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interviewRMC — Face à Face· 15 avril 2021 21 min

L'invité de Bourdin Direct : François Ruffin - 15/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez R.M.C. Le Jour d'Indirect, Jean-Jacques Bourdin. Notre invité ce matin, François Ruffin, le député de la France Insoumise de la Somme. François Ruffin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Près de 100 000 morts. Le Covid, on l'a vu sur BFM TV il y a un instant. Un hommage national sera rendu aux victimes. On ne sait pas comment et quand. Je ne consens plus, disiez-vous. C'était quand, c'était le 24 mars dernier, je crois. Vous ne consentez plus à quoi ?

0:38
François Ruffin

Je ne consens plus, d'abord, toutes mes condoléances aux familles qui ont perdu un membre du Covid et notamment à celles qui n'ont pas pu l'enterrer normalement et pour qui le travail de deuil n'a pas été effectué. Moi, ce à quoi je ne consens plus, c'est à des décisions qui tombent du sommet de l'État et où les conseillers du Président eux-mêmes nous disent 10 minutes avant, on ne sait pas de quel côté va retomber la pièce. C'est-à-dire qu'on ne sait pas si jamais on va être déconfiné, reconfiné, redéconfiné, re-reconfiné, ce qui va être jugé comme un commerce essentiel, comme un commerce pas essentiel, si on va pouvoir aller à un kilomètre, à 10 kilomètres et ainsi de suite.

Et cette gestion, y compris aujourd'hui, il va y avoir sans doute une réouverture, mais la manière dont ça se décide à huis clos, sans consultation, concertation avec tous les acteurs qui seraient les premiers concernés, mais où là, ce soir, comme disent les gens, on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé. Cette manière de faire avec... J'ai l'impression depuis un an de jouer à Manu Adi, vous savez. Manu Adi, pas plus de 6 à table. Bon, ben voilà. Et donc, cette manière de faire, oui, je n'y consens plus.

1:38
Présentateur

Vous ne consentez plus à cela ? Oui. Il est dommage que vous ne votiez pas à l'Assemblée nationale lorsque vous êtes consulté. Sur quoi ? Ben, je ne sais pas sur les mesures, par exemple, sanitaires. Ça fait un an qu'on n'est pas consulté. Non, mais lorsque le gouvernement présente à l'Assemblée nationale ces mesures sanitaires, est-ce que vous allez voter ou pas ? Non. Vous ne votez pas.

1:59
François Ruffin

Pourquoi ? Non, monsieur Bourdin. Oui. Le problème, c'est que depuis un an, depuis un an, sur qu'est-ce qu'on fait des vaccins, qu'est-ce qu'on fait des tests, qu'est-ce qu'on fait des max, comment on organise le pays, qu'est-ce qu'on veut pour la culture, qu'est-ce qu'on veut pour le soignant, est-ce qu'en un an, nous, on aurait souhaité qu'il y ait des lignes réanimation en plus, oui ou non. Est-ce qu'on a été consulté là-dessus ? Non. Est-ce qu'on aurait voulu qu'il y ait des internes supplémentaires dans les hôpitaux ? Est-ce qu'on a été consulté là-dessus ? Non. Ça fait un an qu'on n'est absolument pas consulté. On est consulté juste le jour où on fait une espèce de validation.

2:29
Présentateur

François Ruffin, vous ne consentez plus. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous appelez, je ne sais pas moi, à sortir dans la rue. Vous appelez à ouvrir les terrasses de restaurants. Vous appelez à ouvrir les musées, les théâtres, les cinémas.

2:43
François Ruffin

Déjà, je l'ai fait avec mon collègue Sébastien Jumel, dans la ville de Dieppe, puisqu'on a organisé un événement citoyen dehors, nous dit le gouvernement. Et je pense qu'il faut prendre ça au pied de la lettre. Oui, il faut que les citoyens aillent dehors. Là, on a fait du cinéma dehors, on a fait des concerts dehors, on a fait du théâtre dehors. Vous appelez à redescendre dans la rue ? Oui. Et vous savez, regardez ce qui s'est passé là, en Suisse. Une bonne nouvelle. Moi, je viens vous apporter des bonnes nouvelles, M. Bourdain, ce matin. Elles sont rares, donc j'espère que vous allez les accepter. Je regarde ce qui s'est passé dans le Jura.

La petite ville de Moutier a été rattachée au canton de Jura, en Suisse. Ce n'est pas une grande nouvelle, mais 3 000 personnes sont sorties dans la rue. Elles ont fêté ça, elles étaient heureuses. Et on pensait qu'il y aurait un pic derrière de Covid. Et les épidémiologistes constatent qu'il n'y a rien du tout. Antoine Flau, qui n'est pas le plus des rigolos dans les épidémiologistes, il dit que sur les 130 millions de cas qu'on a analysés dans le monde, il y a zéro cluster en extérieur. Donc aujourd'hui, on doit avoir un vrai choix de se dire citoyen dehors. Il faut créer là du sport dehors. Les gosses, on n'en marre de plus faire du sport.

Il faut qu'il y ait une politique de sport dès ce printemps. Au mois de mai, fais ce qu'il te plaît. Il faut y avoir du beach volley en extérieur. Donc on ouvre tout. Il faut avoir du... On ouvre tout. Non, on ouvre dehors. J'ai bien dit, dehors, dehors, dehors. Dehors, dehors, dehors. Il faut faire du karaoké en extérieur, du beach volley en extérieur. Il faut, et moi je sais, pour organiser des pots de départ d'Emmanuel Macron en extérieur aussi. Est-ce que vous reconnaissez l'autorité de l'État ?

4:02
Présentateur

Est-ce que vous reconnaissez toujours l'autorité de l'État ?

4:04
François Ruffin

Il serait bien difficile de ne pas reconnaître l'autorité de l'État quand vous risquez de prendre une amende de 135 euros quand vous sortez de chez vous et que vous allez à plus de 10 kilomètres de chez vous. Bon, je veux dire, l'autorité de l'État, depuis un an, on en sent toute la puissance. Moi, je vois un État qui est fort avec les faibles et faible avec les forts. Avec les citoyens, il n'a pas de problème pour être un fauve, pour dire pas plus de six à table, pour aller contrôler tout ça. Mais en revanche, face aux firmes, on a un État qui est une carpette, qui par exemple est incapable, là, de... On nous dit, nous sommes en guerre, et nous on peut le sentir quotidiennement.

En quoi, depuis un an, a été mise en place une industrie de guerre qui nous permette de produire des vaccins, des tests, des masques, et ainsi de suite. Il n'y a pas de développement de ça. Combien de temps faut-il pour produire un vaccin ?

4:47
Présentateur

Un an. Pour l'inventer ? Il faut 10 ans habituellement, on a mis un an, un peu plus d'un an. Un peu plus d'un an. Pourquoi est-ce que l'industrie ne produit-t-elle pas plus de vaccins ? Pourquoi ? Française ? Oui, française ou internationale, mondiale.

5:00
François Ruffin

Là, d'abord, la première chose qu'on devrait demander partout, c'est la levée des brevets. Il y a encore 170 anciens chefs d'État, dont Gordon Brown, qui publient une tribune ce matin pour demander la levée des brevets. On a tous les pays du Sud qui réclament quoi ? La levée des brevets. La France, Emmanuel Macron, l'Assemblée nationale, l'Union Européenne l'an dernier, a voté tout pour dire, il nous faut que ça soit un bien public mondial. Et aujourd'hui, qu'on est au pied du mur, quand la France se rend à l'organisation mondiale du commerce, elle ne vote pas la levée des brevets. Non, c'est un grand souci, M. Bourdin.

5:30
Présentateur

Je vous dis ça parce qu'on parle beaucoup des vaccins, effectivement. On a beaucoup critiqué, d'abord. On a beaucoup critiqué Pfizer et Moderna. Vous vous souvenez ? Et notamment la France Insoumise, notamment Jean-Luc Mélenchon, les vaccins à ARN. Bon, il faut 10 ans pour mettre au point un vaccin. On a mis un peu plus d'un an, ce qui est un exploit. Deuxième chose. Troisièmement, pour produire des vaccins, il faut construire des usines. Quatrièmement, vous avez remarqué que Spoutnik, le fameux Spoutnik vanté par beaucoup de gens, a des problèmes de production partout dans le monde. Partout dans le monde. On n'arrive pas à produire le Spoutnik.

Les vaccins chinois, les vaccins chinois peu efficaces. AstraZeneca, Johnson & Johnson, contestés. Alors, c'est quoi la question ? La question, c'est que la critique est facile. Non. La critique est toujours trop facile, non ?

6:20
François Ruffin

Est-ce que la critique est trop facile ? Moi, je fais de la proposition. J'ai fait de la proposition depuis le début. D'abord, ma position a été constante concernant le vaccin. J'ai été pour la liberté vaccinale, c'est-à-dire que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, on ne les embête pas. Mais que ceux qui veulent se faire vacciner le puissent. Or, aujourd'hui, depuis des mois, c'est que ceux qui veulent se faire vacciner ne le peuvent pas. Sur ce point, je n'ai pas varié. Et la deuxième chose que je prône, c'est la levée des brévés et la réquisition. On a en France un appareil industriel, sur le plan pharmaceutique, qui est énorme pour produire des vaccins.

On est en état de produire des vaccins si on le souhaite. Mais on ne fait pas le nécessaire pour ça. Qu'est-ce qu'on fait à la place ? Tout ce qu'on fait, et quand le gouvernement dit qu'on produit des vaccins, c'est un mensonge, c'est un mensonge éhonté, tout ce qu'on fait, on fait du flaconnage et on s'en vante. C'est une honte.

7:10
Présentateur

Bien. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon avait un motif impérieux d'aller en Amérique du Sud ? En Amérique centrale, en Bolivie, en Équateur ? Bon.

7:22
François Ruffin

Le truc, c'est qu'on joue bien qu'on polémique sur Jean-Luc Mélenchon. D'abord, je veux dire qu'il respecte les règles. C'est les règles qui ont été fixées par le gouvernement. Moi, vous dire que personnellement, je ne comprends pas que, partant de confinement pour les citoyens, il n'y ait pas une fermeture des frontières franches. Maintenant, c'est les règles. Jean-Luc Mélenchon, il ne prend pas des repas clandestins, il ne va pas dans des instituts de beauté clandestin et là, il ne prend pas un avion clandestin. Et quand je regarde ce que fait le gouvernement, Jean-Yves Le Drian, aujourd'hui, est en Inde. Il est ministre des Affaires étrangères. Il a été au Maroc et en Égypte.

Franck Riester, il a été en Pologne, à Singapour, en Indémodisé, en Séoul, en Afrique du Sud. On a Bruno Le Maire qui circule aussi. Il est ministre de l'économie. Oui, d'accord. Et pendant ce temps-là,

8:06
Présentateur

les Français font quoi ? Ils ne peuvent pas sortir à plus de 10 kilomètres. Ils ne peuvent pas aller voir leur famille à 30 kilomètres. Mais je suis tout à fait d'accord. Est-ce que c'est une erreur de la part de Jean-Luc Mélenchon d'être parti en Équateur pour une photo avec un futur président qui n'a pas été élu et pour se retrouver en Bolivie aux journées de la Terre le 22 avril ? Je vous pose franchement la question. Répondez-moi franchement.

8:29
François Ruffin

C'est une erreur ou pas ? Il y va pour réclamer notamment la levée des brevets dont je viens de parler. Vous la réclamez ici. D'ailleurs,

8:35
Présentateur

qui vient d'ici pour la réclamer, Jean-Luc Mélenchon ? Ça sera mieux.

8:39
François Ruffin

Je le redis. Moi, j'aurais été favorable à ce qu'il n'y ait pas de voyage ni avec le Brésil ni avec les autres pays. Je ne comprends pas que dans un temps où on nous demande aux Français... Vous ne comprenez pas qu'il soit parti là-bas ? Ce que je ne comprends pas, c'est que le gouvernement n'ait pas fixé une règle. À partir du moment où on fixe une règle, Jean-Luc Mélenchon est le premier à respecter la loi. Et je ne consens pas que je dis à la tribune de l'Assemblée nationale et que je dis à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon n'aurait pas tenu ces propos-là. Parce que lui, c'est la loi, toute la loi, rien que la loi. Donc voilà. Et là, en l'occurrence, c'est permis.

Moi, j'aurais été favorable... Vous n'auriez pas fait ? Vous l'auriez fait ? Je prends fort peu l'avion. Justement. Maintenant, j'ai une tentation. Je vais vous dire aujourd'hui... Est-ce que vous l'auriez fait ou pas, François Ruffin ? J'ai une tentation. Je vous pose la question.

9:25
Présentateur

Répondez-moi franchement qu'est-ce que ça peut faire ?

9:27
François Ruffin

Vous êtes indépendant ou pas ? Oui. Mais j'aurais été Jean-Yves Le Drian, je n'irais pas aujourd'hui en Inde. Non, mais c'est facile, ça. Je vous parle pas de Jean-Yves Le Drian. Je vous parle de Jean-Luc Mélenchon. Oui ou non, vous l'auriez fait ou pas ? Est-ce que vous posez... Je ne comprends pas pourquoi ça suscite une polémique pareille sur Jean-Luc Mélenchon. Parce que vous ne répondez pas et je passe à autre chose. Donc moi, je demande un traitement d'égalité simplement entre les membres du gouvernement et les membres de l'opposition. Donc, il y a égalité. Par contre, moi, je peux vous dire qu'aujourd'hui, je suis assez tenté d'aller dans un pays.

Il y a un pays dans lequel j'ai envie d'aller et pour lequel j'ai envie de prendre l'avion. Je crois que mon dernier tampon sur mon passeport va remonter à 2005. Mais moi, je souhaite aller aux Etats-Unis

10:09
Présentateur

mais ne vous inquiétez pas, je vais vous en parler. Je reste quand même sur la politique française. Oh là, vous savez que ça... Non, mais sur le maintien des élections régionales. Départemental en juin, vous êtes favorable à ce maintien, j'imagine. Pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas voté alors ? Moi, je suis... Qu'importe, vous savez.

10:27
François Ruffin

Ah bon ? Non, non. C'est-à-dire que vous êtes extraordinaire. On nous pose des questions à l'Assemblée nationale et vous ne votez pas. Je ne comprends pas. La question qui nous est posée à l'Assemblée nationale, c'est est-ce que vous vous êtes pour ou contre le report d'une semaine des élections ? Vous voyez, on vous consulte sur la couleur du papier peint mais sur l'essentiel, on ne vous consulte pas. En revanche, est-ce que je suis pour la tenue des élections régionales ? Enfin, je suis pour le maintien de la démocratie. Je le redis, aujourd'hui, dehors, on peut faire beaucoup de choses. Donc, y compris des meetings dehors, on peut les faire. Donc, voilà.

Maintenant, tout ça ne m'intéresse pas tellement. Un mot sur l'avion.

11:01
Présentateur

Biden, la loi climat vous intéresse à l'Assemblée nationale. Bien sûr. Eh oui, vous la suivez de près. Vous vouliez limiter les déplacements en avion.

11:10
François Ruffin

Depuis 15 jours, j'ai surtout porté une proposition de loi sur le RSA à partir de 18 ans. Ça aussi, je vais vous en parler. C'était mon travail sur lequel j'ai effectué

11:18
Présentateur

des dizaines d'heures d'audition. Vous voulez toujours instaurer un quota carbone par personne pour limiter les voyages ? Oui.

11:24
François Ruffin

Je pense qu'aujourd'hui, une démarche de justice, c'est plus d'avoir ce que j'appelle des plafonds et des planchers. C'est-à-dire que si on dit qu'on va rajouter une taxe sur les avions, ils ne vont pas le sentir du tout parce qu'ils sont prêts à payer un petit peu plus. En revanche, sur le porte-monnaie des pauvres, ça va leur interdire de voyager. Or, aujourd'hui, on est dans un pays où les 10% les plus riches émettent 8 fois plus de gaz à effet de serre que les 10% les plus pauvres. C'est pour ça que je pense qu'il faut passer d'une logique de taxe à une logique de plafond plancher. Qu'est-ce que le plafond ? C'est de dire qu'il y a un maximum.

Ce n'est pas parce qu'on est riche qu'on a le droit de polluer comme 100 personnes. Vous voyez ? C'est pas parce qu'on est un homme politique qu'on a le droit de polluer plus que les autres. Qu'on soit de la majorité ou de l'opposition. Et de la même manière, il faut un plancher. Et il faut relever le niveau du plancher. C'est-à-dire qu'il doit y avoir aussi une possibilité pour les gens qui ne sont pas habitués à voyager de le faire plusieurs fois dans leur existence, d'aller découvrir les pays étrangers, d'autres cultures et ainsi de suite. Ça doit rester quelque chose d'accessible pour les gens et où le devenir ?

Parce que moi, je rencontre des tas de gens dans mon coin, vous savez, qui, déjà, quand ils voient la mer, c'est déjà pas mal. Ça leur fait des vacances.

12:33
Présentateur

Bien. Un mot. Réponse courte. Est-ce que vous êtes opposé à la mise en place d'une éco-taxe régionale décidée par les régions sur le transport routier ? Pourquoi ? Je ne sais pas. Vous n'êtes pas opposé ? Je n'ai pas suivi. Bon, d'accord. Vous savez, dans la loi Kima, il y a 2500 trucs différents. Alors, Biden, vous dites, c'est une bonne nouvelle. Expliquez-moi pourquoi. Bonne nouvelle ? La bonne nouvelle, c'est la taxation voulue par Biden. C'est tout le plan. C'est tout le plan.

13:01
François Ruffin

C'est-à-dire que ça fait 40 ans que depuis les États-Unis et l'Angleterre, c'était concurrence, croissance, mondialisation, et on fonce à fond dans ce sens-là. Et là, à l'Ouest, enfin du nouveau. Parce qu'on a un plan de 240 milliards, notamment pour les familles pauvres, sur la santé, dont on estime à l'Université de Columbia, ça risque de diviser par deux la pauvreté pour les enfants aux États-Unis. Et comment c'est financé ? C'est financé par des recettes sur les plus riches, par de l'impôt sur les revenus, par la taxe sur les hauts salaires, par un impôt sur les sociétés. 75% des suppléments d'impôts vont être payés par les 1% les plus riches.

Ça veut dire que c'est un basculement dans ce qui s'est fait jusqu'à maintenant aux États-Unis et qu'on sait que bien souvent, ce qui se produit là-bas a des chances de nous arriver ici. Et donc, ça, c'est une main qui doit être tendue. je vois avec beaucoup de timidité et de gêne presque le gouvernement, Emmanuel Macron qui ne réagit pas, qui ne prend pas la balle au bon pour se dire mais voilà, un nouveau chemin qui est un chemin de progrès. Parce que chez nous, regardez le RSA hier.

14:02
Présentateur

Le RSA aux 18-25 ans. Étendre le RSA aux 18-25 ans, vous défendez cette proposition de loi ? Oui,

14:09
François Ruffin

pour moi, ce n'est pas un idéal

14:11
Présentateur

et il n'y a rien d'original là-dedans. Alors, le gouvernement y réfléchit puisque le gouvernement réfléchit à une garantie jeune universelle qui ressemblerait un peu à ça.

14:19
François Ruffin

Qui n'a rien d'universel. Avec une formation. Qui n'a rien d'universel. J'entends cette déclaration de la présidente d'ATD, qui nous dit « Nous ne voulons plus répondre aux demandes du gouvernement. Nous lui avons tout dit, redit et re-redit. Nous en avons parlé avec Véronique Fayet, la présidente du Secours catholique qui partage notre attitude. Cela n'est jamais arrivé en 15 ans d'exercice au sein d'ATD. Ils savent tous ce qu'il faut faire. Maintenant, c'est à eux d'agir. Qu'est-ce qui s'est passé quand il y a eu le cœur de la crise ? Pour les entreprises et pour les salariés, on a immédiatement fait le plan garanti par l'État et le chômage partiel.

Et je pense que c'était des bonnes mesures qui ont permis de sauver à la fois les entreprises et de secourir les salariés. Mais un an plus tard, on n'a toujours pas des mesures sur la jeunesse forte. Même sur la pauvreté en général. Là, ça peut attendre. Et ce qu'on va avoir, ça va être un espèce de bricolage.

15:09
Présentateur

Oui, bricolage. Est-ce que ce sont des sujets majeurs pour la gauche, ces sujets que vous portez là ? J'espère. Pourquoi est-ce que la gauche se perd dans les sujets de société, féminisme, racialisme, islamophobie ? Est-ce que ça ne fait pas fuir les électeurs de gauche ? Je vous pose franchement la question.

15:28
François Ruffin

Je pense qu'il y a des lignes qu'il faut tracer et sur lesquelles on doit dire non quand la droite va trop loin ou quand le gouvernement met en place des choses.

15:36
Présentateur

Ça occupe tout le débat.

15:38
François Ruffin

Je suis bien d'accord et c'est pour ça que je n'ai même pas envie d'en parler plus là maintenant. Vous êtes d'accord avec moi ? Je pense qu'aujourd'hui si on veut récupérer les gens, moi la question c'est comment on récupère un électorat des classes populaires qu'ils soient des quartiers ou qu'ils soient des campagnes. Et je pense que c'est notamment sur leurs conditions de logement, comment ils vont pouvoir accéder au logement, sur leurs conditions d'emploi, sur leur salaire.

16:00
Présentateur

Mais vous avez échoué depuis des années à gauche le rassemblement. J'ai lu, j'ai lu un livre que vous n'aimez pas, François Ruffin, L'ascension d'un opportuniste. Vous l'avez lu ce livre qui est un peu dur avec vous Myriam Alaoui chez Robert Laffont. Le rassemblement à gauche vous avez échoué Amiens écrit-elle ? C'est vrai ? Vous avez imposé des têtes de liste ? On a réussi le rassemblement à Amiens

16:23
François Ruffin

mais on n'a pas réussi à gagner. Bon ben voilà. Alors la gauche est émiettée.

16:28
Présentateur

Elle est hors course. Pourquoi est-ce qu'elle est émiettée et hors course ?

16:33
François Ruffin

Moi vous savez en tout cas ce que je viens vous dire ce matin c'est d'abord que je suis pour que ce printemps il y ait une aspiration populaire qui débouche dans la rue pour qu'il y ait quelque chose qui se passe pour que ça respire dehors. Une grande manifestation je ne sais pas le 1er mai ou un autre jour.

Il faut qu'il y ait de la joie peut-être que c'est des pots de départ un petit peu partout sur les ronds-points sur les places publiques et ainsi de suite parce qu'il ne peut pas y avoir une victoire de la gauche si jamais il n'y a pas d'abord une ébullition dans le pays et si jamais on ne sort pas de la dépression parce qu'au fond il y a la dépression économique mais il y a une dépression psychologique qui s'est installée. Et politique.

Quand on voit qu'un tiers des français se disent en dépression quand on a un jeune sur deux qui se dit inquiet pour sa santé mentale c'est-à-dire que moi je souhaiterais que le gouvernement mette en place tout ce dont j'ai parlé du cinéma dehors théâtre dehors sport dehors toute cette vie dehors pour sortir le pays de la dépression mais s'ils ne le font pas ça va être à nous de le faire.

17:27
Présentateur

Qui soutiendrez-vous en 2022 ?

17:29
François Ruffin

Je vous savais vous êtes le premier endroit où je l'ai dit M. Bourdin alors vous pouvez me proposer la question régulièrement mais je vous ai dit que la présidentielle moi j'en parlerai à partir de l'été pas avant. Pour l'instant vous n'avez pas choisi ? Non pour l'instant je vous concentre sur parler aux gens parler aux gens de leur logement parler aux gens de leur jeunesse la nécessité de mettre en place parce que vous parlez de questions moi quand je suis dans ma circonscription il n'y a personne qui pose ces questions-là et vous le savez ça commence à travailler les esprits la présidentielle

17:55
Présentateur

vous le savez bien François Ruffin

17:57
François Ruffin

c'est comment je veux dire pour un cas Maxime il est en master de psychologie il a le droit à 100 euros de bourse ses parents lui versent rien ils n'ont pas les moyens de lui verser ils se débrouillent avec ça pour manger des pâtes et du riz d'habitude il a un boulot l'été pour accompagner les enfants handicap la dernière il n'y a pas eu parce qu'il y a eu l'annulation de tout donc là il est dans la grosse galère notamment il est malentendant il a un appareil auditif qu'il faut entretenir qui coûte 100 euros par mois et qu'il ne peut plus entretenir en un temps ou en plus les gens sont masqués ou on ne peut pas lire sur les lèvres quelle est la solution qu'on propose à ça voilà à mon avis une question en tout cas la solution ce n'est pas lui parler de racialisme on est bien d'accord c'est en tout cas voilà une question qui moi me préoccupe beaucoup plus qu'aujourd'hui les questions que vous me posez sur la gauche et ainsi de suite donc il faut qu'on ait des réponses mais moi si vous voulez je reviendrai à l'automne oui prenez rendez-vous vous reviendrez vous venez moi je voudrais bien moi ce que je voudrais c'est que le gouvernement nous apporte une réponse là-dessus donc je voulais vous apporter trois bonnes nouvelles je vous apporte la troisième la troisième vite je les vois les masques j'allais vous en parler j'ai venu avec les masques de l'Assemblée Nationale parce que là il y a une belle histoire donc on a une distribution gratuite de masques pour les députés et leurs collaborateurs et les premiers masques c'était ils venaient de Changzhou, Jiangsu, China bon et ensuite comme c'était un peu trop voyant les gens à l'Assemblée Nationale les salariés ils devaient mettre les masques sous enveloppe pour qu'on voit pas que ça venait de Chine donc dans les sous-sols de l'Assemblée Nationale bon et donc j'ai fait une vidéo là-dessus d'ailleurs j'ai eu des entreprises qui m'ont remercié qui ont dit il y a eu un appel d'offres comment ça se fait que nous on n'a pas été retenus et que ça a été retenu pour une entreprise chinoise et la bonne nouvelle et la bonne nouvelle c'est que enfin on a des solumasques qui est avec le fabriqué en France dessus donc ça veut dire aussi que si on veut retrouver une industrie dans le pays et ça, ça me préoccupe ça peut pas se faire seulement en baissant les impôts comme l'a fait Reagan Thatcher Macron et comme le préconise Bertrand mais ça doit se faire aussi par exemple par un By French Act où on recommande de l'achat français en tout cas pour les administrations

20:02
Présentateur

Leur progrès est le nôtre c'est le livre de François Ruffin alors il y a un mot sur ce livre vous parlez d'un désir le désir d'autre chose c'est-à-dire

20:12
François Ruffin

comment en fait on va continuer à avoir du progrès humain par quel biais ça va se passer est-ce que ça va se passer par l'hyper technologie là on voit qu'on est dans un temps d'accélération de ça où le commerce devient cliquant de connaître le travail devient télétravail l'école se fait en numérique ou bien est-ce que ça va être par le lien par le progrès humain et quand on écoute les gens de la Silicon Valley il y a quand même ce grand fossé entre ce qu'ils font du numérique du numérique et puis à leurs enfants ils interdissent le téléphone portable en 14 ans ils les mettent dans des écoles alternatives sans écran et pour eux ils recrutent des coachs pour leurs enfants et des assistants de coachs c'est-à-dire une hyper humanité et on est en train d'offrir ce progrès-là pour les hyper riches parce qu'ils savent que le lien c'est ce qui construit l'humain et eux ils vont avoir le droit à ça et en revanche les gens ordinaires voire les pauvres on va les mettre en permanence face à des caisses automatiques des écrans du distanciel du Cap 2022 c'est le projet du gouvernement 100% des services publics en numérique et je pense qu'il faut qu'on dise que pour tous le progrès est dans l'humain et dans le soin on l'a vu même depuis un an sans l'exaucer de vie sociale sans les aides soignantes qu'est-ce qui se serait passé dans le pays

21:24
Présentateur

leur progrès le nôtre aux éditions du Seuil merci François Ruffin 8h56 merci à vous