Pierre-Marie Moreau, élu de Poitiers, vice-président de la CCI 86 et spécialiste de l'immobilier commercial
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- 0:23Invité politiqueFait
« Le tribunal de commerce doit encore rendre son avis sur cette fermeture. »
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« Ça va être en effet à l'appréciation du tribunal. »
- 0:34Locuteur 3Fait
« Des juges qui vont étudier le dossier. »
- 0:38Locuteur 3Fait
« La société Jiber était, si je ne m'abuse, d'abord en redressement avec un plan. »
- 0:43Locuteur 3Fait
« Et ensuite, il est passé en liquidation. »
- 0:47Locuteur 3Fait
« Enfin, en tout cas, en demande de dépôt de liquidation. »
- 0:54Invité politiqueFait
« C'est un coup dur aussi pour Poitiers. »
- 0:55Invité politiqueFait
« C'est une institution qui était là depuis 20 ans. »
- 0:58Invité politiquePromesse
« Qu'est-ce que ça veut dire aussi pour le centre-ville ? »
- 1:12Locuteur 3Promesse
« Ça veut dire qu'il faut qu'il se réinvente, il faut qu'il soit dynamique. »
- 1:19Locuteur 3Promesse
« Il faut qu'il puisse attirer d'autres commerçants. »
- 3:20Locuteur 3Chiffre
« C'est ce genre de questions qu'il va falloir se poser, et se poser rapidement, anticiper, même, parce que, quand on a une idée en tête, un projet bien précis, vous avez tout un processus, après, urbanistique, si je puis dire, avec des dépôts de dossiers administratifs, etc., qui prennent du temps. »
- 3:40Locuteur 3Promesse
« Ça peut passer par une mixité d'usages du bâtiment. »
- 4:03Invité politiqueFait
« Ce n'est pas le seul commerce, vous l'avez dit, qui ferme. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Là, quand on se promène rue Gambetta ou rue Adjacente, on a vu pas mal de commerces qui ont fermé, de commerces de prêt-à-porter, de chaussures. »
- 4:12Invité politiquePromesse
« Des grandes enseignes comme Emma qui ferment, ça laisse la porte ouverte aussi à des pertes de grandes enseignes comme Starbucks, par exemple. »
- 4:22Locuteur 3Fait
« En effet, aujourd'hui, la crise a touché les enseignes dites nationales voire internationales, donc vous venez de les citer. »
- 4:28Locuteur 3Fait
« En effet, elles sont touchées aussi par cette crise, comme le commerce indépendant. »
- 4:42Locuteur 3Chiffre
« Là, le problème, la problématique, c'est que vous avez moins d'entrées que de sorties, alors qu'avant, c'était l'inverse. »
Temps de parole
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Le coup près est tombé, le groupe Jiber vient de demander le placement en liquidation de sa librairie de Poitiers, une institution en centre-ville depuis plus de 20 ans. Pour en parler, vous recevez un élu de la ville de Poitiers, Clément.
Effectivement. Bonjour Pierre-Marie Moreau. Bonjour. Vous êtes élu au tourisme à la ville de Poitiers et président de la CCI par intérim. Alors, on l'entendait dans le journal, la librairie Jiber risque d'être liquidée. Le tribunal de commerce doit encore rendre son avis sur cette fermeture. Est-ce que c'est inévitable selon vous ?
Alors, inévitable, je ne saurais le dire. Ça, ça va être en effet à l'appréciation du tribunal. Des juges qui vont étudier le dossier. Mais en effet, ça ne sent pas bon en fait. Parce que la société Jiber était, si je ne m'abuse, d'abord en redressement avec un plan. Et ensuite, il est passé en liquidation. Enfin, en tout cas, en demande de dépôt de liquidation. Donc, en tout cas, ce n'est pas positif.
C'est un coup dur aussi pour Poitiers. C'est une institution qui était là depuis 20 ans. 12 salariés qui sont menacés. Qu'est-ce que ça veut dire aussi pour le centre-ville ?
Alors, coup dur pour le centre-ville, en effet. Parce que c'est encore un commerce qui est touché par cette crise, qui commence à persister. Et c'est aussi un emplacement de choix, un emplacement emblématique totem dans le centre-ville. Donc, en effet, qu'est-ce que ça veut dire pour le centre-ville ? Ça veut dire qu'il faut qu'il se réinvente, il faut qu'il soit dynamique. Il faut qu'il puisse attirer d'autres commerçants. Et ça, vous avez en effet la collectivité qui, objectivement, joue jeu en ce moment. Vous avez les instances comme la CCI ou d'autres qui doivent aussi partager l'information que c'est un centre-ville dynamique où des commerces sont florissants.
Et vous avez les professionnels aussi qui doivent chercher des remplaçants.
Alors ça, c'est la réaction après cette annonce. Mais qu'est-ce que la ville aurait peut-être pu faire pour essayer de sauver ce commerce avant ses décisions ?
Malheureusement, je ne pense pas que la ville ait quelque chose à voir là-dedans ou ait pu faire quelque chose. Parce que, voilà, c'est tout un secteur qui est ravagé. Le secteur de la librairie, en effet, depuis des années et des années, est malheureusement un des premiers secteurs en première ligne, si je puis dire, de l'e-commerce.
Si on peut faire une petite comparaison, à Evreux, il y a une librairie Jiber qui ferme. Sauf que la mairie, elle est propriétaire des murs. Elle veut tout faire pour garder un commerce de librairie en centre-ville. Est-ce que la ville de Poitiers n'aurait pas pu envisager quelque chose comme ça ?
Non, alors, en effet, la mairie, Evreux, est propriétaire des murs. Mais alors, sans avoir de boule de cristal, je ne pense pas qu'elle puisse faire grand-chose aussi. À part, en effet, mettre, et ça, c'est un programme qui sera présenté par ma collègue Camille Ladeau, en charge du commerce à la ville, animer des locaux vacants, proposer des choses particulières dans les locaux vacants. Mais ce n'est pas des solutions pérennes, parce qu'encore une fois, une municipalité n'a pas vocation à s'immiscer dans l'économie privée d'une collectivité. En fait, les acteurs privés doivent monter des entreprises et être florissants, et la collectivité doit organiser les choses.
Pour répondre à votre question, pardon, sur, en effet, l'intervention de la mairie, du coup, de Poitiers, sur ce dossier, vous l'avez dit, c'est une propriété privée. Le mieux qu'on puisse faire, et que l'on doit faire, c'est coordonner l'ensemble des acteurs, les mettre tous autour de la table, pour trouver des solutions pérennes.
Ce qui va être l'enjeu pour la suite, parce que là, il y a quand même tout un bâtiment, en centre-ville, sur un secteur hyper stratégique, qui va devoir trouver, peut-être, repreneur. Alors, ce sera quoi ? Un commerce, plusieurs commerces, du logement ?
Alors, c'est ce genre de questions qu'il va falloir se poser, et se poser rapidement, anticiper, même, parce que, quand on a une idée en tête, un projet bien précis, vous avez tout un processus, après, urbanistique, si je puis dire, avec des dépôts de dossiers administratifs, etc., qui prennent du temps. Donc, plus on anticipe ces questions, plus on ira vite, ensuite, dans la recherche de solutions. Mais, en effet, ça peut passer par une mixité d'usages du bâtiment.
Là, encore une fois, je dis des bêtises, mais c'est un grand bâtiment, avec du commerce, jusqu'au dernier étage, pourquoi pas proposer des logements au-dessus, et un commerce plus petit, mais toujours de taille assez significative, en règle chaussée, premier étage, par exemple.
C'est une fermeture qui, on imagine, inquiète aussi les commerçants et les habitants de Poitiers. Ce n'est pas le seul commerce, vous l'avez dit, qui ferme. Là, quand on se promène rue Gambetta ou rue Adjacente, on a vu pas mal de commerces qui ont fermé, de commerces de prêt-à-porter, de chaussures. On a Emma, le magasin en centre-ville, qui a aussi fermé. Des grandes enseignes comme Emma qui ferment, ça laisse la porte ouverte aussi à des pertes de grandes enseignes comme Starbucks, par exemple.
Oui, alors même pour rebondir sur ce que vous dites, en effet, aujourd'hui, la crise a touché les enseignes dites nationales voire internationales, donc vous venez de les citer. En effet, elles sont touchées aussi par cette crise, comme le commerce indépendant. Alors, il faut toujours voir le verre à moitié plein dans ce genre de situation. Ce ne sont pas des éléments de langage, c'est la vérité, ce que je vous dis, c'est que vous avez des sorties, vous avez aussi des entrées. Là, le problème, la problématique, c'est que vous avez moins d'entrées que de sorties, alors qu'avant, c'était l'inverse.
J'avais toujours un discours où, en effet, vous avez le commerce ABC qui s'en va, il est remplacé par A prime, B prime, C prime. Là, vous avez, en fait, une accumulation de départs par liquidation due à la crise qui est là. Et donc, il faut retrouver les repreneurs.
Et en quelques mots, justement, parce qu'on est pris par le temps, mais qu'est-ce que la ville doit faire pour justement trouver ces repreneurs ?
Faciliter les échanges, communiquer sur, en effet, la disponibilité de ces commerces auprès des professionnels et faciliter les échanges entre les professionnels de l'immobilier commercial et les enseignes. Voilà, c'est une instruction rapide des dossiers, c'est une présentation des flux de la ville, une présentation des performances de la ville commerciale. Ça existe, ces données sont disponibles et il faut les divulguer au plus grand nombre.
Très bien, merci beaucoup. C'est tout l'enjeu pour la ville de Poitiers dans le futur. Merci beaucoup, Pierre-Marie Moreau. Je rappelle que vous êtes élu au tourisme et président par intérim de la CCI.