Porno : l’enfer du décor - Annick Billon - Le 5/5 - C à vous - 28/09/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06OuverteRéponse directe
Ces chiffres sont effarants, mais on les répète après année et rien ne change. Pourquoi est-ce qu'on se réveille maintenant ?
- 1:54RelanceRéponse partielle
Pourquoi on ne met pas en place un système de vérification d'âge comme pour les jeux en ligne ?
- 6:58OuverteRéponse directe
Que lui répondez-vous ? Est-ce que c'est suffisant comme solution ?
- 8:55RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on va faire croire que nous pouvons être coéquipiers sur le terrain alors que nous refusons obstinément à l'être dans l'hémicycle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06PrésentateurChiffre
« deux tiers des moins de 15 ans, un tiers des moins de 12 ans ont déjà eu accès à des images pornographiques »
- 1:47Invité politiqueFait
« la pornographie d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce que la pornographie était auparavant »
- 2:22Invité politiqueFait
« la pornographie, ce sont des multinationales, souvent hébergées dans des paradis fiscaux »
- 3:35Invité politiqueFait
« Il y a des lois, pourtant, le blocage, empêcher les mineurs, ça existe »
- 5:31Invité politiqueFait
« les pleurs, le sang, les cris, les doubles pénétrations, les triples pénétrations, rien n'est simulé »
- 6:08Invité politiqueFait
« le consentement, il est obtenu souvent avec un premier viol de soumission »
- 7:48Invité politiqueChiffre
« vous avez 19 millions de vues uniques par mois en France »
Temps de parole
- Annick Billon48 %
- Invité22 %
- Présentateur9 %
- Invité 26 %
- Invité 35 %
- Invité 43 %
- Invité 52 %
- Invité 62 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Porno, l'enfer du décor. On s'intéresse ce soir au rapport produit par le Sénat sur une industrie qui manque sans doute de contrôle.
Océan de violences, violences systémiques traitent des êtres humains. C'est tout l'univers du porno qui a été passé au crible de quatre sénatrices de la délégation aux droits des femmes, des auditions, des enquêtes. Et donc ce rapport accablant, la question des violences dans le porno, celle du proxénétisme sur mineurs, et celle même de l'exposition des mineurs à des images qui ne leur sont pas destinées, des mois de travail en commission.
Vous travaillez avec des gens, vous avez un producteur et vous apprenez dans le journal que ces conditions de tournage ne sont pas respectueuses à la dignité humaine. C'est possible ? Ben oui, vous êtes diffuseur. Mais à un moment, on est responsable. On est responsable de ce qui est diffusé, même si on ne l'a pas produit. Que se passe-t-il si au milieu du tournage, l'actrice dit « En fait, non, je ne veux plus ». Ce sont des actes de barbarie extrêmement importants dont il est question aujourd'hui et qui ont été révélés par la presse et dont la justice s'est emparée. Donc de grâce pour ces victimes, apportez-nous les réponses. Bonsoir Alic Billon.
Bonsoir. Sénatrice UDI, co-autrice avec trois autres de vos collègues sénatrices de ce rapport qui nous apprend que deux tiers des moins de 15 ans, un tiers des moins de 12 ans ont déjà eu accès à des images pornographiques. Ces chiffres sont effarants, mais on les répète après année et rien ne change. Pourquoi est-ce qu'on se réveille maintenant ?
On se réveille maintenant parce que la pornographie d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec ce que la pornographie était auparavant. On est resté, notre logiciel de perception de la pornographie est resté à ce que c'était avant les années 2000. Or, depuis les années 2000, il y a eu la naissance des chaînes tube, il y a eu les réseaux sociaux. Et désormais, la pornographie, elle est accessible, gratuite, à tout le monde, à tout moment, 24 heures sur 24.
Et vous dites, depuis les années 2000, ça fait déjà 22 ans, les années 2000, les enfants ont juste à cliquer sur un bouton « j'ai plus de 18 ans ». Je pense aux jeux en ligne, poker en ligne par exemple. On a très bien réussi à faire un système de carte d'identité pour vérifier la majorité des clients. Pourquoi on ne le fait pas sur le porno ?
Il y a une question, mais c'est aussi parce que l'industrie de la pornographie a évolué. Auparavant, avant les années 2000, la pornographie, c'était une affaire de sexe. Désormais, c'est devenu une affaire d'argent. C'est-à-dire que la pornographie, ce sont des multinationales, souvent hébergées dans des paradis fiscaux, qui n'ont aucune compétence particulière sur le sexe, mais par contre, qui sont d'excellents financiers, et qui gèrent leurs petites affaires avec bonheur depuis le monde entier. Et c'est ça qui est difficile aujourd'hui.
C'est-à-dire que c'est devenu invisible, parce qu'auparavant, évidemment, lorsque vous aviez le film à Canal+, il y avait des règles, elles étaient respectées, il y avait effectivement un double codage.
Et un diffuseur responsable qu'on connaissait et auquel pouvaient s'adresser les autorités.
Mais maintenant, c'est, vous l'avez dit, les jeunes qui ont cet accès, c'est les smartphones, c'est-à-dire que les jeunes ont à leur disposition des smartphones de plus en plus jeunes.
Oui, d'LCM2, a priori.
Oui, et sont connectés, d'ailleurs, accèdent à des images pornographiques, en réalité, de manière volontaire, mais aussi involontaire. Parce que nous n'avons pas pris la mesure du danger, la mesure de ce qui se passait, et que nous n'avons pas mis en place. Il y a des lois, pourtant, le blocage, empêcher les mineurs, ça existe. Il y avait eu des amendements portés par Marie Mercier sur le sujet. Donc ça existe, c'est possible, mais c'est pas fait, alors que c'est fait pour la haine en ligne, par exemple. C'est fait pour le terrorisme, mais pour la pornographie, on en est resté encore à sourire un petit peu dès qu'on parle de pornographie.
Je crois qu'après ce rapport, on ne parlera plus jamais de la pornographie, comme on en a parlé jusqu'à aujourd'hui.
Il y a deux entreprises du secteur, vous avez utilisé le mot industrie, qui sont visées par la justice pour viol en réunion, traite aggravée d'êtres humains, proxénétisme aggravé, les sites Jackie et Michel et French Bukake. L'émission complément d'enquête consacre un numéro à cette thématique demain soir. Sur France 2, ils ont suivi des gendarmes qui ont saisi des vidéos du patron de French Bukake, des heures de vidéos en réalité. Alors attention aux plus jeunes devant la télévision, on regarde un gendarme qui justement est en train de qualifier l'effet de violence qu'il observe. Une jeune femme, entourée de deux hommes, réclame des préservatifs en vain.
Sur une autre vidéo, difficile à regarder, une jeune femme grimace de douleur, comme le relèvent les gendarmes. Elle supplie Pascal Hopé d'arrêter. Il continue en la contenant avec ses bras. Au sujet de votre travail, six mois de travail parlementaire, on a parlé d'audition éprouvante au Sénat.
C'était franchement très éprouvant. Au sort de ces dizaines d'heures d'audition, les victimes qui sont victimes de l'affaire French Bukake, on les a auditionnées à huis clos, puisque l'affaire est en cours. C'était difficile à entendre, difficile à supporter, parce qu'il faut que tout le monde ait conscience que les pleurs, le sang, les cris, les doubles pénétrations, les triples pénétrations, rien n'est simulé. Tout est vrai dans ces films. Il faut qu'on en prenne conscience collectivement. Et pas consenti en l'occurrence. Oui, parce qu'il y a des stratégies, souvent des femmes vulnérables qui ont besoin d'argent.
Et c'est pour ça qu'on fait le lien, parce qu'il y a une porosité entre la prostitution, proxénétisme, pornographie. Et c'est démontré dans nos travaux. Et que le consentement, il est obtenu souvent avec un premier viol de soumission. Et puis aussi des produits chimiques. Là, on voit que la jeune femme pleure, demande à ce que ça s'arrête. Le consentement réversible, il n'est pas pris en compte. Et les contrats n'existent pas. C'est vraiment la jungle. C'est-à-dire que toutes les limites qui sont imposées, tout ce qui est interdit, dans la société en général, les limites légales, éthiques, morales, l'industrie de la pornographie s'en affranchit totalement.
Dans cette industrie, justement, chez une autre firme du porno, le groupe Dorcel, on vous répond qu'il faudrait créer un métier d'agent pour les acteurs du X. Il vous met en garde sur toute tentation abolitionniste sur le porno. Que lui répondez-vous ? Est-ce que c'est suffisant comme solution ?
Nous, on n'a pas décidé de prendre le parti d'être abolitionniste. Pourquoi ? Parce que l'industrie, c'est des milliards de dollars à l'international. Donc on peut se dire, on va interdire, mais on n'arrivera pas à l'interdire. On n'a pas choisi de réglementer non plus, parce que proposer des contrats, proposer des chartes d'anthologie, proposer des accompagnateurs sur les tournages, c'est aussi se donner bonne conscience. Oui, c'est très bien que Dorcel dise ça. La seule chose, c'est que la majorité des tournages, il se passe où ? En réalité, c'est la question. Moi, j'étais sur un plateau il y a quelques minutes où il y avait un acteur.
Mais l'acteur, il m'a dit, moi, dans ma carrière, j'ai fait 10-15 films. Enfin, c'est des milliards de vidéos qui circulent. Donc la pornographie éthique, il ne faut pas en parler. Il n'y a pas de consommateur pour ça. Dans la mesure où vous avez 19 millions de vues uniques par mois en France, vous avez une addiction de certaines personnes sur cette industrie de la pornographie, sur le visionnage de ces films. Et plus vous en voyez, plus vous avez besoin de voir des choses hard, trash, difficiles à voir. Et on le voit, c'est franchement dramatique. Nous, ces victimes qu'on a reçues, il y avait une avocate pendant l'audition, elle était en pleurs.
Merci beaucoup, Annick Billon, sénatrice UDI. Donc l'une des quatre autrices de ce rapport, pour nous, l'enfer du décor. Un rapport, dites-vous, qui va changer durablement le regard de notre société sur cette industrie. Voilà, un océan de violence. Tout autre sujet dans le 5 sur 5 ce soir. Peut-on jouer au foot avec l'extrême droite ?
Alors la question peut paraître saugrenue, elle est étrangement brûlante d'actualité. Ce soir, en ce moment même, en fait, est organisé un match de gala qui oppose l'équipe parlementaire des députés qui chosent des crampons à une sélection d'anciens footballeurs et de people. C'est une tradition, c'est pour la bonne cause, tout se passait comme prévu, jusqu'à ce qu'on se rappelle que 89 députés siègent sous la bannière Rassemblement National à l'Assemblée. Alors, couite du barrage, hier soir, des élus de l'UPS ont lancé le débat. Nous ne voulons pas participer à, finalement, un objectif de récupération politique par le Rassemblement National pour se banaliser.
Est-ce qu'on va faire croire que nous pouvons être coéquipiers sur le terrain alors que nous refusons obstinément à l'être dans l'hémicycle ? La banalisation conduit aussi à des alliances entre la droite et l'extrême droite. Et c'est ainsi que l'extrême droite peut ensuite gouverner. Nous n'avons pas de raison particulière de lui servir d'escabeau. Moi, si je vois un élu FN dans l'équipe d'en face, peut-être mes tacles vont être un peu plus appuyés. Aurore Berger, également la patronne du groupe Renaissance. La majorité, elle voit d'un mauvais oeil que des députés de son camp jouent au foot avec l'extrême droite. Réponse rapide, tôt ce matin, Marine Le Pen sur RTL.
Ça en dit long sur ces gens. En réalité, c'est la haine tout le temps, partout. Il n'y a pas un espace où ils peuvent admettre que nous sommes des députés. On joue contre d'ailleurs des équipes étrangères qui vont nous regarder en nous prenant pour des pignoufs. Je pense qu'ils seront jugés assez durement par les Français. Et ça a suffi à animer le débat toute la journée. Ce soir, le match a tout de même commencé vers 18h30. Nous avons voulu voir qui était sur le terrain, qui a bien voulu jouer. A l'entrée du stade, on est au pied de la tour Eiffel. Anaïs Rucouli et Audrey Payas ont retrouvé Carl Olive, l'un des capitaines de l'équipe parlementaire. C'est bien hommage, mais c'est comme ça.
Moi, je regrette qu'on vienne instrumentaliser, politiser une rencontre. Ça fait, moi, c'est la 14e année que je fais un match. Vous le savez, il y a encore six mois, il y avait des rugbymans du 15 parlementaire qui évoluaient avec toutes les sensibilités. Ça ne posait aucun problème. Le meilleur combat qu'on puisse envoyer à ces personnes-là, c'est certainement pas en boycottant. Au contraire, comme je dis, Mme Le Pen devrait faire une statue à LFI. On n'a jamais autant parlé du Rassemblement national que depuis 24 heures. Ils sont un peu comme Jeanne Moreau, vous voyez. J'ai les mots marquiflants, je ne me souviens plus de rien. Il y a 24 heures, les mêmes étaient tout à fait d'accord.
Il y a 24 heures, tout à fait d'accord pour participer à cette rencontre. Les socialistes sont devenus les soumis des insoumis. Alors, je sais qu'il y a 5-2 sur le terrain, dont trois buts d'une personnalité que vous allez reconnaître. Ça les regarde, moi, je pense que le sport, on est là avant tout, surtout pour la bonne cause. C'est déjà ça aujourd'hui. On dit souvent toute l'année que le sport, ça rassemble, il faut rassembler les gens. Donc, si nous aussi, on se met à commencer à faire des différences entre les gens avec qui on joue au football, ça risque d'être compliqué. Donc, voilà, je pense qu'on se doit aussi d'être là avant tout pour l'association.
Nous, on est là pour mettre des raclées. S'ils veulent prendre des raclées, ils sont bienvenus.
Voilà, 5-2, c'est pour le moment.
Pour l'équipe des anciens footballeurs et des people, trois buts d'Empopora.
Il faut que les députés s'entraînent alors.
Annick Billon