AQC #83 : MACRON ET LE PDG DE TOTAL BLOQUENT LE PAYS, LA MARCHE DU 16, ET LA REPUBLIQUE DES AFFAIRES
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Quand est ce qu'une manifestation a rempli le frigo des Français ? Quand est ce qu'elle a fait baisser une facture ? »
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« En 1968 par exemple, les grandes grèves générales ont permis une augmentation générale des salaires de 10 %. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Est ce qu'il n'est pas extrémiste de faire 18 milliards d'euros de bénéfices, le record de toute l'histoire du CAC40, sans en partager les fruits avec les premiers qui se lèvent le matin au trois huit et qui travaillent la nuit pour participer aux bénéfices de cette entreprise que sont les salariés ? »
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« Est ce qu'il n'est pas excessif de quand on est PDG d'une entreprise de s'augmenter de 52 %, 52 % ? Et puis il n'a pas attendu le mois de Novembre pour se faire augmenter. Pour un salaire de 6 millions d'euros quand même 312 années de smic. »
- 3:16Invité politiqueChiffre
« Est ce que c'est pas plus excessif de verser déjà 2,6 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires de Total ? »
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« Aux trois huit, en entrée de carrière, ils sont un peu plus de 2000 brut par mois, ce qui est moins de 2000 nets. Et c'est absolument pas être une situation de nantis. Un pompiste de Total, Il est lui à 1 282 € par mois. »
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« Si on avait par exemple doublé les salaires de tous les salariés de Total, il resterait encore 6 milliards d'euros de bénéfice pour l'entreprise Total. »
- 7:38Invité politiqueChiffre
« Si à la place d'engraisser les actionnaires, on redistribuait ça aux salariés, ça faisait 26 000 € par salarié »
- 9:34Invité politiqueChiffre
« L'inflation qui on le rappelle, est de plus de 6 % en France. Mais quand il s'agit par exemple des produits alimentaires est de plus de 10 % »
Temps de parole
- Manon Aubry100 %
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Quand est ce qu'une manifestation a rempli le frigo des Français ? Quand est ce qu'elle a fait baisser une facture ? Alors voilà, lui c’est Gabriel Attal. Il est ministre du Budget et à l'Assemblée nationale. Tranquillement, il nous dit “quand est ce une manif a permis de remplir le frigo ?” Alors, petit cours d'histoire pour Monsieur Attal. En 1968 par exemple, les grandes grèves générales ont permis une augmentation générale des salaires de 10 %. C'est exactement ce que demandent les gens qui se mobilisent. Est ce qu'on va demander dimanche dans la rue, le 16 octobre. Alors pour cet AQC, avec mon nouveau bureau bien aménagé.
Oui, ça fait trois mois qu'on est dans ce bureau et on a mis un peu de temps avant d'aménager le bureau. Mais on est plutôt contents, on va se parler droit de grève, manifestation Total, actionnaire, mobilisation. Et un peu, comment notre République sociale est en train de se déliter. Parce que derrière, c'est le gouvernement qui tente de passer en force. Avec le 49.3, c'est le droit de grève qui est muselé, c'est la république des affaires avec l’affaire Kohler et Dupond-Moretti avec le plus haut dirigeant de l'Etat qui se retrouvent devant la justice. Bref, Ouais, on va se parler délitement de notre République et on a pas mal de choses à se dire allez, c'est parti AQC, générique !
Et puis je sais qu'il y a une grande partie d'entre vous. 70% on a regardé les stats qui regardez cet AQC, mais vous n'êtes pas sans être abonné à la chaîne YouTube, donc vous savez comment faire. Ça se passe juste en dessous. Vous cliquez sur le petit bouton abonné et vous aurez les notifications de toutes les prochaines vidéos. Allez, c'est parti ! Générique. Bon, les amis, je sais que c'est la galère et galère pour faire le plein d'essence. La galère à attendre devant les stations service, la galère d'aller d'une station à une autre, la galère pour aller au boulot. Je sais que c'est la galère, mais je crois qu'il faut pas se tromper de combat cette galère.
La responsabilité de ceux qui la portent sur leurs épaules, c'est pas ceux qui se battent pour avoir des revalorisations de salaire. La galère ! La responsabilité de cette galère, c'est bien la direction aujourd'hui de Total qui s'asseoit. Imaginez un peu comme Picsou, moi j'imagine. Pouyanné, le PDG de Total, c'est un peu Picsou. Il est assis sur son tas d'or et en fait il regarde les gens en galère et il espère être protégé par les gens qui galèrent et qui se disent on n'en peut plus et c'est normal qu'on en puisse plus. Le véritable responsable, c'est bien, d'une part, l'entreprise Total, et de l'autre côté le gouvernement. Pourquoi je vous dis ça ?
Bon, je ne lis pas beaucoup Le Parisien, mais bon, c'est quand même un journal qui est diffusé en France et qui veut dire quelque chose qui titre là. Qui sont les extrémistes de la grève ? Et on voit bien qu'ils reprennent le narratif du gouvernement. C'est vraiment d'utiliser tous les moyens moraux contre la mobilisation pour diviser les Français. C'est ça leur stratégie diviser pour mieux régner. Mais moi j'ai envie de me poser la question. OK, les extrémistes, parlons des extrémistes. Qu'est ce qui est extrémiste ?
Est ce qu'il n'est pas extrémiste de faire 18 milliards d'euros de bénéfices, le record de toute l'histoire du CAC40, sans en partager les fruits avec les premiers qui se lèvent le matin au trois huit et qui travaillent la nuit pour participer aux bénéfices de cette entreprise que sont les salariés ? Qu'est ce qui est excessif ? Est ce qu'il n'est pas excessif de quand on est PDG d'une entreprise de s'augmenter de 52 %, 52 % ? Et puis il n'a pas attendu le mois de Novembre pour se faire augmenter. Pour un salaire de 6 millions d'euros quand même 312 années de smic. Qu’est ce qui est excessif ?
Est ce que c'est pas plus excessif de verser déjà 2,6 milliards d'euros de dividendes aux actionnaires de Total ? Donc vous voyez avec ce narratif d’extrémistes*. En réalité, derrière on veut diviser les français et derrière on veut saper les ressorts de la mobilisation. Parce qu'évidemment, c'est aussi dur de se mobiliser. Et on voit dans cette stratégie du gouvernement, il y a : pointer du doigt les grévistes, on va voir. Vous savez, les prises d'otages, les trucs classiques, il y a une forme de mépris aussi.
Parce que la réalité, c'est qu'il suffisait à l'entreprise Total et à Esso de commencer des négociations salariales dès le début de la mobilisation, ce qu’ils n'ont absolument pas fait, et plus de dix jours. Ils ont attendu et maintenant ils fixent comme préalable l'arrêt de la grève pour commencer des négos. Ça, c'est jamais passé comme ça dans l'histoire du mouvement social. Et puis on a eu aussi toute la série de mensonges qui présentaient les salariés comme des nantis. Alors j'invite Monsieur Olivier Véran porte parole du gouvernement, qui a dit qu'il était du côté des automobilistes.
Au passage, quand il s'agissait d'être du côté des automobilistes qui payent 100 € leur plein d'essence là il bloquait pas les prix. Ou quand il s'agissait d'être du côté des automobilistes au moment des gilets jaunes, il y avait plus personne. Donc c'est largement hypocrite, mais on voit bien qu'ils ont relayé les mensonges de Total et j'insiste, ce sont des mensonges. En présentant les salariés de Total comme des nantis, en disant ils gagnent plus de 5 000 € par mois, ce qui est absolument faux, archifaux. Aux trois huit, en entrée de carrière, ils sont un peu plus de 2000 brut par mois, ce qui est moins de 2000 nets. Et c'est absolument pas être une situation de nantis.
Un pompiste de Total, Il est lui à 1 282 € par mois. Moi j'attends de voir. Patrick Pouyanné, le PDG de Total Olivier Verran le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal, le ministre du Budget au gouvernement. Allez y, allez y, faites ce boulot pour 1500 balles par mois et après on en reparle. Evidemment que la situation dans laquelle on est, c'est une tension générale dans le pays. Evidemment que c'est difficile quand on est un automobiliste et qu'on a plein de raisons d'être énervé. Mais en fait, le gouvernement va jouer sur la colère des Français pour toujours caresser les entreprises dans sens du poil.
Et à la fin on arrive avec cette réquisition et ce n'est pas les dividendes des actionnaires de Total qu’ils vont réquisitionner. Ce n'est pas le salaire du PDG de Total qu’ils vont réquisitionner qui lui a augmenté de 50 %. Non, c'est les salariés qu’ils vont réquisitionner. Et en faisant ça, ils portent atteinte à un droit qui est protégé dans la constitution qui est le droit de grève, qui est celui à travers lequel, dans l'histoire, nous avons gagné des conquêtes sociales, de la protection sociale, des hausses de salaires. Et ça, c'est extrêmement grave. Et ça témoigne à mon sens d'un problème plus large.
Et c'est aussi pour ça, si on veut un peu dézoomer le cas de la mobilisation Total et Esso. Pour moi, ça pose deux questions fondamentales une question de la méthode et le fonctionnement de notre démocratie sociale. Et de l'autre côté, une question sur comment on partage les fruits des des richesses des entreprises dans nos sociétés. Et c'est ça qu'il faut regarder de près. Le premier problème que pose cette mobilisation, c'est la question de ce qu'on appelle en économie le partage de la valeur ajoutée. C'est la valeur qui est produite par les entreprises.
Qu'est ce qui est redistribué aux salariés qui sont la main d'œuvre et qu'est ce qui est redistribué au capital, à savoir aux actionnaires ? Et ça, c'est le vieux débat, mais qui se pose particulièrement là. Dans un contexte d'inflation majeure et le cas Total, il illustre très bien ce problème parce que, en pratique, si on avait par exemple doublé les salaires de tous les salariés de Total, il resterait encore 6 milliards d'euros de bénéfice pour l'entreprise Total. Et si on regarde spécifiquement l'équilibre entre actionnaires et salariés, prenez par exemple les plus de 2 milliards d'euros là qui vont être redistribués.
C'est juste une des annonces dans l'année qui vont être distribuées aux actionnaires de Total. Si à la place d'engraisser les actionnaires, on redistribuait ça aux salariés, ça faisait 26 000 € par salarié, donc ça illustre bien que la question qui est posée, c'est une question de l'équilibre, du partage de la valeur, surtout quand on est une entreprise comme Total qui a fait 18 milliards d'euros de bénéfices ce premier semestre. Et en réalité, c'est intéressant de de dézoomer un peu. Et évidemment, la question se pose pour Total, mais en réalité, elle se pose pour toutes les entreprises.
Et si on dézoome encore et si on regarde sur l'évolution dans le temps long ces 20 dernières années, en réalité, la rémunération des actionnaires elle a explosé. C'est un sujet que j'avais, sur lequel j'avais beaucoup travaillé quand j'étais à Oxfam, on regardait l'évolution sur les dix et les 20 dernières années de ce qui est redistribué en dividendes aux actionnaires. Et il y a une nouvelle étude qui est sortie cette semaine. Ca fait un peu de bruit par des économistes de Lille qui va exactement dans cette direction et notamment ce petit graphique qui est assez parlant, c'est l'évolution des dividendes versés aux actionnaires. C'est plus 170% en 20 ans.
Et vous voyez, la petite courbe jaune c'est l'évolution des dividendes versés aux très grandes entreprises et qui illustre assez bien. Et quand on verse plus d'argent aux entreprises, pardon, quand on verse plus d'argent aux actionnaires des entreprises. Alors forcément, il en reste moins pour les salariés. Mais l'étude, elle va plus loin. Elle analyse même en fait d'ou vient cet argent et ce qui est intéressant. Ce qui montre dans cette étude, c'est qu'en réalité, dans le même temps, les aides publiques, elles, elles ont explosé. Les aides qui sont versées aux entreprises, que ce soit exonérations de cotisations sociales, des baisses d'impôt et ça suit une évolution assez similaire.
Ça, c'est ce petit graphique, ne pensez pas que je vais vous saouler avec mes petits graphiques, mais je trouve qu'ils sont assez parlants. Si on regarde la tendance générale et la tendance générale, c'est une explosion des aides publiques qui sont versées aux grandes entreprises, notamment. C’est 157 milliards d'euros sur une année, l'année qu'ils ont utilisé, qui était même avant le Covid pour vous donner l'idée, c'est trois fois le budget de l'éducation nationale et en tout c'est un tiers du budget total de l'Etat.
Ce qui accrédite une thèse d'un économiste qui s'appelle Howard qui, en 1997, Ca date un petit peu, mais il avait raison et ça, c'est prouvé dans les années qui suivent, avait parlé d'un Etat providence qui est caché en faveur des entreprises. Vous savez, en France, on nous dit toujours tiens, avec la réforme de l'assurance chômage, là, on nous a dit que les chômeurs sont des assistés, qu'on a un Etat providence juste pour aider ces personnes là. En réalité, non. Notre Etat providence, il sert avant tout les entreprises. Lesquelles entreprises versent de plus en plus de dividendes aux actionnaires. Une fois qu'on a compris ce circuit économique là.
On comprend pourquoi le gouvernement intervient pour protéger ces grandes entreprises et pourquoi ces grandes entreprises font tout pour absolument ne lâcher aucun, aucun lest à aucun moment et ne pas revaloriser les salaires des salariés alors qu'ils sont les premiers à faire face à l'inflation qui on le rappelle, est de plus de 6 % en France. Mais quand il s'agit par exemple des produits alimentaires est de plus de 10 %, alors bien sûr cette situation. Je viens de vous montrer, pose la question du partage de la valeur ajoutée dans les entreprises et pas uniquement dans l'entreprise Total.
Et c'est pour ça que cette situation peut faire boule de neige, créer une mobilisation aussi dans d'autres entreprises. Et nous on continuera à soutenir toutes celles et tous ceux qui se mobilisent pour récupérer la part du gâteau qui nous est due parce qu'en face, et ça, c'est le deuxième enjeu, c'est à quel point notre démocratie sociale est affaiblie. En face, ils vont tout faire pour essayer de saper toutes les formes de mobilisation.
Je vous ai parlé de la question des réquisitions dans les entreprises pétrolières, mais on voit aussi l'espèce de polémique qu'ils ont essayé de créer à la suite du tweet de Jean-Luc Mélenchon qui faisait le parallèle avec la révolution de 1789 et la marche des femmes. On leur rappelle que la marche des femmes a été une marche pacifique. Ça a été un événement d'ailleurs majeur pour l'avènement de la République de la démocratie. Mais on voit à chaque fois ils essaient de jeter l'opprobre, de dire que nous serions des violents et que la mobilisation à laquelle nous appelons est une mobilisation des violents. Comme si on allait ramener Macron de force en dehors de l'Elysée.
Alors qu'en vrai dans l'histoire, c'est toujours des mobilisations sociales qui ont pu permettre des changements sociaux et puis des changements politiques. On le voit de la même manière que c'est la même méthode du rouleau compresseur qu'ils utilisent pour museler les oppositions. Il y a cet amendement qui a été adopté à l'Assemblée nationale, dont l'objectif est de priver de financement des associations comme L214, qui est une association de défense des droits des animaux, qui est constamment la cible de la part du gouvernement et d'un certain nombre de lobbies qui essaient de les faire taire.
On le voit aussi la loi séparatisme qui est parfois utilisée contre des militants et des activistes écolos. Bref, ça pose une question comment en 2022, dans la cinquième République, on organise la démocratie et le dialogue social ? Je vous dis ça parce que derrière vous voyez ou je veux en venir. Le gouvernement, il a annoncé la couleur et il veut utiliser le 49.3 et le 49.3. C'est un outil qui est prévu dans la Constitution, mais c'est un outil d'une certaine violence démocratique qui fait que le gouvernement peut passer en force et faire adopter le budget à l'Assemblée nationale sans le vote des représentants de la nation que sont les députés.
Et quelque part après avoir réquisitionné les salariés des entreprises, notamment pétrolières, il va réquisitionner l'Assemblée nationale et leur dire “que vous soyez d'accord ou non, le budget, il sera adopté.” Et ça, ça pose une question fondamentale si on a un tout petit noyau de gens qui ne sont pas représentatifs de la majorité de l'opinion publique française passent en force contre les grévistes, contre l'opinion de l'Assemblée, contre les associations ou contre les lanceurs d'alerte. On va au devant de gros problèmes parce qu'on n'a pas des moyens d'organiser du dialogue social, il compris de manière pacifique dans notre société.
Et c'est pour ça que tout ça, ça m'amène à la mobilisation qui doit être la nôtre. Ce dimanche 16 octobre, c'est notre réponse à nous. Quand on voit que le gouvernement est si faible avec les forts, quand on voit à quel point on a fait une petite vidéo là. Qui est assez illustratrice de Bruno Le Maire, qui “invite”, “demande” fait des courbettes aux entreprises pour augmenter les salaires et donc jamais aucune fermeté vis à vis des entreprises. Par contre, quand il s'agit de réquisitionner les salariés, là ils sont les premiers et donc ils sont véritablement faibles avec les forts et forts avec les faibles. Alors à nous tous les faibles.
Notre but c'est de se mobiliser, de montrer notre nombre, de montrer que on ne va pas se laisser faire. Montrer aussi qu'on a des demandes et que ces demandes de partage des richesses dans notre pays et d'augmentation des salaires, c'est des revendications qui sont partagées face à la vie chère. C'est pour ça qu'il faut qu'on soit nombreux dimanche. C'est pour ça qu'on compte sur votre mobilisation ? Ça se passe à 14 h. Rendez vous à Nation et pour vous, tous ce qui nous regardez aux quatre coins de la France, il y a des bus qui sont organisés.
Vous pouvez vous inscrire, on va vous remettre tous les détails et, l'énergie avec laquelle ils ont œuvré cette semaine contre notre mobilisation, le fait qu'ils attendent aussi la semaine prochaine pour utiliser le 49.3, je crois, sont des indicateurs de la peur qu’ils peuvent avoir du nombre et de la mobilisation. Donc on compte sur vous pour être le plus nombreux possible et je vous donne rendez vous dimanche. Je suis en train de vous faire une AQC à rallonge. J'ai Matthieu qui râle derrière parce qu'il y aura trois montées.
Mais quand même, Macron fort avec les faibles et faibles avec les fort, je résiste pas à l'idée de vous parler de une affaire qui finalement a pas fait tant de bruit que ça au vu du scandale que ça pose. Qu’est l’affaire, Kohler et Dupond-Moretti. Dans la même journée, On a Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice quand même. Donc le représentant de la justice en France et Alexis Kohler, qui est secrétaire général de l'Elysée. Sa tête vous dit rien, Et son nom peut être pas trop, mais qui est quand même une des figures les plus importantes dans le dispositif de l'Etat. Le secrétaire général de l'Elysée. Tous les deux ont été mis en examen.
Tous les deux ont été mis en examen pour prise illégale d'intérêts. Voilà la République exemplaire que nous avait promise Emmanuel Macron. Et les affaires, elles sont assez simples à comprendre. Dans le cas de Eric Dupond-Moretti, c'est juste une vendetta personnelle. Il s'est servi des moyens du ministère de la Justice pour régler ses comptes et pour demander des sanctions à l'égard de magistrats avec lesquels il avait ferraillé à l'époque où il était avocat. Et juste pour se venger, donc tranquillement, il utilise les moyens de l'Etat pour dire lui, lui et lui, je l'aime pas sanctionnez le, normal.
et Alexis Kohler lui, c'est pour une affaire dans laquelle il s'est retrouvé puisqu'il a à la fois travaillé et il y a des liens familiaux avec des hauts responsables avec l'armateur MSC qui est une entreprise armateure. Je crois qu'on dit comme ça qui a fait pas mal d'argent et donc soupçon de prise illégale d'intérêts puisqu'il était un peu à la fois acteur étatique et lui même avait des intérêts financiers. Et dans les deux cas, Emmanuel Macron a protégé ses deux protégés, c'est le cas de le dire à la fois en protégeant Eric Dupond-Moretti comme ministre. Et dans le cas d'Alexis Kohler, il est même allé jusqu'à envoyer une lettre au parquet national financier pour dédouaner Alexis Kohler.
Et donc, ça me met justement en colère parce que tout ça, ça abîme l'Etat. Comment voulez vous que nous autres citoyens, on croit à la justice qui est rendue dans notre pays quand son ministre de la Justice est lui même mis en examen ? Et je me souviens de ces mots de Macron qui avait dit lui même que “un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu'il est mis en examen.” Eh bien, je le dis à la fois Eric Dupond-Moretti et Alexis Kohler, doivent quitter le gouvernement. Ils ne sont pas dignes d'être des représentants de l'Etat. Et ça nous rappelle les plus belles heures ou les pires heures de la République. Des affaires à la sauce Benalla.
C'est aussi une démonstration pour faire le lien avec tout ce que je vous racontait avant, mais une forme de prise en main de l'Etat par des intérêts privés. Voilà pourquoi il faudra faire le ménage le moment venu, le moment où on reprendra le pouvoir. Un jour ou l'autre, ça arrivera les amis. Et voilà aussi pourquoi je pense qu'il faut une forme de loi de séparation. Vous savez, en 1905, on a eu la loi de séparation de l'Église et de l'État. Eh bien, je pense qu'il faut une loi de séparation de l'argent et de l'Etat qui permettra de remettre des pratiques éthiques en politique qui manquent.
On l'a vu dans le cas de Dupont-Moretti et d'Alexis Kohler, et qui permettra aussi de protéger les salariés et de mieux partager les richesses dans notre pays. Voilà pourquoi je pense que ça nous donne de nouvelles raisons de nous mobiliser ce dimanche. C'est la fin de cette AQC les amis, il était long. J'aurais pu vous parler encore 4 h d'économie, mais après je vous aurais tous endormis avec mes graphiques. Mais bon, en même temps, c'est l'occasion d'avoir un vrai débat de société. Et je pense que si on débattait dans chaque entreprise, dans chaque famille, le repas du dimanche, tiens !
Parler de partage de la valeur ajoutée et de partage des richesses dans notre pays, c'est une façon aussi de s'approprier ces questions économiques et de se dire que, en fait, oui, il existe une alternative. Vous savez, en économie, on dit souvent This is no alternative. C'est le fameux Tina à la Margaret Thatcher qu’ils tentent de nous imposer. Eh bien, nous, on construit cette alternative. Et c'est pour ça aussi qu'on va être dans la rue ce dimanche. Donc on espère que vous allez être nombreuses et nombreux. Ce qu'on va demander, c'est clair, c'est une hausse des salaires bien au delà de ce qui est prévu dans le pays qui est de plus de deux fois inférieur à l'inflation.
C'est le blocage des prix. C'est de quoi juste sortir la tête de l'eau et on le sait, qu'on a les moyens, qu'on peut le faire parce que de l'autre, on ne touche pas aux super profits des grandes entreprises. Donc voilà comment récupérer de l'argent. C'est pour ça que ben voilà, j'ai hâte de vous retrouver dimanche dans la rue, dans la joie et la bonne humeur. Parce que la lutte, ça doit aussi être joyeuse. Et je vous laisse avec une petite chanson. Je suis retournée à Mai 68 puisqu'il fallait donner des petits cours d'histoire à notre ami Gabriel Attal, une chanson que j'aime bien de Dominique Grange. Chacun de vous est concerné. Je pense qu'elle est d'actu, allez, àtrès vite.
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Manon Aubry