AUDITION IA : MATHIEU SZERADZKI, DIRECTEUR DE PROJET IA AU MINISTÈRE DE LA CULTURE
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse partielle
Quels sont les usages de l'IA par les journalistes et où tracez-vous la frontière entre assistance et substitution ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Comment encourager les Français à consulter des sites d'information fiables face à la multiplication des faux sites ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous revenir sur l'exemple de l'infographie de L'Équipe et les risques pour la déontologie ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quel est le contenu de la charte IA à TF1 et qui a participé à son élaboration ?
- 15:00OuverteRéponse directe
L'IA fait-elle courir un risque de perte de savoir-faire aux journalistes ?
- 20:00OuverteRéponse partielle
Faut-il labelliser les médias pour garantir leur éthique et leur travail journalistique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00CGTFait
« Chat GPT et ses concurrents détournent déjà les lecteurs de nos journaux vers une prétendue information produite à partir du pillage de source éparse. »
- 5:00CGTFait
« Le Rassemblement national perpétue une tradition politique française qui présente depuis longtemps des candidats aux élections. Nous, syndicalistes, nous la connaissons bien cette tradition parce que justement elle nous déteste. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Oui, parfait. Bien, c'est parfait. B écoutez mesdames et messieurs, bonjour mes chers collègues qui nous suivez en ligne.
Bonjour. Nous poursuivons ce matin les travaux de notre mission d'information intitulée création, diffusion et acquisition des connaissances. comment l'intelligence artificielle générative transforme notre éducation et notre culture.
Et nous abordons la question de l'IA dans le domaine du journalisme avec les représentants d'organisation syndicale. Nous avions invité la CFDT, la CGT, le syndicat national des journalistes et forces ouvrière. Nous avons le plaisir de recevoir ce matin euh la CGT représente Hélène Richard et madame Céline Hautin ainsi que monsieur Clément pourrier et pour force ouvrière Éric Huial et Christophe Melac.
Les deux autres syndicats nous ont indiqué qu'il ferait parvenir des contributions écrites. Bonjour à tous. Nous allons donc entamer nos travaux.
Nous vous remercions d'abord d'avoir accepté notre invitation. Euh nous avons déjà reçu dans le cadre de cette mission des éditeurs de presse ainsi que l'agence France Press. Ceci nous ont notamment fait part des transformations économiques du secteur engendré par les sorts de l'intelligence artificielle générative.
Je vis d'ailleurs dans une dépêche de presse que Prisma Média a annoncé supprimer 261 postes, soit 40 % ses effectifs, probablement aussi sous l'influence de l'éruption de liage générative dans le métier de journaliste. Enfin, c'est à vérifier mais en tout cas c'est certain, c'est un coup de tonner dans un ciel bleu. Donc nous souhaitons donc euh entendre vos avis sur les usages euh fait de ces outils par les journalistes.
Comment les journalistes ont-ils intégrés l'IA dans leur travail ? Où tracez-vous la frontière entre assistance et substitution ? Quelle est la limite entre amélioration de la productivité et précarisation ?
Constatez-vous des abus dans certaines rédactions qui pourraient menacer la déontologie professionnelle et l'honnêteté de l'information ? La deuxème édition de l'étude les français l'information de l'ARCOM estime à 32 % la proportion de français utilisant des outils d'IA conversationnel pour s'informer ce qui accroit probablement le risque de désinformation. Quel regard mesdames et messieurs portez-vous sur cette étude et comment encourager les Français à consulter davantage les sites d'information fiables alors que les faux sites d'information se multiplient au risque d'ailleurs de porter un nouveau coût fatal au modèle économique des médias.
Donc il y a tas d'autres questions que madame la rapporteur ne manquera pas de vous de vous poser dans quelques instants. Je vais vous passer la parole par organisation pour à proposiminaire de 5 à 10 minutes au grand maximum de manière à ce que madame Calvez a le temps suffisant pour vous pour entamer avec vous un débat constructif. Donc je vous remercie et je vous cède la parole dans l'ordre que vous souhaiterez mesdames et messieurs.
Qui veut prendre la parole ? premier, je vous entends faiblement. Ah est-ce que Non, ça va, c'est bien, c'est bon.
Parfait. Tout va bien. Je vous en prie madame.
Allez-y. Monsieur le président, madame la rapporteur, euh vous nous avez euh invité devant cette mission d'information parlementaire consacrée à l'impact de l'intelligence artificielle dans la production et la diffusion des connaissances et nous vous en remercions. Nous tenons d'emblé à dire que vos travaux sont importants voire essentiels.
Comme vous pouvez l'imaginer, l'intelligence artificielle est un sujet de préoccupation centrale pour nos organisations. Non seulement parce qu'elle bouleverse déjà le travail des journalistes dans les rédactions, mais aussi parce qu'elle déstabilise les modèles économiques de nos entreprises. Comme les réseaux sociaux avant eux, Chat GPT et ses concurrents détournent déjà les lecteurs de nos journaux vers une prétendue information produite à partir du pillage de source éparse et demain peut-être et demain déjà à partir de bases d'articles de presse achetés en gros qui moulineront que moulineront des algorithmes pour les restituer sous forme de synthèse comportant de nombreuses erreurs.
Elles serviront alors à produire d'autres articles eux-mêmes moulinés par LIA. Il faut s'attendre ainsi à un appauvrissement du style, une baisse de la qualité de l'information, à une diminution des moyens pour rémunérer des journalistes produisant une information fiable et de première main, c'est-à-dire le journalisme que nous défendons. Il existe certes des possibilités d'utiliser l'intelligence artificielle pour exploiter pour exploiter d'importants corpus de source, mais ces pratiques sont aujourd'hui infiniment minoritaires et risquent bien hélas de le rester.
Nous aurions donc eu beaucoup de choses à dire sur ce sujet crucial, mais conformément à nos orientations confédérales, nous ne le ferons pas devant une instance dirigée par le Rassemblement national. Nous avons choisi d'utiliser l'occasion qui nous est donnée de nous exprimer pour expliquer notre position. Que cette position soit bien comprise, il n'y a là aucun déni pour le verdict des urnes que nous respectons.
Le Rassemblement national perpétue une tradition politique française qui présente depuis longtemps des candidats aux élections. Nous, syndicalistes, nous la connaissons bien cette tradition parce que justement elle nous déteste. Sa détestation des salariés lorsqu'ils sont organisés vient certainement juste même après celle des immigrés et des personnes d'origine étrangère.
Même si nous le regrettons, le succès électoral de ce parti, le fait qu'il décroche en conséquence des présidences dans des missions parlementaires ne nous étonne pas vraiment. En effet, nos camarades combattent tous les jours les politiques qui lui servent de marche-pied à commencer par les délocalisations industrielles, la destruction des services publics. En outre, le Rassemblement national peut aujourd'hui compter sur un pôle médiatique solide et bien financé qui ressasse à longueur d'antenne ses thématiques favorites, sécurité et immigration en des termes qui ont plus souvent à voir avec l'infraction pénale qu'avec le débat d'idée et qui tire vers lui l'ensemble du champ médiatique.
En tout cas, une grande partie. Nous remarquons en revanche qu'il n'existe pas de chaîne d'information continue qui avec autant de fougues défendent par exemple l'idée qu'il est bon de se synder, l'idée qu'il est il est bon de porter des valeurs de solidarité, de progrès social sur son lieu de travail et au-delà. Il faut croire qu'un tel projet éditorial n'a pas trouvé de financeur.
L'extrême droite a l'habitude de se dire victime de la censure. Pourtant, son attachement au pluralisme ne saute pas aux yeux de celui qui prendrait la peine de lire ses propositions. Alors que l'Arcom hésite déjà à jouer pleinement son rôle de garant du pluralisme, le RN propose de la supprimer.
Alors qu'une meilleure répartision répartition des aides à la presse s'impose pour soutenir l'indépendance des médias, le RN veut les réduire drastiquement. Alors que l'audiovisuel public est déjà fragilisé par des coupes budgétaires, le RN veut le privatiser. Enfin, alors que la multiplication des procédures judiciaires contre des militants syndicaux et d'autres causes tentent de nous habituer au recul des libertés publiques, le RN n'est certainement pas la formation politique qui les redressera. encore moins nous protègera nous journalistes des procédures bayon ou des atteintes au secret des sources.
Ainsi, ce que nous dénonçons en choisissant de ne pas participer aujourd'hui à ces travaux, c'est bien la banalisation du RN et de ses idées. Parce que sur le fond, ces travaux sont essentiels à mener, nous nous vous adresserons aussi sous forme écrite nos contributions. Notre prise de parole ici sera suivie par la publication d'un communiqué commun des trois principales organisations syndicales de journalistes. la nôtre donc et celles qui ont choisi et celles qui ont choisi de ne pas répondre à votre invitation.
Pour notre part, nous avons préféré exposer devant vous ces raisons et plus généralement devant les citoyens. Nous voudrre attention. Bien, je prends acte de votre position.
Je je je la déplore, je la trouve déplacée et des car vous devriez comprendre que le fonctionnement de la représentation nationale par mission, par commission euh évidemment respecte le verdict des urnes d'une part et qu'ensuite dans cette mission d'information, madame, je ne suis pas le représentant ni le porte-parole du Rassemblement national, pas plus que ma collègue n'est la représentante de PR. Euh nous agissons en tant que député mandatés par la commission des affaires euh culturelles et éducatives pour aborder une question d'intérêt général. Je pense que vous avez tort de politiser le débat.
Euh vous avez utilisé notre invitation pour en faire une tribune politicienne. Croyez-moi, je trouve ça vraiment déplacé. Mais j'en prends acte et je prends acte également du fait que vous quittiez la réunion.
Donc nous allons passer la parole maintenant à Force Ouvrière. Je vous en prie. Euh donc pour force ouvrière donc nous conformément à à nos statut à force ouvrière, nous ne faisons pas de politique.
Nous nous intéressons aux travailleurs, aux entreprises que nous défendons. Et quand la représentation nationale nous convit à des débats démocratiques et nécessaires, on y répond. Donc comme d'habitude, j'allais dire, c'est aussi dans nos statuts, nous ne faisons pas euh chaise vide quand quand on est invité à discuter de sujets qui concernent la société.
Donc nous allons répondre à vos questions euh concernant euh euh ces euh I euh génératif. Les les salles de de rédaction euh innovantes exploitent euh des modèles de langage avancés comme Chat GPT, vous le savez, pour produire rapidement des brèves sportives, de la météo aussi de plus en plus ou des brèves financières. Et pour l'instant, les journalistes supervisent chaque contenu avant une publication. ils ajoutent du contexte et une analyse experte quand c'est nécessaire.
Puis il y a tout ce qui concerne la création de visuel et et d'infographie. Je sais pas, on pourra peut-être en parler, mais vous avez sans doute vu la polémique qui est née avec une infographie qui est née dans l'équipe mardi dernier, une photo euh qui a été dénoncée par la SDJ de l'équipe et pour vous dire que les outils d'IA graphique permettent évidemment aux journalistes de créer des visualisations de données percutantes à partir de simples descriptions textuelles. Euh la puissance des algorithmes va au-delà du design basique, hein. via analyse des données brutes pour suggérer des formats visuels, les mieux adaptés, graphiques, diagrammes ou cartes interactives.
Et cette approche effectivement garantit une meilleure compréhension des informations pour le public. Puis ce qui est nécessaire pour les journalistes aujourd'hui, c'est la vérification des droits d'utilisation des éléments générés et qui sont cependant indispensables. Les journalistes doivent systématiquement identifier les crédits et s'assurer de la conformité légale des visuels produit par LIA.
Et enfin, ce que nous souhaiterions aboder, c'est euh tous les outils qui sont adoptés. Alors nous tous les deux avec mon camarade Christophe, nous sommes des journalistes. On utilise, je peux vous le dire, quasiment quotidiennement l'IA, mais pas forcément pour créer de l'information.
C'est un assistant aujourd'hui nécessaire. Euh les moteurs de traitement linguistique par exemple facilitent l'extraction automatique des informations importantes dans les des pêches d'agences et des documents sources. Euh juste un exemple, l'agence Reuters par exemple a a développé news tracer qui est un outil qui évolue la qui évalue la crédibilité des sources grâce à des algorithmes sophistiqués de compréhension textuelle et cette technologie scrute les tweets et leur pertinence.
Donc je crois que c'est ça l'avenir auquel nous sommes confrontés face à des nouveaux contenus puisque'aujourd'hui on sait bien que et l'écrit et le télévisuel, le flux comme on le dit en télévision euh sont en baisse et que de plus en plus on s'informe via les réseaux sociaux. Il est nécessaire pour un journaliste de savoir quand lui aussi va chercher des informations où se trouve la vraie information où elle ne se trouve pas. Et l'IA peut nous aider aussi à déterminer euh ce qui est de la vraie ou de la fausse information ou de la désinformation.
Et puis sur les plateformes d'analyse prédictive, il y a évidemment ceux qui scrutent les réseaux sociaux pour repérer les sujets émergents. Donc c'est Aussi qui fait ça avant qu'il ne devienne viru. Donc par exemple le Washington Post lui exploite une technologie pour identifier les angles morts de sa couverture médiatique et des médias régionaux utilisent des modèles statistiques avancés pour prévoir l'influence sur leur site web.
Et ces prévisions affinent la répartition des ressources rédactionnelles sur les créneaux stratégiques. Face à ça, effectivement, notre métier de journaliste, nous nous le pensons à Force ouvrière, doit évoluer euh au niveau fédéral comme au niveau confédéral. Euh nous avons des commissions dédiées euh au sein de notre syndicat uniquement euh sur l'IA et nous faisons des propositions.
Par exemple, je vais vous en faire une peut-être avant de laisser euh vos questions ou euh mon camarade euh Christophe Niolac parler et nous faisons par exemple des propositions de charte de l'IA euh dans les entreprises des sortes de bonnes conduites. Le regret qu'on peut avoir, c'est qu'aujourd'hui on en voit pas beaucoup et que les employeurs n'y sont pas forcément disposés. Voilà, j'espère que j'ai été assez clair parce que c'est un c'est un sujet évidemment qui nous intéresse tous.
Très bien. Merci beaucoup monsieur. Bon, est-ce que votre collègue veut compléter ou est-ce que vous voulez attendre les questions madame de madame la rapporteur ?
Comme vous voulez. Euh non, je crois qu'on va on va on va attendre les questions quoi. Après moi sur les sur les chartes et tout ça, moi je travaille à TF1 par exemple.
Nous on a une charte IA quoi. H très bien. Bon très bien.
Ben on va regarder travaille à TF1 et moi je travaille à France Télévision comme ça vous le savez. Bon c'est parfait. Bon c'est très bien.
Bon donc nous allons passer la parole à madame la rapporteur et justement nous allons pouvoir revenir sur les points que vous avez soulevé. Merci beaucoup madame la rapporteur. Vous avez la parole.
Merci. Merci monsieur le président. Merci messieurs de contribuer aux réflexions de cette mission d'information qui doit sortir de la logique politicienne et je trouve dommage de la part des syndicats de faire la chaise vide alors que on est là pour répondre justement aux attentes que se posent dans les salles de rédaction et l'ensemble des journalistes qu'il soi expérimentés ou qu'il soi nouveaux face à cette révolution qui est l'intelligence artificielle.
Je pense que quand on donne à l'Assemblée nationale la possibilité aux organismes syndicaux de s'exprimer et de pouvoir être ainsi relayé et retransmis, ça fait partie de la transparence, ça fait aussi partie de votre utilité. Vous nous avez parlé très concrètement de l'utilisation de l'IA avec parfois des menaces qui sont contestées. J'aimerais que vous reveniez sur l'exemple de l'infographie de l'équipe, de voir la lecture que vous en avez et euh et peut-être aussi nous dire quels autres exemples d'utilisation sont en tout cas à regarder et et et peut-être à à limiter. et ensuite on pourra passer comme vous l'avez souligné à des usages plus vertueux de l'IA pour l'accomplissement de vos missions.
Ben je vous lis un article qui a été diffusé le mardi 31 mars dernier. Donc c'est extrêmement récent euh où la SDJ et donc les journalistes du journal L'Équipe ont tiré la sonnette d'alarme euh puisque le quotidien a publié dans sa version papier un dossier consacré aux violences sexistes et sexuelles dans le monde du sport pour illustrer ce travail donc de la rédaction. C'est une illustration générée par l'intelligence artificielle qui a été choisie et c'est une décision qui a été totalement assumée avec un crédit clairement apposé à côté de l'image qui a fait bondir donc la société des journalistes donc la SDJ du quotidien qui s'est fendu donc hier ou avant-hier d'un d'un communiqué et je vais pas vous lire tout le communiqué, vous allez le le retrouver mais en gros euh le l'ASDJ regrettait que le directeur général du groupe donc de l'équipe qui s'appelle Rolph Heines avait fait récemment une interview dans le Figaro et euh dans cet article, il annonçait un virage IA euh à venir et il avait fait la promesse formulée de principes éthiques et de conformité euh sur le sujet de l'IA et donc la SDG.
Ce sujet avait été déjà bafoué malgré cette interview qu'il avait fait dans l'IA et la SDJ avait conclu que il demandait au plus vite la reprise des négociations concernant une fameuse charte de l'IA dans son entreprise. Charte qui existe effectivement dans des entreprises. Peut-être que Christophe pourra en parler à TF1 mais qui reste encore quasiment anecdotique dans le dans le monde de la presse.
Très bien. euh concernant euh les chartillas, puisque vous venez de le mentionner à plusieurs euh reprises, euh est-ce que vous pouvez euh nous dire ce que euh dans votre groupe donc TF1 si j'ai bien compris euh quand est-ce que la chartilla a été mis en place, euh quand est-ce enfin quel est quel a été le process de sa mise en place qui était partie prenante pour la l'édification de cette charte euh et le contenu euh qu'il est qu'elle qu'elle contient. Bah oui, merci.
Alors concernant TF1, elle a été mise en place je pense il y a 2 3 ans quel à peu près dans ces eau là. Elle a été négociée entre la elle a été négociée entre la direct la SDJ de TF1. les syndicats n'étaient pas partie prenante dans et en résumé pour faire assez court grosso modo euh donc dès que l'IA est utilisé, il y a toujours un humain derrière qui vérifie.
Euh lorsqu'on utilise LIA euh visuellement euh c'est clairement l'antenne. Euh et puis euh après bon, il y a le respect de la RGPD. Euh enfin c'est des choses assez la transparence visée du public.
Euh si vous voulez, je vous la passerai. C'est pas très c'est pas confidentiel. Donc donc c'est aide à la compréhension d'un sujet technique, détection des informations, ça c'est l'utilisation, transcription automatique de contenu audio et aide à la traduction, vérification d'information par authentification de photos et de vidéos, indexation automatique par l'archivage ou la distribution des contenus et génération d'infographies et d'effets spéciaux.
Et tout ça, le critère principal, c'est qu'il y a toujours une vérification par un humain. Merci beaucoup. Cette charte qui a donc quelques années est aussi un moyen d'encourager l'utilisation de l'IA puisque l'idée c'est de l'encadrer mais du coup de d'en d'en faciliter l'utilisation.
Euh tous les deux, quel regard portez-vous sur l'utilisation DIIA euh générative pour les journalistes quand il s'agit de synthétiser des documents, de pouvoir faire relire, éventuellement traduire ou transcrire. Euh est-ce que pour vous ces outils font courir un risque de perdre de savoir-faire ? Est-ce que ça peut être préjudiciable au aux professionnels du secteur ?
Euh est-ce que c'est une opportunité éditoriale ou quelle est la limite entre l'assistance et la substitution ? Alors, je dirais que c'est une aide précieuse qui fait gagner du temps surtout. Donc en fait, on on va toutes toutes les tâches répétitives et fastidieuses qui sont très très longues, tout ça, on va les balayer et on va les confier à Lia.
Euh par exemple, il y a très depuis très très longtemps, on utilise un jeu ciel qui s'appelle Trint, donc qui retranscrit les discours en texte, ce qui permet d'aller directement quand on a des discours politiques qui durent qui sont assez longs, d'aller directement sur les passages clés. Donc ça c'est une aide assez précieuse qui fait gagner du temps. Je dirais que le pendant de ça, c'est que quand vous faites pas ça, vous devez faire autre chose.
Donc le risque c'est qu'on en demande toujours plus et que l'IA permette d'augmenter les rythmes de travail. faut pas se leurer. Euh le c'est purement économique.
Li en utilisation de journaliste, c'est purement économique. C'est gagner du temps de travail sur des choses fastidieuses pour le reporter sur d'autres choses et éventuellement peut-être réduire le personnel. Voilà.
Moi je vois par exemple on parlait d'assistance, j'utilise l'IA que je pense comme tous les journalistes. Alors aujourd'hui effectivement les modèles de contenu ont changé. On ne fait plus seulement de la télévision.
On quand quand on fait un reportage, il part aussi sur les réseaux sociaux et il est monté et destiné pour être sur les réseaux sociaux. Euh donc il faut il faut il faut travailler avec euh la vidéographie qui génère effectivement euh tous ces tous ces contenus sur les réseaux sociaux parce qu'en fait l'IA et les réseaux sociaux enfin les réseaux sociaux nous nous poussent à travailler avec l'A mais on produit je produis aussi par exemple des articles donc du contenu vous cliquez sur le sur le la vidéo et vous avez l'article c'est quand même très pratique par exemple d'utiliser l'IA quand vous écrivez un article de voir que en temps réel euh LIA vous vous corrige vos fautes d'orthographe, vous corrige vos coquilles, euh vous dit bah ce serait peut-être mieux d'utiliser tel ou tel vocabulaire, ce serait plus précis et ça ça vous fait gagner un temps fou en terme de relecture mais effectivement c'est un travail qu'on ne faisait pas auparavant. Donc ce temps gagné aujourd'hui, il permet à un employeur de dire bah avant tu faisais juste un sujet de télévision, aujourd'hui tu peux te permettre grâce à Lia de faire aussi un article parce que ça ça va ça va beaucoup plus vite.
Mais euh le fond de LIA, c'est qu'est-ce qui reste vrai ? Qu'est-ce qui reste vrai ? Et quand on est journaliste, on doit avoir ça au fond de de sa tête, la véracité, les faits de l'information et toujours vérifier effectivement cette information.
Moi, je je même s'il y a de l'IA, même si on travaille avec l'IA, je pense que aucun journaliste vertueux n'oublie ça en fait. Donc en fait, il est toujours dans la constante vérification de ce qu'il écrit, de ce qu'il dit, euh de la véracité de l'information. Voilà.
Donc je trouve que l'IA est nécessaire, qu'on s'en sert et qu'il faut toujours rester extrêmement vigilant par rapport à ce que on en ressort au final. Voilà, c'est je je je pense que c'est essentiel dans la manière de travailler. Je pense qu'on le fait tous.
Je pense qu'il n'y a pas de journaliste qui aujourd'hui utilise chat GPT, sort final. Ça n'existe pas. Je n'y crois absolument pas.
Il y a toujours des vérifications, il y a toujours des survérifications. Euh voilà, je j'allais dire la difficulté pour un journaliste aujourd'hui euh qui lui cherche l'information, s'imprègne de l'information, c'est d'essayer de comprendre et de connaître quand il a une information la source. Et aujourd'hui, c'est vrai que avec Lia, rien n'est sûr, rien n'est certain.
Je parlais à une amie qui est magistrate et qui me disait "Bah aujourd'hui, la preuve n'existe plus. L'IA peut générer des preuves, un enregistrement, une photographie. Donc, on n'est plus sûr de rien.
Bah, c'est un peu euh on est à la place, mettez-vous à la place du journaliste qui a une information, à qui on apporte une photo, à qui on apporte un enregistrement, à qui on apporte un document. Euh aujourd'hui, on est dans cette euh complication de se dire toujours euh maintenant est-ce que c'est vrai ? Est-ce que même est-ce que cette image est vraie ?
Est-ce que ce document est vrai ? Et je pense qu'on a tous dans la tête. Mais comme je l'ai dit dans mon propos liminaire, la chance de l'IA, c'est que l'IA aussi génère des logiciels qui nous permettent de vérifier qu'il faut encore développer si effectivement ce sont des sources fiables ou non fiables.
Donc en fait c'est un peu le voyez c'est c'est toujours qui se c'est un peu le serpent qui se mort la queue. on en est là mais sur l'assistance de l'IA pour le travail de journaliste aujourd'hui il est il est évident et il est nécessaire. Voilà.
Merci beaucoup au sein de la rédaction à votre connaissance donc au niveau du syndicat FO ou peut-être ce que vous avez pu lire ou voir par ailleurs. Quel est le niveau d'appropriation de l'IA dans les différentes rédactions ? Est-ce que à votre connaissance, il y a des rédactions qui ont mis en place non pas des chartillas, mais plutôt des interdictions de l'utiliser.
Est-ce qu'il y en a d'après vous qui euh l'ont beaucoup intégré ? Et ce que je voulais savoir et on en a parlé un petit peu précédemment, c'est que l'intégration des outils diénérative si elles peuvent avoir des avantages de productivité, elles peuvent aussi entraîner des choix de la part des directions qui peuvent alors de manière réelle ou pas utiliser les progrès de l'IA comme excuse ou comme raison de pouvoir se séparer d'une partie de leur personnel. Euh à votre avis donc euh connaissez-vous le degré d'appropriation en France euh dans des rédactions ?
Alors vous êtes plutôt dans le domaine audiovisuel mais de manière plus globale et puis à votre connaissance euh quels sont le niveau de de d'excuses ou de réalité des décisions de RH concernant le le l'utilisation de l'IA et le fait de se séparer ou de changer les conditions de travail des journalistes ? Euh alors, je connais pas vraiment les les degrés d'utilisation de l'IA dans la presse en général. Euh le je dirais qu'on on né au début de je dirais de l'appropriation par les employeur notamment de de l'IA et je pense que notamment dans la presse écrite c'est là où l'IA va rentrer le plus profondément et va impacter le plus profondément l'emploi je pense parce que faut pas se cacher, la presse écrite est quand même assez précaire financièrement donc la tentation est grande. de d'utiliser l'IA et de réduire le personnel.
Donc ça, je pense que là-dessus, il y a on a un peu des retours de partout où ça c'est il y en a même qui se cachent pas, je crois qui disent "Bah non, on va utiliser Ilia, donc on va se séparer d'une partie du personnel làdessus." Après euh c'était quoi la deuxième volée ? C'était sur le écrire un bulletin météo pour Lia, c'est facile.
Euh faire des prévisions, ce sont des journalistes, hein. Euh pour le turf, pour l'IA, c'est facile. Euh des prévisions financières pour l'IA, c'est possible aussi. autant de journalistes qui travaillaient sur ces contenus qui potentiellement peuvent être impactés par l'IA.
Tout ce qui relève euh de champs, j'allais dire prédictif euh LIA peut effectivement remplacer l'homme. L'homme a quand même une longueur d'avance dans tout ce qui est dans la créativité, tout ce qui concerne la créativité. Chaque fois qu'on crée, chaque fois qu'il faut imaginer, chaque fois qu'il faut créer, ne pas être prédictif, tout d'un coup, on devient l'homme l'homme garde la main et utilise l'IA.
Euh et c'est là-dessus euh qu'en fait euh euh je pense que notre travail de journaliste doit évoluer. C'est-à-dire qu'en fait pour tout ce qui relève de choses un peu historiques, prédictives, on sera battu par l'IA. Mais pour tout ce qui relève euh de euh d'enquête euh euh de choses qui sortent de ce que l'IA génératif peut connaître et peut comprendre, l'homme restera nécessaire.
Et donc effectivement euh on aura toujours besoin peut-être d'une autre manière euh de de de journaliste, d'investigation. Voilà, par exemple l'investigation, l'IA ne pourra jamais le faire. Moi, je rajouterai que en fait c'est l'essence même du métier, c'està dire que nous on est en train de se battre notamment à la convention collective nationale de des journalistes pour qu'il y ait un volet sur l'IA et notamment pour avoir un peu le tampon.
Ça en fait on est un peu comme dans la révolution industrielle. On a eu la mécanisation, on a amené des machines et puis ben qu'est-ce qu'on a fait à côté ? On a fait on attend fait des tampons.
Oui, c'est fait à la main, vous voyez ? Et donc je pense qu'il il y a il y a il va y avoir une différence entre je dirais le toutvenant et le qualitatif. Voilà, on a le côté industriel où on a fabriqué des sabots à la chaîne et puis on a le côté où on fait des chaussures de qualité et ça c'est fait à la main et ça restera toujours.
Après euh donc nous nous notre crédau c'est de dire on est journaliste et donc on apporte un label qui est la véracité de l'information, la vérification et c'est là où il y a je dirais qu' qu'il peut y avoir une bascule et ce qu'on voit en ce moment avec les réseaux sociaux où on a la presse entre guillemets classique où il y a des journalistes professionnels qui œuvrent et les réseaux sociaux où c'est un peu tout et n'importe quoi. Et donc là, c'est la porte ouverte à n'importe quoi justement. Et peut-être pour aller dans ce sens parce que vous avez spontanément parlé de la manière dont on étiquette la bellise, tamponne en tout cas où on indique, on a eu dans un autre enfin dans le cas de cette mission d'information mais sur le domaine musical, on avait la SASM qui indiquait réfléchir à la mise en place d'un IACore comme on a le Nutriscore qui permet de labelliser les contenus musicaux. généré par LIA ou à l'aide de l'IA qui serait identifié comme tel.
Est-ce que une telle solution serait transposable au contenu que ça soit écrit, audio ou vidéo euh de vos adhérents euh par exemple, faudrait-il euh mettre en place ce système ? Est-ce que ce système nous permettrait de pouvoir aussi labelliser et là je fais référence à la labellisation des organismes médias qui peut être volontaire et qui n'est pas la labellisation des contenus mais bien la labellisation d'une du respect d'une éthique et d'un travail journalistique. Donc en fait on a bien deux démarches. d'un côté la labellisation des contenus par une mention d'utilisation plus ou moins grande des IA, mais aussi la labellisation de celles et ceux qui mettent en place la vérification humaine et tout le travail de vérification que doit exiger le le le travail journalistique. sur ces deux points, labisation des contenus et labellisation des démarches médias, j'aimerais ensuite qu'on en tire éventuellement les conséquence, mais déjà comment on peut mettre enfin est-ce qu'il faut mettre en place cette labellisation qui doit décerner ce label d'après vous ?
Vous avez répondu à votre question dans votre deuxième interpellation. Nous, en tout cas, à force ouvrière, nous ne sommes pas favorables à la labellisation des médias parce que la question qui se pose, c'est qui labellise ? Et à partir du moment où on lab la labellise se pose la question de qui enlève la le label ?
Qui l'ajoute, quelle est la l'instance supérieure qui est capable de juger de la pertinence ? on sort un peu le lien mais c'est essentiel aujourd'hui dans la justement la vérification de contenu de la véracité des informations. Donc nous ne sommes pas favorables à la labellisation de des des journaux, des médias globalement parce qu'on on narrive pas à trouver le juge qui pourrait décider le voilà bah oui c'est bon bah ben bah non c'est pas bon et en fait il y a quand même nous on est dans un pays libre où l'expression est aussi libre et donc on doit faire attention à à tout ça, la liberté d'expression de chacun à la à la à la préserver.
Euh en revanche euh peut-être euh quand euh certains médias comme Deboots par exemple diffusent sur les réseaux sociaux euh euh sur X par exemple des milliers de de tweets soi-disant d'informations qui ont été générées de manière automatisée que ça n'a pas typiquement sur les réseaux sociaux. Ça c'est quand même un problème quand on voit qu'il y a des informations qui sont véhiculées sur les réseaux sociaux qui sont totalement euh la fake news souvent d'ailleurs d'agences étrangères hein, il faut le dire qui viennent par exemple sur notre territoire inonder les les réseaux sociaux et que rien n'apparaît à côté ça pose un problème. Là, on parle de c'est ça qui pose le ces passé.
Je pense que quand on on se rend compte en France qu'il y a des agences euh ou des sites qui nuisent volontairement par des fausses informations euh à notre pays euh à sa protection euh l'État effectivement interviennent. Alors moi je dis pas interdire parce que voilà mais que au moins sur ces tweets là euh ou ces agences-là, il y ait une information qui soit euh qui puisse être vue par les lecteurs en disant bah cette agence ou ce contenu ou et cetera. Je sais que c'est difficile, je sais que vous essayez de le mettre en place, mais je pense que c'est plutôt vers ça qu'il faut euh qu'il faut aller.
Laisation dans notre organisation syndicale, je parle pas pour les autres évidemment, mais en tout cas pour ef euh nous pose beaucoup de difficultés. Après, sur la musique puisque nous nous sommes à la phaap, à la Fédération des arts du spectacle, de l'audiovisuel et de la presse, nous avons également les camarades artistes avec nous. C'est un vrai vrai problème, LIA, puisque je parlais de création.
Alors, aussi bien ça fonctionne euh pour les journalistes qui ont un temps d'avance toujours euh dans le développement euh de de la de l'information sur les enquêtes ou sur les investigations. Mais c'est vrai que pour les artistes, par exemple, ceux qui font de la musique aujourd'hui, on voit bien que il y a des contenus musicaux qui sont sur les sites qui sont produits entièrement par LIA et personne ne le sait de la même manière. Euh ce serait souhaitable d'avoir, je me semble hein, enfin voilà euh d'avoir une information à côté chaque fois que ça a été généré par Lia.
Mais euh je je voudrais vous parler d'une expérience, je sais pas si vous êtes au courant, euh en en 2024, donc assez récemment en Pologne, il y avait une radio qui s'appelait Radio Cracovia, une radio une petite radio qui allait assez mal. Vous allez pouvoir retrouver ça dans des articles de presse qui sont passés. Et en fait, ils avaient décidé de licencier personnel de cette radio publique euh de cette petite radio radio Krakov off radio Krackov.
Exactement. Voilà. Et euh il y avait 8 ou neuf personnes dans cette radio.
Ils ont décidé de licencier tout le monde et ils ont décidé de faire une expérience de radio totalement gérée par Lia. Totalement 100 %. Donc avec trois animateurs totalement virtuels.
Euh vous alliez sur le site, ils avaient fait les photos de ces animateurs qui étaient donc des animateurs totalement virtuels et qui animaient 24h sur 24 cette radio publique. L'expérience a quand même tourné court. l'expérience a tourné court et c'est ça qui est qui est marrant parce que en fait Li a commencé à générer des interviews avec des personnes qui était qui étaient décédé. par exemple euh il y avait euh euh j'essaie de retrouver l'interview euh voilà le le prix Nobel de littérature en 96 euh qui faisait qui qui est décédé entre-temps qui faisait une interview avec un des journalistes virtuels et qui répondait aux questions comme si c'était voilà et donc effectivement le la population s'est s'est émue de ces fausses interviews de ces et donc en fait voilà effectivement aujourd'hui euh l'IA générative est capable de euh construire une radio seule, d'avoir des animateurs seuls, de faire de l'information seule.
Mais si l'humain n'est pas derrière euh et ben les dérives arrivent très très vite et finalement bah on l'expérience s'arrête. Voilà, je un autre exemple aussi sur les sur les photos, je sais pas si vous avez remarqué mais au début quand on créait même nous pour nous amuser des photos sur l'IA, euh personne n'y voyait rien. On était tous beaux sur les photos.
Tout d'un coup, on faisait voilà, on se mettait à côté de quelqu'un de célèbre, on s'amusait. Et aujourd'hui, ce que nous remarquons à Force Ouvrière, c'est que quand même, mine de rien, surtout les jeunes, ils sont aiguisés à Lia, à la présence de Lia. C'est-à-dire que tout d'un coup, même eux remarquent que c'est une photo qui a été générée par Lia.
Bah ouais, ça c'est un truc de Lia, ça t'a fait avec Lia. Ce que nous nous ne voyons pas. Et en fait, on voit bien que quand même, mine de rien, l'IA progresse, mais nous notre adaptation euh progresse aussi.
On fait on fait la différence. Alors, je dis pas qu'il faut on oublie tout, mais je dis que même nous ça nous aiguise. Lia nous aiguise à faire attention, notamment les jeunes générations.
Je parlais avec une maman qui vient de Scandinavie et qui me disait "Nous, à partir de 12 ans aujourd'hui dans les écoles scandinaves, on forme nos enfants à faire la différence euh sur les images, par exemple, à bien faire la différence entre ce qui est généré par Lia et ce qui ne l'est pas." Euh et je pense que ça aussi ça s'apprend. Euh peut-être qu'on peut-être que c'est des idées, voilà, voir de se dire tiens mais de former aussi euh les jeunes générations, nos enfants à se dire que potentiellement il y a des choses que qui sont générées par la machine et des choses qui sont créées par la main de l'homme.
Mais je crois que nous aussi on s'éguise petit à petit. Merci beaucoup. Je suis très heureuse d'entendre que les jeunes parfois ont un sens critique plus aiguisé que leurs aînés parce que souvent on en réduit la question de l'éducation aux médias aux jeunes générations en oubliant que toutes les générations ont à affronter ces changements et que effectivement les plus jeunes générations connaissent un peu mieux ça.
Et alors vous parlez de l'exemple de la Scandinavie. En France aussi au sein des programmes d'éducation morale et et civique, on a une place accordée davantage depuis 2024 à l'éducation, aux médias et à l'information. Est-ce que de ce que vous envoyez, vous trouvez ça satisfaisant ? et dans quelle mesure il faudrait davantage ou pas faire que ces programmes incluent euh tout ce qui est risque et savoir détecter et et avoir l'esprit critique pour intégrer tout ce que l'intelligence artificielle euh compte.
Alors, je pense que c'est primordial. Alors moi, je fais partie de la CPNEF, je sais pas si vous voyez, commission par international de l'emploi de la formation où on a mis en place justement des formations pour l'éducation au médias parce que jusqu'à présent l'éducation au médias se faisait un peu de manière empirique. Donc on a vraiment charté le charté le métier.
Et d'ailleurs, je vous conseille d'aller voir, on a fait une enquête, la CPNEF de l'audiovisuel, la CPNEF des journalistes sur l'impact de l'IA euh sur le métier de journaliste. Il y a il y a eu une enquête qui a été faite et d'ailleurs ce qui est assez troublant, c'est que dès l'instant que le jour où on nous a remis l'enquête, il était précisé qu'elle était déjà obsolète. Donc il faut savoir que ça avance très très vite.
Mais pour en revenir sur l'éducation, je pense que c'est quelque chose de primordial et que sans ça, on pourra pas s'en sortir. C'est moi j'ai ma fille ma fille a 18 ans. Bon tout va bien, en prépa, enfin voilà.
Mais elle me quand je parlais de l'IA et du fait que bah il y avait des fake news, on pouvait fabriquer de la fausse information. Elle me disait "Ouais, mais même au Moyen-Âge, il déjà il faisait ça, il fabriquait des fausses informations." Je disais "Oui, mais là c'est la personne elle-même qui parle avec sa voix et qui te dit les choses." Donc c'est là où ça devient un peu plus compliqué.
Et si on narrive pas à faire ce distingo là, je vois pas comment on peut s'en sortir. Alors, par exemple, pour en revenir sinon un sur cette fameuse charte de Lia qu'on a à TF1 notamment, il y a euh et on parlait de de on a une gouvernance de l'IA nous en fait. Donc si je vous lis donc déjà, on estime que l'IA doit respecter le principe de transparence vis-à-vis du public.
Ça c'est la chose de base et surtout l'usage de de LIA implique une gouvernance spécifique avec la mise en place au sein de la direction de l'information d'un comité de pilotage de LIA qui comprendra un membre de chaque chacune des rédactions et des services de production éditorial et d'en référent à charge à eux de suivre l'évolution de l'IA, d'établir les règles d'usage et de veiller à leur respect. Il informe le comité éthique et de déontologie de l'information. Voilà.
Donc tout ça même chez nous c'est très cadré. C'estàd que il y a toujours un humain et si on voit que il commence a une évolution, il y a toujours toujours l'humain qui vient derrière et qui et qui recadre l'IA entre guillemets en tout cas son usage. Merci beaucoup.
Alors euh on a eu une présentation par l'ARCOM de leur 2e édition de l'étude Les français et l'information. Cette étude euh estime à 32 % la proportion de français utilisant des outils di conversationnels pour s'informer. 12 % le font quotidiennement.
Là encore, c'est peut-être déjà obsolète et ça doit être sans doute plus. Mais comment avez-vous reçu ces données ? Cette proportion, elle est plus importante chez les jeunes. 68 % des moins de 25 ans, 52 % des 25 34 ans utilise ces outils IA pour s'informer.
On a eu aussi une étude Ipsos BVA pour la fondation Jean Jorè qui révèle que près d'un français sur deux a déjà utilisé ou envisage d'utiliser une générative pour s'informer sur la politique. C'était avant les élections municipales 2026, mais l'année qui vient sera hautement politique avec l'élection présidentielles de 2027. Quels sont d'après vous les risques liés à cette montée en puissance exponentielle de l'utilisation de l'IA à des fins informationnelles ?
Euh comment, et là on vient de parler d'éducation au médias, mais c'est du point de vue aussi des journalistes, c'est comment on peut inciter davantage tous les Français à consulter les liens sources indiqués euh par LIA. Euh bon, la moitié d'entre eux ne le faisant pas, ce qui est déjà bien la moitié s'ils le font. Voilà.
Comment voyez-vous l'avenir de l'information ? Vous avez parlé beaucoup des réseaux sociaux, mais les outils IA aussi, les outils conversationnels vont devenir de plus en plus le lieu où s'informer. Comment vous vous appréciez ces données ?
Alors euh ce je crois que ce que ce dont vous parlez en fait, ce sont des des systèmes d'algorithmes ou des systèmes de recommandation de contenu. J'ai cru percevoir un peu ça. Très intéressant parce que en fait c'est un peu la problématique de nous journalistes de l'information de ce qui a de ce quand on écrit ou quand on fait un reportage ce qui va vous arriver à vous.
Et c'est vrai qu'aujourd'hui les moteurs de recommandation intelligents euh bah transforment finalement la distribution des articles de presse euh en analysant finement bah les les habitudes de de lecture ou de consommation de de contenu. Et donc effectivement, ces nouvelles technologies d'IA permettent d'afficher en priorité les contenus les plus pertinent euh pour chaque utilisateur selon son centre d'intérêt. Donc il faut s'imaginer, prenons par exemple, puisqu'on va parler de politique, quelqu'un qui serait proche du Rassemblement national et ben ne recevrait finalement avec l'IA que des articles le concernant.
Quelqu'un qui serait proche de LAAI, bah de la même manière recevrait uniquement des articles allant dans son sens. Et ça aussi c'est un c'est un danger pour la pour la démocratie. C'est un danger parce que en fait l'objectif toujours des journalistes c'est je sais que vous n'aimez pas trop ce mot mais d'être un contrepouvoir dans le sens de d'avoir une pluralité de l'information de diffuser toutes les informations et tout de citoyens toujours, je parle du de politique là de se faire un avis de et de et d'avoir et de se donner le choix.
Donc c'est vrai que c'est cet I euh qui recommande des articles ou qui vont pêcher des articles plus que d'autres peut nuire à une connaissance globale euh des problèmes que ce soi des problèmes politiques ou des problèmes internationaux. de la même manière que euh aujourd'hui avec des des dispositifs comme ceci sur l'IA, sur ces algorithmes euh qui vont vous donner les articles que vous voulez voir euh sur le conflit euh au Moyen-Orient, bah vous n'aurez que quasiment toujours la même version, vous n'aurez plus l'autre version. Et ça ça pose des difficultés de connaissance générale, de culture générale euh et d'approche euh globale de la réalité.
C'est pour ça que les journalistes, ils sont très euh inquiets justement de ces algorithmes parce que ou si vous êtes intéressé par exemple sur le sujet de l'environnement, alors vous n'aurez que des sujets sur l'environnement et vous allez vous détacher des autres sujets. Quand vous lisez un journal, quand vous ouvrez, bah ce qui va vous attirer, c'est le titre. Peut-être que le le sujet ne vous intéresse pas forcément, mais vous allez être attiré par le titre.
Si on fait confiance euh à ces IA génératives euh qui euh qui font fonctionner des algorithmes, bah vous aurez toujours le même type d'information. Et ça c'est un risque pour l'avenir. C'est un risque euh euh c'est un vrai risque d'information, de connaissance.
Vous parlez des pluralismes des algorithmes, il y a aussi le pluralisme des données qui vont venir entraîner les fournisseurs d'IA. Et j'aimerais qu'on vienne à cette partie là, c'est en fait l'intelligence artificielle et les droits d'auteur de vos contenus. Plusieurs accords ont été passés entre les éditeurs et les agences de presse d'une part et les fournisseurs de système d'intelligence artificielle.
Quel regard portez-vous sur ces accords ? On a eu un accord entre le monde et open aussi un accord entre méta et le monde et nouvel. On a un accord entre Mistral et l'AFP.
On voit que ce sont des accords qui sont plutôt conclus à titre individuel. Euh on a le rapport du CSPLA et qui a recommandé plutôt l'émergence d'un marché de licence contractuelle euh avec une gestion collective volontaire. Euh partagez-vous cette analyse et est-ce que la négociation collective devrait être davantage privilégiée ?
Oui. Euh la négociation collective doit être davantage privilégiée et il y a une réalité, c'est que en fait si on parle par exemple alors là euh je sais pas si on sort de l'IA mais c'est on est vraiment sur des sur du droit. Euh, typiquement par exemple aujourd'hui euh je suis dans l'audiovisuel public, il faut se rendre compte que par exemple nous produisons nous avec de l'argent public, des contenus qui vont se retrouver sur des réseaux sociaux qui sont des éditeurs qu'ils ne financent pas eux-mêmes et donc ils sont porteurs.
Voyez, ça ça pose ça pose quand même un problème de je trouve de droit de se dire que ces contenus sont gratuits alors que des ces éditeurs là vont faire eux-mêmes de la publicité sur ses contenus et de la promotion sur ses contenus. Euh ça, excusez-moi, vous les qualifiez d'éditeur et justement en tout le paradox se qualifie, il ne se qualifie pas d'éditeur justement pour ne pas avoir la responsabilité éditoriale. Donc à chaque fois, ils rappellent qu'ils sont plutôt des hébergeurs et qu'ils accueillent le contenu édité par les uns ou par les autres, mais ils s'exemptent d'une responsabilité.
Saf que j'ai bien compris ce que vous pointiez sur la récupération de la valeur créée par d'autres pour alimenter leur propre valeur sans qu'il y ait de de répartition, sauf à aller encore plus loin dans les droits voisins de la presse. Et je prolongerai euh cette intervention en disant est-ce que le droit voisin de la presse qui est mis en place devrait être prolongé par l'édification d'un droit voisin de la presse fondé par euh fondé sur la récupération par les IA euh enfin les agents conversationnels des contenus qui alimentent les réponses qu'ils vont donner. Est-ce que ce serait pas normal ?
Bah si, évidemment, ce serait tout à fait normal et même évident que c'est alors juste c'est dès l'instant qu'on utilise le travail d'une autre personne, on doit rémunérer cette personne. C'est tout. C'est c'est très simple.
Et moi, j'élargirai encore plus. C'est-à-dire que on parlait de d'accords bilatéraux. Là, on serait pratiquement sur un accord national.
On pourrait parler d'un accord national, mais on pourrait même parler d'un accord européen parce qu'en fait on on est dans une autre échelle. On n'est plus dans d'une une échelle le petit journal euh le journal national, on est carrément avec des méga structures. C'est un peu ce qui se passe dans tout l'audiovisuel en général, hein.
C'estàdire que par exemple, j'élargi un peu le débat, mais l'audiovisuel français se retrouve en confrontation avec du YouTube, par exemple. On n'est pas sur les mêmes échelles. Donc si on n'agit pas et assez rapidement là-dessus, on va disparaître.
En fait, on a un problème d'échelle. C'est ça. On a un problème d'échelle et de rapidité.
L'IA évolue à une manière mais exponentielle euh à une échelle sur une échelle mondiale et nous on se retrouve à dans notre petit cercle, notre petite rédaction ou notre petite nation à essayer de de de calfeutrer un peu de de colmater pardon les choses et d'une manière et en même temps c'est le temps de la réflexion. On a besoin de de temps de la réflexion. C'est justement l'inverse de la rapidité de Mais voyez la dichotomie, on d'un côté on a on a des gens qui pèsent des milliards et nous on on représente rien.
Et d'un côté, on a des machines qui évoluent à la vitesse dans une vitesse exponentielle et on a des humains qui essayent de de de légiférer ou de vous voyez ce que je veux dire ? Alors, justement, il y a des essais mais qui parfois se transformment, donc c'est plutôt euh plutôt euh euh bon signe. Je voulais faire euh écho alors non seulement à une euh un rapport d'initiative euh d'Axel Vos qui a été largement adopté au niveau euh du Parlement européen et qui repose la question du droit d'auteur et du respect du droit d'auteur par les fournisseurs d'IA.
Hier au Sénat en commission des de la culture a été adopté une proposition de loi transpartisane d'initiative sanitariale et qui est établie euh dans le cadre français mais qui est complètement compatible avec le cadre européen euh une un changement de de régime probatoire en gros qui pose la présomption d'utilisation des contenus culturels dans lequel je vais mettre aussi bien la rédaction d'un livre que aussi ce que vous pouvez faire au titre de l'information. Euh et à partir de cette présomption d'utilisation, c'est au fournisseur DIIA de démontrer qu'il n'a pas utilisé ses contenus. Comment vous positionnez-vous par rapport à cette proposition de loi ?
C'est plutôt favorable. Oui, évidemment. Évidemment syndicale, on dit toujours que il faut voir avec son bureau, mais là on est tous les deux, j'allais dire que sur le principe ce que vous exposez effectivement semble tout à fait même cohérent donc euh plutôt favorable.
Bien, merci beaucoup messieurs. Nous arrivons au terme de nos échanges madame la rapporteur. C'est bien ça.
Bon, c'est très bien. Bon ben écoutez messieurs, merci beaucoup pour cet échange intéressant, nourri, complet. Monsieur le président, j'ai juste oublié de de dire quelque chose sur le sur les journalistes qui me semblaient important sur la le futur des journalistes, c'est que ce qui nous semble important à Force Oubrière aussi, c'est que euh pour les journalistes, le journaliste de demain devra forcément maîtriser des des outils analytiques avancés.
Oui. Euh ce sera un prérequis pour pour les journalistes modernes en plus. évidemment de ces approches traditionnelles.
Euh les professionnels des médias vont devoir développer une expertise dans l'analyse des données massives et de la compréhension des algorithmes. Puis il faut que les rédacteurs effectivement acquierent progressivement des capacités en programmation légère notamment pour paramétrer les assistants numériques et optimiser leur recherche. et la visualité ben devient une compétence stratégique pour traduire effectivement les informations complexes en format accessible.
Et puis euh je voulais juste vous dire qu'il y a un nouveau profil qui émerge euh c'est celui de journaliste data architecte euh que c'est un spécialiste hybride qui combine excellence rédactionnelle et maîtrise technique pour exploiter les ressources qui sont offertes par l'automatisation et que ça aussi ce sont des nouveaux métiers euh qui euh donc auxquels il faut penser. Euh que donc pour ce journaliste data architecte, la mission sera de créer des des ponts entre la technologie et le contenu éditorial. Et en fait pour conclure pour pour Force ouvrière, nous ce qu'on voulait dire c'est que nous ne sommes pas défavorables de facto à h euh les avancées technologiques, on en a tous connu.
Effectivement elles mettent des tensions, elles mettent en tension des métiers mais elles en créent d'autres. Et euh et nous devons penser, nous qui sommes une organisation syndicale et nous pensons aux salariés, au travailleurs, à la défense des entreprises et nous sommes persuadés que en régulant l'IA, en évitant ces dérives, nous pourrons aussi créer des nouveaux métiers. C'est pas forcément quelque chose qui va nous tomber dessus et c'est pas le monde qui nous tombe sur la tête et c'est fini et cetera.
Nous nous restons persuadés qu'il y aura toujours de l'information, qu'on a toujours besoin de l'information, qu'il y aura toujours des médias. Ce sera d'une autre matière, peut-être d'une autre manière avec d'autres métiers, mais que nous avons besoin de l'IA, qu'elle nous aide et qu'il faut simplement éviter ces dérives et la réguler. Juste très bien.
Merci. Merci beaucoup monsieur. Juste dire une chose en fait en résumé moi je dirais c'est formation du public, formation des professionnels et encadrement.
Hm hm. Très très bien. Une belle feuille de route.
Oui, c'est une bonne feuille de route. Mais merci beaucoup. Ça nous avons bien compris que le monde journalistique et les organisations professionnelles qui représentent les les journalistes ne voient pas l'IA comme un danger mais comme une opportunité de travailler différemment hein euh avec des gains de productivité s'il veut se dire ou en tout cas euh des des outils qui aident euh à l'exercice du métier.
Mais vous avez parfaitement raison. Vous avez l'Assemblée nationale est viscéralement attachée à la liberté d'expression puisqu'elle est constitutionnelle depuis la déclaration universelle des droits de l'homme et citoyens. Donc nous pensons que la presse a tout à fait les moyens du point de vue intellectuel, du point de vue politique, du point de vue éthique de de s'organiser pour que l'a soit au service de la vérité journalistique et non passe, non pas que et et qu'elle ne puisse pas servir à manipuler l'information dans vos rédactions.
Là-dessus, nous vous faisons totalement confiance. Bien, merci beaucoup pour ce pour cet échange et puis bon retour chez vous. Merci.
À tout à l'heure madame la rapporteure. On reprend à 11h30, c'est ça ? Oui, j'espère à 11h30.
Je je mesure aussi qu'il y a des choses en hémicycle qui vont se passer à peu près vers 11h30. Donc si on a 5 10 minutes de retard, vous veillez m'en excuser. Bon, moi il y a pas de souci, toute façon, je reste à l'écoute.
Merci beaucoup. Au revoir. À bientôt.