Thierry Mariani
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Quel ton devrait adopter selon vous le président français ce soir face à son homologue russe ?
- 1:09OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est le type de menace qui peut contrecarrer les plans de Vladimir Poutine ?
- 2:01OuverteRéponse directe
Où sont les leviers pour faire changer Poutine de son état d'esprit face à l'Ukraine ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Quand Poutine affirme n'avoir aucune prise sur les séparatistes en Ukraine, vous le croyez ?
- 4:53OuverteRéponse directe
La France doit-elle livrer les deux navires de guerre Mistral à la Russie ?
- 5:28OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy ne risque-t-il pas de venir perturber ce délicat jeu diplomatique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23Invité politiqueFait
« Vladimir Poutine aura ce soir un souper en tête à tête avec François Hollande. »
- 0:23Invité politiqueFait
« Ce sera d'ailleurs le premier entretien de Poutine avec un dirigeant occidental depuis qu'il a annexé la Crimée et déstabilisé l'Ukraine aussi. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Le G7 hier soir a rappelé qu'au besoin il fallait aller crescendo dans les sanctions. »
- 1:05Invité politiqueFait
« La Russie est déjà mise au banc, isolée diplomatiquement et économiquement. »
- 2:16Locuteur non identifiéFait
« On a quoi qu'on en dise, un coup d'état en Ukraine. »
- 2:21Locuteur non identifiéFait
« Monsieur Yanukovitch était élu, il aurait dû avoir des élections présidentielles dans 9 mois. »
- 2:35Locuteur non identifiéFait
« Première loi votée, interdiction des langues régionales dans toute une série dans le pays. »
- 2:54Locuteur non identifiéFait
« Deuxième loi, interdiction des médias en langue russe. »
- 3:32Locuteur non identifiéFait
« Il dit tout simplement qu'il n'y a aucun soldat russe dans l'Est de l'Ukraine. »
- 3:38Locuteur non identifiéFait
« On a des preuves du contraire. »
- 3:45Locuteur non identifiéFait
« Moi, je me souviens aussi des Américains nous expliquant qu'ils avaient des preuves d'armes de destruction massive du temps de M. Saddam Hussein. »
- 5:09Locuteur non identifiéFait
« Est-ce qu'on doit livrer ces bateaux ? »
- 5:41Locuteur non identifiéFait
« Il y a un moment où certains, en 2008, poussaient à l'embargo. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié64 %
- Thierry Mariani33 %
- Présentateur4 %
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Et donc votre invité ce matin Eric Delvaux, c'est Thierry Mariani, député UMP des Français d'étrangers et pour ce qui nous intéresse ce matin, vice-président aussi du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée Nationale.
Bonjour Thierry Mariani. Bonjour. Vladimir Poutine aura ce soir un souper en tête à tête avec François Hollande. Ce sera d'ailleurs le premier entretien de Poutine avec un dirigeant occidental depuis qu'il a annexé la Crimée et déstabilisé l'Ukraine aussi. Quel ton devrait adopter selon vous le président français ce soir face à son homologue russe ?
Le ton du dialogue parce que je pense que la Russie, j'allais dire fait, c'est géographique, c'est une vérité géographique mais fait partie de l'Europe. Nous avons d'énormes complémentarités, nous avons traversé une période de tension qui n'est loin d'être finie. Et nous avons je pense tout intérêt à dialoguer et non pas à parler à coup de sanction comme cela se fait depuis plusieurs semaines.
Justement, le G7 hier soir a rappelé qu'au besoin il fallait aller crescendo dans les sanctions. La Russie est déjà mise au banc, isolée diplomatiquement et économiquement. Est-ce que c'est le type de menace qui peut contrecarrer les plans de Vladimir Poutine ?
Je ne pense pas. Je pense surtout que les sanctions qui depuis quelques semaines pèsent sur la Russie sont révélées humiliantes et inefficaces. Humiliantes parce que faire une sorte de liste noire où une série de proches du président ou de responsables économiques ou politiques sont désormais interdits aux Etats-Unis ou en Europe n'améliorant rien nos relations. Dangereuses aussi en matière économique parce que je rappelle que notamment la France a d'énormes intérêts avec la Russie. Nous avons 1200 entreprises françaises qui sont installées aujourd'hui en Russie. Nous sommes complémentaires en termes d'échanges, j'allais dire, d'intelligence et de matières premières.
Alors que les Etats-Unis qui nous poussent à cette politique n'ont pas du tout les mêmes intérêts.
Alors si les sanctions, dites-vous, sont humiliantes et dangereuses, où sont les leviers pour faire changer Poutine de son état d'esprit face à l'Ukraine ?
Attendez, pourquoi on en est arrivé là ? Je me permets quand même de faire en 30 secondes un rappel historique. On a quoi qu'on en dise, un coup d'état en Ukraine. Je suis désolé, mais il y avait un pouvoir légitimement élu. Monsieur Yanukovitch était élu, il aurait dû avoir des élections présidentielles dans 9 mois. Il a été renversé. On a eu 2-3 dispositions totalement provocantes qui ont été votées par le nouveau pouvoir ukrainien pour une partie de la population. Qui veut légitimer son pouvoir ? Oui, mais quand on veut légitimer son pouvoir, il y a deux sortes de solutions. Il y a où on coupe les têtes, où on rassemble.
Et malheureusement, j'allais dire, ça a été plutôt l'option 1 qui a été choisie. Première loi votée, interdiction des langues régionales dans toute une série dans le pays. Oui, c'était peut-être pas la mûre des électeurs. Non, mais deuxième loi, interdiction des médias en langue russe, pour être très clair. Quand à un moment où vous provoquez les gens dans leurs identités, il y a une réaction.
Sauf qu'on vous répondra que c'était provocation contre provocation aussi. Quand Poutine affirme, par exemple, comme hier soir, qu'il n'a aucune prise sur les séparatistes en Ukraine, vous le croyez ?
Je vais vous poser une question. Si vous pensez que la Russie, aujourd'hui, avait voulu envahir les régions, par exemple, de l'Est ukrainien, c'est-à-dire Donyens-Lugansk, est-ce que vous pensez sincèrement qu'ils auraient eu des difficultés ? Je pense que ça aurait provoqué un tollé international beaucoup plus fort qu'en Crimée. On est bien d'accord, mais je pense aussi qu'il n'aurait eu strictement aucune difficulté militaire. Que dit M. Poutine ? Il dit tout simplement qu'il n'y a aucun soldat russe dans l'Est de l'Ukraine. Que disent les Américains ? On a des preuves du contraire. Mais pour le moment, on ne les a toujours pas vus.
Moi, je me souviens aussi des Américains nous expliquant qu'ils avaient des preuves d'armes de destruction massive du temps de M. Saddam Hussein. C'est l'argument qu'a sorti Vladimir Poutine l'année soirée. Oui, mais c'est une réalité, c'est-à-dire qu'on a affirmation contre affirmation. Voilà. Et jusqu'à présent, on n'a pas la moindre preuve qu'il y ait des soldats russes dans l'Est de l'Ukraine. Donc, je crois qu'aujourd'hui, il vaut peut-être mieux dialoguer plutôt qu'essayer de multiplier les accusations sans sortir la moindre preuve. Et en tout cas, aujourd'hui, on est rentré dans une guerre économique où la France et l'Europe risquent d'être les principales victimes.
Si vous me permettez une minute, j'étais il y a cinq semaines en Ouzbékistan. En Ouzbékistan, 2005, un massacre, etc. On a voté, enfin massacre, hélas, attention, je ne passe pas ça. Mais sous la pression internationale, des sanctions économiques très importantes. Pression américaine. Le régime n'a absolument pas changé depuis. Simplement, entre-temps, les Américains, depuis, ont recommencé des négociations. Puis ont décidé que ça n'arrangeait plus qu'il y ait des sanctions. Et on dit, finalement, chacun peut revenir. Sauf qu'eux avaient déjà pris des positions dominantes. Je pense qu'il ne faut pas être naïf.
On est dans une guerre diplomatique, mais on est aussi dans une guerre économique où il ne faudrait pas que l'Europe se fasse instrumentaliser. Et aussi, il faudrait qu'en suivant, j'allais dire, nos meilleurs alliés, on perde aussi nos meilleurs intérêts.
Alors, justement, dans ce contexte de crise en Ukraine, la France doit-elle livrer les deux navires de guerre mistrale à la Russie ? Les Etats-Unis sont contre, la Pologne aussi.
Oui, la Pologne, qui est un État européen, qui achète des avions américains plutôt que des avions français, c'est bien ça ? Oui, c'est ça. Voilà, non, mais je crois que là aussi, il faut arrêter d'être naïf. Est-ce qu'on doit livrer ces bateaux ? Oui, il y a une commande. Ou alors, il faut dire très clairement aux Français, est-ce que vous êtes prêts à payer plusieurs centaines de millions d'euros de dédits ? Est-ce que vous êtes prêts à perdre un certain nombre d'emplois ? Et est-ce que vous êtes surtout prêts à ce que notre économie de l'armement
perde toute crédibilité ? En début de semaine, Nicolas Sarkozy a rencontré Vladimir Poutine en Russie alors que les Occidentaux avaient décidé d'isoler le président russe. Nicolas Sarkozy ne risque-t-il pas de venir perturber ce délicat jeu diplomatique donc qui se joue en ce moment ?
Nicolas Sarkozy a la leçon, je pense, de la Géorgie. Il y a un moment où certains, en 2008, poussaient à l'embargo. Il a pris l'avion, il est allé voir Poutine, il a essayé de trouver une solution qui a arrêté la guerre.
Oui, mais sauf que là, on parle de diplomatie parallèle, pour le coup.
Oui, mais par moment, je pense que la diplomatie parallèle, elle peut être utile et qu'aujourd'hui, la diplomatie qui consiste à dire sanctions, sanctions, sanctions pour suivre les Américains, ça ne aboutit à rien.
Pour terminer, Valéry Trier-Villeur, dans un tweet hier soir, qui dit « Heureuse, qui se dit heureuse de ne pas avoir à serrer la main de Poutine. Est-ce un épiphénomène ou une bourde diplomatique ? » Oh, c'est Valéry Trier-Villeur.
C'est pourquoi ? Parce qu'il a dit des propos assez déplacés sur Madame... Je pense que c'est pour l'ensemble de son œuvre, je pense. Pour l'ensemble de son œuvre, attendez, Vladimir Poutine, hier, dans son interview, a rappelé quelque chose qui choque en Occident. Un, d'abord, c'est un chef d'État qui est sûr de lui, qui a une population derrière lui, qui a été élu largement, et puis qui a une politique très claire. Il fait la guerre au terrorisme et à l'islamisme. Depuis la Tchétchénie, aujourd'hui en Syrie, et qui a une ligne politique. Et peut-être que ça peut choquer certaines bonnes âmes, mais je pense aussi que c'est
un sujet qui fait l'unanimité en Russie. Très bien. Les rencontres au sommet, donc à l'occasion des cérémonies du débarquement en Normandie. On en reparlera sur France Inter. Merci Thierry Mariani. Merci. Député UMP des Français de l'étranger et vice-président du groupe d'amitié France-Russe à l'Assemblée Nationale. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Thierry Mariani