Allocution d’Emmanuel Macron : Gabriel Attal réagit - C à Vous l’intégrale 06/03/2025
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 29 %Défensif 33 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:48RelanceRéponse directe
Que répondez-vous à l'extrême droite ou à l'extrême gauche qui reprochent au président d'avoir voulu faire peur aux Français ?
- 9:24OuverteRéponse directe
Comment expliquer les réactions à l'extrême gauche et à l'extrême droite ?
- 13:02OuverteRéponse directe
Est-ce que ce sont les mots du dirigeant d'un pays qui se prépare à une guerre ?
- 14:54OuverteRéponse directe
Où va-t-on chercher les dépenses supplémentaires pour augmenter notre capacité de défense ?
- 15:40OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut vraiment encore y croire à l'engagement des États-Unis ?
- 16:30OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a été naïf en étant si longtemps dépendant des États-Unis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:29InvitéChiffre
« de doubler le nombre de ces blindés d'ici là. »
- 9:09InvitéFait
« des fausses informations sur des massacres qui auraient été perpétrées par des soldats français en Afrique, ont été inventées, créées de toutes pièces et relayées par des services russes. »
- 14:06InvitéChiffre
« On a doublé le budget des armées en France depuis 2017. »
- 14:09InvitéPromesse
« En tout cas, on l'a mis sur une trajectoire qui fait qu'il aura été doublé en 2027. »
- 20:53InvitéChiffre
« sur les munitions, le rapport entre les Ukrainiens et les Russes est de 1 à 2,5 voire de 1 à 4 pour certaines munitions. »
- 26:46InvitéFait
« C'est un sujet majeur pour la sécurité des Français. »
- 27:04InvitéFait
« ce texte de loi propose des mesures qui vont nous armer beaucoup plus pour être capables de lutter. »
- 30:13InvitéChiffre
« On avait lancé une expérimentation, plusieurs milliers de patients qui en ont bénéficié pour des douleurs graves. »
- 32:11PrésentateurChiffre
« Plus d'un élève du secondaire sur deux interrogé par l'IFOP pour le CRIF déclare avoir été témoin de propos péjoratifs sur les Juifs. »
- 32:24PrésentateurChiffre
« Pour un quart des jeunes, certaines insultes ou clichés antisémites sont acceptables. »
- 32:30PrésentateurChiffre
« Près de 16% des ados interrogés refusent de nouer une relation amicale ou sentimentale avec un Juif. »
- 38:44InvitéChiffre
« On estime en France à peu près à 500 000 le nombre de Juifs, 80 à 100 000 qui seraient scolarisés. »
Temps de parole
- Invité77 %
- Présentateur11 %
- Locuteur non identifié3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir, c'est à vous en direct jusqu'à 21h avec Émilie, Pierre-Patrick, Mohamed Delorin. Bonsoir à tous les cinq. Bonsoir. Émilie, votre choix de l'actu ce soir. L'antisémitisme qui démarre dès le collège. Un élève sur six refuserait par exemple d'avoir un ami juif selon une enquête de l'IFOP. On en parle avec Yanis Rodeur, professeure d'histoire-géographie dans un collège de Sainte-Saint-Denis, directeur de l'Observatoire de l'éducation pour la Fondation Jean Jaurès et qui analyse pour l'IFOP et le CRIF les résultats de cette enquête. Mohamed, votre story.
19 personnes qui auraient participé à la cavale de Mohamed Amara ont été arrêtées et on va aller à Compiègne. C'est là où il s'est caché durant plusieurs semaines. Patrick, votre édito. La menace russe nous touche et ne connaît pas de frontières, disait Emmanuel Macron hier soir pour justifier son appel à la mobilisation et au réarmement. Une partie de l'opposition l'accuse d'exagérer, de dramatiser cette menace pour se redonner un rôle sur la scène intérieure. On regardera, on essaiera d'évaluer quelle est la réalité de cette menace.
On en parle avec l'ancien Premier ministre et secrétaire général du parti Renaissance, Gabrielle Attal. Bonsoir, merci d'avoir accepté notre invitation. Vous qui étiez il y a quelques jours en Ukraine et qui avez été marquée par leur détermination à se battre jusqu'au bout. Lorrain dans le 5 sur 5.
Une page se tourne. La maire des 35 heures, Martine Aubry, va quitter la mairie de Ville qu'elle dirige depuis 24 ans. Place aux jeunes, elle disait tout à l'heure.
Oui, à son premier adjoint qui a quel âge ?
Ah bah c'est un vieillard à côté de notre invité puisqu'il est de 82. Il a 42 ans. Arnaud Deslandes.
C'est à votre oeil ce soir.
Black Dog, c'est un film du chinois Guan Huf qui a été couronné à Cannes l'année dernière. On est en 2008, Pékin accueille les JO. Guan Huf, lui, filme une ville, hier pétrolière, aujourd'hui désertée. Il ne reste que quelques laissés pour compte et les milliers de chiens que ceux qui sont partis ont abandonnés. Le film est extraordinaire. Black Dog, je vous le présente tout à l'heure.
Dans l'œil de Pierre, juste après 20h, nos invités dans la deuxième partie de C'est à vous qui fêtent leurs 10 ans. Pas leurs 10 ans, mais leurs 10 ans par exemple à la tête du magazine Society. Franck Hannes, lui avec qui on avait dit que le papier, le journalisme écrit était mort. Il est en grande forme avec son groupe et ce magazine. Nain-Claire Coudray, elle fête ses 10 ans au JT de TF1 et elle présente un documentaire sur les coulisses du concert des Enfoirés qui sera diffusé demain soir sur TF1. Et puis Ben Mazoué nous présente ce soir son cinquième album. C'est notre cinquième coup de cœur pour cet auteur-compositeur-interprète qui se raconte autant qu'il parle de nous.
Voilà pour le programme. Le dîner est préparé par Charles Coulombeau, le chef propriétaire de la maison dans le parc à Nancy, aux côtés de Bertrand Chameroy.
Exactement. Bonsoir Babette, bonsoir à tous. J'ai eu l'honneur de goûter un petit peu ce que vous allez déguster tout à l'heure au dîner. C'est délicieux. Bon oui, j'ai des petits privilèges en étant en cuisine juste avant. Au menu du soir, chef. Bonsoir à tous. Alors ce soir un peu d'ombre chevalier qui nous vient des Vosges, quelques herbes marines, des pois gourmands et du cresson. Ah ben voilà, barnier, attal et cresson. C'est une semaine spéciale, c'est à vous. Bonne émission Babette.
C'est le grand chlem. Merci à tous les deux, à tout à l'heure pour le dîner de Cédabou. Tout de suite l'édito de Patrick Cohen. Quelle est la réalité de la menace russe sur l'Europe et la France ?
C'est la question la plus débattue après l'alerte solennelle lancée par Emmanuel Macron hier soir, son appel à la mobilisation et au réarmement face à une puissance hostile dont l'agressivité ne connaît pas de frontières, a-t-il dit. Le président a-t-il délibérément exagéré la menace ? C'est ce que soutient le Rassemblement national. C'est une menace parmi d'autres. Je pense que la première menace sur le sol français, c'est l'islamisme. C'est le terrorisme islamique. Ils jouent sur les peurs, pourquoi ? Pour dire, circulez, il n'y a rien à voir. On dit aux Français, attendez, c'est bientôt la guerre face à la Russie, ayez peur, faites confiance à votre bon président Macron.
Un président qui dramatise, qui s'invente un ennemi imaginaire, a même dit le député RN Philippe Lottiot. Pas très loin de ce qu'affirmait hier soir le premier lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard. Emmanuel Macron veut nous faire peur pour imposer au peuple une nouvelle salve de sacrifices sociaux. A cela, réponse ce matin du ministre de la Défense. Vous n'avez pas un agent de la DGSE, vous n'avez pas un officier d'état-major actuellement en France qui considère que la Russie n'est pas une menace. Sébastien Lecornu qui révélait il y a deux jours, image à l'appui, comment un soucoil russe a tenté de détruire un drone français qui patrouillait au-dessus de la Méditerranée.
On devrait voir les images en effectuant plusieurs passages agressifs. C'était dimanche dernier, le drone a dû quitter la zone de manœuvre pour éviter toute escalade.
Et ce n'est pas ce seul incident qui caractérise la menace russe.
Non, non, non, même si les caractéristiques des intimidations armées qui se multiplient dans le ciel européen depuis l'invasion de l'Ukraine et encore davantage ces dernières semaines. C'est vrai qu'il est difficile de rapporter la preuve d'une menace qui n'est par définition qu'un présage, une intention, un projet de nuire. Mais c'est justement le travail des gouvernements et de leurs services de renseignement. A Berlin, en octobre dernier, le chef des services secrets allemands lançait précisément cette alerte.
Il s'agit de la mort d'un bras de l'invasion des militaires potentiels Moskau une directe militaire confrontation avec la NATO à une option pour Moscou. Les militaires les députés Russes seulsent ce year-là sur un produit brutotique du pays, à peu de quoi les militaires de l'État y investissent dans une combottance.
– Contre l'OTAN, l'option d'une attaque directe de Moscou et d'un pays surarmé, disait le chef des services secrets allemands. Perspective partagée désormais par presque tout l'échiquier politique allemand et il y a trois jours par le probable futur chancelier, Frédéric Schmers.
– Je verbe pour qu'on est en train d'installer, qu'on doit faire beaucoup plus pour notre propre sécurité dans les dernières années et dernières années.
– Autre avertissement en Europe à propos d'une menace dont on voit qu'elle n'est pas une invention française ou éliseenne, celui de la première ministre danoise, Mette Frederiksen. – Vi står overfor et aggressivt Russland, som oprüster, og som måske er ved at gøre sig klar til at angribe i andre lande. Og vi står i den farligste situation i mange, mange år. Og vi gør os ikke nogen form for illusion, hvad angår Putin. – Vi ved også som Européer, hvor galt det kan gå, hvis man vælger at lade sig besnake en tyran, som det skete i München i 1938. – Munich, quand l'Europe avait abandonné à Hitler, une partie de la Tchécoslovakie, en échange d'une chimère, enfin d'une promesse de paix.
L'histoire de la Pologne ne porte pas non plus ses dirigeants à négliger les menaces extérieures. – Je suis certaine, qu'en Russie a gagné cet investissement. – Et c'est aussi ce que Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne, a déclaré à l'ouverture du sommet de Bruxelles. Ce matin, l'Europe est confrontée à un danger clair et présent et doit être capable de se protéger. Voilà, j'aurais pu ajouter beaucoup d'autres déclarations d'autres pays.
Or, je n'ai pas trouvé dans ces pays de polémiques politiques telles que nous la connaissons, c'est-à-dire avec des gouvernements contestés, accusés par leurs oppositions d'exagérer la menace ou de dramatiser pour un début intérieur Bruxelles, je viens de le citer Bruxelles, où pourrait être actée la naissance d'une défense européenne avec la mise en commun de financement et de production.
– Cette polémique est donc une exception française. Que répondez-vous à l'extrême droite ou à l'extrême gauche qui reprochent au président d'avoir voulu faire peur aux Français ?
– Je crois que d'abord le président de la République s'est exprimé hier et je l'ai trouvé à la hauteur de la gravité du moment sans être alarmiste. Parce qu'on a les moyens de se défendre, on les a en France, on les a au niveau européen, pour peu qu'on s'en donne la capacité et qu'on en ait le courage. Ensuite, je crois que Patrick Cohen a rappelé un certain nombre d'éléments tangibles qui ont été apportés par différents services de différents pays.
Je pense qu'on peut y ajouter les déclarations de Vladimir Poutine lui-même, qui ne cesse de rappeler que pour lui les frontières de la Russie doivent s'étendre davantage, qui a déclaré lui-même qu'il se fixait pour objectif d'avoir une armée d'un million cinq cent mille soldats à horizon 2030, de doubler le nombre de ces blindés d'ici là. Ça montre bien et ça témoigne bien d'une ambition qui est celle d'aller conquérir d'autres territoires.
Et j'ajoute qu'en tant que Premier ministre, j'ai eu à connaître évidemment d'un certain nombre d'ingérences, de manipulations, d'attaques aussi, notamment dans le domaine cyber, sur des infrastructures françaises, des hôpitaux par exemple, des éléments de désinformation qui ont été relayés. Vous savez, il y a un service de l'ANSI Viginum qui est rattaché au Premier ministre, qui documente un certain nombre d'ingérences et de désinformations qui sont relayées, qui les imputent à ceux qui les relaient.
En l'occurrence, on a vu par exemple que des fausses informations sur des massacres qui auraient été perpétrées par des soldats français en Afrique, ont été inventées, créées de toutes pièces et relayées par des services russes. Ça me semble assez explicite en matière de menaces.
Alors, comment expliquer les réactions à l'extrême gauche et à l'extrême droite ?
On voit que ce n'est pas une nouveauté. Depuis le début de ce conflit, en tout cas de la nouvelle étape de ce conflit il y a trois ans, on a bien vu quelle était l'attitude du Rassemblement national et l'attitude de la France insoumise, de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. D'abord, les deux nous expliquaient jusqu'au moment où l'opération de Vladimir Poutine a commencé il y a trois ans qu'il ne se passerait rien, qu'il n'attaquerait pas l'Ukraine. Ensuite, ils nous ont expliqué que ça ne servait à rien d'aider les Ukrainiens parce que ça durerait trois jours ou trois semaines et qu'ils n'arriveraient pas à se défendre.
Ensuite, à chaque fois qu'on a proposé des sanctions au niveau français, au niveau européen, ils s'y sont opposés. En tant que Premier ministre, j'ai présenté et défendu au nom de mon gouvernement l'accord bilatéral de soutien entre la France et l'Ukraine. C'était il y a un an à l'Assemblée nationale, la France insoumise, le Rassemblement national n'ont pas voulu le voter. Ils n'ont pas voulu qu'on aide davantage les Ukrainiens.
Pendant la campagne des législatives cet été, après la dissolution, Jordan Bardella lui-même expliquait que s'il devenait Premier ministre, il réduirait le soutien militaire à l'Ukraine et notamment, il souhaitait qu'on arrête de leur livrer des missiles de longue portée scalp. Donc on voit bien, il y a des intérêts historiques du Rassemblement national avec la Russie qui perdurent. Je rappelle que quand la Russie avait organisé un pseudo-référendum en Crimée, parmi les observateurs internationaux, il y avait des membres du Rassemblement national qui étaient dépêchés sur place par le Kremlin.
Et pour ce qui est de la France insoumise, il y a une forme de fascination pour tous les dictataires, tous les dictateurs, tous les autocrates dans le monde qui les conduit à tout excuser. J'étais stupéfait de voir, enfin stupéfait, malheureusement, on n'est plus totalement surpris, mais quand j'ai proposé lundi à l'Assemblée nationale qu'on saisisse les avoirs russes pour financer le soutien à l'Ukraine, on a vu la France insoumise s'y opposer. Les mêmes qui nous expliquent toute la journée qu'il faudrait saisir à peu près tous les avoirs de tous ceux qui ont de l'argent en France et qui n'ont rien fait.
Quand on parle de saisir les avoirs des oligarques russes et du Kremlin qui agressent un pays... Et ces avoirs russes, c'est une idée qui monte de toutes parts. Il n'y a pas que la France insoumise qui s'y oppose. Le gouvernement aussi s'y oppose. On peut écouter Éric Lombard. La position de la France, c'est que ces avoirs russes sont des avoirs qui appartiennent notamment à la Banque centrale de Russie. Je rappelle que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie. Dans le règlement du conflit, le président de la République a déjà dit que la Russie devait contribuer aux réparations des dommages qu'elle a causés. Parce que je rappelle que c'est la Russie qui est l'agresseur.
Et donc ces avoirs, dans le cadre du règlement, pourraient, si le règlement y conclut, mais ça ne peut pas être des avoirs qui seraient capturés. Parce que ça, ce serait un acte qui serait contraire. Ce ne serait pas un acte de guerre, mais ce serait un acte qui est contraire aux accords internationaux auxquels la France et l'Europe ont souscrit. Le gouvernement manque de courage en ne voulant pas utiliser ses avoirs. Est-ce qu'il faut absolument respecter le droit ? Non, mais c'est un sujet qui est grave et je n'ai pas de leçons à donner. J'étais moi-même chef du gouvernement et j'ai défendu la position qui est défendue aujourd'hui.
Je considère que depuis, la donne a changé et qu'un certain nombre des arguments qui étaient mobilisés à l'époque ont moins de sens aujourd'hui. Et pour ce qui est de l'argument juridique, on saisit maintenant les intérêts de ces avoirs. Et on les utilise pour soutenir les Ukrainiens. Et donc, vous avez énormément de juristes qui se sont exprimés dans des tribunes, dans des médias, qui actent le fait que nous pouvons aussi saisir les avoirs. On parle de plus de 200 milliards d'euros. Et avant de faire payer les Français, les Européens, faisons payer le Kremlin pour le soutien à l'Ukraine. J'entends les doutes juridiques, les débats de juristes qui existent.
Mais à un moment, quand vous avez un incendie, vous ne débattez pas de la législation sur l'extincteur. Vous l'utilisez. Et en l'occurrence, on en est là. Hier, Emmanuel Macron en a appelé à la patrie qui a besoin
des Français. Est-ce que ce sont les mots du dirigeant d'un pays qui se prépare à une guerre ?
C'est encore une fois les mots d'un dirigeant qui, je crois, a eu à cœur d'exposer aux Français la réalité de la situation et de la menace. Encore une fois, sans être alarmiste. Moi, c'est ça qui m'a frappé. Il a été grave, parce que le moment est grave. Je l'ai trouvé clair, pédagogue. Et je me suis dit, peut-être comme un certain nombre de Français, y compris certains qui ont pu avoir des doutes d'un point de vue de la politique menée au niveau national, que dans ce moment-là, je suis content que ce soit Emmanuel Macron à la tête de mon pays et pas Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon qui étaient ses concurrents principaux à la dernière élection présidentielle.
Il ne cherchait pas à rassurer non plus. Tout de même, je trouve... Moi, je pense que... Il y avait beaucoup de gravité et il y avait un exposé, un constat qui était assez sombre, dressé par le président de la République hier soir. Oui, mais ce qu'il a affirmé et réaffirmé hier soir et ce en quoi je crois, c'est qu'on a les moyens de réagir. On a les moyens de notre puissance. Pour peu, on le décide avec nos partenaires européens. On a doublé le budget des armées en France depuis 2017. En tout cas, on l'a mis sur une trajectoire qui fait qu'il aura été doublé en 2027. On a la chance en France d'avoir des industries de défense extraordinairement performantes.
On a Thalès, Naval Group, Dassault Systèmes et bien d'autres. On a, au niveau européen, on le voit aujourd'hui, une forme de prise de conscience extrêmement forte de la nécessité de travailler davantage ensemble et de construire ensemble les moyens de notre puissance. Aujourd'hui, on a eu un satellite militaire lancé par Ariane 6, le CSO3, qui va permettre d'accroître la visibilité de l'armée française sur le monde. C'est le troisième satellite de ce programme qu'on lance. On a les moyens de notre puissance. Mais on a un budget très contraint. Donc, où on va chercher ces dépenses supplémentaires
pour augmenter notre capacité de défense ?
On se met au travail, on s'est mis au travail dès aujourd'hui, à la suite de la demande du président hier, qui s'est adressée aux forces politiques en leur demandant de travailler, si possible de travailler ensemble, à des propositions pour dégager des moyens supplémentaires. Maintenant, là aussi, je veux être clair. Pour ce qui est du soutien immédiat à l'Ukraine qu'on doit renforcer, il y a cette proposition que je porte, que d'autres portent, d'utiliser les actifs russes. Il y a ensuite un soutien européen qui a été annoncé par la présidente de la Commission. Il y a un sommet qui se tient en ce moment avec des fonds européens qui vont être déployés.
Il y a enfin ce qu'on peut déployer au niveau national. Et pour ça, il faudra faire des choix. Et on va y travailler et on formulera des propositions au gouvernement.
Hier, dans son allocution, Emmanuel Macron a dit croire que les États-Unis resteront à nos côtés. Est-ce qu'il faut vraiment encore y croire ?
En tout cas, il ne faut pas arrêter d'essayer. Moi, je pense qu'il faut continuer à chercher à convaincre. Par ailleurs, il y a l'administration américaine actuelle et puis il y a les États-Unis. Il y a des élections qui ont lieu, des mid-termes qui ont lieu dans un an et demi, je crois. On ne sait pas ce qui peut changer, y compris dans la ligne américaine. Ce qui est certain, c'est qu'il faut qu'on soit lucide et beaucoup plus pragmatique, et là je parle de l'ensemble des pays européens, sur le comportement des États-Unis de Donald Trump aujourd'hui. un allié, ce n'est pas quelqu'un qui vous tient en laisse.
Ce n'est pas quelqu'un qui vous menace pour vous faire accepter absolument tout, y compris des choses avec lesquelles vous n'êtes pas d'accord. Voilà. Donc il faut se donner les moyens de notre propre puissance, aussi pour moins dépendre des États-Unis et avoir une relation qui devient une relation différente.
Est-ce qu'on a été naïf en étant si longtemps dépendant des États-Unis ?
Moi, je ne veux pas... Vous savez, il y a toujours ce risque, je trouve, une forme d'arrogance française parce que la France, elle s'est construite et on a eu cette chance grâce au général De Gaulle, à un certain nombre de ses successeurs, de construire une armée complète, la dissuasion nucléaire française, qui nous permet d'être beaucoup plus autonome, d'être autonome en matière de défense par rapport à d'autres pays européens. Et moi, je veux toujours faire attention à ne pas donner le sentiment d'être cette arrogance française qui dit vous avez été naïf, on vous l'avait bien dit, etc.
Non, je pense que vous avez des pays qui se sont construits dans une relation extrêmement étroite avec les États-Unis et on n'a pas de leçon de morale à leur faire pour ça. Ce qu'on a en revanche à faire, c'est à travailler avec eux aujourd'hui pour leur apporter une autre protection. Quand on parle du revirement et du comportement des États-Unis et de Donald Trump aujourd'hui, évidemment que ça interpelle, que ça choque, que ça peut faire peur. Mais c'est infiniment pire pour des pays du nord de l'Europe et de l'est de l'Europe qui étaient dans une relation absolue en matière de sécurité et de protection avec les États-Unis. Pour eux, c'est l'effondrement de 80 ans d'histoire.
Et donc, c'est à ces pays-là qu'on doit tendre la main et c'est avec eux qu'on doit travailler pour leur apporter une autre protection. Et la France, elle a les moyens de leur apporter une autre protection, y compris en matière nucléaire. Il y a quelques jours, il y a quelques jours, vous étiez en Ukraine, un pays dont votre famille est en partie originaire,
notamment à 150 km au nord d'Odessa où se trouvait la maison de vos ancêtres. Vous avez rencontré un peuple fatigué, mais déterminé ? C'est ce que vous retenez ?
Oui. Il y a un courage extraordinaire, une détermination totale. Et moi, ce qui m'a frappé, c'est que je suis allé à Zaporizhia, donc à une vingtaine de kilomètres du front, et j'ai échangé avec des soldats. Et tous les soldats que j'ai rencontrés m'ont dit qu'ils se battaient, quand ils se battent et qu'ils sont au front, ils pensent évidemment à leur famille, à eux, mais ils m'ont tous parlé de l'Europe. Et voir des hommes, des femmes, il y en a aussi, prêts à sacrifier leur vie pour défendre une union dont ils ne sont même pas membres aujourd'hui, je veux dire, il y a quelque chose de bouleversant.
Et oui, ça me rend malade quelque part de me dire qu'on pourrait être une génération qui assisterait à leur anéantissement par la Russie. Moi, je n'arrive pas à accepter que cette possibilité-là existe. Et donc oui, je suis rentré renforcé dans ma volonté et ma détermination de tout faire pour les soutenir.
C'est la raison pour laquelle vous avez rappelé à l'Assemblée nationale si la Russie arrête de se battre, la guerre s'arrête. Si l'Ukraine arrête de se battre, l'Ukraine disparaît.
Oui, parce qu'on voit, je trouve aujourd'hui dans des discours politiques, ça vient du Kremlin, on l'a entendu dans le bureau Oval, ça passe par Mme Le Pen comme toujours, une forme de discours qui veut installer l'idée que ceux qui veulent la guerre, c'est les Ukrainiens et les Européens qui les soutiennent alors que la Russie voudrait la paix. Mais c'est une inversion totale des valeurs. Le meilleur moyen qui n'est plus la guerre, c'est que la Russie arrête de tirer. Le jour où la Russie arrête de tirer sur les Ukrainiens, les Ukrainiens ils rentrent chez eux. Ça s'entend beaucoup dans le débat français aussi. Vous l'avez entendu, les vats en guerre contre les vats en guerre.
Bien sûr, mais c'est ce que je dis. On l'a entendu au Rassemblement national. Pas seulement le Rassemblement national. Oui, on l'a entendu dans un certain nombre de médias qui relaient ça et on ne peut pas accepter cette inversion de valeurs-là. On parle d'un pays souverain qui a élu un leader démocratiquement, un président démocratiquement, qui se retrouve agressé, attaqué, à qui on veut prendre sa souveraineté. Il se défend et il se défend aussi pour nous défendre. On ne peut pas le qualifier de vat en guerre et considérer qu'il ne voudrait pas la paix.
Oui, la diplomatie russe qui a considéré comme totalement inacceptable la proposition française d'une trêve d'un mois dans les airs sur les mers et les infrastructures énergétiques. On en est loin.
Oui, on voit bien. Vous avez des propositions qui sont faites, vous avez des hypothèses qui sont émises et on voit bien aujourd'hui que la Russie est dans une position qui consiste à refuser absolument toute possibilité d'avoir une véritable discussion, une véritable négociation pour arriver, si ce n'est à la paix, en tout cas, à un cessez-le-feu ou même à une trêve. Et pendant ce temps-là, les Ukrainiens continuent à se battre avec, il faut aussi en avoir conscience, évidemment un soutien militaire très fort qui leur a été apporté et qui leur est apporté notamment par la France mais toujours une forme de déséquilibre avec les Russes.
Je crois que sur les munitions, le rapport entre les Ukrainiens et les Russes est de 1 à 2,5 voire de 1 à 4 pour certaines munitions. Ça veut dire concrètement que quand les Russes envoient 4 obus sur les Ukrainiens, ils peuvent riposter avec un obus dans certaines situations. Et donc, évidemment que face au gel, à la suspension ou au désengagement annoncé des États-Unis, on doit fournir aux Ukrainiens ce qui permet de pallier au désengagement américain, notamment en matière de défense sol-air, de munitions et de renseignements. Vous restez avec nous,
Gabriel Attal, d'autres sujets d'actualité à vous soumettre, notamment dans la story de Mohamed Bouhefsi.
11h ce matin, un homme à bord de son véhicule film. On voit un fourgon pénitentiaire à l'arrêt, portes ouvertes, à droite, des hommes à terre. Puis le fourgon ciblé par des coups de feu, encastré contre une voiture noire qui semble lui avoir foncé dessus. On voit les malfaiteurs masqués, armes de guerre à l'épaule, braquer le fourgon pénitentiaire. Leur objectif, faire évader un détenu qui se trouve à l'intérieur. C'est l'histoire d'une cavale qui aura mobilisé les polices de trois pays. Après 284 jours de traque, Mohamed Amra a été arrêté à Bucarest, en Roumanie. Aujourd'hui, grâce au travail de plus de 300 enquêteurs français, on connaît les contours de sa cavale.
Le narcotrafiquant a passé plusieurs semaines à Compiègne, dans l'Oise, à 150 km du péage d'Incarville, où a eu lieu l'évasion. C'est dans un deux pièces loué sur Internet, dans une célèbre rue piétonne de la ville, qu'il s'est caché. Choqué ? Surpris. On est voisins, quoi. J'habite juste derrière. C'est dingue, quoi. Moi, j'ai appris par le pied des journaux. Et puis, le voisinage, quoi. Je suis même arrivée ici, je lui ai dit « Ah, t'avais un voisin ici, t'avais un bras, il est très, très connu quand même. » Il m'a dit « Bah oui, je ne savais pas non plus. » Il y en a qu'ils auraient pu le croiser.
Quand on est en cavale, on trouve toujours des solutions pour se cacher. Il ne va pas se sentir
avec sa clage du coffre dans les mains.
Et s'il a été ici, bah franchement, il a été vraiment très, très, très, très discret. On se dit qu'il y avait un tueur juste à côté. Ah, c'est flippant. On en parle dans le café, on disait « T'as vu, c'était notre voisin. » Donc oui, c'est une grosse discussion depuis le début de la semaine.
Alors que l'ennemi public numéro 1 a été recherché par toutes les polices françaises, on sait aujourd'hui qu'il s'est terré, qu'il est resté très discret, restant cloîtré de nombreux jours dans son appartement. Mohamed Amra ne se montrait sous aucun prétexte.
Je l'ai appelé parce qu'en fait, on prévient souvent notre arrivée. Il m'a dit « D'accord, par contre, j'ai posé les sous devant la porte et c'était une commande à 10 euros. » Et il m'a dit « J'ai mis 20 euros, tu peux garder la monnaie et tu poses la pizza devant, tu peux marcher. » J'ai dit « Ah, d'accord,
ok, je prends 10 euros, je suis content. » Mais je ne savais pas que c'était lui, franchement, parce que la porte a été fermée, j'ai posé la pizza, j'ai pris les 20 euros, je suis parti, j'ai gardé mes 10 euros. Pendant de longues semaines, celui qu'on appelle la mouche a conservé un temps d'avance sur les enquêteurs. Il s'est d'abord installé à Compiègne et il est même retourné en Normandie, près de chez lui, à Rouen. « De par ses activités criminelles, c'est quelqu'un qui utilisait, avant son évasion, des réseaux de téléphones écriptés, des réseaux de téléphones fermés pour parler à ses complices.
Donc il a visiblement autour de lui aussi des alliés fidèles, des gens qui ne l'ont pas dénoncé, qui se sont astreints à eux aussi une certaine clandestinité. La plupart des cavales célèbres de ces dernières années se sont faits en France. Partir à l'étranger, ce n'est pas facile et paradoxalement, ça laisse des traces parce que ce qu'on découvre, c'est que Mohamed Amra n'a pas été attrapé tant qu'il était caché en France, mais que c'est quand il est parti en Roumanie que les policiers ont pu retrouver sa trace. Le propriétaire de l'appartement loué à Compiègne a été placé en garde à vue. En tout, 19 personnes ont déjà été mises en examen dans l'affaire Amra.
Parmi elles, des individus qui auraient trouvé des voitures ou encore des guetteurs qui auraient participé à l'évasion des jeunes, des hommes, très très jeunes qui vont devoir s'expliquer. Le rôle de l'instruction va être de déterminer qui fait quoi, quel est son rôle exact, tireur, pas tireur, connaissance de la potentialité d'un mort ou pas. Ça va être, évidemment, tout l'objet de ma défense. Lundi dernier, 8 suspects ont déjà été interpellés par l'Office de lutte contre le crime organisé de la police judiciaire. Parmi ces arrestations, un jeune homme originaire de Compiègne qui aurait permis de répondre aux besoins du quotidien d'Amra au sein de la ville royale.
Les forces de l'ordre se sont concentrées sur ceux qui ont protégé la cavale d'Amra. Quand les premières personnes sont interpellées, nous découvrons à l'occasion des perquisitions qui sont faites de nouveaux éléments qui nous permettent de tirer de nouveaux fils. Et j'ai presque envie de vous dire que les comparses de Mohamed Amra avaient finalement construit autour de lui un labyrinthe et que les enquêteurs petit à petit explorent tous les chemins de ce labyrinthe. Nous sommes plutôt dans la face des logisticiens qui ont permis de dissimuler Mohamed Amra après son évasion.
Le 22 février dernier, un suspect a été arrêté dans une villa luxueuse tout près de Malaga en Espagne où plusieurs armes ont été saisies. Il s'agit de Fernando D, l'un des principaux membres présumés du commando transféré en France. Aujourd'hui, il avait été repéré sur des caméras de surveillance au moment de l'attaque qui a coûté la vie à deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Muelo. Le 14 mai 2024, il serait l'un des membres de la Black Mafia Family, proche d'Amra, qui aurait tout organisé.
Comme son nom l'indique, BMF, Black Mafia Family, c'est une mafia ordinaire. Vous avez des membres qui sont spécialisés dans le trafic de stupéfiants, d'autres qui sont spécialisés plutôt dans les violences, ce qu'on va appeler lorsqu'il y a un règlement de compte, et d'autres membres qui seraient spécialisés dans la sécurité des rappeurs. Ça peut aller jusqu'au meurtre.
Avant son futur procès au pénal, Mohamed Amra a été condamné hier par une commission disciplinaire à la peine maximale de 30 jours de quartier disciplinaire. Gabriel Attal, on vient d'entendre cette avocate qui connaît la Black Mafia Family. Aujourd'hui, la lutte contre le narcotrafic, c'est le sujet le plus important pour la police française ? C'est un sujet majeur pour la sécurité des Français. C'est pour ça qu'on discute en ce moment un texte au Parlement. Il est discuté en ce moment même pour renforcer considérablement nos moyens pour lutter contre ces réseaux qui sont des réseaux tentaculaires, extrêmement sophistiqués, avec beaucoup de moyens.
Vous avez parlé des messageries cryptées et ce texte de loi propose des mesures qui vont nous armer beaucoup plus pour être capables de lutter. Moi, je veux aussi, vous me le permettez, puisque j'étais Premier ministre quand Mohamed Amra s'est évadé et que deux agents de la pénitentiaire ont été tués, messieurs Garcia et Moello, je veux dire que j'ai évidemment une pensée pour leur famille que j'avais rencontrée à ce moment-là. Il n'y a rien de plus bouleversant dans ces moments-là que de rencontrer des familles, en l'occurrence, la femme de M. Garcia enceinte, l'épouse de M. Moello et ses deux fils qui ont perdu leur mari, leur père ce jour-là.
Et c'est un sujet, une enquête dont on parlait beaucoup avec Gérald Darmanin à l'époque. Il me faisait des points réguliers et je veux saluer le travail des enquêteurs parce que ça a été une enquête absolument gigantesque avec des centaines d'enquêteurs qui ont été mobilisés, des moyens qui ont été déployés et la cavale avait quand même été très finement organisée. On avait un certain nombre d'éléments qui nous montraient à quel point les choses étaient organisées de sorte qu'on ne pourrait pas le retrouver et finalement, ils ont réussi non seulement à mettre la main sur lui mais aussi sur ses complices et c'est ce qui va permettre de rendre justice.
Parallèlement et sur ce dossier, c'est une proposition qui fait débat une nouvelle fois,
faut-il légaliser le cannabis et dépénaliser la détention de faibles quantités de stupéfiants pour lutter contre les trafics ? Ce sont quelques-unes des propositions de deux députés, Antoine Léaumand
de la France Insoumise et Ludovic Mendès, apparentés ensemble pour la République, faites dans un rapport rendu public il y a quelques jours. Ludovic Mendès était venu ici même développer ses arguments. On est sur un débat moral. Ça fait 30 ans qu'on nous explique qu'il faut absolument lutter fortement contre les drogues et on ne dit pas le contraire. Dans ce rapport, on dit qu'il faut taper très fortement contre le trafic, qu'il faut protéger le consommateur, que l'idée c'est de transférer une partie du trafic sur du marché légal qui est accompagné par l'État où l'État définit un grammage maximum, ce qui se fait d'ailleurs en Allemagne, où on peut définir un taux de THC maximum.
Regardons ce qui a été fait au Québec, ça fonctionne. Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur, s'est dit totalement contre la légalisation du cannabis. Gabriel Attal, vous êtes, je le rappelle, président du groupe Ensemble pour la République. À l'Assemblée, le débat, de votre point de vue, doit-il être ouvert comme l'a fait Ludovic Mendes ? Mais d'abord, moi je pense qu'on doit toujours débattre. Notamment quand on est dans une situation où on est l'un des pays les plus répressifs et en même temps l'un des pays où la consommation est la plus élevée. Ça justifie quand même qu'on puisse en parler. Donc moi je ne serai jamais parti de ceux qui fermeront le débat.
Maintenant, la position de mon parti, de mon groupe est claire. On ne défend pas la légalisation du cannabis. Moi je n'ai pas encore eu de démonstration que dans des pays qui l'ont fait, véritablement, on a vu reculer les problèmes de santé publique et de sécurité publique que ça engendre et reculer vraiment les réseaux de narcotrafic qu'on évoquait il y a un instant. Donc voilà quelle est notre position. Maintenant, il y a bien quelque chose qui ne fonctionne pas, notamment probablement dans nos campagnes de prévention et dans nos organisations de lutte contre ces réseaux. d'où l'importance de les démanteler.
J'ajoute que par contre, je suis très favorable, je le dis, évidemment, ça a un lien au cannabis thérapeutique. On avait lancé une expérimentation, plusieurs milliers de patients qui en ont bénéficié pour des douleurs graves. Ça fonctionne. Moi je considère que la France devrait se doter d'un cadre légal sur le cannabis thérapeutique pour des cas où il y a des souffrances extrêmement importantes et où les médecins considèrent que c'est un moyen le plus efficace d'apaiser les souffrances.
Un mot Gabriel Attal sur le visuel fabriqué par votre parti et dont vous êtes le secrétaire général à la Renaissance. On vous voit entouré de Marine Le Pen, de Jean-Luc Mélenchon avec ce slogan « Non au désordre, ni LFI, ni ARN ». Une image qui a surpris quelques-uns de vos militants, notamment un rencontré par Le Monde qui a eu ce commentaire. Quelle idée ?
On dirait un tract de Trump. Vous comprenez la surprise de certains de vos adhérents ? Non, d'abord il y a eu plusieurs affiches différentes. Moi j'ai pris mes fonctions à la tête du parti Renaissance il y a quelques semaines et je pense que c'est important d'abord qu'on retourne sur le terrain et on a eu des milliers de militants qui sont retournés sur le terrain, sur les marchés pour aller distribuer mais surtout échanger avec les Français. Et puis qu'on teste des formats nouveaux. Il y en a qui fonctionnent, il y en a qui ne fonctionnent pas, il y en a qui sont efficaces, il y en a qui le sont moins.
Quand on n'est pas dans une campagne immédiate, ça permet aussi d'essayer des choses nouvelles. Il y aura une grosse campagne dans deux ans. Et il y aura des élections municipales dans un an également pour lesquelles on va se mobiliser. Là j'ai remis le parti en route. On a fait des états généraux, plus de 500 réunions pour se poser une question simple. Qu'est-ce qu'on est devenu depuis sept ans et qu'est-ce qu'on a envie de devenir ? Et bien rendez-vous le 6 avril puisqu'on organise un gros événement juste à côté de Paris à la Cité du Cinéma à Saint-Denis précisément pour répondre à ces questions pour se dire qu'on a maintenant deux ans pour la France.
Ce qui veut dire deux ans pour être utile à la France parce que moi je ne fais pas partie de ceux qui considèrent qu'il ne doit rien se passer ou qu'il ne peut rien se passer dans les deux ans qui viennent. Il faudrait renvoyer à 2027 les réformes, les mesures, les actions. Puis deux ans pour préparer effectivement un projet pour le pays. Ce sont les chiffres chocs de l'antisémitisme
à l'école. Plus d'un élève du secondaire sur deux interrogé par l'IFOP pour le CRIF déclare avoir été témoin de propos péjoratifs sur les Juifs, propos tenus par leurs camarades mais aussi par des membres du personnel scolaire, des enseignants ou des surveillants. Pour un quart des jeunes, certaines insultes ou clichés antisémites sont acceptables et près de 16% des ados interrogés refusent de nouer une relation amicale ou sentimentale avec un Juif. Parole de collégiens recueillis à Paris par Audrey Payas et Alan Branger pour cet avou.
Surtout des blagues sur par exemple des clichés les Juifs qui sont radins, les Juifs qui sont riches, qui sont puissants et voilà.
Énormément de blagues sur les Juifs mais vraiment il y en a plein même sur les réseaux, etc. Même il y a des gens qui font le signe nazi, etc. juste pour faire rire. En troisième, on travaillait du coup sur Auschwitz, etc. Et il y en a qui disaient qu'en mode des Juifs, ils avaient eu au moins un billet train gratuit.
Des fois sur les cahiers, les gens trouvent ça drôle de dessiner une croix gamée par exemple.
Il avait dit qu'il venait d'Israël et qu'il était juif et ça avait fait rigoler tout le monde dans la classe. Tout le monde chuchotait, il disait des choses. Il m'a dit que ses parents lui avaient même dit de ne pas dire qu'il était juif à l'école. Ils le disent sur le ton de l'humour en fait. C'est genre non, mais on rigole. Oui, sur le ton de l'humour, mais on sent qu'il y a
un petit truc, une petite part de vérité. Bonsoir Yannis Roder. Bonsoir. Professeur d'histoire-géographie au collège, directeur de l'Observatoire de l'Éducation de la Fondation Jean Jourette. Et vous co-signez l'analyse de cette enquête sur l'antisémitisme à l'école réalisée par l'IFOP auprès de 2000 collégiens et lycéens. Cette éduque, elle met en lumière ce qui était déjà constaté, mais de façon empirique, vous-même peut-être dans votre salle de classe.
Alors, oui, vous avez raison, c'est un sujet, l'antisémitisme à l'école, dont on parle depuis presque, finalement, 25 ans. J'ai en mémoire le livre sorti en 2002, octobre 2002, Les territoires perdus de la République, dirigé par Emmanuel Brenner, qui déjà parlait de cet antisémitisme, mais il s'agissait de témoignages et pas d'études, si vous voulez, scientifiques sur le phénomène. Ce que nous permet cette étude, enfin, aujourd'hui, réalisée par l'IFOP, auprès de 2000 collégiens et lycéens, c'est d'avoir des chiffres qui nous parlent de ce climat, de ce qu'il se passe dans les écoles, dans nos écoles secondaires en réalité, collèges, lycées, et de manière à mieux percevoir ce phénomène.
Mais ça dit quoi ? Ça dit qu'il y a une banalisation de l'antisémitisme chez les plus jeunes ?
En fait, en réalité, oui, c'est ce que dit cette étude. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, plus personne, enfin, j'espère, n'oserait dire qu'on n'a pas un problème en France avec l'antisémitisme, à commencer par ce que vivent les jeunes Français juifs dans les écoles. Il y a un phénomène de banalisation, on fait des blagues, on peut houspiller, se moquer, voilà, de manière de plus en plus banale, en fait. Quelque chose qu'on pouvait peut-être penser ponctuel il y a 25 ans, aujourd'hui, c'est répandu.
44% des élèves pensent que les Juifs sont plus attachés à Israël qu'à la France, 39% que les Juifs disposent de lobbies très puissants, 22% qu'ils aiment plus l'argent que les autres Français. Ce sont des clichés antisémites qui sont énoncés aussi par des adultes au sein même des établissements et ça, c'est un point qui vous a particulièrement choqué ?
Oui, effectivement, avec François Croce de l'IFOP, quand on a épluché le sondage, on a vraiment été choqué par ces chiffres qui, alors de mémoire, je crois que c'est 13% d'enseignants, enfin, les élèves déclarent qu'ils ont entendu de l'antisémitisme chez 13% des enseignants et 20% des enseignants du privé. Ce qui nous semble, enfin, ce qui est quand même très important. Et ce qui me semble inquiétant parce que la mission d'un professeur, quel qu'il soit, c'est de faire partager les valeurs de la République. Où sont les valeurs de la République ? À partir du moment où on a, là, des propos qui sont des préjugés, des stéréotypes anti-juifs, anti-sémites.
Est-ce que l'école n'est plus un sanctuaire pour les élèves juifs ?
Je crois que malheureusement, ça fait un moment que l'école n'est plus un sanctuaire pour les élèves juifs. Vous savez, ça fait un moment qu'on parle du départ des élèves juifs de l'enseignement public, mais je ne suis pas sûr que ça se passe nécessairement mieux. C'est ce que montre aussi l'enquête dans l'enseignement privé, notamment l'enseignement privé catholique. Donc, ça fait un moment que l'école n'est plus un sanctuaire pour les enfants français juifs.
Et je crois, aujourd'hui, et le travail que nous avons fait à la Fondation d'Angeaurès pour le CRIF et avec le CRIF, s'accompagne également d'un travail d'une sociologue, Valérie Boussard, qui est professeure de sociologie à l'université, et qui a interrogé 30 jeunes. et qui montre, en fait, que tous ces jeunes, tous ces jeunes, d'abord, cette étude corrobore l'étude du sondage, mais ces jeunes savent aujourd'hui et ont intériorisé, ont intégré le fait qu'à l'école, ils ne sont pas nécessairement en sécurité.
Pour lutter contre l'antisémitisme,
pour vous, il faut revoir les cours d'histoire au collège et au lycée, mais c'est-à-dire, vous pensez qu'on ne passe pas assez de temps sur l'histoire de la Shoah ?
Alors, moi je suis un prof, donc je suis optimiste, voilà, sinon je ne serais pas un prof, je crois. Et je pense qu'il faut repenser la manière dont nous abordons ces questions-là. Vous savez, on enseigne très bien la Shoah aujourd'hui, mais aujourd'hui, dans l'imaginaire de certains, qui sont les nazis ? Ce sont les Israéliens, et à travers les Israéliens, ce sont les Juifs. On a inversé les choses. Donc, je ne suis pas sûr que mettre plus d'histoire de la Shoah réglerait cette question.
En revanche, travailler sur les génocides en général, on le fait déjà pour le génocide arménien, peut-être travailler également davantage sur les violences de masse en général, de manière à les distinguer, de travailler sur le génocide d'Etutsi du Rwanda, par exemple, également, de manière à travailler sur les processus génocidaires, comment se mettent en place les éléments qui vont mener à un génocide, qu'est-ce qu'un génocide ? Travailler aussi sur le droit, par exemple, parce qu'aujourd'hui, on entend un peu tout et n'importe quoi et les élèves sont évidemment véhicules de ce qu'ils entendent. Ça, c'est une première chose.
La deuxième chose, je crois qu'il serait intéressant de travailler aussi sur l'histoire des Juifs, en fait, parce que, vous savez, nos élèves croisent très peu de Juifs, en réalité. Vous dites qu'il y a une totale ignorance de ce que sont les Juifs. Mais complètement. La plupart des élèves en France ne côtoient pas d'élèves juifs. Je crois qu'on estime en France à peu près à 500 000 le nombre de Juifs, 80 à 100 000 qui seraient scolarisés, dont 40 % d'après ce que j'ai compris dans le privé juif, dans les écoles privées juives. Donc voilà, ça fait peu de gens. Qui sont les Juifs ? À quoi ils ressemblent ? Comment ils vivent ? Etc.
Ça, c'est quelque chose qui est complètement ignoré, qui est complètement ignoré, à part par, parfois, ce qu'en disent les familles ou ce qu'en disent aussi les sources d'informations et notamment les réseaux sociaux. Donc je crois qu'il y a tout un travail à faire sur l'histoire des Juifs en général, sur le rapport des Juifs à la France et de la France aux Juifs. N'oublions pas que la France est le premier pays à avoir émancipé les Juifs, c'est-à-dire en 1791 à avoir donné la citoyenneté pleine et entière. C'est quelque chose d'extraordinaire qu'il faudrait rappeler. Ça, on ne le rappelle pas.
Donc, de manière à ce que les élèves comprennent que ce sont des gens qui ont une vie, qui ont des cultures, qui ont un passé avec notre pays.
Il faut aussi pointer la responsabilité de certaines rhétoriques politiques.
Oui, bien sûr. D'ailleurs, je crois que l'étude montre qu'il y a, notamment à l'extrême-gauche, évidemment, une forme de soutien à ce phénomène-là. Moi, ce que je veux dire, c'est que cette étude, elle est effarante. Malheureusement, elle vient confirmer quelque chose qu'on ressent quand on échange avec des Français de confessions juives. Je veux dire, il y a énormément de déscolarisations ces dernières années, en tout cas de l'école publique et scolarisation dans l'école privée, des écoles juives qui se sont multipliées aussi parce que c'est le seul endroit où des familles considèrent que leur enfant pourrait être en sécurité.
Et vous avez des enfants de confessions juives dans des écoles publiques qui mentent sur la réalité de leurs origines ou de leurs confessions à leurs camarades quand on leur pose des questions parce qu'ils ont peur et ils craignent des insultes ou des agressions. Comment on y répond ? C'est ça l'important. D'abord, il y a tout ce qui relève du pédagogique. Il se trouve qu'avec Yannis Roder, on s'est beaucoup vu quand j'étais ministre de l'Éducation nationale. On s'est revu depuis et c'est vrai que moi, il y a des choses que vous m'aviez dites qui m'ont saisi. Je crois que c'était en classe de troisième.
Vous me donniez l'exemple que sur le programme d'histoire-géographie, les mécanismes génocidaires, c'est trois heures. Le phénomène d'étalement urbain, c'est neuf heures sur l'année. Il y a une question de priorisation peut-être à avoir. Deux, les sanctions. Il y a un moment, il faut que dès le plus jeune âge, on ne laisse rien passer. Que ce soit de tolérance zéro et que dès qu'il y a des faits d'antisémitisme et aussi évidemment de racisme, d'homophobie, il y ait des sanctions qui tombent tout de suite. C'est pour ça que moi, je plaide. J'avais engagé ça avant de quitter mes fonctions.
Je plaide pour qu'on revoie l'échelle des sanctions, qu'on crée l'équivalent du conseil de discipline à l'école primaire parce qu'on voit aussi de plus en plus à l'école primaire ces phénomènes qui arrivent pour que très tôt, les enfants comprennent que ce n'est pas acceptable et qu'il y a des sanctions qui tombent tout de suite. Parce que si on peut tout dire, on finit par se dire effectivement que c'est banal. Et pour conclure ?
Et pour conclure, parce que la réalité aussi, c'est qu'avec les réseaux sociaux, tout ce qui circule, effectivement à l'initiative de certains responsables politiques, mais aussi à l'initiative, on le sait, d'ingérence d'un certain nombre de réseaux islamistes, les enseignants, ils ne se battent plus à armes égales puisque vous avez des jeunes qui sont abreuvés sur leur smartphone le soir, le week-end, pendant les vacances, de contenus haineux qui racontent absolument n'importe quoi. Et donc tout ce qu'on a engagé au niveau européen sur la modération des contenus, sur la capacité à faire retirer des contenus de haine, évidemment que ça rentre aussi dans la manière dont on doit répondre.
Merci Yannis Rodeur, vous faites avec nous le 5 sur 5 de l'Anne à Sénéchal.
Martine Aubry quitte la mairie de Lille à un an de la fin de son mandat.
Oui, Martine Aubry dont on a parfois dit pendant sa longue carrière que c'était une femme parfois un peu froide ou qui n'aimait pas beaucoup la critique, qui ne montrait pas beaucoup ses émotions. Regardez tout à l'heure les images de Martine Aubry, la gorge étranglée par l'émotion, ça l'a empêché de parler pendant quelques instants, elle était en larmes, la maire de Lille qui quitte donc son mandat dès ce mois-ci. Je suis élue à Lille depuis 30 ans. Je suis maire depuis 24 ans, ça ne vous a pas échappé, notamment certains qui... Il serait temps qu'elle dégage. Bon, ben oui. Mais j'ai encore de l'énergie comme vous et des idées pour Lille.
Mais c'est vrai que le temps est venu de passer la main à une nouvelle génération. Voilà, c'est la fin d'une histoire d'un quart de siècle. Martine Aubry qui a pris la mairie en 2001. On va voir les images à l'époque. Elle a succédé à l'ancien Premier ministre Pierre Moroy dont elle était l'adjointe. C'est lui qui l'avait installée comme adjointe. Lille n'a connu en fait que deux maires en plus de 50 ans puisque Pierre Moroy il a été élu pour la première fois en 73. Elle avait beau être la fille de Jacques Delors, elle avait beau avoir eu une première expérience comme ministre du Travail sous Édith Cresson et sous Pierre Berré-Gauvois.
Les Lillois en 94 n'identifiaient pas encore celles qui allaient devenir leur maire et la maire des 35 heures d'ailleurs. C'est qui celle-là pourtant ? Martine Aubry c'est pas une présentatrice de journal télévisé ? Non, c'est pas ça. C'est l'actrice ? Non.
Martine Aubry c'est une marque ? Non, je la connais pas vraiment je sais que c'est une femme politicienne mais rien d'autre.
A priori je pense qu'elle fait partie du gouvernement.
Martine Aubry qui s'est imposée à Lille a profondément transformé la ville on peut citer la rénovation urbaine dans les cités des quartiers sud la reconversion de friches industrielles avec l'incubateur Euratechnologie par exemple le recul de la voiture aussi et puis à la fin de son mandat elle a beaucoup été touchée c'était en 2022 par l'effondrement d'un immeuble dans le vieux Lille un homme est mort dans le drame un état des lieux avait été lancé 18 immeubles de la ville évacués en urgence et maintenant elle pousse pour lui succéder Arnaud Deslandes 42 ans dont 20 ans passait déjà à la mairie de Lille mais qui est encore pour l'instant méconnu du grand public
mais ce qui ne l'a pas empêché elle de devenir mère de Lille Nicolas Sarkozy
sera-t-il déchu de sa légion d'honneur il est titulaire c'est automatique de la grande croix de la légion d'honneur puisque c'est un ancien président Nicolas Sarkozy est aussi le seul ex-chef de l'état définitivement condamné à trois ans de prison dont un enferme pour corruption dans l'affaire Paul Bismuth il porte donc en ce moment un bracelet électronique or est exclu de la légion d'honneur toute personne condamnée à une peine définitive de prise en ferme d'un an minimum c'est la loi qu'a rappelé le grand chancelier de la légion d'honneur le général François Lecrain Lecointre qui ajoute je ne peux pas imaginer que la loi ne s'applique pas l'avocat de Nicolas Sarkozy tente de voler à son secours ce n'est que parce qu'il est devenu président de la république que Nicolas Sarkozy est devenu grand croix de la légion d'honneur en fait vous nous dites il faut séparer l'homme il faut séparer l'homme il faut séparer l'homme du président c'est les deux corps du roi ça fonctionne exactement de cette manière et la question que nous posons c'est est-ce qu'on peut retirer sa légion d'honneur un ancien président de la république française ancien grand maître de l'ordre il faut servir de canton alors point important rappelé d'ailleurs hier par la porte-parole du gouvernement c'est le président de la république en exercice qui décide à la fin il n'y a qu'un seul précédent le maréchal Pétain grand croix après Verdun en 17 il est déchu par le gouvernement proviseur de la république française Gabriel Attal est-ce que la loi doit s'appliquer au risque de mettre Nicolas Sarkozy dans la même catégorie que le maréchal Pétain ou est-ce qu'il faut faire une exception pour lui et dans ce cas là à quoi sert la loi question facile oui je veux dire d'abord dit comme ça la manière dont vous le présentez je pense que chacun conviendra qu'il n'y a absolument rien à voir entre le maréchal Pétain et Nicolas Sarkozy voilà ensuite c'est une décision du président de la république c'est sa prérogative
on est en 2027 vous êtes président de la république vous faites quoi
je ne suis pas président de la république Elisabeth Lemoyne nous ne sommes pas en 2027 et voilà moi je ne veux pas c'est pas mon rôle que de dire au président de la république ce qu'il devrait ou ce qu'il ne devrait pas vous savez si Vladimir Poutine a toujours la légion d'honneur ou pas parce qu'aux dernières nouvelles c'est le cas c'est une bonne question il faudrait lui enlever si c'était le cas il faudrait de toute urgence le déchoir de cet honneur français ça se justifie oui mais encore une fois si je vous réponds sur un cas je dois vous répondre sur tous mais voilà en tout cas je pense que c'est au président qui revient de choisir de franchir une décision éventuelle vous voulez bouquer tout à l'heure lancement réussi pour la fusée Ariane 6 on va voir les images en jeu immense en pleine guerre en Ukraine et en plein alignement de Washington sur Moscou Ariane 6 vous voyez c'est là décollé tout à l'heure pour prendre la suite d'Ariane 5 qui s'était arrêtée en juillet 2023 c'est la seule porte de l'Europe vers l'espace pour placer sur orbite nos satellites notamment militaires la défense passe par l'espace martelait ce matin encore le ministre des armées Sébastien Lecornu et même Emmanuel Macron dès 2022 je voudrais qu'on voit ces images c'était quelques jours seulement avant l'invasion russe de l'Ukraine nous avons pris du retard dans la course à l'armement spatial songez qu'il existe des satellites espions qui peuvent chercher à interagir par exemple avec nos propres satellites de télécommunications et d'autres puissants développent des technologies qui leur permettront d'aborder les objets en orbite tout ça n'est pas de la science-fiction ça se passe aujourd'hui il est plus que jamais nécessaire d'appliquer une préférence européenne pour le lancement de satellites institutionnels comme le font nos concurrents ce qui vient d'être mis sur orbite en l'occurrence c'est un satellite militaire français qui va permettre à notre armée de modéliser des cibles précises n'importe où sur la terre en 3D et on peut partager cette technologie avec nos alliés européens je précise on vient d'apprendre à l'instant le feu vert des 27 au plan de Bruxelles pour muscler justement la défense européenne ce plan à 800 milliards d'euros qui avait été annoncé par la présidente de la commission Ursula von der Leyen
Elon Musk veut solder les derniers services publics américains de la Poste et du rail
il l'a dit hier pendant une conférence organisée par une banque nous devrions je le cite privatiser tout ce qui peut raisonnablement l'être et il cite la Poste et Amtrax un peu l'équivalent en beaucoup moins glorieux que la SNCF le rail américain souffre de nombreux dysfonctionnements des retards des prix non compétitifs par rapport à l'avion qui est largement privilégié aux Etats-Unis un sous-investissement chronique aussi Musk est aligné sur la vision du président Trump qui plaide régulièrement ouvertement pour privatiser par exemple la Poste
chez nous aussi certains plaident pour privatiser la Poste
pendant les législatives par exemple le RN avait rétro-pédalé après l'idée de Jean-Philippe Tanguy citée dans l'opinion à l'époque selon qui l'Etat verse 300 millions pour le service public postal on peut très bien trouver un arrangement en reportant cela sur Amazon ou autre c'est ce qu'il avait dit à l'époque ça ne figurait pas finalement dans le programme du RN dernièrement la Cour des comptes plaidait pour l'adaptation des missions de service public soulignait que la France était l'un des derniers pays à distribuer le courrier six jours sur sept la Poste ne cesse de se réinventer par exemple ici regardez en Bretagne le facteur passe auprès des personnes âgées ça va nettement mieux il n'y a pas de problème
bon vous tout va bien ? c'était ma fille aînée qui m'avait demandé de veiller sur mes parents c'était elle en disant tu es toute seule je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose il faut que quelqu'un passe te voir c'est elle qui avait mis ça en route vous voyez ? et ça fonctionne bien ? et puis ça m'a bien arrangé c'est vrai
le fait d'aller voir les gens d'aller vers eux j'aime ça donc pour moi c'est une autre partie de mon travail et ce service il existe vraiment ça s'appelle la visite du facteur ça coûte 25 euros par mois Gabriel Attal est-ce que la Poste il faut la soutenir à tout prix alors que plus personne n'écrit de courrier il faut soutenir la Poste y compris parce qu'elle se transforme je veux dire regardez je pense que les français le voient il y a beaucoup d'efforts qui ont été faits vous avez des bureaux de Poste effectivement qui ont fermé mais vous avez maintenant des relais Poste des relais Poste pardon dans un certain nombre de commerces ce qui permet par ailleurs parfois de maintenir des commerces je pense notamment à nos buralistes à d'autres commerces
il faut continuer à faire des tournées tous les jours
6 jours sur 7 il peut toujours y avoir des efforts de rationalisation d'efficience qui peuvent être faits voilà mais moi je ne fais pas partie de ceux qui considèrent qu'il faut tout jeter voilà après et je sais en plus il se trouve que voilà j'ai eu des responsabilités gouvernementales à Bercy et la Poste fait beaucoup d'efforts pour réduire ses coûts maintenant on ne peut pas d'un côté mais c'est d'ailleurs vous avez bien fait citer le Rassemblement National d'un côté ils disent les services publics notamment dans les campagnes reculent de l'autre quand ils en ont l'occasion ils proposent de privatiser de confier ça à Amazon en plus ça c'était vraiment une idée personnelle Jean-Philippe Tanguy je précise encore vous savez c'est le responsable pour toutes les questions de finances et d'économie du groupe à l'Assemblée Nationale c'est quelqu'un qui s'exprime au nom de son groupe
merci Gabriel Attal d'avoir accepté ce soir notre invitation merci Yanis Rodeur dans un instant nos invités après 20h Anne-Claire Coudray Ben Mazouet Franck Hanez l'œil de Pierre le PVPP de Mohamed les actualités de Bertrand la pépite de Patrick ah non on est joli et le dîner de Cetabou Emilie est là on est ensemble
en direct jusqu'à 21h
à tout de suite