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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 19 janvier 2018 25 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileTravail & emploiInstitutions & électionsEurope & international

Migrants : le chef de l'Etat est devenu "ultra-répressif", juge Benoît Hamon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14ComplaisanteRéponse directe

    Et l'invité de France Info ce matin est Benoît Hamon, ancien ministre et fondateur du mouvement Génération Jean-Michel Appétit.

  • 9:35OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous rapprochez à la politique d'Emmanuel Macron en matière des migrants ?

  • 12:14OuverteRéponse partielle

    La politique d'accueil est nettement insuffisante, voire il est nécessaire de la dénoncer. Mais une fois qu'on a accueilli les gens, qu'est-ce qu'on fait ?

  • 12:32OuverteRéponse directe

    Est-ce que la distinction que fait le gouvernement entre les migrations pour des raisons politiques et les migrations économiques, vous la partagez ou pas ?

  • 22:09OuverteRéponse directe

    Vous avez parlé d'Europe, vous serez candidat aux européennes 2019 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:39InvitéFait
    « Patrick Veil, qui est un historien de l'immigration, qualifiait cette politique de plus répressive et plus dure, plus inhumaine depuis 1945, factuellement, dans les choix politiques qui sont faits. »
  • 10:03InvitéFait
    « En France, on ne demande pas ces papiers à une personne qui est dans le besoin, sans abri, et qui a besoin d'être hébergée, comme on ne la demande pas à quelqu'un qui rentre dans un hôpital et veut être soigné. »
  • 10:31InvitéFait
    « La totalité des associations, Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre, le Secours Catholique, etc., et déposer un recours contre la circulaire de M. Collomb, qui propose justement d'opérer ce tri entre les personnes à l'intérieur des centres d'hébergement. »
  • 11:01InvitéFait
    « La circulaire Collomb est plus généralement un choix politique qui consiste aujourd'hui à criminaliser la pauvreté. »
  • 11:19InvitéFait
    « On l'a vu avec les sans-abris, avec des paroles indignes de l'ancien porte-parole du gouvernement, M. Castaner, parlant de ces sans-abris qui refusent d'être hébergés, comme si c'était un prétexte pour justifier qu'on ne fasse pas de places supplémentaires dans les centres d'hébergement. »
  • 11:33InvitéChiffre
    « Savez-vous de quoi il parle ? De places à 15 euros au jour. Ça veut dire qu'on est dans du low-cost, c'est-à-dire de l'hébergement pas cher. »
  • 12:08InvitéFait
    « Emmanuel Macron l'a bien compris qui est devenu ultra-répressif parce que c'est populaire. »
  • 13:27InvitéChiffre
    « Il doit être entre 30 et 40 millions d'euros de personnes qui sont inexpulsables, mais qui ne sont pas régularisées. »
  • 14:34InvitéChiffre
    « On est dans quelques dizaines de milliers de demandeurs d'asile. »
  • 15:06InvitéFait
    « On sait que quand une personne n'est pas expulsée dans les 15 premiers jours, en général, elle ne le sera pas. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Benoît Hamon15 %
  • Présentateur9 %
  • Présentateur 25 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Et l'invité de France Info ce matin est Benoît Hamon, ancien ministre et fondateur du mouvement Génération Jean-Michel Appétit.

0:12
Benoît Hamon

Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Jean-Michel Appétit. Vous avez manifesté durant tout l'automne contre la réforme du code du travail. Le groupe automobile PSA vient d'utiliser une des dispositions contenues dans cette réforme. Il s'agit des ruptures conventionnelles collectives pour organiser le départ de 1300 salariés. Il y aura aussi des embauches et les syndicats représentatifs des salariés, puisque les syndicats qui ont signé cet accord représentent 58% des salariés. Les syndicats hier ont validé le processus voulu par PSA. L'entreprise a expliqué notamment la CFDT, ils trouvent son compte puisqu'elle gagne en souplesse.

Et les salariés y trouvent leur compte puisque leurs parcours sont sécurisés. Je cite la CFDT, ce n'est pas un danger pour les salariés mais une opportunité de départ pour ceux qui le désirent. Et donc on se dit, tiens, peut-être qu'il y avait des bons éléments dans cette réforme du code du travail.

0:58
Invité

Vous prenez un cas d'un plan de rupture conventionnelle collectif qui a l'agrément des salariés. Vous auriez pu citer Pimki, où les syndicats ont refusé. La rupture conventionnelle collective, elle se substitue à un plan de licenciement classique, ce qu'on appelle un plan de sauvegarde pour l'emploi. Et elle permet par exemple de se débarrasser d'un salarié plus âgé pour embaucher à la place. Ce qui n'est pas possible avec un plan de sauvegarde pour l'emploi. On ne peut pas licencier et remplacer. Et finalement, elle se substitue au plan de départ volontaire. C'est sur la base des volontariats, le départ. Il y a toujours des plans de départ volontaire.

1:34
Benoît Hamon

Non, non, la rupture conventionnelle collective, vous dites, on se sépare d'un salarié âgé. Dans l'idéal, ce n'est pas la direction qui décide, ce sont les salariés qui partent tout le temps.

1:40
Invité

Pas forcément, mais c'est aujourd'hui un des moyens utilisés par la direction de ressources humaines pour se débarrasser des salariés les plus âgés et les remplacer par des salariés plus jeunes et moins chers. La situation dans laquelle les syndicats sont assez simples, c'est comment négocier au mieux en fonction de la volonté d'un employeur de se séparer de ses salariés. Et moi, je ne suis pas là pour juger de la qualité ou de la bonne ou mauvaise de cet accord-là. Je fais à priori confiance dans les syndicats pour défendre correctement les salariés, mais je regarde quoi ? Auparavant, il existait déjà des possibilités de rupture conventionnelle individuelle.

Et qu'un grand nombre de salariés qui ont utilisé avec leur employeur cette forme-là de rupture de contrat pour quitter l'entreprise disent qu'ils ont été, dans les faits, poussés à cela. Et que ce n'est pas un instrument utilisé par les entreprises qui relèvent forcément de la bienveillance et de la démocratie sociale, c'est un instrument plus facile pour une entreprise pour se débarrasser de ses salariés.

La question est, et c'est là où moi je pointe plus globalement ce que seront les conséquences de ces ordonnances de travail, notamment avec les ruptures conventionnelles collectives, c'est ne va-t-on pas se trouver dans une situation où les grandes entreprises se sépareront des salariés qui ont le plus de mal à retrouver de l'emploi, c'est-à-dire les seniors, qui eux doivent attendre pour partir à la retraite de plus en plus longtemps, et ne va-t-on pas augmenter le chômage des seniors ?

3:04
Benoît Hamon

En tout cas, cet épisode-là ne vous amène pas à réviser ce qui était votre position au départ ? Mais non, je ne la change pas, parce qu'il n'y a pas que ça.

3:11
Invité

Je rappelle qu'il y a le plafonnement des indemnités prudemales, qu'on licencie plus facilement, qu'aujourd'hui, dans les faits, on se sépare plus simplement pour un employeur de ses salariés, et sans pour autant que ses salariés aient plus d'opportunités de retrouver un emploi. De surcroît, je rajoute que ce qui arrive maintenant, et vos auditeurs doivent l'avoir aussi en tête, c'est davantage de contrôle sur les chômeurs.

C'est-à-dire qu'on les pousse plus facilement en dehors de l'entreprise, et on va les pousser, une fois qu'ils seront en chômage, à accepter plus facilement un emploi qui ne correspond ni parfois à leurs compétences, ni parfois à leur niveau de rémunération souhaité, et surtout, qui n'est pas sur le territoire où ils vivent. C'est une des raisons pour lesquelles, moi, je continue à être opposé à cette conception du marché du travail, qui considère que, moins les salariés ont le droit, mieux l'économie se porte.

3:54
Benoît Hamon

Est-ce que vous soutenez, en revanche, la décision du gouvernement de ne pas faire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

3:58
Invité

Oui, j'ai même salué cette décision. Je la salue parce qu'elle me semble être une décision de raison. Une erreur, dit Emmanuel Valls ce matin. Ben, il pense qu'il veut, mais moi, je pense le contraire. Et je pense que c'est une bonne décision. Si c'était une erreur, il avait largement le temps de prendre la décision lui-même. Moi, j'observe qu'une décision est prise, qu'elle va dans le sens de la préservation de l'environnement, des zones humides, de la volonté de reconquête des terres agricoles. Et ça n'empêche pas le développement de la région.

4:25
Benoît Hamon

Et voilà, ça doit être une bonne décision d'Edouard Philippe. Que faire avec ceux qui sont aujourd'hui sur cette fameuse ZAD ? Le ministre de l'Intérieur a son opinion. Il faut dégager assez vite, au moins les axes routiers. Et puis après, plus tard, les terres elles-mêmes. On écoute Gérard Collant.

4:41
Invité

Nous souhaitons libérer les routes. Nous préférons le faire par la discussion, la négociation, plutôt que de le faire en envoyant un certain nombre d'engins qui le fera à leur place. Ça sera d'ici la fin de la semaine prochaine.

4:57
Benoît Hamon

Voilà, le ministre de l'Intérieur était sur ces news, il va aller vite. Il a raison, il y a un peu d'autorité de l'État à restaurer.

5:02
Invité

Réjouissons-nous de ce moment, Collant, où pour une fois il parle de médiation, de dialogue, là où sur les migrants, sur les questions de sécurité, on l'a plutôt entendu dans le registre assez martial, le ministre de l'Intérieur. Et là, il semble qu'il lui aussi ait eu des instructions pour que ce qui prime, ce soit le dialogue. Qu'il y ait la possibilité de circuler sur le territoire désormais que le projet est abandonné, ça me paraît une évidence. Il faut pouvoir retrouver la possibilité de circuler sur les trois routes qui traversent ce territoire. Et ensuite, il faut que la discussion s'ouvre. Il y a à la fois des... Il y a la ZAD, non ? Pour ceux qui sont là illégalement.

Progressivement, on retrouve une capacité à pouvoir utiliser ce domaine public de la manière la plus libre qui soit. Et je pense que la négociation et la discussion sont la meilleure manière de faire. Et si le gouvernement fait ce choix-là, là aussi je l'approuverai. On négocie quoi ? On négocie que progressivement, je crois que le gouvernement l'a évoqué jusqu'à la fin de la trêve hivernale, progressivement, les personnes effectivement évacuent et quittent un territoire où il n'y a plus de raison de se battre, dès lors qu'aujourd'hui, les agriculteurs, les citoyens, vont pouvoir retrouver l'usage et la plénitude de ce territoire.

6:12
Benoît Hamon

Mais les gens qui y sont de manière illégale, ils veulent rester ?

6:14
Invité

On verra, c'est là que la négociation et la discussion doivent s'engager. Vous leur demandez de partir ? Non mais moi je pense que, assez naturellement, à partir du moment où aujourd'hui, à moins qu'il y ait des projets, il peut y avoir des projets qui relèvent de l'agroécologie. Ce n'est pas du tout naturel pour tout un tas de gens qu'on a entendus depuis mercredi

6:33
Présentateur

et qui disent on est là, on y reste.

6:35
Invité

Écoutez, on verra. Est-ce qu'il y a des projets qui peuvent s'inscrire dans la durée ? C'est le sens d'une médiation qui doit être organisée par le gouvernement. Il me semble qu'on prend ce chemin-là. Moi je pense que tout ce qui nous évite des conflits, du désordre, de l'insécurité, participe d'une solution paisible à Notre-Dame-des-Landes. En tout cas, je me réjouis que, sur ce terrain-là, la voix de la raison ait été entendue. J'aimerais qu'en matière de migrants, la voix de la raison soit également entendue.

7:00
Benoît Hamon

On va en parler, mais dans ce dossier, si je comprends bien, 10 sur 10 selon Benoît Hamon pour le gouvernement.

7:05
Invité

C'est vous qui donnez les notes, c'est moi qui parle.

7:07
Benoît Hamon

Allez, vous donnez votre note.

7:08
Invité

Non mais je ne donne pas de notes. Je constate que moi je défendais cette position pendant la campagne présidentielle. Non mais je défendais cette position pendant la campagne présidentielle. Emmanuel Macron défendait l'inverse. Il s'est rallié à la position que je défendais pendant l'élection présidentielle. Je me réjouis qu'il ait changé d'avis.

7:22
Présentateur

Vous restez avec nous Benoît Hamon, il est 8h40, voici l'Essentiel de l'Info avec Agathe Mahué. A nouveau des incidents signalés ce matin à la prison de Fleury-Mérogis. 150 surveillants pénitentiaires chassés par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre, pas convaincus par les négociations en cours. Les gardiens de prison renouvellent leur mouvement. C'est le cinquième jour consécutif. Un million de casiers judiciaires vérifiés au sein de l'éducation nationale. L'opération Grand Nettoyage qui avait été entamée en 2016 par le ministère s'est achevée.

Elle a permis de suspendre 26 agents, qu'ils soient professeurs ou personnels administratifs, condamnés par le passé pour des atteintes sexuelles sur mineurs ou pour détention d'images pédopornographiques. Un peu plus d'un mois après l'accident de Millas, France Info a pu consulter l'enquête qui accable la conductrice. Deux témoins de l'autre côté du passage à Niveau sont formels. Les barrières étaient baissées. C'est aussi ce que disent deux collégiens rescapés. La conductrice par ailleurs avait reçu un SMS quelques secondes avant le choc, mais il n'a pas été ouvert. Et puis des éleveurs laitiers reçus cet après-midi par le groupe Lactalis à l'usine de Cran en Mayenne.

Des agriculteurs inquiets et qui réclament plus de transparence après l'affaire de la contamination aux salmonelles. France Info. Benoît Hamon, membre fondateur du mouvement Génération, ancien ministre et l'invité de France Info, Jean-Michel Apathy.

8:46
Benoît Hamon

Le président de la République était à Londres hier. Il a rencontré Theresa May, la première ministre britannique, pour évoquer avec elle la coopération en matière de migration. Bien sûr, c'est la question de Calais qui était au centre de leur discussion. Et Calais, justement, Emmanuel Macron y était mardi. Et il a tenu un discours assez strict sur l'attitude des pouvoirs, du pouvoir des policiers face aux migrants qui se trouvent dans cette ville. On écoute Emmanuel Macron.

9:10
Invité

Lorsque des associations encouragent ces femmes et ces hommes à rester là, à s'installer dans l'illégalité, voire à passer clandestinement de l'autre côté de la frontière, elles prennent une responsabilité immense. Jamais, jamais, elles n'auront l'État à leur côté.

9:32
Benoît Hamon

Qu'est-ce que vous rapprochez à la politique d'Emmanuel Macron en matière des migrants ?

9:35
Invité

D'être la plus répressive depuis très longtemps. Patrick Veil, qui est un historien de l'immigration, qualifiait cette politique de plus répressive et plus dure, plus inhumaine depuis 1945, factuellement, dans les choix politiques qui sont faits. D'abord parce qu'un principe sacré de la République, l'accueil inconditionnel, est remis en cause. Remis en cause par le président de la République, qui voudrait désormais que des équipes de fonctionnaires puissent demander à des travailleurs sociaux de leur transmettre des fichiers sur qui ils hébergent.

En France, on ne demande pas ces papiers à une personne qui est dans le besoin, sans abri, et qui a besoin d'être hébergée, comme on ne la demande pas à quelqu'un qui rentre dans un hôpital et veut être soigné. C'est la raison pour laquelle ces principes sacrés de la République, quand ils sont remis en cause, justifient que la totalité des associations, on ne parle pas que d'associations marginales, la totalité des associations, Emmaüs, la Fondation Abbé Pierre, le Secours Catholique, etc., et déposer un recours contre la circulaire de M. Collomb, qui propose justement d'opérer ce tri entre les personnes à l'intérieur des centres d'hébergement. Voyez-vous ?

Le gouvernement ne présente pas les choses comme ça, mais... Mais sauf que vous reconnaîtrez qu'il n'y a pas que la parole du gouvernement qui compte, la parole des associations qui, elles, sont au contact des migrants, ou des réfugiés, ou des demandeurs d'asile, cette parole-là, elle compte quand ils sont unanimes.

10:56
Présentateur

Donc c'est la circulaire Collomb qui vous pose principalement un problème.

11:00
Invité

Mais la circulaire Collomb est plus généralement un choix politique qui consiste aujourd'hui à criminaliser la pauvreté. Je considère, moi, que ce gouvernement, et c'est là où j'ai un désaccord complet avec ce qu'il fait, parce qu'il n'est pas bienveillant, fait le choix de criminaliser la pauvreté. On l'a vu avec les sans-abris, avec des paroles indignes de l'ancien porte-parole du gouvernement, M. Castaner, parlant de ces sans-abris qui refusent d'être hébergés, comme si c'était un prétexte pour justifier qu'on ne fasse pas de places supplémentaires dans les centres d'hébergement. On le voit avec le choix aujourd'hui de faire des centres d'hébergement low-cost.

Quand le gouvernement parle de places supplémentaires, savez-vous de quoi il parle ? De places à 15 euros au jour. Ça veut dire qu'on est dans du low-cost, c'est-à-dire de l'hébergement pas cher. On est très très loin du discours qui, finalement, de la part d'Emmanuel Macron, vantait l'attitude de Mme Merkel et les moyens qu'elle a mis, elle, en matière d'alphabétisation, d'hébergement, d'accueil, et qui rapporte aujourd'hui de l'argent à l'Allemagne. Pourquoi ? Parce que ceux qui s'intègrent plus vite consomment et travaillent plus vite et enrichissent l'Allemagne. On est très loin de ce discours-là.

Et ce qui amène aujourd'hui même des partisans d'Emmanuel Macron à considérer que cette politique est une politique indigne. On va essayer de le concrétiser. Et je partage depuis longtemps le point de vue des associations sur ce sujet.

12:11
Benoît Hamon

On va essayer de le concrétiser. Accueillir mieux ? Bon, voilà, c'est votre critique. La politique d'accueil est nettement insuffisante, voire il est nécessaire de la dénoncer. Mais une fois qu'on a accueilli les gens, qu'est-ce qu'on fait ? On ne donne pas des papiers à tout le monde ? Est-ce que la distinction que fait le gouvernement entre les migrations pour des raisons politiques et les migrations économiques, vous la partagez ou pas ?

12:34
Invité

Dans les faits, c'est très difficile. De plus en plus difficile. Sauf à regarder le pays de départ des personnes. Et à se dire, effectivement, quand on quitte la Syrie, la Libye, aujourd'hui, l'Erythrée, on n'est plus légitime à demander l'asile. Mais en réalité, aujourd'hui, viennent d'Afrique subsaharienne des personnes qui sont déplacées liées à des conflits, parfois en Afrique, mais liées aussi au réchauffement climatique, à la pauvreté, etc. Et qui choisissent aujourd'hui l'exil en traversant la Méditerranée et qui arrivent en France ou ailleurs en Europe. Pour l'essentiel, elles ne viennent pas en France, ces personnes. Pour l'essentiel, elles vont en Allemagne et ailleurs.

Parlons de celles qui sont sur le territoire français. On leur donne des autorisations de séjour ? A toutes les personnes qui sont là ? Non, mais je pense que, par exemple, on pourrait regarder la situation de ceux qui sont déjà ici et n'ont pas été expulsés depuis deux ans. Savez-vous quel est le coût de l'hébergement social ? Rien qu'à Paris. Il doit être entre 30 et 40 millions d'euros de personnes qui sont inexpulsables, mais qui ne sont pas régularisées.

Moi, je considère que, pour ces personnes-là, qui sont souvent des familles, il faudrait un nouveau titre de séjour qui ne correspond pas forcément à la carte de séjour telle qu'elle existe aujourd'hui, mais qui donne un droit à l'hébergement à minima, comme le demandent les associations, pour leur permettre de s'intégrer. Tant qu'on ne donne pas à ces personnes-là... Donc ce sont des régularisations ? Oui, je pense qu'il faut des régularisations. Peut-être pas tout le monde, mais il faut des régularisations pour un certain nombre de personnes. On sait qu'elles ne seront pas expulsées. Combien ? Donnez-nous une idée

13:58
Présentateur

ou alors une proportion.

13:59
Invité

Mais je ne sais pas vous dire combien. Je sais juste qu'en Ile-de-France, on a des hôtels remplis de personnes ou de familles dont on sait qu'on ne les expulsera pas mais qu'on ne régularise pas. Ces personnes-là, à mon sens, il faut les régulariser. Je vais... Je continue mon raisonnement. Le sujet aujourd'hui, par rapport à toutes ces personnes qui viennent, qui ne sont pas si nombreuses que ça, il est de savoir quelle est la politique que l'on a. Est-ce qu'on facilite... Plusieurs centaines de milliers de personnes ? Non, non, non, non. Ce n'est pas vrai. Pas plusieurs centaines de milliers de personnes. Il faut qu'on sorte des fantasmes.

On est dans quelques dizaines de milliers de demandeurs d'asile. Alors, le chiffre a augmenté. Ah, les demandeurs d'asile ?

14:36
Benoît Hamon

Non, mais les personnes qui sont là sur le territoire.

14:38
Invité

Mais il y a aussi des migrants. Il y a des migrants. Mais la réalité... La réalité, aujourd'hui, c'est que ce n'est pas un phénomène que la France n'est pas capable de supporter. Au contraire. La question qui nous est posée... Je ne dis pas que tout le monde doit avoir des papiers. Je dis simplement qu'il y a des familles qui sont là depuis si longtemps qu'il faut absolument qu'on les régularise. Je prends un autre exemple. Le gouvernement propose d'augmenter par deux la durée de rétention, c'est-à-dire des centres administratifs de détention, de privation des libertés, de 45 à 90 jours.

On sait que quand une personne n'est pas expulsée dans les 15 premiers jours, en général, elle ne le sera pas. Ce qui veut donc dire qu'on augmente le temps de détention, qui a un coût, par ailleurs, pour la collectivité, de personnes en situation irrégulière. Mais c'est pour l'adapter au temps d'étude des dossiers ? Oui, non. En réalité, on est dans une politique strictement répressive. Savez-vous, aujourd'hui, de combien d'heures d'alphabétisation il faudrait, pour une personne qui ne parle pas français, pour qu'elle puisse apprendre notre langue et très vite pouvoir s'intégrer ? Il lui faudrait 30 heures hebdomadaires.

Combien est-ce que dans les centres d'hébergement, les associations sur leur propre denier sont capables de financer ? Entre 4 et 6 heures. Donc, les moyens ne sont pas là. Puisque Emmanuel Macron aime à nous comparer avec l'Allemagne, observez que, qui que vous soyez en Allemagne, quand vous faites une demande d'asile, avant même d'avoir votre statut de réfugié, on vous apprend immédiatement l'Allemand.

Quand on observe qu'au nom des règles de Dublin, vous ne pouvez pas faire votre demande d'asile en Allemagne, mais qu'il faut la faire dans le pays dans lequel vous êtes entré, en Italie ou en Grèce, les gens qui quittent le territoire allemand savent déjà parler allemand là où en France, en réalité, on les maintient dans des situations d'exclusion. Mais est-ce que la politique

16:15
Benoît Hamon

que vous proposez ne serait pas une manière de dire à ceux qui organisent... Oui, organiser l'illégalité des migrants à déterminer que la France est sans doute le pays dans lequel il faut lui ?

16:27
Invité

La République organise l'illégalité. La République, aujourd'hui, se met en infraction avec ses principes. Moi, je m'excuse quand l'État, aujourd'hui, dissuade un certain nombre de migrants de faire des demandes d'asile, quand il faut des délais si longs, que les associations retrouvent les gens dans la rue, au lieu d'avoir justement ce papier qui leur permettrait d'avoir un premier entretien pour pouvoir faire instruire leur dossier, on a aujourd'hui un État qui, dans certains départements, organise la pauvreté, criminalise la pauvreté et surtout ne regarde pas un migrant pour ce qu'il est.

Un être humain, pauvre, dans le besoin et qui appelle un minimum de solidarité même si demain, au regard du droit français, sa situation peut être jugée illégale et donc qu'il peut être reconduit chez lui. Mais aujourd'hui, ce minimum-là n'est pas couvert dans beaucoup de départements par les services de l'État et ce qui justifie que les associations s'indignent. Ça n'est pas populaire comme sujet. Je le sais que ça n'est pas populaire. Et Emmanuel Macron l'a bien compris qui est devenu ultra-répressif parce que c'est populaire. Parce que l'opinion publique, je cite le ministre de l'Intérieur devant les associations, nous suit.

Eh bien moi je trouve, je vous le dis, franchement qu'aujourd'hui, au regard des valeurs et des principes de ce pays, que ce que fait Emmanuel Macron sur la question des migrants est équivalent à ce qu'avait fait le président de la République précédent sur la déchéance de nationalité. C'est une rupture avec un principe sacré de la République. l'égalité des citoyens devant la loi pour François Hollande, le droit inconditionnel à l'accueil pour Emmanuel Macron. Je ne me retrouve pas dans cette vision appauvrie de la démocratie et de la République.

17:57
Présentateur

Vous restez avec nous Benoît Hamon, il est 8h51, voici l'essentiel de l'info avec Agathe Mahuet. 50 millions d'euros en plus pour sécuriser la frontière franco-britannique à Calais. Londres met la main au portefeuille à la demande de Paris. C'est le nouvel accord de Sanders qui vient compléter 14 ans après ce du Touquet. Les délais pour étudier la situation des candidats à l'asile sont également fortement réduits par cet accord de 6 mois à 25 jours pour les mineurs isolés. Fessenheim, le nouveau dossier chaud du gouvernement après Notre-Dame-des-Landes. Hier soir, accueil houleux pour Sébastien Lecornu venu discuter avec les élus locaux.

La centrale nucléaire doit fermer d'ici la fin de l'année. Le secrétaire d'Etat à la transition écologique lance ce matin à Colmar un comité de pilotage. De la négligence devenue maltraitance brutale sur leurs 13 enfants. Les détails livrés par le procureur américain qui mettent en examen ses parents californiens. Des enfants enchaînés, privés de nourriture, privés de douche aussi. Le couple accusé de torture plaide non coupable. Et puis, quand la France se fait rappeler à l'ordre par l'ONU. Le Conseil des droits de l'homme aux Nations Unies critique les dernières lois françaises antiterroristes dans un rapport qui sera rendu public aujourd'hui.

La surpopulation dans nos prisons est aussi pointée du doigt ainsi que l'usage excessif de la force lors de manifestations. France Info Benoît Hamon

19:22
Benoît Hamon

est l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy. L'État a fini de contrôler les casiers judiciaires des personnels de l'éducation nationale, 26 cas. C'est ce que l'on apprend ce matin ont été répertoriés de personnes qui travaillent à l'éducation nationale et qui avaient eu affaire avec la justice pour des problèmes d'attitude vis-à-vis de mineurs. C'est une bonne mesure sans doute de regarder attentivement qui, au nom de l'État, peut travailler au contact des enfants.

19:46
Invité

Oui, et puis surtout qui pourrait faire courir un risque aux enfants. Mais peu de cas découverts

19:52
Benoît Hamon

visiblement. Un déjà serait de trop évidemment.

19:56
Invité

Oui, un serait de trop mais en même temps ce qui montre qu'on n'est pas non plus dans une administration dans laquelle il y a plus d'un million d'agents de l'État qui présentent de problèmes particuliers.

Très intéressant ce que votre journal parle juste une minute avant mais très intéressant quand il pointe que la commission des droits de l'homme des Nations Unies pointe les choix politiques faits par Emmanuel Macron sur l'intégration de l'état d'urgence aux droits communs la surpopulation carcérale et le fait qu'aujourd'hui si les gardiens de prison se sentent si mal c'est parce que les moyens qu'ils ont de travailler les conditions de détention sont régulièrement pointées comme indignes en France.

Mais ça ne date pas d'aujourd'hui mais c'est toujours intéressant et puis si je peux me permettre une actualité qui est passée sous silence c'est qu'on vient d'avoir un éclairage mais ce qui renvoie au sujet précédent c'est sûr, allez-y mais parce que ça renvoie au sujet précédent la France vient de dire ce qu'était ses priorités pour le budget de l'Europe important le budget de l'Europe parce qu'on est sur des perspectives de plusieurs années elle vient de dire on n'augmente pas le budget mais par contre il faudra augmenter les dépenses en matière de lutte contre les migrations et la défense ça sera au détriment de quoi ?

la politique agricole commune et les politiques de cohésion intéressant de voir ce qu'est l'européen Emmanuel Macron défense et migration dit Sarkozy dans le texte ces choses-là changeront peut-être si vous arrivez au pouvoir on ne sent pas ce qui moi me frappe c'est que l'Europe c'est dans tous les mots mais quand on a une actualité européenne aussi lourde que le budget de l'Union Européenne qui est sur plusieurs années on ne regarde même pas ce que propose la France et c'est absolument pas présent dans l'actualité française donc j'en profite pour en parler puisque ce sont les orientations proposées par Emmanuel Macron on ne bouge pas voire même on diminue le budget de l'Union Européenne et dans ce budget appauvri on augmente les dépenses de sécurité pourquoi pas moi je ne suis pas contre on augmente les mesures pour lutter contre l'immigration mais on ne fait rien sur la cohésion des territoires

21:38
Présentateur

on a compris que Macron c'était Sarkozy

21:40
Invité

oui mais il y a des fois des comparaisons qui tombent sous le sens

21:44
Présentateur

sur ces questions-là selon vous mais pour vous vous avez un avis contraire je n'ai pas d'avis moi

21:49
Invité

je précise ça se sent

21:51
Présentateur

ça se devine vous l'assénez comme une vérité c'est une opinion

21:55
Invité

mais j'essaye moi je m'en tiens au fait je regarde ce qui s'est passé j'observe que Nicolas Sarkozy défendait un centre de choix et encore je me demande s'il n'était pas plus doux en réalité dans les faits parfois sur certains sujets

22:07
Benoît Hamon

que Emmanuel Macron ça s'est dit vous avez parlé d'Europe vous serez candidat vous êtes chien européenne c'est 2019

22:13
Invité

c'est dans deux ans

22:14
Benoît Hamon

est-ce que non un an ah non dans un an un an et demi

22:17
Invité

pas deux ans presque deux ans

22:19
Benoît Hamon

non comme vous avez l'air de manifester non pas oui presque deux ans d'accord vous avez l'air de manifester une appétence là je me dis tiens c'est ça qui m'a fait penser

22:25
Invité

parce que c'est pas rien je ne vous dis pas que c'est rien je vais vous poser une question factuelle et comme on n'a pas beaucoup de temps moi je préfère parler du budget de l'Europe que de savoir quel sera le casting

22:34
Benoît Hamon

vous en avez parlé du budget de l'Europe oui mais quand même la reconstruction de la gauche c'est devant nous ça passe par quoi comment avec qui ça passe par un travail

22:42
Invité

le patient lent ce week-end dimanche je serai en discussion avec Yanis Varoufakis et son mouvement d'IM25 qui est un grand parti transnational européen pour parler de ces questions là donc on aura l'occasion de s'exprimer ensemble à l'occasion de l'ancien ministre voilà pour dire comment est-ce qu'on peut à la fois être farochement opposé aux politiques d'austérité de finalement de recul des droits qui s'opère en Europe constamment méthodiquement consciencieusement depuis 20 ans et en même temps rester européen c'est plus facile dans le cadre des traités actuels quelles sont les marges de manœuvre qu'on a c'est de ça dont on va parler

23:14
Benoît Hamon

c'est plus facile de discuter avec des dirigeants grecs qu'avec des dirigeants de la gauche française non je vois ce que vous voulez dire c'est bien

23:21
Invité

non mais on a j'ai des désaccords j'ai des désaccords avec ou des points d'accord avec certains mais j'ai des désaccords avec Jean-Luc Mélenchon effectivement sur la question de la bonne stratégie pas que de la stratégie il y a du fond aussi c'est pas que de la stratégie non si c'est un désaccord stratégique parce qu'en fait l'objectif il est le même c'est qu'on arrête d'avoir des politiques qui soient des politiques où finalement nos économies et nos pays s'enrichissent mais avec des inégalités de plus en plus fortes et au bout du compte des politiques de plus en plus dures pour les plus pauvres la stratégie c'est que moi je pense qu'on peut parfaitement

23:52
Benoît Hamon

réorienter la politique européenne c'est Margaret Thatcher pour dire rendez-nous l'argent c'est pas de la stratégie

23:57
Invité

parce que moi je pense qu'effectivement aujourd'hui le choix qui l'envisage qui pourrait être je mets des guillemets qui pourrait être de sortir le cas échéant de l'Union Européenne ce choix là me semble être un mauvais choix moi je veux dire ici que nous avons parfaitement les moyens aujourd'hui même avec les traités actuels même s'il faut souhaiter les changer même avec les traités actuels de changer de politique économique notamment en matière de transition écologique ce qui sera à mon avis au coeur de la prochaine élection européenne puisque vous en parliez tout à l'heure

24:25
Benoît Hamon

un mot sur votre ancien parti six candidats pour la tête du parti socialiste si il y en a de plus je l'aimerais ah ça y est ?

24:32
Invité

l'annoncé hier soir ah pardon je n'avais pas non non vous excusez pas un mot écoutez moi j'espère qu'ils se choisiront le bon premier secrétaire ou la bonne première secrétaire ils auront le choix en tout cas ils auront le choix la question c'est de savoir comment redevenir crédible

24:49
Présentateur

merci beaucoup Benoît Hamon bonne journée juste un mot pour vous signaler que l'antenne de France Info radio risque d'être perturbée à nouveau aujourd'hui les attachés de production sont en grève ce sont des personnes qui notamment contactent des invités pour leur demander de venir à l'antenne pour témoigner de la qualité ou décrypter bien sûr l'information et ce mouvement se poursuit aujourd'hui Sous-titrage ST' 501