Face à Face : François Ruffin - 18/01
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Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe
Il est 8h33 sur RMC et BFM TV Bonjour François Ruffin Bonjour et meilleur vœu à vous Vous l'aurez beauté C'est plutôt un beau programme Ca va commencer par les manifs de votre côté Vous êtes le nouveau référent de la France Insoumise Vous êtes 4 sur la question des manifestations Et notamment pour mener les débats à l'Assemblée Vous êtes député de la France Insoumise de la Somme On va parler de la mobilisation Demain, de la réforme des retraites De vos meetings politiques Puisque vous avez repris une forme de route de campagne Sur cette question des retraites Mais au fond se pose la question ce matin Est-ce que la meilleure façon de sauver notre système de retraite Ce ne serait pas de faire plus de bébés ?
C'est de faire plus de bébés aussi C'est une question de natalité Mais c'est aussi que derrière ils soient embauchés Qu'ils aient du travail à temps plein Que leur travail leur permettent de vivre Vous savez si les salaires étaient plus élevés dans notre pays Il n'y a pas de doute qu'on aurait encore moins de mal A financer nos retraites Même s'il n'y a pas de problème de financement des retraites immédiates Pour qu'il y ait des bébés Il faut qu'il y ait un système social derrière Quand on a eu une politique nataliste après-guerre C'est parce qu'il y avait la garantie Pour les parents De pouvoir avoir des allocations familiales Que ça leur permette d'avoir une sécurité de ce côté-là Et aujourd'hui se pose très fortement la question
Elle s'est dégradée pour vous Cette question de la politique familiale en France ?
C'est certain qu'il n'y a pas eu de maintien d'une politique familiale forte Ça c'est un premier point Et ensuite se pose pour que Notamment les femmes puissent travailler Puisque c'est un désir profond des femmes D'avoir une carrière Qu'elles ne soient pas entravées par la maternité Se pose très fortement la question Pour les parents Des modes de garde Pourquoi je suis intervenu sur les assistantes maternelles De manière très forte C'est le premier mode de garde Je pense que c'est deux tiers Des enfants qui sont gardés dans notre pays Le premier mode C'est sans doute les grands-parents C'est lié à la question des retraites Les grands-parents gardent leurs petits-enfants Pour beaucoup Donc il faut qu'ils soient en retraite
En bonne santé Vous allez tout soutenir J'ai l'impression d'envoi du discours
En Italie ils sont revenus sur la question de la retraite Plus tard Aussi parce qu'ils se sont dit Mais bon sang Ça empêche les parents De pouvoir travailler
Parce qu'en Italie Les femmes doivent choisir Entre avoir des enfants ou travailler Parce qu'elles ne peuvent pas faire les deux Il n'y a pas d'aide
Mais donc en tout cas Il y a la question Aujourd'hui si on veut avoir des enfants dans notre pays Il faut un système qui l'accompagne Et notamment les questions Des modes de garde Qu'il y ait plus de crèche Mais aussi Qu'on ait des assistantes maternelles Qui soient plus reconnues Qui puissent en vivre Pour qu'ils ne soient pas la galère permanente
Sur la question des aides familiales Et de la politique familiale François Hollande avait mis sous condition de ressources Les aides familiales Alors que quand vous dites La politique familiale telle qu'elle a été créée après-guerre C'était sans condition de ressources On considérait que chaque enfant qui naît Quelle que soit la famille dans laquelle il naissait Avaient le droit aux mêmes aides Est-ce que vous seriez pour Revenir à une politique familiale à l'ancienne ?
Je l'ai déjà dit Je l'ai déjà dit Ça avait été la première mise en cause Ça avait été fait sous Jospin Et à ce moment-là Je me souviens d'un député communiste Maxime Grometz de chez moi Qui était allé manifester Avec les associations catholiques Mais on se disait Mais il est fou Pourquoi il va manifester avec eux ?
Et il disait Non non Moi ce que je veux C'est que ça soit un système universel Et qu'en effet ça bénéficie Aux enfants Enfin à Bernard Arnault Comme aux enfants d'ouvriers Pas avec le même revenu Mais que ça soit Non pas en fonction De statut social Mais que ça soit En fonction d'une volonté D'avoir une politique nataliste Et puis vous savez Quand on fait Qu'il y a des catégories Qui sont exclues Quand les classes supérieures Sont exclues De protection Qu'est-ce qui se passe Dans la durée ? Il se passe qu'on laisse Se dégrader le système Parce que si vous payez Et que vous n'en bénéficiez pas Vous allez dire Mais à quoi bon payer ?
Et donc il faut que tout le monde Bénéficie quand tout le monde paye
C'est surprenant ce que vous dites
Mais non c'est pas surprenant Enfin je veux dire
Pour un élu de la France insoumise ?
Vous savez moi je suis Pour une protection universelle Il y a la notion d'universalité Qui doit valoir pour tout le monde Donc la gratuité de l'éducation De la santé Pour tout le monde
Que vous soyez riche ou pauvre
Et les grandes conquêtes sociales Dans notre pays Les grandes conquêtes républicaines Elles se font en embrassant Toute la société Et en ne laissant pas Ni les très pauvres Ni les très riches En dehors de ça Mais en faisant du commun Vous regardez l'éducation nationale Elle n'est pas payante Pour vos enfants Elle n'est pas payante Pour les enfants de Bernard Arnault Parce qu'elle doit être Gratuite pour tout le monde Quand on fait l'hôpital La sécurité sociale C'est pour tout le monde Quand on fait les retraites C'est pour tout le monde Donc moi je suis très attaché A cette notion d'universalité Qui fasse que De tout en haut Jusque sous tout en bas On forme une même république Un même pays Et on appartient à ça
François Ruffin Vous serez dans les cortèges demain La mobilisation Une mobilisation Qui d'après les syndicats Sera très élevée D'après les notes Des renseignements généraux Pourrait ne pas être Si élevée que ça On parle effectivement D'un grand nombre De cortèges Mais beaucoup moins Beaucoup moins Qu'en 95 Quand c'est la référence Notamment d'un Philippe Martinez Entre 550 000 Et 750 000 Personnes dans les rues Dont 50 000 A 80 000 à Paris On serait loin Des 2 millions Des manifestations De 95
Écoutez on peut attendre De voir que la journée Se soit passée Pour établir des chiffres Quand même Les prophéties Des renseignements généraux Mais comment vous sentez Les choses vous ? Moi j'ai distribué Des tracts Dans les usines Damien Nord Et je vois Que c'est très réceptif J'entends qu'à la mairie Damien Il va y avoir des tas De secteurs Qui vont être en grève Qui ne le sont pas d'habitude Que dans les communes rurales Il n'y aura pas Le service minimum Qui sera fait Que dans les écoles Elles sont fermées Donc on verra bien demain Qu'est-ce que c'est Que ce jeudi 19 janvier ?
Pour moi c'est l'heure des comptes C'est l'heure des comptes Après trois ans Où le gouvernement a dit Crise Covid Crise de l'énergie Crise en Ukraine Et bien c'est l'heure De tirer le bilan de ça D'un Emmanuel Macron Qui avait dit Vous vous souvenez Il faudra se rappeler Que notre pays tout entier Repose aujourd'hui Sur ces femmes et ces hommes Que nos économies reconnaissent Et rémunérimentent mal Les auxiliaires de vie Les assistantes maternelles Vous le récitez presque
Comme on récitrait une poésie
Ben oui Parce que le Macron de gauche Dure 30 secondes Donc j'ai le moyen De les connaître par cœur Et il ajoutait Citant la déclaration Des droits de l'homme De 1789 Les distinctions sociales Ne peuvent reposer Que sur l'utilité commune Mais qu'est-ce que Les travailleurs de l'agroalimentaire Du bâtiment Qui ont continué leur boulot Pendant ce temps-là Qu'est-ce qu'ils ont gagné depuis ?
Ce que vous voulez dire C'est que demain Vous appelez à ce que Cette manifestation Ne soit pas que Sur la question des retraites Mais globalement Contre la politique D'Emmanuel Macron
C'est sûr C'est-à-dire qu'ils ont promis Que ça irait mieux Pour tous les travailleurs De la deuxième ligne Et à l'inverse On a quoi ? Pas de récompense Mais la première peine C'est une inflation Qui vient éroder Les bas salaires C'est le premier point Donc il y a cette question-là Qui est posée Et la deuxième question C'est que la double peine C'est que c'est eux C'est elles C'est nous Qui allons payer le plus Le fait d'allonger De 62 à 64 ans Donc à la place D'avoir une récompense Il y a une double peine Et de l'autre côté Parce que c'est leur décompte De l'autre côté Moi je suis pour une décence Par le bas Mais je suis pour une décence Par le haut Qu'est-ce qu'on voit ?
J'ai amené là Le journal Les échos Les échos De mon ami Bernard Arnault En une Vous avez retraite Les derniers arbitrages Et page 27 Vous avez Dividende record Pour les gélants du CAC 40 C'est-à-dire Pendant ces trois années Où on nous a dit Crise, crise, crise
Donc vous seriez favorable A aller chercher Dans les dividendes Des grandes entreprises De quoi financer les retraites
C'est évident Parce qu'en tout cas Il faut qu'il y ait Une mise à contribution Des grandes fortunes Qui ont vu leur patrimoine Augmenter de 200 milliards d'euros En trois années
Mais c'est contraire à la logique Même telle qu'elle a été voulue De cette réforme Enfin de ces retraites
Par répartition Il y a une partie du système Que vous savez Qui est non-contributif C'est-à-dire Qui ne dépend pas Des cotisations sociales Tout ce qui est par exemple Sur le minimum vieillesse Si on veut augmenter Le minimum vieillesse Ça n'est pas contributif Donc il y a toute une partie Qui n'est pas contributif Mais il ne faut pas rentrer Dans la technique Là Vraiment se pose la question De où est le sens De la justice Je pense qu'il y a Des questions de porte-monnaie Qui se posent demain Mais il y a aussi Des questions de fierté Est-ce que le président De la République Est-ce que le gouvernement Ils font le pays Pour tous les Français Ou ils le font Pour quelques-uns De leurs amis Qui Emmanuel Macron Recevait vendredi A l'Elysée Il ne recevait pas Les auxiliaires de vie Il ne recevait pas Les caristes Il ne recevait pas Les camionneurs Il recevait les patrons Du CAC 40 Et il les recevait Pour quoi faire ?
Pour les rassurer Sur la stabilité fiscale Sur sa promesse Qu'il n'y aura pas De hausse de préservement Que son gouvernement Tiendra bon par exemple Qu'on crée une taxe Sur les superdividendes Mais non la justice Aujourd'hui Quand on sait que En ce moment même Les géants de l'énergie Ils se gavent Que les géants De l'agroalimentaire Ils en profitent Sur des prix Dans la grande distribution Dans les rayons Des supermarchés Pour augmenter De manière colossale L'entreprise Vous parlez des industriels Oui je parle des industriels
On est d'accord Que vous reconnaissez Le rapport Qui a été demandé Par Bercy Qui dit que Pour le coup La grande distribution En France Ne s'est pas gavée
Alors il y a deux crises différentes Qui a bénéficié De la première crise De la crise Covid Ça a été les assureurs Ça a été la grande distribution Et ça a été les géants du numérique Est-ce que pendant tout ce temps-là On a vu la moindre taxe Sur ça ? Rien du tout
Là vous faites référence Aujourd'hui aussi A la proposition de loi D'un de vos confrères députés Qui vient des macronistes Qui voudrait Que les industriels Puissent gagner le bras de fer Si le bras de fer il y a Sur négociation des prix Avec la grande distribution
Je ne fais même pas Le lien avec ça Mais aujourd'hui Il y a la nécessité Que Vous savez La part
Je ne comprends pas Où vous allez
Ce que je vous dis C'est que Pendant trois ans De crise Covid Et de crise de l'énergie On a des secteurs entiers Qui se sont gavés
En fait vous voulez prendre Toutes les colères Vous voulez prendre tout ça Et puis vous voulez Justifier du coup demain
Ce n'est pas toutes les colères C'est une seule Madame Pauline de Malerne Et qui est simple Et que vous savez Les français ont très bien compris C'est que On a la nécessité Aujourd'hui D'avoir un partage Des richesses Qui soit juste Dans notre pays Et que ce soit Les français Qui ont tenu La deuxième ligne Pendant la crise Covid Mais les français Qui font le ménage Dans les toilettes De BFM Que ce soit elles Que ce soit eux Qui bénéficient aujourd'hui Alors que ça ne bénéficie Qu'à quelques-uns Quand on voit Les actionnaires Qui prennent 80 milliards D'euros de dividendes Par un temps de crise Il y a la nécessité D'aller taper là-dedans A la fois pour les retraites Mais aussi Vous en parliez Pour la petite enfance Mais aussi Pour l'école La santé Le rail Et ainsi de suite Et donc Vous savez Même aujourd'hui C'est perçu Comme une réforme Injuste Y compris Par des macronistes
Y compris par des macronistes J'allais y venir Vous pourriez peut-être Les convaincre De venir avec vous On a François Bayrou Qui propose justement Comme l'une des solutions La mise à contribution Des entreprises Ça vous seriez plutôt Pour cette proposition De François Bayrou
Je veux dire Aujourd'hui Ce que je viens Vous dire là Nous sommes les modérés Nous sommes les modérés Parce qu'il y a une indécence Avec l'hyper gavage En haut Pour une poignée Et nous Qu'est-ce qu'on vient demander On vient demander A ce qu'il y a de la modération Dans la société Et qu'il y ait des limites Qui soient posées A tout ça Et de dire que Quand on demande Aux Français En permanence Des sacrifices Depuis trois ans Le minimum C'est que Ceux qui sont Les plus privilégiés Dans notre société Et bien Ils soient mis à contribution Or ils ne le sont pas du tout Et même il y a le président De la République Qui les rassure Qui leur dit On ne va pas toucher à vous Vous n'en faites pas
Vous savez qui a dit Comment peut-on allonger La durée de cotisation Des seniors Quand on sait que Souvent Dans les grandes entreprises On leur donne Un ticket de sortie Il reste deux ans Demande hors d'emploi Et partent à la retraite
Je ne sais pas qui l'a dit Mais regardez ce qui se passe Aujourd'hui
Je vais vous dire Ce qu'il a dit C'est Patrick Vignel Qui est député Renaissance de l'Hérault Donc en effet Vous pourriez peut-être Trouver des copains Sur les bancs des maîtres
C'est certain Qu'il va y avoir Vous savez Je discutais avec Un patron de la restauration Là Et qui me dit Nous dans notre secteur On appelle A ce qu'il y ait Une réforme des retraites Qui soit beaucoup plus juste Et qu'on relève Nos cotisations
Les policiers Vont manifester
On sait très bien Que nos serveurs Ils ne vont pas pouvoir Tous aller jusqu'à 64 ans Ce n'est pas vrai Vous savez Rien que le fait Quand on a allongé De 60 à 62 ans Quelle était L'une des conséquences concrètes On a multiplié Par 4 A ce moment-là Le taux des seniors Au RSA Qui sont Voilà Le taux des seniors Qui sont au RSA C'est-à-dire qu'à la place D'avoir une retraite méritée Ils sont passés A une allocation De pauvreté Et bien aujourd'hui En allongant de 62 à 64 ans C'est évident Qu'il y a des tas de personnes Qui sont Travailleurs du bâtiment Qui sont Chef de rayon Christine Chef de rayon
Il y a 56% Des seniors Qui sont au travail Mais en effet Ça veut dire Qu'il y en a quand même Des qui ne sont pas François Ruffin Sur la question du blocage Jusqu'où Est-ce qu'il faut bloquer Le pays ?
Celui qui bloque le pays C'est très clair aujourd'hui C'est Emmanuel Macron Et c'est Mme Borne Vous savez Quand on a 93% des salariés Qui sont opposés A cette réforme 93%
Vous répondez D'une pirouette J'entends bien Mais sur la question De demain Est-ce que vous estimez Qu'il faut que ce soit Vraiment une journée Où la France est à l'arrêt ?
Oui Il n'y a pas de doute Oui Oui Oui Oui Il faut montrer au président Qu'il y a une opposition Très ferme A cette réforme là Je veux dire C'est une réforme Particulièrement injuste Après 3 ans Où les français Ont déjà tout encaissé Et Je le redis 93% des salariés Sont opposés A cette réforme Trois quarts des français Sont opposés A cette réforme Deux tiers des français Disent Pour financer ça Qu'est-ce qu'il faut ? Il faut aller taxer Les grandes entreprises Et les grandes fortunes Et ça on a bien compris
C'est votre thèse Quand vous entendez Que la CGT Énergie Menace de couper L'électricité A des élus Enfin ils le disent A demi-mot J'en veux pour preuve Les mots de Sébastien Ménespier Qui est secrétaire général De la Fédération Nationale des Mines Et de l'Énergie A la CGT Et qui a dit très clairement On va aller voir Je le cite On va aller voir Ceux qui veulent la réforme Qui la soutiennent Et ceux-là On va s'occuper d'eux Est-ce que vous soutenez Ce type d'action ?
Ça sera aux travailleurs De déterminer chacun Dans leur secteur Quels sont les types d'actions Qu'ils veulent avoir Est-ce qu'ils veulent des grèves Réconductibles ? Vous ne condamnez pas Cette action-là ? Je les invite A avoir des actions aussi Qui soient des actions positives C'est-à-dire des actions de gratuité Pour des français en particulier Qui sont dans la difficulté Et pas avoir que des actions négatives
Couper le courant A des élus Démocratiquement élus Vous ne condamnez pas
Ça s'est déjà passé Deux, trois fois Donc c'est pas grave Non
Si on vous coupe le courant Vous, vous trouverez ça normal ?
Non, je ne trouverai pas ça normal J'irai protester Donc quand on n'est pas d'accord Avec vos idées On vous coupe le courant ? Il y a un certain nombre D'actions symboliques Qui ne vont pas prendre Une ampleur considérable
Donc c'est pas grave
Je doute que ça soit C'est pas symbolique On va voir On va voir s'il va se passer Pour l'instant En tout cas ce matin
François Ruffin Vous ne dites pas On ne fait pas ce genre d'action On respecte la démarche
Je dis pour l'instant Moi je recommanderais Au syndicat D'avoir des actions positives Des actions positives Des actions de gratuité Sur aujourd'hui les français Qui sont les plus en danger Face à leur facture Et je recommande Qu'on accompagne le mouvement De manière positive En ayant des En allant soutenir Plutôt ceux qui sont aujourd'hui Dans la difficulté
Donc vous recommandez C'est tout Vous ne dites pas Vous ne dites pas Après ces propos quand même Du syndicat CGT Energy Vous ne leur dites pas Écoutez On a été élu Que je sois d'accord Ou pas d'accord Je respecte les idées des autres
Je respecte les idées De tout le monde Et vous savez Je le fais à l'Assemblée nationale Maintenant la question Est pas celle-là Votre rôle
C'est pas à un moment De poser les limites
Ce sont aux syndicats De terminer leur modalité de lutte Voilà
Et ces modalités-là Vous paraissent acceptables
On verra ce qui se produira Vous voyez Vous me dites demain
Moi je ne reprends que les mots De Sébastien Ménescu On va aller voir C'est pas on pourrait C'est on va aller voir Ceux qui veulent la réforme Qui la soutiennent Et cela On va s'occuper d'eux C'est pas une menace
Il va peut-être Il va y avoir une discussion Vous savez quand j'entends Dussopt Qui me dit Que j'ai des amis imaginaires Voilà Mais je pense Qu'aujourd'hui Il y a la nécessité On n'a pas le rapport Enfin là c'est pas imaginaire
On a quelqu'un Qui a les moyens De couper le robinet De l'électricité Qui a sans doute L'adresse des élus Et qui le dit très clairement Il dit on va aller s'occuper d'eux Et vous vous ne condamnez pas Vous dites Ils feront bien comme ils veulent
On verra Pour l'instant Rien ne s'est produit Donc vous me réinviterez
C'est pas le droit de grève Enfin il y a le droit de grève Et puis il y a
Ces actions On verra ce qui se passera On se verra ce qui se passera Dans le pays Pour l'instant Ça ne se passe pas
Vous ne leur demandez pas En tout cas De ne pas manger ce genre d'action
Moi je recommande Je recommande fortement Qu'on ait surtout Des actions positives C'est-à-dire des actions De gratuité A destination des gens Qui ont des difficultés Aujourd'hui à payer leurs factures Et on sait que c'est ça Ce qui est le problème massif Dans le pays Le problème massif dans le pays Il faut le lier C'est les difficultés Qu'ont les gens Et même les gens Qui travaillent à payer leurs factures
Est-ce que vous estimez Comme Anne Hidalgo Que LFI N'est pas un parti démocratique ?
Je vous le redis Il est nécessaire D'avoir davantage De démocratie A l'intérieur De la France insoumise Vous n'avez pas besoin D'aller chercher Madame Hidalgo Puisque je l'ai dit A un certain nombre de reprises Maintenant Là où je pense Qu'il n'est plus nécessaire D'avoir de la démocratie C'est dans notre pays Je vous le redis Tout ce que vous décrivez
Ça serait pas mal Que ça commence par la France insoumise
Moi je suis attaché Aujourd'hui On est dans un moment Où 93% des salariés Disent non à cette réforme Et en fait Ce qui se passe Il faut bien comprendre ça Madame de Malherbe Pourquoi Il y aurait des coupures d'électricité De cette manière là ? Pourquoi il va y avoir des grèves Dans les transports ? Pourquoi On va avoir un pays Qui est bloqué ? Parce qu'on a au fond Un président de la république Et un gouvernement Qui se fiche complètement De l'opposition des français Donc comme ils le font On le fait
En fait vous justifiez Une forme de violence
Je vous explique ce qui se passe Madame de Malherbe Je vous explique ce qui se passe C'est qu'on a au fond Et c'est quand même très grave On a un président de la république Dans une démocratie Démocratie ça suppose Pouvoir au peuple Qui sait Que le peuple Les salariés Sont opposés à 9 sur 10 A cette réforme là Qui sait que 7 français sur 10 Sont opposés à cette réforme là Et qui au fond S'en fiche Parce qu'il ne compte pas Convaincre les français Il sait que les français Ne sont pas convaincus par ça Mais François Il sait que les français
Est-ce qu'il ne faut pas commencer Par dire qu'un élu Il est élu par le peuple Justement Et que c'est ça la démocratie Et que donc S'il a une opinion politique Qui n'est pas la même que vous Vous ne lui coupez pas le courant
Mais moi je ne lui coupe pas le courant Je ne suis pas en état De lui couper le courant Je ne lui coupe rien du tout Mais vous êtes en état À un moment d'avoir une figure morale
De pouvoir dire Oui ou non C'est acceptable ou non
Je souhaite que ça ne se produise pas Mais moi vous savez Je l'ai dit depuis des mois Je souhaiterais qu'on n'ait pas besoin De faire grève Je souhaiterais qu'on n'ait pas besoin De faire cette opposition là Pourquoi ? Parce que je considère Que le président de la république Il met le pays en danger Il installe une forme de folie Dans le pays
On est au coeur d'une question Très importante Qui est quand même La question du respect de la démocratie Et vous dites au fond Quand je vous interroge sur LFI Vous dites non mais Ils font pareil à la tête de l'État Quand je vous interroge sur Le respect ou non De la propriété De l'accès à l'électricité Des élus Vous dites non mais Macron lui-même Il ne respecte pas Ce que veut le pays C'est quand même sidéant De systématiquement justifier
Je ne justifie pas Parce que je vous ai dit Il faut davantage de démocratie A l'intérieur de la France insoumise Et je souhaiterais Qu'on aille vers des actions Qui soient plus positives Qui viennent soutenir Les Français dans la difficulté Je vous dis En revanche Très fermement Que pour moi Le président de la République Il met le pays en danger Aujourd'hui Il met le pays en danger En passant par-dessus Un sentiment profond Chez les gens C'est si c'est ça La démocratie Si on se fiche Si on se fiche de mon avis A quoi bon Dans la démocratie Cette réforme Elle intervient Et elle n'est absolument Pas nécessaire Il a été élu Il n'a pas été élu Pour s'asseoir Sur les désirs de son peuple Il n'a pas été élu Pour aller servir Une poignée de quelques-uns Le vendredi Lors de petits dîners A l'Elysée Et en se fichant De ce que pensent Neuf salariés sur dix Dans ce pays Il a été élu Aussi Parce que dans le cœur De la crise Covid Il a dit qu'il se rappellerait De toutes les travailleurs De la deuxième ligne D'accord C'est aussi sur ça Qu'il a été élu Et il ne fait rien De tout ça Et je vous dis Il met le pays en danger Parce qu'il l'installe Dans le pays du ressentiment Les français viennent De travers ces trois ans De crise Covid Ils sont exaspérés Ils sont fatigués Ils en ont marre Ça se traduit Par des crises Dans leur porte-monnaie Mais ça se traduit aussi Par une crise démocratique Dans un département Comme le mien Dans la Somme Les macronistes Ne sont pas fichus D'envoyer la moitié De leur candidat Au deuxième tour Ça veut dire Qu'il y a un décrochage Du pays réel Du pays imaginaire Du président de la République Et de ses amis Et bien dans ce contexte-là Je pense que pour la démocratie C'est très très très mauvais De s'asseoir sur l'avis De 7 Français sur 10 Moi je pense que Dans un moment De tension
Il y a des moments Où vous défendez la démocratie Puis d'autres moments Où vous ne la défendez pas
Je la défends Mais je la défends Quand est-ce que Je n'ai pas défendu la démocratie Moi je pense qu'aujourd'hui Dans notre pays Ce qu'il faudrait même Et je le dis Si jamais c'était la gauche Qui est au pouvoir demain Ce qu'il faut C'est des réformes Où quasiment 7 Français sur 10 Sont d'accord avec nous Où on est à un consensus
Ça veut dire des référendums Réguliers ?
Soit des référendums Réguliers Soit où on voit Qu'il y a un assentiment De la population Là où on voit Qu'il y a un dissentiment De la population Qui va se traduire Par du ressentiment Et je pense qu'on est Dans un état De division de la société Qui fait qu'on doit aller Vers davantage de modération Et l'immodération L'indécence Pour l'instant C'est Emmanuel Macron Et ses amis Qui se gavent Sans reverser Quoi que ce soit aux Français Sans qu'il y ait La moindre taxe là-dessus Et c'est un moment Où on doit aller Une recherche De davantage de consensus Et aujourd'hui Il n'y a pas la recherche Du consensus Il n'y a pas la recherche Du consensus Avec les syndicats Avec Laurent Berger La CFDT Il n'y a même pas La recherche du consensus Avec les différents groupes Proches de la majorité
Et des partis de gauche Qui seront donc dans la rue Demain François Ruffin Merci d'avoir répondu A mes questions ce matin Vous qui êtes donc député La France Insoumise De la Somme Il est 8h53 Sur AMCB FMTB
François Ruffin