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interviewEurope 1 — La Grande interview· 6 mai 2026 21 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Jérôme Guedj

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 La grande interview Europe 1 C News Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1 c'est Jérôme Gatch, bonjour à vous Député socialiste de l'Essonne parlons de ce qui concerne les français le pouvoir d'achat en France, les prix continuent de flamber à la pompe, côté carburant Hier le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé qu'il allait changer d'échelle pour adapter les dispositifs au soutien de l'activité avec de nouvelles aides possiblement annoncées la semaine prochaine Qu'est-ce que vous recommandez ? Est-ce que vous demandez des baisses de taxes, un plafonnement des prix, quelles sont vos solutions ?

0:34
Jérôme Guedj

D'abord il faut aller plus vite, ça fait plus de 60 jours qu'il y a ce conflit ça fait depuis la fin du mois de février qu'on alerte sur la nécessité de s'attaquer au sujet de préoccupations majeures de nos concitoyens c'était le cas auparavant, le pouvoir d'achat était l'inquiétude déterminante de l'ensemble de nos concitoyens et là on vient les mettre devant la plus grande des injustices les gens ont besoin de leur voiture pour beaucoup de choses, pour aller travailler, pour s'occuper des enfants pour aller faire les courses, pour s'occuper d'un proche malade ou âgé et notamment en dehors des métropoles si les prix explosent à la pompe alors c'est la dignité de chacune des personnes qui est questionnée or, et j'en veux au gouvernement il y a eu ce sentiment d'un flottement généralisé nous quasiment dès le premier jour on a rappelé une mesure qu'avait prise Michel Rocard en 1990, vous vous rappelez la guerre d'invasion du Koweït quelques jours après, le 8 août, Michel Rocard prend un décret pour bloquer les marges des distributeurs et c'est que depuis ce week-end que le gouvernement nous dit on va demander plus de transparence pour voir s'il y a des marges qui ont explosé de manière inattendue

1:38
Présentateur

les distributeurs disent qu'ils ne font pas de marges très très peu en réalité

1:40
Jérôme Guedj

je vais vous dire une chose moi je suis pragmatique il faut utiliser toutes les cordes possibles si il faut moduler les taxes et de faire ressusciter ce que Lionel Jospin aussi, autre socialiste avait mis en place une taxe flottante utilisons-le s'il faut bloquer les marges utilisons-le s'il faut aussi en faire appel à ce que moi j'appelle le patriotisme économique parce qu'il y a un Total Bashing c'est un grand distributeur un grand pétrolier en volume et c'est une entreprise française

2:08
Présentateur

bravo quand même à Total d'être un grand champion français

2:10
Jérôme Guedj

moi j'ai aucun problème avec les grandes entreprises françaises voilà moi je suis fier des entreprises françaises qui rayonnent à l'international simplement je veux qu'il y ait une forme de patriotisme qu'elles payent leurs impôts quand elles ont à y être soumis et dans un moment comme celui-ci peut-être un moment de rendre au pays qui leur a permis et donc tout ce qui est en dehors de la contrainte et qui leur dit écoutez elles le font déjà avec des tarifs avec le plafonnement avec le plafonnement peut-être qu'elles peuvent aller plus loin parce que les français dont je parlais tout à l'heure ils lisent le journal ils écoutent les chaînes d'info et ils voient que le premier trimestre Total a fait 50% d'augmentation de ses dividendes

2:44
Présentateur

de ses bénéfices à l'étranger d'accord

2:47
Jérôme Guedj

d'accord oui mais sauf que là c'est une entreprise française et quand je parle de patriotisme économique de la même manière qu'on demande aux français et bien d'avoir une attitude responsable peut-être de limiter leur déplacement quand on peut le faire et bien on peut peut-être demander à ces grandes entreprises de réduire les dividendes qui sont versés et que les milliards d'euros qu'elles ont engrangés dans cette crise énergétique et bien qu'on les rende en priorité voilà dans une sorte de préférence donnée à leur pays d'origine à au pays alors Patrick Pouyanné

3:15
Présentateur

qui est le patron de Tonal Énergie dit alors si vous nous nous on fait le plafonnement des prix mais si en plus vous nous taxez nos profits alors les deux c'est pas possible on va pas avoir le beurre et l'argent du beurre

3:23
Jérôme Guedj

il a raison ?

c'est pour ça que je dis qu'il faut utiliser tous les instruments qui sont disponibles le volontarisme des entreprises et en leur disant parce qu'il n'y a pas que Total il y a d'autres distributeurs il y a de la grande distribution il y en a d'autres de leur dire écoutez voilà si jamais vous n'êtes pas dans cet effort collectif dans ce sens de la responsabilité alors il y aura des outils de contrainte le blocage des marges et puis on y ajoute et vous l'avez mentionné le fait que s'il y a et c'est le cas des rentrées fiscales supplémentaires liées à la crise pétrolière alors il faut qu'à l'euro près ce soit rendu à nos concitoyens ça c'est pour le gouvernement ça c'est pour le décret qui a été pris ce dimanche pour l'instant il concerne que 3 millions de français c'est un chèque de 50 euros

4:04
Présentateur

il faudrait aller à 10 millions 15 millions

4:05
Jérôme Guedj

en tous les cas il ne faut pas réduire uniquement à ceux qui utilisent leur voiture pour des raisons professionnelles parce que pour l'instant c'est le critère déterminant utilisé je crois c'est plus de 15 kilomètres la distance domicile travail encore une fois moi je pense à des situations très concrètes une personne qui doit aller visiter en maison de retraite tous les jours ou le plus régulièrement son proche ou accompagner une personne en situation de handicap si vous lui dites vous ne pouvez pas le faire avec votre voiture et bien on va mettre dans la grande difficulté et il faut aussi que ça ne se concentre pas uniquement pour les autres aides sur des professions c'est le cas aujourd'hui de la pêche c'est le cas de l'agriculture c'est le cas des gros rouleurs mais encore une fois je reprends l'exemple des personnes vulnérables moi c'est quelque chose auquel je suis très sensible les infirmières libérales les aides soignantes les aides à domicile qui font des dizaines et des dizaines de kilomètres tous les jours

4:54
Présentateur

elles sont dans le dispositif gros rouleurs ?

4:55
Jérôme Guedj

non pour l'instant elles ne les seront pas les aides à domicile et les infirmières libérales ça coince pour les faire rentrer dans le dispositif hormis le dispositif à 50 euros mais 50 euros en une seule fois pour celles-là ça ne suffit pas parce qu'elles font plusieurs centaines de kilomètres par semaine exactement

5:10
Présentateur

vous avez déposé une proposition de loi pour taxer les super-profits oui c'était une des manières des entreprises réalisant plus de 750 millions de chiffres d'affaires est-ce que ce n'est pas une vision encore collectiviste sociale étatiste de l'économie Jérôme Gage ?

5:21
Jérôme Guedj

écoutez il y a des moments où il faut avoir taxer, taxer, taxer je prolonge ce que je viens de vous dire si spontanément Total et les entreprises concernées disent écoutez moi d'une certaine manière je vais rogner je vais auto-rogner sur mes super-profits bon ben on aura eu la menace qui est cette proposition de loi et ils auront fait oeuvre utile mais sur le fond on avait déjà eu ce débat sur les super-profits au moment de la guerre en Ukraine sur le fond quand il y a des situations anormales

5:48
Présentateur

Total Tartphone s'est pris depuis la guerre en Ukraine

5:50
Jérôme Guedj

et il y a certains acteurs de l'économie qui volontairement ou involontairement engrange des profits anormaux pendant une période d'instabilité internationale et de crise pour le pouvoir d'achat des français moi ça ne me choque pas encore une fois je mets ça sur le compte de la responsabilité individuelle et collective et de ce que je redis comme terme le patriotisme économique c'est un beau mot être patriote mais quand on le revendique et bien ça suppose à un moment donné qu'on fasse attention à ce qui se passe dans son pays

6:15
Présentateur

Jérôme Gage on parle des dépenses contraintes le carburant en est une il y a aussi quelque chose que vous avez noté qui concerne les mutuelles parce que la note continue de grimper pour les assurer malgré le gel des tarifs imposé par la loi sur le budget de la sécu et bien une grande enquête montre que 98% des personnes interrogées ont subi des augmentations de cotisations cette année comment y remédier ?

6:35
Jérôme Guedj

Je vous remercie d'abord de parler d'un sujet dont on ne parle pas suffisamment dans le débat politique c'est le fonctionnement de notre système de santé voilà moi je suis candidat à l'élection présidentielle parce que je veux qu'on parle des sujets du quotidien qui ne sont malheureusement pas au coeur des débats sur les plateaux ou dans les journaux et la santé c'est avec le pouvoir d'achat et la sécurité une des trois préoccupations et moi je veux m'attaquer aux préoccupations de tous les français il n'y en a aucune qui est taboue et sur la question de la santé je suis inquiet sur l'état de notre système sur le fonctionnement de l'hôpital sur l'accès aux soins les déserts médicaux les inquiétudes la perte de chance qu'on a quand on n'arrive pas à avoir un rendez-vous suffisamment tôt les dépassements d'honoraires et donc on en revient à ce système atypique en France où on a la sécurité sociale d'un côté et des complémentaires qui ne sont pas que des mutuels il y a aussi des assureurs privés et les gens voient l'explosion des tarifs de ces complémentaires santé 25% d'augmentation ces trois dernières années vous avez mentionné le gel des tarifs c'est un amendement que j'avais fait voter en décembre dernier et c'est assez dramatique mais la loi n'est pas respectée c'est à dire que la loi dit les tarifs 2026 ne doivent pas augmenter par rapport aux tarifs 2025 et l'enquête que vous mentionnez qui a été faite par l'UFC Que Choisir montre qu'il y a tous ont appliqué une augmentation et donc moi je souhaite que 1.

on respecte la loi et 2.

qu'on ouvre ce débat de savoir comment on peut contenir alors on a besoin d'organismes complémentaires en matière de prévention mais peut-être qu'il faut se dire que ce serait peut-être plus simple d'avoir un système où c'est la sécurité sociale qui rembourse tout vous savez ça existe déjà en France on ne le sait pas du tout ici en Alsace-Moselle c'est historique on a un système où les 2 millions de salariés en Alsace-Moselle sont couverts quasiment à 100% par le régime d'assurance maladie là-bas et vous savez quoi ce régime il est excédentaire il a 450 millions donc on a des choses qui fonctionnent en France ne soyons pas dogmatiques et posons-nous ces questions très concrètes en termes de pouvoir d'achat et en termes de fluidité du parcours de soi

8:24
Présentateur

Jérôme Gage le vrai problème aussi des français c'est que le travail ne paye pas assez qu'il y a un vrai décalage sur leur salaire entre pour ceux qui ont la chance d'être salariés le brut et le net comment est-ce que vous faites pour rapprocher le brut et le net le fossé n'a cessé de se creuser au cours des dernières années est-ce que le travail paye assez et est-ce qu'il ne faut pas travailler plus

8:45
Jérôme Guedj

je vais prendre les deux questions dans l'ordre est-ce que la dignité au travail et une rémunération digne là aussi j'évoquais les préoccupations premières sur le pouvoir d'achat évidemment que c'est le sujet dont on parle partout il y a deux questions est-ce que les entreprises peuvent augmenter les salaires je pense que oui je continue à défendre

9:05
Présentateur

avec les charges qui pèsent sur elles

9:06
Jérôme Guedj

non mais je vais vous dire je continue à défendre une augmentation du SMIC vous savez aujourd'hui au SMIC les charges moi je préfère le terme de cotisation sociale qu'elles soient patronales ou salariales il n'y en a quasiment plus les exonérations de cotisation sociale au niveau du SMIC je crois qu'une entreprise elle paye 73 euros de cotisation patronale vous avez regardé sur votre feuille de paye pour un niveau du SMIC non mais je vous parle là je vous parle là vous voyez les petites lignes là où il y a marqué je connais par coeur je suis un amoureux du financement de la protection sociale parce que ça finance notre modèle là où vous avez raison c'est qu'il faut que le financement de notre modèle de protection sociale a fortiori dans une évolution avec le recours à la robotisation et à l'intelligence artificielle soit différent le financement de la sécu il repose au deux tiers aujourd'hui sur la masse salariale il faut qu'on revoie ça il faut que l'intelligence artificielle les investissements dans les entreprises soient mis à contribution pour financer le modèle social mais il faut aussi qu'on ait des contreparties à tout ça je reprends une proposition de Marylise Léon la patronne de la CFDT qui est souvent connue pour des positions modérées si on fait des exonérations de cotisations sociales alors il faut qu'il y ait des contreparties ce qui n'est pas le cas aujourd'hui je vous prends un exemple et un sujet sur lequel moi je souhaite me battre si le salarié reste au SMIC on pourrait considérer que le SMIC c'est le salaire d'entrée pour des métiers faiblement qualifiés mais s'il reste 2 ans, 3 ans, 4 ans, 6 ans 7 ans au SMIC est-ce que c'est légitime de maintenir les exonérations de cotisations sociales donc moi je reprends la proposition de la CFDT qui dit au-delà de 2 années au SMIC l'entreprise ne doit plus bénéficier d'exonérations de cotisations et donc elle va être incitée à augmenter les salaires il faut réviser les grilles de classification donc le SMIC une négociation salariale et un élargissement du financement de la sécurité sociale à d'autres ressources que sont notamment l'intelligence artificielle la robotisation bref à chaque fois que la machine va remplacer un salarié et bien il faut que cette machine elle cotise d'une manière ou d'une autre à la sécurité sociale ce qui n'est pas le cas aujourd'hui

11:08
Présentateur

sur le temps de travail vous ne m'avez pas répondu est-ce qu'il faut travailler plus est-ce que vous voulez qu'on revienne sur la semaine et 35 heures mais en allant à 32 heures ou est-ce que vous dites les français doivent travailler plus

11:17
Jérôme Guedj

moi je vais vous dire on doit travailler plus mais surtout en travaillant tous le vrai problème dans notre pays c'est le taux d'emploi des jeunes et le taux d'emploi des seniors si les entreprises arrêtent de mettre dehors ce qui est le cas aujourd'hui à partir de 55 ans leurs salariés pourtant les plus expérimentés mais pour eux les plus coûteux alors on n'a plus de problème de financement de notre système de protection sociale et donc je vous parlais des exonérations de cotisation sociale moi je suis pour les cibler pour que les entreprises embauchent plus et mieux les jeunes et surtout gardent plus longtemps les seniors au moment où je vous parle je ne vais pas vous dire qu'on va s'engager dans un mouvement de réduction du temps de travail par contre je défends je défends l'idée de travailler mieux aujourd'hui le problème dans l'entreprise c'est la qualité de vie au travail c'est les conditions de travail et c'est peut-être même l'organisation et une des propositions que je mets sur la table moi c'est à défaut pour l'instant de pouvoir continuer le mouvement de réduction du temps de travail on fête là les 90 ans du front populaire qui l'avait très largement engagé par contre en termes d'organisation du temps de travail je défends l'idée d'une semaine de 4 jours partout on peut la mettre en oeuvre sans réduction du temps de travail parce que ça ça va améliorer la vie des salariés là où on peut le faire ça va libérer non on fait les 35 heures sur 4 jours ce qui va libérer une journée pour s'occuper de ses proches pour s'engager dans la vie associative pour avoir du temps pour soi-même ça va être bénéfique en termes de sobriété énergétique parce que ça fait une journée de transport de moins vous voyez on dit souvent il n'y a pas d'idée novatrice à gauche etc moi j'essaye d'avoir cette idée de compromis je suis attaché au principe de la réduction du temps de travail je suis lucide sur le fait que dans le moment où nous sommes c'est peut-être pas la priorité qui peut être mise sur la table par contre pour les salariés là où il y en a certains c'est inégalitaire qui bénéficient par exemple du télétravail les cadres et certains bénéficient du télétravail et donc ils ont déjà une semaine de 4 jours sur leur lieu de travail et une journée à la maison est-ce qu'on ne peut pas l'étendre à d'autres métiers à des ouvriers à des employés en disant vous allez travailler plus sur une journée à condition qu'il n'y ait pas de pénibilité accrue et de risques médicaux pour vous sur la santé mais il y a partout on peut le faire et ça c'est les partenaires sociaux qui peuvent le négocier dans les entreprises c'est déjà expérimenté dans la fonction publique c'est déjà expérimenté dans plein d'entreprises et ça ça va changer la vie concrètement de plein de gens parce que quand vous avez une journée supplémentaire pour vous encore une fois pour les loisirs non c'est pas les loisirs vous savez aujourd'hui quand vous êtes un proche aidant d'une personne âgée ou d'une personne handicapée vous n'êtes qu'entend de pouvoir aménager votre temps de travail quand vous avez des enfants en bas âge et que vous pouvez passer un peu plus de temps avec eux quand vous voulez vous engager dans la vie associative c'est-à-dire dans la solidarité et dans le lien social quand vous voulez vous engager dans la vie politique à l'échelle de votre ville en étant conseiller municipal de votre village et bien c'est bien de pouvoir concilier une vie professionnelle et puis une vie personnelle je pense que c'est ça le point d'équilibre intelligent qu'on peut retrouver

14:08
Présentateur

Jérôme Gatch quelques questions politiques hier l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi dite philippine du député Charles Rodouet en mémoire de cette jeune fille violée et tuée par un Marocain sous OQTF pour rallonger la durée de rétention en crâne des criminels et terrorisés étrangers on passerait de 90 jours à 210 jours vous vous êtes opposé pourquoi ?

14:26
Jérôme Guedj

mais parce que il n'y a pas d'efficacité avérée moi je suis vous savez sur les questions d'immigration là aussi un pragmatique je n'ai aucun tabou à aborder ce sujet tout simplement parce que c'est une politique publique qui comme toutes les autres doit être évaluée au regard de son efficacité or que nous disent on parle de terroristes non mais je sais bien

14:44
Présentateur

d'individus extrêmement dangereux

14:45
Jérôme Guedj

ce que je veux dire c'est quand on n'arrive pas à faire la reconduite dans les 20 premiers jours alors on n'y arrive pas à faire 85% des reconduites à la frontière enfin en tous les cas de l'exécution des OQTF se fait dans les premiers jours parce qu'on a tous les éléments le laisser passer consulaire l'acceptation du pays d'origine et donc prolonger de 90 à 210 jours va peut-être pendant cette période-là dire au moins la personne est sous contrôle mais l'effectivité de la reconduite ne sera pas garantie donc moi je consorte d'une approche idéologique la question de l'immigration je veux la traiter pour ce qu'elle est une politique publique il y a des choses qui marchent et des choses qui ne marchent pas il y a une ligne que moi j'assume totalement je ne suis pas un sans-frontieriste pour ouvrir les frontières mais je ne suis pas non plus dans le discours catastrophiste qui pourra dire on pourra les fermer moi j'assume qu'on soit dans une logique d'immigration planifiée planifiée ça veut dire qu'on est souverain je préfère le terme de planifier parce que

15:43
Présentateur

planifier c'est de dire

15:46
Jérôme Guedj

voilà ce que le pays peut accueillir dignement pour les personnes voilà parce que voyez-vous

15:53
Présentateur

il y a des frontières qui ne sont pas des passoires pour ça

15:54
Jérôme Guedj

je suis en effet pour que les frontières ne soient pas des passoires mais il y a un principe qui est que une fois que les personnes sont sur le territoire il faut qu'on s'assure que ça ne perturbe pas l'équilibre du pays c'est pour ça que moi je suis pour une politique d'intégration qui soit musclée bien plus qu'elle ne l'est aujourd'hui ou quand des personnes arrivent les conditions d'accueil ne sont pas dignes pour elles ni pour le pays

16:16
Présentateur

encore une question sur l'audiovisuel public le rapport de Charles Aloncle a été rendu public hier on en a entendu parler il y a beaucoup de préconisations dans ce qu'il propose qu'est-ce que vous retenez ? est-ce que vous pensez que le service public doit être réformé et notamment en termes financiers et d'impartialité ?

16:33
Jérôme Guedj

je vais être cohérent avec ce que je viens de dire comme toute politique publique la politique de l'audiovisuel elle peut être questionnée interrogée réformée mais pas avec des œillères idéologiques et je trouve que c'est un gâchis cette commission d'enquête la forme a probablement empêché un travail de fond intelligent vous savez moi je participe à d'autres commissions d'enquête qui font moins de bruit qui font moins de buzz qui font moins de clash mais qui sont parfois plus efficaces à l'Assemblée nationale donc moi je suis attaché au service public audiovisuel parce que vous savez il a des missions que peut-être vous n'avez pas vous ici sur des chaînes privées il y a trois missions au service public audiovisuel il y a la question de cultiver éduquer d'informer et de divertir et toutes ces missions elles ne peuvent pas être rentables elles ne peuvent pas être soumises à la loi du marché divertir

17:19
Présentateur

c'est l'audiovisuel public ça ?

17:20
Jérôme Guedj

c'est pas cultiver

17:21
Présentateur

éduquer d'abord ?

17:22
Jérôme Guedj

cultiver éduquer et divertir ces trois missions sont le triptyque sur lequel l'audiovisuel public peut se construire

17:27
Présentateur

la télé-réalité c'est chouette ?

17:29
Jérôme Guedj

c'est pas ma tasse de thé idéale mais on devrait payer pour ça ? à ce compte là on va mettre des critères moraux ou d'appréciation sur est-ce que telle est-ce qu'une série télévisée est-ce que de la production audiovisuelle est-ce que c'est fait pour divertir ?

les jeux oui mais en tous les cas il y a cette palette de réponses divertir cultiver et informer tous ces éléments n'ont pas le même niveau de rentabilité et donc il y a un équilibre et ça j'ai pas de problème pour qu'on le questionne mais pas avec allez on va dire la tronçonneuse de monsieur Milley en se disant on va privatiser l'audiovisuel public j'ai bien entendu que c'est pas la proposition monsieur Alloncle mais c'est celle du rassemblement national avec en plus comme souvent avec eux un problème de sérieux budgétaire et de crédibilité parce que si on le fait le marché publicitaire il est pas extensible ça veut dire qu'on se prive d'une offre

18:19
Présentateur

et sur l'impartialité du service public il faut imposer un devoir de neutralité sur certaines antennes est-il respecté tout le temps ?

18:25
Jérôme Guedj

ce qui est important c'est le devoir de pluralité on a déjà eu le débat je suis pas un grand fan des chaînes d'opinion je le dis ici il peut exister des chaînes d'opinion mais je préfère vous êtes une chaîne d'information mais qui est aussi une chaîne d'opinion qui a une couleur politique et si j'avais un seul conseil à vous donner je ne vous en donne pas moi je ne vous en donne pas je fais toujours attention je fais toujours attention aux dernières questions que je pose pendant cette interview matinale mais là où il y a du pluralisme il y a plus de crédibilité

18:54
Présentateur

quand on pense tout sa même chose on ne pense rien je suis d'accord

18:57
Jérôme Guedj

mais quand on organise la contradiction et la confrontation

19:00
Présentateur

comme Montaigne le disait

19:02
Jérôme Guedj

on se lime la cervelle plutôt que d'être vous savez ce dont on crève dans notre pays c'est d'avoir des gens qui pensent la même chose entre eux et qui pensent que on appelle ça des safe zones moi je préfère la confrontation la dispute apaisée si la politique et le débat public pourraient renouer avec ça et en introduisant un peu de nuances

19:19
Présentateur

je crois qu'on somme l'exemple ce matin même

19:21
Jérôme Guedj

c'est pour ça que je viens sur ces interviews parce que parfois on m'engueule un peu en me disant mais pourquoi tu vas là-bas parce que moi je m'adresse à tout le monde je suis candidat à l'élection présidentielle donc je veux m'adresser mais c'est la raison pour laquelle je viens mais par contre parce qu'il m'arrive de regarder la chaîne mettre de la nuance dans le débat c'est aussi faire le pari de l'intelligence collective et dans ce pays dans les moments d'adversité on a besoin de ça

19:42
Présentateur

un dernier mot concernant la candidature de Jean-Luc Mélenchon je suis très content qu'on ait très peu parlé vous voyez on a 30 secondes donc vous allez avoir 30 secondes pour parler de lui il appelle à une nouvelle alliance populaire cette fois-ci vous dites non non non à Jean-Luc Mélenchon

19:56
Jérôme Guedj

oui je confirme j'ai déjà dit non dans le passé en refusant d'être élu en partenariat avec lui la rupture elle est évidemment totale pour un principe moi je suis un républicain je suis un socialiste républicain je suis dans la filiation de Léon Blum j'ai parlé tout à l'heure des 90 ans du front populaire un socialiste exigeant on peut aimer ou pas aimer et un républicain absolument intransigeant donc tout sauf Mélenchon Jean-Luc Mélenchon ma candidature elle est aux antipodes de ce que représente Jean-Luc Mélenchon je suis pour la république la laïcité l'universalisme je suis pour être une gauche crédible et sérieuse et pas du yaka-faucon avec des listes de course qu'on n'est pas capable de financer il faut du sérieux budgétaire et puis je suis pour introduire ce qui sera absolument indispensable y compris après 2027 une culture de compromis parce que personne ne peut avoir raison tout seul dans la période la vie politique française elle est éclatée il faut qu'on renoue avec cette culture du compromis ce qui veut dire on peut avoir des convictions mais qu'on est capable de discuter avec celui qui ne pense pas comme vous

20:47
Présentateur

et bien merci beaucoup d'être venu Jérôme Guedj bonne journée à vous

20:50
Jérôme Guedj

merci Jérôme Guedj merci Laurence Ferrari restez avec nous sur Europe 1 dans un instant vos signatures du mercredi à tout de suite

La grande interview de Laurence Ferrari avec Jérôme Guedj — Jérôme Guedj · Pourquijevote