PROPOSITION CHOC DE LFI : FAUT-IL NATIONALISER TOTALENERGIES ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est une annonce toute fraîche qui date de ce matin. Le groupe parlementaire de la France insoumise va déposer une proposition de loi pour nationaliser les activités des industrie pétrolière de Total en France. Les négociations entre l'Iran et les États-Unis ont échoué.
Donald Trump a lancé un blocus pour couper les revenus pétroliers de son ennemi iranien. Le D3 d'Ormous est toujours bloqué et les conséquences de ce blocage sur les prix du carburant en France provoquent la colère des usagers tout comme la faiblesse de la réponse du gouvernement. 70 millions d'euros débloqués au mois d'avril et uniquement à destination de quelques professions.
L'heure est aussi à la Roste pour les syndicats mobilisés depuis plusieurs semaines. Alors, quelles sont les possibilités d'actions concrètes pour lutter contre cette hausse persistante des prix du carburant ? La nationalisation est-elle une piste crédible de résolution de cette crise ?
On en parle tout de suite avec Adrien Cornet, syndicaliste CGT grand puit et militant révolution permanente et Adrien Clouet, vice-président du groupe LFI à l'Assemblée nationale, signataire de la proposition de loi. C'est l'heure du premier entretien de Toujours Debout. [musique] Bonsoir à vous deux.
Merci d'être avec nous ce soir. Bonsoir euh Adrien Clou, je vais commencer avec vous. Aurélie Trouvé, votre collègue député LFI. annoncé ce matin, je le disais, le dépôt d'une proposition de loi pour nationaliser les activités des industries pétrolières en France.
J'aimerais qu'on l'écoute rapidement et on revient ensuite là-dessus. Comme en 2022, Total, la multinationale du pétrole et particulièrement ces grands actionnaires sont des grands profiteurs de la guerre comme après la guerre en Ukraine. 1 milliard, nous avons appris entre-temps 1 milliard de bénéfices par pure spéculation sur la flambée des prix. total pousse à l'augmentation euh des prix, même s'il annonce des mesures cosmétiques euh de faux plafonnement euh dans ces station.
Euh et donc vous le savez, l'essentiel de des bénéfices de total va euh à ces grands actionnaires. L'année dernière, c'était 15 milliards de dividendes, record du CAC 40, pas un seul impôt sur les sociétés versées en 2019, 2020, 2021, 2023, bref, et des investissements climaticides. Tout ça nous fait dire qu'il est temps de nationaliser une partie des activités industrielles et pétrolières de total puisque l'énergie doit redevenir un bien stratégique placé sous la responsabilité publique.
Il faut préciser que cette nationalisation que vous proposez, c'est une nationalisation qui est uniquement partielle. Ça concerne quoi exactement ? Tout à fait.
Alors peut-être d'abord pour que tout le monde saisisse bien l'intérêt total et l'industrie pétrolière en France hein. Ce sont des milliers de salariés hautement qualifiés à tous les postes de travail. qui euh se lèvent le matin parce qu'ils veulent fournir de l'énergie et d'ailleurs pour une bonne partie travaillent aussi pour décarboner cette énergie.
Donc ça c'est ce que font les gens qui travaillent dedans. Maintenant, ils ont deux obstacles importants. Le premier obstacle c'est le caractère de rente de cette industrie, notamment le cas de Total.
Vous voyez que total si vous prenez l'évolution de son taux de marge, de son bénéfice net, et bien c'est uniquement lorsqu'il y a une crise que la spéculation est possible que le taux de marge explose. C'est pas parce qu'il y a une innovation, parce qu'il y a une percé technologique, c'est parce que il se positionne sur des moments de crise que du coup ils peuvent spéculer. Ce qu'a dit Aurélie à l'instant, c'est un problème.
Et ce problème, il est d'autant plus vif que l'argent qui en est tiré est utilisé au bénéfice des actionnaires. Essentiellement, l'année dernière, c'était 16 milliards qui sont allés aux actionnaires sous forme soit de dividende, soit de rachat d'action. 15 milliards dans l'investissement.
C'estàd que cette entreprise qui profite des crises par effet de rente redistribue aux actionnaires plus qu'un investi dans l'outil productif. Donc c'est un double problème. Face à ça, bien il nous semble que il faut reprendre la main.
Et reprendre la main, ça nécessite de placer sur contrôle public, on va dire les les deux piliers industriels concrets aujourd'hui de la production. D'une part, ce qui concerne le transport entre les raffineries et les dépôts, il y a les infrastructures qui existent aujourd'hui, c'est notamment de différentes sociétés, la STPP, la société de pipeline Méditerranée Rô et la compagnie industrielle maritime. Ces trois entreprises font le transfert en fait rapident les essences.
Et la difficulté qu'on a là-dessus, c'est que elles font des prix discriminatoires entre les stations services et donc en fait c'est elle qui pilote la variation des prix d'une station à une autre. Donc il faut les les placer sous le contrôle public. Et l'avantage, c'est qu'une fois que c'est sous le contrôle public, comme pour l'électricité par exemple, vous pouvez avoir une marge maximum.
Euh au lieu d'avoir trois acteurs qui se répartissent le marché entre eux et qui font la marge la plus haute, bah vous avez une marge publique qui dit que au-delà d'un tel niveau de bénéfice, et bien vous reversez tout à un fond public ou au budget de l'État. Donc premièrement, il serait fixé par l'État du coup. Exactement.
Bah comme on a par exemple pour la la les commissions sur l'énergie, vous savez, il y a il y a des tarifs maximum, il y a un plafond, on doit faire pareil sur le transport, sur les essences et puis si on remonte plus haut, il faut arriver évidemment à la raffinerie. Aujourd'hui, il en reste six sur le territoire hexagonal des raffineries. Alors, on pourrait toutes les citer hein.
Gonfreville, Don, Faisin, Lavera, Fosurmer, Portgérôme, Gravenchon. Ces six raffineries aujourd'hui euh ont le même défaut que total en général, mais elles sont pas toutes de total he attention mais elles ont le même défaut. C'est-à-dire que elles ont des bénéfices qui explosent dans les périodes de crise où elles peuvent [grognement] créer une pénurie et en fait utiliser leur pouvoir sur le marché pour prendre captif les [grognement] consommateurs, les consommrices, les conducteurs et les conductrices.
Donc face à cela, on a une difficulté, c'est que ils profitent de leur pouvoir de marché contre nous toutes et nous tous. Donc il faut en reprendre le contrôle public à la fois pour pouvoir et bien alimenter le pays par rapport à ses besoins effectivement et puis et même peut-être surtout pour pouvoir réorienter la production carbonée parce qu'on voit bien que le privé aujourd'hui ferme des raffineries en France. On a perdu un/3 des raffineries depuis 2008.
On ferme des raffineries tous les ans en France. Enfin, tous les ans, on ferme des raffineries, on va dire, de depuis 20 ans en France et en fait, sans aucune espèce de reconversion de l'outil productif vers la question euh des énergies renouvelables. Alors, pourtant, il y a eu un ensemble de tentatives, je pense par exemple ce qui ce qui a pu se faire à grand puit.
Alors, on souffre évidemment que ce soit pas sous contrôle salarié et que ce soit pas dans un cadre public intégral, mais enfin à grand puit, il y a un projet solaire, il y a des projets de recyclage, il y a des projets des projets euh biochimiques. Bref, une tentative de faire autrement de l'énergie en utilisant toute l'infrastructure concrète physique qui est déjà disponible mais qui aujourd'hui ne sert que les actionnaires et pas le grand public. Adrien Cornet, vous je le disais, vous êtes salarié à la raffini grand puit et vous êtes mis en grève aujourd'hui.
Quelles sont vos revendications vous ? Donc bonjour, merci de m'avoir invité. Ben nos revendications donc elles se portent sur les revendications national donc de porter le le prix maximum à 1,50 € du litre du du prix du litre du carburant euh et des augmentations de salaires pour tous.
Euh et euh aussi une clarification, une ouverture des livres de compte euh on y tient beaucoup euh pour faire en fait la lumière sur les bénéfices de total, d'où viennent ces profits, d'où viennent les milliards et les milliards qui sont amassés par les patrons pétroliers et les actionnaires et de montrer à l'ensemble des travailleurs que nous les raffineurs et les travailleurs de l'ensemble du groupe et des filiales totales l'énergie. On est du côté euh des consommateurs, de ceux qui galèrent euh pour faire leur plein aujourd'hui. Euh on fait aussi partie de cela.
On a énormément de travailleurs précaires dans les raffineries. Je pense à nos camarades, nos travailleurs sous-traitants qui sont très mal payés, qui travaillent dans des conditions terribles. Et on a aussi des camarades, beaucoup de femmes qui travaillent dans des stations services qui sont précaires également qui travaillent pour total he c'est la les stations services sur autoroute la filiale argiste est 100 % totale et c'est énormément de travailleuses précaires qui sont payé 1600 € par mois et qui aujourd'hui ne peuvent plus aller travailler parce que en fait le carburant est trop cher pour pour ell elles elles sont vraiment galères d'ailleurs elles elles vont sans doute do bientôt partir dans un mouvement de grève et on va on va les soutenir très fortement.
Voilà. Donc principalement cette démonstration de grève de 24 heures, ça a été la démonstration que il faut que les travailleurs et ensuite les riverins et les usagers ensemble du pétrole ont puisse décider du prix du pétrole que c'est pas c'est pas ni un patron capitaliste d'ailleurs, ni la nationalisation, c'est une bonne idée, mais il faut qu'elle aille beaucoup plus loin, qu'elle soit sous contrôle des travailleurs des usagers. Euh nous aujourd'hui par exemple, vous parliez de la transformation de grand puit.
Aujourd'hui, la transformation de grand puit, elle est complexe. Il y a des incidents très régulièrement. On a eu des collègues qui ont été intoxiqués euh donc sur la la production de de de plastique intoxiqué sans doute au binzen euh voilà qui et et si elle était sous contrôle des travailleurs cette traffinerie à grand puit, on aurait pas eu ça parce que on gérait toutes les conditions de sécurité mais aussi le volume d'embauche de l'ensemble des travailleurs et cetera.
Donc voilà, il faut vraiment euh aller jusqu'au bout de la logique, pas seulement nationaliser parce qu'on voit à quel point bah l'éducation est nationale, on voit EDF est national, on voit que euh beaucoup de de de services peuvent être nationalisés et pourtant les travailleurs, ils sont maltraités. Les travailleurs, ils sont régulièrement mis en danger. Euh nous on si j'ai bien compris, vous souhaitez que le que l'outil de travail soit repris par les travailleurs eux-même.
C'est ça. Exactement. En fait, pour nous la nationalisation elle elle doit se faire sous contrôle des travailleurs et aussi des riverins qui sont qui peuvent être au contact de la population de la pollution.
D'ailleurs, nous la plupart d'entre nous, on habite à côté de nos usines et on est les premiers victimes de la pollution de nos produits chimiques. C'est souvent ce qu'on disait à Grand Puis d'ailleurs, c'est que nous, il faut qu'on qu'on passe toute cette production sous nationalisation sous contrôle des travailleurs le temps de trouver une alternative réelle au produits du pétrole. Parce que comme vous l'avez rappelé, Total délocalise ses raffineries depuis 2009.
Euh la première, ça a été Flandre, ensuite ça a été Lamed, ensuite ça a été Grand Puis et euh bah il voulait continuer encore et toujours. Et aujourd'hui, cette crise du pétrole qui a été provoquée par la guerre impérialiste menée par les États-Unis et Israël, excusez-moi, c'est elle elle montre à quel point il y a une nécessité de mettre ce secteur et l'ensemble des secteurs de l'énergie d'ailleurs sous contrôle des travailleurs parce que c'est pas simplement le pétrole mais il y a tous les dérivés du pétrole. Il y a le le bitume pour les routes, le plastique, il y a aussi du pétrole dans les médicaments et cetera.
Et tant qu'on a pas trouvé d'alternative à tous ces produit là, il faut que ce soit les travailleurs qui puissent le contrôler. Alors euh c'est pas la première fois que la nationalisation de Totale énergie, elle est mise à l'ordre du jour par un groupe politique. C'était déjà le cas en 2024 sur une proposition de loi de sénateur et sénatrices PCF et à l'époque, ça concernait un projet encore plus grand de service public de l'énergie.
Vous en pensiez quoi ça vous Adrien C ? à nous, on est favorable à ce qu'il y a un grand service public de l'énergie. Maintenant, la question est aussi, je pense, d'éviter euh des entreprises totalement tentaculaire dans lesquelles le contrôle démocratique par les élus du peuple et les élus des salariés en fait serait assez vite, on va dire, euh nébuleux parce qu'en fait quand c'est un livre de compte d'un livre de compte, d'un livre de compte, d'un livre de compte, on peut très vite craindre que le contrôle démocratique soit très faible.
Donc on est favorable à une reprise en main publique. On se retrouvera évidemment sur le fait que une nationalisation, c'est pour que dans le conseil de direction, vous ayez des représentants de l'État, des travailleurs, des usagers, enfin c'estàdire usagers au sens consommateur et riverin. Mais là-dessus aussi, on sera d'accord.
Après, il faut la discussion sur comment on compose concrètement ce conseil de direction qu'elle part pour chacune et chacun, mais c'est l'orientation politique qu'il faut évidemment prendre. Donc là-dessus, on va se retrouver. Maintenant, est-ce qu'on a besoin de tous les services qu'il y a dans Total ? par exemple les participations à l'étranger, ça me semble pas tout à fait évident et c'est pour ça que nous le texte qu'on dépose ici, c'est un texte qui a comme double objectif d'abord d'avoir un vrai étape contrôle en amont sur le prix à la pompe, c'està-dire en fait contrôler la formation du prix, c'estàdire ce que la marge de raffinage puis la marge qui est prise sur le transport vers les stations services.
Voilà comment on opère ce contrôle. Et deuxièmement, comment on opère une bifurcation de l'outil productif pour évidemment ne pas rester totalement dépendant aux énergie carbonée. Il nous semble que là aussi seule la puissance publique et seul le débat démocratique permettent réellement de réorienter les raffineries non seulement en gardant les emplois mais surtout en recrutant à la hauteur des besoins pour que les raffineries demeurent l'avant-poste de la production énergétique française.
Alors euh toujours euh des sénateurs communistes qui ont déposé le 13 mars un texte pour encadrer euh temporairement les marches dans le secteur et abaisser la TVA sur l'énergie. Vous en pensez vous en pensez quoi vous Adrien Cornet ? C'est positif, c'est pas suffisant ?
Non, aujourd'hui on on enfin c'est c'est une proposition qui on est pour le fait que effectivement le prix soit soit soit fixé beaucoup plus bas qu'il ne l'est aujourd'hui. On parle d'un 50 € au lit mais euh bien sûr que la la les taxes sur le carburant, c'est c'est comme la TVA si vous voulez, c'est des taxes les plus injustes en fait qui existent puisque que vous soyez Patrick Pouillané ou un sous-traitant de chez Total ou travailleuse de des stations services d'Argis, en fait quand vous faites le plein, vous vous payez la la même part de taxe. Donc donc c'est c'est purement et simplement injuste.
Il faudrait transférer ces taxes vers vers les profits en fait de total. justement pouvoir aller vers vers la la la saisie de ses profits par des taxes plutôt que de taxer les travailleurs. On se souvient du grand mouvement des gilets jaunes qui nous a qui nous a tous transformé dans le dans le mouvement ouvrier et qui a montré à quel point ce sujet touchait profondément les travailleurs et à quel point ça les attaquait directement. nous les discussions qu'on a autour du prix du carburant sont quotidien sont sont tous les jours.
Mais moi, je reviens vraiment sur l'importance en fait d'aller au bout de la proposition. C'est pas une cogestion avec l'État qu'il nous faudrait, c'est vraiment que le pouvoir y revienne au travailleurs, qu'on puisse plus jamais en fait reculer. Avoir le pouvoir par les travailleurs dans les usines, c'est d'abord et avant tout bah leur donner le contrôle sur leur outil de travail.
On connaît par cœur notre outil de travail. On a démontré aussi à quel point le rapport de force qu'on avait en 2022 quand on a euh paralysé l'ensemble de de l'outil, quand on a asséché les stations montre que ce rapport de force sont là pour pouvoir imposer ça. C'est de notre côté, du côté des grèves.
Et c'est à ce service, à notre avis que devrait se se mettre toute la gauche, la gauche radicale au service de de la classe ouvrière, de la grève pour pouvoir justement aller arracher notamment ce prix plafonné à 1,50 € mais au-delà de la nationalisation sous contrôle des ouvriers et des rivers. Alors, le gouvernement depuis les buts, le début de l'augmentation des prix du carburant a toujours refusé euh de bloquer ses prix justement dans les stations essence. Euh Roland Escur avait annoncé à la fin mars, donc je le disais en introduction, 70 millions d'euros d'aide.
Euh cet après-midi, on a appris par le Parisien que le gouvernement aurait rédigé un projet de décret pour un contrôle renforcé des prix euh à partir de 1,71 € du litre. Qu'est-ce que vous pensez de ce revirement ? Bah c'est de la flû donc il y a pas de revirement.
Non mais il y a pas de revirement. On a un ministre qui nous explique d'abord qui veut alors je cite de tête concentrer les contrôles sur les prix chez les distributeurs qui sont à plus de 171. Alors déjà le problème c'est pas le distributeur.
En fait, il est en train de nous expliquer qu'il va aller contrôler ceux qui distribuent. C'estàd là où il y a le moins de marge qui se fait dans toute la chaîne. Donc c'est pour occuper la galerie à défaut de la musée parce qu'ils sont pas très marrants.
Donc non, tout cela n'a absolument aucun sens. Soit [grognement] on a un blocage, c'est-à-dire on on fixe un prix administratif qui peut pas être franchi. Au quel cas, ça signifie que le producteur en amont pour pouvoir vendre à ce niveau-là et bien tout au long de la chaîne est obligé de respecter le prix final et donc de prendre sur ses dividendes et sur ses marges.
C'est ce qu'on souhaite pour que Total fasse l'effort avec ses revenus financiers et non pas que ce soit le consommateur à la fin qui soit évidemment le laron de la foire et qui le prix répercuté. Enfin, le distributeur si jamais ça lui arrive à 1,70 et qui pas le vendre à plus d'71, bon ben on n pas fait grand-chose dans dans cette histoire. Donc non, à mon avis c'est vraiment euh une improvisation.
D'ailleurs, on l'a vu tout à l'heure, il y a eu des interrogations de après les questions gouvernement à l'Assemblée nationale et bon, aucun ministre est capable d'expliquer concrètement en quoi en quoi considérit ce projet. Donc, ils ont inventé un truc sur un coin de table. Ils sont dit "Ouh là là, ouh là là !
Euh, il y a le blocage des prix qui est très populaire, qui est défendu de plus en plus largement dans la population. Ouh là là, ouh là là, il y en a même maintenant qui arrivent sur [grognement] la question de nationaliser euh l'outil euh de production et de raffinage et d'y intégrer même les travailleuses et les travailleurs. Donc à partir de là, il leur faut un contrefeu.
Le contrefeu, c'est nous expliquer qu'ils vont contrôler les marches de ceux qui n'en font pas. Et ben super, merci. Repassez.
Adrien Cornet, c'est ça qu'il faut faire aussi pour vous continuer à mettre la pression justement pour forcer le gouvernement à plier et à bloquer concrètement les prix. Oui, continuer à mettre la pression et le meilleur outil qu'on a nous les travailleurs, c'est la grève et y compris voilà, on se souvient du grand mouvement de grève qui a eu en 2023 qui a déployé beaucoup de secteurs du monde du travail et aujourd'hui on a fait la démonstration que les travailleurs de total qui avaient vraiment de deux secteurs en fait dans cette entreprise. D'un côté, le patron d'ailleurs les le ministre l'Escure et tout son gouvernement veulent toujours épargner les profits totals.
Il faut jamais toucher au profit, il faut jamais viser cette entreprise en particulier. Et nous ce qu'on dit justement c'est que aujourd'hui le rapport de force, il est dans les usines, il est dans la grève. Les tentatives à l'assemblée, elles ont eu lieu des dizaines et des dizaines de fois.
Elles ont jamais porté leur fruits. Et la grande victoire qu'on a eu contre Total, elle s'est passée en 2022 où on a réussi à arracher des grosses augmentations de salaires pendant cette période d'inflation. Je rappelle quand même que des profits historiques ont été ont été gagnés par total en 2022 et en 2023 liés notamment à la guerre en Ukraine.
Et aujourd'hui, cette inflation qui va tous nous toucher, on voit les prix y compris des courses qui sont en train de de flamber et et et combien de travailleurs vont être plongés dans cette précarité. Euh nous euh on a tous euh une carte à jouer et nous les travailleurs on a la possibilité euh de bloquer euh de bloquer l'appareil de production euh pour imposer ce rapport de force et à aller arracher beaucoup plus qu'un plafonnement des prix. Voilà, c'est vraiment quand on parle de de de c'est changer de paradigme quelque part, c'est changer de qui qui décide de ce qu'on produit et pourquoi.
Et c'est là où on doit poser cette question là, cette question démocratique. parce que nous bien sûr que nous on est les premiers à attraper des cancers à cause des des produits, à cause du bienzen, à cause donc on a aucun intérêt quelque part à faire perdurer le pétrole. Mais aujourd'hui, on nous vend des solutions qui sont complètement loufo nous parle de passer à l'électrique avec des voitures familiales à plus de 30000 €.
On nous parle on nous parle de de d'accentuer aussi l'extractivisme qui existe dans les pays du sud. Il faut rappeler ça à quel point à quel point euh toute l'électrification euh passe aussi par polluer l'Argentine, le Chili, euh euh énormément de de pays d'Afrique et cetera pour aller chercher les terres rares. Il il faut rappeler l'impact que ça a sur ces pays du sud et à quel point nous en tant que travailleurs, on doit remettre au centre la question internationale.
On a une guerre qui frappe les travailleurs iraniens dont dont les raffineurs sont sont visés particulièrement dans cette guerre. Et il faut il faut aussi rappeler à quel point on est du côté du côté de de de ces travailleurs qui sont visés et à quel point il faut aussi qu'on pense à à nos à nos rapports de production en lien avec les travailleurs des pays du sud. Vous parliez de changer de paradigme.
Adrien Clouet. Est-ce que cette nationalisation, elle vise juste à répondre à la crise du carburant ou il y a d'autres objectifs de plus long terme ? Non, bien sûr, il y a des objectifs de de plus long terme.
C'était juste la crise des carburants, on pourra en rester au blocage des prix et finalement euh on abandonnerait au capital privé les décisions fondamentales. Non, bien sûr qu'il s'agit de d'avoir d'abord d'avoir une bifurcation écologique. C'est les premiers éléments euh que j'évoqué à savoir la reprise publique en main pour reconvertir l'outil surtout le diversifier pour préparer l'économie postcarbone.
Deuxièmement, parce que je pense que cette or publique étant du nationalisé, c'est le lieu pour justement déléguer, transférer, confier et accorder enfin du pouvoir aux travailleuses et au travailleurs sur leur site, sur le lieu de travail. Normalement, le secteur public national a toujours eu comme comme ambition d'être le lieu d'expérimentation des avancées démocratiques sur l'outil productif. simplement maintenant qu'on a mis toutes les usines dans le privé et qu'il y a plus de régie publique productive, et ben on est plus en capacité d'avoir ce secteur-là qui entraîne, qui est le [grognement] secteur où les travailleuses et les travailleurs testent des choses, s'organisent, revendiquent et surtout euh comment dire conçoivent localement quelque chose qui après est répondu ailleurs comme on l'a fait sur les semaines de congé payé par exemple dans les luttes des travailleuses travailleurs qui ont été expérimentés dans le public.
Ensuite, elles sont reprises après dans le privé par cet effet de pression. Et puis troisièmement, il y a un sujet international, c'est-à-dire que reprendre le contrôle public sur l'industrie pétrolière, c'est aussi repulsionner la place de la France dans le monde par rapport au pays pétroliers. C'est faire en sorte que Total, par exemple, ne soit pas l'ambassadeur ouieux de la France et ne soit pas en charge de gérer les logiques d'extractivisme dans des pays tiers.
Mais bel et bien que la France assume ses responsabilités de bout en bout en étant la responsable nationale du pétrole national. C'est une multinationale qui a pris trop de place par rapport à ce que devrait être. Ah ben bien sûr, il y a des multinationales comme Total qui euh aujourd'hui euh ont des revenus supérieurs à ceux de certains États et donc qui à partir de là négocie avec une force de frappe qui est incommensurable.
Et je pense que c'est un problème démocratique que des multinationales soient aussi puissantes que cela. Non pas qu'elles a des capacités productives très importantes, ça tant mieux. c'est grâce au salariés, mais qu'elles aient une force de frappe financière telle que celle qu'elles ont aujourd'hui.
Ça conduit également, on le voit régulièrement à [grognement] des affaires en justice où ça conduit à des arrangements avec des puissances étrangères, compris hostile. Je pense par exemple à l'abandon des projets renouvelables aux États-Unis sous pression de Donald Trump et Total a accepté un chèque des États-Unis pour abandonner des projets qui avaient été signés à l'époque de monsieur Biden. Et bien, je pense que une entreprise nationale aurait pu avoir un avis beaucoup plus tranché là-dessus et puis surtout le fait d'avoir par l'État un contrôle sur la logistique, la raffinerie et des prises de participation possibles à l'étranger nous donne les outils d'être autonome par rapport à une multinationale qui aujourd'hui a un monopole privé qui est assez insupportable.
Euh en attendant du coup pour revenir à la question du blocage des prix euh Adrien Cornet, est-ce qu'il y a d'autres mesures qui sont envisageables de la part notamment des employeurs pour réduire la facture de carbur de carburant des salariés notamment ceux qui prennent leur voiture. Je pensais par exemple la CFDT qui a réclamé une augmentation de l'indemennité d'éloignement chez Vincy. Est-ce que c'est des choses que vous envisagez aussi à la à la CGT en parallèle de ce blocage des prix à la pompe ?
Bah le ce qu'on envisage surtout c'est d'aller arracher des augmentations de salaires, des augmentations de salair euh et aussi de parler d'indexation des salaires sur les prix, des salaires sur l'inflation. C'est c'est ça qu'il faut qu'on pose parce qu'en fait euh si vous voulez tous les ans euh repartir en grève à chaque fois qu'on a une inflation forte et remettre encore et encore euh les travailleurs en grève alors qu'on pourrait euh tout simplement euh aller chercher euh grâce au rapport de force l'indexation des salaires euh sur l'inflation qui je rappelle a été a été retiré par un gouvernement de gauche a été retiré sous sous le gouvernement mitéran. Euh cette indexation euh il faut qu'on aille la chercher euh en particulier euh euh pour l'ensemble des travailleurs qui sont aujourd'hui dans une précarité euh énorme en fait.
Euh je veux dire les les petits euh chèqus à droite à gauche sur le carburant et cetera, bien sûr que c'est c'est c'est ça peut faire du bien au portefeuille mais c'est la politique de la miette en fait. Alors que je rappelle quand même que total c'est c'est 35 milliards de bénéfices en 2023. Enfin, je veux dire, on est en train de parler de cette entreprise là et euh et en fait, on nous propose voilà des petites mesurettes alors que ils ont la capacité de payer.
Il y a pas il y a pas de problème à ce niveau-là. Sauf que il faut qu'on l'impose par le rapport de force. Voilà.
Donc, il faut pas aller chercher des petites mesurettes. Il faut vraiment qu'on aille vers la nationalisation sous contrôle des travailleurs de l'ensemble du secteur de la production. parce que on parle beaucoup du pétrole et de ses dérivés, mais en fait le problème énergétique, il s'imbrique avec les autres secteurs, les secteurs du transport, les secteurs de de l'énergie, de l'électricité et cetera et cetera.
Et tant qu'on n pas ce pouvoir sur les outils de production, en fait, on ne cesse de reculer, hein. On ne cesse de reculer sur tout, sur la retraite, sur les salaires. On ne cesse de reculer sur nos conditions de travail. on ne cesse de reculer sur euh euh toutes les lois euh qui ont aussi euh euh détruit le code du travail.
Donc il faut que ça s'arrête. Il faut que ça s'arrête. Moi vraiment euh et ça ça passera que par euh le rapport de force, par la grève qui se multiplie dans les différents secteurs.
Et pour moi, le rôle aujourd'hui, c'est de porter ces mots d'ordre de principaux qui sont qui sont à mettre en avant. le plafonnement des prix, mais aussi l'indexation des salaires sur l'inflation et la nationalisation sous contrôle des travailleurs. Et je voudrais terminer pour dire que il y a vraiment énormément de de dans cette dans ce contexte làà de travailleurs euh chez nous de sous-traitants qui sont immigrés ou issus de l'immigration et qui dans ce contexte-là aussi violent qu'on vit actuellement en France euh où on ressent le racisme et cetera, où on voit à quel point il y a cette volonté aussi pour le patronat de qu'on a vu dîner récemment avec Marine Le Pen de de se lier au secteur d'extrême droite, à quel point si nous on n'accélère pas le recul du patronat en 2027, on pourrait voir une alliance entre le patronat du C40 et l'extrême droite en France.
Euh Adrien Clou, donc vous avez annoncé cette proposition de loi avec le groupe LFI. Euh est-ce que c'est vraiment réaliste euh d'envisager son abdotion compte tenu de la composition actuelle de l'hémicycle ou c'est aussi un moyen de d'amener ce sujet euh sur la table pour vous ? Bah les deux, d'abord, il faut amener le sujet sur la table pour qu'il puisse être adopté.
Donc c'est pas contradictoire. Et puis euh vous savez les propositions politiques, elles aboutissent selon le rapport de force et la conjoncture politique d'un pays. L'essentiel, c'est d'avoir tout qui est prêt sur la table et d'exploiter les moindres failles dans le camp de la bourgeoisie pour pouvoir les imposer.
Veut dire, il y a encore 6 jours, on pensait que le 1er mai allait être démantelé et n'allait plus être chôé pour un million et demi de personnes. La mobilisation politique et syndicale, elle aboutit à ce que finalement le gouvernement recule alors qu'ils avaient gagné par un vote à l'assemblée. Vous voyez ce qui se passe à l'assemblée, c'est un des éléments du rapport de force, mais évidemment que c'est traversé par le combat général dans tout l'ordre social qui se joue par la grève, le débrayage, la mobilisation, euh tout simplement les discours ordinaires, hein.
Je veux dire, faut pas croire que le gouvernement n'essaie pas de prendre le pou la population générale tout le temps. Et il y a des moments où il flipent le gouvernement et lorsque le gouvernement flipe, il lâche des choses. Donc, il faut être prêt à ce moment-là à taper et à s'en saisir.
Après maintenant, il faut qu'on continue à travailler sur le fond. Moi, je pense que on peut euh embarquer une majorité à un moment donné sur euh la nationalisation euh dans la situation actuelle. Si vous voulez, euh il y a il y a il y a pas 1000 options, il y a il y a l'option de on laisse faire le marché.
Première option, c'est-à-dire on espère que l'offre et la demande vont se réguler. Sauf vous avez une économie pétrolière qui est euh, on va dire allez oligopole dans la meilleure des cas, monopolistique dans le pire des cas. Et donc c'est c'est de la rente.
Donc il y a pas de raison que l'offre et la demande joue puisqu'elle n'existe pas l'offre et la demande dans le secteur. Premièrement. Deuxièmement, vous avez la politique Macron RN qui consiste à faire des chèqus, c'est-à-dire on utilise le budget public.
Alors, les uns ils baissent la TVA, les autres, ils font un chèque, mais enfin, c'est le budget de l'État qui paye pour que Total maintienne son niveau de de surprit. Puis le troisème élément et bien c'est le contrôle public. Alors, contrôle public, on peut le jouer sur la marge financière, donc bloquer les prix.
Mais si on va un peu plus loin et qu'on va être sérieux pour la bifurcation écologique dans dans son sens général, je pense qu'il faut remonter jusque la logistique, les raffineries à minima pour opérer disons un pour donner à l'industrie pétrolière un horizon sur quelques décennies et euh entamer enfin le retour l'élévation des emplois enfin du monde du nombre d'emplois, le niveau des qualifications et cetera et cetera dans le secteur. Adrien Cornet, donc je l'ai dit, vous êtes en grève, vous avez déposé un préavis de 24 heures. Est-ce qu'il y a des actions qui sont prévues dans les jours à venir pour continuer à mettre la pression justement sur le gouvernement ?
Et ben déjà, on va continuer à consulter les salariés. Généralement, on a cette tradition nous total énergie de donner suite à ces mouvements pour aller chercher après 24 he un 48h puis un 72h pour aller vers la grève reconductible parce qu'on sait que c'est la seule manière de gagner. On l'a encore prouvé en 2022.
Et pour arracher cette grève reconductible et l'imposer, il faut aussi que les directions syndicales euh en fait propose un plan de bataille au monde du travail. Aujourd'hui, euh les directions sont centrées vers des négociations et cetera, vers des interpellations. Mais quand est-ce que en fait on organise les différents secteurs, on les met autour de la table ?
Quand est-ce que la CGT énergie, la CGT du pétrole, la CGT des transports, l'ensemble y compris même des autres syndicats Sudraille ou ou d'autres d'autres secteurs puissent des différents secteurs qui se sont mobilisés encore une fois ces dernières années hein. Je veux dire c'est pas de on parle pas de de 68 là, on parle de de 2022, de 2023. il y a il y a quelques années encore ont prouvé qu'ils étaient capables ces secteurs du monde du travail de se mobiliser et puis avec aussi les les gilets jaunes de de monter des caisses de grève.
Bref, voilà, excusez-moi de de de construire ce rapport de force conséquent. le mouvement ouvrier, les gilets jaunes ensemble, euh les quartiers populaires tous ensemble, on peut faire plier le gouvernement et aller chercher euh toutes ces ces ces ces mesures, ces revendications euh qu'on a posé sur la table euh pendant cette euh pendant cette émission. Euh et pour ça bah il faut absolument qu'on ait une stratégie et ça repose sur une grève générale, une grève politique face à un mouvement euh un gouvernement qui est faible aujourd'hui, qui est un des plus faibles de la 5e République et on a une une carte à jouer bien avant bien avant 2027.
Merci beaucoup Adrien Corné et Adrien Clouet d'avoir été avec nous sur le plateau de M TV. Cor, je rappelle, vous êtes militant à CGT total et à Rman et salarié à la réfrinerie de Grand Puis Adrien Clou, vous êtes vice-président du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup à vous deux et donner à la caisse de grève.
Hadrien Clouet