Marion Maréchal-Le Pen "est à l'extérieur du combat électoral, je ne crois pas qu’il y a un retour", affirme Nicolas Bay
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous saluez le geste de Laurent Wauquiez ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Pour vous, il y a quand même une part de courage politique dans la démission de Wauquiez ?
- 3:24OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a aujourd'hui des maires ou grands élus prêts à vous rejoindre pour les municipales ?
- 5:22RelanceRéponse directe
Marine Le Pen annonce que les digues cèdent entre LR et le RN, mais peu ont rejoint votre liste aux européennes.
- 7:08OuverteRéponse partielle
Est-ce que les dirigeants du RN sont là à vie ?
- 9:18OuverteRéponse directe
C'est une bonne nouvelle pour vous, son retour ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Invité politiqueFait
« On a eu à l'occasion de ces Européennes l'amplification de 2017. »
- 1:01Invité politiqueFait
« En 2017, on a le Parti Socialiste qui avait dominé la vie politique qui s'est totalement effondré. »
- 1:08Invité politiqueFait
« En 2019, on a l'accélération de ce phénomène, la République en marche et le Rassemblement national qui structurent désormais la vie politique. »
- 2:43Invité politiqueChiffre
« Marine Le Pen a quand même rassemblé 11 millions de voix au deuxième tour de la présidentielle, ce qui était un record historique. »
- 3:03Invité politiqueFait
« On a modifié le nom de notre mouvement pour s'appeler Rassemblement National. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Nous faisons le constat qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'électeurs et de cadres et d'élus des Républicains qui veulent défendre notre identité, notre sécurité, les libertés économiques, la baisse des impôts. »
- 6:26Invité politiqueFait
« Le Rassemblement National est naturellement l'ossature principale de cette alternative politique. »
- 19:05Invité politiqueFait
« Pourquoi ils sont encore de nationalité française ? Parce qu'en réalité, identifiés comme participants au combat de Daesh, commettant les pires atrocités sur le sol irakien ou syrien, ils auraient dû être déchus de la nationalité française. »
- 19:30Invité politiqueFait
« La Grande-Bretagne a prononcé des déchéances de nationalité britannique pour des personnes qui ont été identifiées comme retournant leurs armes contre le pays. »
- 20:15Invité politiqueFait
« Il y a beaucoup de pays qui n'ont pas ces complexes-là. Et quand ils ont, comme ça, des gens qui participent des filières du djihad, commettent des actes terroristes, ils n'hésitent pas à aller déchoir la nationalité, même s'ils créent des apatrides. »
- 21:40Invité politiqueFait
« C'est des gens qui sont allés combattre en Syrie et en Irak. Ils savaient ce qui risquait. »
- 23:52Invité politiqueFait
« Ce que nous avons dit pendant toute la campagne, c'est que nous étions jusqu'à présent le plus petit groupe du Parlement européen et on sera un des groupes les plus importants. »
Temps de parole
- Nicolas Bay62 %
- Invité13 %
- Présentateur11 %
- Invité 29 %
- Invité 33 %
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Bonjour Nicolas Bey. Bonjour. L'actualité, c'est donc un départ en direct à la télévision. C'était hier soir sur TF1. Et on va l'écouter tout de suite.
Les victoires sont collectives. Les défaites, elles sont solitaires. C'est comme ça. Et il faut que je prenne mes responsabilités. Ma décision ce soir, c'est une décision qui est mûrement réfléchie. J'ai décidé de prendre du recul. Je me retire de mes fonctions de président des Républicains.
Est-ce que vous saluez, Nicolas Bey, le geste de Laurent Wauquiez ?
Je comprends en tout cas le geste et je le trouve assez digne. On a eu suffisamment l'occasion ces deux dernières années de critiquer Laurent Wauquiez, son insincérité, son incapacité à offrir une vraie alternative crédible à Macron pour ne pas l'accabler le jour où il décide de se retirer de ses fonctions et de prendre acte finalement d'un effondrement des Républicains. On a eu à l'occasion de ces Européennes l'amplification de 2017. En 2017, on a le Parti Socialiste qui avait dominé la vie politique qui s'est totalement effondrée.
En 2019, on a l'accélération de ce phénomène, la République en marche et le Rassemblement national qui structurent désormais la vie politique et les Républicains qui, à leur tour, se sont effondrés. Maintenant, moi, je préfère m'attacher à la question des idées plutôt qu'à la question des personnes ou même des tactiques. Au-delà de Laurent Wauquiez, ce qu'a payé les Républicains, ce qu'ils ont payé au prix fort, c'est finalement une ambiguïté totale qui n'ont jamais dissipé des idées très différentes et antagonistes qui cohabitaient au sein d'une même famille politique. Les électeurs ont tranché pour eux.
C'est-à-dire qu'il y a ceux qui étaient très ultra-libéraux, mondialistes, fédéralistes européens qui ont rejoint Emmanuel Macron, ceux qui croient dans la nation, veulent défendre notre identité, notre souveraineté, qui se sont tournés vers le Rassemblement national.
On va revenir longuement sur ces questions et sur le retour également médiatique de Marion Maréchal hier sur LCI. Mais pour vous, il y a quand même une part de courage politique dans le fait de démissionner, de tirer les leçons d'un échec aussi fort que celui que viennent de traverser les Républicains ?
En tout cas, je trouve ça digne et honnêtement, je pense qu'il n'avait pas tellement d'autres choix puisque ses amis politiques, à mon avis, lui ont fait comprendre depuis quelques jours avec pas mal d'assistance.
Par exemple, ça ne s'est jamais produit au Front National. Un président ou une présidente qui démissionne après une défaite électorale, chez vous, ça n'arriverait pas ?
On ne sait jamais, ça pourrait tellement arriver, mais en l'occurrence, nous ne subissons pas de défaite électorale.
Vous en avez subi depuis plus de 40 ans, vous avez subi de nombreuses défaites électorales. Ah oui, je pensais... Parfois des spectaculaires d'ailleurs, aux européennes de 99 ou à la présidentielle de 2007 ou même plus récemment après l'échec de Marine Le Pen au second tour lors de son débat télévisé dans la présidentielle.
Dans un passé récent, le Rassemblement National a connu plutôt une croissance électorale. Et puisque vous faites référence à 2017, Marine Le Pen a quand même rassemblé 11 millions de voix au deuxième tour de la présidentielle, ce qui était un record historique.
Mais la question de sa légitimité ne s'est jamais posée à ce moment-là ?
Non, mais je pense qu'on peut toujours poser la question de la légitimité. Mais en l'occurrence, Marine Le Pen a montré une capacité à rassembler, à élargir. C'est d'ailleurs le sujet aujourd'hui. On s'est transformé dans les deux dernières années. On a modifié le nom de notre mouvement pour s'appeler Rassemblement National. On a fait de manière concrète ce rassemblement en accueillant Thierry Mariani, Jean-Paul Garraud, des personnalités extérieures qui sont venus mener le combat à nos côtés. Et je crois que cette démarche de rassemblement, elle doit continuer, elle doit s'amplifier dans les prochaines années pour construire une vraie alternative à Emmanuel Macron.
Est-ce que les dirigeants du Rassemblement National, Nicolas Bay, sont là à vie quasiment ? Jean-Marie Le Pen a régné pendant des décennies. Marine Le Pen encore aujourd'hui, quasiment sans contestation, sans opposition en interne. Est-ce que la PME familiale va durer comme ça pendant des années et des années ?
Je ne crois pas qu'il ne faut pas caricaturer. On a des débats à l'intérieur du mouvement. Encore une fois, je sais qu'il y en a sans doute beaucoup qui sont jaloux, mais l'effondrement électoral que certains ont subi ces dernières années, nous, on ne l'a pas subi. Donc la légitimité à la fois de Marine Le Pen, mais d'une manière générale, des dirigeants du Rassemblement National, n'a pas été remise en cause. Mais vous savez, on a des processus démocratiques, on a des congrès tous les trois ans, les adhérents, les militants, les élus ont l'occasion de s'exprimer dans nos instances. Et on a le droit de critiquer Marine Le Pen ?
On a le droit de tout dire pour que la critique soit constructive, et qu'elle vise à la progression de nos idées, et qu'elle ne soit pas animée par la rancœur ou l'aigreur.
Alors Marine Le Pen, elle a appelé hier soir les cadres et les électeurs des Républicains, qu'elle qualifie de patriotes, à la rejoindre, les électeurs et les cadres, pas les élus. Ça veut dire que les élus LR, vous avez tiré un trait dessus ?
Je crois que quand on parle des cadres, on parle aussi des élus. En réalité, nous faisons le constat qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'électeurs et de cadres et d'élus des Républicains qui veulent défendre notre identité, notre sécurité, les libertés économiques, la baisse des impôts, défendre nos valeurs de civilisation. Sur tous ces sujets-là, on est d'accord sur l'essentiel, et donc on doit pouvoir travailler ensemble dans les années qui viennent. On a des élections municipales qui vont arriver dans quelques mois. Elles peuvent être l'occasion de mettre en œuvre ces convergences, de travailler avec des gens qui aujourd'hui sont encore chez les Républicains.
Il ne s'agit pas de les absorber, il ne s'agit pas de dire à ces gens « Venez immédiatement rejoindre la Rassemblement National ». Ils ont la possibilité de le faire, ils seront bien accueillis, mais ils peuvent très bien rester à l'extérieur, mais vouloir en finir avec la logique qui veut que, par un espèce de terrorisme intellectuel, beaucoup qui partagent l'essentiel de nos convictions s'interdisent de travailler avec nous de manière concrète au service de l'intérêt général.
Ça fait des années, Nicolas Veig, Marine Le Pen annonce que les DIC sont en train de céder entre la droite et le FN, puis le RN. Et pourtant, à l'exception de deux hommes, M. Garraud et Mariani, aucun autre ne vous a rejoint sur la liste aux européennes. Est-ce qu'il y a aujourd'hui des maires, des grands élus, qui vous appellent et qui sont prêts à vous rejoindre, à prendre la carte ou pas d'ailleurs au parti, mais à vous rejoindre pour les municipales ? Est-ce qu'il y en a d'autres ?
En politique, souvent, les élus suivent les électeurs plus qu'ils ne les précèdent. Donc il a sans doute fallu d'abord que beaucoup d'électeurs, des Républicains se tournent vers nous, parce que ça correspondait à leur conviction, pour qu'ensuite d'autres suivent.
Vous aviez fait 25% il y a 5 ans aux européennes, il n'y a pas eu de vague derrière d'adhésion à votre parti venant de la droite.
Là, il y a eu un changement majeur qui ne vous a pas échappé. Dimanche dernier, le fait que les Républicains se retrouvent à un niveau historiquement marginal, sur le plan du poids électoral, eh bien ça amène nécessairement à une recomposition politique. Pourquoi ? Parce qu'Emmanuel Macron, dès soi, suscite la défiance même, et la colère très forte de sans doute 70 ou 80% des Français, et ça nécessite donc que se structure une opposition. Et le Rassemblement National est naturellement l'ossature principale de cette alternative politique. Est-ce qu'il y a aujourd'hui des élus en place ?
Bien sûr qu'on fera avec d'autres. Mais est-ce qu'il y a aujourd'hui des élus en place ? Surtout parce qu'à chaque fois, ce sont d'anciens élus, ce sont des gens qui ont été battus, Thierry Mariani, Jean-Paul Garraud, Sébastien Chenu il y a quelques années, mais des élus LR en place, des élus municipaux, régionaux, ou des députés qui sont sur le point de vous rejoindre. Vous en avez vu ça ? On n'a jamais vu ça, des élus en place.
On n'est pas à la veille d'une élection, on est au lendemain d'une élection. Donc je pense qu'il y en a beaucoup qui réfléchissent, et sans doute que ça s'exprimera dans les mois qui viennent aux élections municipales. Il y aura un enjeu important pour défendre nos communes, pour défendre nos libertés communales, pour veiller à ce que nos communes soient bien gérées, que l'argent public soit bien utilisé au service de nos compatriotes. Et bien il peut y avoir, même de manière très locale, très ciblée, des accords, des alliances, des coalitions qui ensuite pourront peut-être s'exprimer à plus grande échelle au niveau national.
On s'interrompt une minute Nicolas Bé, si vous voulez bien. Le temps du rappel de l'actualité à 9h moins 20 avec David Doba.
Neuf Français condamnés à mort en une semaine en Irak pour leur appartenance au groupe Etat islamique. Dans une tribune publiée ce matin sur franceinfo.fr, 44 avocats dénoncent ces sentences. Ils évoquent un déshonneur pour la France de rendre possibles ses condamnations. Et sur franceinfo ce matin, Maître Témine affirme que l'abolition de la peine de mort est un acquis qui doit être définitif. Depuis hier soir 20h, les républicains n'ont plus de patrons. Laurent Wauquiez a démissionné après les 8% de François-Xavier Bellamy aux européennes. Il affirme que la droite doit se reconstruire et qu'il ne veut pas être un obstacle.
Fin du numerus clausus pour les étudiants en médecine, hôpitaux de proximité, transformation numérique. Après l'Assemblée nationale, le Sénat s'attaque aujourd'hui à l'examen du projet de loi santé. 700 amendements déposés avant un vote solennel prévu pour le 11 juin. Donald Trump en Grande-Bretagne. À partir d'aujourd'hui, visite d'État de 3 jours, plusieurs dizaines de milliers de personnes pourraient manifester dans les rues pour protester contre sa venue. Et puis 15 personnes légèrement blessées. Ça s'est passé hier soir dans l'incendie d'un immeuble de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Le feu a pris vers 19h30 dans un appartement situé au cinquième étage d'un immeuble.
On ne connaît pas encore l'origine de cet incendie.
Bonjour avec le député européen du Rassemblement National, Nicolas Bell. L'actualité politique du week-end, c'est également un retour médiatique. En tout cas, c'est celui de Marion Maréchal.
Je pense que le Rassemblement National est indispensable. Je cherche juste à réfléchir et peut-être à contribuer à comment demain on peut aller au-delà du Rassemblement National et surtout construire des forces politiques qui permettent ces fameuses alliances qui demain enfin nous permettront tout simplement de sauver la France en fait. Parce que c'est ça dont il s'agit. L'étape, c'est de dire comment on fait émerger, on construit cette autre chose.
Avant de revenir sur le fond des propos de Marion Maréchal, C'est vraiment une bonne nouvelle pour vous, son retour ?
Qu'elle s'exprime dans le débat public, je trouve ça légitime. Elle est une ancienne députée. Elle est aujourd'hui dans une activité qui ne relève plus de la politique partisane ou électorale. Ça ne la disqualifie pas pour participer au débat public.
Le fait qu'elle ait eu le besoin de parler à nouveau aujourd'hui, ça dit quelque chose, non ?
De ce qui ne va pas dans votre parti. Elle est dans le débat des idées. Elle a fondé une école qui justement a pour objectif de mener ce combat des idées et des valeurs. Voilà, c'est très respectable. Donc régulièrement, elle s'exprime dans le débat public. Régulièrement, non, elle ne l'avait pas fait depuis très longtemps. Oui, mais je pense qu'il n'y a rien de choquant en soi. Je trouve ça assez naturel qu'elle ait envie d'exprimer sa position. Et je note d'ailleurs que ce qu'elle a exprimé hier correspond tout à fait à la démarche que nous, on met en œuvre de manière concrète au Rassemblement National.
C'est-à-dire qu'il faut dépasser le Rassemblement National aujourd'hui et conclure des alliances ?
Le RL est indispensable, mais pas suffisant. Détail, ce n'est pas ce que vous dites.
Si, elle souligne que le Rassemblement National a une position centrale, mais que pour accéder aux responsabilités, on sera amené à travailler avec d'autres, à élargir, soit en accueillant à l'intérieur du Rassemblement National, on en parlait tout à l'heure, des personnalités et surtout des électeurs, soit peut-être en travaillant avec certains qui seraient, qui resteraient dans une autre structure parce qu'ils s'y sentiraient plus à l'aise.
Vous dites Marion Maréchal, elle est respectable, c'est vos termes, elle est légitime. Je ne sens pas un enthousiasme débordant quand même. Tiens, écoutez, non mais... Est-ce que vous êtes réjoui par son retour au premier plan ?
Mais je ne crois pas qu'il y ait un retour. Elle a elle-même dit dans cette interview qu'elle souhaitait continuer le travail qu'elle effectue à l'intérieur de son école.
Vous la croyez quand elle dit ça, quand elle fait une interview d'une heure, une interview politique à la télévision, tout en expliquant que non, non, non, elle n'est pas vraiment de retour sur la scène politique ?
D'abord, je n'ai pas d'exemple de ne pas la croire. Ensuite, on voit bien qu'il n'y a pas d'ambiguïté sur sa position. Elle est à l'extérieur du combat électoral. Elle souligne l'importance du Rassemblement national et elle a raison. Et elle souligne l'importance d'élargir encore plus que ce que nous avons fait jusqu'à présent. Et elle a raison également.
Est-ce que pour séduire à droite, pour élargir à droite, comme vous le dites, vous avez besoin d'elle ? Est-ce que Marion Maréchal, c'est une carte, un atout justement qui peut vous permettre de séduire plus large ?
Si demain, elle souhaite revenir en politique à nos côtés, elle serait évidemment la bienvenue. Elle a à la fois sa personnalité, sa sensibilité personnelle, et c'est tout à fait normal qu'elle la défende. Mais notre combat, il se poursuit, même si elle, elle est actuellement sur des projets professionnels un peu différents à l'écart de la politique partisane. Comment vous comprenez le fait qu'elle n'ait pas voulu dire pour qui elle avait voté aux Européennes ? Je crois qu'elle s'interdit d'être dans une démarche trop partisane, justement, puisqu'elle préfère être dans le débat des idées. Vous doutez, vous, qu'elle ait pu voter pour...
Non, je n'ai pas trop de doutes sur le fait qu'elle a dû voter, évidemment, pour une autre liste aux élections européennes. C'est bizarre de ne pas le dire, non ? Je crois qu'elle... Écoutez, ce n'est pas moi de répondre à sa place, mais je crois qu'elle souhaite ne pas s'inscrire dans une démarche partisane pour justement participer au succès de nos idées à une échelle différente, pas seulement politique. Elle, elle a le droit de critiquer Marine Le Pen parce que c'est une Le Pen. Je ne crois pas du tout qu'elle ait critiqué Marine Le Pen. Elle a simplement exprimé sa position.
C'est-à-dire, aujourd'hui, le rassemblement national ne suffit pas. Il faut dépasser ce rassemblement. Il faut aller plus loin. Il y a quelques mois, dans Valeurs Actuelles, elle avait critiqué la ligne populiste du parti. Les seuls à pouvoir critiquer aujourd'hui la direction, ce sont les membres de la famille.
Non, mais je crois... Je sais que vous aimez chercher un peu la petite bête. En réalité, moi, je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce qu'elle a dit dans cette interview d'il y a quelques mois à Valeurs Actuelles. Moi, je crois que le populisme, c'est une étiquette qui nous est à poser, qui vise finalement à reconnaître quand même que nous défendons le peuple et ses intérêts les plus vitaux. Il y a évidemment une dimension volontairement négative dans cette terminologie qui est utilisée par nos adversaires.
Elle avait dit précisément que c'est une impasse électorale. La ligne populiste est une impasse électorale. Est-ce que vous reprenez cette expression ?
Notre ligne politique, elle n'est pas populiste ou elle n'est pas seulement populiste. Notre ligne, elle vise à défendre la France et les Français sans les mettre dans des petites cases. Nous défendons le peuple français, mais nous défendons, bien sûr, les classes moyennes. Nous défendons tous ceux qui souffrent déjà dramatiquement de la mondialisation sauvage ou qui risquent d'en souffrir dans les mois et les années qui viennent avec la politique que mène actuellement Emmanuel Macron. On s'adresse à tous les Français et on ne les met pas dans des petites catégories. On ne s'adresse pas spécifiquement à tel ou tel électeur en fonction de la famille politique dont il serait issu.
Et je crois que c'est notre grande force aujourd'hui. Ce qui fait que le Rassemblement national est rassembleur, si vous me permettez cette expression, c'est justement qu'il a cette capacité à s'adresser à des Français qui viennent d'horizons politiques et sociologiques très différents.
Autre extrait, Nicolas Bête, cette intervention de Marion Maréchal hier soir sur LCI, si vous voulez bien.
Personne ne peut savoir qui sera la candidate ou le candidat naturel en 2022. La situation politique à six mois est radicalement différente. Il est hors de question que je me mette dans une situation où je me retrouve en conflit ou en duel avec Marine Le Pen. En revanche, je peux avoir un couloir différent qui ne soit pas un couloir d'opposition et qui puisse contribuer finalement à atteindre le même objectif.
Ça, vous ne le voyez pas comme une menace aujourd'hui ?
Je peux être dans mon propre couloir. Elle souligne la complémentarité de son action qu'elle mène à la tête de son école, de sa contribution au débat public, indépendamment ou à côté en tout cas du Rassemblement national. Je ne vois pas ce qu'il y a là encore de critiquable.
Pour vous, Nicolas Bête, Marine Le Pen, c'est la candidate naturelle pour la présidentielle de 2022 ?
Ce sera elle de répondre à cette question.
Vous quand je vous la pose, non ?
Aujourd'hui, non mais si vous me posez la question aujourd'hui, oui, je pense qu'elle est la candidate naturelle. Elle a elle-même dit tout récemment à vos confrères du Figaro, je crois, qu'elle se laissait le temps de la réflexion et qu'il n'y avait pas d'automatisme et que je crois qu'elle n'a pas l'intention de se dérober si elle est la plus à même de conduire notre famille politique en 2022.
Vous le souhaitez ?
Je crois qu'aujourd'hui, en tout cas, et on l'a vu aux élections européennes, le Rassemblement national, qu'elle dirige, qu'elle préside, est la seule force politique construite, cohérente, solide pour s'opposer à Emmanuel Macron efficacement et constituer une alternative politique.
Ça veut dire que d'ici là, d'ici l'élection présidentielle, elle se réservera pour cette élection ? Elle ne sera pas candidate au municipal, par exemple ?
Je crois qu'elle l'a dit clairement, en effet, qu'elle ne souhaitait pas concourir aux élections locales de 2020 et 2021.
Pour séduire à droite, pour rassembler plus large, Marine Le Pen, elle a changé le nom de votre parti l'année dernière, vous êtes devenue Rassemblement national, mais elle, elle a conservé le nom de Le Pen, évidemment, alors que Marion Maréchal, elle, elle a abandonné le nom de Le Pen. Est-ce que ce n'est pas un signe, justement, de sa volonté de rassembler ?
C'est Marion Maréchal qui va vous poser la question. Je crois qu'elle avait fait de la politique électorale, en étant députée sous le nom de Le Pen, pour clarifier et distinguer l'action qu'elle mène maintenant, à titre professionnel, dans un secteur métapolitique, comme elle le dit elle-même, elle a souhaité utiliser son autre patronyme.
Mais dans une frange de l'électorat de droite, dans une frange de l'électorat de droite, ou parmi les cadres et les élus que vous appeliez tout à l'heure à vous rejoindre, le nom de Le Pen, il fait encore souvent figure de repoussoir.
Pour moi, l'essentiel, je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs qui peuvent nous rejoindre, mais ils nous rejoindront sur les idées. Je sais qu'on a toujours tendance en politique à se préoccuper des aspects de formes, d'images, de communications, de personnes.
C'est pour ça que vous aviez changé le nom du parti, d'ailleurs.
Oui, mais pour signifier quelque chose de profond. C'est-à-dire qu'on a changé de nom, parce que ça correspond à ce que nous sommes devenus. Longtemps, on a été une force d'opposition, à un niveau électoral, même modeste, dans le passé un peu ancien. On est devenu une force centrale, et donc on doit avoir cette capacité de rassemblement, donc c'est pour ça qu'on a changé de nom. Ça a un sens politique.
Aujourd'hui, c'est sur la défense de notre identité, de notre sécurité, sur la baisse de la fiscalité, qui aujourd'hui est confiscatoire dans notre pays, sur la défense d'un certain nombre de nos valeurs de civilisation, qu'on sera capable de fédérer, de rassembler des électeurs qui sont peut-être encore dans l'orbite d'autres partis, notamment les Républicains.
Nicolas Baie, député européen du Rassemblement National, il est notre invité pour quelques minutes encore. Il est 9h moins 10. On va se retrouver dans un instant. Nicolas Baie, d'abord le rappel de l'actualité avec David Doba.
Une semaine après le fiasco des Républicains aux élections européennes, Laurent Wauquiez démissionne. Arnaud Robinet, maire Les Républicains de Reims, parle de soulagement et d'actes inévitables. Bruno Le Maire à la rencontre cet après-midi des salariés de General Electric sur le site de Belfort. Il s'entretiendra également avec des élus locaux. Le groupe souhaite supprimer un millier de postes en France. Lancement de la concertation sur le revenu universel d'activité annoncé en septembre par Emmanuel Macron. Il doit permettre une aide sociale unique en fusionnant un maximum de prestations. Encore un peu d'espoir pour Benoît Perre à Roland-Garros.
Son match face à Nishikori a été interrompu par la nuit. Hier, il était mené 2-7-1. Parmi les matchs phares du jour, notamment Gaël Monfils s'opposait à l'autrichien Dominic Thiem pour une place en quart de finale. Et puis moins de 6 ans après sa relégation administrative au 6e échelon national, Le Mans évoluera en Ligue 2 la saison prochaine. Une montée rendue possible par une victoire. 2-0, c'était face au Gazella-Cajaxio. De son côté, Dijon reste en Ligue 1. Les Dijonais ont arraché le nul un partout hier face au Racine Club de Lens.
Toujours avec Nicolas Baie du Rassemblement National et avec Renaud Delis.
9 djihadistes français ont été jugés et condamnés à mort en Irak pour avoir appartenu à Daesh. 44 avocats français signent aujourd'hui une pétition qui dénonce l'immense déshonneur, je les cite, que ce serait pour notre pays que de laisser ces condamnés à mort être exécutés. L'un de ses signataires, Maître Hervé Témime, était l'invité de France Info ce matin. Je ne dis pas qu'il y a une forme de cynisme d'Etat, mais on pourrait le craindre si jamais on n'arrivait pas à éviter cette catastrophe. Et effectivement, je crois qu'il en va de l'honneur de la France d'éviter que des ressortissants français puissent être condamnés à mort, même s'ils ont commis les pires des actes.
Éviter que la peine de mort soit exécutée, est-ce qu'il en va de l'honneur de la France au regard des engagements de notre pays sur ce sujet ?
Non, je ne crois pas. La première question qu'il faut se poser, c'est pourquoi ils sont encore de nationalité française ? Parce qu'en réalité, identifiés comme participants au combat de Daesh, commettant les pires atrocités sur le sol irakien ou syrien, ils auraient dû être déchus de la nationalité française.
Sur quel fondement, Nicolas Baird, doit leur retirer ? Avant même le jugement ?
Eh bien, pas seulement intelligence avec l'ennemi, mais pour avoir retourné des armes contre notre pays, contre notre civilisation.
Mais sans jugement ?
Écoutez, la Grande-Bretagne l'a fait. La Grande-Bretagne a prononcé des déchéances de nationalité britannique pour des personnes qui ont été identifiées comme retournant leurs armes contre le pays.
Mais identifiées par qui ? Par les services secrets ? Par les tribunaux irakiens, syriens, français ?
Ils sont malheureusement souvent assez facilement identifiables. Donc qu'il y ait un processus judiciaire pour acter cette déchéance de nationalité française ? Moi, je n'y suis pas du tout opposé, mais ça n'a pas été fait. Donc résultat, ils sont de nationalité française. Bon, maintenant, si demain, vous avez...
Vous savez qu'on n'a pas le droit de faire des apatrides sur leur retirer de la nationalité. Quelle sera leur nouvelle...
Oui, c'est un débat juridique. On a signé un certain nombre de conventions internationales dans ce sens. Elles pourraient d'ailleurs être remises en cause. Ce sera des citoyens sans nationalité. Mais il y a beaucoup de pays qui n'ont pas ces complexes-là. Et quand ils ont, comme ça, des gens qui participent des filières du djihad, commettent des actes terroristes, ils n'hésitent pas à aller déchoir la nationalité, même s'ils créent des apatrides. Mais imaginez maintenant, imaginez maintenant qu'on ait des ressortissants irakiens qui commettent des crimes en France. Est-ce qu'on accepterait que l'Irak interfère totalement dans le processus judiciaire français ?
Je pense qu'on ne l'accepterait pas. On peut très bien être opposé à la peine de mort en France. Mais ce n'est pas pour ça qu'on va exiger que cette règle soit appliquée partout dans le monde. Vous souhaitez que ces 9 hommes soient pendus en Irak ? Ce n'est pas que je souhaite. Je souhaite que le processus judiciaire irakien soit respecté dès lors que le processus judiciaire fonctionne normalement en respectant les grands principes du droit, en respectant l'égalité des armes, en respectant le principe du contradictoire.
Si la France prend cette position, qui a réitéré Jean-Yves Le Drian, effectivement, de faire pression pour que l'exécution de la peine de mort ne soit pas mise en œuvre, c'est parce que la France a signé un certain nombre d'engagements. Elle s'est engagée depuis plusieurs décennies et qu'elle est aujourd'hui hostile, farouchement hostile à la peine de mort. C'est ça que vous remettez en cause.
Non, mais la majorité actuelle est opposée à la peine de mort.
Et c'est un engagement européen, d'ailleurs. C'est un engagement international.
Oui, il y a des pays qui sont opposés à la peine de mort et puis il y a des grands pays, des grandes démocraties où la peine de mort s'applique. C'est le cas des États-Unis, c'est le cas du Japon, etc. Pas en Europe, pas au sein de l'Union Européenne. Oui, en effet. Pas au sein de l'Union Européenne. Encore une fois, on peut être opposé à la peine de mort en France et en Europe et en même temps respecter le processus judiciaire. C'est des gens qui sont allés combattre en Syrie et en Irak. Ils savaient ce qui risquait. Pardon, Nicolas. Ils se sont exposés à se voir appliquer la peine de mort.
Un certain nombre d'entre eux, sans doute ceux qui ont commis les pires atrocités, sont condamnés à la peine capitale. Eh bien, c'est l'État de droit. C'est l'État de droit irakien qui doit être appliqué et respecté. Nicolas Bay, on peut être contre la peine de mort en France et pour la peine de mort en Irak. Mais ce n'est pas être pour la peine de mort, c'est respecter le processus judiciaire d'un pays souverain. Ça n'a rien à voir. Ce n'est pas un principe pour vous, la peine de mort, qui doit s'appliquer partout. Encore une fois, on peut être opposé à l'application de la peine de mort en France, être favorable au maintien de son abrogation dans le droit pénal français.
Si l'Irak, par exemple, pratique la torture comme il semble que ce soit le cas de Nicolas Bay,
vous ne pouvez pas dire qu'on est contre la torture en France. Mais si l'Irak le fait, ce n'est pas grave.
Le droit pénal irakien prévoit que des gens qui ont violé, décapité, torturé, assassiné dans les pires conditions, un certain nombre d'entre eux peuvent s'exposer à la peine capitale. Le droit pénal irakien doit s'appliquer.
L'un des procès qui s'est tenu hier à Bagdad a duré une heure en tout et pour tout avant de condamner un des hommes à la pendaison. Ça vous semble être une justice convenable ?
Que la France soit attentive à ce que le processus judiciaire, c'est ce que je disais tout à l'heure, sur l'égalité des armes, sur le contradictoire, etc. Là, c'est une justice équitable pour vous. Ça, simplement. Mais honnêtement, est-ce que vraiment, il faut que la France, que les services de l'État, que le Quai d'Orsay, notre diplomatie, soient entièrement mobilisés au service de djihadistes, de terroristes, qui certes ont la nationalité française, ont manifesté en toutes circonstances la haine de la France, la haine de la République française, la haine de nos lois, la haine de nos valeurs de civilisation.
Il faudrait absolument qu'on vienne à leurs chevets, qu'on les soutienne et qu'on leur fasse échapper à la peine de mort. Moi, je crois que ce n'est vraiment pas une priorité politique. Renaud Delis ?
Pendant toute la campagne des élections européennes, Marine Le Pen a fait campagne sur le thème que vous seriez, vous, les nationalistes au Parlement européen, le principal groupe et que vous seriez la première force politique. Puis finalement, ce n'est pas le cas. Quand on regarde aujourd'hui, il y a eu une poussée nationaliste qui est indéniable en Europe, mais vous n'êtes que le troisième groupe. Et vous-même, Nicolas Bay, vous avez arpenté l'Union européenne pendant des mois pour essayer d'unir au sein d'un seul groupe ces élus nationalistes. Il y a aujourd'hui mais un seul, c'est impossible.
Ce que nous avons dit pendant toute la campagne, c'est que nous étions jusqu'à présent le plus petit groupe du Parlement européen et on sera un des groupes les plus importants.
Elle a dit et répété que vous seriez le premier.
Non, on a dit... Je crois même sur votre antenne il y a 15 jours ou 3 semaines, j'ai dit qu'on serait probablement, j'avais dit, qui était président le troisième groupe. On sera un groupe important. On a beaucoup plus d'alliés que par le passé. J'étais cette semaine à Bruxelles et nous continuons les discussions pour que ce groupe ait un périmètre le plus large possible, que ce soit une force politique qui pèse le plus lourdement possible dans l'hémicycle. Nous allons y parvenir. C'est vrai. C'est vrai qu'il y a un certain nombre de forces politiques qui sont assez proches de nos orientations.
Je pense au Fidesse hongrois de Viktor Orban qui actuellement continuent de siéger dans d'autres groupes. Et qui ne veulent pas siéger
à vos côtés.
Oui, pour l'instant. Pourquoi il y a autant parce que Marine Le Pen... Non, on verra ce qu'il a dit. Parce que Marine Le Pen
est à la tête du parti.
On verra ce qu'il se passe dans les mois, dans les années qui viennent. L'expérience nous a montré que même en siégeant dans des groupes différents on peut se retrouver sur un certain nombre de positions et sur un certain nombre de votes. Donc ça n'altère pas forcément notre pouvoir. Pourquoi il y a autant de partis aujourd'hui ?
Viktor Orban mais aussi par exemple le PIS, le Parti de droit et justice polonais. Pourquoi il y a autant de partis qui ne veulent pas siéger avec vous ? Mais d'abord, ce n'est pas le cas. Vous en citez deux.
Et moi, je pourrais vous en citer quatre ou cinq ou six qui nous rejoignent aujourd'hui et qui vont siéger dans notre groupe. Et puis l'Europe, c'est 28 pays. C'est des traditions politiques différentes, des histoires politiques différentes qu'il faut respecter. Et donc l'union est un combat, ça ne se fait pas en un jour, mais nous y travaillons avec efficacité. On est le groupe en tout cas qui va s'élargir le plus à la fois numériquement et qui va avoir le plus de poids politique par rapport à ce qu'il était antérieurement.
Donc on va pouvoir défendre beaucoup plus efficacement nos compatriotes, défendre plus efficacement le projet d'Europe des nations avec beaucoup d'alliés partout en Europe.
Merci à vous Nicolas Baie. Merci. Merci d'être venu ce matin au micro de France Info dans une minute et vingt secondes. Il sera 9h.
Nicolas Bay