ATTAQUE SUR L’IRAN, KIDNAPPING DE JOURNALISTES : BERTRAND BADIE DÉCORTIQUE LE JEU TERRIBLE D’ISRAËL
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Véni vidi vici. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu, disait Jules César pour célébrer une grande victoire libérée des Jules israélienne partiellement au moment où nous tournons parce que deux personnes dont notre confrère Yanis Mamdi de Blast manque à l'appel. L'équipage de la flotti de la liberté peut-il affirmer qu'en dépit de tout, il a obtenu une vraie victoire en mobilisant comme jamais les opinions publiques notamment en France sur le sort terrible du peuple palestinien.
Incarnation forte de ce navire. L'Eurodéputé européenne Rima Hassan a pris la parole ce jeudi. Place de la République à Paris.
Merci à vous. Vraiment, je réitère les remerciements. Je réitère les remerciements.
Vous êtes incroyable. Ces lutes, elle doit continuer coûte que coûte. La lutte palestinienne doit continuer coûte que coûte jusqu'à la libération du peuple palestinien.
Ça ne sera pas ça ne sera pas un épisode parmi le sur lequel nous avons eu des mobilisations. Ça ne sera pas un épisode sur lequel on aura mobilisé un peu de gens par-ci, un peu de gens par là. C'est l'épisode ultime ultime jusqu'au bout.
Jusqu'au bout, il faudra à tenir. Merci infiniment. Pendant ce temps, en Afrique du Nord, un convoi multinational s'organise pour lui aussi tenter de rejoindre la bande de Gaza et de lever un blocus lourd de conséquences humanitaires.
Briser le blocus israélien, c'est l'objectif de cette caravane à destination de Gaza. Plusieurs centaines de personnes sont arrivées mardi à la frontière libio-tunisienne. L'accueil ici a été chaleureux et c'est pour nous un véritable encouragement aux côté de nos frères en Tunisie de ces Tunisiens libres par la volonté de Dieu unite d'un seul cœur originaire du grand Maghreb, voyageons ensemble pour briser le blocus imposé à Gaza.
Baptisé et Soou résistance en arabe, le convoi espère atteindre Rafa dans le sud de la bande de Gaza en passant par la Libye puis l'Égypte. Nous tenterons d'atteindre le point le plus proche de Gaza, peut-être ou le poste frontière de Rafa. Partie lundi du centre-ville de Tunis.
Des militants algériens, mauritaniens, marocains et libiens ont rejoint le mouvement. Que vont apporter ces mobilisations populaires ? Que signifient-elles ?
Et si elles étaient la confirmation de la place de l'intersocialité dans notre monde globaliser l'intersocialité qui replace l'humain au centre du jeu international, là où la géopolitique fait la part belle. aux princes et à leurs armées. L'intersocialité, c'est justement l'un des concepts phare de Bertrambi, politiste, professeur émérite à Science Po et auteur de nombreux ouvrages dont intersocié, le monde n'est plus géopolitique paru aux éditions du CNRS et l'art de la paix paru chez Flamarion.
Bertrand Badi est le tolier de cette émission Le monde n'a pas de centre sur le média. On parlera également de ce qui se passe entre Israël et l'Iran. [Musique] Bonjour Bertrand.
Bonjour Théophile. Alors, j'imagine que tu as observé de près la flotti de la liberté et que tu es attentif au convoi terrestres qui tentent de s'approcher de Gaza depuis l'Afrique du Nord. Quelle leçon tiré de tout cela ?
Alors, on pourra ajouter beaucoup d'autres événements qui depuis un an et demi scandent, rythme la vie internationale et viennent irriguer le dossier au combien complexe de la Palestine, comme d'ailleurs d'autres conflits et notamment le conflit rouau-rainien. Alors, à quoi fait-je allusion à tous ces mouvements étudiants ? cette capacité étonnante des campus universitaires aux États-Unis, en France, mais un peu partout en Europe aussi. cette capacité donc de la jeune génération, de ces jeunes étudiants de 20 ans, de créer de l'empathie avec la Palestine et donc de donner à ce conflit la visibilité que la politique et la diplomatie d'indifférence commune à toutes les chancelleries ne parvenaient pas à donner.
C'est d'ailleurs intéressant de voir comment fleurit cette nouvelle diplomatie de l'indifférence, comment par un calcul odieusement cynique, bien des États, bien des gouvernements, pas tous et en tous les cas avec des intensités variables considèrent que la solution, l'option la plus rentable, c'est de faire comme si de rien n'était parce que se mêler d'un conflit peut coûter cher de bien des points de vue. et que rester dans le flou est une manière d'optimiser ses gains et aussi de concilier la mauvaise conscience avec la volonté affichée de promouvoir telle ou telle cause. Alors ça la société civile ne l'a jamais accepté.
Pourquoi ? Et bien parce qu'il y a dans la société civile trois éléments nouveaux qui viennent bouleverser les relations internationales comme tu le disais for justement dans ton introduction. bouleverser la vieille géopolitique qui fait la part belle au prince.
Premièrement, il y a la visibilité, c'est-à-dire malgré les efforts incroyables d'Israël pour empêcher les journalistes d'entrer à Gaza, on arrive à apprendre beaucoup de choses et les images, les sons, euh les rapports dont on dispose irrigue une opinion publique qui elle n'a pas la stratégie d'occultation dont je parlais tout à l'heure. Le deuxième élément, c'est ce que les psychanalystes ont appelé l'effet de projection. C'est-à-dire euh devant les souffrances atroces du peuple palestinien, je retrouve certaines de mes souffrances.
Derrière euh le mépris que l'on porte à la cause palestinienne, je retrouve les humiliations que j'ai subis. derrière euh les violences qui sont faites et notamment aux enfants, je retrouve bien des souffrances rentré que je n'arrive plus à expliquer. Et puis il y a un troisème élément qui est peut-être l'élément euh le plus encourageant qui est euh une vraie propension à la solidarité.
Et moins on est intéressé, plus on est solidaire. Quand on est dans une logique d'intérêt, la compassion ne marche pas. C'est le marchand, le compromis, les échange.
Là, quand on est désintéressé, on est vraiment dans la compassion, dans ce que Victor Hugo appelait la sympathie des âmes. J'aime beaucoup cette formule parce que elle montre le nouveau visage des relations internationales. Les guerres, ce ne sont plus des tournois entre armées, ce sont des peuples qui souffrent.
Ce sont des peuples qui sont détruits et ça effectivement l'âme humaine, quel que soit sa nationalité, sa religion, sa coloration politique ne peut pas le supporter. Et donc la société civile devient le lieu d'expression de ce que ne fait pas la chancellerie, que ne fait pas la diplomatie. Et alors, il faut voir quand même que certains parlent de manière assez odieuse de coup de com d'opération de communication.
C'est tout le contraire. C'est-à-dire c'est une opération, je dirais de socialisation. la flotille, le convoi Summou qui euh se dirige de l'Afrique du Nord vers Gaza.
C'est exactement euh ce même processus, c'est-à-dire euh cette euh volonté de montrer à l'opinion publique ce qu'il en est et ainsi de créer un mouvement de bascule des sociétés civiles. Ça a marché. Ça a marché.
Premièrement, parce que il y a un retournement de l'opinion publique, hein. Euh, un récent sondage indiquait qu'il y avait 3/4 de la population française qui serait favorable des sanctions contre Israël parce que on ne peut plus cacher la vérité et parce que du coup le politique est piégé. Les hommes politiques, les acteurs politiques sont obligés de tenir compte de ces pressions de l'opinion publique.
Biden a été obligé de tenir compte de euh ce qui se passait dans les campus et Trump à sa manière, lui qui était le plus fervant des soutiens de l'État d'Israël, euh commence à évoluer dans sa position parce que le soutien conditionnel et Israël devient absolument impossible. Alors Rima Hassan qui est la figure française de la flotti de la liberté à côté de Greta Thenberg, elle est présentée comme une influenceuse. Voilà, elle a flotti la liberté caricaturée en opération Instagram par les médias de droite et d'extrême droite.
N'est-on pas là pour pourtant au cœur du politique ? Si je crois que c'est le politique nouvelle manière, c'est-à-dire euh les relations internationales, elles revivent, j'allais dire, elles sont ranimées par une appropriation sociale, c'est-à-dire par le fait que le citoyen lambda que nous sommes, que je suis, que tu es, si tu permets, le citoyen lambda dit "Mais ça m'intéresse, je ne me détourne pas." Euh alors on pourrait faire de la longue histoire.
Jusqu'à la fin du 19e siècle, les opinions publiques ne s'intéressaient pas du tout aux relation internationale à la guerre. Il y a eu la parenthèse de la révolution et que les soldats de l'eux, la conscription où il fallait aller libérer les autres peuples, ça n'a pas trop duré. Euh alors c'est le c'est les sorts de la presse.
La presse papier a fait par exemple que la guerre de Crimé 1853 1856 a été la première popularisée. Les gens commençaient à s'intéresser à suivre un peu comme un feuilleton. Maintenant, il y a plus que la presse papier, il y a la presse télévisuelle radiophonique et puis il y a internet et puis et donc maintenant nous vivons ce moment je dirais de démocratisation forcée de la vie internationale.
Je dis forcé parce que ce n'est voté par personne, ce n'est garanti par aucune constitution. Mais voilà, le peuple est sur la reine dans la reine internationale et il peut faire basculer les choses. Je dirais même à titre personnel que c'est mon seul espoir.
Je n'ai aucune confiance dans le calcul des princes parce que fondamentalement, je suis convaincu depuis que j'ai écrit mon livre l'art de la paix que le pouvoir politique a besoin de la guerre. Les sociétés ont besoin de la paix et donc les sociétés peuvent être les agents, je dirais propagateur et contraignant de la paix. Alors la place de la République était bondée hier parce que on tourne vendredi.
La la tension mondiale s'est focalisée sur la flottie, la liberté mais le gouvernement français, notre gouvernement a une réaction assez faible, on va dire vraiment assez faible. C'est c'est c'est un euphémisme. Comment l'expliquer ?
Que veut Macron qui donnait pourtant l'impression de désir de rééquilibrage dans le l'analyse de ce qui se passe au Prochrient ? Je pense que malgré tous les événements qui se sont déroulés depuis 1 an et demi, les diplomaties du monde n'ont pas changé. C'est-à-dire, elles sont toutes encore braquées sur l'idée de la diplomatie d'indifférence que je désignais tout à l'heure.
Pourquoi ? Euh d'abord parce que je le disais, je vais pas revenir dessus, la diplomatie d'indifférence c'est un calcul économique assez favorable. La diplomatie d'indifférence, ça permet de ne pas dire l'indicible, c'est-à-dire ça permet de ne pas trop s'impliquer d'un côté qui est devenu absolument impossible à soutenir.
Et la diplomatie d'indifférence, ça permet aussi et fondamentalement de continuer à faire de bonnes affaires avec tout le monde. Et c'est ça qui explique que finalement mis à part les pays du sud global qui soutiennent de manière ferme le peuple palestinien autant le Brésil par exemple que l'Afrique du Sud, c'est moins vrai de l'Inde hein depuis que le BGP l'extrême droite est arrivée au pouvoir à la Nouvelle-Délit et que Maudit a une politique suprémaciste qui ressemble de bien des points de vue à celle de Net estiaou. Mais le sud global est globalement, si je puis dire, engagé du côté de la Palestine.
En revanche, les pays du Nord, que ce soit la Russie de Poutine d'ailleurs ou les États-Unis ou l'Europe quelle qu'elle soit, reste attaché à cette politique d'indifférence avec quelques modulations intéressantes venant de l'Espagne, venant de l'Irlande, de la Slovénie, de la Norvège, mais qui reste toujours au niveau du verbe et au niveau de l'action. Et c'est ça qui est important. Euh, on dit on parle, ça me fait penser à une très mauvaise querelle dans la rue, le plus fort sortant des armes invraisemblables et les passants qui dirent "Écoutez monsieur, soyez soyez gentils, calmez-vous et puis continuerai leur chemin." C'est ça la diplomatie d'indifférencein.
Et je ne vois pas de rupture majeure. Alors, on va voir, il y a cette promesse de reconnaissance. Mais que vaut cette reconnaissance dès lors qu'elle est assaisonnée à une telle sauce ou semelle différentes considérations ? essence même de la reconnaissance que ce soit de la Palestine ou d'autres, c'est d'être absolu.
Je reconnais parce que tu es, parce que tu mérites d'être reconnu, parce que tu as des droits, mais on va pas commencer à dire à quelqu'un je te reconnais à condition que ceci, cela et cetera que tu changes de costume, que tu changes de logement, que tu changes de voix et cetera et cetera. Tout ça n'a strictement aucun sens. Euh et c'est ce qui est en train de perdre notre système international, ce refus de reconnaître l'autre.
Et en France, il y a il s'entremet à ces questions internationales, des questions internes parce que euh face à une droite et une extrême droite qui joue la carte de du racisme et de l'islamophobie, le pouvoir veut à la fois reconnaître la Palestine tout en stigmatisant les oppositions de gauche et plus généralement les minorités ethniques. Oui, je pense au fil que c'est même plus grave que ça. C'est-à-dire que depuis un certain temps en France, la politique étrangère est devenue l'otage de la politique intérieure, l'otage des calculs politiciens et électoraux est devenu l'otage d'une surenchère sur le marché politique.
C'est vrai de la Palestine, tu l'as dit, mais c'est vrai ta relation avec l'Algérie. C'est quand même incroyable de penser que ce dossier fondamental pour nous français qui est la relation avec l'Algérie soit complètement hypothéqué par des jeux d'échecs électoraux. C'est absolument invraisemblable. et on pourrait continuer euh le rapport au sud global, la question de l'immigration qui est une question de relation internationale, euh les grandes questions euh de l'écologie mondiale euh et et je suis inquiet de ça.
Dans toute la première partie de la 5e République, on avait l'impression que la politique étrangère était détachée du marché électoral et qu'il y avait sinon un consensus, il a jamais eu de consensus en France sur la politique étrangère, mais au moins un une synthèse qui était affichable. C'est ce que l'on a appelé, certains dénigrent le concept mais il est intéressant le golomitérandisme. Et ça a duré en haut jusqu'à la guerre d'Irak.
Après, tout ceci s'est retransformé en son contraire. C'est-à-dire au lieu d'être au-dessus euh du marché électoral euh ça a plongé dans le marché électoral et on n toujours pas pu l'en sortir. On va dire que ça s'est noyé dans le marché électoral.
Alors euh pour parler euh pour passer de la flotti au convoi euh de la liberté, si on peut l'appeler ainsi, l'Égypte a manifestement choisi de répondre par la répression au flot humain qui déferle sur son territoire le président du pouvoir sisse qui ne se met pas un peu en danger. Oui. Euh et d'ailleurs, il y a des gestes précis, hein.
Avantier, nous avons appris que trois avocats algériens étaient retenus prisonniers à l'aéroport du K. Eux qui étaient venus demander l'ouverture du couloir qui permet d'accéder jusque au terminal de Rafha, c'est de de pouvoir circuler en Égypte, hein. C'est pas auer qu'on donne la permission d'entrer en à Gaza, mais en tous les cas de pouvoir arriver jusqu'à Rafa.
Ces trois avocats ont été arrêtés. Alors effectivement, mais on a eu déjà l'occasion d'en parler, euh le maréchal Sissi euh est euh prisonnier d'un dilemme qui risque de durer encore un bon moment, c'est-à-dire tout euh son équilibre euh de puissance, sa capacité de gouverner et l'otage du soutien des États-Unis et d'Israël, soutien direct et affiché des États-Unis. soutient un direct d'Israël qui explique que si il fait un pacte trop dans la mauvaise direction et ben il aura des misère.
Alors il y a ça d'une part et puis il y a une opinion publique arabe qui on le disait tout à l'heure va exactement dans le sens contraire. Donc ça c'est euh je dirais le destin de tous les dictateurs qui sont fabriqués à l'étranger, c'est-à-dire euh euh cette incapacité de pouvoir répondre à la pression populaire dès lors que l'essentiel de ces ressources de pouvoir dépend de facteur extérieurs. Comment il va trancher ?
La question se pose pour le maréchal Sissi. Elle se pose pour le roi du Maroc. Peut-être demain, elle se posera en Jordanie, hein.
La dernière fois, on nous a reproché de ne pas avoir parlé du casien. Effectivement, le problème se pose là. il se peut il peut se reposer et au Liban et en Syrie.
Les deux pays ayant choisi un peu ce glissement forcé vers cette diplomatie de l'indifférence à l'égard de la question palestinienne. Alors l'Égypte bloque. La France regarde ailleurs quand ses ressortissants sont kidnappés.
On insiste sur notre collègue Yanis Mamdi qui devait rentrer ce vendredi où nous tournons et qui ne rentrera peut-être pas vu que les frontières aériennes sont fermées après ce qui s'est passé avec l'Iran. Mais on en parlera quand les États ne font rien, rien de décisif ne se passe. Bertrand, est-ce que ça ne relativise pas l'importance de l'intersocialité ?
Alors, c'est vrai que euh les manettes euh les leviers de la décision sont encore entre les mains du prince, mais euh c'est ce que je disais tout à l'heure, euh pour autant plus personne ne peut prétendre que l'opinion publique et les sociétés civiles ne comptent pas parce que la pression peut-être forte et il y a un instant, on envisageit des pays dont le régime était menacé par l'éventualité d'une accentuation de la pression populaire. Donc on peut pas dire que le phénomène est relativisé, il est là présent. Et puis il faut voir qu'il y a une grande différence entre les sociétés civiles et les princes.
Les princes vivent dans le très court terme. Est-ce que je pourrais me lever demain matin avec toujours ma couronne sur la tête ? Voilà.
Les opinions publiques n'ont pas de temporalité. Évidemment, tous ceux qui se mobilisent en France, au Maghreb, n'importe où ailleurs dans les campus universitaires américain, il voudrait que leur vœux soit exaucé le plus vite possible. Mais le propre d'une opinion publique et d'une société civile, c'est qu'elle n'a pas d'agenda.
Justement, c'est ça le piège euh du stratège. Le stratège, il est prisonnier des objectif qui s'est fixé, qu'il a intérêt à réaliser le plus vite possible. L'opinion publique, elle est pas stratège, elle est pas calculatrice, elle n'est pas devant des manettes.
Donc elle imprime sa volonté et celle-ci, elle n'est jamais effacée. Je te mettrai, enfin j'ai pas à le faire au défi, c'est une formule, de me trouver depuis 1945 un exemple de pression sociale qui n'est pas abouti. Ça ça n'existe pas.
Alors, on pourrait dire par exemple, il y a eu 15 millions de personnes dans les rues du monde le 15 février 2003 pour empêcher l'intervention américaine en Irak. Elle a eu quand même lieu. Oui, mais je crois que cet événement incroyable, la plus grande manifestation au monde depuis Adam et Ève, elle a eu quand même pour effet de délégitimer durablement l'intervention extérieure d'une superpuissance.
Ça a provoqué la mort du néocconservatisme aux États-Unis et sa décrédibilisation un peu partout dans le monde. Donc non, je crois que ça compte beaucoup. Simplement, il faut avoir le courage de la regarder jusqu'au bout cette société civile qui bouge.
Alors, parlant de l'actualité la plus chaude, l'attaque israélienne sur Teran, Benjamin Netahuou poursuit sa fuite en avant. en gros. Oui.
D'abord, j'aurais tendance et reprenant ce que je disais tout à l'heure à dire pourquoi se gènerait-il puisque on lui permet tout. C'est quand même extraordinaire. Un état qui a fait officiellement 55000 morts.
Officiellement, c'est beaucoup plus à Gaza, hein, parce qu'il faut compter les morts qu'on a pas retrouvé et puis tous les morts indirectes liés à la pénurie, à l'absence de soins et cetera. un état qui réussit ainsi à décimer ce qui est 3 % de la population, plus de 3 % de la population Gazaoui et que tout le monde laisse faire. On en est au 17e train de sanction contre la Russie et c'est tout à fait justifié.
On étrangle l'Iran. L'Iran qui est sous les bombes, qui était hier soir sous les bombes est étranglé par des sanctions économiques profondément inhumaines. Inhumaine c'est qui touche à la santé, à la survie, à l'alimentation.
Alors que l'Iran est doté d'un régime que l'on peut sévèrement condamner, notamment dans son rapport à la société civile iranienne, mais qui n'a jamais fait de guerre et de mort. Alors que Israël peut tout se permettre. C'est ce que j'appelle maintenant l'état dérogatoire.
La loi internationale existe pour tout le monde, sauf pour l'État d'Israël. Bon, alors à partir de ce moment-là, tout est possible. Et alors ce tout est possible nous renvoie à la découverte profonde du jeu israélien euh qui repose sur une équation très simple. la puissance à tout prix, c'est-à-dire on peut tout contrôler, mener, organiser, protéger grâce à la puissance et quand celle-ci ne suffit pas grâce à la surenchère de puissance, grâce à ce qu'on appelle l'escalade et ce que Netanahu veut installer, c'est cette politique absolue de puissance comme on en a jamais vu depuis 1945 avec une triple perspective.
La première perspective, c'est de se maintenir au pouvoir. Ça, c'est la rémunération individuelle. La deuxième perspective, c'est de maintenir son hégémonie régionale.
C'est-à-dire toute la région doit être sous mon contrôle, direct ou indirecte. Et comme ça, on aura la paix entre guillemets, n'est-ce pas ? Tu vois ce que je veux dire ?
C'est le contraire de la paix mais c'est comme ça que le langage courant s'exprime sur le mode fiche-moi la paix. H et troisièmement démontrer que l'on ne dépend plus de personne. Et ça c'est une inversion par rapport aux guerres de 673 où Israël dépendait totalement des États-Unis où en 67 c'était Lyndon Johnson qui menait la barque et en 73 c'était Richard Nixon et c'était lui qui décidait.
Là, on voit bien comment Trump ne souhaite pas du tout aller vers un extrême dont il commence à percevoir, il avait pas pensé avant d'ailleurs, les effets pervers, hein. Si si le ce conflit vient à s'intensifier, c'est une crise énergétique mondiale dont il aura à pâtir le premier, hein. Comment ça explique-nous ?
Eh ben euh le grand enjeu actuellement euh c'est de voir que l'Iran est dépossédé de pas mal d'éléments de ripost, sauf un qui serait de fermer le détroit d'Ormose et à ce moment-là c'est 20 % de la production pétrolière mondiale qui serait bloquée. Alors, ça veut dire d'abord une pénurie qui atteindra la production, qui atteindra la consommation, la production industrielle et la consommation des ménages. Donc qui va créer une déstabilisation profonde.
Et en plus de ça, ça veut dire une crise promise pour le dollar, c'est-à-dire un bouleversement de toute l'équation des du commerce mondial et notamment des exportations américaines. Donc c'est une tragédie sans fin en quelque sorte. Donc je pense que dans la tête de Trum tout ça est de moins en moins acceptable.
Euh donc il ne suivra pas Israël dans cette escalade. Alors d'abord le bonhomme est imprévisible hein. Euh moi je j'ai pas d'horoscope.
Je sais pas euh queles sont les planètes qui agissent sur lui en ce moment. J'en sais rien. Euh mais je on voit bien depuis un certain temps que euh il a une stratégie de contournement c'estàd pas le clash direct avec Netaniau.
Netaniaahu n'est pas encore Elon Musk à ses yeux. Donc il le ménage, il essaie d'être aimable. Mais il y a quand même tout un une série d'initiatives de sa part qui ne trompent pas. un voyage dans le golf sans passer par Israël, une négociation directe avec le Hamas sans même en avertir Israël et puis ce qui a été probablement le point de départ de l'odieuse situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, le fait que des négociations été engagées à éclir et que ces négociations étaient difficiles mais avait une certaine chance d'aboutir parce que les deux parties en avaient absolument besoin.
Trump avait besoin enfin de montrer qu'il pouvait marquer un but, hein. C'est le le 1 à 0 qu'il attend depuis bien longtemps. Enfin à 0, c'est peut-être un 10 d'ailleurs parce qu'on a marqué pas mal de buts contre son camp.
Et du côté iranien, on est tellement étranglé par les sanctions que si on ne les dessert pas, il risque d'avoir un phénomène d'implosion à l'intérieur de la société iranienne. Donc ça pouvait aboutir. Il y a deux deux personnes que ça empêche de dormir, un accord irano américain sur le nucléaire, c'est Nethaniaou et Poutine parce que Poutine perdrait à ce moment-là sa chance de contrôler exclusivement l'Iran qui n'a pour seul porte de sortie vers le monde que la Russie et Netaniaou parce que précisément ça montrerait le certains retour de l'ascendant États-unien au Moyen-Orient et peut-être la fin de ce que je décrivais tout à l'heure, c'est-à-dire du monopole nucléaire israélien sur le Moyen-Orient et je dirais même le monopole de puissance.
Merci beaucoup Bertrand et merci à vous d'avoir regardé le monde n'a pas de centre, la chronique internationale de Bertrand Badi sur le média. Restez connectés au médias. [Musique]
Rima Hassan