YouTube, TikTok, Instagram : passages obligés pour politiques déconnectés ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Tous les responsables partent en vacances. Bien mérité. Ce que je ne ferai pas.
Un été sur YouTube en bras de chemise, François Baou, 74 ans, a lancé sa chaîne comme on dit. Le but de de cette communication directe que je que je vous propose, c'est que vous soyez vous-même euh le le euh vous forgiez vous-même votre propre opinion. Encore une fois, si quelqu'un pense le contraire de ce que je dis, il a le devoir de le dire.
Au menu, la dette, le chômage, remettre la France au travail. Plus de 120000 vues pour la première vidéo. Passez la curiosité, les épisodes suivants n'ont rassemblé que quelques milliers d'internautes.
Pas vraiment ce qu'on appelle un buzz. Merci à tous et à demain. En optant pour une chaîne YouTube, le Premier ministre comme d'autres fait le choix d'une communication directe sans intermédiaire, sans journaliste.
Vous êtes-vous pris pour des imbéciles, vous êtes en quelque sorte les invités d'un banquet médiatico-politique permanent, d'un dîner de con. Avec 2,2 million de followers sur TikTok, Jordan Bardella est le champion des réseaux sociaux. Une spontanéité affichée, revendiquée, parfois surjouée qui vise principalement la jeune génération qui apprécie plus ou moins ses opérations séduction.
Peut-être que ça peut me donner une meilleure image de certains candidats, surtout quand ils ont l'air proche des électeurs, ils ont l'air sympathique mais je pense pas que ça puisse déterminer mon appartenance à un mouvement politique. Les jeunes, il passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et je pense que ça les encourage à à voter pour leurs idées et leurs valeurs et enfin voilà, ça influence beaucoup les jeunes, je pense. Oui.
Alors la prise de parole solennelle à l'ancienne est-elle passée de mode ? C'est la base. Les politiques doivent-ils à tout prix investir les nouveaux outils comme YouTube et TikTok ?
Quelle influence sur l'abstention et sur le résultat des élections ? Voilà. Et pour en débat de ce soir, nous recevons Franck Louvrier.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes ancien conseiller communication de Nicolas Sarkozy, maire de la Baule Escoubl. votre livre Ce qu'il me reste à faire les confidences du maire justement de la Baule Escoubl est paru aux éditions Librinova et selon vous le format cour est devenu aujourd'hui le mode de consommation des médias par les français les politiques doivent donc dites-vous s'adapter à ce changement ils doivent prendre le virage des réseaux sociaux à vos côtés Alexis Lévrier.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes historien spécialiste de l'histoire des médias maître de conférence à l'université de Reins.
Votre livre Jupiter et Mercure le pouvoir présidentiel face à la presse est paru aux éditions des petits matins. Selon vous, les réseaux sont une évolution inéluctable pour les politiques, mais avec des effets pervers, dites-vous. De plus en plus souvent, les interventions en séance à l'Assemblée nationale sont calibrées pour être diffusé sur TikTok.
Et puis Stéphanie Vodig, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes maîtresse de conférence en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris Est Créteille.
Vous travaillez d'ailleurs sur l'expression politique en ligne et selon vous, les politiques cherchent à investir ces réseaux en espérant atteindre de nouveaux publics. Mais ce n'est pas si évident, hein. La majorité de ces comptes sont, dites-vous, notamment suivis par des journalistes, on le sait bien, et des personnes déjà très politisées.
Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Hélène et le chiffre du jour. 7800 comme le nombre d'abonnés en une semaine à la chaîne YouTube FB direct, François Bairou direct. Lancer une chaîne YouTube en plein été sur le budget, Franklouvrier, c'est un peu osé, non ?
Oui, c'est osé mais c'est assez audacieux parce que je pense que il avait pas beaucoup d'opportunités pour pouvoir s'exprimer avant le calendrier parlementaire qui est celui du vote du budget. Il sait qu'il est mis en danger sur ce sujet et donc il a utilisé une mode de communication qui euh d'une façon ou d'une autre remplace un peu la tournée des plages quand on faisait de la politique il y a une vingtaine d'années. C'est-à-dire qu'on utilise là le podcast et le podcast permet d'être réécouté.
H alors après la forme peut-être critiqué mais je trouve que la méthode n'est pas idiote parce que elle permet justement d'essayer de pouvoir dire queil a quelque chose à faire et quelque chose à dire dans cette période là pour essayer de convaincre les plus sceptiques qui sont généralement en plus ceux qui sont assez jeunes et c'est vraiment la cible. Alors Stéphanie V le problème avec cette ces vidéos de François Verou c'est que les commentaires ont été coupés dès la première. Euh est-ce que ça veut dire que c'est une approche quand même un peu à l'ancienne euh voilà de d'approche du web justement ?
On ne sait pas véritablement encore quels sont les codes ou alors c'est fait exprès et à ce moment-là ça ne sert pas à grand-chose. Alors je ne sais pas si ça a été coupé parce que moi j'en ai vu certains quand même des commentaires sur les cinq épisodes qui sont euh ça a été coupé là et ça été ça a été remis. Euh je sais pas si c'est une approche à l'ancienne, mais c'est une approche qui est euh manifestement oui descendante.
C'est-à-dire que euh contrairement à ce qu'il a l'air de dire de communication directe avec son électorat ou avec euh euh des personnes qu'il chercherait à convaincre, euh c'est un dialogue unilatéral, enfin si on peut dire. Enfin, c'est quelque chose où euh il s'exprime face caméra de manière très traditionnelle et il essaie de défendre ses perspectives et les choix et les méthodes qu'il a qu'il a fait. Mais après, on voit bien dans les commentaires qui sont réapparus que sur l'ensemble des épisodes, bah ce sont des commentaires extrêmement critiques quoi.
Alexis Lévrier, pour élargir un petit peu le le propos, est-ce que les politiques aujourd'hui ont intérêt, ont la nécessité d'utiliser ces nouvelles ces nouveaux outils ? Oui, je pense qu'ils sont obligés. De toute façon, les médias évoluent vers ça et même les anciens médias comme les médias audiovisuels, même comme les médias papiers, ouvrent des formats de ce type pour s'adresser aux nouvelles générations.
On voit dans les écoles de journalisme que nos étudiants, ils sont rompus à l'usage de de ces de ces nouvelles plateformes et donc il est logique de de se tourner vers vers ces nouveaux médias et je comprends tout à fait le choix de de François Bairou. Le problème dans son cas, c'est que il aurait mieux fait de faire la tournée des plages en réalité à l'ancienne. Oui, c'est c'est quelqu'un qui a un parcours d'élréprochable de ce point de vue, qui connaît la population, qui est très à l'aise dans cette relation directe.
En revanche, il maîtrise pas du tout les codes d'une communication sur YouTube, d'où le fait queeffectivement les les commentaires ai été coupés dans un premier temps alors que la seule raison d'être de ces médias, c'est l'interaction avec le public. Et puis on voit bien que euh il maîtrise pas cette façon de faire et que il est à l'ancienne dans un format qui est moderne. Donc c'est c'est constamment décalé et ça se retourne contre lui même si je crois que sur le temps long, lui il est plutôt dans la logique de presque une logique de de testament.
C'est-à-dire que il sait que ça sa survie politique est assez brève et donc il essaie de montrer que jusqu'au bout il aurait fait un effort de pédagogie. Franck Louvrier, vous-même euh est-ce que quand bah vous avez conseillé Nicolas Sarkozy, bah quand il était président, c'estàd que les réseaux sociaux arrivaient euh à ce moment-là, est-ce que vous avez dû un peu forcer euh justement Nicolas Sarkozy à l'époque à s'y mettre ? Est-ce que c'était déjà ?
On on a été forcé par les faits euh Cass Pa c'était il y a 17 ans et c'était pas euh un smartphone, c'était une vidéo qui avait été captée par une agence vendue à au Parisiens. Donc vous voyez tour, ça fait tour et c'était le début justement de la présence et de la viralité, ce qu'on appelait la viralité. Et nous on essayé de lutter ça contre avec une dépêche à FP, ça ne fonctionnait pas parce que il y a bien sûr un domaine particulier qui est qui est la viralité et donc les les débuts des réseaux sociaux et à l'époque d'Internet.
Donc euh je pense que il faut rien négliger. D'abord quand vous êtes conscient en communication, il y a aucun média qu'il faut négliger, quel qu'il soit, quelle que soit son importance, quelle que soit son audience, parce que elle s'adresse toujours à des personnes différentes des autres. Et donc euh c'est ça l'enjeu.
Donc euh que ce soit un format court, que ce soit un format long, alors malheureusement aujourd'hui il y a de plus en plus de formats courts qui ce qui ne permet pas de tester euh la qualité euh des hommes et des femmes politiques. Vous savez, moi je suis d'une génération où il y avait 100 minutes pour convaincre. 100 minutes pour convaincre.
C'était très difficile. La preuve, c'est qu'à la fin, ils avaient plus de clients et et même des journalistes d'aujourd'hui comme Caroline Rou par exemple qui vous expliquent qu'elle trouve plus personne pour débattre qu' ve ils se protègent. Ils veulent pas se mettre, je dirais dans le feu du débat et donc ils se protègent en faisant des réseaux sociaux parce que les réseaux sociaux vous les maîtrisez.
Quand vous coupez les commentaires, il y a il y a plus de débat donc l'affaire est réglé. et et parmi les grands utilisateurs de ces réseaux, il y a quand même notre président, c'est même le premier chef d'état à se mettre autant en scène. Je vous propose de regarder, peut-être que vous aurez la ref euh le cette scène d'Emmanuel Macron, on est 1 an avant les JOI.
Bonjour à tous, on est à J- 200 Jeux Olympiques et Paralympiques et je vous invite tous à faire 30 minutes chaque jour au moins de sport, j'espère plus si vous le pouvez, mais au moins 30 minutes par jour parce que c'est bon pour la santé, parce que c'est bon pour plein de choses. Alexis Lévrier, pourquoi est-ce que quand c'est Obama qui joue au basket, la vidéo elle est virale, on applaudit. Pourquoi est-ce que quand c'est Macron, on dit que c'est ringar ?
Alors, on le dit ça maintenant. Au début, tout le monde a salué la modernité de sa communication. Or, il y avait déjà des biaiss, il y avait déjà des dangers qu'on qu'on voit bien dans un livre qui s'appelle un personnage de roman de Philippe Besson, l'écrivain qui a accompagné sa campagne de 2017 et qui raconte les coulisses et les le discours d'Emmanuel Macron à l'époque, c'était déjà dévincé les journalistes euh pour la phrase, c'est il faut une relation directe désintermédier au peuple.
Et c'est à ce titre qu'il avait choisi de de miser sur les réseaux sociaux. Et ça c'est dangereux parce que moi je comprends tout à fait qu'on s'appuie sur ces nouveaux outils de communication mais pas qu'on se passe des anciens et notamment de ce qu'il y a de plus légitime d'un point de vue médiatique qui est la confrontation avec les journalistes. Et quand on essaie de contourner la médiation journalistique alors on est dans une dérive et c'est ça qu'on peut reprocher Emmanuel Macron pas le côté un peu maladroit de certaines séquences c'est le fait queil ait préféré parler à McFly et Carlito plutôt que de parler à des journalistes.
C'est ça qui est dangereux. Alors on parlait justement de Barack Obama et Natacha on va voir avec vous Atlantique que les politiques alors là ils excellent he de l'exercice carrément. Oui, c'est le cas par exemple de la nouvelle présidente mexicaine Claudia Shanbum qui est aussi Laarine sur YouTube 1,5 million de vues pour sa dernière vidéo en réponse à la hausse des droits de douanes de Donald Trump.
Alors tous les matins, elle tient en direct une conférence de presse, la matinale du peuple. La présidente est particulièrement populaire. Plus de 80 % des Mexicains sont contents de son élection.
Alors, est-ce omniprésence en ligne ? Ce n'est peut-être pas une coïncidence. Alors toujours sur le continent américain, on voit que la politique spectacle a atteint des sommets, hein.
Oui. Avec un biopic sur Javier Miley. Miley, la série diffusée sur X en septembre.
Six épisodes qui retracent le parcours du président argentin de son passé de polémiste à son arrivée au pouvoir. Une série soi-disant documentaire mais qui a tout d'un probae. Le roi des réseaux sociaux, c'est quand même Donald Trump.
Encore lui, un roi pourtant déchu. On se souvient qu'il avait été banni de toutes les plateformes en 2021 après l'assaut du Capitol. Il avait alors créé Trou Social. sa plateforme de microblobling et le temps de disgrâce paraît loin car pendant sa campagne électorale, il est parti à la reconquête de tous les réseaux.
Il est maintenant par présent partout, TikTok, Instagram. Stéphanie Voic, est-ce que ces présidents là, est-ce que c'est peut être une source d'inspiration pour nos politiques français ? Ouais, je crois que ce que vous avez montré, enfin, on l'a peut-être un petit peu oublié parce qu'il y a aussi une histoire malgré tout de la communication politique numérique et des réseaux sociaux, mais euh euh les séries et notamment les webs séries euh nos politiques les ont faites, c'est-à-dire en 2012, si je me souviens bien, euh Jean-Luc Mélenchon avait lancé sa web série qui s'appelait d'ailleurs En marche euh lors des dernières euh campagnes présidentielles, Emmanuel Macron a aussi sa web série qui s'appelait le candidat.
Donc, il y a des proximités Jean Mélenchon aussi Jean-Luc Mélenchon aussi. Donc l'idée de faire une web série pour essayer de véhiculer une image plus authentique, plus proche du peuple, candidat presque entre guillemets ordinaire ou en tout cas dans lequel on peut avoir avoir confiance, c'est quelque chose que l'on fait sans sans trop de difficultés. Mais on retrouve dans ce que vous avez montré un petit peu ce que disait Alexis Lévrier sur l'idée que l'on puisse effectivement se passer d'une médiation d'une médiation humaine mais qui est remplacé de fait par une médiation technique.
C'est-à-dire que la personnalité politique va vouloir s'adresser directement à tout ou partie de son de son électorat. Mais c'est oublié, enfin, je suis pas tout à fait d'accord sur l'idée des des shorts, enfin de du fait qu'on est désormais euh dans un moment où les les interventions sont courtes parce que on voit apparaître quand même euh alors pour le meilleur et pour le pire, des nouveaux médiateurs euh notamment euh sur euh sur YouTube ou des personnalités euh avec lesquelles les personnalités politiques peuvent discuter, peuvent être interviewé. Moi, je pense à des choses aussi enfin connu qu'ugo descrypt ou sur Twitch quelqu'un comme Jean-Masser ou Samuel Étienne qui ont pu euh lors des campagnes électorales et même après euh enfin oui interviewer aussi euh des acteurs politiques.
Donc il y a la propagande, on va dire que font les acteurs politiques et puis après il y a aussi d'autres espaces numériques où les acteurs politiques peuvent s'exprimer plus longuement s'ils le fait. Alors la question aussi qu'on peut se poser Franck Louvrier, c'est à force de le faire, est-ce que c'est que de la communication ou ça peut vraiment marcher électoralement ? C'est est-ce qu'on peut en retirer un bénéfice ?
Bah d'abord, vous avez un enjeu vous journaliste, c'est de pas faire disparaître votre métier ou et de vérifier la formation parce que l'essence même d'un journaliste, c'est quand même de vérifier l'information et d'être le d'une façon ou d'une autre le gage d'une information de qualité. Là, on traville, on sait que ça vient bien de travers mil. Attention à ceux qui le sont pas et ceux qui le sont, bah moi je je suis pas là pour défendre les journalistes, mais en tout cas, je pense que vous vous êtes des non parce que c'est pas mon rôle, mais je veux dire, vous êtes là des interfaces et c'est toute la différence entre la communication et l'information.
Juste. Alors, d'après vous, est-ce que ça rapporte des voix simplement ? Bien sûr que ça ça permet de rapporter sans doute des adhésions, ce qu'on appelle les followers, des gens qui vous suivent.
Mais c'est pas pour ça que ça fait l'opinion. C'est c'est c'est des moments de débat et je pense que le fait que on ait des formats courts comme des formats longs, le livre n'est pas encore mort et le livre politique non plus par exemple parce que vous prenez 1 heure et3 à peu près d'une personne pour qu'il vous lise pendant cette période là. Alors que quand vous êtes sur Twitter, quand vous êtes sur vérifiez, vous le vérifiez ça localement l'adhésion.
Bien sûr. Ah mais c'est essentiel parce que vous le voyez bien quand vous avez un intérêt pour la politique, vous pouvez regarder les réseaux mais vous avez besoin aussi un peu de matière et la et la matière c'est long, c'est pas le cours parce que le cours ça marche pas. Vous pouvez pas en minut 30 expliquer votre programme quel qu'il soit.
Alexis Évrien, on le voit justement, je pose ma question sur l'adhésion parce qu'on a vu quelques exemples assez contraires. En France, on ne sait pas véritablement mais on a vu par exemple qu'en Allemagne un parti comme l'AFD euh a énormément de followup et on a vu la progression en effet ensuite dans les ionnes. Alors est-ce que est-ce que c'est forcément quand un politique a beaucoup de followers, est-ce que ça suit forcément dans les ures ?
Non pas forcément mais enfin c'est un atout et je crois qu'il mise tous un petit peu là-dessus. Maintenant on voit que les partis les plus radicaux en tirent vraiment une utilisation très forte et assez efficace. hein, il faut bien le reconnaître que ce soit donc dans la gauche radicale, les insoumis ou à l'extrême droite et notamment parce que ces parties se construisent contre les médias traditionnels.
Donc ça nourrit leur discours. Moi, je me souviens d'un c à vous en mars 2019 où on avait Nicolas Duponignan qui était invité. Donc tout ce discours qui consiste à dire qu'ils sont évincés des médias traditionnels et faux, c'est une posture.
Mais en fait, il avait choisi de de fabriquer un moment de télé contre Patrick Cohen. Bien avant, Rachid Adati, il avait déjà testé ça et il l'avait qualifié de serviteur du pouvoir. Évidemment, Anne Sophie Lemin avait mis fin à l'interview et directement derrière, il était allé dans la rue, il avait fait un live sur Facebook pour dire "Regardez, j'ai affronté le tribunal médiatique et j'ai dû être évincé." Donc tout ça est construit.
C'est une façon même quand ils vont dans les médias traditionnels de dire "Nous sommes des victimes de ce système et donc nous le contournons avec des outils comme Facebook, comme comme Xou." Les députés ont ont bien compris l'intérêt d'exister sur les réseaux sociaux et certains vont jusqu'à faire des interventions à l'Assemblée nationale calibré pour par exemple une vidéo TikTok. C'est le cas par exemple de cette vidéo de la présidente des écologistes.
Regardez, je sais que le Rassemblement national n'aime pas l'opposition, aime peu les critiques, il a un peu de goût du débat démocratique. Mais il me semble que nous ne sommes pas encore en Russie ici, que le modèle démocratique français est toujours solide et que si vous voulez avoir un système autoritaire, allez vivre en Russie, il vous payent déjà, au moins les choses seront claires. Donc on le voit que là, c'est une intervention pensée, hein, pour TikTok, postée sur TikTok.
Euh Stéphanie Vochik, est-ce que ça peut euh changer, modifier, peut-être même nuire au débat démocratique à terme ? Alors, je vais essayer de répondre à cette question, mais je voudrais revenir sur ce qui a été dit juste avant sur l'engagement. Non, je voudrais juste dire une évidence qui est de ne pas confondre l'engagement pas qu'on peut mesurer avec des métriques, hein, de nombre de followers, de nombre de vues, le nombre de partages et cetera et l'engagement réel pour un candidat ou pour une personnalité politique parce que les deux sont pas synonymes quoi.
Et donc je crois qu'il y a quand même un enjeu pour les personnalités politiques, c'est d'avoir une grande visibilité, donc d'avoir un très grand nombre de followers, quelle que soit la plateforme sur laquelle ils sont, mais c'est aussi enfin des enjeux qui sont liés, pardon, à leur positionnement dans le champ politique. sur le côté justement les députés TikTok qui calibrent en effet leur intervention par rapport aux réseaux sociaux. Je crois que les les députés ils pensent pas d'abord ce TikTok, ils pensent TikTok et l'ensemble des autres l'ensemble des autres interventions médiatiques ou sur des médias qui leur permettent d'expliciter leur position.
Là, il est clair que euh la personne effectivement, comme ça a pu être dit antérieurement, elle a elle vise une partie d'un électorat qui est plutôt jeune, qui est plutôt friant de type de contenu court, qui pourra être euh effectivement qui a un potentiel de viralité davantage qu'effectivement une explicitation de programme pendant 1 heure et demi avec Hugo Descrypt ou ou autre. Je vous rappelle quand même que les les électeurs sont des personnes âgées aujourd'hui hein. Il y a 50 % des abstentionnistes et les électeurs sont les personnes âgées et c'est pas ceux qui sont les plus friants des réseaux sociaux.
Donc faut faire aussi attention à cette je dirais cette lentille un peu déformante de de toujours se dire tout passe par les réseaux sociaux. Bon, la presse quotidienne régionale est importante, elle s'adresse à des électeurs. Le but de mélangement, c'est d'aller chercher cet é pourquoi les partis extrêmes justement utilise énormément parce que eux, ils ont pas toujours accès en tout cas au début de leur histoire, ils ont pas toujours accès aux médias traditionnel et donc ils utilisent justement ces réseaux où qui sont accessibles pour tout le monde, par tout le monde pour pouvoir justement pénétrer dans la dans le monde politique.
Alexis Lévrier, est-ce que du coup quand on veut toucher comme ça des jeunes qui parfois ne votent pas encore, c'est une manière de de finalement d'infuser dans les dans dans les mentalités. Oui. Et puis encore une fois, à condition que ce ça s'accompagne de l'acceptation de la contradiction journalistique, de le fait de s'adresser aussi à des médias traditionnels, moi j'y vois pas du tout un problème et à mon avis c'est une évolution qui est inéluctable.
Et encore une fois dans les écoles de journalisme, on voit aussi et d'ailleurs les le monde, les grands médias traditionnels ont tous misé sur ces formats là. C'est une évolution dans l'histoire des médias, ça se répète constamment. C'estàd que les les évolutions technologiques sont assimilées par les médias traditionnels et ils s'enrichissent de ces évolutions.
Donc pour moi, c'est pas du tout un souci. Le problème, c'est quand on en arrive à des postures. Là, les séquences qu'on voit sur de 20 secondes, elles sont calqu cal calculées pour faire du buzz, pour faire du clash.
Et il faut se souvenir que quand Emmanuel Macron parle de désintermédiation, il a tort. Il y a bien, ce sont des médias. Donc il y a des règles simplement ça ne sont pas les journalistes qui les fixent, ce sont ces plateformes et elles sont calculées pour faire du buzz et donc quelque part il faut accepter les règles qui sont fixées par ces plateformes lesquelles il faut le rappeler se sont toutes rallié pratiquement aujourd' et à l'extrême droit.
Stéphan je voyais réagir par rapport à ce non mais parce que c'est aussi par rapport à ce que disait Franck Louvrier tout à l'heure en disant les les journalistes dans leur métier et cetera. La contradiction, elle est plus forcément portée par des journalistes en tant que tel, mais vous la trouvez justement dans la section commentaire avec des individus plus ou moins ordinaires qui euh prennent la parole, qui s'expriment, qui mettent en visibilité des propos qui sont contradictoires et qui ont une visibilité beaucoup plus grande que ce que l'on peut voir dans les médias traditionnels où ils n'ont pas accès euh quand même. Donc effectivement, il y a un travail à faire pour les journalistes de garder leur métier, mais il y a aussi le fait de regarder ben ce qui se passe dans les espèces numériques avec des individus, on va dire, qui n'ont pas accès à l'espace public traditionnel, qui prennent la parole et qui peuvent être en mesure de porter la contradiction, y compris en la documentant, en la sourçant, en faisant référence à des articles, à des interventions antérieures.
Et c'est ça aussi auquel on on y enfin auquel on pense pas toujours, c'est que le web c'est une c'est une archive politique, c'est une mémoire. Oui. Alors, saf qu'elle est elle est exposée quand même à la fois aux fake news, c'est-à-dire aux fausses informations et aussi aux mouvements qui veulent pousser leurs idées notamment dans les commentaires parce qu'on le voit souvent.
Moi, il m'arrive par exemple comme maire de faire des entretiens Facebook où j'ai les commentaires. Je vois bien qu'il y en a certains, c'est les mêmes, mais c'est une récurrence et c'est ceux qui sont là pour m'attaquer ou pour dire que c'est très bien dans les deux sens mais voilà et dans l'idée de rester aussi dans une bulle parfois, on est entre par voilà c'est ça. Mais Alex, ça veut dire en fait que le bon vieux JT n'est pas mort.
Non, je suis persuadé qu'il va continuer longtemps. Il va en fait, il va circuler sur d'autres sur d'autres médias. On voit bien que c'est CIT s'adaptent.
Ils isolent même des séquences qui sont destinées aux réseaux sociaux. Donc ça c'est c'est l'éternelle histoire des médias qui fait que tout rien ne disparaît et tout se réinvente éternellement. Les GT sont d'autant pas morts que font les acteurs politiques ?
Ils font des extraits. Qu'est-ce qu'ils font qu'ils passent à longueur de journée sur leur compte de réseaux sociaux ? mon extrait dans la matinale de je sais pas où, mon intervention télévisé et cetera et donc ça ça c'est quelque chose qui qui s'alimente réciproquement.
Allez, on va voir que grâce à notre archive, nous allons voir qu'il fut un temps où les réseaux sociaux n'existaient pas. Et oui, c'est possible. En 1975, pour dépoussiérer la communication politique, Valé Régist Cardestin s'invite à dîner une fois par mois chez un couple de français tiré au sort et croyez-moi, vait mieux ne pas se rater sur le soufflet.
Là, qui est-ce qui avait invité le président à venir sur la famille ? C'est vous, mademoiselle ? Non.
Oui, c'est moi. Comment ça s'est passé ? C'est avec votre sœur vous avez fait ?
Oui. Cette soir à la télévision, on avait entendu monsieur le président qui disait qu'il serait très heureux de d'être su dans les famille. Alors avec Isabelle, on s'est dit pourquoi pas nous ?
Bon, est-ce que vous avez parlé avec lui ? Oui, j'ai parlé avec lui. De quel problème ?
J'ai parlé des problèmes de l'école. On abordait tous les problèmes sans les approfondir en fait. Bon alors au bout d'un moment c'est plus devenu le président, c'était quelqu'un qui ou c'est ça c'était un ami vraiment parce qu'on pouvait parler de n'importe quoi et il s'intéressait à tout.
Voilà, nous étions en 1975 mais Franck l'ouvrier. Quand on voit ça aujourd'hui, est-ce qu'on se dit ce genre d'initiative de communication est-ce que c'est pas plus efficace qu'aujourd'hui que le YouTube de França ? Non parce que l'environnement est plus le même.
C'est comme si vous me donniez par exemple la stratégie de Jacques Pilan qui était basé sur la rareté qui a été le communiquant à la fois Ouais. de France et Jack Chirac au début le fait est c'est qu'on on sait bien que maintenant la rareté c'est très difficile parce que vous êtes exposé d'abord vous vous visez plus vite quand vous êtes homme ou femme politique on le voit bien les carrières sont plus courtes parce que justement l'exposition est plus forte donc tout ça fait que la mise en scène elle se voit plus aussi parce qu'on est plus adepte de lire dans les médias qu'on pouvait le lire à l'époque. C'est sûr que à l'époque vous aviez deux ou trois chaînes, maintenant vous en avez des dizaines.
Donc voilà tout le contexte. C'est pour ça qu'il faut s'adapter à tous les médias et c'est ça sans doute l'enjeu et c'est le rôle des communiquants. C'est là le c'est là leur métier l'essence même de le Allez, ça doit se terminer.
Merci beaucoup en tout cas à vous trois d'être venus débattre ce soir autour de ce sujet.
François Bayrou