaines aides publiques, il y a un contrôle et une évaluation.
Voilà, c'est de l'argent public, hein. Euh, prenez le compte euh contrat recherche. Le nom m'échappe, ça va me revenir.
Euh le non recherche, le crédit d'impôt recherche, le crédit d'impôt recherche qui est un bon outil. Bon, mais il y a des il y a des dérives, il y a pas de contrôle, il y a pas de il y a pas de sanction. Si quelqu'un ne reste pas, un chômeur quand il cherche pas de boulot et ben il est sanctionné.
Donc, vous attendez des choses pas seulement de l'exécutif mais aussi du patronat. Il y a un effort à faire. Il y a un effort.
Il y a un effort. Bah, il a parlé de rupture. Rupture, c'est pas une inflexion, hein.
Donc euh, il faut Il a choisi un mot, c'est lui qui l'a choisi. Personne lui a demandé. Est-ce que selon vous, il faut il faut continuer les mobilisations sous cette forme, sous la forme d'hier ?
Est-ce que la sortie de crise, elle va venir de la rue ? La sortie de crise, non, une sortie de crise ne vient pas de la rue. Une crise provoque la rue, hein.
Une sortie de crise, ça vient toujours des discussions et de négociation, hein. C'est maintenant, c'est au syndicat d'apprécier aujourd'hui les confédérations apprécier. Est-ce qu'il faut maintenir ou pas la pression et sous quelle forme ?
Ils peuvent encore obtenir des victoires aujourd'hui les syndicats. Oui mais je Oui bien sûr qu'ils peuvent obtenir des victoires même si le contexte est et que ça fait longtemps qu'ils n'en ont pas obtenu. Oui mais même si le contexte est dans les négociations avec le patronat si on a obtenu des enfin les syndicat avec l'exécutif.
Oui, avec l'exécutif, bah oui, fait quelques années, ça je suis d'accord, je suis d'accord avec vous, mais quand l'exécutif n'écoute pas les partenaires sociaux, il compris le patronat parfois d'ailleurs hein, ça ne marche pas hein. Mais donc c'est on fait pas des manifes par le plaisir pour le plaisir, c'est qu'à un moment donné la coupe est pleine quoi. Et on l'entend bien et chez les gens aujourd'hui, vous savez ça, faut mieux qu'une colère s'exprime que la résignation.
Il y a des gens qui sont en colère mais qui sont en même temps résignés. Parce que quand vous êtes résigné, vous l'exprimez autrement à un moment donné et vous l'exprimez dans les urnes et c'est pas toujours bien. Et vous le vous vous le redoutez ça justement que cette colère, elle s'exprime dans les urnes.
Et qu'est-ce que ça peut donner si elle s'exprime dans les urnes ? Ah ben ce que ça peut donner, écoutez moi je je relisais il y a pas longtemps les ingénieurs du chaos ce livre. Bah on voit bien que en France comme ailleurs, quand les les ceux qui sont au pouvoir ne répondent pas aux attentes de la population, quand il y a pas de projet sont les extrêmes qui montent.
Et quand les extrêmes montent, la démocratie en prend un coup. Est-ce qu'aujourd'hui les ce qui faisait la base du monde syndical, les ouvriers, les classes populaires, elles ont pas tendance à plus se tourner vers le rassemblement national ? Comment vous l'expliquer ?
Bah parce que ils ne son Écoutez, moi je suis originaire d'une région où le nordpalé, enfin qui est maintenant les Haut de France, j'étais dans le bassin minier où les traditions c'étaient vous votiez socialiste ou communiste. Moi ma famille c'était ça. Bon aujourd'hui c'est plus le cas. aujourd'hui.
Pourquoi ? C'est pas que les gens qui vont voter pour me faire comprendre sont devenus des fachaots, faut arrêter. Il y en a peut-être dans le cas, il y en a bien entendu.
C'est des gens qui se sentent abandonnés, hein, qui ne on aux ne répond pas à leur revendication, qui les partis politiques ont une responsabilité. Enfin, combien d'adhérents et la gauche a une responsabilité ? Bien sûr.
Combien d'adhérents au PS aujourd'hui ? Combien voilà par exemple combien d'adhérents chez les républicains ? C'est pareil.
Voilà, c'est grand partis qui fonctionnaient. y compris en demandant la vie de leurs adhérents et cetera. Quand vous n'avez plus d'adhérents, ben vous avez moins de moins de raison de partager et cetera.
Donc oui, bien sûr qu'ils ont une responsabilité d'une manière ou d'une autre. Et quand on voit monter un peu partout dans le monde occidental les extrêmes, y compris aux États-Unis hein, où la liberté aujourd'hui la liberté d'expression mis en cause et cetera, il faut s'inquiéter. Donc les partis ont une responsabilité importante et moi je préfère des partis à réputation démocratique que des partis extrêmes qui veulent le chaos.
Et est-ce que les syndicats ils pèsent encore aujourd'hui ? Quel regard vous portez sur ce qu'est le syndicalisme d'aujourd'hui ? Des situations de crise qu'on le veuille ou non, c'est c'est jamais facile mais c'est pas c'est pas que chez nous. un peu partout un peu partout en Europe.
Mais oui, pèse. Écoutez, c'est des confédération c'est à peu près 13 14 15000 implantations syndicales. Et le temps social n'est pas le même que le temps politique.
Le temps social est un temps beaucoup plus long. Le temps politique c'est à la prochaine élection. Voilà hein, on est dans le court terme rythmé par les dates des élections.
C'estàd qu'il y a plus de projet à moyen et long terme. On a on a remis en place un commissariat au plan enfin qui il fait des études. Voilà.
Bon, on aurait pu l'appeler centre d'étude, ça aurait été pareil. C'est plus un lieu de démocratie comme ça le fut dans le temps. Voilà, il manque c'est en France notamment il manque des organismes qui travaillent sur le moyen et le long terme hein et que et le politique ce serait bien qu'il s'y intéresse aussi.
Et ça faut peut-être remettre en cause le quinquena. On va terminer par une question un peu plus personnelle. Jean-Claude Maill, dans la situation actuelle, est-ce que vous regrettez de ne plus être à la tête de force ouvrière et et de mener le combat en première ligne ?
Non, non, je ne vis pas de regret moi. Non non non non, je regrette pas. Écoutez, j'ai été secrétaire général, j'étais militant.
Enfin, je suis toujours voyais hier dans la rue quand vous voyez les situations parfois. Parfois oui, mais non, non, mais surtout pas. J'ai, excusez-moi, mais j'ai encore des amis mais je ne si m'appelle me demande un coup de main, je donnerai un coup de main discrètement mais je veux pas être non plus le vieux con qui donne ses conseils.
Mais vous continuez à vous impliquer. Je bah je m'implique dans la vie de la cité. Oui, ça je m'applique dans la vie de la cité dans d'autres activités aujourd'hui dans les sing tank et cetera mais voilà c'est ce qu'on le manche qui décide.
Merci beaucoup. Merci d'avoir été notre invité pour cet entretien. [Musique]
François Bayrou