Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 19 novembre 2025 16 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Laurent Jacobelli : "Le mépris de classe d'un certain nombre d'artistes est gênant !" (BFMTV)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse partielle

    Et vous pensez que parce qu'on est aisé, on ne peut pas comprendre les malheurs de ceux qui ont moins d'argent ?

  • 0:43RelanceRéponse directe

    On est forcément déconnectés ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Vous avez l'impression qu'il y a deux Frances à l'heure qu'il est ?

  • 3:09ComplaisanteRéponse directe

    Tout à fait convaincu par cet argument, il créa ?

  • 3:18FerméeÉludée

    Et pardon, c'est quoi le budget culture dans le programme du Rassemblement National ?

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Il y a un autre élément sur lequel je voulais vous entendre, toujours Pierre Arditi, qui parle, parce que c'est d'actualité, il parle de la taxe, de taxer les riches.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:11Invité politiqueFait
    « il dit à 13 millions de Français, vous êtes des cons. »
  • 0:23Invité politiqueFait
    « Ça pose problème quand on vit dans le cœur de Paris, dans un des quartiers les plus chers de France. »
  • 1:34Invité politiqueFait
    « moi, je paye un appartement à 20 000 euros le mètre carré, ce n'est pas pour avoir des racailles en bas de chez moi. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « Il faudrait être aveugle pour voir qu'il n'y a pas un problème avec l'immigration aujourd'hui. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « Il faudrait être aveugle pour voir qu'il n'y a pas un problème d'insécurité. »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Il faudrait être aveugle pour voir que les finances publiques sont mal gérées. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Il vit de l'exception culturelle. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Le fait que Pierre Arditi vive aisément et continue de pouvoir se produire à son âge montre que si on applique la même chose à ceux qui bossent dans l'industrie, ceux qui bossent dans le textile, ceux qui bossent dans l'agriculture, eh bien, la France pourrait être un pays heureux. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas une question de budget, c'est une question de priorité. »
  • 4:02Invité politiquePromesse
    « On veut que ça s'applique à l'agriculture, on veut que ça s'applique à l'industrie. »
  • 4:10Invité politiquePromesse
    « Si simplement on disait, à l'entrée des frontières, quand on ne respecte pas les normes françaises et les lois françaises à l'étranger, on paye une taxe, on ne vient pas. »
  • 6:35Invité politiqueChiffre
    « Moi, je suis très surpris et très inquiet de voir une proposition de budget qui sera finalement, qui passera à la fin quand même, où il y a 19 milliards d'impôts supplémentaires levés et 30 milliards de dépenses publiques en plus. »
  • 6:42Invité politiqueChiffre
    « on a évité par les amendements 70 milliards de taxes supplémentaires qui nous a été protégées sur les bonbons, sur plein de choses. »
  • 11:55Invité politiquePromesse
    « Nous ce qu'on veut, c'est massivement réduire les taxes et les impôts sur les entreprises. »
  • 12:51Invité politiqueChiffre
    « Nous on a voté la suppression d'un impôt de production qui rapportait 5 milliards aux entreprises du coup. »
  • 14:22Invité politiqueChiffre
    « Il y a un budget qui n'arrive pas à être fait. Il y a 11% des Français seulement qui lui donnent leur confiance. »
  • 14:40Invité politiqueFait
    « La raison n'est pas la chose la plus partagée, notamment en politique. »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli54 %
  • Présentateur14 %
  • Locuteur non identifié10 %
  • Locuteur non identifié 210 %
  • Locuteur non identifié 37 %
  • Locuteur non identifié 43 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Laurent Jacobelli

Alain Souchon pense exactement ce qu'il veut, il chante exactement ce qu'il veut et il vote exactement ce qu'il veut. Je ne peux pas vous dire mieux, c'est un électeur parmi 40 millions et qui a son expression libre comme les autres. Là où ça pose un problème, c'est qu'il dit à 13 millions de Français, vous êtes des cons. Et ça, ça pose problème. Ça pose problème quand on vit dans le cœur de Paris, dans un des quartiers les plus chers de France. Ça pose problème quand, évidemment, soi-même, on n'a pas au quotidien de problème avec l'immigration, on n'a pas peur du chômage, on n'a pas peur de la perte du pouvoir d'achat. Ce mépris de classe d'un certain nombre d'artistes est gênant.

0:34
Présentateur

Et vous pensez que parce qu'on est aisé, on ne peut pas comprendre les malheurs de ceux qui ont moins d'argent ?

0:43
Laurent Jacobelli

Mais bien sûr qu'on peut le comprendre, mais on peut comprendre que les Français sont...

0:46
Présentateur

On est forcément déconnectés ?

0:47
Laurent Jacobelli

En tout cas, là, il a fait preuve de déconnexion. Je pense qu'il n'aurait pas dit le mot con, ce serait passé. C'est un artiste qui ne veut pas voter au Rassemblement National. Écoutez, moi, mon boulot, c'est d'essayer de le convaincre. Mais ce n'est pas de le contredire ou ce n'est pas de dire que c'est un mauvais artiste. D'ailleurs, moi, j'aime bien les chansons d'Alain Souchon. Et puis, il est aussi légitime que si moi, je vous fais une critique musicale d'un album ou d'une pièce de théâtre. C'est-à-dire, pas tellement crédible, finalement, mais j'ai le droit d'avoir mon opinion. En revanche, d'insulter ceux qui votent différemment de lui, c'est quand même cet esprit un peu de gauche.

Tu ne penses pas comme moi, donc tu es un facho, donc il faut te faire taire, ou alors tu es un débile. Ce n'est pas très démocrate, en fait. Vous savez, Alain Souchon, j'ai envie de rire, en fait. J'ai envie de rire parce qu'il habite dans un quartier, je ne vais pas dire lequel, où il y a une supérette qui a failli ouvrir cet été. Et les riverains ont signé une pétition en disant, moi, je paye un appartement à 20 000 euros le mètre carré, ce n'est pas pour avoir des racailles en bas de chez moi. Alain Souchon a signé. Donc, vous voyez, ce grand esprit des lumières qu'est Alain Souchon, quand il s'agit d'avoir un migrant en bas de chez lui, là, il a le hockey.

Voilà, je pense que tout est dit. Maintenant qu'il continue à faire des albums, je vous déconseille de faire de la politique en revanche.

1:55
Présentateur

Vous avez l'impression qu'il y a deux Frances à l'heure qu'il est ?

1:58
Laurent Jacobelli

Non, il y a une France très largement majoritaire qui comprend les problèmes. Et je crois que de plus en plus de Français, même des journalistes, même des artistes, comprennent que ce qui a été fait depuis 40 ans ne fonctionne pas. Il faudrait être aveugle pour voir qu'il n'y a pas un problème avec l'immigration aujourd'hui. Il faudrait être aveugle pour voir qu'il n'y a pas un problème d'insécurité. Il faudrait être aveugle pour voir que les finances publiques sont mal gérées. Donc, évidemment, les choses progressent. Mais vous savez, ceux qui ont bénéficié de ce système, finalement, se recroguent. Je voyais Pierre Arditi.

Il faut dire que Pierre Arditi vit du programme du Rassemblement National. Il vit de l'exception culturelle. C'est-à-dire qu'en France, on applique la priorité nationale à un seul domaine, c'est la culture. Et c'est ça qui fait que Pierre Arditi a encore un boulot aujourd'hui. Sinon, il n'y aurait que des séries américaines et que des films américains. Eh bien, il vit de la priorité nationale. Le fait que Pierre Arditi vive aisément et continue de pouvoir se produire à son âge montre que si on applique la même chose à ceux qui bossent dans l'industrie, ceux qui bossent dans le textile, ceux qui bossent dans l'agriculture, eh bien, la France pourrait être un pays heureux.

Finalement, par son exemple, il valide...

3:02
Présentateur

Tout à fait convaincu par cet argument, il créa ?

3:04
Locuteur non identifié

Non, c'est que l'argument est brillant, mais il oublie une chose, c'est le talent. Si vous voulez, je ne suis pas sûr que tout le monde ait le talent de Pierre Arditi sur scène, puisque effectivement, il donne un bel exemple de longévité. Il y a le talent, il y a la passion, il y a le tout ça.

3:18
Présentateur

Et pardon, c'est quoi le budget culture dans le programme du Rassemblement National ?

3:22
Laurent Jacobelli

Ce n'est pas une question de budget, c'est une question de priorité. C'est-à-dire que, par exemple, les radios en France sont obligées de diffuser une majorité de chansons françaises. Sinon, vous n'auriez, comme en Allemagne par exemple, que des chansons américaines ou anglo-saxonnes. Les télévisions généralistes doivent diffuser des œuvres françaises, des pièces de théâtre de Pierre Arditi, des films de Pierre Arditi. Si ce n'était pas le cas, vous n'auriez que des produits américains. Et donc, le fait de prioriser ce qui est fait en France par rapport à ce qui est importé, ce n'est fait que dans un seul domaine, la culture, et ça permet à notre culture de vivre.

3:53
Locuteur non identifié

Et tant mieux ! Je ne suis pas sûr que ce soit le programme du Rassemblement National, par ailleurs, puisque ça fait au moins quatre décennies que ça existe. Non, mais ce que je veux dire, c'est que nous, on veut l'appliquer.

4:02
Laurent Jacobelli

On veut que ça s'applique à l'agriculture, on veut que ça s'applique à l'industrie. On veut par exemple, on parlait de Shine, qui fabrique des vêtements peu chers et qui arrivent en France. Si simplement on disait, à l'entrée des frontières, quand on ne respecte pas les normes françaises et les lois françaises à l'étranger, on paye une taxe, on ne vient pas. Eh bien, ça donnerait une priorité à nos entreprises et à nos industries. C'est la même chose qu'on fait avec les œuvres américaines pour protéger le travail de Pierre Arditi.

4:25
Présentateur

Il y a un autre élément sur lequel je voulais vous entendre, toujours Pierre Arditi, qui parle, parce que c'est d'actualité, il parle de la taxe, de taxer les riches. Lui, il est pour. C'est un autre élément qui vous différencie. On écoute Pierre Arditi.

4:35
Locuteur non identifié

Ça n'arrange personne. On aimerait bien ne pas être taxé comme ça, sauf que le pays est en danger, là. Il est même en danger de mort. Donc à un moment donné, tout le monde doit mettre la main à la poche. Mais évidemment, ceux qui sont les plus favorisés, très souvent à juste titre, ils ont beaucoup travaillé pour ça, très bien. Dans ces cas-là, c'est un peu moins pénible pour eux que pour un certain nombre d'autres qui, eux, se demandent comment ils vont manger à la fin du mois. Vous voyez ? C'est Claude Chabrol qui m'avait raconté ça. Je ne sais plus en face de qui il se trouvait. Et c'était quelqu'un qui disait... Enfin, vous comprenez, vous comprenez.

C'est toujours aux riches qu'on demande de payer. Et jamais aux pauvres. Il a dit, ben oui, vous imaginez si on faisait le contraire ? Si on demandait à tous les pauvres de payer à la place des riches ? Moi, je ne suis pas milliardaire, mais je gagne très bien ma vie. Je le trouve tout à fait normal et naturel, compte tenu de la fragilité de notre pays, aujourd'hui, de faire cet effort-là, parce qu'il est légitime. J'aime mon pays. Je lui dois tout. Donc, je dois lui rendre ce qu'il m'a donné. C'est tout à fait normal. Notre pays est un pays, comment dire, atypique. Notre pays a toujours été capable de faire un certain nombre de choses qu'aucun autre pays ne faisait. C'est sa richesse.

C'est son honneur. Et je suis honoré d'être français. Voilà. Si on me demande, si on me demande, effectivement, de faire un effort, je le fais.

6:09
Présentateur

– Pas si déconnecté que ça, finalement, ces artistes qui disent « Oui, c'est plutôt logique que ce soit à nous, finalement, les plus riches, les plus aisés, ceux qui ont plus de chances de mettre la main à la poche pour ne pas que ça pèse sur les plus pauvres. »

6:23
Laurent Jacobelli

– Ce que dit Pierre Arditi est assez logique. C'est-à-dire que s'il y a un effort fiscal à faire, il est vrai qu'il vaut mieux le demander à ceux qui ont plus d'argent que à ceux qui n'en ont pas, ou aux classes moyennes, comme c'est d'ailleurs souvent le cas, et que c'est absolument le cas. Moi, je suis très surpris et très inquiet de voir une proposition de budget qui sera finalement, qui passera à la fin quand même, où il y a 19 milliards d'impôts supplémentaires levés et 30 milliards de dépenses publiques en plus.

6:48
Présentateur

– Oui, mais vous, vous êtes contre, pour revenir sur la taxation des plus riches, vous êtes contre la taxation des plus riches.

6:54
Laurent Jacobelli

– Non, mais point.

6:54
Présentateur

– Vous êtes positionné contre la taxe Zuckman, par exemple, que les Français souhaitent à plus de 75%.

6:58
Laurent Jacobelli

– Vous savez, une taxe mal écrite et mal faite, où les services de l'impôt seraient incapables de la lever parce qu'elle est tellement mal écrite que personne ne définirait le périmètre, évidemment, c'est un remède pire que le mal. Dire qu'il faut baisser la pression fiscale de manière générale, oui, c'est notre programme. Des Français matraqués fiscalement, ce sont des Français qui ne consomment pas, ce sont des Français qui ne relancent pas l'industrie et donc des créations d'emplois en moins. En revanche, dans cette masse fiscale qui doit descendre, il faut que la justice soit rééquilibrée entre les plus riches, les classes moyennes et évidemment les plus pauvres.

Aujourd'hui, très honnêtement, ceux qui trinquent, ce sont les plus pauvres, c'est eux qui payent le plus de taxes dans leur vie quotidienne.

7:34
Présentateur

Oui, mais les plus pauvres, justement, ils se disent, on aimerait que le poids pèse sur les plus riches.

7:38
Locuteur non identifié

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça, moi. Si vous permettez, je pense que ceux qui trinquent vraiment beaucoup, ce sont les classes moyennes, d'abord. Et puis deuxièmement, ce qu'il faudrait pour ajouter complètement, effectivement, que les plus riches soient plus taxés, pourquoi pas, mais que tout le monde participe à l'effort de l'impôt. Et c'est ça le problème, c'est qu'un foyer sur deux ne paye pas d'impôt sur le revenu. Et même payer une somme modique, je pense que ça réunirait davantage les Français, ça participerait de l'effort national, ça participerait du consentement à l'impôt qui est malheureusement en train aujourd'hui de battre un peu de l'aile. Et on comprend pourquoi.

Et on comprend pourquoi. Et donc, c'est ça qu'il faudrait... Le fait qu'il y ait des riches et que les riches payent plus d'impôts, d'accord, mais plus il y a de riches, mieux c'est. On devrait se féliciter qu'il y ait de plus en plus de riches.

8:26
Présentateur

Oui, mais vous n'avez pas toujours été sur cette position, c'est là-dessus. Vous vous étiez abstenu d'ailleurs en février dernier pour le projet de taxe Zuckman, vous avez changé d'avis. On sent que vous êtes un peu tiraillé entre suivre l'opinion générale qui est pour taxer les riches et essayer d'attirer les entreprises, les patrons. Vous êtes dans un entre-deux, on a du mal à vous situer.

8:47
Laurent Jacobelli

C'est assez clair pourtant. Nous estimons aujourd'hui que le poids fiscal, à la fois sur les individus et à la fois sur les entreprises, est devenu un frein. Un frein à la production, un frein à l'investissement, un frein à la consommation. C'est-à-dire un frein à l'essor économique national. Donc il faut réduire massivement les impôts et réduire massivement les normes qui empêchent de vivre nos industriels, nos entrepreneurs, et même parfois au quotidien, les individus. En revanche, ce que je n'ai pas entendu dans le discours de Pierre Arditi, c'est le côté dépenses plus que les côtés recettes.

Nous, nous avons fait le diagnostic que le problème de la France, ce n'est pas qu'il n'y a pas assez d'impôts, il y en a trop, mais c'est qu'il y a trop de mauvaises dépenses. Et c'est là qu'il faut agir. Avant de demander des efforts particuliers aux Français, qu'ils soient riches ou pas d'ailleurs, plutôt que de s'en prendre aux riches. Je vous entendais tout à l'heure en attendant M. Tréhard, et je suis assez d'accord avec vous. Moi, le problème en France, c'est qu'il y a trop de pauvres et pas assez de riches. J'aimerais bien ça plutôt que l'inverse. Vous savez, la gauche veut qu'il n'y ait que des pauvres. Moi, mon rêve, ce serait qu'il n'y ait que des riches.

Que tout le monde mange à sa faim, puisse avoir des loisirs, partir en vacances et se payer exactement ce qu'il veut. Et pour ça, il faut réduire la pression fiscale, mais surtout les mauvaises dépenses de l'État.

9:57
Locuteur non identifié

Oui, je pense qu'il faut être très honnête. C'est vrai qu'aujourd'hui, le problème numéro un de la France, c'est que nous sommes numéro un du monde des impôts. Donc évidemment, quand on dit qu'aujourd'hui, il faut que les riches payent, mais ils payent déjà. Donc ce qui est incroyable, c'est que dire oui, on est contre la taxe du Kman, c'est ne pas vouloir que les riches payent d'impôts. Ils en payent effectivement déjà. Et par contre, ceux qui payent le plus, il faut le reconnaître, c'est la classe moyenne. Et le drame, c'est que comme il y a une croissance qui est en train de s'affaiblir, que le chômage est en train d'augmenter, cette classe moyenne est en train de s'appauvrir.

Donc c'est ça. Toute la dynamique d'une société, c'est quand la classe d'en bas, la classe populaire, on va dire, dont je suis issu, moi je vais citer HLM d'Orly, je le dis à chaque fois, eh bien on a une chance de s'en sortir. C'est-à-dire qu'on a une probabilité importante de voir monter dans l'échelle de la société. Alors que là, ce qui se passe malheureusement, c'est que depuis déjà plusieurs décennies, c'est exactement l'inverse. C'est-à-dire que la classe moyenne d'en bas, elle tombe dans la pauvreté. Le taux de pauvreté en France, c'est dramatique à dire, il était à peu près à 13% en 2017, et l'on est à 15,4%. Un sommet historique.

Donc la pauvreté est en train d'augmenter, alors que malheureusement, on a toujours autant d'impôts, et ce n'est pas en faisant payer les riches qu'on aura une situation différente, sachant que les riches payent énormément d'impôts.

11:02
Présentateur

Et est-ce que le RN au pouvoir parviendrait à épargner les classes moyennes ?

11:07
Laurent Jacobelli

Oui, bien sûr. D'abord par une baisse de la TVA, notamment sur les énergies, sur les produits de première nécessité, en faisant baisser effectivement un certain nombre d'impôts, ces taxes multiples. On a fait le calcul ce matin, on a évité par les amendements 70 milliards de taxes supplémentaires qui nous a été protégées sur les bonbons, sur plein de choses.

11:29
Locuteur non identifié

Non, nous ce qu'on veut... On a les 26 milliards de taxes multinationales. Celle-ci, c'est la plus grosse qui est décrée. C'est une légende urbaine.

11:35
Présentateur

La taxe sur les multinationales initiée par la France Insoumise, que vous avez votée également.

11:40
Locuteur non identifié

Vous donnez des leçons à tout le monde, mais vous avez créé quand même une très grosse... Non mais alors là, attendez. Qui va finir dans le fossé d'ailleurs.

11:46
Laurent Jacobelli

Non mais attendez, vous avez une vision très partielle. Vous mettez le point, le microscope sur un petit point, vous ne donnez pas la grande vision générale. Je vais vous la donner, puisque vous me tendez la perche. Nous ce qu'on veut, c'est massivement réduire les taxes et les impôts sur les entreprises. Ça c'est clair. Pour autant, ça veut dire qu'elles jouent tout le jeu. Or, il y a des multinationales étrangères qui ne payent pas d'impôts en France, alors qu'elles ont des bénéfices en France. Or, elles utilisent nos routes, elles utilisent la poste, elles utilisent un certain nombre de services publics... Oui mais vous leur appliquez, le taux de l'impôt sur le jeu...

12:16
Locuteur non identifié

C'est très injuste comme taxe.

12:19
Laurent Jacobelli

Or, ces grandes multinationales, en pourcentage, payent moins d'impôts que le boulanger du coin. Est-ce que c'est normal ? Bien sûr que ce n'est pas normal. On est à la limite du vol. Mais on est à l'optimisation fiscale qui devient presque du vol. Le mécanisme est mauvais ! Le mécanisme est mauvais ! Vous me le direz après que ce que je dis est bête, mais laissez-moi le finir avant de le juger.

12:37
Locuteur non identifié

Il ne dit pas que c'est bête, il dit que c'est mauvais.

12:39
Laurent Jacobelli

Je plaisante. Je ne permettrai pas de dire que c'est bête. Je plaisante. L'idée, c'est de baisser massivement les taxes et les impôts pour toutes les entreprises, mais ça veut dire qu'elles le payent toutes, parce que sinon c'est complètement injuste. Je vais vous dire, nous on a voté la suppression d'un impôt de production qui rapportait 5 milliards aux entreprises du coup. C'est le gouvernement actuel, l'équipe actuelle, qui a remis ça dans la corbeille des impôts. Il faut payer globalement moins d'impôts, mais il faut que tout le monde en paye. Amazon ne peut pas payer moins d'impôts que votre plombier.

13:10
Présentateur

J'aimerais qu'on écoute Edouard Philippe. Edouard Philippe qui était au Congrès des maires aujourd'hui, en tant que maire du Havre. Voilà ce qu'il dit sur l'avenir d'Emmanuel Macron. Il l'appelle toujours à un départ ordonné, dit-il, du président de la République. On l'écoute.

13:27
Locuteur non identifié

J'ai considéré que compte tenu du désordre actuel, il fallait revenir à plus de clarté. Et qu'une bonne façon de revenir à plus de clarté, c'était que le président puisse partir dignement, de façon ordonnée, et peut-être un peu avant mars ou mai 2027. Mais je l'ai dit parce que je le pensais, ni destitution, ni démission, mais un départ ordonné. Bon, très bien. Ça n'est pas le cas. Il faut donc gérer la situation actuelle. J'espère qu'à la fin de la discussion budgétaire, un budget acceptable sera présenté.

13:58
Présentateur

Lui, il appelle au départ ordonné d'Emmanuel Macron, même si finalement, il n'y croit plus trop trop. Est-ce que vous, c'est une option que vous envisagez toujours ? On se rappelle que vous, vous voulez deux choses, la dissolution ou la démission d'Emmanuel Macron. Vous y croyez toujours dans le temps qui nous est imparti, là, avant 2020 ?

14:15
Laurent Jacobelli

Écoutez, Emmanuel Macron n'a pas donné de signe de vouloir démissionner. Il a accumulé trois défaites électorales. Il y a un budget qui n'arrive pas à être fait. Il y a 11% des Français seulement qui lui donnent leur confiance. Le général de Gaulle serait déjà reparti à Colombais depuis très longtemps. Emmanuel Macron reste en place. Donc, ça veut dire qu'il s'agrippe. Bon, qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? La raison n'est pas la chose la plus partagée, notamment en politique. Nous, on appelle ensuite à la dissolution parce que le problème qu'on a aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de majorité dans ce pays.

Or, pour définir des objectifs, pour définir une stratégie et même à court terme, pour définir un budget, il faut une volonté politique.

14:51
Présentateur

Et elle peut encore avoir lieu, la dissolution, là ? Vous y croyez toujours ?

14:54
Laurent Jacobelli

Techniquement, elle peut avoir lieu.

14:55
Locuteur non identifié

Elle aurait dû avoir lieu. Je suis sûr que ce serait une bonne chose pour vous. Est-ce que s'il y a des solutions ? Très bien, vous gagnez les élections, ce que toutes les études disent, d'opinion, majorité relative ou absolue, enfin, bonne majorité relative, on nomme M. Bardella ou Mme Le Pen, d'ailleurs, qui serait nommé à Matignon. Est-ce que ça serait une bonne opération pour vous ? Quand on est nommé à Matignon, généralement, on a du mal à franchir la marche supérieure.

15:23
Laurent Jacobelli

Je vais vous dire, si on réfléchissait toujours en fonction de notre confort personnel, on ne se serait pas inscrit au Rassemblement national et on n'aurait pas enduré tout ce qu'on avait à endurer.

15:34
Locuteur non identifié

Ça a coûté cher à M. Balladur, ça a coûté cher...

15:36
Laurent Jacobelli

Allez, merci. Si nous le proposons, c'est parce qu'on pense que c'est la seule solution et que nous sommes confiants que les mesures que nous proposons pour les Français peuvent aboutir, qu'on aura un budget avec moins d'impôts, plus de justice sociale, tout ce que n'a pas su faire Emmanuel Macron.

15:49
Présentateur

Merci Laurent Jacobelli d'être venu nous voir. Merci d'avoir accepté notre invitation.