Raphaël Glucksmann dit avoir "trois mois" pour "rassembler l'espace de la gauche républicaine"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Raphaël Glucksmann, merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes député européen, vous êtes cofondateur de Place Publique, vous êtes presque candidat à l'élection présidentielle.
Vous vous donnez trois mois, on va y revenir et vous publiez « Nous avons encore envie pour un sursaut patriotique ». Je vous interroge là-dessus dans un instant, mais évidemment je voudrais que vous nous disiez ce que vous avez pensé de ce qui s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche. Et au fond, je vais vous poser la même question que je posais hier matin à Jordan Bardella qui était à ce même micro.
Imaginons qu'on soit dans un an, même jour, même heure quasiment. Imaginons que vous ayez été élu président de la République, mi-mai. Deux semaines après, il y a la finale de la Ligue des champions.
Comment est-ce que vous feriez pour que ça se passe différemment ? Déjà, je veux vous le dire, les casseurs, qui sont une minorité, puisqu'il y avait quand même une liesse populaire avec des centaines de milliers de jeunes à travers la France, qui ont fait la fête pour la victoire du PSG, de Louis-Henriquet et du collectif parisien. Les casseurs qui sont une minorité, il faut les sanctionner, il faut les arrêter, il faut les écarter et ils sont aujourd'hui un facteur qui nous empêche de nous réunir, de nous rassembler, de faire la fête et il n'y a aucune forme de laxisme à avoir contre ces casseurs.
Par contre, il n'y a pas de baguette magique. C'est-à-dire que ceux qui vont venir vous voir et et qui vont vous dire, moi, avec moi à l'Élysée, comme le font absolument tous les candidats à la présidentielle, eh bien, avec moi à l'Élysée, je sais comment je gérerai ces groupes. Tout cela, c'est, si vous voulez, de la propagande et de l'égotisme.
Ce qu'il faut faire, c'est être intransigeant vis-à-vis des minorités qui perturbent la majorité qui veut faire la fête. Ce qu'il faut faire, c'est des comparutions immédiates comme la justice l'a fait. Ce qu'il faut faire, c'est être capable dans notre doctrine de maintien de l ordre d'anticiper ces groupes mobiles qui ne viennent pas pour faire la fête et qui viennent juste pour casser, cambrioler et empêcher les autres de faire la fête.
Donc vous dites qu'il n'y a pas de baguette magique mais vous avez une petite baguette magique quand même ? Non il y a des actions à mener, mais plus largement ce qu'il faut faire. Et c'est tout le débat qui va nous occuper pendant cette année qui vient.
Ce qu'il faut faire, c'est refaire France. C'est faire en sorte qu'on ait à nouveau une politique d'intégration dans notre pays. Qu'on ait à nouveau une politique de l'autorité publique, qu'on ait à nouveau la capacité à fabriquer un peuple en France.
On est une société sous tension, on est une société qui s'archipélise, on est une société qui se divise, qui se fracture et tout l enjeu, c'est de refonder la République française, de faire peuple à nouveau. C'est ce que j'explore dans ce livre. Vous voulez remettre la question du patriotisme, la question de l'amour de la France, la question du drapeau au cœur...
Et la question du service civique, la question d'appartenir à une nation. Quand des jeunes qui naissent à Trappes, des jeunes qui naissent dans le 7e arrondissement de Paris, des jeunes qui naissent en Picardie ne se croisent jamais à aucun moment de leur vie sauf lors de matchs de foot, eh bien nous ne sommes plus un peuple. Et moi ce que je veux c'est que nous fassions à nouveau peuple ensemble, nous les Français.
Mais ça veut dire donc que Raphaël Glucksmann vous êtes finalement assez d'accord avec Jordan Bardella quand il dit qu'il y a un lien il y a un lien avec la question de l'immigration. Puisque vous avez répondu il faut revoir l'intégration. Oui, mais on est une société qui se désintègre.
Mais Jean-Dan Bardella quand il parle de lien avec l'immigration il a des statistiques sur le nombre d'étrangers qui ont été arrêtés sur le nombre d'immigrés ou alors il considère quoi qu'il a vu des Français noirs à la télé et qu'il en a déduit qu'ils étaient étrangers ? Il faut qu'il réponde. Parce qu'il n'y a pas de statistiques sur le nombre d'étrangers qui auraient été arrêtés par la police au moment des casses.
Donc, quelle est la logique ? Il fait quoi, là, en réalité ? Donc, il fait quoi pour vous ?
Il fait ce qu'on appelle du profiling. C'est-à-dire qu'il explique que ces jeunes ne sont pas français. C'est ça.
Parce qu'en fait, sinon, il n'y a pas de lien avec la politique migratoire actuelle de tel ou tel le gouvernement. Vous-même, vous dites comme une des premières réponses, il faut revoir l'intégration. Vous-même...
Mais l'intégration de tous les Français ? C'est une question quand même d'immigration. Bien sûr, parce qu'on est une société...
C'est-à-dire que c'est un peu hypocrite de votre part ? Ah non, c'est absolument pas hypocrite. D'ailleurs, c'est pas ma marque de fabrique, je suis plutôt sincère et direct, donc je dis ce que je pense face à vous.
Et ce que je dis, c'est que oui, il y a des fractures dans notre société, qu'on a pensé qu'une société ouverte comme la société française, qu'une république, c'était une chose naturelle. Et donc on a tout laissé à l'abandon. En réalité, vous avez des quartiers où les services publics ne sont plus présents, on a supprimé le service militaire sans même se poser la question de à quoi servait ce service militaire ?
Quelle était sa fonction sociale intégratrice ? On avait avant des structures collectives type les grands partis politiques, les syndicats qui intégraient en permanence. On devenait français, on devenait des citoyens français, qu'on soit né ici ou qu'on ne soit pas né ici, quelle que soit notre couleur de peau, quelles que soient nos origines.
Ça passe par quoi ? Ça passe par quel genre de faits concrets ? C'est-à-dire que là je trouve qu'au fond il n'y a pas grande différence entre ce que vous dites et ce que François Hollande disait quand il disait « Il faut réenchanter le rêve français par des mesures extrêmement concrètes de soutien aux structures d'intégration. » En fait, ce n'est pas juste un récit.
Déjà, ce qu'il faut c'est que la gauche, et je me bats pour ça, se réapproprie le récit français, se réapproprie le récit patriotique, qui disent de manière très claire que nous Nous sommes, nous, les patriotes. Et il faut qu'on puisse donc s'intégrer à un discours sur notre propre pays, qu'on dise ce que signifie être français. Mais derrière, c'est des structures intégratrices.
Quand vous avez une société qui a abandonné par individualisme l'ensemble des structures qui permettaient d'intégrer, évidemment vous avez une crise de l'intégration. Donc moi ce que je veux c'est un service civique obligatoire, universel, que tous les jeunes français, tous, quel que soit l Toute une classe d'âge. Toute une classe d'âge, quelle que soit leur origine, garçons et filles soient appelés à donner 10 mois de leur vie à la collectivité.
Ça veut dire qu'à un moment dans son existence, déjà on se rencontre, quel que soit son quartier d'origine, on forme une jeunesse française à partir de ces jeunesses françaises éparpillées et on apprend à servir le commun, on apprend à servir notre pays. On va dans les EHPAD, on travaille sur la transition écologique, on va dans les écoles, on apprend à être citoyen. 1979, je suis la première année qui n'a pas fait le service militaire.
Et ce que je dis, c'est que les élites françaises, quand elles ont décidé de supprimer le service militaire, eh bien elles n'ont même pas réfléchi à le remplacer par quelque chose. Elles ne se sont même pas posé la question de savoir si ça servait à quelque chose ou pas. Mais au service militaire, on croisait des gens qu'on ne croise pas naturellement dans sa vie.
Il faut sortir chacun de son environnement immédiat. Est-ce que c'est pas un peu nostalgique d'une France que l'on imagine plus qu'elle n'était ? Ce n'est pas utopique la République française.
Une République, c ce n'est pas naturel. C'est une construction politique, historique, sociale. On fait en sorte que chacun sorte de son environnement immédiat.
Aujourd'hui, chacun vit dans son quartier. Personne ne se croise. Personne ne se connaît.
On vit dans son individualité. Certains politiques que je reçois ici parlent de mixité sociale comme d'un idéal, comme d'un objectif. Ça passe par le logement, ça passe par la question de l'école, ça passe par la carte scolaire.
Elle a été refaite, elle a été revue précisément pour cela. Tout le monde parle de mixité sociale, à l'école notamment. Tout le monde dit l'école est une priorité.
Vous savez ce qu'on est en train de faire ? On est en train d'organiser une concurrence déloyale contre l'école de la République, l'école publique. Pourquoi ?
Pourquoi Et la séparation entre les deux, la différence entre les deux ne cesse de s'accroître. Pourquoi ? Parce qu'avant, les parents voulaient mettre leurs enfants dans une école privée parce qu'ils avaient une conviction religieuse par exemple.
C'était l'école catholique. Aujourd'hui, c'est pour échapper à l'école publique qu'on choisit le privé. Moi, je ne blâme pas les parents.
Ce que je blâme, c'est l'absence de politique pour faire de l'école publique un lieu d'excellence, pour redresser cette école publique. Et pour faire cela, il faut arrêter d'organiser la concurrence déloyale et donc imposer des conditionnalités aux écoles, des conditionnalités de mixité sociale, aux écoles privées qui reçoivent les subventions de l'État. Est-ce qu'il ne faut pas supprimer carrément les écoles privées ?
Certains le disent. J'avais reçu Manuel Bompard qui à un moment disait « je ne le ferai pas immédiatement mais ça pourrait être un objectif. » « Non, c'est relancer la guerre scolaire, c'est fracturer à nouveau la société.
Non, moi ce que je veux c'est l'égalité de traitement. Ce que je veux c'est qu'on arrête de maltraiter l'école publique. Ce que je veux c'est qu'on arrête aussi d'avoir les professeurs, les enseignants les plus mal payés d'Europe.
Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui un enseignant français en primaire, eh bien il est payé 17 % de moins que la moyenne de l'Union européenne et de l'OCDE et qu'il est moins payé que son collègue slovène ou son collègue portugais en valeur absolue. On a décidé de dévaloriser le métier d'enseignant on a décidé de dévaloriser l'école publique et le résultat de ça c'est une crise et en plus on ajoute sur les épaules de de l'école publique qui est déjà mal traitée eh bien l'ensemble des crises de la société. Parce qu'à l'époque de la Troisième République, il y avait l'école publique mais il y avait aussi les ligues d'enseignement, les partis de masse, les syndicats...
En fait vous voulez revenir à cette France de la Troisième République ? Non je ne veux pas revenir à cette France de la Troisième République, je suis très heureux de vivre au 21ème siècle mais ce que je veux c'est qu'on retrouve l'esprit fondateur de notre République, nous sommes la France, on a un destin particulier, on a créé une société singulière et ce que je veux c'est qu'on retrouve cet esprit, qu'on ait à nouveau envie d'être fiers, d'être français, d'être fiers. On va en venir à votre livre, je vous pose la question puisque vous parlez de l'école, vos enfants ils sont à l'école publique ?
Ils sont à l'école privée ? J'étais à l'école publique, mes fils sont à l'école publique et je suis extrêmement C'est pour vous une fierté ? Moi, je suis amoureux de l'école publique.
Je suis amoureux de cette nation, la République française, qui a décidé par exemple de remplacer les cours de théologie au lycée par les cours de philosophie. Vous savez, dans ma famille, avec mon père par exemple chaque année quand il y avait le bac et bien on s'asseyait et on repassait le bac pourquoi parce que c'était notre levée de drapeau à nous oui on prenait les sujets de philo et on les faisait mais parce qu'on fait c'est un père philosophe aussi oui j'ai eu cette chance Incroyable. Mais ce que je veux dire, c'est que c'est extraordinaire ce qu'a fait l'école de notre pays.
C'est la fabrique de la France. Et le fait qu'on ait abandonné dans nos politiques publiques l'école signe qu'on a abandonné l'avenir du pays. Je suis frappé par une forme un peu d'idéalisme mais non c'est au contraire très pragmatique quand vous avez des élèves qui vont au collège et bien dans les deux sèvres à matines en gazière qui vont au collège en doudoune parce qu'il fait 12 degrés dans les classes elle est où la république c'est très concrets et aujourd'hui quand ils sont dans des fours à micro-ondes que sont devenus les salles de classe pourquoi parce que nous avons la canicule et parce que nous n'avons pas rénové thermiquement les établissements scolaires quand vous avez 30 % du bâti scolaire qui est délabré dans notre pays, c 'est très concret au contraire.
Et la manière dont je vais relever l'école publique sera extrêmement concrète et on en verra le bénéfice pour l'ensemble de la société parce qu'on fabriquera à nouveau de la citoyenneté dans notre pays. Nous avons encore envie, c'est le titre de votre livre. J'avoue, je ne comprends pas ce titre.
C'est qui nous et vous avez envie de quoi ? Nous, c'est les Françaises et les Français qui ont encore envie de liberté, d'égalité, de fraternité, du destin singulier de notre nation, de notre Moi, c'était une question qui me tenaillait les tripes. Oui, vous le dites.
Et d'ailleurs, vous le dites depuis votre arrivée à Sciences Po. Je vois les élites françaises qui ont sacrifié nos usines, qui ont sacrifié nos capacités productives, qu'on sacrifiait notre indépendance, qu'on sacrifiait notre souveraineté depuis plus de 40 ans. Et donc je me pose une question simple, c'est est-ce qu'on a encore envie ?
Mais pourquoi vous n'avez pas dit « j'ai encore envie » ? Parce que je pense que c'est une aventure collective, la vraie question c'est est-ce que les Françaises et les Français ont encore envie ? Et moi ce que je vois partout en sionnant...
Mais on a l'impression que vous avez du mal avec le « je » ? Non, non, je vais vous parler du « je » sans aucun problème. Et de toute façon vous êtes entourés et vous les recevez tous les jours de gens qui disent absolument tout le temps « je » Je suis fasciné par une chose en ce moment, si vous me le permettez.
C'est les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron qui viennent et qui disent « je », « je », « je ». Expliquez-moi la différence entre Gabriel Attal et Edouard Philippe. Franchement je pense que les électeurs macronistes sont très perdus.
Et qui disent « je », « je », « je » et qui font semblant en plus de ne pas connaître Emmanuel Macron. C'est-à-dire que c'est littéralement hallucinant, moi j'écoute vos entretiens, quand ils viennent chez vous, ils vous expliquent qu'ils n'ont jamais rencontré Emmanuel Macron. Enfin, ils ont été premiers ministres d'Emmanuel Macron.
Voilà, c'est un peu comme des ministres de Louis XVI qui en 1789 se transforme soudainement en révolutionnaire. Ils promettent tous une rupture incroyable. Une rupture par rapport à quoi ?
Une rupture par rapport aux dix années où ils avaient le pouvoir. Donc pour vous, ils ne sont pas crédibles ? Vous seriez vous le candidat ?
J'ai quand même Vous me regardez, vous dites « je me donne trois mois ». Mais dans trois mois, sur quels critères vous déciderez ? Déjà, je me donne trois mois pour proposer et dialoguer avec les Français autour de ce nouveau contrat patriotique.
Parce qu'il faut refonder la France la reconstruire, la réparer ensuite je me donne 3 mois pour rassembler mon espace politique parce que je suis convaincu que la gauche démocratique et républicaine – Mais il va de où à où ? Par exemple justement est-ce que vous estimez que les électeurs de Gabriel Attal ou d'Edouard Philippe sont les mêmes que les vôtres. Non, ce que je dis, déjà je dis que tous les électeurs sont bienvenus pour nous rejoindre dans ce cadre de la gauche républicaine et démocratique.
Mais ce que je dis c'est que cet espace-là, cet espace de la gauche républicaine est le Le seul qui pourra battre l'extrême droite en 2027. J'en suis convaincu. Parce que je sais que les Françaises et les Français veulent du changement, qu'ils ne veulent pas repartir avec les mêmes ministres que depuis dix ans pour faire les mêmes politique.
Il y a un sondage ce matin. Ils ne veulent pas non plus d'un match entre les extrêmes. Ils ne veulent pas de ce duel entre Mélenchon et Bardella, qui essaye de faire monter cette petite musique.
Moi, ce que je dis, c'est qu'entre Mélenchon et Bardella, il n'y a pas rien, contrairement à ce qu'il nous explique. Il y y a même l'essentiel. Il y a la République, il y a la démocratie et que nous allons incarner cela. – Alors entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, en tout cas dans les sondages, je regarde le dernier, celui qui a été publié par Le Parisien aujourd'hui en France ce matin, Jean-Luc Mélenchon est à un niveau élevé.
Le seul scénario dans lequel vous seriez plus haut que lui à gauche, c'est le cas où Edouard Philippe ne serait pas candidat. Dans ce cas, vous, vous êtes à 14 % d'intention de vote, Jean-Luc Mélenchon Jean-Luc Mélenchon 13 et Gabriel Attal lui à 14 ,5 Jordan Bargella 35 Moi je ne fais pas semblant, je les lis les sondages parce qu'il y a des politiques qui arrivent et qui disent non non moi les sondages ça ne m'intéresse pas donc moi ce que je fais c'est que je lis les sondages. Et l'autre hypothèse c'est celle où il y a Edouard Philippe qui est candidat pour le bloc macroniste, et bien dans ce cas je suis à 13 et Jean-Luc Mélenchon est à 13.
Donc ce que ça veut dire c'est que lui a déjà commencé sa campagne et que nous nous sommes à égalité ou devant. Et la vérité, c'est que la dernière fois qu'il y a eu une confrontation avec la France insoumise dans une élection nationale, nous les avons pliées et nous les plierons à nouveau parce qu'une écrasante majorité des électrices et des électeurs de gauche ne veulent pas de cette fracturation permanente de la société, ils veulent une gauche démocratique et républicaine. Et par ailleurs, ils savent aussi pertinemment qu'envoyer Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour, eh bien c'est assurer la victoire de l'extrême droite.
Et qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon est devenu une sorte d'agent électoral de l'extrême droite. Si vous vous retrouvez avec Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, vous faites quoi ? Mais je ne me retrouverai pas avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Est-ce que vous les mettez sur un pied d'égalité ? Est-ce que vous mettez un signe égal ou est-ce que la menace ça reste ? J'ai lu votre livre, vous ciblez la menace ça reste l'extrême droite.
Vous dites ils ne peuvent pas arriver, on ne peut pas les laisser arriver. Jordan Bordena, Marine Le Pen, c'est pas possible. Mais la menace aujourd'hui de prise du pouvoir c'est celle de l'extrême droite.
C'est l'extrême droite qui menace de prendre le pouvoir à Jean-Luc Mélenchon, il n'y a aucun scénario où il est le président de la République. Donc moi ce que je vous dis c'est une chose très simple. La menace principale c'est l'extrême droite et nous serons là pour la battre mais par contre, il y a quelque chose qu'il faut vraiment comprendre et qu'Emmanuel Macron a déjà complètement délégitimé, c'est qu'une élection ne peut pas se jouer simplement sur un barrage.
Il va falloir faire plus que de dire « Ne faites pas les imbéciles, ne votez pas à l'extrême droite, c'est dangereux ». Il va falloir même faire plus que d'expliquer ce qui est vrai, que ce sont des patriotes de Pacotille, au service de Trump et de Poutine. Il va falloir faire plus que cela.
Il faut aussi leur prendre le drapeau. Il va falloir réciter une envie dans la société française. Nous avons encore envie.
Une question, vous l'avez suivie j'imagine, et en particulier parce que justement la question de l'Ukraine et de la Russie vous est chère. Xenia Fedorova, qui est donc journaliste sur CNews, s'est vu renouveler sa confiance de la part du média mais elle a aussi, on l'a vu obtenu un titre de séjour de 10 ans alors que Rochia Toudet qu'elle dirigeait initialement avait était fermée en 2024. lui retirer.
Comment l'a-t-elle obtenue ce titre de 10 ans ? Quand on sait la difficulté que c'est généralement d'obtenir un tel titre de séjour, comment l' a-elle obtenue après le début de la guerre en Ukraine c'est-à-dire qu'elle l'a obtenue deux ans après le début de la guerre en Ukraine, alors même qu'elle était la propagandiste de Poutine qui menace l'ensemble du continent européen. Mais au-delà de ça, ce que ça montre...
Mais pardon, quand vous dites ça, ça veut dire quoi C'est-à-dire qu'il faut trouver qui a, à un moment, validé ce titre de séjour et qu'il y ait une forme de responsabilité. Il va falloir que le gouvernement s'explique, parce qu'une propagandiste anti-française...
Pour l'instant, ils disent, c'est automatique, on ne sait Dans la carte de 10 ans, qui obtient une carte de 10 ans ainsi, ça pose problème. Mais au-delà de ça, ce que ça montre, c'est qu'en fait...
Mais est-ce qu'il faut que ce titre de séjour lui soit retiré désormais ? Mais ça, c'est M. Nouniez qui doit prendre ses responsabilités Et maintenant, ce que ça montre, c'est quand même que tous ces gens à l'extrême droite, chez M.
Bolloré, qui font profession de patriotisme H24, tous ces gens sont des patriotes de pacotille, qui ouvrent leur micro, qui ouvre leurs médias sans contradiction à une propagandiste russe anti-française qui passe son temps à battre la coupe des Français. Et moi, je vous le dis, en réalité, la Russie n'est pas une menace pour l'Ukraine simplement, c'est une menace pour la France pour l'ensemble de l'Europe moi j'ai été président de la commission spéciale sur les ingérences étrangères et les Russes mènent des opérations de déstabilisation permanente Elle en est un visage Elle est un des visages de ces opérations d'influence russes dans notre pays Et ces patriotes de pacotille de l'extrême droite Qui en permanence décerne des brevets de « Est-ce que vous êtes pro-français ou pas ? » En réalité, ils votent toujours Bardella au Parlement européen, contre les intérêts de la France, contre la défense européenne, contre l'industrie française, à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen.
Elle vote même contre la taxe sur les petits colis de Chine. C'est-à-dire cette entreprise chinoise qui est en train de ratiboiser la production française et qui est en train de ratiboiser aussi les petits commerces dans les villes moyennes françaises. Donc, en fait, ils votent contre les intérêts français.
Ils sont au service de Donald Trump et de Vladimir Vladimir Poutine. Éric Zemmour hier dit que vous êtes un agent de Kiev. Mais moi, je suis un agent de la France.
Je suis un patriote français et je veux servir les intérêts de mon pays. Et Éric Zemmour, lui, est au service de son idéologie et traditionnellement, cette extrême droite préférera toujours son idéologie aux intérêts nationaux français. Et donc les vrais patriotes, ce sont nous.
Il faut leur reprendre le drapeau tricolore. Il faut délégitimer leurs prétentions à incarner la France. Nous sommes les patriotes et eux, ce sont des xénophobes et des idéologues.
Merci Raphaël Glucksmann d'avoir répondu à mes questions.
Raphaël Glucksmann