Aleksandar Nikolic : "Le RN est contre la régularisation des clandestins !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'il a annoncé de très concret, M. Bayrou ?
- 2:09RelanceRéponse partielle
Pourquoi votre parti profite d'une rente sur l'immigration alors que vous dites tout et son contraire ?
- 3:06RelanceRéponse partielle
Pourquoi avoir voté la loi d'Armanin sur la régularisation des travailleurs étrangers si vous êtes contre ?
- 3:39OuverteRéponse partielle
Comment réagissez-vous à l'expression de submersion migratoire du Premier ministre ?
- 6:26RelanceRéponse partielle
Comment expliquez-vous cette opposition entre votre appel à ouvrir les yeux et votre co-responsabilité dans l'augmentation de l'immigration ?
- 8:17OuverteRéponse partielle
Quelles idées reçues sur l'immigration de travail faut-il corriger ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28PrésentateurFait
« Il a dit qu'il ne fallait pas remettre en cause ce droit du sol automatique sur le territoire métropolitain. »
- 0:37PrésentateurChiffre
« Macron avait dit il y a 3-4 ans qu'il fallait 100% d'OQTF, on est à 7% d'OQTF respectés. »
- 3:08PrésentateurFait
« On a toujours été contre la régularisation des clandestins, même s'ils travaillent. »
- 4:53Invité politiqueFait
« Il y a une loi 2024 qui a été précisée par Bruno Retailleau. Cette circulaire vise à mettre fin au désordre migratoire en France. »
Temps de parole
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Ce ne sont, Alexandre Nicolich, pour l'instant que des mots. Ah oui, ce ne sont que des mots parce qu'il a annoncé certaines choses qui ne vont pas du tout dans ce sens-là. Et d'ailleurs, hier dans l'émission, M. Rochebin lui disait que dans son camp, déjà en 1991, Valéry Giscard d'Estaing parlait d'une invasion migratoire et ensuite rien n'a été fait pour freiner justement cette immigration qui a des conséquences sur la société française. Qu'est-ce qu'il a annoncé de très concret, M. Bayrou ? Il y a un comité interministériel sur l'immigration, ce que juste la troisième fois qu'on le réactive, il n'a jamais été efficace.
Il a dit qu'il ne fallait pas remettre en cause ce droit du sol automatique sur le territoire métropolitain. Il a aussi parlé que les OQTF doivent être plus respectés. Oui, M. Macron avait dit il y a 3-4 ans qu'il fallait 100% d'OQTF, on est à 7% d'OQTF respectés. Il a parlé d'une augmentation de l'aide au développement. Elle a déjà augmenté constamment et ça n'a absolument pas freiné l'immigration. On préférait que cet argent soit mis justement par exemple dans nos territoires ultramarins. Vous savez que moi je reviens de Guadeloupe. Il y en a beaucoup qui n'ont pas d'eau potable en Guadeloupe par exemple. Et on voit donc que ça n'a aucun impact, je le disais, pour freiner l'immigration.
Au contraire, on devrait conditionner cette aide au développement pour reprendre les OQTF par exemple avec les pays d'origine. Donc il parle aussi d'une immigration de travail. Donc vous en parliez là à l'instant et justement son discours il était plutôt sur peut-être même une accélération sur une immigration de travail parce qu'il évoquait les besoins justement dans certains secteurs sans évoquer les changements que ça peut représenter. Parce que les personnes immigrées ne sont pas que des chiffres, ils ont aussi une réalité intérieure, des cultures.
Et quand ils proviennent de pays où les références de valeurs ou les lois même dans ce pays-là ne sont pas du tout les mêmes sur les droits des homosexuels, sur le droit à l'apostasie, sur le droit de penser et d'avoir une religion qui peut être différente, sur le droit des femmes. Et bien évidemment que ça a des conséquences sur la société française. Donc tout ce qu'il a annoncé va dans le même sens de ce qui est fait depuis des années. C'est-à-dire aucune remise en cause sérieuse et aucun frein sur l'immigration. Mais peut-être même de nouvelles filières et d'accélération sur par exemple l'immigration de travail.
Enfin monsieur Nicolet... Et après on va à l'Assemblée. Oui. Il y a quelque chose quand même que je ne comprends pas très bien. C'est-à-dire qu'on a l'impression que votre parti de l'Assemblée nationale profite d'une forme de rente sur cette question de l'immigration qui bénéficie d'une présomption, de dureté, de fermeté, alors que finalement vous dites un peu tout et l'inverse de tout. Là vous venez de critiquer le côté d'aide au développement. C'était pourtant de mémoire dans le programme présidentiel de Marine Le Pen en 2022. Ensuite vous venez par vos mots de condamner la vision d'immigration de travail. Le fait notamment de régulariser des étrangers qui travaillent en France.
Sauf erreur, il y a un an, il y a très exactement 13 mois, les députés du parti auquel vous appartenez ont voté en faveur de la loi d'Armanin dont l'objet était très exactement la régularisation des étrangers qui travaillent. Donc je comprends que pour réagir à ce qu'il y a un adversaire politique, vous condamnez ces propos. Mais dans ce cas, il faut être en cohérence avec les actes. Et vous ne pouvez pas condamner le lundi quelque chose que vous votez le mardi.
Non, parce qu'on a voté cette loi parce qu'il y avait d'autres choses qui allaient être dans le bon sens. Mais évidemment, on a toujours été contre la régularisation des clandestins, même s'ils travaillent. Parce qu'on considère que quand on vient de manière illégale sur le territoire, on doit être renvoyé dans son pays d'origine. Et on a toujours eu un discours très clair sur ça. Vous me parliez de l'aide au développement. Nous, on a toujours dit qu'elle doit être conditionnée justement à la reprise des OQTF. Donc au contraire, on a été toujours très clair. Et tout ce que je viens d'évoquer était toujours dans notre programme. Donc je ne comprends pas très bien pourquoi vous me dites ça.
Bonjour Sylvain Berrios. Merci d'être en direct depuis l'Assemblée députée horizon et indépendante du Val-de-Marne. Vous, comment vous réagissez à cette expression de submersion migratoire dans la bouche du Premier ministre ?
D'abord, le débat qu'il y a sur le plateau actuellement sont plutôt amusants. Parce qu'on voit bien que l'incohérence n'est pas chez le Premier ministre et n'est pas au gouvernement. Bruno Rotaillot, dans sa circulaire, a mis en application la loi de 2024 qui elle-même a été votée par le Rassemblement national. Ce qui perturbe beaucoup le Rassemblement national, la vérité, c'est que nous nous occupons effectivement de mettre fin au grand désordre migratoire qui existe. Alors on y travaille. Ce qui perturbe une partie de la gauche, c'est que François Bayrou ait mis des mots sur un sentiment...
Mais pas que la gauche, dans le camp présidentiel aussi.
Peut-être, oui, dans le camp présidentiel aussi. Mais François Bayrou n'a fait que mettre des mots sur un sentiment, je vous rappelle, il parle de sentiment de submersion, que les Français ressentent. Mettre des mots sur ce que les Français ressentent ne doit pas être condamné. On doit trouver la façon d'y répondre et collectivement d'y répondre. Mais jeter une anathème parce qu'on travaille n'a pas beaucoup de sens. Et moi, je pense que les propos François Bayrou hier soir sont des propos de bon sens. Oui, il y a un sentiment. A ce sentiment que... Comment on doit y répondre ? Y a-t-il une vérité à ce sentiment ?
Toujours est-il qu'il y a une loi 2024 qui a été précisée par Bruno Retailleau. Cette circulaire vise à mettre fin au désordre migratoire en France, à soulager aussi le métier en tension. Il nous reste aussi un travail à faire diplomatique avec d'autres pays. Le groupe Horizon a demandé par exemple la suspension des accords de 68 avec l'Algérie, le temps de remettre à plat une relation qui aujourd'hui est devenue extrêmement conflictuelle et problématique. D'autres sujets de même nature avec d'autres pays pourraient être également posés.
Mais si on veut travailler ensemble et de façon lucide, il faut être capable de poser les mots sur des situations et des sentiments, combien même il ne serait pas partagé par la classe politique. Mais si on ne nomme pas les choses, comment voulez-vous qu'on puisse résoudre les problèmes ? Donc François Bayrou hier d'ailleurs était extrêmement prudent en réalité dans son verbe. Il a parlé d'un sentiment de submersion. Il a également expliqué quelques instants après qu'on n'était pas encore à ce niveau. Mais qui peut croire qu'une immigration massive, non contrôlée et rapide ne créerait pas du rejet en France ? Qui peut le croire et qui peut l'entendre ?
Je pense qu'il faut un peu ouvrir les yeux et regarder ce qui se passe si on veut trouver des solutions ensemble à une immigration légale. Les vertus de l'immigration légale permettent de lutter contre l'immigration illégale. Charles, ça part une question pour vous. Non, non.
Si, je vous assure, il a une question pour vous. Pardon, excusez-moi. Non, non, mais alors monsieur le député, j'ai une question aussi sur cette question de l'opposition entre la parole et les actes. Vous appelez à ouvrir les yeux. Et il est intéressant de vous entendre sur ce sujet puisque vous êtes député Horizon, donc membre de la majorité présidentielle depuis 2017. Et il se trouve que depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République, il y a eu un record totalement inédit d'arrivée d'étrangers dans le pays.
Il y a, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 2 millions de personnes, soit l'équivalent de la population parisienne ou d'un département comme les Bouches-du-Rhône. Alors, comment se fait-il que vous sembliez appelé à ouvrir les yeux sur une réalité, mais réalité sur laquelle vous êtes au moins co-responsable ? Comment expliquez-vous cette opposition ?
Mais d'abord, les responsabilités, on peut toujours se rejeter les responsabilités de part et d'autre. Moi, je ne sais pas bien ce que fait le RN au Parlement européen pour travailler sur le sujet. Moi, je vous dis simplement qu'en 2023, en juin 2023, Édouard Philippe proposait déjà le principe de remettre en cause les accords qui nous lient à l'Algérie, les accords de 68. Donc, ce n'est pas un fait nouveau pour le groupe Horizon. Nous, on dit simplement qu'on doit être capable d'avoir les vertus de l'immigration légale pour lutter contre l'immigration illégale.
Ce n'est qu'à cette condition-là que l'immigration a des vertus pour pouvoir s'enrichir de différentes cultures, comme disait le Premier ministre, pour pouvoir permettre des métiers en tension de trouver des personnes, des travailleurs, mais en même temps de sanctionner l'immigration illégale. L'un ne va pas sans l'autre. Et la prise de conscience, nous, ce n'est pas d'hier, ce n'est pas d'avant-hier, ce n'est pas d'hier soir. Elle date maintenant de plusieurs années. Alors, on n'est pas toujours entendu, lorsqu'on appartient à un gouvernement et une majorité, ou dans l'hémicycle, il n'y en a pas moins, que c'est notre position constante.
Merci beaucoup, Sylvain Berriot. Une dernière réaction ?
Non, non, je voulais revenir sur cette histoire d'immigration de travail, parce qu'il y a plein d'idées reçues. D'ailleurs, j'entendais M. Bayrou qui disait, on les voit, ils travaillent, on les voit sur des échafaudages. Lui, il reconnaît les gens pour savoir s'ils sont immigrés facilement.
Non, mais on sait que dans le BTP, en l'occurrence, il y a beaucoup de travail au noir.
Non, mais ce n'est pas parce qu'on a une couleur de peau qu'on est immigré ou non.
En l'occurrence, ce n'est pas une question de couleur de peau.
C'est une question de quoi ?
C'est de déclaration des salariés ou pas.
Non, il a dit que je les vois dans des échafaudages. Moi, je trouve ça, excusez-moi, un petit peu choquant. Mes enfants sont métis, par exemple. On ne va pas déterminer s'ils ne sont pas immigrés. Vous voyez, ça n'a aucun sens. Et en plus, quand on regarde les chiffres concrètement, on s'aperçoit que quoi ? Par exemple, sur les immigrés d'origine extra-européenne, on voit que 61% qui pourraient être en activité sont justement en activité. Les autres vivent d'aide sociale. C'est beaucoup moins que les Français, par exemple. Et il y a une surreprésentation également dans les habitations à logement modéré. Et donc, en réalité, il y a beaucoup d'idées reçues sur ça.
Et en fait, par rapport à d'autres pays d'ailleurs, donc ceux qui viennent, enfin les immigrés, en réalité, travaillent beaucoup moins que dans d'autres pays. Donc c'est aussi une idée reçue. Et M. Bayrou reste là-dessus. Et donc, ce n'est pas vrai. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Aleksandar Nikolic