Marine Le Pen "Invitée politique" de LCI le 6 mai 2013
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas le premier opposant à François Hollande ?
- 0:56RelanceRéponse partielle
Il a mobilisé beaucoup plus que vous-même mobilisé le 1er mai, par exemple.
- 1:27OuverteRéponse directe
Quand il y a François Hollande, la période d'essai est terminée.
- 2:01OuverteRéponse directe
Vous pensez que François Hollande va vraiment l'appeler à la matinée ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Son premier anniversaire depuis son accession au pouvoir. Quel bilan vous dressez ?
- 3:20RelanceRéponse directe
Mais il n'y a aucun point positif pour vous dans le bilan de François Hollande ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Non, non mais c'était déjà le cas pendant la présidentielle. »
- 0:29Invité politiqueFait
« On se souvient de ces gigantesques meetings, notamment à la Bastille. Et il n'a fait que 11% parce qu'il a derrière lui une infrastructure très lourde qui est celle des syndicats français »
- 0:34Invité politiqueFait
« qui sont, comme vous le savez, lourdement financés par l'argent public d'ailleurs, sans qu'il n'y ait aucun contrôle à la différence des partis politiques. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Parce que les Français se souviennent très bien qu'il a été pendant 30 ans au Parti Socialiste, quoi. Qu'il a été tout. Il a été ministre. Il a été sénateur. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Mais lui, il ne veut pas s'y opposer. Il veut y participer. Voilà. Il veut enfin, après avoir été sénateur 20 ans, ministre au moment des grandes privatisations de M. Jospin, d'ailleurs, à l'époque, ça ne se gênait pas, devenir Premier ministre. »
- 2:31Invité politiqueFait
« La réalité, c'est qu'ils aident en toutes circonstances le Parti Socialiste à continuer sa politique mortifère. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Puisque le premier, à 20h01, le soir du premier tour, a appelé à voter pour François Hollande. C'était Jean-Luc Mélenchon. »
- 2:58Invité politiqueFait
« Le bilan est catastrophique. Mais il était prévisible. C'est la grande continuité de la politique menée par Nicolas Sarkozy. »
- 3:16Invité politiqueFait
« La dérégulation du marché du travail Sarkozy, on avait rêvé. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, il y a une intervention au Mali qui m'est apparue être arrivée au bon moment et avoir été correctement effectuée. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Mais bien entendu, évidemment. Et c'est le verre dans le fruit, si je puis me permettre. »
- 4:01Invité politiqueFait
« une politique protectionniste nationale, pas européenne. Ça n'a jamais marché. Et ils ne le veulent pas. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Ils vont privatiser massivement. Ils vont vendre la participation de l'État dans des grandes entreprises. »
- 4:40Invité politiqueFait
« Car ça fait des années, y compris sous Nicolas Sarkozy, qu'on vend les hôpitaux, les casernes, les collèges, sans que les Français soient informés. »
- 5:52Invité politiqueFait
« Non, mais non, ce n'est pas une bonne nouvelle. Pour une raison simple, c'est qu'en réalité, c'est un chantage. »
- 6:21Invité politiqueFait
« Mais non, il dit ça très bien, mais quelle relance ? Pour l'instant, il applique la feuille de route imposée par Bruxelles. »
- 6:30Invité politiquePromesse
« Elle va passer par, à un moment donné, et je l'annonce aux Français, par la baisse des traitements des fonctionnaires. »
- 6:34Invité politiquePromesse
« Elle va passer par la baisse encore des retraites. »
- 6:37Invité politiquePromesse
« Elle va passer par la baisse des indemnités chômage. »
- 6:43Invité politiquePromesse
« Elle va passer par la dérégulation totale du marché du travail. »
- 7:27Invité politiqueFait
« nous arriverons en tête aux européennes. Parce que l'euro est en train de vaciller sans que d'ailleurs personne n'en parle. »
Temps de parole
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L'invité politique de LCI Matin aujourd'hui avec Frédéric Delpech. Et Frédéric, vous recevez Marine Le Pen, la présidente du Front National. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. On va parler du premier anniversaire de l'arrivée de François Hollande au pouvoir. Mais avant, Jean-Luc Mélenchon mobilisait hier dans la rue. Alors 30 000 personnes selon la police, 180 000 selon les organisateurs. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon n'est pas le premier opposant à François Hollande ?
Non, non mais c'était déjà le cas pendant la présidentielle. On se souvient de ces gigantesques meetings, notamment à la Bastille. Et il n'a fait que 11% parce qu'il a derrière lui une infrastructure très lourde qui est celle des syndicats français qui sont, comme vous le savez, lourdement financés par l'argent public d'ailleurs, sans qu'il n'y ait aucun contrôle à la différence des partis politiques. Bon, mais tout cela, ça ne fait pas de vote. Pourquoi ? Parce que les Français se souviennent très bien qu'il a été pendant 30 ans au Parti Socialiste, quoi. Qu'il a été tout. Il a été ministre. Il a été sénateur.
Il a mobilisé beaucoup plus que vous-même mobilisé le 1er mai, par exemple.
Encore une fois, je veux dire, ils ont des infrastructures qui sont les infrastructures du PC, les infrastructures des syndicats, dont on sait très bien pendant la présidentielle, c'est la même chose, c'est le même débat qu'ils sont capables de mobiliser du monde. Mais encore une fois, il n'est là que pour canaliser la colère. M. Mélenchon, il est un acteur de la pièce de théâtre que joue la vie politique française depuis 30 ans. Ils disent, bon, voilà, maintenant qu'on a manifesté, chacun va rentrer chez soi et puis tout va bien se passer.
Quand il y a François Hollande, la période d'essai est terminée.
Mais d'accord, mais monsieur, encore une fois, hier, il disait qu'il voulait être son Premier ministre. Bon, alors, voilà, c'est une ambition personnelle qui est celle de M. Mélenchon. Il embarque avec lui des gens qui sont peut-être sincères, d'ailleurs, et qui sincèrement veulent s'opposer à la politique. Mais lui, il ne veut pas s'y opposer. Il veut y participer. Voilà. Il veut enfin, après avoir été sénateur 20 ans, ministre au moment des grandes privatisations de M. Jospin, d'ailleurs, à l'époque, ça ne se gênait pas, devenir Premier ministre. Voilà, tous les matins, il se lève et en se rasant. Il ne pense qu'à une chose, c'est être Premier ministre du capitaine de Pédalo.
Bon, encore une fois...
Vous pensez que François Hollande va vraiment l'appeler à la matinée ?
Non, je ne le crois pas. Mais ce n'est pas pour ça que M. Mélenchon va cesser d'espérer. Mais ce qui est beaucoup plus paradoxal, parce que la vérité, elle n'est pas dans les mots avec M. Mélenchon, c'est... Le changement, c'est dans les mots. C'est dans les faits. Dans les faits, les amis de M. Mélenchon gouvernent partout avec le Parti Socialiste. Dans les communes, dans les conseils régionaux, dans les conseils généraux. Si vraiment ils étaient en opposition avec le Parti Socialiste, ils rompraient cette association. La réalité, c'est qu'ils aident en toutes circonstances le Parti Socialiste à continuer sa politique mortifère. Et d'ailleurs, ils aident les socialistes à être élus.
Puisque le premier, à 20h01, le soir du premier tour, a appelé à voter pour François Hollande. C'était Jean-Luc Mélenchon.
Alors justement, François Hollande fête aujourd'hui dans la discrétion un simple séminaire à l'Elysée. Son premier anniversaire depuis son accession au pouvoir. Quel bilan vous dressez ?
Le bilan est catastrophique. Mais il était prévisible. C'est la grande continuité de la politique menée par Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, on se pose la question de savoir pourquoi l'UMP essaye de s'opposer au gouvernement. Puisque tout ce qu'il voulait faire en substance, François Hollande est en train de le faire. La dérégulation du marché du travail Sarkozy, on avait rêvé.
Mais il n'y a aucun point positif pour vous dans le bilan de François Hollande ?
Aujourd'hui, il y a une intervention au Mali qui m'est apparue être arrivée au bon moment et avoir été correctement effectuée. Mais ce n'est pas M. Hollande qui l'a faite. C'est l'armée française qui mérite les félicitations en réalité. Mais il a pris la décision.
Et quand son ministre du redressement productif s'oppose au rachat de Dailymotion par Yahoo, est-ce que ce n'est pas une forme de protectionnisme que vous défendez aussi ?
Mais bien entendu, évidemment. Et c'est le verre dans le fruit, si je puis me permettre. C'est que M. Montebourg, encore une fois, et là, on peut toucher sa sincérité, si vraiment il était sincère. Si vraiment, comme il essaye de nous le dire, il faut mettre en œuvre, et nous le disons, une politique protectionniste nationale, pas européenne. Ça n'a jamais marché. Et ils ne le veulent pas. Voilà, ça n'arrivera jamais. Que les Français soient conscients, le protectionnisme européen n'existera jamais. C'est ou le protectionnisme français, ou l'ultralibéralisme et le libre-échange tel qu'on le vit depuis déjà un certain nombre d'années.
Mais s'il était sincère, il démissionnerait du gouvernement. Parce qu'on voit bien que là, on est en pleine dérive ultralibérale. Ils vont privatiser massivement. Ils vont vendre la participation de l'État dans des grandes entreprises.
C'est ce qu'a dit Jean-Marc Ayrault hier soir. Il n'exclut pas de vendre certaines participations dans certaines entreprises qu'il n'a d'ailleurs pas nommées hier soir.
Voilà, donc on vend le patrimoine des Français. Mais ça a déjà commencé, cher monsieur. Car ça fait des années, y compris sous Nicolas Sarkozy, qu'on vend les hôpitaux, les casernes, les collèges, sans que les Français soient informés. Mais ça ne leur appartient pas, ces gens-là. C'est le patrimoine de tous les Français. On ne peut pas en disposer sans les prévenir, sans leur demander leur consentement. Alors on va vendre des parts dans quoi ? EADS, on sera remplacé par qui ? Le Qatar, une fois de plus. Bon, on voit bien que cette politique qui est d'ailleurs le fusil à un coût, parce que quand on a 60 milliards de participations, mais on a 1850 milliards d'euros de dettes.
Donc non seulement c'est dérisoire, c'est aller dans le mauvais sens, c'est affaiblir l'indépendance de la France.
Et l'homme François Hollande, un an après son arrivée au pouvoir, est-ce qu'il est enfin dans les habits du président ?
Non, il ne l'a jamais été d'ailleurs. Bon, il est, c'est vrai, il n'odore un colore et sans saveur. Il a le profil d'un dirigeant de gouvernement technique. Voilà. Donc il pourrait être remplacé par n'importe quel autre haut fonctionnaire. On n'y verrait absolument aucune différence.
La Commission européenne va donner deux ans de plus à la France pour réduire son déficit. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
Non, mais non, ce n'est pas une bonne nouvelle. Pour une raison simple, c'est qu'en réalité, c'est un chantage. C'est exact, ils font à la France exactement ce qu'ils ont fait au mois de novembre dernier à la Grèce. Ils ont dit la même chose. Ah, on vous donne deux ans de plus. Mais c'est quoi la contrepartie ? Mais la contrepartie, c'est l'accélération de l'effondrement de l'État-nation français, le transfert, la continuation du transfert de souveraineté, c'est l'attaque du marché du travail.
Et François Hollande dit tout de même qu'il va s'opposer à cette politique de toute austérité pour promouvoir une relance.
Mais non, il dit ça très bien, mais quelle relance ? Pour l'instant, il applique la feuille de route imposée par Bruxelles. Et cette feuille de route, elle va passer par, à un moment donné, et je l'annonce aux Français, par la baisse des traitements des fonctionnaires. Elle va passer par la baisse encore des retraites. Elle va passer par la baisse des indemnités chômage. Elle va passer par la dérégulation totale du marché du travail. Et là, on sera en période de croisière de l'austérité. Car nous n'en sommes qu'au début.
Là où peut-être le gouvernement a raison, c'est quand il dit qu'il n'y a pas l'austérité, c'est-à-dire qu'il n'y a pas encore totalement l'austérité, celle qui fait qu'en Grèce et en Espagne, ils sont arrivés à 25% de chômage. Nous n'en sommes qu'au début de ce processus. Et par conséquent, il est urgent que les Français se servent des futures élections pour dire non. Nous ne voulons pas de cette politique.
Lesquelles ? Les municipales, par exemple ?
Mais les municipales et les européennes.
Vous allez présenter des listes à toutes les élections municipales dans toutes les villes de France ?
Mais personne ne présente des listes dans toutes les villes de France. Ni l'UMP, ni le PS, d'ailleurs. D'abord parce qu'il y a une immense majorité de villes où les listes sont sans étiquette. Mais nous serons présents de manière massive aux municipales et nous arriverons en tête aux européennes. Parce que l'euro est en train de vaciller sans que d'ailleurs personne n'en parle.
Mais les alliances avec l'UMP, par exemple ?
Mais écoutez, encore une fois, nous avons dit au cas par cas que peut-être quelques personnalités pourraient effectuer un accord avec nous, mais pas avec l'UMP.
François Fillon est très sévère et dit que le Front National est en dehors des limites du pacte républicain. En cela, il s'oppose à ce qu'avait dit Nicolas Sarkozy.
D'accord, mais quand il a dit ça, il n'a rien dit ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que ça, il le doit aussi à ses adhérents de l'UMP. Qu'il aille précisément expliquer sa pensée. Parce que ça fait 30 ans qu'il lance des anathèmes de ce style. mais ils sont incapables d'expliquer la raison pour laquelle moralement, en quelque sorte, nous serions plus à écarter alors qu'on appelle, comme M. Fillon l'a déjà fait plusieurs fois, à voter pour le Parti Socialiste en toutes circonstances.
Marine Le Pen, merci.
Marine Le Pen