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Interviewyoutube.com· 21 novembre 2023ContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileJusticeCulture, médias & sport

L'interview politique intégrale de Louis Aliot sur RMC

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 25 %Attaque 50 %Défensif 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Louis AliotChiffre
    « Et ça fait un mort. Et ça fait 20 blessés. »
  • Louis AliotChiffre
    « On est à 200 policiers armés. »
  • Louis AliotChiffre
    « On a quand même neuf quartiers prioritaires, neuf QPV. »
  • Louis AliotChiffre
    « 80 gendarmes mobiles qui se relaient depuis septembre 2022. »
  • Louis AliotChiffre
    « les actes antisémites auront été multipliés par 100, je crois. »
  • Louis AliotFait
    « Depuis le massacre du 7 octobre, dont je trouve qu'on ne parle pas assez, il y a des manifestations pro-palestiniennes et qui ne condamnent pas le Hamas. »
  • Louis AliotFait
    « Maintenant, le Conseil d'État nous a donné en partie raison sur la procédure. »

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Louis Alliot. Bonjour.

Vous êtes le maire de Perpignan, vous êtes également vice-président du Rassemblement National. S'ouvre aujourd'hui le congrès des maires de France. On va revenir sur la question des violences faites aux élus, les élus qui souvent se sentent menacés.

Mais je voudrais d'abord qu'on évoque ce qui s'est passé à Crépole, dans la Drôme, cette fête de village qui a viré au drame. Voilà ce qu'en dit le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il était sur France 5 hier soir.

Il y a eu plus de 70 auditions qui ont été faites par la gendarmerie. Je ne vais pas m'étendre puisqu'il y a eu une enquête. Et évidemment, il y aura les interpellations des auteurs.

Et évidemment, ils seront confondus devant la justice. Ce qui s'est manifestement passé n'est pas extrêmement clair ou alors trop clair. Il y a eu une fête dans un village.

Et puis des gens qui viennent d'ailleurs de ce village ont voulu forcer l'entrée de cette fête. Et des coups de couteau sont partis. Donc ça s'appelle l'ensauvagement.

Ça s'appelle l'ensauvagement. Vous êtes d'accord avec ce constat ? Oui, mais je veux dire, c'est un drame qui se multiplie, qui s'ajoute à d'autres drames.

On sait tout ça. Et aujourd'hui, ça atteint effectivement la campagne sur des choses qui peuvent apparaître comme ça banales. Une fête de village, des jeunes qui s'amusent.

Et puis une attaque qui vient d'on ne sait où d'ailleurs. Et ça fait un mort. Et ça fait 20 blessés.

Et on s'interroge évidemment de savoir les causes. Mais surtout, on voit bien qu'il y a une jeunesse aujourd'hui qui se croit tout permis. Et qui arrive dans tous les lieux.

C'était vrai il y a quelques mois, dans un certain nombre de supermarchés. Il y avait eu des affrontements, il y avait des jeunes aussi tués, etc. Donc vous voyez, ensauvagement, violence, arme.

On se balade avec des couteaux, c'est quand même pas...

Les lames de 20 cm ont été évoquées par plusieurs témoins. Il ajoute, Gérald Darmanin, c'est une faillite générale de notre société. Il faut repenser le cadre de l'autorité.

Non, c'est une faillite générale de sa société, de leur société, de tous ceux qui ont gouverné la France depuis 40 ans. C'est leur faillite à eux, qui ne commencent pas à dire on est tous responsables. Non, on n'est pas tous responsables.

Ils sont responsables, c'est eux qui ont fait des lois, ils ont été au pouvoir, ils sont au pouvoir. Et ils font quoi ? Ils parlent, il y a de la communication, il y a des effets d'annonce, on fait des textes, des textes, des textes, des textes.

Et pour autant, ça ne règle rien. Il va bien falloir, à un moment donné, deux choses. Un, qu'ils prennent leur responsabilité en prenant des textes, peut-être d'autorité, de vraie autorité pour remettre de l'ordre.

Et deux, et je le dis depuis toujours, d'ailleurs à votre antenne, souvent je vous l'ai dit, un jour, les citoyens se défendront eux-mêmes. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous verrez des comités d'autodéfense se créer dans un certain nombre de zones en France, et ils se protégeront même, puisque manifestement, l'État ne les protège pas.

Mais vous le comprenez ça ou vous le redoutez ? Je le redoute, mais je le comprends en même temps. Si vous avez l'État qui ne fait pas son travail, si vous avez la justice qui est laxiste et qui remet en liberté systématiquement les petits voyous qui sont arrêtés par la police, si vous ne donnez pas les moyens à la police, à la gendarmerie d'assumer leur fonction de maintien de l'ordre, de renseignement, etc., eh bien les citoyens sont en danger, non-assistance à personne en danger.

L'État est responsable pour vous ? L'État est responsable, l'État est responsable, du bas de l'échelle jusqu'à la condamnation ou à l'emprisonnement. Mais Louis Alliot, vous dites que ça ne fait qu'empirer.

J'ai eu ce matin le témoignage de Florent, qui habite en Mayenne, qui a 40 ans, et qui disait au fond « moi j'habite en Mayenne et je ne trouve pas que les choses aient empiré ». Mon père me racontait, dit-il, que dans les années 70, il y avait souvent des moments de très grande violence. Il disait qu'à l'époque, ce n'était pas forcément un couteau, c'était une chaîne de vélo, mais ça n'en était pas moins violent.

Est-ce qu'on n'a pas tendance à penser que les choses en pire aujourd'hui, alors que cette violence, y compris dans les territoires ruraux, elle a existé dans les années 60, les années 70 ? Il y a eu des bagarres dans tous les villages, et surtout dans la ruralité. Il y a toujours eu des bagarres, il y a toujours eu, entre guillemets, des faits divers.

Mais cette violence, elle est de plus en plus jeune. Vous avez de plus en plus de jeunes qui sont émancipés de la tutelle de l'autorité des parents, et qui se foutent pas mal, excusez-moi du terme, des règles de l'État. Ils font leur vie comme ils veulent, quand ils veulent, souvent adossés à des trafics.

Et aujourd'hui, il ne faut pas se voiler la face. La drogue commande beaucoup de comportements de ces jeunes voyous partout, en ville comme à la campagne. Et je ne trouve toujours pas, dans la politique gouvernementale, la volonté réelle de lutter contre ce fléau qu'est la drogue.

Co-père, j'ai envie de vous poser la question directement à vous, parce que Louis Alliot, vous êtes le maire de Perpignan. Et Perpignan, parmi les villes de 50 000 habitants considérés comme les plus sûres, n'arrive finalement qu'à la 70e ville des 76 villes classées. Pour établir ce classement, c'est des statistiques ministérielles de la sécurité qui ont été prises.

Et c'est notamment le nombre de vols, le nombre d'agressions qui ont augmenté dans votre ville. Vous en êtes maire depuis trois ans ? Bien sûr.

Mais nous, on a multiplié d'abord le nombre de policiers. On est à 200 policiers armés. On a créé des postes de police dans les quartiers, pour refaire venir de la présence policière dans les quartiers.

On a quand même neuf quartiers prioritaires, neuf QPV. Et c'est vrai que la situation du trafic de drogue...

Quartier prioritaire de la ville. On est une plaque tournante, puisqu'on est une ville frontalière, on va dire, avec l'Espagne et toute la drogue qui vient justement de l'Espagne et qui traverse pour aller dans les villes de France. Et donc, on a un petit microclimat particulier.

C'est pour ça d'ailleurs qu'à ma demande, M. Darmanet a fait venir pendant six mois des escadrons de gendarmerie mobile et de CRS pour démontrer... 80 gendarmes mobiles qui se relaient depuis septembre 2022.

Ils sont partis là ? Ils sont partis là. Mais ils se relaient avec la police municipale et la police nationale.

Ça crée quand même des conditions d'un retour apparent de la sécurité. Mais dès qu'ils ne sont plus là...

Ils sont partis ? Ils sont partis. Non, on continue, on démantèle les points de deal avec la législation qui est la nôtre.

C'est-à-dire que le policier municipal, il peut arrêter sur le fait, mais il est obligé de remettre à la police nationale qui ensuite fait son travail. Nous, on n'a pas d'autorité particulière. Vous voyez ce que je veux dire.

Pour régler la délinquance. Vous avez commencé en disant « Non, non, mais ce n'est pas une faillite de la société, c'est une faillite de leur société. » Quand vous disiez leur société, c'est leur société, à Gérald Darmanin et aux autres politiques qui se relaient depuis des années.

Mais là, vous, vous êtes aux manettes depuis trois ans à Perpignan. Mais on est aux manettes. Et ça reste une des villes les moins sûres de France.

Oui, mais moi, je respecte la loi. Si demain, vous nous dites que la police municipale est apte à donner tous les pouvoirs pour lutter contre le trafic, on le fera. Il y aura les ordres qui seront donnés.

Qu'est-ce que vous feriez de mieux et qu'est-ce que vous feriez de différent ? Sur la drogue, il faut d'abord aller voir les pays d'origine qui nous envoient la drogue. Il faut ensuite contrôler les frontières.

Il faut démanteler les filières. Et puis, au-delà du répressif, il y a aussi le pédagogique. Qu'est-ce qu'on fait dans les écoles pour dire à nos jeunes, attention, ce n'est pas du tabac.

La drogue, ça a des effets dans le temps. Ça a des effets psychiatriques, psychologiques, de santé publique. Tout ça, personne ne le dit.

Mais vous pensez que si vous faites ça, vous, vous allez réussir à éradiquer ce fléau de la drogue que tout le monde subit depuis des années ? Non, mais si on ne fait rien, ce sera encore pire. Et on en paie les conséquences cash.

Il faut tout faire pour le tabac. On est arrivé quand même à limiter la consommation. On est arrivé à limiter la consommation d'alcool, même s'il y a toujours des abus.

La drogue, c'est pareil. Mais là, on ne fait rien. Pourquoi ?

Parce que je pense qu'une grosse partie de l'intelligentsia, de l'élite, en consomme. Et donc, cette lutte contre la drogue n'est pas une priorité, finalement. En consomme ?

Oui, je pense. Vous dites qu'au fond, ils ne font rien parce qu'ils en consomment. Je pense que c'est devenu la banalisation de la consommation de stupéfiants dans tous les milieux, les plus pauvres comme les plus aisés, dans la haute administration comme dans la politique ou ailleurs.

Mais vous avez des preuves ou vous le pensez ? Vous pensez à Joël Guerriot, le sénateur ? Oui, mais oui, voilà.

C'est un exemple. Ça, c'est l'un des exemples. Mais moi, je vois des jeunes, de plus en plus jeunes, qui en consomment.

Non, mais là, vous me parliez des élites. Mais oui, écoutez, la drogue...

Qui sont ces gens qui consomment de la drogue ? Puisque vous le dites. Non, mais depuis...

Non, mais je veux dire, on a des exemples récents de Pierre Palmade ou de Joël Guerriot. Mais est-ce que vous en avez d'autres ? Depuis 30 ans que ça existe massivement.

Vous avez des gens qui ont fait des grandes écoles et qui en ont consommé et qui en consomment encore. Aujourd'hui, ils sont à la tête d'un certain nombre d'administrations, etc. On peut tout dire ça.

Oui, on imagine que dans l'eau, il y en a. Mais c'est massif ! Mais est-ce que vous estimez aujourd'hui que ceux qui nous gouvernent, étant eux-mêmes consommateurs de drogue, ne luttent donc pas contre la drogue ?

Est-ce que c'est ça ce que vous êtes en train de nous dire ? Moi, j'estime qu'il y a une prévention anormale d'un certain nombre de gens dans la lutte contre les stupéfiants. M.

Darmanet, lui, par exemple, il a été clair. Il a toujours dit de la drogue. Il avait dit d'ailleurs un terme un peu cru.

Il a dit que c'est de la merde. Oui, tout à fait. Il avait utilisé ce mot.

C'est le seul à avoir dit ça. Les autres, voilà. Mais surtout, il n'y a pas de campagne nationale.

Moi, je vois des campagnes à la télévision. Ce qui vous répond à ça, c'est que pourquoi il y a eu des campagnes nationales, par exemple, sur boire ou conduire, il faut choisir, c'est que la consommation d'alcool est autorisée dans ce pays. Donc, on peut lutter officiellement contre.

Il y a une forme d'hypocrisie qui est de dire on ne peut pas faire des campagnes nationales contre l'usage de la drogue puisqu'officiellement, on n'a pas le droit d'en prendre. Mais regardez la psychiatrie en France. Il y a des plus en plus de gens aujourd'hui, et d'ailleurs, ils n'arrivent pas tous à être traités, qui est victime de cette consommation de stupéfiants.

Parce que finalement, il est assez banal et facile d'en acheter, d'en consommer sans qu'il ne se passe rien. On dit, Louis Alliot, et c'est ce qui a été relevé par les enquêteurs, que le sénateur Guerriot dit avoir dû s'être fourni de cette drogue, vraisemblablement chez un autre de ses confrères, lui-même sénateur. Alors, ça vous a surpris ?

Non, mais je vous dis que ça ne me surprend pas. Moi, j'ai des policiers qui me disent, si vous saviez, monsieur le maire, les personnes qui vont acheter des stupéfiants, vous seriez surpris. Parce qu'il y a le trafic...

Mais qui fait dire ça ? Allez-y. Ils ne me le disent pas.

Mais je dis que peut-être il faudrait aussi s'occuper du consommateur. Vous pensez qu'il y a des consommateurs de drogue dans le gouvernement ? Il doit y en avoir, oui.

Il y a eu des ministres qui ont dit qu'il y en consommait. Ce n'est pas nouveau. La ministre de l'écologie de l'époque, je ne me souviens plus de son nom, avait dit qu'elle en avait consommé, qu'elle en consommait, etc.

Aujourd'hui, tous ceux qui veulent dépénaliser la drogue, par exemple, ont un rapport à la drogue assez particulier. Mais il faut aller voir le consommateur. Il faut que les consommateurs sachent que quand ils vont acheter leur petit pochon au coin de l'immeuble à un petit dealer, la conséquence de tout ça, c'est de l'argent sale, c'est des réseaux de prostitution, de drogue, etc.

Et c'est souvent la mort par des exécutions, Marseille, etc. C'est exactement ce que dit Gérald Darmanin, qu'il veut pénaliser les consommateurs. Mais il ne le fait pas.

C'est lui qui est au pouvoir, ce n'est pas moi. Moi, je suis maire, j'applique les lois qui sont celles de la République française. Écoutez, je les applique.

Qu'il nous donne les moyens de lutter efficacement et qu'il les donne surtout à ses policiers. Parce que ces policiers, ils n'en peuvent plus. Ils arrêtent 20 fois la même personne et 20 fois ils la retrouvent dans la rue.

À force, ils sont complètement dépassés par les événements. Avant de vous interroger justement sur les maires, quand même un mot, vous avez dit que les 80 gendarmes qui étaient venus en renfort à Perpignan étaient repartis. Ils sont repartis pourquoi ?

Parce que ça va mieux ? Non, parce qu'ils sont allés à Nîmes. Mais vous auriez préféré qu'ils restent ?

Ah oui, mais nous on demande des effectifs et on demande à ce qu'ils restent, bien sûr. Vous vouliez que ces 80 gendarmes soient pérennes ? J'aurais aimé qu'ils restent, effectivement, pour démanteler complètement.

Ils sont allés à Nîmes pour pallier à des urgences plus importantes. Mais il n'en demeure pas moins que chez nous, le trafic de drogue est l'une des causes principales de la délinquance dans les rues. Avec les immigrés clandestins.

Mais ça, personne ne le dira. Je ne vois pas qui ne le dit pas. Dès que vous parlez de ça...

Vous le dites, là, vous le dites à un micro à une heure de grande écoute. Mais si vous le dites, par exemple...

Non, mais je veux dire, il ne faut pas jeter l'opprobre sur personne ne le dit. Je veux dire, il y a cette loi sur l'immigration qui arrive au Sénat, qui va arriver également à l'Assemblée nationale. Elle arrive, mais je ne sais pas quel État arrivera.

Qui est débattue. Non, mais personne ne cache rien. Si, parce qu'on ne veut pas en parler.

Dès qu'on touche à l'immigration, on le voit bien, M. Darmanet a lancé ce projet d'immigration, mais il a déjà rétro-pédalé dans tous les domaines. Et le projet qui a été pris au Sénat...

Tel qu'il sort du Sénat, vous l'approuvez ? Tel qu'il sort du Sénat, déjà, les députés de sa majorité ont dit, mais on va revenir. Mais tel qu'il sort du Sénat et qu'il a été retravaillé, notamment par les sénateurs, les républicains, vous êtes plutôt d'accord ?

Il y a des choses intéressantes. Il y a des choses qui ne vont pas assez loin. Voilà, il y a des choses qui ne vont pas assez loin.

Le fameux article 3 qui a été travaillé sur les métiers en tension, etc. Même le MEDEF aujourd'hui, même les patrons n'en veulent pas aujourd'hui, disent « Mais d'abord, formons les personnes que nous avons avant de faire appel à une immigration supplémentaire. » Bon, alors, ils ont pris des textes, ils ont fait de la communication.

On va voir à l'Assemblée nationale comment tout cela est voté. Louis Alliot, violence contre les maires en forte hausse. 70% des maires disent avoir été victimes d'agressions, victimes d'insultes, d'injures.

Et vous ? Des injures, il y en a toujours eu. C'est souvent le cas.

Vous êtes dans une manifestation, vous avez toujours un nom d'oiseau qui vole. Mais ça, j'allais dire, c'est quotidien. Et ça n'arrive pas qu'aux maires.

Ça arrive malheureusement à tout un chacun. En revanche, il y a des maires qui se font agresser. Leur famille se fait agresser.

On l'a vu il n'y a pas très longtemps. À l'Aïlérose, notamment. À l'Aïlérose, etc.

Donc, contre ça, effectivement, il faut réagir fermement. Alors, l'État propose, par exemple, des stages avec le RED, avec la polynationale, pour savoir comment on se renseigne, etc. Est-ce que c'est à la hauteur de la menace ?

Je n'en sais rien, mais il faut vraiment...

Vous l'auriez fait, ce stage, vous, si on vous le propose ? C'est-à-dire que...

Vous hésitez ? Oui. J'ai vu des maires qui l'ont fait.

C'est intéressant. J'ai des adjoints qui l'ont fait. Parce qu'ils se sentaient menacés ?

Non, parce qu'on ne sait jamais. Par prévention. Il faut aussi savoir quelle tenue on doit avoir si le cas se présente.

Mais souvent, les maires sont démunis, même si, il faut quand même le dire, la gendarmerie en zone rurale et la police font systématiquement le nécessaire pour que les élus exercent correctement leur travail. Il ne faut pas jeter la pierre non plus. Ils sont là et je peux vous dire que vous pouvez leur demander...

Vous ne vous êtes jamais senti menacé, soyons très clairs. Si, au début de mon mandat, quand j'ai commencé à attaquer un certain nombre de points de deal sur la ville, il y a eu un certain nombre de faits, des descriptions sur les murs, etc. Alors, ce ne sont pas des menaces directes, mais vous ne savez jamais d'où elles viennent, les menaces.

Mais c'est vrai que quand vous vous attaquez à un certain nombre de sujets, on peut dire que vous n'êtes plus aussi tranquille que si vous n'en parliez pas. David Lysnard, qui est donc le président de l'Association des maires de France, dit qu'il y aura d'autres émeutes urbaines, on ne sait juste pas dire quand. Oui, mais je crois que c'est ceux qui agitent le gouvernement.

Ils ont peur de ça. Mais est-ce qu'ils ont raison d'avoir peur ? Oui, ils ont raison d'avoir peur, puisque les émeutes qu'on a vécues au mois de juin, elles se sont produites une fois, elles peuvent se produire deux fois.

Elles se sont arrêtées du jour au lendemain, on va dire, mais avec une présence massive des policiers sur le terrain. On peut imaginer ces violences… Mais est-ce que vous en sentez ? Je trouve que vous imaginez beaucoup de choses, vous pensez beaucoup de choses, vous pensez qu'il y a des drogués dans les lits, vous imaginez beaucoup de choses.

Mais est-ce que vous avez des signes, des preuves, des éléments ? Il suffit qu'il y ait un fait divers qui mette le feu aux poudres. La possibilité, l'hypothèse existe, elle s'est produite, donc elle peut se reproduire.

Tout dépend, qu'est-ce qui mettra… Ça reste assez théorique. Non, qu'est-ce qui mettra le feu aux poudres ? Je pense que M.

Macron a cru que le conflit israélo-palestinien pouvait être l'un des facteurs d'agitation dans les quartiers. Pour l'instant, ça ne l'a pas été. Mais demain, il peut y avoir encore un fait divers.

Mais est-ce que vous auriez eu la même lecture d'ailleurs des faits ? Est-ce que vous dites que l'importation du conflit là-bas, ici, est effectivement un facteur de division et d'explosion des violences ? Non, c'est un facteur de division, c'est sûr, de fracture à l'intérieur de la société française, c'est sûr.

Mais pour l'instant, j'allais dire, ça reste un facteur de violence contre la communauté juive aujourd'hui. Puisque les actes antisémites auront été multipliés par 100, je crois. Pour eux, oui.

Mais je voudrais comprendre ce que vous voulez dire quand vous dites « Emmanuel Macron a cru que ce serait justement cet élément déclencheur ». C'est ce qui, pour vous, justifie son attitude ? Qu'est-ce qui peut justifier le fait qu'un président de la République aille en Israël, développe un discours particulier sur le Hamas, en prenant une coalition contre le Hamas, et puis tout d'un coup, depuis un mois, un rétro-pédalage complet, avec hier un appel à M.

Netanyahou pour lui dire « Il y a beaucoup trop de civils qui sont touchés par les bombardements ». Il faut arrêter ça tout de suite. C'est-à-dire ?

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Ça ne peut pas être la situation là-bas qui justifie… Il ne parle plus du Hamas. On ne parle pratiquement plus, vous le faites.

Mais pourquoi ? Parce qu'il ne veut pas froisser une partie de la population française ? Je pense qu'il a peur de la réaction d'un certain nombre de personnes sur notre sol par rapport à ce conflit.

Et oui. Et ça, ça me paraît complètement fou dans notre pays aujourd'hui, que l'on en soit réduit à cela, de faire attention à ce que pensent les uns et les autres par rapport à un conflit qui est… Vous ne pensez pas que c'est dû, et d'ailleurs la France n'est pas le seul pays à avoir évolué là-dessus, au fait qu'il y a eu effectivement un très grand nombre de civils qui soient décédés ? Non, c'est par rapport à la population française qu'il tient ce discours.

C'est une guerre. Mais depuis le début, elles éguissent ces manifestations à cette fracture-là. Depuis le massacre du 7 octobre, dont je trouve qu'on ne parle pas assez, il y a des manifestations pro-palestiniennes et qui ne condamnent pas le Hamas.

Mais donc c'est pour ne pas les froisser qu'Emmanuel Macron a changé sa diplomatie ? C'est en tout cas pour ménager. On a bien vu les tergiversations du président du Conseil français du culte musulman par rapport à la manifestation.

Il a dit « oui, je serais bienvenu si en même temps, on avait manifesté contre l'islamophobie ». Mais ce n'est pas le sujet, l'islamophobie. L'explosion des faits, c'est contre nos compatriotes de confession israélite.

Voilà, ça c'est le fait. C'est ça qui a explosé en France. Le deuxième, c'est contre les chrétiens et in fine, c'est contre les musulmans.

Donc pour vous, Emmanuel Macron ménage une partie de la population ? Je pense qu'il est très prudent, trop prudent et qu'il ne dit pas les choses surtout. Un dernier mot, puisque vous êtes justement sur les questions de religion, vous allez remettre la crèche dans la mairie ?

Bien sûr. Vous aviez été condamné l'année dernière ? Pas tout à fait.

Parce que nous, ça s'appelle un pécèbre, c'est la culture catalane. Il y a d'autres petits personnages dans la crèche qui font la singularité de cela. Et d'ailleurs, le Conseil d'État l'a relevé.

Il vous avait demandé, il vous avait fait payer une amende, vous l'avez payée cette amende. 100 euros par jour. Oui, ça c'était le tribunal administratif.

Maintenant, le Conseil d'État nous a donné en partie raison sur la procédure. Donc il n'y a aucune raison que cette année, d'ailleurs la population le demande, c'est une crèche très prisée, très visitée. Et il y aura même une surprise cette année, parce qu'elle sera encore plus visible que l'année dernière.

C'est quoi cette surprise, Jouelio ? Vous verrez, notre hôtel de ville est un peu particulier. C'est-à-dire qu'on ne peut pas la voir à l'intérieur, mais c'est autorisé sur la voie publique.

Ah, donc vous allez mettre la crèche devant au lieu de la mettre dedans ? Exactement. Elle sera encore plus visible.

Et là, ça fera plaisir, je pense, à tout le monde, y compris à ceux qui passent leur temps à taper contre la chrétienté et les traditions françaises, mais qui ont peu de mots pour condamner le Hamas et un certain nombre d'organisations terroristes ou islamiques. C'est les mêmes pour vous ? Oui, c'est les mêmes.

La Ligue des droits de l'homme, la libre-pensée, tous ces gens-là de gauche font un tri sélectif dans le combat qu'ils mènent sur la laïcité. Rien sur l'islam radical, mais tout contre la chrétienté. Et ça, ça me gêne profondément.

Louis Alliot, maire de Perpignan, vice-président du Rassemblement national. Merci d'avoir été mon invité sur RMC et BFM TV. Il est 8h52.

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