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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 35 min

Face aux crises actuelles, la région le bon échelon pour agir ? Entretien avec Carole Delga

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Toutes et à tous et bienvenue pour ce nouveau live de l'Occitanie en commun, un live consacré ce soir aux réponses apportées à la crise, aux crises même, puisqu'elles sont multiples, sanitaires bien sûr, mais aussi économiques, sociales, psychologiques même. Nous allons parler ce soir des mesures qui ont déjà été mises en œuvre, mais nous allons aussi nous projeter, regarder en avant. Et c'est avec la présidente de la région Occitanie que nous allons parler de tout ça. Carole Delga, bonsoir. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir. Alors je précise déjà qu'on ne porte pas le masque, mais que les distances sont respectées, évidemment.

Vous allez notamment répondre aux questions des internautes ce soir. D'ailleurs, n'hésitez pas à venir poser vos questions à Carole Delga. Nous tâcherons d'y répondre. Alors avant d'entrer dans le fond du sujet, Carole Delga a proprement parlé. Une question d'actualité. On a appris cette semaine que les élections départementales et régionales étaient maintenues, décalées d'une semaine, mais maintenues. Un maintien que vous aviez appelé de vos voeux, c'est une satisfaction ?

6:05
Carole Delga

Oui, c'est une satisfaction, mais c'est surtout une cohérence, puisque le président de la République a indiqué que les terrasses des restaurants, par exemple, devraient être ouvertes à la mi-mai. Donc c'était incompréhensible qu'un mois plus tard on ne puisse pas voter. De plus, je rappelle qu'il y a beaucoup de pays européens qui ont organisé des élections. Oui, je me réjouis qu'on ait dit oui à la démocratie.

6:26
Présentateur

On verra une sortie du tunnel en juin, à votre avis ?

6:29
Carole Delga

J'espère. Avec la campagne de vaccination qui va s'amplifier, il faut en effet apprendre à vivre différemment. Puis surtout, il faut qu'on ait les doses et il faut aller se faire vacciner. C'est ce qu'on fait en Occitanie en mettant en place des vaccinodromes le plus proche possible et même des bus qui vont au contact dans les petits villages.

6:52
Présentateur

Alors ça fait plus d'un an que cette crise a débuté, un an difficile pour beaucoup d'habitants d'Occitanie et plus largement de Français. On va parler des réponses que la région a proposées, a apportées concrètement. Mais je le disais en introduction, cette crise est également psychologique. Il y a beaucoup de Français qui souffrent. Qu'est-ce que vous leur dites à ces gens-là qu'il faut tenir bon ?

7:11
Carole Delga

Oui, je leur dis qu'il faut tenir bon. Je leur dis que nous sommes tous là, la puissance publique pour les aider. Et puis pour la région, nous avons fait en sorte que notre jeunesse puisse continuer à apprendre dans les meilleures conditions. C'était bien sûr le dispositif des ordinateurs pour tous dans les lycées que nous avions développé il y a 4 ans. Ça a été très utile. En plus, on a donné aussi des ordinateurs, par exemple, pour les étudiants. Et puis aussi accompagner les entreprises, les associations. Donc on a la chance quand même, je le rappelle, d'avoir un système de santé exceptionnel. Je tiens vraiment à donner un coup de chapeau particulier à tous les personnels soignants.

J'en ai visité des CHU, mais aussi des maisons de retraite. Et aussi bien dans les hôpitaux que dans les maisons de retraite que dans les services à domicile. Et aussi, il y a une formidable énergie, formidable humanité. Ça fait un an qu'on demande à notre système de santé beaucoup, beaucoup d'efforts. Et ils sont là au rendez-vous. Donc il faut garder espoir. Il faut avoir confiance dans l'avenir.

8:19
Présentateur

On va parler de tout ça et notamment du volet économique. Sur le plan sanitaire, qu'est-ce que la région a mis en œuvre ? Qu'est-ce que la région a fait pour protéger les habitants d'Occitanie ?

8:29
Carole Delga

Alors, on a fait beaucoup. Je le rappelle, il y a de ça, donc un an, on a acheté quand même 22 millions de masques. On est près de 6 millions d'habitants. Donc on en a fourni. On continue à en fournir, bien sûr, pour nos lycéens, pour nos écoliers aussi. En plus, les masques pour les écoliers sont faits 100 % en Occitanie et en Ariège et dans le Tarn. C'est-à-dire, c'est bon aussi pour l'emploi localement. On a aussi fait une campagne de tests massives. Aujourd'hui, on est sur la vaccination. Donc c'est avoir un bus qui se déplace de village à village.

9:02
Présentateur

Vous êtes allé à Lille-en-Dodon récemment.

9:05
Carole Delga

Tout à fait.

9:05
Présentateur

Justement pour l'opération Proxy-Vaccin. Vous pouvez nous expliquer un peu ce que c'est ?

9:09
Carole Delga

Alors, Proxy-Vaccin, c'est en fait un camion qui était dédié à la radiologie ambulante. que la région avait beaucoup aidé, aussi que j'avais financé quand j'étais au gouvernement. Et là, nous l'avons transformé pour faire les vaccinations dans les petits villages. Et donc là, on peut vacciner jusqu'à 200, 250 personnes chaque jour.

9:32
Présentateur

C'est le type d'opération concrète que la région peut mettre en place pour accélérer la vaccination ?

9:37
Carole Delga

Tout à fait. Mais là, on est vraiment en pack. On est en pack, après, aux côtés de l'État, mais aussi avec les départements, avec les communes. Voilà, tout à l'heure, j'étais à la mairie de Montpellier avec le maire de Montpellier, avec le président du département. Et tous ensemble, nous avons fait en sorte de mettre en œuvre ce que nous demande l'État, l'Agence régionale de santé. Alors, c'est chapeau aux pompiers à travers les SDIS. Et puis, la région, là, a mis à disposition des jeunes étudiants qui n'avaient pas de job. Et donc, ce sont des contrats à temps partiel pour leur permettre d'étudier.

Mais ce sont des jeunes qui sont là pour aider la Croix-Rouge, tous les bénévoles aussi de la sécurité civile pour les tâches administratives. Donc, on fait en sorte, les communes, à travers vraiment la mise à disposition des locaux, des personnels, la région avec les étudiants, avec également le transport à la demande gratuit pour aller se faire vacciner. Donc, il y a un numéro vert. Et puis, bien sûr, les départements à travers le service des pompiers, qui est fondamental.

10:45
Présentateur

Est-ce que vous avez l'impression que la région a largement dépassé le cadre de ses compétences depuis le début de cette crise, en matière de santé, notamment ?

10:52
Carole Delga

Oui, bien sûr. Si on s'adresse à un juriste, il va nous expliquer que les compétences liées à la santé étaient du ressort de l'État, du gouvernement. Mais quand il y a un problème de cette ampleur, il faut qu'on soit tous dans l'équipe France. Et il faut agir. Ce qui est important, c'est le service à la population. Et c'est d'utiliser l'argent public de façon utile. C'est ce que nous avons fait avec les 22 millions de masques, avec aussi les ordinateurs pour les étudiants. Et puis aussi, avec une opération qui est très, très forte, qui s'appelle Bien manger pour tous, parce que la précarité, elle était là avant la crise. Elle n'a fait que s'amplifier.

Donc la région, elle achète les surplus de production à nos agriculteurs, parce que nos agriculteurs, ils font des produits de qualité. Et donc, après, nous les distribuons aux associations d'aide alimentaire. Et ça, c'est bon, en effet, pour les jeunes, mais aussi pour des familles qui sont en difficulté, pour des personnes âgées qui ont des toutes petites retraites.

11:50
Présentateur

Elle aurait pu faire plus, la région, si elle était en charge de la santé. Et question directe, est-ce qu'elle aurait pu faire mieux sur la vaccination, notamment ?

11:57
Carole Delga

Je pense qu'il faut tirer les leçons de cette crise et, dans les prochaines années, modifier ce centralisme complet du ministère de la Santé, donner plus de pouvoir aux régions, que ce soit dans le cadre de l'investissement pour les hôpitaux, avoir plus de réactivité. Et puis, ce que nous avons aussi prévu, c'est de pouvoir recruter des médecins. Donc, c'est recruter 200 médecins salariés. Et je pense que nous avons aussi besoin de beaucoup travailler sur la question de la prévention. Et là aussi, les régions ont un rôle à jouer.

12:35
Présentateur

Il y a une question qui nous parvient de Jordan qui demande « Quel soutien pour les enseignants et comment lutter contre les obscurantismes ? » Alors, quel soutien pour les enseignants ? Quelle perspective pour soutenir l'éducation des sciences dans les lycées régionaux ?

12:53
Carole Delga

Alors, dans nos lycées, nous avons un dispositif qui s'appelle « Les projets d'avenir ». Et donc, ce sont des projets pédagogiques. Donc, nous avons plusieurs priorités. C'est l'égalité femmes-hommes. Et puis aussi, c'est la lutte contre toutes les discriminations. Et à travers, en fait, l'éducation, à travers la connaissance de l'autre, on peut lutter contre les discriminations, contre les obscurantismes. Je rappelle qu'au moment du terrible attentat de Samuel Paty, bien en Occitanie, sur les hôtels de région, nous avons publié les caricatures faites par Charlie Hebdo de toutes les religions. Parce qu'en France, on a le droit de croire ou de ne pas croire.

Et on doit respecter le principe de la laïcité. En France, la loi, elle est supérieure à la foi. Et puis aussi, il y a la question des sciences. Dans tous les soutiens que nous avons sur l'enseignement supérieur et sur la recherche, il y a toute la culture scientifique. Et nous soutenons beaucoup d'associations qui font un travail formidable pour lutter contre les intox, contre les théories du complotisme où on se base sur des faits réels et sur des faits scientifiques et non pas sur des rumeurs ou sur des manipulations qui ont trop souvent lieu.

14:18
Présentateur

On revient un peu sur ce volet sanitaire et sur la région qui a la taille critique pour agir et en même temps une proximité qui lui permet d'être proche des territoires. Vous êtes récemment allé au CHU de Montpellier ainsi qu'à la faculté de médecine avec Mickaël Delafosse, le maire de Montpellier. Si la région est le bon échelon pour agir, ça peut se faire seulement en collaboration étroite avec les autres collectivités ?

14:41
Carole Delga

Oui, tout à fait. La région, elle a la bonne dimension. Je rappelle que notre région Occitanie, c'est un petit pays, c'est 6 millions d'habitants. Elle a la bonne dimension pour la question économique. Parce que sur les filières, dans son ensemble, c'est à cette échelle-là qu'on peut réellement agir pour les nouvelles filières, je pense aux énergies renouvelables, mais aussi pour nos filières traditionnelles, l'industrie, l'agroalimentaire, l'agriculture ou le tourisme. Et après, il y a d'autres dispositifs où on doit agir en complémentarité. C'est-à-dire que la région, elle était un chef de file.

On l'a vu sur la question de la vaccination, on est efficace parce qu'on est tous ensemble, aux côtés de l'État, avec le département, avec les communes ou les intercommunalités. Si je prends la question, par exemple, des transports, la région, elle est chef de file, mais elle s'appuie aussi sur les intercommunalités, par exemple, pour le transport à la demande, pour amener une vraie solution en milieu rural.

15:38
Présentateur

Vous répondez justement à la question de Martine Loiseau qui dit, malheureusement, on manque de vaccins en ruralité. On doit faire beaucoup de kilomètres pour se soigner. Les personnes âgées ont du mal à se déplacer pour se vacciner.

15:48
Carole Delga

Donc, il faut appeler le numéro vert de la région. Et là, vous aurez le numéro vert et gratuit. Et là, vous aurez le transport à la demande qui est aussi gratuit et qui va vous amener à votre rendez-vous de vaccination, quel que soit le lieu où vous habitez. C'est pourquoi on pense aux personnes âgées, mais aussi aux personnes qui n'ont pas de véhicules, qui sont en difficulté. C'est ça aussi la région Occitanie, c'est la région des solutions.

16:17
Présentateur

On reste sur le volet sanitaire, mais on va se projeter un peu, si vous le voulez bien. On l'a vu, au fil des ans, la santé est devenue un sujet majeur pour les habitants et encore plus aujourd'hui. Vous avez présenté récemment votre projet pour la santé. Et il y a des mesures, notamment, qui parlent. C'est ma santé à 15 minutes, savoir qu'aucun habitant ne se trouve à plus de 15 minutes d'un professionnel. C'est vraiment réalisable, ça ? Comment on y arrive ?

16:42
Carole Delga

Oui, c'est réalisable parce que faire de la politique et être présidente de région, c'est être sérieuse. Ce n'est pas faire des promesses qui sont complètement irréalistes ou qui sont faites jusqu'à quelques semaines avant une élection. Nous avons travaillé ce sujet-là parce que je rappelle que ça fait plusieurs années que la région aide les maisons de santé, les centres de santé. Et nous avons déjà un maillage de plusieurs centaines de maisons de santé sur l'ensemble des 13 départements. Mais l'étape suivante, c'est de salarier des médecins parce qu'on a des difficultés à fidéliser, à recruter des médecins.

Aussi, des infirmières qui, maintenant, peuvent avoir des gestes plus techniques parce qu'il y a des nouvelles formations. Donc là, avec ce recrutement de 200 médecins par la région, c'est tout à fait possible d'avoir un professionnel de santé à moins de 15 minutes. Il faut avoir aussi cette proximité en termes de temps.

17:46
Présentateur

Les déserts médicaux, c'est un sujet majeur.

17:48
Carole Delga

Oui, c'est un sujet majeur et c'est ce qui provoque beaucoup d'angoisse auprès de nos concitoyens. Souvent, quand je suis sur le terrain, on me dit que c'est l'enfer pour avoir un rendez-vous avec un médecin. On a plusieurs semaines d'attente. Et on sait que pour un peuple, l'accès à l'éducation, l'accès à la santé, c'est ce qui donne espoir. Et donc, il faut démontrer que l'accès à la santé, il est mis en place de façon égalitaire, que ce soit dans des quartiers de certaines grandes villes ou que ce soit aussi dans des territoires très ruraux. Que l'on habite Langogne ou que l'on habite Massat, on a droit à avoir à moins de 15 minutes un professionnel de santé.

18:28
Présentateur

Et puis, il y a tout le volet prévention aussi qui devient de plus en plus important. L'alimentation, notamment la promotion de sport, la qualité de l'air, tout ça, ça évitera d'être malade demain.

18:37
Carole Delga

Oui, la grande cause régionale, c'est l'alimentation. Parce qu'à travers l'alimentation, on sait qu'on constitue le capital santé pour les prochaines années. Et c'est pourquoi, en Occitanie, on a décidé que dans les lycées, il y avait au moins 40% de produits bio, de produits locaux, de produits sous signe officiel de qualité. Donc, il faut apprendre à se nourrir avec des produits de saison, avoir une alimentation variée. Toute la question aussi du sport, c'est essentiel et c'est pourquoi nous soutenons tous les clubs. Alors, bien sûr, les grands clubs qui nous font rêver, mais aussi, je dirais même surtout, les petits clubs dans un village de 500 habitants.

Eh bien, le club de foot qui est tenu par des bénévoles, il est aidé par la région pour pouvoir acquérir des équipements. Parce que faire du sport, c'est très bon pour la santé, mais c'est aussi apprendre les règles du vivre ensemble. Et je pense que dans notre société, ce qui manque vraiment, c'est le lien. Alors, en plus, avec ces périodes de semi-confinement, en effet, le lien, il manque beaucoup. Et aujourd'hui, on est obligé aussi de le faire par les réseaux sociaux. Mais il faut qu'on puisse favoriser la rencontre.

19:51
Présentateur

Une autre question de Stéphane Deleroux. Alors là, on passe sur le volet un peu économique et social. Si la région a de nombreuses compétences dans le domaine économique et des transports, notamment, quelles sont vos propositions pour que notre région puisse agir pour amoindrir la crise sociale qui fera suite inévitablement à la crise sanitaire ? Beaucoup redoutent, en effet, une casse sociale dans les prochains mois.

20:11
Carole Delga

Oui, alors tout d'abord, quand même, être tout à fait objectif en disant que le dispositif mis en place par le gouvernement français, avec le chômage partiel de longue durée, est quand même très, très protecteur. Et puis nous, la région, on vient en complément, que ce soit dans le secteur, par exemple, de l'aéronautique, avec le dispositif formé plutôt que licencié, c'est-à-dire maintenir les emplois, les compétences et prendre le temps qui est là avec la baisse des commandes pour se former à de nouvelles technologies, à de nouveaux savoir-faire. C'est aussi soutenir l'innovation, la recherche, le développement, c'est-à-dire vers l'avion décarboné, vers l'avion plus vert.

Et puis c'est aussi aider les entreprises sur le haut de bilan, c'est-à-dire sur les capitaux. Et donc là, la région peut également être actionnaire. Donc on est très volontariste. Ce sont des aides, soit avec, par exemple, des avances remboursables, soit avec des subventions pour l'investissement, pour garder de la compétitivité. Mais on est aussi en région avec un volontarisme politique où maintenant, la région, elle peut être actionnaire et on peut permettre aussi de la relocalisation. Tout à l'heure, je citais les masques pour enfants. C'est parce que la région a été actionnaire qu'on a réussi à fédérer d'autres entreprises.

Et c'est le cas aussi, par exemple, sur la question des énergies renouvelables, où la région Occitanie est actionnaire d'une entreprise qui s'appelle Genvia, qui est basée à Béziers, chez Cameron Schoenberger. Et là, on va fabriquer des électrolyseurs avec une technologie très novatrice au niveau européen pour pouvoir produire de l'hydrogène vert. Mais c'est la région actionnaire aussi, à Sainte-Geneviève-sur-Argence, dans mon cher Aubrac, où là, nous allons être actionnaires d'un abattoir pour permettre justement à toute la filière de la race Aubrac de pouvoir se structurer et de pouvoir créer aussi de l'emploi sur ce haut plateau.

22:13
Présentateur

On va revenir au domaine économique. On prend juste une question d'Estelle Blanquier. Quelles sont les perspectives envisagées pour la culture avec cette crise sanitaire ? C'est un vrai sujet, la culture.

22:23
Carole Delga

Alors, la culture, tout d'abord, on a mis en place des dispositifs où on a maintenu les subventions, même si les manifestations ne se réalisaient pas, pour leur permettre de tenir. C'est un fonds exceptionnel qui a été aussi mis en œuvre pour des structures qui étaient quand même en difficulté. Et surtout, il faut parler d'avenir. Donc, nous soutenons vraiment l'organisation de deux initiatives, des concerts Est à Saint-Jean-de-Vedas, mais aussi à la Beige, donc Saint-Jean, ici, à côté de Montpellier, ou à la Beige, à côté de Toulouse, pour justement permettre une nouvelle vie culturelle.

Et puis, ça va être également, dès que les conditions sanitaires vont le permettre, d'avoir une forte communication et de continuer à soutenir à la création. Parce qu'il y a bien sûr les manifestations, il y a les festivals, il y a les représentations, mais il y a aussi tout le travail en amont de la création que nous soutenons fortement.

23:26
Présentateur

Si on revient un moment sur le volet économique, la région a mis en place un grand plan pour préserver les emplois depuis le début de la crise, vous l'avez signalé. Mais comment on prépare la reprise, la relance ? Ça passe par quoi ?

23:38
Carole Delga

Alors, il faut profiter de cette crise pour repartir sur de nouvelles bases. C'est-à-dire, il faut faire en sorte qu'on concilie de façon beaucoup plus efficace et l'écologie et l'économie. Donc, nous avons mis un plan de soutien, par exemple, à l'aéronautique, mais aussi à la viticulture. Et je pense tout particulièrement à nos viticulteurs, à nos arboriculteurs qui ont été touchés par le gel. Nous allons voter un dispositif exceptionnel de 5 millions d'euros demain matin. Nous avons aussi mis en place un dispositif pour la filière du tourisme, pour l'artisanat, pour le commerce. Et ça, nous l'avons fait aussi en partenariat avec les intercommunalités et avec la banque des territoires.

Et puis, ces filières traditionnelles, l'aéro, le tourisme, l'agroalimentaire, il faut aussi compléter par de nouvelles filières. Je pense aux énergies renouvelables, à la filière hydrogène. Nous avons été la première région à croire dans l'hydrogène. On a voté il y a plus de deux ans un plan de 150 millions d'euros. Et donc, aujourd'hui, nous sommes leaders sur l'hydrogène, aussi bien par la production, à travers l'éolien flottant, qu'à travers la distribution. Et ce matin, j'ai une bonne nouvelle, la Commission européenne va financer un projet e-port qui va favoriser, en fait, les bornes de distribution, de production sur l'ensemble de notre territoire. Et après, c'est les usages.

Première région à avoir commandé des trains à hydrogène. Ils vont circuler...

25:13
Présentateur

En partie fabriqués à Tarbes.

25:14
Carole Delga

En partie, voilà, fabriqués à Tarbes et l'autre partie dans la région Grand-Est. Et les premiers trains à hydrogène qui vont circuler en France, ça sera sur la ligne Mont-Régeau-Luchon, en Cominge. Mais je pense aussi aux cars à hydrogène, parce que les bus à hydrogène circulent déjà dans notre région, ou par exemple au Mans, ou aussi dans le nord de la France. Mais pour les cars à hydrogène, c'est-à-dire pour les moyennes et longues distances, la première, c'est ici, en Occitanie, c'est la région qui a commandé ces cars rétrofités, c'est le terme technique, à l'entreprise Safra basée à Albi.

25:51
Présentateur

Je vais vous demander un petit effort de projection. À votre avis, elle sera comment l'économie en Occitanie, allez, dans 50 ans ?

25:59
Carole Delga

Dans 50 ans, je pense qu'elle sera déjà territorialement mieux répartie, il y aura moins de concentration. Je pense qu'on aura favorisé les circuits courts, c'est-à-dire qu'on aura besoin de moins se déplacer pour aller travailler. Donc je vois une hypermétropolisation moindre, je vois plus de villages d'équilibre. Je pense et j'espère qu'on aura bien sûr toujours de l'aéronautique, mais avec des avions plus légers, plus électriques. J'espère qu'on sera bien reliés, qu'il y aura des petites lignes ferroviaires, qu'il y aura aussi des LGV. Je pense qu'on continuera à être la région de la qualité pour l'agriculture. Et puis, je pense aussi qu'on sera vraiment très innovants.

Alors on parlait de culture, c'est par exemple les industries créatives culturelles. Et je pense que chacun aura sa place, aura accès à un emploi qui lui permettra de s'épanouir et qui lui permettra de vivre dignement.

27:02
Présentateur

Alors chacun sa place, ça me permet de rebondir à la question de Hervé de Toulouse. Quel engagement peut prendre la région pour répondre à la souffrance de la jeunesse et notamment des jeunes LGBT ?

27:13
Carole Delga

Bien entendu, c'est de rappeler que nous sommes tous égaux et que nous avons besoin de respecter les différences de chacun, des choix de vie, des choix d'orientation sexuelle. Et moi, je suis vraiment très, très attachée à ce que chacun puisse avoir les mêmes droits, que chacun puisse vivre sa vie privée selon ses choix, qu'il n'y ait pas de stigmatisation, qu'il n'y ait pas d'agression. Et ça, c'est à travers l'éducation et à travers toutes les actions que mène la région pour soutenir des associations, qu'on mène aussi en partenariat avec l'éducation nationale dans nos lycées. Oui, le droit à la différence est absolument indispensable. Il ne faut pas qu'il y ait de jugement.

Il faut qu'on sache s'accepter.

28:03
Présentateur

Allez, on reprend une autre question. D'Éric de Haute-Garonne, la crise économique due au contexte sanitaire a fragilisé nos commerces et surtout les commerces des centres-villes. Comment peut-on agir au niveau régional pour faire revenir les commerces et les clients dans les préfectures et sous-préfectures de notre région ?

28:20
Carole Delga

Alors, qu'est-ce qu'ils me disent, les commerçants, quand je suis sur le terrain ? Ils me disent deux choses. Un, il y a trop de charges. Deux, les loyers sont trop élevés. Alors, les charges, la région ne peut pas agir parce qu'on ne paie pas d'impôts à la région. Et donc, nous avons décidé d'agir sur les loyers. Et mon expérience ministérielle m'a beaucoup servi parce qu'il existait un dispositif qui s'appelle l'EPARECA.

Et donc, j'ai décidé en Occitanie que la région va créer, même a créé, une foncière qui va permettre, avec là aussi la Banque des Territoires et avec aussi les intercommunalités, avec l'établissement public foncier, on va acheter des magasins, des îlots au sein de ces petites villes. Et donc, après, on va les réhabiliter et on va mettre du logement dans les étages, mais en bas, bien sûr, des commerces. Et ces loyers seront assez faibles pour permettre justement l'installation de nouveaux commerçants.

29:23
Présentateur

Pour redynamiser les centres-villes ?

29:24
Carole Delga

Pour redynamiser les centres-villes. Moi, je suis très attachée à ce que, dans les centres-villes, il puisse y avoir, en effet, des commerces, des commerces de proximité, des commerces indépendants, mais qu'il y ait aussi beaucoup d'activités. C'est pourquoi la région, elle soutient, par exemple, les cinémas qui sont en centre-ville. C'est ce que nous allons faire avec, par exemple, le Frontinian, ou c'est ce que nous avons fait à Cahors.

29:50
Présentateur

Une dernière question, puisqu'on arrive presque à la fin de ce live. Jordan qui demande comment soutenir l'économie sociale et solidaire, comment améliorer la démocratisation au niveau régional ? Alors là, il y a deux questions.

30:02
Carole Delga

Alors, l'économie sociale et solidaire, c'est quoi ? C'est l'économie qui est au service d'un intérêt général et qui n'est pas juste dans une finalité de rentabilité. C'est comment on fait pour rendre un service à la population, comment on associe mieux aussi les salariés aux prises de décision de l'entreprise ? Et c'est également investir les bénéfices majoritairement dans l'entreprise et non pas pour les actionnaires. L'économie sociale et solidaire, nous la soutenons en mettant en place des dispositifs de financement adaptés, parce que souvent, ce sont des petits projets. Ce sont aussi des projets qui demandent à être accompagnés dans la durée.

Et donc, la région finance des structures qui sont présentes sur tout le territoire. Puis, je pense qu'aussi, c'est le message que nous donnons. C'est-à-dire qu'en Occitanie, nous sommes en train de transformer notre nouveau modèle de développement. Et nous voulons que dans l'économie, il y ait un sens, que ce ne soit pas juste les résultats financiers, qu'il soit la finalité, mais qu'il y ait un sens quand on achète un produit et qu'il y ait un sens aussi dans l'action qui est menée. Et c'est ce que nous faisons avec, par exemple, la plateforme, tousoccitarien.fr pour acheter des produits ou vraiment la plateforme qui est très connue d'Amazon.

Si vous voulez acheter un habit fait 100% en Occitanie, vous allez sur d'Amazon.fr, vous allez le trouver. Et puis après, en effet, sur l'économie sociale et solidaire, c'est un maillage sur l'ensemble du territoire qui permet de faire émerger ces initiatives.

31:46
Présentateur

Il y a d'autres dispositifs comme l'épargne solidaire. On n'a pas encore eu le temps d'en parler. Juste un mot sur la démocratisation au niveau régional. On traverse aussi une crise démocratique quelque part.

31:56
Carole Delga

Oui, tout à fait. Et c'est pourquoi la région a mis au cœur la participation citoyenne. Ce qu'on a fait pour le nom de la région, c'est ce que nous faisons aussi avec l'Occitanie en commun à travers une plateforme. Et la participation citoyenne, on la met aussi pour l'économie, pour le financement de l'économie, parce que, en fait, l'épargne de la France n'a jamais été aussi haute. Et moi, ce que me disent les gens sur le terrain, c'est oui, j'ai envie d'investir, mais à portée de main. C'est-à-dire, je veux pouvoir voir où mes économies vont être utilisées. Je veux pouvoir visiter l'entreprise. Et à travers cette plateforme citoyenne que nous allons lancer dans quelques jours, c'est cela.

j'ai 500 euros d'économie, j'en ai 100 ou j'en ai même plus. Eh bien, je peux choisir des projets qui auront été sélectionnés, sécurisés par la région et je pourrais aller visiter l'entreprise ou l'association qui va utiliser mon épargne.

32:52
Présentateur

Allez, la dernière question, c'est celle de Jean-Gabriel qui demande comment développer les circuits courts. Valoriser les productions locales, faut-il mettre en place un label Occitanie pour les productions agricoles ?

33:03
Carole Delga

Le label Occitanie, il existe. C'est le label Sud de France qui permet de garantir que la production est faite en Occitanie et selon, bien sûr, un circuit de qualité et selon aussi des pratiques culturales. Il y a le dispositif Sud de France Bio qui identifie toute la production bio et cela nous sert ici, en Occitanie, quand on veut acheter du fait en Occitanie, mais cela sert aussi à l'international parce que Sud de France, c'est un gage de qualité et de rayonnement.

33:40
Présentateur

Merci beaucoup, Carole Delga, d'avoir répondu à nos questions ainsi qu'à celles des internautes. Désolée pour toutes les questions que nous n'avons pas eu le temps de prendre. Vous avez été nombreux à en poser ce soir et on vous en remercie. Nous tâcherons d'y répondre dans les prochains jours. Merci à tous de nous avoir suivis. Rendez-vous jeudi prochain pour un nouveau live de l'Occitanie en commun. D'ici là, prenez soin de vous. Excellente soirée à tous. Sous-titrage Société Radio-Canada