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InterviewLe Média (sur YouTube)· 22 juin 2018 16 minComplaisantActualité / polémiqueSantéSolidarités & familleTravail & emploi

SANTÉ : "LE PERSONNEL EST EN SOUFFRANCE"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Anne-Sophie Pelletier, une question qui peut paraître un petit peu naïve : Aujourd'hui, on voit que les soignants usent de tous les moyens pour se faire entendre : Grève de la faim, détournement de clip vidéo, est-ce qu'on en est là ? Est-ce que ça fait des années qu'ils essaient de parler et qu'on ne les écoute pas ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    On voit qu'à chaque fois les revendications sont toujours les mêmes : ce sont plus de postes de moyens humains. Est-ce que c'est ce que vous déplorez dans votre quotidien ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il faut faire une grève de la faim, parce qu'on a vu que la grève de la faim à St-Etienne-du-Rouvray a marché.

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Anne-Sophie Pelletier, est-ce que c'est l'argent qui manque ou qu'il est mal distribué ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Concrètement, quelle va être la conséquence de ce décret ?

  • 10:00RelanceRéponse directe

    Alors, c'est ça qui est complètement dingue, puisqu'on en parlait au début, il y a des suicides, tous ces moyens que mettent en place les soignants pour essayer de se faire entendre, et là, on a ce décret qui va complètement à l'encontre de la demande des soignants, qui est d'avoir plus de moyens humains, et là, on en retire.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00Anne-Sophie PelletierFait
    « ça fait des années que les soignants essaient de parler et on ne les écoute absolument pas, on ne les entend pas. »
  • 4:00Anne-Sophie PelletierFait
    « C'est bien que vous parliez des hôpitaux psychiatriques, parce que c'est vraiment le parent pauvre de la médecine. »
  • 6:00Anne-Sophie PelletierChiffre
    « L'argent dans les EHPAD privés à but lucratif ne manque pas. Comme vous le disiez, c'est le meilleur investissement possible. »
  • 8:00Anne-Sophie PelletierChiffre
    « Ce décret, c'est : s'il y a moins de 11.500 entrées dans un hôpital au service des urgences, ça veut dire à peu près 30 entrées par jour, on va pouvoir appliquer ce décret, il n'y aura donc qu'un seul médecin au lieu de deux actuellement. »
  • 12:00VirginieFait
    « D'ici 2022, je souhaite porter la médecine ambulatoire à 55% et la chirurgie à 70% déclarait Agnès Buzyn en Octobre dernier. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

– Bonjour, Anne-Sophie Pelletier. – Bonjour Virginie Je vais vous présenter pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, puisque c'est la deuxième fois que vous êtes avec nous au Média. Vous êtes aide médico-psychologique dans un EHPAD, dans le Jura, et, ce soir, on va parler d'un vaste sujet, crucial, qui est la santé.

Pour rappel, ces dernières années de plus en plus de personnels de santé sont en souffrance : stress, épuisement, vulnérabilité, burn-out et même suicide. Les médecins, infirmiers, aide-soignants, ambulanciers n'en peuvent plus. Le 8 Juin dernier, Stéphanie Jost, chirurgienne et cancérologue au centre Paul Strauss s'est suicidée dans son bureau.

Une enquête a été ouverte par la police. Le personnel hospitalier essaie par tous les moyens d'alerter l'opinion publique et la classe politique sur leur situation. On se souvient de l'hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen où sept soignants et ambulanciers ont fait une grève de la faim de presque 15 jours.

Aujourd'hui, ce sont les agents de l'hôpital psychiatrique du Havre qui sont en grève de la faim depuis le 16 juin. Ils ont demandé aux élus, je les cite de "relayer leur détresse auprès de l'agence régionale de santé, l'ARS." On vous en avait aussi parlé, au CHU de Toulouse, les soignants ont adressé un message fort à leur direction et au gouvernement en parodiant le clip "Basique" d'OrelSan.

Cette vidéo a fait plus de 5 millions de vues sur Facebook. Les soignants ont décidé de tourner un nouveau clip demain à Purpan afin de continuer à faire parler d'eux. Anne Sophie Pelletier, une question qui peut paraître un petit peu naïve : Aujourd'hui, on voit que les soignants usent de tous les moyens pour se faire entendre : Grève de la faim, détournement de clip vidéo, est-ce qu'on en est là ?

Est-ce que ça fait des années qu'ils essaient de parler et qu'on ne les écoute pas ? — Oui, ça fait des années que les soignants essaient de parler et on ne les écoute absolument pas, on ne les entend pas. Pour revenir sur la grève de Foucherans, il a fallu 100 jours de grève pour que les médias nationaux commencent à s'en emparer.

Donc aujourd'hui les soignants sont à la recherche de se faire entendre, mais beaucoup plus que ça, parce que la finalité des soignants, de leur voix qui s'élèvent, c'est prendre en soins des personnes, des patients, des résidents, de façon tout à fait correcte et digne. — On voit qu'à chaque fois les revendications sont toujours les mêmes : ce sont plus de postes de moyens humains. Est-ce que c'est ce que vous déplorez dans votre quotidien ?

Est-ce que c'est ce que vous constatez dans les hôpitaux psychiatriques, dans les EHPAD, au service des urgences? — C'est bien que vous parliez des hôpitaux psychiatriques, parce que c'est vraiment le parent pauvre de la médecine. Jeudi dernier, j'étais avec des camarades au CHU de la Chartreuse à côté de Dijon.

La semaine dernière, cela faisait 128 jours qu'elles étaient en grève. Personne n'en parle. L'ARS ne veut même pas les recevoir.

Il y a un mépris des Agences Régionales de Santé qui est impressionnant. Et le plus grave dans cette histoire, c'est ce fameux mépris. Tous les jeudis, elles font des piques-niques solidaires pour essayer de faire prendre un peu la chose.

Parce que vous vous rendez-compte, 128 jours de grève! — Est-ce qu'il faut faire une grève de la faim, parce qu'on a vu que la grève de la faim à St-Etienne-du-Rouvray a marché. —On en arrive à ça Virginie.

On en arrive à ce que les soignants se mettent en danger, et mettent leur santé en danger pour pouvoir s'occuper de la santé de leurs patients. Ça devient calamiteux et je pense qu'aujourd'hui le malaise au travail des soignants, mais des ouvriers en général, est vraiment un enjeu de santé publique. C'est une urgence sanitaire.

Et si on n'écoute pas les soignants, et les autres, parce que là on parlait du suicide chez les soignants, vous parliez du docteur Jost, il y a une jeune femme qui s'est suicidée le 12 juin, une infirmière cadre de Grenoble qui s'est aussi suicidée le 12 juin, donc, ça fait quand même beaucoup. On se souvient, les cheminots aussi sont touchés par des suicides, on se souvient à France Telecom le nombre de suicides. Aujourd'hui, c'est vraiment un enjeu majeur d'urgence sanitaire.

Il faut arrêter tout ça. Il faut prendre en compte le malaise au travail, la souffrance au travail parce que ça n'est plus possible. On ne peut plus demander aux ouvriers de travailler dans ces conditions-là.

On va dans le mur, on est déjà dans le mur — Ce qu'on entend souvent ce qu'Agnès Buzyn répète, ce qu'Emmanuel Macron répète, c'est le manque de moyens alloués aux services publics. Vous travaillez dans un EHPAD, on rappelle que c'est un Établissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes et force est de constater que les EHPAD "ça rapporte un pognon de dingue" pour reprendre un vocabulaire qui pourrait rentrer dans le langage courant. La 90ème fortune de France , Monsieur Jean-François Gobertier est un gestionnaire d'un EHPAD, sa fortune est estimée à 530 millions d'Euros.

La liste est longue, je vais vous l'épargner. Anne-Sophie Pelletier, est-ce que c'est l'argent qui manque ou qu'il est mal distribué? – L'argent dans les EHPAD privés à but lucratif ne manque pas.

Comme vous le disiez, c'est le meilleur investissement possible. Moi, j'invite tout le monde à investir dans les EHPAD, après, chacun a sa moralité. Le taux de rendement est exceptionnel.

Il ne faut quand même pas oublier que les EHPAD privés à but lucratif touchent de l'argent public, ne l'oublions pas. Toute la partie soins est payée par l'ARS et les conseils départementaux. Donc, c'est de l'argent public.

Et les EHPAD privés à but lucratif, font de l'argent sur ce fameux reste à charge du résident sur toute la partie hébergement. Oui, il y a de l'argent, parce qu'on sait très bien aussi qu'on a des directives de rentabilité. Je vais être un peu rude, mais c'est vrai.

Dès qu'une personne décède, on la remplace très vite. Il n'y a pas de perte, comme ça. Les chambres sont louées.

Des fois les taux d'occupation dépassent les 100%. Donc, aujourd'hui il y a de l'argent dans les EHPAD privées à but lucratif, simplement, on préfère engraisser des actionnaires que d'utiliser cet argent pour employer du personnel sur des fonds propres et pas se baser juste sur ce que donnent les ARS et les conseils départementaux. Ce qui permettrait d'avoir des soins de meilleure qualité, plus de personnel dans les EHPAD, plus de temps, c'est juste ce que demandent les soignants. — On vous a très peu de temps, donc on essaie de parler le plus largement possible.

L'été va arriver, et on sait que l'été pour les services des urgences, c'est la catastrophe puisqu'il y a plein de médecins qui sont en vacances, beaucoup de monde afflue vers les urgences, et c'est vous qui m'avez fait part de ce nouveau décret dont on a très peu entendu parler, qui est sorti le 1er Juin, je le retrouve, je vais vous le lire… un nouveau décret paru au journal officiel le 1er Juin, qui modifie l'effectif médical minimum des services des urgences, puisque désormais, il sera possible de laisser un seul médecin urgentiste gérer à la fois et la permanence du service des urgences et celle du SMUR en cas, dit le texte, de faible activité. Concrètement, quelle va être la conséquence de ce décret? — Ce décret, c'est : s'il y a moins de 11.500 entrées dans un hôpital au service des urgences, ça veut dire à peu près 30 entrées par jour, on va pouvoir appliquer ce décret, il n'y aura donc qu'un seul médecin au lieu de deux actuellement, et concrètement, ce que ça va donner, on met en péril encore des patients, parce que si le médecin urgentiste, qui est une spécialité, Si ce dernier est affairé sur une urgence quelque part, soit on va appeler le médecin d'astreinte, mais il peut mettre du temps à venir, donc l'urgence vitale, on la gère comment ?

Ou alors on va prendre un médecin qui n'est pas formé aux urgences, dans l'hôpital. Donc, là pareil, on met en danger le patient et puis on ne permet pas au médecin non plus, parce que s'il y a échec derrière, comment le médecin prend l'échec ? Est-ce que c'est ça qu'on attend aussi ?

Parce que les médecins aussi commencent à se mobiliser autour des soignants pour montrer que ça ne va plus, la gestion des urgences ne vont plus. Donc, quand les médecins aussi commencent à se mobiliser, si on leur rajoute des charges, si on leur rajoute du travail, comment ça va se passer ? On aura encore des suicides comme on en a parlé au début ? —Alors, c'est ça qui est complètement dingue, puisqu'on en parlait au début, il y a des suicides, tous ces moyens que mettent en place les soignants pour essayer de se faire entendre, et là, on a ce décret qui va complètement à l'encontre de la demande des soignants, qui est d'avoir plus de moyens humains, et là, on en retire. – Ça fait des années, et particulièrement avec Mme Buzyn, on retire, on retire, on retire, on retire, on écope.

Sauf que la santé est notre bien commun, et qu'à un moment donné, si on ne met pas les moyens qu'il faut, si on n'analyse pas les moyens en fonction des besoins, et on ne fait pas l'inverse, c'est à dire qu'on part des besoins, et on y met les moyens. Si on ne reste pas dans cette politique là, ça ne pourra jamais fonctionner. Elle, elle met les moyens, mais elle ne s'intéresse pas aux besoins.

C'est comme ça Virginie, qu'on a des hôpitaux qui ferment, des services qui ferment, et toute une partie de la population des zones périphériques, des zones rurales qui se sent complètement abandonnée. C'est comme ça ! — Ceci nous amène vers une autre polémique : Les SMS !

Alors attention, les questions ambulatoires, quelque chose qui fait polémique. Je vais vous demander de m'expliquer, parce que c'est quand même dingue, ça "symptomatise" totalement cette rentabilité de l'hôpital public aujourd'hui. "D'ici 2022, je souhaite porter la médecine ambulatoire à 55% et la chirurgie à 70%" déclarait Agnès Buzyn en Octobre dernier. — D'ici 2022 ! — D'ici 2022, et pour ce faire...

Alors, il y avait le hashtag "mieux soigner", c'est quand même assez ironique… Ces fameux SMS en ambulatoire, vous pouvez nous expliquer, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui va se passer ? Alors...le cynisme de la ministre de la Santé, on le voit encore là, il n'y a pas de souci !

Alors qu'est-ce que ça veut dire de rentrer en ambulatoire ? Ça veut dire que vous rentrez le matin, vous ressortez le soir. Pour une chirurgie ambulatoire.

Vous rentrez chez vous le soir, et le lendemain matin, vous allez recevoir un SMS qui vous demande si vous allez bien ou pas bien ! Donc vous avez le droit de répondre en trois lettres ou avec un numéro...

Donc les soignants qui demandent à mettre de l'humain dans le soin... on est avec des algorithmes !

Donc on n'est plus du tout, du tout dans l'humain. Et je trouve que c'est un mépris complet du sens même du service public puisqu'on exclut du travail le temps qui est jugé inutile et pas rentable. Donc aujourd'hui votre suivi de soin est soumis à un algorithme.

Et cet algorithme...espérons que je ne vais pas faire du mauvais humour... si c'est trois lettres, espérons que nous ne soyons pas décédés parce que je ne sais pas comment nous allons pouvoir leur répondre… n'est-ce pas ?

Mais ça devient...catastrophique !

Tout à l'heure, vous me demandiez comment peuvent faire les soignants pour être entendus ? Bah, on a beau crier, vous voyez... on nous met des SMS.

Mais ce sont des patients ! Moi j'en reviens aux patients âgés. Parce qu'il faut la 3G aussi !

Il faut la 3G pour recevoir le SMS ! —Alors je vais vous donnez un exemple parce que c'est quand même affolant ! Donc il y aura le nom de l'hôpital... je vous le lis : "Si vous avez des nausées ou des vomissement importants, répondez simplement les 3 lettres : NPO par SMS.

Évaluez votre fatigue : Répondez : PAS, si vous n'êtes pas fatigué PEU, si vous êtes peu fatigué BCP, si vous êtes très fatigué Et EXT...en plus c'est technique... si vous êtes épuisé" Alors là on se demande si on est très épuisé et qu'on ne peut pas envoyer un message texto, Qu'est-ce qui se passe ? —Je pense que monsieur Blanquer devrait s'y mettre, parce que le langage texto pour nos enfants fait qu'aujourd'hui il y a énormément de fautes d'orthographe ! – Pourtant, il a interdit le portable à l'école – Mais là on est dans le langage texto : EXT, BCP... — "Si tout va bien, répondez : TVB" tout va bien ! —Tout va bien !

Donc on est dans un monde... — À quand un hashtag " Ça va plus" ? — Oui ou un hashtag " Venez me chercher" ou #urgences... — Et les personnes âgées ?

Vous qui travailliez avec ces personnes, est-ce que les personnes âgées ont un smartphone avec la 4G ? Est-ce qu'ils connaissent le langage raccourci ? — Non, ils ne connaissent pas. — Et puis en plus on sait qu'en vieillissant, ils commencent à avoir du mal à se servir de leurs doigts, c'est difficile. —Oui bien sûr, on en sourit mais c'est quelque chose de très grave ! — On rit toujours face à l'horreur — Oui, on en sourit mais si on revient aux personnes âgées qui sont à domicile, il faut avoir un smartphone avec de la 3G ou 4G.

Chez moi déjà vous n'en avez pas, donc c'est vite fait, je n'ai pas de la 4G. Si je me fais opérer et qu'on m'envoie des textos, je ne vais peut-être pas les recevoir au bon moment mais c'est pas grave. Nos personnes âgées au domicile ou qui que ce soit d'autre !

Imaginons quelqu'un qui rentre tout seul chez lui et qui se sent mal, comment il fait ? Et tout ça , c'est encore pour des questions de rentabilité, d'économie, alors que cet algorithme est fait par une entreprise privée, et c'est déjà vendu par package aux hôpitaux de Paris. Il y a déjà des hôpitaux de Paris qui ont mis ça en place. — Pas d'humain, alors , on voudrait tout de même finir sur une note positive, puisque c'est la fête de la musique aujourd'hui et que vous êtes, avant d'être aide médico-psychologique, musicienne, donc, on dit qu'il n'y a pas de place pour l'humain, et la musique a un rôle important pour les malades, pour les enfants, pour les personnes âgées, pour les gens qui ont des cancers, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment vous faites avec la musique et au quotidien pour soigner ? — J'utilise la musique pour communiquer d'abord.

Pour communiquer parce que c'est un langage universel. La musique est réellement quelque chose qui nous permet de faire travailler la mémoire pour des personnes qui sont atteintes de la maladie d'Alzheimer. Qui permette aussi de les mobiliser.

C'est des choses toutes simples, mais des personnes âgées qui entendent des chansons un peu désuètes qu'ils chantaient quand ils étaient enfants, eh bien, ils ont envie de bouger. Ils ont envie de se lever. Ils font des gestes, ne serait-ce que même frapper dans les mains.

La musique permet tout ça. Je vous l'avais peut-être raconté, je ne me souviens plus quand on avait eu l'entretien, mais je me souviendrai toute ma vie de cette dame qui s'est remise au piano. Cette dame qui est atteinte de la maladie d'Alzheimer.

Maladie d'Alzheimer dit : tout oublier. Non, il y a une chose qu'elle n'a pas oublié, c'est savoir lire des notes de musique sur une partition et savoir les jouer sur un piano. Donc voila, la musique apaise, la musique permet de communiquer, la musique permet de prendre du temps aussi, d'écouter. —Aujourd'hui, on pense à tous ceux qui sont à l'hôpital et qui ne peuvent pas comme vous peut-être, vous êtes actuellement dans la rue en train de fêter la musique et ils auraient peut-être pu si on avait donné les moyens humains. — Oui, c'est évident.

On est toujours dans la même problématique Virginie. À partir du moment où on met des moyens humains, on peut faire des choses, mais pas faire des choses à la place, faire des choses avec, pour que les patients et les résidents aillent mieux. Si on ne met pas de moyen humains malheureusement, ça ne peut pas aller mieux. —Merci d'être revenue sur notre plateau pour parler de cette lourde question et nous continuons à suivre toutes ces réformes qui vont arriver à la fin du mois de Juin. — Il y a un plan sur les hôpitaux d'Agnès Buzyn qui va être annoncé. — On suivra ça de près, Merci.