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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 4 juin 2024 37 min

"On risque de voir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe", dénonce Valérie Hayer

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, la radio des Européennes, Nicolas Demorand. Et à 5 jours des Européennes, nouvelle matinale grand format sur France Inter. Vous connaissez maintenant le principe. D'abord un entretien sur le programme et l'actualité avec Yael Gauze, puis des zooms sur l'écologie, l'international et l'économie. Après 9h, deux jeunes citoyennes qui votent pour la première fois aux Européennes. Nous rejoindrons pour débattre avec la tête de liste, amis auditeurs, amis auditrices. Vous aurez également la parole au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Valérie Ayet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Merci d'avoir accepté notre invitation.

Vous êtes tête de liste, besoin d'Europe, majorité présidentielle et redéputée sortante. Après l'entretien avec Yael, place donc aux spécialistes et aux éditorialistes du 7-10. Célia Quiré vous interrogera sur les normes environnementales. Pierre Aski sur les futures alliances au Parlement européen. Et Dominique Seux sur votre projet d'un emprunt à 1000 milliards d'euros pour financer de grands projets en Europe. Mais d'abord cette question que nous avons posée à toutes les têtes de liste dans ces matinales spéciales. Réchauffement climatique, guerre en Ukraine, élections présidentielles incertaines aux Etats-Unis en novembre prochain.

Les élections européennes, vous le savez, existent depuis 1979. Alors, est-ce que celles de 2024 sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin ?

1:40
Valérie Hayer

Oui, elles sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin pour les raisons que vous avez évoquées. Les défis qui sont devant nous. Et puis parce que, regardons le monde. On a Vladimir Poutine à l'Est qui nous menace. Le possible retour de Donald Trump aux Etats-Unis. Xi Jinping. Et dans ce monde, on n'a jamais eu autant besoin d'Europe pour répondre aux défis que vous avez évoqués. Et le paradoxe, donc un premier élément qui explique que ces élections soient historiques. Et deuxième élément, le paradoxe, c'est que alors même qu'on n'a probablement jamais autant eu besoin d'Europe, on a un risque de voir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe.

Les voir arriver en nombre qui vont nous empêcher de travailler. Et donc, c'est toute la machine qui risque de s'enrayer. Ce n'est pas anodin pour les Français. Simplement pour donner quelques exemples sur le mandat qui vient de se terminer. Si les amis de Jordan Bardella avaient été si nombreux au point de nous empêcher de travailler, on n'aurait pas pu voter les 70 lois qui nous permettent de lutter contre le réchauffement climatique. On n'aurait pas pu avoir le plan de relance.

Cette aide européenne qui a permis de sauver des centaines de milliers d'emplois de vos auditeurs, probablement, et même de la maison ou de la radio, qui a permis de sauver les restaurateurs, le secteur du tourisme ou Air France, par exemple. On n'aurait pas pu, comme ça a été décidé il y a quelques semaines, interdire TikTok Lite. TikTok Lite, c'est quoi ? C'est une nouvelle application qui faisait que plus les jeunes regardaient des vidéos, plus ils bénéficiaient de bons d'achat sur Amazon. C'était la marchandisation de nos ados. On a dit non, et c'est le rapport de force qu'on est en train de faire vis-à-vis notamment des géants du numérique.

Et tout ça, c'est possible parce qu'on a été ambitieux dans le mandat qui vient. Et demain, le risque, avec des gens qui détestent l'Europe, qui arrivent en nombre au Parlement européen pour tout bloquer, c'est qu'on ne puisse plus répondre ensemble aux défis qui pèsent sur nous.

3:27
Invité

On entend ce que vous appelez le risque, on entend votre combat contre l'extrême droite, mais moi j'ai le souvenir au soir de sa première élection présidentielle, le 7 mai 2017, le soir de sa victoire, Emmanuel Macron dans la cour du Louvre qui dit « Je ferai tout pour que dans les cinq prochaines années, donc d'ici à 2022, les électeurs de Marine Le Pen n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » Je ferme les guillemets. Nous sommes sept ans après, jamais le RN n'a été aussi haut, il pourrait avoir deux fois plus de voix que vous. Qu'est-ce que vous avez raté ?

3:54
Valérie Hayer

D'abord, le combat pour l'Europe, c'est le combat contre l'extrême droite, fondamentalement, parce que l'extrême droite veut détricoter l'Europe. Ensuite, cette dynamique de l'extrême droite, malheureusement, on la voit partout en Europe et je dirais même on la voit partout dans les démocraties occidentales. Vous l'expliquez comment ? Moi, je continuerai de batailler contre l'extrême droite, contre les amis de Jordan Bardella, Marine Le Pen.

4:15
Invité

On a compris que vous allez batailler, mais quelles sont les causes ?

4:18
Valérie Hayer

Je pense que fondamentalement, ce qu'il faut continuer à faire, c'est réformer le pays et être utile, et l'Europe, et être utile aux Français. Probablement et évidemment que tout n'a pas été bien fait, c'est une réalité. Et les Français, aujourd'hui, on est dans un monde qui génère des angoisses, des inquiétudes, des incertitudes. On a protégé les Français grâce à l'Europe, au moment de la crise sanitaire, au moment de la guerre en Ukraine, en travaillant ensemble pour réduire les prix de l'énergie. Et évidemment, la situation économique reste difficile pour les Français.

Elle est moins difficile que dans d'autres pays en Europe, parce qu'il y a eu les mesures européennes, et puis il y a eu des mesures qui ont été mises en place au niveau national. Le bouclier tarifaire, notamment, par exemple, qui a permis de réduire plus qu'ailleurs les prix d'énergie. On a réindustrialisé aussi en France, donc c'est des emplois à la clé. Néanmoins, la situation économique reste difficile.

5:07
Présentateur

Mais est-ce que vous ne payez pas aussi, Valérie Ayé, pardon de vous interrompre, est-ce que vous ne payez pas aussi la réforme de l'assurance chômage, celle des retraites, l'usure du pouvoir après 7 ans ? Est-ce que vous n'êtes pas tout simplement face à un vote sanction dans cette élection ?

5:24
Valérie Hayer

Alors, le contexte politique, il est difficile. Effectivement, on est en responsabilité depuis 7 ans désormais. Mais moi, ce que je dis aux Français, c'est qu'on peut être en colère, se poser des questions sur la politique qui est menée au niveau national. Moi, je dis aux Français, aux auditeurs qui nous écoutent, ce n'est pas l'enjeu de ces élections européennes. L'enjeu, aujourd'hui, il est bien plus grand. C'est notre avenir en Europe, la place de la France en Europe, la place de l'Europe dans le monde. Et ces élections, elles sont extrêmement importantes.

On doit pouvoir emmener au Parlement européen des gens qui sont pro-européens, qui vont continuer de bâtir l'Europe pour permettre de véritablement nous protéger. J'entends certains qui peuvent être les tenants du repli sur soi. Comment on peut imaginer, en 2024, face aux défis qui sont devant nous, qu'on sera plus forts tout seuls ? Évidemment qu'on sera beaucoup plus forts en étant à 27, en travaillant à 27. Moi, j'ai envie, pour protéger les Français, qu'on mette en place une défense européenne. J'ai envie qu'on mette en place un grand plan d'investissement.

C'est le plan que j'ai appelé Jacques Delors, le plan de 1 000 milliards d'euros d'investissement dans les secteurs qui sont stratégiques, de nucléaire, de la santé. Et donc, fondamentalement, je dis aux Français, ne vous trompez pas d'élection. Et j'ai dans cette élection des concurrents qui sont tous projetés sur une autre élection que celle qui nous intéresse aujourd'hui. Moi, je ne suis pas candidate à l'élection présidentielle. Je ne le serai pas. Je suis modestement candidate au Parlement européen. Et je veux que je revienne au Parlement européen avec un maximum de députés européens pour continuer à faire changer les statuts.

6:51
Présentateur

Quelques mots sur la campagne, avant d'en venir à votre programme, Yaël ?

6:54
Invité

Statutairement, vous êtes la tête de liste. C'est bien vous qu'on voit sur les affiches depuis la semaine dernière. Mais ce n'est pas vous qui débattez contre Jordan Bardella, c'est Gabriel Attal. Et quand c'est vous qui parlez à l'auditorium de Radio France comme hier pour un grand oral pour France Info, vous êtes interrompue par Gabriel Attal, encore lui, qui s'invite sur scène et qui prend le micro. Est-ce que vous êtes sous tutelle ? Qu'est-ce qu'en dit la femme politique que vous êtes ? Présidente de groupe, c'est pas rien au Parlement européen.

7:18
Valérie Hayer

D'abord, la femme politique que je suis vous dit que j'ai débattu face à Jordan Bardella. J'ai eu mon face-à-face avec Jordan Bardella, je crois que c'était au mois d'avril. Et je débat toutes les semaines maintenant, plusieurs fois par semaine avec l'ensemble des têtes de liste. Ensuite, depuis le début de la campagne, je subis, entre guillemets, polémique sur polémique. Polémique vaine et stérile sur polémique vaine. Le président de la République parle, on dit qu'il ne devrait pas parler. S'il ne parlait pas, on lui reprocherait de ne pas parler. Le premier ministre s'implique dans la campagne, on considère qu'il est trop impliqué.

Et pardon, quand j'entends qu'on nous ferait des leçons de féminisme par François-Xavier Bellamy, dont on connaît les positions sur les questions des droits des femmes et sur les questions du droit de la famille, c'est insupportable. Et moi, je vous pose une question. Moi, je suis tête de liste. La majorité présidentielle, le président de la République, m'a fait confiance. Je suis une femme tête de liste. En 2019, on avait déjà eu une femme tête de liste.

8:10
Invité

Nathalie Loiseau.

8:11
Valérie Hayer

Elles sont où les numéros 2 de Raphaël Glucksmann, de Jordan Bardella, de François-Xavier Bellamy ? Est-ce qu'ils les mettent en avant ? Non. Donc moi, je suis très fière d'être une femme et d'avoir le soutien du Premier ministre, du Président de la République également. Et franchement, faire ses attaques à Gabriel Attal en sexisme et en misogynie, c'est indigne. Véritablement, il est à mes côtés. Je suis très fière de l'avoir à mes côtés et en aucun cas frustrée.

8:37
Présentateur

L'écologiste Marie Toussaint a eu des mots très durs hier sur cette intervention de Gabriel Attal dans l'auditorium de Radio France. Je la cite, les femmes ne sont pas des paillassons. Je partage cette colère de voir le Premier ministre et le Président de la République s'essuyer les pieds sur Valérie Aigué. Fin de citation. Comment accueillez-vous ce soutien d'une autre tête de liste ? Merci Marie Toussaint ou non merci ?

9:02
Valérie Hayer

Mais je n'ai besoin du soutien de personne. Est-ce qu'on peut me laisser parler, m'exprimer ? Ça suffit. Depuis le début de ma campagne, on m'interroge sur des questions de forme, sur des polémiques. Est-ce qu'on peut enfin parler du fond, du programme, de l'enjeu des 48 propositions, de l'enjeu du risque de voir arriver l'extrême droite qui veut détricoter l'Europe et au Parlement européen ? C'est ça le véritable enjeu. Des mensonges de l'extrême droite de Jordan Bardella qui d'une semaine à l'autre, d'une année à l'autre, change totalement de programme et qui ment au français, qui surfe sur les colères.

Et de mon programme, moi j'ai un programme lucide et ambitieux pour servir l'intérêt des Français.

9:39
Invité

On va y venir. Une dernière question de forme. Jeudi soir, 20h, TF1, France 2 et les chaînes d'info le président de la République interviewé en direct de Caen à l'occasion des 80 ans du débarquement. L'opposition s'insurge contre le risque d'inéquité si près du vote et a saisi l'ARCOM. François-Xavier Bellamy pour les Républicains dit qu'il n'y a pas un pays en Europe où les choses se passent comme ça. Raphaël Glucksmann, hier à ce micro, le président de la République va convoquer tous les médias dans quels pays européens ça pourrait se passer ainsi. Est-ce que vous êtes d'accord avec cet exécutif qui a qu'à part les médias dans les dernières heures de la campagne ?

10:09
Valérie Hayer

On est dans un anniversaire qui est historique. Volodymyr Zelensky sera là. Joe Biden sera là. Charles III sera là. Le monde va nous regarder pour ce 80e anniversaire du débarquement. Et on s'offusquerait que le président de la République parle à cette occasion. Il n'a pas choisi la date du débarquement. Il n'a pas non plus choisi la date des élections européennes. Donc là encore, ça suffit. On est dans un moment important. Par ailleurs, évidemment, qu'il y a un lien avec l'engagement européen. Ce sont des jeunes, l'anniversaire du débarquement, des jeunes canadiens, des jeunes américains qui sont venus et qui ont payé de leurs prix.

10:44
Invité

Ce sera une mémoire politique.

10:46
Valérie Hayer

En tout état de cause, je vous le redis, le président de la République, ne vous inquiétez pas. Il ne viendra pas avec un bulletin Valérie Ayé à l'occasion de ce journal et de cette interview et les journalistes feront leur boulot.

10:57
Présentateur

Valérie Ayé, venons-en à votre programme sur le modèle de l'endettement commun et du plan de relance post-Covid. Vous voulez lever donc 1 000 milliards d'euros d'emprunts. Dominique Seux en parlera avec vous dans un instant très en détail. On note aussi une forte ambition pour la défense puisque vous voulez créer un fonds européen de soutien aux industries d'armement doté de 100 milliards d'euros. On lit aussi que vous voulez élargir les domaines soumis au vote à la majorité qualifiée, rééquilibrer les pouvoirs avec le Parlement européen. Bref, semble, c'est ce qui c'est, une forme de fédéralisme.

Dites-moi si je me trompe, mais contrairement à Marie Toussaint ou à Raphaël Guzman, j'ai l'impression que vous ne l'assumez pas totalement, ce fédéralisme. Oui ou non ?

11:44
Valérie Hayer

Vous savez, parfois en France, il y a des mots qui sont perçus comme des gros mots. Alors celui-là, pour vous, c'en est un ? Pour moi, ça n'en est pas un. Mais on peut mettre...

11:53
Invité

Vous êtes fédéraliste, vous vous le dites ce matin ?

11:54
Valérie Hayer

Moi, je suis aussi dans un groupe libéral. Donc le mot libéralisme, on peut mettre plein de choses dedans. Le mot fédéralisme, on peut mettre plein de choses dedans. Si être fédéraliste, c'est appeler à davantage d'intégration européenne, appeler à remettre en cause le vote de l'unanimité pour être plus efficace dans nos prises de décisions. Si être fédéraliste, c'est travailler ensemble dans la lutte contre le réchauffement climatique, d'en bâtir une défense européenne, dans le fait de mettre en place un grand plan d'investissement dans les secteurs stratégiques pour préserver la paix, la prospérité et la liberté en Europe, eh bien oui, je le suis.

Mais en fait, on ne va pas débattre sur les mots. La réalité, c'est qu'on a besoin davantage d'intégration européenne. C'est une évidence.

12:34
Présentateur

Et l'Europe, vous semble-t-elle donc suffisamment démocratique ? Je le disais d'un mot, faut-il rééquilibrer des pouvoirs entre la Commission et le Parlement ? Que le Parlement est enfin, disent certains, le pouvoir d'initier les lois européennes ? Parce qu'on le rappelle, la Commission qui a l'initiative

12:54
Invité

de faire les lois.

12:55
Valérie Hayer

Donc oui, je suis parlementaire et je demande à ce qu'on puisse avoir davantage de droits et de libertés. C'est simplement parce qu'on représente les citoyens européens et aujourd'hui, on n'a pas ce pouvoir de proposer des lois. Vous pensez que vous l'obtiendrez ? Alors, c'était d'ailleurs un engagement de la présidente actuelle de la Commission européenne qu'elle n'a pas tenu. Donc, c'est l'une des exigences qu'on formulera auprès du prochain ou de la prochaine candidate à la présidence de la Commission. Mais c'est important. Aujourd'hui, on fait des rapports, on dresse des lignes directrices, mais on n'a pas effectivement cette capacité à proposer des lois.

13:27
Invité

Autre fédéraliste, nous recevions hier à ce micro Raphaël Glucksmann, candidat PS Place Publique. Vous estimiez début mars, au début de la campagne, que Raphaël Glucksmann, il votait à 90% comme vous au Parlement européen et qu'il devait être avec vous et qu'il le sait. Est-ce que vous le redites ce matin ?

13:42
Valérie Hayer

J'ai dit au début de la campagne que Raphaël Glucksmann votait 90% comme nous et que François-Xavier Bellamy votait 80% comme nous. C'est la réalité de la situation politique au Parlement européen. Au Parlement européen, il n'y a pas un groupe qui a la majorité à lui tout seul et donc on fait des coalitions. Et moi, j'assume, je préside le groupe Renew, centriste et centrale, sans lequel aucune majorité n'est possible. Et j'assume d'être dans une coalition avec le PPE, la droite européenne et les sociodémocrates européens. Donc voter LR en France

14:08
Invité

ou voter PS en France, c'est comme voter en essence alors ?

14:11
Valérie Hayer

Non, non, je vais vous dire, on a des différences fondamentales. Ce que je veux dire, c'est que moi, j'assume au Parlement européen d'être dans cette coalition. Là où messieurs Glucksmann et Bellamy se planquent dans le débat français, jamais ils vous disent qu'ils sont dans une coalition avec Renew ou le PPE ou Renew et SND. Et on a aussi une différence fondamentale avec Raphaël Glucksmann et même avec François-Xavier Lamy, c'est le sens des responsabilités. Je vais vous donner un exemple. Quand on est véritablement, quand on se dit profondément pro-européen, on est au rendez-vous de l'histoire.

Monsieur Glucksmann, il n'a pas voté la loi climat qui nous a permis de fixer l'objectif de neutralité climatique d'ici à 2050. Il n'a pas voté le plan de relance, l'aide européenne, qui nous a permis de sauver notre économie et d'engager 250 milliards d'euros dans la transition environnementale. Il n'a pas voté la loi immigration qui nous permet de mettre un terme à l'immigration illégale. François-Xavier Bellamy, c'est la même chose. Et donc, ces deux-là, non seulement ils n'ont pas voté ces textes-là, alors même que leurs groupes, les groupes politiques dans lesquels ils siègent, ils les ont négociés et votés. Donc, ils se sont mis en marge de leur propre groupe.

Et fondamentalement, on ne peut pas se dire définitivement pro-européen et au grand rendez-vous de l'histoire, ne pas être au rendez-vous.

15:19
Présentateur

Vous écoutez France Inter et cette matinale grand format dont l'invité Valérie Ayet, tête de liste, besoin d'Europe, majorité présidentielle. Il est 8h38. Et la parole maintenant aux éditorialistes et journalistes du 7-10. C'est Célia Quiré, spécialiste environnement à la rédaction de France Inter, qui démarre et vous interroge Valérie Ayet sur la grande question des normes. Bonjour Valérie Ayet. Alors, parmi les trois axes de votre programme, vous voulez développer une puissance écologique, économique et sociale. Vous êtes en phase avec la Commission européenne. Vous voulez même compléter le pacte vert, la feuille de route européenne pour le climat.

Ça veut dire aller plus loin qu'aujourd'hui pour réduire les émissions de CO2. Pourtant, il y a un an, en mai, Emmanuel Macron avait réclamé une pause au sujet des normes environnementales. Est-ce que cette pause s'impose toujours ? Vos positions sont-elles compatibles ?

16:17
Valérie Hayer

Absolument, elles le sont. On a beaucoup légiféré sur le mandat qui vient de se terminer. D'ailleurs, nous, en 2019, on avait, avec la majorité présidentielle, un programme très ambitieux pour définir le pacte vert et comment, concrètement, on atteint la neutralité climatique d'ici à 2050. On a fait beaucoup de choses. C'est la fin de la vente des véhicules thermiques neufs d'ici à 2035. C'est la taxe carbone aux frontières pour amener de la compétitivité à nos industriels européens. C'est la fin de la déforestation importée pour s'assurer que vos auditeurs, les Français, quand ils boivent leur café, ils ont l'assurance que ça n'a pas été fait en dévastant des forêts.

Maintenant, ce qu'il faut faire, c'est le temps. Il y a deux choses. C'est le temps de la mise en œuvre des lois. On a voté plus de 70 lois pour atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050. Maintenant, il faut mettre en œuvre et il faut mettre les moyens financiers. C'est le sens du plan de l'or de 1 000 milliards d'euros que je propose dans cette campagne, notamment pour accélérer sur le développement du nucléaire qui est une énergie propre produite chez nous, notamment aussi pour accélérer sur le développement du transport vert, le train ou encore le fait d'installer des usines en France et en Europe qui nous permettront de produire

17:25
Présentateur

les batteries électriques. Quand on voit la colère agricole, par exemple, quand on voit ces normes qui crispent à droite, notamment, est-ce qu'il faut une pause ?

17:32
Valérie Hayer

Il y a eu des ajustements

17:33
Présentateur

qui ont été faits

17:34
Valérie Hayer

en réponse à la colère agricole. Donc un ralentissement ? Un ralentissement ? Par ralentissement ? Non, non, ajustement, pas... pas pause ou abandon, en aucun cas. Un ajustement parce qu'on ne peut pas engager l'écologie sans embarquer tout le monde. Donc maintenant, mise en œuvre, ajustement quand ils sont nécessaires, mais ils ont été véritablement minimes, et on continue sur l'ambition en appliquant et en mettant de l'argent sur la table pour permettre que personne ne reste au bord du chemin. Ça veut dire accompagner les ménages pour la rénovation thermique de leurs bâtiments.

Ça veut dire permettre aux Français, avec une aide financière, d'acheter une voiture électrique à terme à un prix qui sera abordable. Et moi, je veux aussi qu'on aille plus loin, par ailleurs, sur ces questions-là, sur le prochain mandat. Donc, il y a l'enjeu financier. Il y a aussi... Donc, on a voté la taxe carbone aux frontières. Là, vous revenez sur le bilan. Non, non, justement, je viens sur... En termes de projection, il faut qu'on puisse étendre la taxe carbone aux frontières puisqu'aujourd'hui, elle s'applique sur les matières premières. Par exemple, une voiture, aujourd'hui, elle n'est pas intégrée dans la taxe carbone aux frontières. Il faut qu'on puisse l'intégrer.

C'est important. C'est un enjeu de compétitivité pour nos industriels et s'assurer qu'une voiture produite en Chine, elle respecte les mêmes normes, elle soit soumise aux mêmes normes en matière environnementale qu'une voiture qui est produite chez nous. Et justement,

18:47
Présentateur

ces normes, ces normes, aujourd'hui, elles crispent, à droite en particulier. Il y a eu des reculs environnementaux ces derniers mois. Mercredi dernier, ce sont des organismes de recherche européens qui ont alerté d'une seule voix sur les reculs de l'Union européenne. Il déplore, je cite, un état d'esprit anti-environnement bien trop présent à Bruxelles. Il cite pêle-mêle la réautorisation du glyphosate pour 10 ans, la baisse des normes agricoles, fini les discussions sur la préservation des vieilles forêts. Est-ce que là, vous êtes prête, puisque vous parlez de la suite, à remettre tous ces sujets en haut de la pile et donc à écouter les scientifiques ?

19:17
Valérie Hayer

Parmi les sujets qu'il faut remettre en haut de la pile à notre arrivée, à notre retour au Parlement européen, il y a la sortie progressive, la réduction du visage des pesticides, de toute évidence. Moi, je l'ai soutenu. Sauf que ce texte, il a été tué dans l'œuf à la faveur d'une association de circonstances entre la droite et l'extrême droite européenne.

19:34
Présentateur

Il y a l'objectif de les diminuer de moitié

19:36
Valérie Hayer

de ce qu'il faut avoir pour vos éditeurs et pour les Français qui nous écoutent. On a en France un objectif de réduction des produits phytosanitaires. C'est ce qu'on a appelé le plan éco-phyto. Il y a trois pays en Europe aujourd'hui qui ont un objectif de réduction des pesticides et nous, on a dit qu'on va imposer les mêmes normes à tous les agriculteurs européens. C'est bon pour leur santé, c'est bon pour notre santé et puis ça permettra d'éviter de la concurrence déloyale. Ça permettra d'éviter la concurrence déloyale pour nos agriculteurs français qui ont par ailleurs une agriculture qui est probablement la plus qualitative d'Europe.

Donc ça, on n'a pas pu parce qu'alliance entre l'extrême droite et la droite, on va remettre le dossier sur la table en revenant au Parlement européen. C'est fondamental pour lutter contre la concurrence déloyale. Et sur l'agriculture,

20:18
Présentateur

justement, un sujet qui vous est cher, vous êtes une famille d'agriculteurs, est-ce que vous voulez réformer la PAC pour une PAC plus verte justement avec des aides qui pourquoi pas dépendraient du bon respect de l'environnement ?

20:27
Valérie Hayer

Alors la PAC, on l'a déjà réformée quand on est arrivé au Parlement européen en 2020-2021. Là, il s'agit d'aller plus loin. Oui, bien sûr, mais simplement, il faut expliquer aux auditeurs ce qu'on a fait. Déjà, nous, on est en responsabilité depuis 2019. Je suis arrivée au Parlement européen en 2019. On a réformé une première fois à la politique agricole commune en intégrant trois priorités. Une meilleure rémunération des agriculteurs en intégrant un critère non plus lié à l'hectare mais à l'actif agricole pour mieux soutenir les petites exploitations.

On a eu une deuxième priorité qui était d'accompagner les agriculteurs dans la transition environnementale et une troisième pour garantir la souveraineté alimentaire. Donc ça, c'est une réforme qui a été utile ce qui fait que la PAC elle est plus juste, plus rémunératrice et plus verte. Est-ce qu'il faut aller plus loin sur la prochaine PAC ? Évidemment, pour mieux rémunérer les agriculteurs, davantage encore et puis pour les accompagner davantage sur la transition environnementale.

21:18
Présentateur

Merci Célia Kier. Et on retrouve maintenant Pierre Aski qui vous interroge. Valérie Ayet pour commencer sur la future configuration du Parlement européen.

21:28
Invité

Oui, vous vous êtes engagé au cours de la campagne à maintenir le cordon sanitaire autour de l'extrême droite au niveau européen. Est-ce que ça signifie que le parti libéral néerlandais qui s'est allié à Gerd Wilders pour former le gouvernement sera exclu du groupe Renew dont vous êtes la présidente ?

21:43
Valérie Hayer

Alors, j'ai eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. Je désapprouve totalement la décision qui a été prise au niveau national aux Pays-Bas. Je considère qu'ils se sont mis en marge de nos principes, de nos valeurs. Ensuite, moi je suis présidente de groupe, j'ai une responsabilité collective et donc j'ai d'ores et déjà fixé une réunion de groupe la semaine prochaine pour évoquer cette situation-là. Je vous le dis, moi je suis très claire, je considère qu'ils se sont mis en marge de nos valeurs et de la ligne de notre groupe. Après, je ne décide pas seule, il y a des statuts, je respecte le débat et ça nécessite d'abord qu'on ait un débat entre l'ensemble des partenaires membres du groupe.

22:20
Invité

Et quelle sera votre attitude si la droite européenne propose une coalition avec Mme Mélanie comme l'a proposé ou l'a suggéré Ursula von der Leyen ?

22:28
Valérie Hayer

J'ai déjà eu l'occasion à de nombreuses reprises d'expliquer publiquement, d'expliquer à Ursula von der Leyen dont je ne sais pas si elle sera la prochaine candidate mais d'expliquer au président du groupe PPE de la droite européenne que pour moi c'était hors de question en juin de me mettre à la table des négociations avec le groupe de Georgia Mélanie. Georgia Mélanie ou le groupe de Georgia Mélanie c'est quoi ? Georgia Mélanie certains la présentent comme une démocrate. Pardon mais Georgia Mélanie c'est l'extrême droite. En Italie c'est une filiation pour les enfants de famille au monde parental qui est reniée.

C'est la liberté de la presse et l'indépendance des journalistes qui est remise en cause. C'est des associations qui peuvent intervenir dans les cliniques pour empêcher les femmes d'avoir accès à l'IVG. C'est ça Georgia Mélanie. Et dans le groupe de Georgia Mélanie on a le parti Reconquête d'Éric Zemmour on a le parti PICH conservateurs polonais qui ont été chassés du pouvoir il y a quelques mois qui ont sapé l'état de droit piétiné l'état de droit en Pologne. Donc pour moi c'est hors de question de se mettre à la table des négociations.

23:26
Invité

Donc vous seriez à l'extérieur d'une coalition qui comprendrait ?

23:30
Valérie Hayer

Moi je pense que même s'il y a un risque énorme et j'alerte véritablement nos auditeurs il y a un risque énorme que Jordan Bardella Marine Le Pen et leurs amis arrivent et nous empêchent de travailler au Parlement européen parce qu'ils arriveraient en nombre avec ce qu'on appelle une minorité de blocage. Néanmoins pour moi on peut travailler on doit continuer à travailler sur une coalition pro-européenne qui réunit la droite européenne les sociodémocrates européens et le groupe politique que je préside qui est le groupe Renaud. C'est possible y compris dans les évaluations les plus conservatrices et prudentes cette majorité on continue de l'avoir.

24:07
Invité

Est-ce que la poussée souverainiste dont vous parlez sera de nature à handicaper ou à même à bloquer l'aide à l'Ukraine ?

24:13
Valérie Hayer

Potentiellement Et c'est pour ça qu'on est dans un moment historique on a pu dans le mandat qui vient de se terminer avoir une majorité large du Parlement européen en soutien à l'Ukraine Modulo l'extrême droite qui soit on l'assumait de manière très claire soit ne l'assume plus aujourd'hui mais globalement on a une majorité très forte en soutien à l'Ukraine Demain si les amis les extrêmes droites qui ont des liens assumés ou un peu moins désormais avec Vladimir Poutine s'ils arrivent et bénéficient d'une minorité de blocage et nous empêchent de travailler au Parlement européen c'est potentiellement l'aide à l'Ukraine

24:50
Invité

on ne peut plus avancer

24:52
Valérie Hayer

et bien comment la sanctuariser je le dis travailler ce sera ma responsabilité de présidente de groupe de travailler à une majorité qui soit possible pérenne avec la droite européenne les sociodémocrates européens et le groupe politique que je préside en tout état de cause la priorité il me reste 4 jours 4 jours pour convaincre les français que cette élection elle est historique qu'on ne peut pas pour l'image de la France mais aussi pour la suite de ce qu'on doit faire au Parlement européen on ne peut pas envoyer le plus gros contingent de députés d'extrême droite au Parlement européen c'est notre avenir qui se joue là donc la première action c'est de faire en sorte qu'il y ait le moins possible de députés d'extrême droite au Parlement européen pour nous permettre de continuer à travailler

25:30
Invité

Pierre ? et le fonds de 100 milliards d'euros dont vous parlez pour la défense il se heurte aujourd'hui à l'opposition notamment de l'Allemagne est-ce que vous pensez que vous arriverez à créer un consensus et à dépasser cette opposition ? Valérie Aigué

25:43
Valérie Hayer

Je le pense j'en suis convaincue vous savez l'histoire de l'Europe et je l'ai vu dans le mandat qui vient de se terminer c'est souvent des propositions françaises un nom de l'Allemagne et puis en fait face à la réalité les Allemands finissent par bouger ça a été le cas avec le plan de relance l'aide européenne en 2020 pour sortir de la crise sanitaire c'était un tabou absolu pour les Allemands et en fait Emmanuel Macron a réussi à convaincre Angela Merkel qu'il fallait s'endetter en commun pour sauver notre économie et moi-même j'ai négocié le plan de relance au Parlement européen j'ai réussi à aller convaincre mes collègues nordiques pour qui c'était aussi un tabou absolu parce que face à la réalité des besoins et bien on doit avancer et sur le fonds de défense de 100 milliards d'euros c'est la même chose on est dans une course contre la montre Vladimir Poutine attaque l'Ukraine il nous menace déjà on l'a vu en France les étoiles de David taguées sur les murs au lendemain des attaques du 7 octobre les mains rouges peintes sur le mur du mémorial le mur des Justes au mémorial de la Shoah il y a quelques semaines on sait que c'est le fruit c'est demandé ça a été commandé par le Kremlin même chose en Nouvelle-Calédonie on le sait c'est documenté et demain si Donald Trump revient en responsabilité aux Etats-Unis on n'aura plus d'aide américaine donc on doit avancer c'est une course contre la montre pour créer les conditions de notre propre sécurité

26:53
Présentateur

Merci Pierre Aski et à vous Dominique ce Dominique un emprunt à 1000 milliards d'euros Exactement

27:01
Invité

bonjour Valérie Aguil votre situation est un peu particulière par rapport aux autres candidats puisque votre parti est à l'Elysée et au gouvernement donc vos propositions sont par nature celles de la France donc ça vous engage à être assez crédible et ça vous interdit aussi de dire n'importe quoi or vous proposez un plan européen d'investissement de 1000 milliards d'euros pour l'écologie l'énergie le numérique le vaccin contre le cancer vous en parlez très souvent mais en réalité vous n'avez aucune chance de convaincre les autres pays d'accroître l'endettement de l'Europe alors que la France est déjà un des pays les plus endettés tous les pays vont vous dire c'est trop facile pourquoi on n'a aucune chance ?

parce que les autres pays vont dire attendez la France très endettée dégradée par SNP standard and force pardon en quoi les autres capitales vont dire banco ?

27:50
Valérie Hayer

d'abord la France reste et restera un partenaire crédible dans l'Europe ensuite je le redis on est dans un moment de bascule il faut qu'on engage des investissements massifs pour notre avenir collectivement on peut essayer de mettre en place des investissements à l'échelle nationale d'ailleurs ils sont faits mais la réalité c'est qu'on a besoin d'investir en commun à 27 pour soutenir le nucléaire qui est une énergie propre d'avenir qui nous permet de ne pas dépendre d'autres pays

28:15
Invité

si le besoin existe il y a peu de doutes là-dessus mais les autres capitales n'en ont pas l'air extrêmement convaincus et on n'entend pas dans les autres pays les listes qui sont vos équivalents dire allons-y 1000 milliards

28:25
Valérie Hayer

regardez les 100 milliards d'euros du fonds de défense on n'a pas été les premiers je dois dire qu'on n'a pas été les premiers à les proposer la première qui l'a proposé c'est Kaya Kalas première ministre estonienne alors évidemment elle est membre de ma famille politique mais elle fait partie de ce qu'on appelle les frugaux ceux qui normalement n'aiment pas trop qu'on mette de l'argent de l'argent dans le budget commun sauf que principe de réalité on a besoin d'avancer sur ces questions-là et je veux redire aux auditeurs la question de l'endettement c'était un tabou absolu en 2020 on a réussi à convaincre nos partenaires européens en 2020 qu'il fallait avancer et qu'on était plus fort si on s'endettait en commun la réalité c'est que on doit déjà commencer à rembourser cet emprunt c'est une évidence mais aujourd'hui face aux défis qui sont devant nous et bien il faut qu'on mette de l'argent sur la table mon plan à 1000 milliards d'euros il a 3 sources de financement évidemment aller chercher un nouvel endettement en commun emprunt en commun à 27 première source de financement deuxième source de financement

29:18
Invité

donc la condition c'est que les allemands par exemple disent ok allons-y

29:20
Valérie Hayer

d'accord oui exactement mais je pense que principe de réalité on va devoir investir entre ensemble effectivement si on veut ne pas dépendre d'autres puissances si on veut réindustrialiser si on veut accompagner donc c'est à Paris à ce stade

29:33
Invité

une seconde source de financement

29:35
Valérie Hayer

pardonnez-moi si on veut accompagner le fait de relocaliser en Europe et en France la production de médicaments la production de voitures électriques pour ne pas dépendre de la Chine deuxième source de financement aller faire payer ceux qui ne paient pas leur juste part d'impôt aujourd'hui les géants du numérique Apple paie moins d'impôts aujourd'hui que le boulanger du coin c'est insupportable et donc grâce à l'Europe on va permettre que les géants du numérique paient c'est les entreprises chinoises qui polluent et donc tout ça va venir alimenter le budget européen on sera assez loin des milliards et bien troisième troisième source de financement c'est l'épargne des français et des européens aujourd'hui on a 30 000 milliards d'euros d'épargne qui dort en Europe et cette épargne soit elle dort cet argent soit elle dort sur les comptes soit elle va dans des fonds de pension américains c'est-à-dire que l'épargne des français et des européens elle va financer la croissance européenne et donc moi ce que je dis c'est qu'on doit proposer aux français et aux européens de mettre leur argent d'investir dans des industries européennes qui sont stratégiques pour notre avenir créer un livret d'épargne européen c'est du gagnant-gagnant parce que les français et les européens ils vont mettre leur argent dans des industries qui sont stratégiques pour notre avenir ils vont récupérer un petit pécule et puis moi je suis convaincue que ça contribue aussi au sentiment d'appartenance européenne

30:42
Invité

ce que je comprends c'est que les 1 000 milliards donc c'est pas uniquement de l'endettement public c'est aussi le financement des entreprises privées oui on a besoin

30:49
Valérie Hayer

d'investissements publics c'est pas du tout la même chose

30:51
Invité

que les 750 milliards qui ont été faits

30:53
Valérie Hayer

on a besoin d'investissements publics et privés

30:55
Invité

c'est une précision importante ça veut dire que c'est pas du tout uniquement de l'endettement public

31:00
Valérie Hayer

on a besoin des deux on a besoin des deux et c'est aussi ce qui nous rend crédibles vis-à-vis de nos partenaires

31:04
Invité

est-ce que néanmoins ça vous pose pas une petite difficulté quand vous parlez à Berlin ou quand vous parlez à Madrid notamment de la situation des comptes publics en France est-ce que quand vous voyez Gabriel Attal ça arrive est-ce que vous vous ne lui dites pas avec la France qui a un déficit qui est à peu près équivalent celui de la Slovaquie de la Roumanie de la Hongrie qui sont des pays formidables mais qui sont pas les premières puissances économiques du pays au fond tu ne m'aides pas beaucoup en ayant une situation aussi dégradée

31:30
Valérie Hayer

d'abord première chose la situation économique de la France est la meilleure d'Europe c'est la réalité d'un point de vue économique c'est la meilleure d'Europe on n'a jamais autant créé d'emplois le taux de chômage est faible on a retrouvé des usines ça n'était pas arrivé depuis 30 ans c'est cette réalité-là ensuite d'un point de vue budgétaire mais si en termes de sur 2023 la dynamique on se porte en France mieux que tous les autres pays d'Europe sur 2023 c'est la réalité des chiffres d'un point de vue économique encore un des plus élevés en Europe quand même

32:00
Invité

il ne faut pas non plus

32:01
Valérie Hayer

évidemment sur ce point sur le taux de chômage mais quand même on n'a jamais été aussi bas et en termes de dynamique économique sur 2023 je vous le redis la France se porte mieux que tous les autres pays d'Europe ensuite l'endettement et le niveau de dette et de déficit il est le fruit de décisions qui ont été courageuses qui ont été prises d'abord c'est le fruit de l'histoire il y a un endettement qui est historique et qui n'est pas du fait de la majorité actuelle avant 2020 le travail de réduction de la dette et des déficits avait déjà été engagé notamment grâce au travail de Bruno Le Maire et puis le président de la République le ministre de l'économie et des finances ont décidé davantage protéger les français et donc sur cette question là vous interrogez le ministre des finances mais évidemment que sur la trajectoire de réduction du déficit et de la dette juste une question

32:42
Invité

on aura une politique vous avez fait sensation il y a quelques jours en suggérant sur un plateau de télévision une personne qui se plaignait du prix de l'essence d'acheter une voiture électrique ça a fait un petit peu de bruit est-ce que quel est l'argument que vous pouvez utiliser aujourd'hui auprès des auditeurs pour dire l'interdiction de la vente des voitures thermiques à partir de 2035 c'est une bonne idée et ce sera aussi bon pour le pouvoir d'achat ou notre avenir collectif rapidement Valérie

33:08
Valérie Hayer

D'abord j'ai été caricaturée je n'ai pas dit à Fabienne puisqu'elle s'appelait Fabienne d'acheter aujourd'hui une voiture électrique j'ai dit à Fabienne qu'on agissait sur son pouvoir d'achat avec ce qu'on avait décidé de faire au niveau européen sur l'énergie et je lui ai dit qu'à terme elle pourrait se défaire du prix de l'essence on est dépendant de l'essence on sait que l'essence ne va pas réduire et on est dépendant aujourd'hui des pétro-monarchies demain quand on pourra produire des voitures électriques en France à des prix abordables grâce à un crédit d'impôt ou un leasing social le plein d'essence

33:37
Invité

donc l'interdiction 2035 vous dites on reste là-dessus

33:40
Valérie Hayer

oui bien sûr non seulement on reste là-dessus et moi je ne suis pas des partisans des défaitistes qui considèrent qu'on n'y arrivera jamais on a un objectif politique on va le déployer et moi je suis convaincue de ça et ce sera dans l'intérêt des français on ne dépendra pas d'autres puissances le plein de l'essence ne réduira pas et donc c'est comment on fait le nécessaire pour qu'on produise des voitures électriques chez nous en France à un prix abordable pour les français c'est possible d'ici à 2035

34:05
Présentateur

Merci Dominique Seux il est 8h57 la parole aux auditeurs de France Inter Bonjour Christophe Oui bonjour Vous nous appelez de Cherbourg soyez bienvenus

34:20
Locuteur non identifié

Bonjour merci de prendre du temps avec tous les candidats voilà madame Ayé je vous entends dire qu'il faut voter contre le RN à nouveau il y a un an on manifestait contre la réforme des retraites pacifiquement déterminée on a subi comme les syndicats à un mépris jamais vu pour une réforme aussi importante depuis les conduites les politiques qui ont été conduites ont contribué à renforcer les plus riches en approvissant les plus pauvres vous avez repris la philosophie du RN pour la loi de migration et dans l'année on a vu Manupi rentrer au protéon on va commémorer la plus grande bataille pour la liberté et on voit une réduction de la liberté d'expression sur France Inter voilà donc il ne faut pas vous étonner que le RN monte et je pense que vous avez contribué à ça

35:03
Présentateur

Merci Christophe pour l'ensemble de cette question y compris ce qui concerne France Inter mais ne fait pas partie du débat européen Valérie ayez vos réponses

35:13
Valérie Hayer

Merci Christophe de cette question moi j'ai envie de dire à Christophe et à tous les auditeurs qui nous écoutent je peux moi je suis à l'aise avec l'ensemble des mesures des réformes qui ont été mises en place par le gouvernement ces dernières années mais je peux comprendre qu'il y ait de la colère de l'incompréhension des doutes je dis simplement à Christophe que l'enjeu qui est devant nous pour ces élections du 9 juin il est fondamental on ne peut pas se tromper d'élection on n'est pas là pour débat de l'assurance chômage on n'est pas là pour débat de la réforme des retraites en France

35:45
Présentateur

Oui mais Christophe disait que l'argument du barrage au RN ne faisait plus effet considérant l'ensemble de ce qu'il vient de décrire

35:51
Valérie Hayer

mais il est nécessaire simplement le rassemblement national il ment comme il respire il change de position toutes les semaines tous les ans et il n'est comptable de rien parce qu'ils n'ont jamais été en responsabilité et parce qu'ils ne respectent pas les français simplement moi j'étais dans l'hémicycle en 2020 au moment du Brexit au moment où les britanniques ont quitté j'ai vu Jordan Bardella applaudir des deux mains le Brexit Jordan Bardella aujourd'hui sur sa liste il a un monsieur qui a été maire d'une commune qui a nommé la rue du Brexit et aujourd'hui ils ne nous disent plus qu'ils sont des tenants du Frexit sauf que quand on regarde leur programme tout dit qu'ils sont encore en faveur du Frexit simplement moi je dis ne soyez pas dupes des mensonges de l'hypocrisie du rassemblement national et ne vous basez pas sur des enjeux nationaux on est sur une élection européenne et ce qui compte c'est le visage du Parlement européen demain et l'influence du Parlement européen de la France demain au Parlement européen

36:48
Présentateur

Valérie est restée avec nous dans quelques instants nous rejoignent deux jeunes électrices qui ont beaucoup de questions à vous poser qui souhaitent débattre avec nous jouir

37:01
Locuteur

sous-titrage Société Radio-Canada