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interviewSUDRADIO· 13 juillet 2026 23 min

🗣️ Éric : "Je n'ai compris qu'à l'adolescence qu'il y avait un problème avec ma mère"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

On continue avec Bruno Clavier, nous parlons de l'inceste et de l'incestuel. Pour ceux qui n'écoutaient pas à 14h, rappelons que l'inceste, c'est un abus sexuel sur enfants. En général, quand on parle d'inceste, on parle de personnes de la famille, bien sûr. Sinon, on parle d'abus sexuels sur mineurs. L'incestuel, ce sont des gestes, des attitudes, des regards aussi, qui ont une connotation déjà sexuelle.

0:35
Invité

Des paroles.

0:36
Présentateur

Des paroles, absolument. Quand on dit à sa petite-fille, t'as un beau cul, on est déjà...

0:43
Invité

On a déjà passé une frontière.

0:46
Présentateur

Voilà, on a déjà passé une frontière, parce qu'on peut dire à sa petite-fille qu'elle est jolie, on n'est pas obligé de lui dire qu'elle a de beaux seins, des seins, on n'a pas encore.

0:53
Invité

Oui, mais quand il en a et qu'on lui dit, comme tout à l'heure, on avait un exemple avec quelqu'un qui a témoigné, ben non, ça y est, on a passé les bornes, on a passé la frontière.

1:04
Présentateur

Voilà, et c'est toujours très embêtant, parce que si on passe la frontière, d'abord, on peut se dire que ça peut donner envie d'aller plus loin, et puis, c'est peut-être pas anodin, qu'est-ce qu'on a dans la tête. Voilà, alors je sais que certains croient que c'est plus pour rire, mais protégeons un petit peu mieux nos enfants, et ça ira peut-être mieux. La petite devinette du jour, elle est très d'actualité, n'est-ce pas ? Quel est le point commun entre la climatisation et la fellation ? Je n'ai aucune idée. Peut-être un peu quand même, point trop non faux, sinon on a mal à la gorge. Ah oui, d'accord, ok. C'est mignon, franchement. Merci Eric, en tout cas, de prendre la parole.

Vous avez, vous aussi, été abusé. C'est compliqué pour les hommes de témoigner, je sais.

1:56
Invité

Oui, bonjour, oui, c'est très compliqué. Parfois, on regrette de témoigner.

2:01
Présentateur

J'espère que vous ne regretterez pas, Eric.

2:03
Invité

Ah non, pas sur votre allié ou pas du tout. Mais parfois, on se confie à des gens qui ont la confiance, l'entourage, les amis, tout ça, puis après on regrette. Parce qu'en fait, c'est difficile à entendre, je pense, pour la plupart des gens. C'est presque inimaginable, pouvoir se faire abuser par sa mère, comme ça m'est arrivé. Et donc, on se fait regretter.

2:24
Présentateur

Oui, puis en plus, par votre mère, ça dérange terriblement. Alors que malheureusement, oui, ça arrive. Ça existe, oui.

2:31
Invité

Mais même moi, j'ai, oui, entre l'incestuel et l'inceste, j'ai commencé à, au début de mon adolescence, à comprendre qu'il y avait un problème, mais je ne savais pas encore quoi. J'ai commencé à comprendre parce que j'avais un rejet pour ma mère, dès que je la voyais approcher, quand je la voyais, quand j'entendais sa voix, son regard. Ça m'était totalement insupportable. Ça me mettait dans des colères terribles. Et je ne pouvais pas supporter qu'elle me regarde, qu'elle me parle, qu'elle me touche. Alors là, n'en parlons pas. C'était l'horreur. Vraiment, comme si le diable était en face de moi. Alors, j'ai commencé à me poser des questions.

C'est quand même pas très normal, comme comportement, par rapport à sa mère.

3:08
Présentateur

Bien sûr. Et en même temps, c'était peut-être un comportement qui vous a bien aidé.

3:15
Invité

Oui, de toute façon, oui, oui, oui, certainement, oui. Après, j'ai eu aussi des soucis avec ma soeur aînée. Alors, le truc, c'est que je n'ai pas de... Avec ma mère, avec ma soeur un peu plus, mais avec ma mère, je n'ai pas de... Ça m'est arrivé, j'étais tout petit et j'ai oublié. J'ai fait de l'amnésie traumatique, mais j'ai des petits flashs, par moments, qui reviennent, qui me donnent des idées sur ce qui a pu se passer. Et en tout cas, je suis certain que j'ai été abusé, parce que je vous dis, ces réactions que j'avais vis-à-vis de ma mère, ce n'est pas normal.

Et puis, quand j'en discute avec des gens qui ont été abusés, que ce soit des hommes ou des femmes, on a tous exactement les mêmes symptômes, les mêmes réactions, les mêmes problèmes, tout ça. Donc, je ne sais pas tout. Excusez-moi, qu'est-ce qui s'est passé avec votre grande soeur ? Ma grande soeur, en fait, elle a trois ans de plus que moi. Et dès ma naissance, elle m'a détesté. Mes parents ont tout fait pour. Elle m'a détesté au point qu'elle avait envie de me tuer. Elle a essayé à plusieurs reprises, quand on prenait notre bain ensemble, elle essayait de me noyer. Elle m'a battu, elle m'a humilié. Et je pense qu'elle aussi, elle a eu des gestes peu appropriés. Mais des gestes insisteux.

Et là, vous les en souvenez ? Un peu plus. J'ai des petits souvenirs, oui, de jeux un peu malsains qu'on avait ensemble. Enfin, j'étais toujours son objet, en fait.

4:34
Présentateur

En fait, ce qu'on peut imaginer, c'est que quand vous étiez tout petit, votre maman, elle vous caressait, elle vous touchait le pénis, elle vous touchait...

4:45
Invité

Peut-être pire. Je pense qu'elle a dû me faire aussi des pénétrations anales, peut-être avec des objets. En fait, ma mère, si vous voulez, mon père et ma mère se sont mariés tard. Ma mère n'avait jamais connu d'homme avant. C'était quelqu'un qui... Elle a aussi, très certainement, c'est quasiment certain, été abusée par un autre et aussi par son père, aussi, probablement. Et mon père, quand ils se sont mariés, il lui a fait un peu miroiter une vie de rêve. Et puis, en fait, rien du tout. Elle a fait la bonne niche et s'est occupée de trois enfants. Et lui, il était chauffeur routier international. Il n'était jamais là. Et puis, il avait sans doute...

Enfin, je l'ai appris que moi, j'étais plus vieux. Moult maîtresse sur les routes. Donc, ma mère, elle n'a rien dit. C'était une femme catholique, bretonne, tout ça. Elle est à la dure. Donc, on se tait. On ne dit rien. Mais elle est devenue dingue, en fait. Elle s'est vengée sur moi. Elle s'est vengée des oeufs sur moi. C'est comme ça que j'analyse la chose. Oui, oui. C'est assez bien vu, je trouve.

5:44
Présentateur

Oui, oui, oui. Et puis, on imagine très bien, avec certainement un problème énorme face à la sexualité. Et du coup, elle règle sa libido, si je puis dire, sur vous, qui êtes sans défense. Voilà. Et puis, elle joue. Elle expérimente sans imaginer une seconde le tort qu'elle fait à son enfant.

6:10
Invité

Je pense que oui, il y a un mélange de trucs malsains, d'amour mal placé. On ne peut pas dire qu'elle ne m'aimait pas, mais je pense qu'elle m'adorait. Elle a décalé son amour qu'elle aurait dû avoir pour son mari. Elle l'a reporté sur moi. Donc, tout s'est décalé. Effectivement, ma mère, je pense qu'elle avait un gros appétit sexuel, mais complètement frustrée.

6:32
Présentateur

Oui, alors, vous voyez, Eric, j'espère que vous ne m'en voudrez pas, mais je fais la comparaison avec ce qu'on voit parfois sur des gens qui le font avec leurs chiens. Oui, c'est un peu... Non, non, mais vous voyez, c'est cette sorte... Parce que quand on est un enfant dans très bas âge, on est un petit animal. Vous voyez, c'est pour ça que je me permets cette comparaison. Et donc, sans défense, on aime sa maman plus que tout, donc on subit, on tout fait. Et je pense que c'est ce qui a dû peut-être se passer, oui.

7:03
Invité

C'est ça qui est le plus terrible, c'est qu'on croit que c'est de l'amour, en fait. Et je n'en ai pas. Même si on ne peut pas faire plus destructeur. Mais effectivement, il m'a fallu attendre l'âge de 11 ou 12 ans pour comprendre. Et moi, j'étais complètement fusionnel avec ma mère. Quand je suis arrivé, je m'en souviens bien, premier jour de maternelle, j'étais dans mon coin, j'avais l'impression d'être aux euros, je regardais les autres enfants. Et je me sentais complètement paumé, différent, hors normes, fou, en fait. Personne ne venait me parler. J'étais vraiment... J'étais complètement perdu.

7:39
Présentateur

C'est intéressant ce que vous dites, parce que vous parlez de fusion. Oui, à partir du moment où elle l'abuse à ce point-là de votre corps, vous ne formez toujours plus qu'un, parce que c'est horrible. Vous vous exprimez bien, vous ne vous en sortez pas si mal.

7:57
Invité

Oui, c'est pas facile. Surtout en ce moment-là, je suis plutôt dans une dépression nerveuse. Toute ma vie, j'ai lutté contre des envies suicidaires, des phases très dépressives, la solitude, la précarité. Enfin, la précarité, oui, l'instabilité. J'ai déménagé 35 fois, j'habitais plusieurs pays.

8:19
Présentateur

Oui, un manque de sécurité en profondeur qui fait que vous... Oui, vous...

8:24
Invité

Complètement. Et puis, des fois, je me dis que je m'auto-détruis aussi. Je m'interdis d'être heureux, en fait. Je m'interdis d'avoir... Dès que j'ai une certaine stabilité financière, tout ça, je fous tout en l'air, inconsciemment. Je casse tout.

8:41
Présentateur

C'est pas si inconscient que ça, Eric. Vous en parlez.

8:46
Invité

Maintenant, c'est plus conscient. Il a fallu... Maintenant, j'ai bientôt 56 ans. Mais c'est pareil.

8:52
Présentateur

Cela dit, je vais dans un instant donner la parole à Bruno Clavier qui va pouvoir peut-être vous donner quelques pistes. Mais vous semblez quand même avoir déjà avancé, j'imagine. Et puis, il y a peut-être des pistes, justement, qui peuvent vous aider. Donc, restez avec nous. On va se retrouver dans un instant.

9:11
Invité

Nous parlons de l'incestuel, de l'inceste

9:27
Présentateur

avec Eric qui a donc été incesté par sa mère. Eric, merci d'avoir pris la parole. On est donc avec Bruno Clavier. Bruno Clavier, qu'est-ce que vous avez envie de...

9:41
Invité

Justement, je dirais qu'il ne faut pas minimiser votre sœur. C'est-à-dire que les incestes, comme ça, 3 ans, c'est déjà beaucoup. Puis plus, tout ce que vous avez dit, battu, humilié. C'est-à-dire, je pense que quand même, ça a beaucoup d'importance. Vous en avez parlé avec votre sœur, après, ou pas ? Oui, on a eu des chants de gueulade. Enfin, j'ai... Avec ma sœur, si vous voulez, jusqu'à l'adolescence. Donc, elle ne pouvait pas m'encadrer jusqu'à... Que je sois adolescent. Quand je suis devenu adolescent, elle s'est aperçue qu'elle ne pouvait plus me taper dessus. Tout ça, j'étais trop grand, je me défendais. Donc, elle a changé de stratégie. Elle m'a mis dans sa poche, en fait.

Donc, elle a manœuvré pour faire de moi tout ce qu'elle voulait. Mais alors, après, quand elle a grandi, qu'elle a devenue adulte, et moi aussi, quand elle avait un mec, il fallait que je dégage de sa vie. J'étais vraiment le parasite. Et puis, quand elle se retrouvait toute seule, hop, elle revenait la queue entre les jambes. Et le même cinéma. Et moi, je redevenais le bon toutou. Et ma vie se mettait à battre de l'aile. Tout commençait à partir à volo. À 49 ans, j'ai compris assez brutalement, en fait, que c'était pas du tout mon allié, que c'était plutôt mon ennemi, pire que ma mère, probablement. Et donc, j'ai complètement coupé les ponts, avec toute la famille, d'ailleurs.

Parce que quand j'ai commencé à parler, c'est classique, la famille n'a pas accepté. Et donc, voilà, je vois plus personne, ni cousin, ni cousine, ni oncle, ni tante. Effectivement, ma sœur, je pense que c'est... J'ai pas encore digéré tout le mal qu'elle m'a fait. Vous avez fait des thérapies, j'imagine, non ? J'ai essayé la psychanalyse aux alentours des 30 ans. Ça n'a pas été un franc succès, parce que je suis pas tombé sur la bonne personne.

11:34
Présentateur

Non, ça me paraît évident, oui.

11:36
Invité

Ah ouais, non, non, ça a plutôt été néfaste. Autre chose, quand elle s'est décidée à me dire quelque chose, c'était pour me dire que tout ça n'était que du fantasme ? Oui, c'est ça, c'est la catastrophe psychanalytique, ça. C'est la catastrophe. Ben oui. C'est terrible, c'est vous dire que c'est vous qui avez des... Le fantasme, ça c'est incroyable, oui. D'accord. C'est incroyable de dire ça, qu'un enfant puisse fantasmer pour avoir des rapports sexuels avec sa mère, c'est n'importe quoi. Bref, après, j'ai pas essayé grand-chose. J'ai plutôt essayé des trucs alternatifs. Là, en ce moment, je vais voir... On m'a conseillé une femme qui fait de la... On va dire des massages énergétiques.

Mais c'est pas des massages, en fait. C'est plus de la thérapie. Et c'est plutôt pas mal. Après, ça passe beaucoup, je pense, par le transfert, l'empathie. Et avec cette femme, ça passe bien. On sent qu'elle est vraiment concernée par ce qu'elle fait. C'est pas toujours facile. Ça me brasse beaucoup, parfois.

12:27
Locuteur

Ben oui.

12:28
Invité

Oui, oui, ça brasse dur. Des fois, le lendemain, je vais la voir. Le lendemain, je suis complètement à plat. Amelie, il faut que je me recentre sur mon axe, en fait. Parce qu'en ce moment, c'est pas le cas. J'ai eu une énorme déception sentimentale, là, il n'y a pas longtemps. Je suis encore à fond dedans. Et ça me... Voilà, ça me fait du mal.

12:49
Présentateur

Oui, parce que peut-être que c'était un petit peu... C'est peut-être un peu comme ça, aussi, que vous avez survécu jusqu'à présent. C'est avec des piliers féminins qui vous montrent qu'il y a des femmes qui sont bien, quoi.

13:04
Invité

Oui, c'est possible. Oui, je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop comment je suis débrouillé. Quand je revivre, moi aussi, des fois, ça m'épate. Quand je me vois par où je suis passé, je me dis que c'est étonnant, quelque part, que je m'en sors bien. Je ne m'en sors pas si bien que ça, mais...

13:21
Présentateur

Ben si, quand même, si. Si, si, si, c'est quand même assez étonnant. Peut-être, vendredi, on va aborder un sujet un peu compliqué sur les enfances difficiles, comment on règle sa sexualité, etc. Si vous avez envie d'écouter, peut-être de témoigner. Mon invité, lui aussi, a subi des abus quand il était petit. Et justement, il a envie de montrer comment cette ombre qui nous a totalement traversée, et qui reste une ombre, on peut la transformer en lumière. Et je pense que vous faites partie de ces gens qui ont, quelque part, quand même, encore le noyau lumineux un peu allumé. Oui, oui, je pense aussi.

Et il faut juste arriver à mettre un peu plus de sens sur tout ce qui vous est arrivé, et décortiquer ça. C'est-à-dire que j'ai l'impression, pour l'instant, que vous savez que vous avez été un enfant maltraité, abusé, vraiment maltraité. Parce que quand on essaie de vous noyer, c'est...

14:23
Invité

Oui, oui, vraiment maltraité. On peut difficilement faire pire.

14:25
Présentateur

Mais vous avez mis tout ça dans une sorte de sac avec les petits... Mais là, il faudrait constituer le puzzle, j'ai envie de dire.

14:34
Invité

Et puis, envisager les choses toujours de façon systémique, c'est-à-dire familiale. C'est-à-dire, voyez-moi tout de suite, je me dis, mais qu'est-ce qui est arrivé à votre grande-sœur ? Pour qu'elle soit comme ça. Ma grande-sœur, parce qu'on en avait déjà parlé dans une autre intervention, on m'a dit, effectivement, on m'a donné une piste très intéressante, c'est que mon grand-père, que je n'ai pas connu, mon grand-père maternel, donc ceux qui l'ont connu, mon grand-frère, mon demi-frère, qui a 11 ans de plus que moi, il m'a dit, c'était un grand-papa gâteau. Mais alors, par contre, familialement, avec sa famille et ses enfants, il était très, très dur.

C'était le patriarche, c'était le chef de famille, très strict, rigide. Quand il fermait son couteau à table, tout le monde devait se lever de table, sans dire un mot. Et moi, je pense qu'il a le bon profil, effectivement, pour avoir été certainement incesteux avec ma mère, mais aussi avec ma sœur aînée. Oui, c'est pour ça. Oui, oui. Et puis, il y a toute une ambiance. Il y a aussi un oncle, le frère aîné de ma mère, qui, lui, a 12 ans, a demandé à partir au séminaire pour devenir prêtre. Donc, il est devenu prêtre. Et lui aussi, il n'était pas très clair. Quand je repense à lui, je ne sais pas.

Maintenant, je me dis, lui aussi aurait été capable d'avoir des gestes déplacés avec ma sœur et peut-être avec moi aussi. Oui, c'est possible. Oui, parce que vous avez même dit que votre mère a été abusée par son oncle aussi, c'est ça ? Oui. Et alors, ça, c'est une tante qui nous l'a dit après la mort de ma mère. Vous voyez, des trucs qui ressortent comme ça dans mon dossier, mais personne ne le dit. Et voilà. Cette tante, d'ailleurs, elle aussi, donc, elle, c'est la petite sœur dont il y avait 5 enfants de ma mère, mais elle, elle est restée célibataire toute sa vie. Je n'ai jamais eu un homme de sa vie. Enfin, vous voyez, il y a des choses bizarres dans cette famille.

Et du côté de mon père, c'est guère mieux. Mon père, lui, me méprisait profondément. Je pense qu'il savait ou il sentait qu'il y avait quelque chose de pas clair. Donc, pour lui, je n'étais pas un homme. J'étais de la merde, on va dire ça comme ça. Il m'a vraiment méprisé jusqu'à sa mort. Deux mois avant sa mort, il s'était aperçu que, finalement, je n'étais pas si mal que ça. Mais, donc, je n'ai jamais eu de père. Mais, qu'est-ce que je voulais dire par rapport à, si ça, c'est plus... Oui, de l'oncle, vous étiez parti sur l'oncle qui avait abusé votre mère. Oui, alors lui, je ne l'ai pas connu.

Mais, a priori, quand elle avait, je ne sais pas, 15, 16 ans, 14 ans, je ne sais pas trop, elle est partie faire un stage. Il était boulanger, je crois. Elle est partie vivre chez lui. Et puis, ça s'est mal passé. Enfin, voilà.

16:51
Présentateur

Moi, je vous conseille comme ça dans un premier temps. Et puis, de toute façon, vous êtes... Je crois que vous êtes dans le désir, là, maintenant, de remettre les pièces du puzzle en place. Moi, je vous conseille, là, déjà, dans un premier temps, écrivez, écrivez ce qui vous passe par la tête de temps en temps.

17:07
Invité

Ça vient, petit à petit, j'écris de temps en temps.

17:10
Présentateur

Oui, c'est très bien. Parce que c'est là où, justement, le pré-conscient, l'inconscient, parfois, se manifeste par l'écriture. C'est ça qui est très étonnant. Parfois, mieux que par la parole. Oui. Ça peut... Et puis, tout doucement... Écoutez, vous avez fait le plus dur, si je puis dire. Vous êtes arrivé jusque-là. Maintenant, faites-vous confiance. Et puis, tout doucement...

17:36
Invité

C'est un combat de toute une vie. Oui, c'est un combat de toute une vie, franchement.

17:41
Présentateur

Mais la vie est un combat,

17:44
Invité

de toute façon. C'est sûr. La vertu de ces émissions, de cette émission, de Brigitte Lahaye, c'est aussi que vous puissiez témoigner tous ceux-là qui témoignent, toutes celles et ceux qui... Et que, quelque part, vous êtes entendus. C'est un peu un bout de guérison. Ça fait du bien. Oui, ça fait du bien. Brigitte vous a invité vendredi. Si vous avez... On ne sait jamais. Ça peut être intéressant de réintervenir. Alors, je vais essayer. Si je travaillerai, ça va dépendre si j'ai le temps. Je ne vais pas gagner du tout. Mais...

18:12
Présentateur

Ce n'est pas grave. Ça n'a pas d'importance. Vous pourrez l'écouter en podcast, de toute façon.

18:16
Invité

Oui, c'est une signature. Mais voilà, c'est... Je ne sais plus ce que je voulais te dire par rapport à ce que vous venez de dire. Oui, les interventions, tout ça. Oui, voilà. Je suis parti d'un groupe de paroles pour les hommes réservés aux hommes. Alors oui, mais il y a ses faiblesses. C'est un groupe de paroles réservé aux hommes abusés par des hommes ou par des femmes. Et les deux intervenantes, les deux animatrices, sont des femmes. Et elles voient ça, voilà. Elles voient ça avec un regard de féministe. Et un regard... Enfin, c'est un peu décalé, quoi. Je veux dire, elles ne sont pas... Donc, ça fait du bien. Mais ça ne fait pas vraiment que du bien non plus. Ça énerve.

18:50
Présentateur

Non, non, mais ça, c'est le problème des femmes qui ne comprennent pas toujours ce qu'est un homme. Et on est très, très différents. Et je crois que c'est toujours la difficulté.

19:01
Invité

Écoutez, pensez à l'avenir. Organisez-vous même un groupe ? J'ai l'intention de quand je vais réussir. Enfin, j'espère un jour réussir à surmonter...

19:11
Présentateur

Oui, si, vous allez réussir. Vous l'avez dit. Non, non, ne revenez pas en arrière.

19:15
Invité

Eh bien, après, oui, j'aimerais bien, effectivement, faire quelque chose. Une thérapie, peut-être de groupe, j'en sais rien, mais pour les personnes qui ont été incestées. Et à priori pour les hommes, mais pourquoi pas pour les femmes aussi. Non, parce que ce que je veux dire, excusez-moi dans votre groupe de parole, parce que ce sont des femmes qui ont été elles-mêmes abusées ? Non, je ne pense pas. Elles ne le disent pas.

Eh oui, mais vous voyez, je vous disais, l'intérêt des groupes de parole, comme ça, c'est quand il y a une parole partagée, c'est-à-dire dans le sens où vous, par exemple, je parlais de vous, mais imaginez qu'un jour vous recevez d'autres hommes abusés, vous allez pouvoir partager vos... Justement, c'est ça que je veux faire. C'est un truc où on soit pas sur un rapport sur une échelle de valeur. Parce que moi, quand je vais voir des petits, et tout ça, je trouve qu'ils sont toujours un peu sur leurs pieds d'estiles. Ah bah, moi, je suis psy, je connais. Il n'y a pas plus prétentieux qu'un psy. Oh là là, c'est terrible, psy.

20:07
Présentateur

Ils ne sont pas tous comme ça. Pas tous, mais oh là là. Ils ne sont pas tous comme ça. Mais beaucoup sont comme ça. Malheureusement. Et surtout, beaucoup de... Surtout psychanalystes, d'ailleurs. Enfin, encore que... Ils n'ont pas vraiment vécu dans le sexe. Ils sont montés vite dans la psychanalyse parce que, justement, ils ont des casseroles derrière eux. Ça n'engage que Brigitte. Ça n'engage pas moi.

20:28
Invité

Ce n'est pas grave. Je suis assez d'accord. Je suis assez d'accord. Et beaucoup de gens, inféliciement... Donc, moi, ce que je voudrais, c'est faire un truc où on soit sur un rapport d'égalité. Bien sûr. Il n'y a pas un sachant et un écoutant. On échange des choses et on essaye de se faire du bien. Et de se comprendre, du coup, puisque tout le monde... C'est un des classes que je trouve étranges, surtout vous, ayant été abusés par deux femmes. Vous vous retrouvez avec deux femmes qui, à priori, ne savaient rien d'elles et puis elles écoutent vos histoires et puis elles vous dites qu'il y a quelque chose d'étrange. Elles sont à côté de la plaque. Franchement, moi, ça ne m'a pas...

Sur le coup, oui, je suis content, mais après, finalement, ça m'a plus énervé qu'autre chose.

21:07
Présentateur

Et si ça vous énerve, essayez de voir pourquoi ça vous a énervé. Ça vous fera avancer, ça.

21:12
Invité

En revanche. Si vous voulez, c'est des arguments qui m'ont sorti. Moi, quand je vais, par exemple, sur les réseaux sociaux, j'y vais peu, mais quand je tombe, c'est récurrent sur des trucs, des groupes de féministes un peu radicales, beaucoup même, qui sont dans la haine de l'homme et qui me remettent tous les péchés du monde sur le dos et qui disent qu'en gros, la fameuse phrase en ce moment qu'on voit partout, pas tous les hommes mais toujours des hommes, ben non, j'en suis la preuve, pas toujours des hommes, non, peut-être beaucoup plus d'hommes, mais des femmes aussi et les statistiques sont complètement faussées parce que les hommes se taisent, ont honte, ne disent rien.

21:47
Présentateur

Oui, puis attendez, derrière des filles abusées, il y a des mères qui se sont dues et qui sont un peu complices. Il faut arrêter. Bien entendu. Mais bien sûr. Exactement.

21:57
Invité

Bien entendu. Et quand on voit les affaires Epstein et tout ça, il y a pas mal de femmes. Pour moi, tout ça, c'est des bêtises. C'est la méchanceté, la brutalité, la folie n'est pas du fait des hommes. Les femmes ont, même si ça peut se présenter différemment, des violences plus psychologiques mais qui ne sont pas moins graves pour autant. Mais vous voyez, dans votre groupe, c'est juste, moi, ce que je pointais, c'est le fait, c'est pour ça que je vous ai demandé ont-elles été, elles, abusées ? Parce qu'elles soient féministes, très bien. Moi, j'applaudis.

mais je trouvais intéressant si ça avait été des féministes elles-mêmes abusées pour pouvoir partager des expériences de personnes abusées. C'est ça que je voulais dire.

22:32
Présentateur

Oui, mais moi, avec le mot féminisme, je commence à me méfier de tous ces mots en isme. Je ne sais pas pourquoi. Je commence à m'en méfier. Pour moi, le problème,

22:40
Invité

ma tolérance s'arrête

22:44
Présentateur

à partir des mots en féminisme, si vous voyez ce que je veux dire. Merci beaucoup, Eric, en tout cas, de cet échange parce qu'on a besoin aussi de... Justement, on a besoin que les hommes témoignent qu'eux aussi peuvent être des victimes. On fait une petite pause, on se retrouve dans un instant avec le sexo-conseil du jour. On va parler du tantra et puis, on aura... C'est Aurélie qui va prendre la parole dans un instant.

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