Maintien de l’ordre, la doctrine a-t-elle changé ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Le terme de violences policières est-il pertinent en sociologie ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Comment expliquer l'absence de reconnaissance des violences policières par les autorités ?
- 8:00OuverteRéponse directe
La doctrine du maintien de l'ordre a-t-elle réellement changé ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Les policiers sont-ils formés pour le maintien de l'ordre ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Le cas de Cédric Jubillar illustre-t-il une impunité ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Le maintien de l'ordre est-il une affaire politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Cédric Moreau de BellaingFait
« le terme de violence n'est pas particulièrement connoté dans la bouche du sociologue »
- 6:00Gilles BlanchardFait
« ne parlez pas de répression de violences policières ces mots sont inacceptables dans un état de droit »
- 7:00Gilles BlanchardChiffre
« le seul blessé grave qu'on a eues aujourd'hui dans cette manifestation c'est un policier en pavés en pleine figure »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
dans l'actualité des idées aujourd'hui maintien de l'ordre la doctrine at elle évolué notre tolérance à la violence grenades assourdissantes manifestants blessés par des tirs de l bd ou violemment plaqué au sol derrière la photo qui fait parler depuis 24 heures celle du président de la république posant aux côtés du dessinateur jul au festival d'angoulême avec un t-shirt ou les initiales du festival ont été détournés en lb dès 2020 il y a plus d'un an de questionnement sur le maintien de l'ordre à la française sur sa pratique depuis notamment les premiers signalements du journaliste david dufresne invités pour en parler avec nous aujourd'hui c'est take moreau de bellaing maître de conférences en sociologie du droit à le n s auteur précédemment de force publique une sociologie de l'institution bonjour cédric moreau de bellaing moi je remercie d'être avec nous le sociologue que vous êtes en pratique le terme de violences policières et si oui à quelles conditions et sinon pourquoi alors ils utilisent volontiers la notion de violence parce que en sociologie le terme est employé dans par un certain nombre d'auteurs fondateur notamment max weber même s'il ya des débats sur la traduction correcte du terme donc le terme de violence n'est pas particulièrement connoté dans la bouche du sociologue évidemment le syntagme violences policières davantage ce qui nous intéresse c'est de regarder comment les acteurs le met en avant le contexte comment ils résistent à la controverse publique ce que comment ils comment il se maintient comment ils perdurent et comment il organise le débat outre la question de l' usage de la force voilà parce que depuis le début du mouvement des gilets jaunes puis dans les mobilisations contre la réforme des retraites on a le sentiment que la violence s'est intensifiée des deux côtés mais que c'est quand même un dialogue de sourds entre ceux qui dénoncent un usage disproportionné de la force et les autorités qui ont bien du mal à dire ces mots ceux de violences policières on va retourner sur place sur le terrain dans les rues avec une première situation qui date de mi 2016 mais toutes les autres et les déclarations se sont tenues dans la dernière année on commence à la gazeuse et puis ensuite on montera crescendo [Applaudissements] ne parlez pas de répression de violences policières ces mots sont inacceptables dans un état de droit la petite à l'arrivée on croise un policier en civil assène des coups de matraque à des élèves en train de se disperser un lycéen s'arrête après avoir été frappée aux jambes le policier le frappe alors de nouveau cette fois en plein visage il peut y avoir des blessés mais attention à l'amalgamé ce ne sont pas des violences policières [Applaudissements] je trouve assez insupportable qu'on entend répression policière alors que le seul blessé grave qu'on a eues aujourd'hui dans cette manifestation c'est un policier en pavés en pleine figure en projectile fracturé le plancher au ce de son orbite gauche lui ouvre l'arcade et le globe oculaire et a dit c'est pas mon problème tac a appelé les pompiers toi même si tu continues à me casser les couilles de gaz un jeune homme au sol et lui aussi matraquer sur ces images il reçoit 13 il ya une réponse des policiers qui a toujours proportionnée à des attaques et des agressions s'était pas proportionnée s'est elle tout simplement injuste et du moment où on tape avec une télescopique au niveau du visage c'était des coups ni par plaisir si demain j'ai une violence policière constater que j'ai comme tel je serai la première j'en avais déjà eu sous les yeux depuis un an je serai la première à la condamner voilà cédric moreau de bellaing un retour sur les faits et les déclarations réalisées par gilles blanchard on a tous à peu près été témoin depuis plus d'un an de ces situations à travers les vidéos qui circulent les images qu'on voit dans doter les oc et de ses déclarations comment fait-on pour enquêter et je reviens d'abord là dessus quand on est chercheurs sociologues sur ces violences sachant que la frontière et on l'entend là encore entre violence légitimes et illégitimes semble quand même particulièrement ténue les différentes manières de procéder d'une manière qui consiste à adopter un un regard historique sur la chose et d'essayer de voir comment ont évolué les situations de maintien de l' on a beaucoup dit que nous étions entrés dans une phase de violence inégalé la comparaison par exemple des situations actuelles aux situations avec des situations antérieures peut être un moyen un autre moyen consiste à essayer de suivre au plus près les les forces de l'ordre dans leur dans l'ordre dans le travail de médecins de renoncer c'est quelque chose qui en ce moment on n'est pas la modalité la plus simple à adopter les portes se sont un peu refermée dans ces derniers mois dernières années les situations les situations de crise sont rarement propice à ce genre d'ouverture ceci étant il arrive toujours que des terrains puis ce malgré tout être obtenue ça a été mon cas notamment auprès de la gendarmerie j'ai des collègues qui parviennent à travailler par l'intermède entretien donc c'est encore possible même si c'est en ce moment délicat on est donc en situation de crise le terme vous venez de l'employé crise de quoi crise de confiance crise de confiance c'était ça mérite des discussions ce cas parce que les indices de confiance dans l'institution policière reste relativement élevé même si c'est un descendant élevé que dans d'autres pays d'europe occidentale mais effectivement quelque chose comme de la méfiance s'est installée en lien avec un une tendance sociale qui existe depuis quelques années et que je propose d'appeler la tentation du face à face c'est-à-dire un des grands résultats d'assaut j de la police un résultat assez fiable en france et ailleurs c'est que l'institution policière se se vit souvent les policiers se disent souvent comme étant isolée du reste du monde social comme étant dans une dans une citadelle assiégée donc ce n'est pas nouveau qu'il y ait un rapport disons de de circonspection entre la populace entre les policiers et la population cette tendance est dans le cas français renforcés et si l'on regarde la chose du point de vue de ce qui se passe à hauteur de l'institution policière elle se manifeste par une chose particulière c'est que dans de très nombreuses enquêtes soient les miennes ou celle de certains de mes collègues les policiers les gendarmes on le présente affirme régulièrement qu'ils ont le sentiment d'être devenus des cibles des cibles légitimes de de violence de deux insultes de quolibets alors la question de savoir si est ce que les policiers sont aujourd'hui plus souvent des cibles qu'auparavant et presque secondaire dès lors que c'est une croyance qui a des effets sociaux très très fort est ce que cela produit c'est que les relations entre la police et la population sont deux effectives mans de plus en plus entachée de part et d'autre de de soupçon de de méfiance quand bien même 'l'indice de confiance dans l'action policière reste relativement élevé dans les enquêtes sur ces indices de confiance mais dans les faits ce que le nombre de plaintes déposées contre des fonctionnaires de la force publique et est ce que ce nombre est en augmentation alors le nombre de plaintes à l'encontre de fonctionnaires de police en situation de maintien de l'ordre est en augmentation d'abord parce que voilà les 18 déziel 18 derniers mois ont été ses 18 derniers mois mais aussi parce que c'est une nouveauté relative que d'aller porter plainte en particulier devant l'inspection générale de la police nationale pour des faits commis en situation de maintien de l'ordre lorsque j'ai fait mon doctorat et j'ai travaillé sur l'inspection générale des services qui était le pendant parisiens de l'igpn avant quelles qu'elles soient réintégrés dans le dans son giron les enquêtes sur lesquelles j'ai travaillé j'ai essayé d'avoir un panorama ses larges banquettes portée extrêmement rarement situation sur des situations de maintien de l'ordre vous avez beaucoup travaillé notamment aussi sur le degré de tolérance notre degré de tolérance par rapport aux violences comment le mesurer est ce que vous diriez aujourd'hui qu'ils m'ont tous qu'ils diminuent au contraire je dirais que le degré d'intolérance à la violence ce manifeste notamment par le fait que la question de l' usage la violence par la police est aujourd'hui assez largement discutée controversée alors ce n'est pas ce n'est pas inédit dans l'histoire après après le drame de sharon en 62 il y avait eu une mobilisation assez large dans le corps social par un certain nombre d'acteurs politiques pour créer un problème public autour de la question de la de l'usagé de la violence par la police mais il n'en reste pas moins que j'ai souvenir de manifestations il ya 10 15 ans ou des charges policières avaient été assez brutales et où la question la violence policière ne n'étais pas allée jusqu'à ce stade de médiatisation et de controverses l'autre point que j'observe c'est que les les premiers travaux que nous avons sur le mouvement des idées jaune montre que la question des violences policières a été très tôt un moteur de mobilisation et d'organisation et c'est bien le signe que il ya une sensibilité vis-à-vis de la question et ce indépendamment de la manière dont le l'exécutif a effectivement gérer la question pendant pendant plusieurs mois en tout cas et vous dites n'était pas à ce point de médiatisation parce que ça c'est aussi une donne qui a changé depuis quelques années beaucoup d'interventions et de dérive son film est aujourd'hui qu'il est difficile de de faire mentir les images qui ont une tendance à nous parler tout de suite pour nous dire vrai ou pas elle elle saute aux yeux avant même la question de la preuve dans une procédure disciplinaire ou judiciaires ces images là elle fabrique l'opinion et donc elle elle influe sur notre degré de tolérance ou pas par rapport à ces violences un oui certainement elle contribue à la publicisation de la question notons que ça n'a pas échappé aux policiers eux-mêmes et aux gendarmes eux-mêmes puisque au delà des fonctions d'enregistrement vidéo qui sont décidées pour des raisons de maintien de l'ordre un certain nombre de policiers un certain nombre de gendarmes ont ces dernières années fait remonter des demandes d'autorisation d'équipement de go pro sur leur casque pour pouvoir filmer le déroulement d d d d opérations d revendre et d'événements et le cas échéant venir porter la contestation vidéo contre vidéo d'une certaine manière sur la manière dont il clôt la violence dans les situations d'affrontement et elle contribue aussi à un sentiment de déni de la part du politique on entendait tout à l'heure dans ce résumé sonore qui a été fait de cette dernière année et des débordements qui ont pu avoir lieu dans les manifestations des déclarations d'hommes ou de femmes politiques en fonction actuellement aucun acceptent de parler de violences policières pourquoi est ce qu'on joue sur les mots cédric moreau de bellaing ou est ce que c'est réellement une absence de reconnaissance des violences policières et des rires cela une forme d'impunité qui est en train de s'installer alors il ya eu une sorte une forme d'inflexion sur la question parce que la séquence dans laquelle les principaux extraits que vous avez diffusé tout à l'heure on était ont été prononcées notamment par le président de la république ou par le ministre de l'intérieur correspondait à la séquence du mouvement des gilets jaunes or dans cette séquence l'exécutif était dans une situation d'inquiétude relativement fort du débit de ce qu'il était en train de se passer dans la rue avec peut-être en tête l'histoire l'ong française où l'on sait que des régimes ont chuté sur des affrontements de rue et ont donc décidé et a donc décidé de resserrer les rangs une certaine manière et donc de ne pas accord de 2 d'attribuer aux forces de l'ordre un soutien plein et entier parfois au delà de ce que les certains certains policiers ou au centre certains gendarmes l'attendait puisque on a vu aussi émerger des 10 des discours critiques vis-à-vis de certains syndicats au sein de la section policière de certains policiers vis-à-vis de la manière dont le maintien de l'ordre avaient été conduits à ce moment là aujourd'hui on est dans une séquence qui est relativement différentes qui ne présentent pas le même caractère d'urgence aux yeux de l'exécutif mais en même temps on sent que l'état aussi a besoin de s'appuyer sur sa police pour asseoir une certaine autorité on va revenir sur cette question sémantique avec les mots de la garde des sceaux tir de lb des croche-pieds coups de matraque le ministre de l'intérieur d'abord christophe castaner continue a récusé le terme de violences policières tout en appelant à plus d'éthique dans la pratique la garde des sceaux nicole belloubet idem elle préfère parler d'actes individuels non proportionnelle il faut distinguer deux choses il faut distinguer d'une part l'activité des forces de l'ordre qui sont soumises vous le savez a beaucoup de pression depuis longtemps maintenant et il faut ici saluer le travail qu'elles font et d'autre part dire que dans l'état dans lequel nous sommes évidemment tous les actes individuels qui ne sont pas proportionnés doivent faire l'objet d'un suivi et aussi bien par la justice et avant évidemment d'une enquête ses actes individuels dont vous parlez c'est des violences policières je ne remplacerai pas alors c'est évidemment je sais qu'il ya là une grande différence d'interprétation mais pour moi être des violences policières caractérise je dirais une volonté de l'état qui est sciemment pense et je crois que nous ne sommes pas là du tout dans ce cadre là c'est pourquoi je pense qu'il y a réellement des faits individuels qui ne sont pas acceptables et qui doivent comme tel être sanctionné c'est cela qui renforce la crédibilité de forces de l'ordre je ne parlerai pas d'un état de violences policières là vous vous noté cédric moreau de bellaing quand même un léger glissement sémantique un léger changement un début de reconnaissance un début de reconnaissance du fait qu'il y ait eu au moins des dés des déviances d'individuels ce que la garde des sceaux conteste c'est un système organisé de violences volontaires c'est ce que tout le monde conteste enfin ce qu'ils contestent tous et ça c'est intéressant parce que si on prend le cas l'igpn la police des polices elle sanctionne toujours un individu par l'institution la police est ce que au fond la police est une institution qui est incapable de se remettre en question collectivement ça dépend de quel sujet on parle si si on se concentre sur la question de la violence et la manière dont elle est prise en charge par par l'inspection il faut garder à l'esprit que le contrôle interne l'inspection générale de la police nationale est l'héritière de deux services antérieurs dont le travail notamment au 19e siècle était avant tout d'eux surveillez les policiers de limiter leur autonomie à partir du moment où après la réforme de 1854 on les a installés on l'aura on leur a donné des uniformes et on leur a mis une obligation de résidence sur leur lieu de travail et il s'agissait de surveiller pour le ministère le que les policiers ne fraternisent pas trop avec la population qui le met en charge la question du du contrôle des comportements des policiers en fonction des attentes du public n'était ceci n'est arrivé qu'après ça ne signe est arrivé qu'après et ce qui demeure de cette valeur évidemment les choses ont bien changé aujourd'hui mais ce qui demeure de cette époque c'est une préoccupation de la part du contrôle interne pour ceux qui posent problème du point de vue de l'institution or ce que j'avais montré dans mon travail de doctorat et non dans le livre que vous avez mentionné c'est que ce que le contrôle interne fonctionne avant tout c'est ce que j'avais proposé d'appeler les dévoiements de la fonction policière c'est à dire tous les faits par lesquels les policiers tirent individuellement profite des fonctions qui sont les leurs parce qu'ils sont policiers c'est à dire des phénomènes de corruption le fait qu'un policier utilise un papier à en-tête du ministère de l'intérieur pour obtenir quelque chose de personnel donc l'utilisation à des fins privées des moyens des moyens publics la question des violences est relativement éloignée de ce qu'a d'ailleurs ce que j'avais montré c'était que les violences qui était certes moins sanctionnée que d'autres faits lorsqu elle l'était c'était assez régulièrement des violences privées donc des violences commises par des policiers mais hors service ou des violences qui étaient traités dans l' enquête comme étant manifestement la violence d'une d'un individu qui s'égarent et non plus d'un policier qui exerce la la la la la la force de légitime donc là aussi d'une certaine manière une privatisation de la force publique c'est sous cet angle là que la question les intéressent et oui alors que c'est pas sous cette forme qu'elle nous intéresse vous êtes d'accord avec ça il ya un décalage ya deux choses il ya à la fois les la doctrine du maintien de l'ordre dans les grandes manifestations mobilisations et notamment depuis un peu plus d'un an at elle changé on va se la poser cette question mais il ya aussi ce qu'on appelle plus normalement les bavures policières 1 et ça ça va or manifestation de la ferté haut à la sphère cédric joue via récemment l'interpellation de ce livreur plaqué au sol il avait 42 ans il est décédé suite à ce contrôle policier pour l'instant une ouverture une information judiciaire qui a été ouverte pour homicide involontaire contre les trois policiers mais ça c'est intéressant sous sous sous la manière aussi dont ça a été réalisée l'absence de reconnaissance pour l'instant de la police de la non proportionnalité éventuelle de son usage de la force l'avocat de la famille part d' américanisation des techniques d'interpellation est ce qu'il ya une évolution de ce côté là que vous acquittez aussi vous cédric moreau de bellaing ce n'est pas tant une évolution des techniques parce que cette technique existe depuis un certain temps elles ont d'ailleurs déjà été c'est largement controversé dans d'autres cas ce qui ce qui évolue et je reviens à ce que j'évoquais tout à l'heure c'est que des policiers se sentent autorisés obligé à utiliser des techniques d'immobilisation qui historiquement ont pu être réservée aux services dedans petit gang ou de lutte contre le grand banditisme pour un une résistance à un contrôle routier donc c'est ce degré de dinars et friand de préparation entre policiers et population qui fait que les policiers ce sont ces policiers se sont sentis légitime a utilisé une technique qui est pas du tout adapté à un contrôle routier quand bien même ce contrôle dégénérerait et là la question on ne peut pas le savoir pour cette affaire cédric joue via mais c'est de savoir s'il y aura des sanctions ou pas s'il n'y en a pas comme dans d'autres affaires précédemment il y a un sentiment d'impunité qui va s'installer aussi dans l'opinion par rapport à tout ça oui probablement seul mais à ce moment là on peut imaginer que la critique redoublera vis-à-vis de vis-à-vis de l'institution le l'igpn est sous les feux de la critique depuis maintenant un certain temps notamment depuis la lecture par le premier ministre d'un premier rapport d'information sur l'enquêté concernant la mort de steve mailhac à nice au à nantes on peut ici on peut estimer que le l'inspection entend aussi ccc critique j'ai lu mais bon c'est pas le fruit d'une enquête ce que je vous dis donc il faut être il faut être prudent mais j'ai cru comprendre que les les les dernières personnes qui sont allés porter plainte pour des faits de violences commises l'occasion des manifestations contre la loi sur sur les retraites ont été reçus longuement et auditionné avec avec pas de manière appuyée par l'inspection france culture il est presque 13h 20 avec notre invité le sociologue cédric moreau de bellaing hauteur de force publique une sociologie de l'institution maître de conférences à l'école normale supérieure france culture la grande table olivia gesbert six cas individuels comme souligné encore à l'instant la garde des sceaux et pas de responsabilité collective tout ça pose aussi la question de la formation de notre police que leur apprend t-on hauteur de dernière sommation un roman le journaliste david dufresne suit depuis des années le maintien de l'ordre à la française allo place beauvau depuis le début du mouvement des gilet jaune il a signalé plus de ne plus de 800 cas de violence et publié sur twitter pour lui durant ces mobilisations un cap a été franchi qui pose en tout cas la question de la préparation ou de l'impréparation de la police à ses institutions on a 80 mille policiers nous dit-on qui sont déployés chaque samedi à grand renfort de déclarations ministérielles voir premier ministériel c'est très important parce que le maintien de l'ordre en france c'est une affaire politique on y reviendra donc 80 mille policiers ça veut dire que vous avez j'ai compté à peu près les deux tiers qui ne sont pas formés au maintien de l'ordre c'est très clair les gens qui sont formés au maintien de l'ordre quoi qu'on en pense ce sont les crs ce sont les gendarmes mobiles vous avez donc dans les rues chaque samedi en france des policiers qui ne sont pas formés ce pas de leur faute il faut un autre métier et vous avez notamment des gardiens de la paix a qui ont dit toi samedi à maintien de l'ordre donc j'ai même des d'aider des gens dont commissariats qu'ils m'expliquent qu'ils vont acheter leur propre matériel dans des surplus ou dans les magasins de sport pour se protéger bon et puis surtout vous avez hélas je crois que c'est absolument important d'en parler vous avez toute une frange de la police qu'on appelle la bac la bague ce sont des gens qui sont formés pour le cou à des interpellations violentes qui sont formés à agir dans des situations qui sont très délicates très difficile en temps normal j'entends dire qu'il lutte contre la délinquance sauf que le samedi on leur demande d'aller faire du maintien de l'ordre face à des manifestants c'est pas leur métier c'est pas leur métier ils sont pas formés ils sont pas entraînés et alors dans ce cas là il n'est pas fort mais qu'est ce qui sépare les uns et david dufresne un seul tir au canard c'est le tir au canard dit vie dufresne auteur il ya quelques années chez fayard d'un d'une enquête intitulée maintien de l'ordre justement est ce que vous dites comme lui que le rubicon du maintien de l'ordre à la française a aujourd'hui était franchie c'est très commode mais là il y avait effectivement une transformation notable en décembre 2018 avec la création de 2 c d'abord ils se sont appelés les détachement d'action rapide donc de suite ils sont de ceux sont devenus les les brigades de répression de l'action violente les braves puis les braves m pour motoriser qui sont composées de policiers issus comme le disais à l'instant david dufresne de services d'interpellations les brigades anticriminalité d'autres d'autres services et dont le travail consiste à interpeller l'histoire du maintien de l'ordre français en tout cas en france alors ce serait long de il serait très nombreux de la retracer mais un d un de ses principes c'était effectivement de faire en sorte que les forces spécialisées dans le maintien de l'ordre puisque on a opté en france pour le développement de services spécialisés en matière de lorna gendarmerie mobile du côté de la gendarmerie les compagnies républicaines de sécurité donc les crs du côté de la police que ces forces spécialisés disposent de techniques particulières adaptées à la conflit qualité sociale un fonctionnement très collectif c'est-à-dire qu'ils chargent le sens où il s'arrête ensemble un une stratégie défensive c'est à dire qu'on leur demande de tenir de tenir des rues tenir des lieux protégés des ministères etc et une mettre à distance les protestataires en utilisant plus ou moins massivement les les grenades lacrymogènes c'est ses techniques ses techniques d'évitement ont été progressivement mises à l'épreuve par un certain nombre de choses par le développement de de ce qu'on a appelé les révoltes urbaines où les violences urbaines dans les airs dans les quartiers populaires par en réalité par l'ensemble des mouvements sociaux qui ne suivent pas les codes classiques rookie ce sont les codes qui se sont routine ise de la manifestation sur le long le long xxème siècle dans cette évolution il a été demandé en situation de maintien de l'ordre de ne plus simplement mettre à distance les manifestants protégés des lieux mais aussi de procéder à des interpellations or les crs et gendarmes mobiles ont connu une évolution interne pour pouvoir le faire mais ce sont des services dont le fonctionnement requiert de disposer de l'ensemble des effectifs or faire une interpellation pour des pour les crs ou pouvait rendre mobile c'est avoir deux unités qui vont chercher la personne ensuite l'emmène pour le présenter le fichier de police judiciaire s'ils font trois interpellations ça veut dire qu'à six personnes qui sortent du dispositif ça déstabilise les dispositifs d des forces spéciales de maintien de l'ordre donc on l'a il l'aura été il leur a été proposé la création de services de policiers non désirées maintien de l'ordre qui accompagnent les dispositifs et vont faire des interpellations ce qui a changé en descente c'est que la non seulement il a été demandé à ses services d'être supplétifs et faire des interpellations mais aussi de faire du maintien de l'ordre c'est à dire aussi de faire ddd ligne de faire des charges etc et comme le notait david dufresne la formation en matière de maintien de l'ordre de ces services est une formation avant tout sur le tas donc il ya à la fois un problème d'impréparation c'est ce que vous dites comme david dufresne mais il ya visiblement aussi un changement de posture ou de doctrine on serait passé d'une position plutôt défensive a parfois une action plutôt offensive des forces de l'ordre dans ces manifestations alors certains diront la violence répond à la violence ça peut être le cas parce que vous disiez aussi un durcissement à l'intérieur des manifestations par des noyaux de manifestants qui met en oeuvre une violence à laquelle il faudrait répondre mais quand même beaucoup de cas qui ont été signalés semble quand même très disproportionnées récemment on a entendu la maire de paris anne hidalgo parler de la doctrine grimaud alors ce qu'on pas fait mai 68 on m'a pris peut-être existence de ce préfet de paris et préfet de police de paris maurice grimaud découvert qu'il avait donné son nom à une doctrine et compris visiblement que cette doctrine n'était plus en vigueur il est où le changement pour vous de doctrine cédric moreau de bellaing c'est quoi la doctrine l'allemand aujourd'hui il faudrait parler car ça je laisse ce soin aux essais de définir si long s'il estime avoir développé une une doctrine europe il ya donc bien un changement de doctrine il y à il ya un changement en tout cas de de stratégie dans la gestion des mouvements sociaux dans la rue ce dark là ce qui s'est généralisé depuis depuis quelques mois c'est l'encadrement par 20 des cortèges par les forces les forces de l'ordre très directement donc dans les manifestations contre la loi sur les retraites les les manifestants étaient encadrés par des services spécialisés maintien de l'ordre ou pas devant derrière sur sur sur les côtés et ça se reproduit sur l'ensemble des manifestations c'est effectivement assez différent de ce qui avait été expérimenté il ya encore deux ans ou là l'idée c'était plutôt de maintenir les forces de police les forces de gendarmerie à distance de la manifestation pour ne pas créer deux points de 2,2 points de friction il reste une minute ça vous pose une question très clairement cédric moreau de bellaing est ce que pour vous on l'entend la doctrine de maintien de l'ordre c'est une affaire d'état quand même aussi est ce que c'est une affaire politique surtout est ce que pour vous aujourd'hui il y a eu depuis le début de la mobilisation des gilet jaune une gestion politique voire sécuritaire de la contestation sociale en france au maintien de l'ordre est une a effectivement une affaire politique au sens général du terme parce qu'effectivement encore une fois du 9ème siècle des régimes sont tombés sur sur l'épreuve de la rue et puis de manière organisationnel c'est que dès les forces de maintien de l'ordre ne l'interview interviennent sur ordre de 2 de l'autorité de l'autorité civile elle-même en lien avec eux avec l'autorité politique de là à dire ce camp pas la question disons de l'instrumentalisation de l'instrumentalisation politique des des forces de l'ordre c'est une critique qui revient régulièrement ils avaient la même chose avait été dit à propos de françois hollande pendant le mouvement contre la loi travail ça fait partie en tant que sociologue je vois que ça fait partie intégrante de destination de maintien de l'ordre jeune je ne peux pas vous dire si le gouvernement à donner des ordres ou pas de plus grande violence ou de plus ou de plus grandes contraintes ce qui est certain c'est que la manière dont l'ensemble des situations dans l ordre ont été gérés par l'exécutif est regardée par les parlers par les policiers par les gendarmes parler parler des exécutants et que ça peut avoir un effet sur l'intervention enfin évidemment lorsque dans une manifestation où il y a il ya peu de trouble des affrontements est close il est normal de s'interroger sur ce qui les provoque merci beaucoup à vous cédric moreau de bellaing merci d'être venus autour de cette grande table merci à vous un grand merci aussi à toute l'équipe pour cette très belle semaine à organes de la croix et henri leblanc pour la grande table culture à bruno baradat et jean-christophe brianchon avec l'aura du teich perez pour la grande table des idées un merci tout particulier très appuyé et très spéciale à notre brindille des gens doutent et sophie marty d'avoir été avec nous et à notre dandy discrète françois bruce pour leur aide précieuse durant ces six derniers mois merci aussi à gilles blanchard pour sa réalisation avec aujourd'hui adelkhah dollar à la technique et à la vidéo j'enregistrais jean guy lin beige très bel après-midi à tous sur france culture