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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 4 juin 2025 26 min

Propos de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, TVA sociale, union de la gauche pour 2027... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Fabien Roussel.

0:05
Fabien Roussel

Bonjour Salia Braclia, bonjour Jérôme Chapuis, bonjour.

0:08
Présentateur

Les condamnations judiciaires pour les auteurs des violences en marge des festivités de la victoire du PSG ce week-end sont jugées par certains trop clémentes du sursis et des amendes, au point que le ministre de la Justice lui-même réclame d'alourdir l'arsenal des peines.

0:23
Invité

Il faut adapter le code pénal à la violence d'aujourd'hui. Je propose de supprimer le sursis, que tout de suite, dès la première condamnation, ce soit de la prison ferme ou une peine extrêmement ferme. Et deuxièmement, qu'on puisse faire des peines minimales à partir du moment où le juge a reconnu la culpabilité de quelqu'un.

0:39
Présentateur

La loi n'est plus en accord avec la violence que connaît la France aujourd'hui, c'est ce que dit le garde des Sceaux, vous êtes d'accord avec lui ?

0:44
Fabien Roussel

J'espère qu'il va faire les mêmes propositions pour son ami Nicolas Sarkozy ou pour Mme Le Pen, condamnée pour détournement pour des millions d'euros. Mais voilà, ça c'est parce qu'il y a toujours une justice avec M. Darmanin qui est forte avec les faibles et faible avec les forts. Sur ce sujet alors ? Sur ce sujet, d'abord la première chose, les violences que j'ai vues, alors que le match n'était même pas terminé, avant même la fin de la première mi-temps, sont insupportables. On s'en est pris pas seulement à des magasins, des bus, des services publics, enfin c'est honteux.

Honteux, elle est de plus en plus décomplexée, avec des délinquants qui n'ont même pas peur des bleus, et qui y vont franchement, franchement, honteux. De l'autre côté, je trouve qu'on a un ministre de la Justice, un ministre de l'Intérieur surtout, qui se trouve des excuses et qui n'assume pas ses responsabilités. Des excuses ? Pourquoi ? Il a quelque chose à se reprocher le ministre de l'Intérieur ? Ah bah il peut quand même, parce que c'est pas comme si ce match n'avait pas été prévu et organisé. On savait que c'était une finale quand même de ligue, important. Ça faisait longtemps que c'était pas arrivé. Et donc on savait que ces événements, malheureusement, ont lieu.

Quelle disposition il a pu prendre, pas seulement à Paris, dans les Champs-Elysées, mais en province ? Rien, je regrette, mais ce ministre de l'Intérieur qui avait dit l'ordre, l'ordre, l'ordre, aujourd'hui c'est le ministre du désordre, du désordre et du désordre, il ne s'est pas fait respecter les règles et la loi dans notre pays.

2:11
Présentateur

Revenons aux peines, si vous le voulez bien, Fabien Roussel. Est-ce qu'il faut alourdir les peines aujourd'hui ? Parce que, justement, elles ne sont plus en accord avec l'état de la violence dans le pays.

2:19
Fabien Roussel

Bien qu'on ait un débat avec les magistrats sur cette violence qui monte et des peines qui pourraient ne pas être adaptées, je suis prêt à discuter et à regarder ça. Parce qu'il y a une réalité, une violence qui monte, qui est réelle. Et donc une justice trop laxiste ? Une contestation de l'autorité qui est réelle et donc il faut y travailler. Ce qui m'interpelle dans les propositions du ministre de la Justice, M. Darmanin, c'est que, par exemple, il demande à remettre en cause le sursis, de supprimer le sursis. Le sursis, c'est quand même une appréciation laissée à la main du juge en fonction de chaque personne, pour tenir compte de son parcours, de sa personnalité.

C'est ce que l'on appelle, en droit français, l'individualisation de la peine qui est différente de la justice américaine ou anglo-saxonne. Nous y sommes particulièrement attachés en France et c'est ce qui permet à un juge, justement, d'avoir une peine efficace, adaptée, justement, à l'auteur, à l'individu, au prévenu, qui passe au tribunal. Donc, moi, je ne suis pas pour remettre en cause le sursis. Que l'on puisse revoir les peines, on peut y regarder. Des peines minimales aussi, c'est ce que dit François Bayrou. – Oui, mais à chaque fois que l'on s'en va sur ce terrain-là, comme à remettre en cause le sursis, on s'attaque à l'efficacité de la peine.

C'est-à-dire qu'on a pu, les juges eux-mêmes ont des statistiques qui montrent que ceux qui vont en prison sont systématiquement plus récidivistes que ceux qui ont des aménagements de peine, des politiques de réinsertion. Ça, c'est une réalité. Envoyer des délinquants dans les prisons telles qu'elles sont aujourd'hui, surpeuplées, désocialisantes, c'est construire des récidivistes en puissance. – Alors ça, c'est le sujet de la justice. – Mais c'est pour ça qu'il faut avoir un débat qui soit un peu plus sain que de faire des annonces comme celle-là. Et encore une fois, j'espère qu'il aura le même discours à l'encontre de M. Sarkozy, son grand ami.

4:17
Invité

– Je voudrais qu'on revienne quand même sur la question du maintien de l'ordre, parce qu'il y a quelque chose qui m'a intrigué dans ce que vous disiez tout à l'heure. Vous disiez qu'il y a une part de responsabilité de Bruno Retailleau, si je vous ai bien compris. On va faire de la politique fiction. Fabien Roussel, si vous aviez été Place Beauvau samedi soir, qu'est-ce que vous auriez fait différemment pour que ces incidents ne se produisent pas ?

4:35
Fabien Roussel

– Eh bien, j'aurais mobilisé beaucoup plus de moyens, de moyens de sécurité, pas seulement à Paris, pas seulement sur les Champs-Elysées, mais dans beaucoup de villes de provinces où il y a eu des dégradations. Et j'ai lu des commentaires de maires qui ont été surpris qu'il n'y ait pas de cartes de CRS mobilisées, de moyens de police présentes, et qui ont été appelés un petit peu hors accro à la dernière minute. Moi, si j'étais ministre de l'Intérieur, j'aurais mis depuis longtemps en place une police de proximité. J'aurais mis en place un plan de formation et d'embauche de 60 000 policiers, comme je le propose, depuis la campagne des élections présidentielles.

Parce que la sécurité en France, ce n'est pas le tout d'en parler. Il faut la mettre en œuvre. Et ça ne se met pas en œuvre avec des déclarations et des slogans, ça se met en œuvre avec des moyens humains, et avec des hommes et des femmes formés, formés, et avec une doctrine, une doctrine de maintien de l'ordre, qui n'est pas celle que met en place M. Retailleau, c'est-à-dire avec des moyens qui ne sont pas suffisants. Et donc, quand il les déploie, les gars, ils y vont à coups de gaz lacrymogènes et à coups de matraques. Donc, tout ça était évitable. Et là, ça défouraille en tous sens, y compris en gazant des personnes, des familles qui étaient là pour passer un bon moment.

Et donc, ça a contribué à gâcher la fête. Je n'en ai pas seulement M. Retailleau en responsabilité. Les premiers que j'ai pointés sont les délinquants qui ont provoqué ces désormes. Mais on entend que pour vous, il a une part de responsabilité qui assure la sécurité.

6:00
Présentateur

Donc, le dispositif de sécurité n'était pas à la hauteur, selon vos mots. Et il y a d'autres mots qui ont été utilisés par le ministre de l'Intérieur lui-même, Bruno Retailleau. Lui, il a parlé de barbares. Une fabrique de barbares dont les piliers de civilisation ont tous été déconstruits. Respect, autorité, hiérarchie. Ces mots-là, vous pourriez les utiliser contre ces gens, ces personnes qui ont été auteurs de violences ?

6:23
Fabien Roussel

Je vois que M. Retailleau a des mots durs à l'encontre des auteurs de ces violences. Et justement, j'en ai parlé avant-hier à Alès, où je me suis rendu pour porter soutien à ces 20 personnes qui ont été agressées par un groupuscule d'extrême droite néo-nazi, et envers qui M. Retailleau n'a eu aucun mot. Aucun mot. Aucun mot de soutien aux victimes, et aucun mot à l'encontre de ces groupuscules. Et c'est là où je trouve, encore une fois, qu'il y a du deux poids, deux mesures. Il peut avoir des mots durs à l'encontre de l'auteur de ces violences, et on peut avoir des mots durs à l'encontre de l'auteur de ces violences. Alors, barbare, quand même,

7:02
Présentateur

étymologiquement barbare, était appelé barbare par les grecs et romains, ceux qui ne parlaient pas leur langue, c'était l'étranger, pas civilisé. Le choix du mot-là est particulier.

7:12
Fabien Roussel

C'est une manière, encore une fois, pour M. Retailleau, de faire des amalgames entre l'auteur des violences, l'origine de ces auteurs, et à chaque fois, de faire un trait d'égalité entre immigration, violence, migrants, terrorisme. On y a droit à chaque fois. Mais ça, c'est un classique de sa part. Et c'est pour ça que je fais le lien avec ce qui s'est passé à Alès, justement, pendant la Feria, une fête populaire, où il y a un groupe d'extrême-droite néo-nazis qui s'est volontairement déchaîné dans un bar populaire. Et on va parler de ce crime dans le Var, où là, c'est un...

7:52
Invité

Oui, on en parlera, mais il y a beaucoup de juges dans l'actualité.

7:55
Fabien Roussel

Un coiffeur tunisien qui a été lâchement tué de cinq balles. Il y a une parole raciste décomplexée qui se déchaîne dans notre pays, y compris par des responsables politiques, par des médias, et qui fait que des groupes néo-nazis se sentent tout permis et que des personnes racistes se sentent autorisées

8:15
Invité

de prendre leur fusil et de tirer. Vous dénoncez des paroles politiques. À qui ? À quoi ? Faites-vous précisément référence dans le cas de la mort de cet homme dans le Var ?

8:26
Fabien Roussel

Je vais vous citer le ministre de l'Intérieur qui porte une responsabilité, lui, dans le climat qui existe dans notre pays. L'immigration n'est pas une chance. Abat le voile, a-t-il crié après, à la fin d'un meeting ? Une société multiculturelle comporte des risques, non à la submersion migratoire. En fait, il ne fait jamais de différence, lui, entre l'immigration illégale et l'immigration légale. Il tient les mêmes propos, les mêmes paroles que l'extrême droite, que le Rassemblement national.

Et toutes ces paroles-là, toutes ces paroles-là, sèment dans notre pays un climat de racisme, de haine de l'étranger, qui conduit fatalement à ce qu'un jeune Malien soit tué de 40 coups de couteau à la Grande Combe. Que ce soit ce coiffeur tunisien qui se prend 5 balles par un homme qui, entre deux tracts d'URN, écrivait sur son post Facebook « Sortez vos fusils et tirez dans le tas ». Enfin, est-ce qu'on peut mesurer ? Vous savez, quand je suis allé à l'Est, il y a une dame. Il y a une dame qui m'a pris le bras, qui m'a reconnu, et qui m'a dit « Monsieur Roussel, Monsieur Roussel, on a peur. » La dame portait le voile, elle rentrait chez elle. Elle m'a dit « On a peur.

» « On a peur de vivre en France. » C'est la première fois que j'ai des personnes comme ça qui m'interpellent et qui m'arrêtent en me parlant de ce climat de haine qu'ils ressentent pour eux, dans leur chair et pour leurs enfants. Est-ce qu'on va prendre conscience si on vous écoute bien ?

9:57
Invité

Il y a une continuité entre des propos de tel ou tel, vous citez Bruno Retailleau, et le meurtre d'un homme samedi dans le Var ?

10:09
Fabien Roussel

Oui, parce que ce climat décomplexé où on fait un amalgame entre des étrangers, des musulmans, la violence, le terrorisme parfois... Si on veut être complet, Bruno Retailleau a dit, après ce meurtre,

10:30
Invité

tout acte raciste est un acte anti-français. Oui, mais il peut le dire,

10:38
Fabien Roussel

après coup, mais j'aimerais, c'est pour ça que je parle fort, j'aimerais que l'on prenne conscience qu'il y a une multiplication d'actes racistes, d'insultes racistes, de crimes racistes, comme il y a une multiplication d'actes antisémites, d'insultes antisémites. Le poison de la haine et de la division se répand dans notre pays. Chaque parole publique est donc importante de la part de responsables, de ministres, chacun doit mesurer sa propre responsabilité dans les mots qu'il emploie. La République, c'est de vivre ensemble, quelles que soient nos différences, notre couleur de peau, notre confession, notre religion, notre couleur politique, c'est vivre ensemble.

La violence à l'égard du Parti communiste français que nous subissons. Il y a eu 58 locaux du Parti communiste français dégradés, vandalisés, encore cette nuit, par des groupuscules d'extrême droite, avec des croix nazis, avec des insultes concernant les militants. Ça, on va vous dire

11:38
Présentateur

que c'est le combat politique, on va vous dire que c'est autre chose.

11:40
Fabien Roussel

Non, non, c'est pas le complot politique, c'est nous qui sommes visés. C'est nous. Mais comme c'était le cas en 39-45, où nous étions visés de la même manière, parce que ces groupes fascistes, néo-nazis, s'en prennent aux immigrés, aux étrangers, aux homosexuels, aux communistes, aux syndicalistes. On vit la même chose. Le contexte est quand même

11:59
Invité

très très différent. Ah bah écoutez,

12:01
Fabien Roussel

le contexte est peut-être un peu différent, j'en conviens, mais quand même, ce que l'on a vécu avant d'arriver en 39, ce que l'on a vécu dans les années 30, et notamment en 34 avec les manifs factueuses, nous a conduits au pire. Et je ne voudrais pas que tout cela nous conduise au pire.

12:18
Invité

Fabien Roussel, on vous retrouve juste après le Fininfo, il est déjà 8h45, Maureen Finiard. Il s'agit d'un métal lourd et cancérogène, le cadmium. Les médecins alertent sur l'exposition des Français, notamment les plus jeunes. Plus d'un tiers des enfants de moins de 3 ans dépassent la dose tolérée par l'organisme chaque jour. On la retrouve dans les pommes de terre, les céréales, le pain, et pour l'éviter, il faut privilégier les aliments bio. FO Justice estime que cela va mettre en danger les agents, les syndicats pénitentiaires. Dans l'incompréhension après cette annonce, Mohamed Abra va être extrait de sa cellule la semaine prochaine pour être entendu par des magistrats.

Lui qui s'était évadé il y a un an, deux agents pénitentiaires avaient été tués au péage d'un carville dans l'heure. Attention, si vous vous trouvez en région parisienne, le trafic est très perturbé sur le RERB. Conséquence d'un appel à la grève, à la SNCF, des TER sont aussi supprimés dans plusieurs régions. Elle a été danseuse, comédienne et bien sûr chanteuse. On a appris ce matin la mort de Nicole Croisi. Elle avait 88 ans et était connue pour ses titres Parlez-moi de lui et aussi un homme et une femme. Et à l'instant, c'est la mort de Philippe Labreau que l'on apprend. Le journaliste avait 88 ans. Son ancienne radio RTL fait cette annonce. France Info.

13:31
Présentateur

Le 8.30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliabraquia.

13:35
Invité

Et avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, on a beaucoup parlé des questions de sécurité dans ce premier quart d'heure. On va encore en parler un tout petit peu, en tout cas de questions relatives au travail de la police. Deux ans après la mort à Nanterre du jeune Naël, le policier auteur du tir est donc renvoyé aux assises pour homicide volontaire. On a entendu ce matin sur France Info son avocat qui annonce faire appel et on en sait un peu plus sur sa stratégie de défense. Voici ce que nous a dit Laurent-Franc Liénard. Ce qu'il a fait, ce que ce policier a fait est bien socialement et bien juridiquement. Ce sont ses mots.

Que pensez-vous de cette stratégie de défense ?

14:16
Fabien Roussel

Je vais suivre ce procès de près parce qu'on a tous été meurtris par les images terribles de ce policier qui tire à bout portant sur ce jeune au volant après un refus d'obtempérer. Soit, mais mourir de cette manière pour cette cause, ça a choqué toute la société. Donc je vais suivre ce procès de près. J'ai entendu les juges donc convoquer ce policier pour homicide volontaire pour meurtre mais c'est l'application de la loi quand c'est un tir à bout portant dans une région vitale et alors que le policier n'était pas en danger ce qu'il conteste lui mais justement il faut laisser faire la justice et donc tout ce que j'ai dit auparavant conduit à dire que c'est un homicide volontaire.

15:04
Invité

Mais bien socialement c'est ce que dit Laurent Franklin à propos de cette décision de tirer parce que dit-il il y avait à Nanterre ce jour-là des personnes qui auraient pu être percutées par ce véhicule.

15:14
Fabien Roussel

Mais il faudra écouter ce que diront les différentes parties c'est le propre

15:18
Présentateur

d'un tribunal. Il parle d'un procès politique il dit que c'est un détenu politique le policier en question.

15:23
Fabien Roussel

Il ne faut pas pousser quand même parce que le jeune qui a perdu la vie il a perdu la vie lui. Et voilà dans des conditions terribles qui ont été filmées la première déclaration du policier était fausse. C'est parce qu'il y a eu la vidéo qu'aujourd'hui il est jugé pour homicide. Donc voilà.

15:43
Présentateur

On change tout à fait de sujet Fabien Roussel jamais sans les français. Voilà comment François Bayrou a décrit la méthode à suivre dans la construction du prochain budget. Le premier ministre prévoit de présenter un plan pluriannuel au mois de juillet pour les finances publiques. Il compte demander un effort à tout le monde à tous les français sans distinction avec une idée qui revient sur la table la TVA sociale. Augmenter le taux de TVA pour financer la sécurité sociale. Qu'en pensez-vous ?

16:09
Fabien Roussel

La TVA sociale rien que ces deux mots ça me choque. La TVA ça n'a rien de social. C'est l'impôt le plus injuste. Et je dirais même que la TVA sociale c'est l'impôt des lâches. C'est l'impôt des lâches parce que c'est l'impôt qui s'en prend aux petits c'est l'impôt qui ne fait pas de bruit et c'est l'impôt que l'on fait quand on ne veut pas s'attaquer aux plus riches. C'est l'impôt des lâches. Et ce que fait M.

Berrou c'est de la lâcheté que de s'en prendre encore une fois aux classes moyennes aux classes populaires en s'en prendre à l'aide soignante quand elle va acheter son paquet de pâtes s'en prendre à la caissière quand elle va acheter sa baguette s'en prendre à l'ouvrier quand il va refaire son plein d'essence augmenter la TVA c'est l'impôt des lâches.

16:50
Présentateur

Mais le constat du président de la République lui-même c'est de dire que notre modèle social repose trop sur le travail que ce sont les travailleurs qui payent pour tout le monde et que ça devient lourd.

16:59
Fabien Roussel

Oui mais M.

Berrou devrait relire ce qu'il a lui-même écrit quand il était commissaire au plan où il a un petit peu travaillé mais il a commis un rapport où justement il écrivait et je reprends ses propos parce que j'y adhère au contraire quand on produit des richesses quand on lance un plan d'investissement pour rebâtir la France qu'on crée des emplois avec des salariés des ingénieurs des ouvriers correctement rémunérés avec des salaires qui payent des cotisations qui financent la protection sociale notre sécurité la retraite tout ça c'est vertueux on a besoin aujourd'hui d'embaucher pour rebâtir la France pour investir dans l'énergie pour investir dans le climat pour investir dans les transports pour investir dans la rénovation énergétique du bâtiment là ce sont des bons mots c'est comme ça qu'on va sortir la France de la situation dans laquelle elle est justement on a regardé

17:52
Présentateur

dans votre livre le parti pris du travail que vous avez publié au Cherche Midi vous répétez vouloir construire la société autour du travail effectivement faire le choix du salaire plutôt que du RSA c'est ce qui rappelle vos propos en 2023 la fête de l'humanité où vous dénonciez l'assistanat et la gauche des allocations vous avez suscité la colère de vos partenaires en disant ça du coup sur ce sujet là du RSA quelle est votre différence avec Laurent Wauquiez qui lui-même aussi dit il y a trop d'assistanat en France

18:18
Fabien Roussel

mais parce que lui Laurent Wauquiez d'un côté il accompagne les délocalisations vote les traités de libre-échange déshabille la France et de l'autre donc il crée du chômage et de l'autre il supprime le RSA c'est l'inverse de ce que je propose moi je ne la France dans laquelle je souhaite vivre dans laquelle je souhaite que nos enfants vivent c'est une France dans laquelle on s'épanouit par le travail et un travail qui rémunère et qui nous permet de vivre pas dans une France qui continue de délocaliser de fermer ses usines et qui en échange fait vivre une partie de sa population sous perfusion de RSA ceux-là ces personnes-là je les connais on ne vit pas du RSA on survit on est obligé d'aller à la banque alimentaire pour se nourrir et c'est pour ça que je souhaite moi faire en sorte que chacun ait accès à un travail la campagne que nous menons c'est de créer un million d'emplois dans notre pays c'est de créer les conditions pour qu'en l'espace de 5 ans de temps on arrive à sortir chaque personne qui est au RSA de cette situation pour leur proposer un travail correctement rémunéré permettant de retrouver sa place dans la société et d'être utile à la société parce qu'on a besoin de produire encore une fois je ne suis pas moi pour la décroissance justement comme certains le disent à gauche je suis pour une croissance vertueuse qui réponde aux besoins du pays qui nous permet de produire ici ce dont nous avons besoin et qui crée des emplois correctement rémunérés

19:34
Invité

vous parliez des usines vous parliez de l'industrie sur un autre sujet Emmanuel Macron était hier pas très loin de chez vous d'ailleurs dans le nord à Douai il a parlé d'écologie avec ce coup de gueule

19:44
Présentateur

le discours que j'entends en ce moment ces dernières semaines m'énerve au plus haut point on voudrait revenir en arrière surtout en disant non non abandonnons l'écologie nos ambitions pour préserver l'économie faux on peut créer des emplois on en a créé 2 millions plus de 2 millions ces dernières années en multipliant par 4 nos baisses d'émissions donc il ne faut pas revenir en arrière il ne faut pas détricoter ça

20:04
Invité

Emmanuel Macron il fait référence à la suppression des zones à faible émission par l'Assemblée nationale cette semaine cette mesure qui a été soutenue enfin la suppression de cette mesure a été soutenue par une partie de la gauche parce que justement elle serait contraire aux intérêts des plus populaires c'était une erreur ou pas de la supprimer selon vous ?

20:25
Fabien Roussel

il fallait supprimer les ZFE c'est une punition à la gare encore une fois des classes populaires qui habitent dans les villages et qui ne peuvent plus rentrer dans les agglomérations parce qu'ils ont des voitures qui ne sont pas critères 1, 2 ou 3 quand on veut lutter contre la pollution de l'air quand on prend conscience qu'il y a aujourd'hui plus de 40 000 personnes qui meurent justement à cause de cette pollution et que c'est un vrai problème on ne le fait pas de manière coercitive en punissant les gens on leur permet d'accéder 1 à des transports collectifs gratuits 2 en leur permettant de changer leurs voitures polluants en véhicules non polluants avec des primes à la conversion pour véhicules d'occasion beaucoup plus élevées que ce que nous proposons aujourd'hui et enfin moi j'ai mis une proposition sur la table on a des constructeurs français Peugeot, Renault par exemple pourquoi ne mettent-ils pas au point un véhicule pas cher pas lourd électrique ou hybride non polluant pour les catégories populaires justement avant de mettre on a réussi à faire la Twingo justement c'était une innovation c'était la CGT et le parti communiste français qui portait ce projet là des véhicules populaires pas chers produits en France c'est vertueux sur tous les plans au lieu de mettre en place des ZFE punitives

21:37
Présentateur

mais là ce que dit le président de la république va au-delà des ZFE en fait c'est l'accumulation qu'il pointe du doigt les ZFE donc suppression des zones à faible mission ma prime rénove pour rénover effectivement les bâtiments pour éviter les passoires thermiques va être suspendu au mois de juillet et puis il y a aussi la loi du plan

21:55
Fabien Roussel

il n'avait qu'à pas nommer François Béroud c'est quand même lui qui l'a nommé François Béroud on dirait qu'il est passé dans l'opposition quand il parle comme ça le président de la république et qu'il assume ses responsabilités quand même c'est son gouvernement c'est sa majorité c'est une partie de ses députés qui mettent en cause ce qu'il lui-même défend donc il va devenir schizophrène à la fin

22:15
Invité

quelques sujets d'actualité très rapidement vous recevez aujourd'hui au parti communiste une délégation de l'organisation de libération de la Palestine l'OLP en plein conflit évidemment et en plein débat sur la reconnaissance de l'état palestinien avec quel objectif cette réunion ?

22:32
Fabien Roussel

l'objectif c'est de lancer un appel pour créer en France et en Europe une alliance internationale pour la reconnaissance de l'état de Palestine ce qui est en jeu aujourd'hui ce n'est même plus l'indépendance et la liberté du peuple palestinien c'est son existence même il y a aujourd'hui un génocide du peuple palestinien même l'ancien premier ministre israélien Ehud Olmer dans une tribune qu'il vient de publier que j'ai découvert ce matin le dit et donc il y a une situation gravissime j'ai rencontré ces dirigeants de l'OLP hier soir Mais vous êtes aligné avec Emmanuel Macron là-dessus Alors Emmanuel Macron Emmanuel Macron a commencé à bouger et il y a cette conférence qui va se tenir à l'ONU à l'initiative de la France et de l'Arabie Saoudite nous ne savons pas encore aujourd'hui si la France va reconnaître l'état de Palestine à l'occasion de cette conférence et c'est pour ça que nous nous faisons d'ailleurs ce que l'Elysée aurait dû faire c'est de réunir en France les dirigeants de l'OLP avec les forces vives du pays il y aura d'ailleurs des responsables politiques syndicaux associatifs nombreux aujourd'hui place du colonel Fabien pour lancer un appel à la reconnaissance de l'état de Palestine pour demander à cesser l'accord commercial entre l'Union Européenne et Israël et d'ailleurs la France devrait prendre l'initiative elle-même de cesser tout accord commercial avec le gouvernement israélien tant que n'ont pas été mis fin au massacre à la guerre à la famine enfin vous vous rendez compte ce qu'ils m'ont raconté hier plus de 80% de l'eau est aujourd'hui impropre imbuvable il y a deux stations d'épuration les israéliens viennent de décider de couper l'électricité de ces stations d'épuration et donc ils sont en train d'assoiffer de conduire à des famines à des maladies les deux millions de Gazaouis qui sont encore aujourd'hui enfermés dans cette zone

24:21
Présentateur

on va parler on va parler de 2027 même si on est à deux ans de cette élection présidentielle Fabien Roussel l'écologiste Marine Tondelier vous a lancé un appel en début de semaine elle veut que tous les leaders de la gauche puissent se réunir le 2 juillet prochain pour discuter à nouveau ensemble et décider d'une candidature commune pour cette élection présidentielle est-ce que vous y serez ?

24:41
Fabien Roussel

ce qui compte pour nous c'est le contenu c'est le programme et donc c'est d'abord ça qui doit nous unir est-ce que vous êtes prêt en parler le 2 juillet alors ?

et et quand on parle de rassemblement et d'unité et je je souhaite moi que la gauche puisse se rassembler puisse gagner avant 2027 il y a 2026 il y a des élections municipales oui mais pour moi c'est important et c'est pas un détail ça veut dire que tous ceux et toutes celles qui parlent d'unité en 2027 j'aimerais bien qu'ils la mettent en oeuvre en 2026 ces élections elles sont déterminantes c'est à ça que vous conditionnez votre participation à la réunion oui moi je souhaite que cette question de 2027 on la mette à l'ordre du jour après ces échéances après ces élections locales elles sont importantes on ne peut pas se projeter sur 2027 si on se déchire avant 2026 et j'appelle au rassemblement à l'union la plus large pour faire en sorte qu'à ces élections municipales la gauche l'emporte

25:44
Invité

et on aura l'occasion de vous réentendre en 2025 en 2026 en 2027 merci Fabien Roussel d'avoir été sur France Info ce matin merci Fabien Roussel

25:51
Locuteur

merci Fabien Roussel

Propos de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, TVA sociale, union de la gauche pour 2027... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel — Fabien Roussel · Pourquijevote