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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 novembre 2023 24 min

Plan anti-tabac, pénurie de personnel à l'hôpital, maladies respiratoires en Chine... Le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Aurélien Rousseau, vous venez de dévoiler un vaste plan national contre le tabagisme. Parmi les annonces, le passage du prix du paquet de cigarettes de 11 à 12 euros en 2025, puis 13 euros en 2026. Le président d'Alliance contre le tabac, Loïc Josserand, vous dit « c'est bien, mais c'est pas assez ». Écoutez, il était l'invité de France Info-Télé hier.

0:24
Invité

Pour que cette mesure fiscale ait un effet, il faudrait que nous arrivions à au moins 16 euros en 2027. Des augmentations assez fréquentes et surtout efficaces, c'est-à-dire entre minimum 50 centimes et surtout 1 euro. Ce qui a été fait quand nous sommes arrivés au paquet à 10 euros, et là on a vu effectivement la consommation de tabac en France baisser. On ne fait plus les efforts, on n'a plus le courage politique.

0:48
Présentateur

On ne fait plus les efforts, on n'a plus le courage politique. Que répondez-vous, monsieur le ministre ?

0:53
Aurélien Rousseau

Je réponds que le tabac c'est d'abord 200 morts par jour, donc on doit réagir. Et je réponds que j'ai annoncé hier une hausse de 1 euro dans un an et 1 euro ensuite l'année suivante.

1:08
Présentateur

Il dit « c'est pas suffisant ».

1:09
Aurélien Rousseau

Précisément, toutes les études, mais Alliance contre le tabac le dit, montrent que c'est à 1 euro que ça fait basculer des comportements. Donc là on va faire 2 fois 1 euro, et je pense, je souhaite, et il n'y a pas que ça, parce que ça ne peut pas marcher si ça n'est que punitif. Donc on a aussi, et c'est pour ça que j'ai fait le choix de l'annoncer un an avant, on a aussi un plan d'accompagnement pour que 2024, ce soit l'année, où collectivement, on essaie de s'arrêter de fumer, on va développer tous les outils qu'on peut pour accompagner les fumeurs, parce que c'est pas facile.

1:45
Invité

Mais pourquoi vous dites que ça ne peut pas marcher si c'est que punitif ? Le prix, c'est pas un facteur essentiel ?

1:49
Aurélien Rousseau

C'est un facteur essentiel, c'est pour ça qu'on aura quand même, on a un paquet qui n'est pas encore à 11 euros aujourd'hui, et qui sera à 13 euros dans 2 ans, 2 ans et demi.

2:00
Invité

Alliance contre le tabac dit, il faudrait que ce soit 16 euros en 2027.

2:03
Aurélien Rousseau

Oui, j'entends, j'étais hier, question au gouvernement, où je vois d'autres réactions, qui considèrent que c'est un pas vraiment trop important. Voilà, moi, mon sujet, c'est qu'il y ait un vrai effet de santé publique, les addictologues, et évidemment, je respecte tout à fait la position d'alliance contre le tabac, les addictologues disent qu'à partir d'un euro, ça a un effet comportemental, là on annonce deux fois un euro, donc ça aura un effet comportemental, et en effet, il faut qu'on bouge, on ne peut pas laisser 200 personnes par jour mourir.

Si à la fin de la mise en œuvre de ce plan, il y a 10, 20, 50, 100 personnes de moins par jour qui meurent des effets du tabac, ça aura été une réussite. Mais vous l'entendez, la critique, vous auriez peur des buralistes. Non, on n'a pas peur des buralistes, d'ailleurs, les buralistes, ils ont eux-mêmes fait depuis de nombreuses années beaucoup d'adaptations. Moi, je le dis aussi et je l'assume, ma crainte, c'est que ça soit vu, et d'ailleurs, il y a des réactions en ce sens partout, ça soit vu juste comme une mesure fiscale. C'est une mesure de santé publique qui vise à faire réduire l'incidence du tabac. Mais la fiscalité, ça peut être vertueux ? Mais c'est vertueux, honnête.

3:27
Présentateur

C'est ce qui marche le mieux dans le maintien du tabac.

3:29
Aurélien Rousseau

Absolument, mais quand vous augmentez le tabac, le paquet est aujourd'hui à moins de 11 euros, vous le passez à 12, puis vous le passerez à 13. En pourcentage, si un seul produit augmentait autant aujourd'hui, on hurlerait sur ce motif. C'est un vrai impact fiscalité qu'on assume, qu'on va porter. D'ailleurs, on a dû voir accompagner les buralistes, parce que de plus en plus, ils ne peuvent plus compter uniquement sur le tabac, parce que ça va faire réduire la consommation. C'est sûr. Et on a réussi d'autres étapes. C'est une grande étape. Et puis, par ailleurs, il n'y a pas que l'effet prix qu'on attend.

Il y a aussi une mesure forte, enfin des mesures fortes sur la consommation du tabac dans l'espace public. Et donc, c'est un plan complet. Mais il y a un troisième volet qui est l'accompagnement des fumeurs, parce que, je ne sais pas si vous l'avez vécu vous, mais beaucoup de gens témoignent. Moi, j'ai été frappé de la difficulté à se sevrer seul. Donc, on va les accompagner.

4:26
Présentateur

Des espaces sans tabac, c'est l'autre signal de votre plan aux abords des établissements interdictions, aux abords des établissements scolaires, sur les plages, les parcs publics. Concrètement, il y aura une police anti-fumeurs dans ces zones-là ?

4:37
Aurélien Rousseau

Non, mais en fait, je crois vraiment qu'il faut revenir un peu au bon sens. Moi, mon sujet, je trouve, et quand on va dans quelques pays, il n'y a pas forcément besoin d'aller très loin, il n'y a qu'en France, il y a encore des mégots qui jonchent le sol de nos rues, qu'on fume à côté de l'entrée des écoles. Et donc, moi, mon sujet, c'est qu'on protège les plus fragiles. Et en ce moment, pour plein d'autres raisons, la pollution et plein de déterminants de santé.

5:08
Invité

Et vous l'avez peut-être entendu ce matin, sur France Info, il y avait une lycéenne qui disait « Bon, si je ne sais pas, ça va changer grand-chose, on ira quelques mètres plus loin. »

5:13
Aurélien Rousseau

Oui, en attendant, et c'est ça, en fait, la prévention et la santé publique, c'est de rendre un peu plus compliqué, donc les gens y renoncent.

5:22
Présentateur

Mais il n'y aura pas d'amende ?

5:24
Aurélien Rousseau

Il y aura, si, il y aura évidemment un système dans lequel, puisque ce sera interdit, il y aura un système contraventionnel, mais je peux le dire tranquillement. Le but, c'est d'abord le civisme. Je pense que quand, dans les 7300 espaces sans fumeurs, les parcs et jardins aujourd'hui, qu'il y a en France, où les maires d'eux-mêmes ont lancé ces initiatives, c'est très largement respecté.

5:48
Invité

Mais juste pour reprendre la question de Salia, c'est important, qui va faire appliquer cette mesure devant les établissements scolaires ? Est-ce que c'est la police ? Est-ce que c'est les chefs d'établissement ?

5:55
Aurélien Rousseau

Non, alors là, c'est évidemment les forces de l'ordre, mais moi, je crois vraiment que dans un premier temps, c'est que vous êtes dans un parc, vous êtes avec vos enfants, la personne juste à côté de vous fume, vous pouvez lui dire « c'est interdit de fumer ».

6:12
Présentateur

Ce sont aux Français de faire la police entre eux, c'est ça ?

6:14
Aurélien Rousseau

Non, ce n'est pas aux Français. Soit c'est la police entre eux, soit c'est le civisme, on le prend comme on veut, et puis on laissera aussi aux maires et aux préfets le soin s'il y a besoin à des endroits d'adapter, parce que tous les parcs et jardins, ce ne sont pas la même chose. Les parcs de la Courneuve, ce n'est pas pareil qu'un soir d'Ontario. Il y en a qui sont plus grands que d'autres, bien sûr.

6:34
Présentateur

Vous appelez à la prévention, les PEUF, ces vapoteuses jetables dont les ados sont fans vont être interdites. C'est un engagement de la Première Ministre et une proposition de loi transpartisane est en ce moment en examen à l'Assemblée Nationale. Interdiction effective, normalement, à partir de l'année prochaine, c'est ce que vous avez dit. Mais vous faites quoi pour la nicotine achiquée, qui attire aussi les ados ?

6:54
Aurélien Rousseau

Le sujet sur ça, c'est un peu le même. C'est qu'on a des produits où les fabricants de tabac ou leur Céide essaient d'attirer de nouveaux publics dans le tabac. Et le PEUF, avec ses couleurs très ludiques, très colorées, des goûts différents, il n'empêche que ça met le réflexe d'aspirer et de recracher de la fumée. Donc, on met un terme, il y a eu cette proposition transpartisane, elle sera en séance le 7 décembre. Après, on a des allers-retours avec la Commission européenne, parce qu'il y a un sujet, évidemment, d'interdiction d'un produit, donc d'atteinte à la concurrence, si on veut. Mais il n'y aura aucun problème. Ça, c'est les vapoteuses jetables. Ça, c'est les vapoteuses jetables.

J'y viens de ce petit détour, c'est que les sachets de nicotine, c'est la même chose, c'est-à-dire que c'est un moyen d'attirer de nouveaux publics vers la consommation fut-elle différente pour qu'à la fin, ils en viennent à la cigarette. Après, il y a deux sujets où je veux assumer la différenciation. Il y a ces produits qui sont faits pour attirer de nouveaux publics, et puis, je ne mets pas dans le même sac exactement les gens qui ont arrêté de fumer et qui en passent par la vapoteuse, qui doivent s'arrêter. Donc là, on va essayer aussi, c'est ce qu'on va faire, c'est de faire un paquet neutre sur la vapoteuse. Ce n'est plus un objet de luxe.

Quelquefois, il y a des emballages, vous croyez que vous offrez une bague de luxe. Ça doit être un objet pour sortir du tabac. Oui, on débanalise le tabac. Le tabac, ça tue 75 000 personnes dans notre pays chaque année.

8:32
Présentateur

Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia. Avec le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, vous avez dévoilé un plan contre le tabac. Et on a envie de vous demander, et l'alcool ? 8% des Français consomment 50% de l'alcool en France. Vous avez refusé de taxer davantage l'alcool. Une campagne a même été interdite contre l'alcool pendant le mondial de rugby. Ça veut dire quoi ? Les lobbies sont trop forts ?

8:58
Aurélien Rousseau

Non, une campagne n'a pas été interdite. On a eu un vrai débat sur la nature de cette campagne. Et moi, j'ai souhaité qu'on centre sur les jeunes et la prévention des risques. Et en santé publique, vous avez deux grandes écoles, deux grands choix. Soit vous dites, comme par exemple sur la sécurité routière, vous montrez un accident horrible et ça peut marcher. Soit vous donnez des gestes de prévention. Et sur cette campagne vis-à-vis des jeunes, quand on a 80% des jeunes de 17 ans qui ont déjà bu, leur dire juste l'alcool c'est mal, ça suffit pas. On a fait un choix de campagne de prévention des risques qui a été projetée pendant le mondial.

9:38
Présentateur

Mais pourquoi on n'a pas un plan contre l'alcool identique au plan contre le tabac que vous nous avez présenté ce matin ?

9:44
Aurélien Rousseau

Précisément parce que moi d'abord, évidemment, on y travaille. Moi, je prends ce sujet de l'alcool un peu différemment. Il y aura cette année une campagne très forte. Moi, je veux m'engager très fortement sur un sujet qui est majeur et qui est encore trop peu connu dans ce pays qui est celui de l'alcoolisation fétale pour protéger les enfants des conséquences de la consommation d'alcool par leur mère. Et puis, il y avait, pour être tout à fait transparent parce que ça ne sert à rien de cacher les choses, on a un sujet de mener simultanément plusieurs grandes mesures de santé publique. Tabac où, certes, certains disent que ce n'est pas assez, mais beaucoup disent que c'est déjà beaucoup.

Et aujourd'hui, la première cause de mortalité, ça reste le tabac. Moi, je me suis attaqué au tabac.

10:32
Présentateur

49 000 morts par an pour l'alcool.

10:35
Aurélien Rousseau

Je ne relativise rien du tout. Je ne relativise rien du tout la consommation d'alcool et encore plus le combo alcool-tabac. C'est un sujet de santé publique majeure et on a des actions sur ce sujet-là. Et on discutera à l'occasion du PLFSS prochain de mesures. Évidemment, on est dans une année particulière. C'est aussi pour ça que moi, j'ai annoncé ces mesures un an à l'avance. Quand vous avez une inflation extrêmement forte, que les Français sont très préoccupés par leur pouvoir d'achat, moi, je pense que c'est indispensable qu'ils comprennent que c'est de la santé publique et qu'on ne leur fait pas les poches. Et donc, c'est de la santé publique.

11:12
Présentateur

Mais quand il s'agit de produits comme l'alcool ou le tabac, ça s'entend ? Est-ce que c'est pour la santé publique ?

11:17
Aurélien Rousseau

Oui, ça s'entend pour une partie, pour une grande partie des gens. À la fin, on veut les empêcher de vivre comme ils vivent normalement ou leur faire les poches. On l'entend beaucoup. Moi, j'assume, il y aura évidemment et il y a des mesures tous les jours contre l'alcool, contre le tabac. Et on va préparer aussi un plan sur ce sujet-là.

11:36
Invité

Vous évoquiez, Aurélien Rousseau, le PLFSS, le projet de loi de finances de la sécurité sociale, qui est toujours en discussion. Où en êtes-vous de votre volonté de doubler la franchise médicale, c'est-à-dire le reste à charge, pour un patient, quand il achète, par exemple, une boîte de médicaments ?

11:50
Aurélien Rousseau

On en est dans la situation que j'ai présentée aux parlementaires la semaine dernière. Cette mesure, elle a été instruite. Moi, je l'ai annoncée dès que j'ai été nommé comme une mesure possible.

12:03
Invité

Il n'y a pas de décision pour le moment.

12:04
Aurélien Rousseau

Il n'y a pas de décision et j'ai d'ailleurs pris l'engagement de revenir devant les assemblées, même si c'est une mesure qui dépend uniquement du gouvernement, le jour où une décision serait prise et qu'on lancerait les consultations. Pourquoi ? Là aussi, il faut se dire les choses. Moi, mon objectif de fond, c'est qu'on est tous un comportement différent et tous, je me mets dedans avec le médicament. Le médicament, ce n'est pas un produit de consommation comme les autres. Si c'est juste vu comme une mesure qui atteint le pouvoir d'achat des Français, on risque de passer à côté du sens de cette mesure.

Mais cette mesure, elle est prête et si on décide de la mettre en œuvre, je reviendrai dans les chambres. Et puis, il y a quatre mois de consultation de différentes instances obligatoires. Mais je pense, moi, je suis prêt à la porter parce que ces ressources-là, elles serviront à financer des améliorations à l'hôpital sur le travail des médecins. Voilà, c'est quelque chose qui servira au système de santé, pas à d'autres mesures pour l'État, par exemple.

13:07
Présentateur

En parlant de l'hôpital, vous l'avez sans doute lu, M. le ministre, dans le Monde avant-hier, ce reportage à l'hôpital Necker, Enfants Malades à Paris, hôpital où exercent les meilleurs spécialistes du pays. C'est le premier centre de chirurgie cardiaque pédiatrique d'Europe, mais un hôpital où un cinquième des lits est fermé, comme ailleurs par manque de personnel, avec parfois des conséquences dramatiques sur les enfants quand des opérations doivent être reportées, quand la pénurie de personnel, Aurélien Rousseau, touche aussi Necker, c'est le symbole que le système hospitalier est totalement en craquage ?

13:39
Aurélien Rousseau

Alors, c'est notre sujet aujourd'hui, vous avez raison, et l'article du reste le montre bien, c'est la pénurie de personnel. Et donc, moi, mon combat, mon seul combat, si je puis dire, c'est de recruter et de fidéliser. C'est pourquoi la Première Ministre, elle a annoncé dès le mois d'août sur ma proposition, notamment la revalorisation du travail de nuit, et de 25% pour les infirmières et les étoignantes, la revalorisation du travail le samedi et le dimanche. Donc, il y avait un sujet de salaire, je pense qu'il est en partie comblé aujourd'hui.

14:16
Présentateur

Vous voyez que ce n'est pas suffisant ? Quand vous écoutez, quand vous lisez les témoignages du personnel.

14:22
Aurélien Rousseau

Il y a un sujet qui a un cercle vicieux terrifiant, c'est que moins vous êtes nombreux, plus ceux qui sont là ont de boulot. Et puis, par ailleurs, avoir un bloc fermé dans un hôpital de pointe ou pas de pointe, c'est déchirant, que ce soit pour l'infirmière ou pour le chirurgien. On a une bonne nouvelle dans ce paysage qui est extrêmement tendu, c'est qu'on a les meilleures campagnes de recrutement de personnels paramédicaux depuis 10 ans. On rouvre des lits, notamment à l'assistance publique hôpitaux de Paris. Mais ça va prendre combien de temps ? Ça fait des années qu'on parle de ces pénuries. D'ici la fin de l'année, on va rouvrir 3 000, 4 000 lits.

C'est un signal, moi je pense que c'est un signal positif. Et puis à la fin, il y a aussi un sujet, mais comme partout, dans tout le monde du travail, on a besoin, et moi j'ai été frappé, je suis frappé depuis que j'ai pris ces fonctions, les soignants, le sujet évidemment de la rémunération, il est là, même si le Ségur de la santé annoncé en 2020 et les mesures annoncées par la Première Ministre cet été ont compensé, ont rattrapé une grande partie de ce retard. Mais ils veulent aussi savoir quelles sont leurs perspectives professionnelles. Ils ne vont pas faire 40 ans le même boulot. Donc ils veulent des évolutions, ils veulent avoir accès aux formations.

Mais quand on est sur la corde raide en termes de ressources humaines, on dit non aux formations, on ne laisse pas partir les soignants pour des mobilités. Et ça, ça va maintenant se jouer hôpital par hôpital pour qu'on gagne cette bataille où on fait beaucoup plus équipe, on revient au niveau de l'équipe. Moi c'est un changement culturel. Si les soignants dans un service, ils ont décidé de s'organiser de telle ou telle manière, c'est eux qu'on va suivre. On se débrouillera, l'administration, pour les suivre. C'est comme ça, il y a un vrai sujet qui traverse d'ailleurs tout le monde du travail, pas que l'hôpital.

Dans l'industrie aujourd'hui, on a beaucoup de mal à recruter des personnels pour travailler la nuit. Donc il faut qu'on se dise qu'on doit être à la hauteur des attentes de cette ressource, de la première ressource de l'hôpital et de l'hôpital public en particulier, ce sont les soignants.

16:27
Présentateur

Toujours avec le ministre de la Santé Aurélien Rousseau, la bronchiolite est de retour cet hiver,

16:36
Invité

mais cette année ça semble un petit peu moins violent que l'année dernière. Est-ce qu'on dit merci au Befortus, ce traitement préventif contre la bronchiolite ?

16:43
Aurélien Rousseau

À ce stade, le point positif en effet, c'est qu'on a moins d'impact hospitalier. Moi je suis prudent sur les motifs, il peut y avoir des motifs climatiques, il peut y avoir des gestes barrières qui ont été mieux respectés, et tant mieux si le Befortus qu'on s'est démené pour déployer, pour obtenir plus de doses que ce qu'on avait au début, on est un des seuls des quatre pays au monde à avoir le Befortus. Les stocks seront suffisants pour cet hiver ? On aura pour les maternités assez de stocks pour tous les bébés qui naissent, et pour tous les parents qui veulent faire immuniser leur bébé jusqu'à la fin de l'hiver, on aura assez de stocks.

Ça a été une bagarre, mais on a aujourd'hui les disponibilités.

17:24
Présentateur

Dans les maternités comme dans les pharmacies ?

17:26
Aurélien Rousseau

Dans les pharmacies, non, on n'est pas au même niveau, mais je le dis, le risque de bronchiolite grave et sévère, il est essentiellement sur les tout petits, sur les plus petits, les nourrissons. Donc depuis le départ, effectivement, c'est ces doses à 50 mg sur les maternités qu'on priorise.

17:45
Invité

Aurélien Rousseau, est-ce que vous êtes inquiet de ce qui se passe en Chine avec cette hausse des maladies respiratoires ?

17:50
Aurélien Rousseau

Alors moi, j'essaie de me tenir un principe, c'est de ne pas être inquiet ni rassurant, mais de vérifier les éléments. J'ai eu le directeur général adjoint de l'OMS, on a fait un point tous les jours. Ils ont les autorités chinoises. De ce qu'il ressort aujourd'hui, il y a forcément des incertitudes, c'est qu'ils connaissent le rebond de pneumopathies qui sont liées à une bactérie, à une bactérie qui s'appelle le mycoplasme. Cette bactérie, on la connaît bien, donc c'est pour ça que je dis...

18:24
Invité

Ça n'a rien à voir avec la situation du décembre 2019, quand il y avait ce virus un peu inconnue qui commençait à arriver à Wuhan.

18:30
Aurélien Rousseau

Effectivement, là, tous les éléments qu'il nous donne, c'est que c'est une bactérie qu'on connaît, ce n'est pas un virus. Et donc moi, mon job dans ce cas-là, c'est de vérifier que nos stocks d'antibiotiques, parce que c'est une bactérie qui répond très bien à des antibiotiques spécifiques, on les a sur le territoire national, on a six mois de stock sur ces produits-là, mais on a aujourd'hui une augmentation, comme dans tous les pays d'Europe, de ces bactéries qui donnent un mycoplasme, comme on dit, qui donnent des pneumopathies un peu moins sur les tout petits bébés, mais dont on sent aujourd'hui l'impact, notamment sur les urgences pédiatriques.

19:08
Présentateur

Aurélien Rousseau, on attend toujours le texte sur la fin de vie, projet de loi autorisant une aide active à mourir. Le texte devait être présenté en Conseil des ministres courant décembre, pour une discussion à l'Assemblée en janvier ou en février. Clairement, on n'y sera pas, on sent qu'Emmanuel Macron hésite. Est-ce que c'est parce que les soignants résistent ?

19:26
Aurélien Rousseau

Je ne pense pas que ce soit le sujet principal. Je pense que le président de la République qui s'est engagé, et ce texte va venir, il n'y a absolument aucun doute. Le président, il souhaite vérifier, et il nous challenge, et il a raison, Agnès Firmin-Le Baudot, la ministre déléguée qui pilote ce sujet, et moi, sur la robustesse de notre plan sur les soins palliatifs, les soins d'accompagnement, puisqu'il faut qu'on soit sûr, au moment où on va porter un texte sur la possibilité d'aide active à mourir, il faut qu'on soit sûr que la possibilité d'avoir accès aux soins palliatifs, elle soit là, partout sur le territoire, qu'on soit à Paris, des CSP+, autour de notre table.

Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Et aujourd'hui, on a une stratégie, on renforce les moyens, on renforce la formation des soignants, donc le président, il nous demande, je veux être sûr que ça aura lieu partout. Et on en parle beaucoup, et on sera en capacité de structurer cette filière, on y travaille, et Agnès Firmin-Le Baudot notamment, depuis un an maintenant, et on sera en capacité d'avoir un plan robuste dans les toutes prochaines semaines.

20:39
Invité

Et est-ce que l'hésitation, elle ne tient pas aussi à ce que pointait d'ailleurs ici même, à votre place, David Lysnard, le président de l'AMF, l'Association des maires de France, il dit, au fond, ce n'est sans doute pas une priorité pour les Français aujourd'hui ?

20:50
Aurélien Rousseau

Moi, je pense que ça dépend beaucoup aussi de nos expériences intimes, les uns et les autres. Moi, je n'ai jamais été confronté personnellement dans ma famille à ce sujet-là, mais je vois beaucoup de gens pour qui c'est aujourd'hui un sujet majeur, ils attendent cette évolution de notre société. Donc, je me garderai d'avoir un jugement politique, très vite, ça touche à l'intime, c'est aussi pour ça que le texte qu'on écrit, on veut qu'il réponde à toutes les situations, et que ce ne soit pas, j'allais dire, un ballon d'essai, sur lequel après, on se déchire dans des débats partisans qui ne mèneraient à rien.

21:29
Présentateur

Une dernière question, Aurélien Rousseau, la SNCF, tout comme Michel-Edouard Leclerc, le patron des magasins du même nom, souhaite installer des espaces de téléconsultation. La SNCF, c'est dans 300 gares d'ici à 2028 pour favoriser l'accès aux soins, notamment dans les déserts médicaux. Vous en dites quoi ?

21:46
Aurélien Rousseau

J'en dis que de tous ceux qui veulent se mobiliser contre les déserts médicaux en faveur de l'accès aux soins sont les bienvenus. J'en dis aussi que, moi, mon sujet principal aujourd'hui, ce sont les médecins et tous les professionnels de santé qui sont en train de s'organiser pour répondre à ça. On a repris les négociations avec les médecins. Il y a beaucoup, vous l'avez vu, dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, par exemple, la cystite et l'angine, ces 9 millions de consultations chez le médecin par an peuvent être dépistées en pharmacie.

Et mon sujet avec les cabines de téléconsultation, c'est que je pense que ça peut être un outil complémentaire, mais que ça ne peut pas être un outil isolé du reste du parcours de soins. D'ailleurs, on le voit bien, il faut qu'il y ait un professionnel de santé qui accompagne. Ce n'est pas une cabine de téléconsultation, ce n'est pas un photomaton. Donc, du coup, il ne faut pas confondre l'accès aux soins et l'accès à un bien de consommation comme les autres. Donc, si on peut avoir un travail, notamment avec la SNCF et son prestataire, pour dialoguer sur le parcours de soins et voir où est le médecin traitant dans tout ça, ce sera parfait, ce sera un plus.

Mais je pense qu'aujourd'hui, aujourd'hui, c'est avec les médecins, avec les professionnels de santé que cette bataille de l'accès aux soins va se gagner.

23:05
Invité

Aurélien Rousseau, ministre de la Santé, vous étiez invité du 830 France Info. Je vous dis à demain et je vous laisse en compagnie de Salia Braclia. Les informer dans 5 minutes, quel est le programme ?

23:12
Présentateur

Deux sujets au menu après le meurtre du jeune Thomas. L'extrême droite et la droite tentent la récupération politique. L'ultra-droite, elle, menace dans le pays. Quelle réaction du côté du gouvernement ? On se pose la question ce matin. Et puis, à la veille de la COP 28, demain à Dubaï, Emmanuel Macron a annoncé hier un énorme appel d'offres en 2025 pour installer un parc éolien en mer. Est-ce suffisant pour rattraper notre retard ? Voilà, on parle de tout ça dans une demi-heure. Pas du tout, non ? Quelques minutes. Une demi-heure, c'est le temps que ça va prendre ce débat avec Renaud Delier et ses informés. A tout de suite sur France Info.