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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 juillet 2016 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéTravail & emploiInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

François Bayrou, "Nous devons tirer le gens vers le haut"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:23OuverteRéponse directe

    La polémique sur l'attentat du 14 juillet à Nice. Je n'ai aucun doute sur Bernard Cazeneuve, a dit hier Manuel Valls. Et vous ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    François Bayrou, vous êtes maire de Pau, maire d'une ville, vous connaissez les problèmes de sécurité. Le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet à Nice était-il à la hauteur d'un rassemblement de près de 30 000 personnes ?

  • 5:27OuverteRéponse directe

    En prolongeant l'état d'urgence et en renforçant les pouvoirs d'arrestation ou d'investigation, notamment des assignations en résidence qui peuvent aller jusqu'à trois mois, des écoutes administratives étendues, le gouvernement a-t-il pris les bonnes décisions ?

  • 7:04OuverteRéponse directe

    François Bayrou, les chiffres de Pôle emploi fin juin seront publiés ce soir. Le chômage va-t-il confirmer sa tendance à la baisse ? Croyez-vous à une inversion de la courbe du chômage, comme l'a assuré François Hollande le 14 juillet ?

  • 8:07RelanceRéponse directe

    Après la droite, c'est la gauche de la gauche qui dépose un recours contre la loi travail au Conseil constitutionnel. Vous étiez opposé à la loi travail, vous auriez voulu que l'opposition dépose une motion de censure contre ce texte. Je suis un peu surpris parce que cette loi, elle emprunte certaines idées à la droite, et puis des idées à la gauche, ce n'est pas le symbole du centrisme que vous défendez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32PrésentateurFait
    « Moi je pense que la polémique qui a été lancée est une polémique indécente. »
  • 2:23PrésentateurFait
    « Chacun de ces épouvantables événements doit être l'occasion pour les responsables publics, locaux et nationaux, de chercher ensemble ce qu'ils peuvent faire pour que ça ne se reproduise pas. »
  • 2:39PrésentateurFait
    « il y avait des herses qui empêchaient les véhicules de passer. Vous savez, des pointes qui crevaient les pneus au passage. »
  • 4:04PrésentateurFait
    « Le rapport que la commission d'enquête parlementaire a fait il y a quelques semaines à peine et qui a été écarté malencontreusement, à mon avis, par le ministre de l'Intérieur. »
  • 4:26PrésentateurFait
    « il y a trop de services concurrents autour de la table et qu'on n'a pas l'autorité qui permettrait de les faire vraiment travailler ensemble. »
  • 4:43PrésentateurFait
    « C'est en 2008, sous le gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy, que cette nouvelle organisation du renseignement qui a supprimé les renseignements généraux a été adoptée. »
  • 5:41PrésentateurFait
    « Je suis d'avis qu'on écoute les professionnels, qu'on écoute ceux qui ont la responsabilité, en respectant un certain nombre de principes. »
  • 5:53PrésentateurFait
    « Le principe le plus important, c'est que chaque fois qu'on doit aller plus loin que les lois habituelles, s'il s'agit de faire des perquisitions ou s'il s'agit d'écouter des gens suspects, cela doit pouvoir se faire sous le contrôle d'un juge. »
  • 7:17PrésentateurFait
    « Non, je ne sens pas les choses comme ça. Je regarde le terrain, je regarde l'état de l'économie, et pour l'instant je ne vois aucune inflexion. »
  • 7:26PrésentateurFait
    « il y a eu des contrats aidés en nombre très importants, c'est vrai qu'il y a un travail statistique, et nous savons tous que chaque fois qu'il y a une amélioration optique du nombre des chômeurs, ça veut dire aussi qu'il y a eu des sorties administratives de Pôle emploi. »
  • 8:28PrésentateurFait
    « Pour une raison extrêmement simple, c'est que je n'ai pas accepté qu'on baisse la rémunération des heures supplémentaires. »
  • 9:03PrésentateurFait
    « je trouve que ça n'est pas bien aspiré d'avoir adopté une loi comme celle-là sans qu'il n'y ait aucun débat. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • François Bayrou17 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter.fr. France Inter. Kerveille. Le 6-9 de l'été.

0:12
François Bayrou

L'invité de France Inter ce matin à 8h22, c'est François Bayrou, maire de Pau, président du Modem, dans les studios de nos amis de France Bleu Béart Napo. Bonjour M. Bayrou. Bonjour. La polémique sur l'attentat du 14 juillet à Nice. Je n'ai aucun doute sur Bernard Cazeneuve, a dit hier Manuel Valls. Et vous ?

0:32
Présentateur

Moi je pense que la polémique qui a été lancée est une polémique indécente. Et il n'y a à peu près pas d'autre adjectif plus approprié à trouver. On a un drame, 84 victimes, des femmes, des enfants, et tous les français ressentent ça, ressentent que ce tir croisé d'accusations, d'un côté à l'autre et de l'autre côté au premier, c'est une manière d'entrer dans une logique électoraliste pour quelque chose qui est en réalité un drame national. Et utiliser un drame de cette manière-là, c'est insupportable. Et je suis certain que l'immense, immense, immense majorité des français, quelle que soit leur opinion par ailleurs, pensent cela.

Et donc c'est la première chose à dire et la première chose, me semble-t-il, à rappeler.

1:28
François Bayrou

François Bayrou, vous êtes maire de Pau, maire d'une ville, vous connaissez les problèmes de sécurité. Le dispositif de sécurité le soir du 14 juillet à Nice était-il à la hauteur d'un rassemblement de près de 30 000 personnes ?

1:40
Présentateur

L'enquête va le dire. Je dois vous dire que ce soir-là, nous étions nous aussi 30 000 personnes sur à peu près le même emplacement, puisque le boulevard des Pyrénées, qui fait face, comme vous le savez, à un paysage superbe à Pau, recevait lui aussi le feu d'artifice et qu'il y avait à peu près le même nombre de gens. Bien sûr, on peut toujours améliorer la sécurité. Chacun de ces épouvantables événements doit être l'occasion pour les responsables publics, locaux et nationaux, de chercher ensemble ce qu'ils peuvent faire pour que ça ne se reproduise pas. Par exemple, je suis persuadé qu'on peut mieux sécuriser les abords des rassemblements publics.

J'ai rappelé l'autre jour sur une de vos antennes qu'autrefois, il n'y a pas si longtemps, il y a quelques années à peine, il y avait des herses qui empêchaient les véhicules de passer. Vous savez, des pointes qui crevaient les pneus au passage. Et c'est très facile à mettre et ça ne coûte pas cher. Et simplement, il faut réapprendre ça. Mais, entrer dans la réflexion sur ce qu'on peut faire pour améliorer les choses, ça ne signifie pas qu'on doive échanger, comme ça, des accusations d'un bord sur l'autre. Et je vais vous dire ce que ces accusations inspirent au-delà du côté indécent. J'ai l'impression que chacun cherche à se couvrir vis-à-vis de l'autre.

Comme s'ils avaient, et c'est tout à fait possible, comme si chacun avait au fond le sentiment qu'il aurait pu faire mieux et qu'il craint qu'on ne le mette en accusation. Et pour ça, pour se couvrir de ces accusations, il attaque. En tout cas, ça n'est pas la méthode qu'il faut suivre. La méthode qu'il faut suivre est toute différente. C'est-à-dire ? Moi, je pense qu'on doit avoir, en face de ces sujets-là, une attitude, on dit, d'union nationale. Je vais vous dire ce que je crois. Je pense qu'il y a des sujets qui échappent à la question de l'alternance. Je suis absolument persuadé qu'on peut améliorer la situation.

Le rapport que la commission d'enquête parlementaire a fait il y a quelques semaines à peine et qui a été écarté malencontreusement, à mon avis, par le ministre de l'Intérieur. Ce rapport-là propose un certain nombre de choses. Propose des changements qui sont importants. Et des changements qui sont importants et qui touchent les deux gouvernements qui se sont succédés et qui ont été responsables. Par exemple, il y a des changements à apporter du point de vue du renseignement.

Tout le monde voit qu'il y a un certain nombre de choses qui ne vont pas parce qu'il y a trop de services concurrents autour de la table et qu'on n'a pas l'autorité qui permettrait de les faire vraiment travailler ensemble. Or, cette organisation du renseignement, elle vient des deux gouvernements successifs. C'est en 2008, sous le gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy, que cette nouvelle organisation du renseignement qui a supprimé les renseignements généraux a été adoptée. « On est en 2016, on devrait pouvoir sereinement se poser la question ensemble ».

Il y a des pays, une phrase encore, européens, dans lesquels les services de renseignement sont surveillés, en tout cas, on veille sur eux. Et c'est toujours un responsable de l'opposition qui est à la tête de la commission qui veille sur les services de renseignement. Vous voyez bien qu'on peut associer les deux.

5:27
François Bayrou

« En prolongeant l'état d'urgence et en renforçant les pouvoirs d'arrestation ou d'investigation, notamment des assignations en résidence qui peuvent aller jusqu'à trois mois, des écoutes administratives étendues, le gouvernement a-t-il pris les bonnes décisions ? »

5:41
Présentateur

Je suis d'avis qu'on écoute les professionnels, qu'on écoute ceux qui ont la responsabilité, en respectant un certain nombre de principes, et je vais vous dire le principe le plus important. Le principe le plus important, c'est que chaque fois qu'on doit aller plus loin que les lois habituelles, s'il s'agit de faire des perquisitions ou s'il s'agit d'écouter des gens suspects, cela doit pouvoir se faire sous le contrôle d'un juge.

Je suis pour qu'on mette un juge indépendant au sein de chaque cellule antiterroriste, de manière que tous les citoyens soient assurés que le travail de lutte contre l'antiterrorisme qui est fait ne l'est jamais fait, n'est jamais accompli au détriment du respect des principes qui nous unissent. Mais là il y a un juge administratif qui contrôle. Un juge, un juge du siège, devrait pouvoir être inséré à l'intérieur de chacune des cellules, de manière que le respect de l'état de droit soit compatible avec l'efficacité de l'action.

Vous voyez, ce sont des choses très simples, mais ces choses très simples, elles rassurent les citoyens, et elles leur permettent d'échapper à ce sentiment que les responsables politiques n'ont en fait qu'une chose en tête, qui est l'aspect électoraliste des mois qui viennent.

7:04
François Bayrou

François Bayrou, les chiffres de Pôle emploi fin juin seront publiés ce soir. Le chômage va-t-il confirmer sa tendance à la baisse ? Croyez-vous à une inversion de la courbe du chômage, comme l'a assuré François Hollande le 14 juillet ?

7:17
Présentateur

Non, je ne sens pas les choses comme ça. Je regarde le terrain, je regarde l'état de l'économie, et pour l'instant je ne vois aucune inflexion. Alors c'est vrai qu'il y a eu des contrats aidés en nombre très importants, c'est vrai qu'il y a un travail statistique, et nous savons tous que chaque fois qu'il y a une amélioration optique du nombre des chômeurs, ça veut dire aussi qu'il y a eu des sorties administratives de Pôle emploi, des dossiers qui n'ont pas été repris. Moi je ne sens sur le terrain absolument pas une telle inflexion, et je suis persuadé que tous ceux qui sont au chômage, ou ont quelqu'un au chômage dans leur famille, ont le même sentiment.

8:01
François Bayrou

Après la droite, c'est la gauche de la gauche qui dépose un recours contre la loi travail au Conseil constitutionnel. Vous étiez opposé à la loi travail, vous auriez voulu que l'opposition dépose une motion de censure contre ce texte. Je suis un peu surpris parce que cette loi, elle emprunte certaines idées à la droite, et puis des idées à la gauche, ce n'est pas le symbole du centrisme que vous défendez ?

8:23
Présentateur

Monsieur Veil, encore faut-il emprunter les bonnes idées. Alors pourquoi j'étais opposé à la loi travail ? Pour une raison extrêmement simple, c'est que je n'ai pas accepté qu'on baisse la rémunération des heures supplémentaires. Je trouve que le travail est mal payé en France, et que chaque fois qu'on va dans le sens de le payer mieux, on va dans le bon sens, et chaque fois qu'on va dans le sens de le payer plus mal, au contraire, on quitte la bonne direction. Et j'ai été choqué, fâché, de ce que le gouvernement intègre cette disposition dans une politique pour l'emploi.

Deuxième chose, je trouve que ça n'est pas bien aspiré d'avoir adopté une loi comme celle-là sans qu'il n'y ait aucun débat. Si j'avais été en situation de responsabilité, j'aurais laissé faire le débat, quitte à employer cette mesure du 49-3 en fin de débat. Je trouve que lorsqu'on a un texte important, qu'il ne passe pas une seule fois devant l'Assemblée nationale, c'est absurde. C'est d'ailleurs le signe de l'absurdité de l'état de nos institutions.

9:30
François Bayrou

François Bayrou, vous restez avec nous dans les studios de nos amis de France Bleu Béarn à Pau pour répondre aux questions les auditeurs dans Interactive 01 45 24 7000 dans une dizaine de minutes dans l'immédiat. Il est 8h31.