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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 26 février 2025 9 minContradictoirePortrait personnelAgriculture & alimentation

Salon de l'agriculture : "L'avenir de la filière française est en train de se jouer en ce moment", affirme Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal

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0:01
Présentateur

A cette heure-ci, les pieds des vaches sont bien remplis. La salle de traite affiche complet juste devant nous. Nous sommes sur le stand de la première coopérative laitière de France. Ce sont des marques connues comme Yoplait, Candia ou encore Entremont. Bonsoir Jean-Michel Javel. Bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Président de Sodial, vous-même éleveur dans la loi coopérative qui regroupe 15 000 agriculteurs. C'est le tiers des fermes laitières françaises. Avez-vous écouté ce matin les patrons de la grande distribution qui sont venus sur le salon, tous sauf Leclerc, pour annoncer des actions en faveur des agriculteurs ? Vous en dites quoi ?

0:40
Invité

Je ne suis pas totalement informé de ce qui s'est dit dans le cadre de cette conférence de presse. Nous, on a eu la chance de recevoir un certain nombre de nos clients distributeurs sur des discussions très constructives. Nous avons une profession bien organisée à travers l'interprofession. Nous avons une loi qui nous a aidés à travers EGalim. Donc, nous sommes très confiants sur la filière laitière et sur l'avenir de la filière laitière, même s'il y a quelques préoccupations, notamment la FIEF Cataralovine qui met notre collecte sous pression. La MHE également. Exactement. Voilà, la FIEF Cataralovine, la MHE qui met un peu notre collecte sous pression.

On voit une baisse de notre collecte et ça nous préoccupe. Et c'est pour ça qu'on va défendre la valeur de notre lait.

1:27
Présentateur

Les supermarchés, j'y reviens à quelques instants, sont quand même dans votre viseur. Vous dénoncez l'utilisation de lait originaire de l'Union Européenne dans le beurre, dans l'émmental de marques distributeurs. Alors, ces grands patrons de la grande distribution, qu'est-ce qu'ils font ? Est-ce qu'ils jouent quelque part à une sorte de double jeu ?

1:44
Invité

Alors, nous, dès cet automne, nous avons voulu défendre l'origine parce que nous avions été préoccupés puisque 1 émmental sur 5 était d'importation et on commençait à en trouver dans les rayons de la GMS. Donc, nous avons alerté... GMS sur les grandes surfaces. Les grandes surfaces. Nous avons alerté l'opinion publique en incitant à regarder les étiquettes sous un slogan « Est-ce que c'est râpé pour l'émmental français ? » Et aujourd'hui, sur le stand du Salon de l'Agriculture, la plus grande ferme de France, auprès des animaux, nous sollicitons les consommateurs en leur disant « Oui au lait français ! » Effectivement, c'est le slogan. C'est notre slogan.

À travers notre coopérative qui est un peu un modèle singulier parce que nous, nous avons les vaches, nous avons l'industrie et nous avons les marques et nous voulons dire aux consommateurs « Faites confiance aux produits de la coopérative sodiale que sont Candia et Opleur-Entremont » parce qu'à travers le prix de ces produits, vous assurez la rémunération des éleveurs et vous assurez la vitalité des territoires ruraux.

2:45
Présentateur

Le prix des produits, justement. On est en pleine négociation commerciale jusqu'à samedi. Quelles conséquences pour le prix du lait ? Est-ce que, parce que vous espérez l'acheter, 470 euros la tonne cette année, est-ce que vous allez atteindre cet objectif ?

2:59
Invité

Nous sommes encore dans le cadre des négociations commerciales pendant deux jours. Donc, nous sommes raisonnablement optimistes pour obtenir des hausses. Il est hors question d'obtenir la moindre déflation sur les produits laitiers car, je vous l'ai dit, notre collecte est sous tension. Nos éleveurs ont besoin de moderniser leurs exploitations et de les décarboner. Donc, tout ça demande une juste rémunération. Donc, nous demandons des hausses modérées. Pour un consommateur, sur un pot de yaourt, c'est quelques centimes de hausse. Et je pense que c'est l'avenir de la filière française qu'on est en train de jouer à ce moment du match.

3:33
Présentateur

L'avenir, justement. Est-ce que le métier d'éleveur est un métier de demain ? On le sait, la moitié des agriculteurs français vont partir à la retraite d'ici 10 ans. Est-ce que votre métier est attractif ?

3:45
Invité

Alors, il s'agit juste d'aller derrière nous sur le ring. Ah bah, ici, on va en trouver des agriculteurs, évidemment. Alors, vous allez surtout trouver des jeunes qui sont passionnés d'élevage. Mais la passion, ça ne suffit pas. Il faut de la juste rémunération. Donc, ce métier, il est passionnant. Il est attractif, à condition qu'il soit rémunéré à sa juste valeur. Et qu'on puisse moderniser nos élevages, c'est-à-dire par de la robotique, par des salariés, pour alléger la charge de travail qui est une charge conséquente. Les vaches, ça se traite tous les jours. 365 jours par an. Donc, pour ça, il faut une juste rémunération.

Il faut pouvoir moderniser les élevages pour avoir des élevages durables, les décarboner aussi, c'est-à-dire améliorer la performance de nos élevages. Pour apporter des produits sains, accessibles à nos consommateurs.

4:30
Présentateur

C'est de 7 jours sur 7, vous l'avez dit. Vous le connaissez, ce quotidien.

4:33
Invité

Oui, je suis moi-même éleveur.

4:36
Présentateur

Les jeunes d'aujourd'hui, ils sont prêts vraiment à sacrifier leur vie comme ça, comme vous l'avez fait, votre génération l'a fait, les générations d'avant ?

4:45
Invité

Étant moi-même éleveur, je suis aussi associé avec deux jeunes associés qui ne sont pas issus du milieu agricole. Donc, ça veut dire qu'ils ont la passion des vaches. Et le fait d'être organisé en collectif nous permet de nous libérer du temps. Donc, ça me permet d'être ici sur le salon de l'agriculture. Et moi, ça me permettra d'être ce week-end sur la ferme et eux, de prendre du temps libre pour eux. Donc, c'est très important d'être organisé avec ce collectif ou avec de la robotique. Mais il y a beaucoup de passion à travers l'élevage. Mais il faut, j'insiste, j'insiste encore, de la juste rémunération pour les éleveurs. Et ça veut dire que la valeur de notre lait a un prix.

Et le consommateur, il faut qu'il le comprenne.

5:24
Présentateur

Le service de remplacement,

5:25
Invité

c'est des choses aussi qui fonctionnent ? Oui, bien sûr. À condition de trouver là aussi des salariés motivés et qu'on ait les moyens de les rémunérer. Le salariat, justement,

5:34
Présentateur

est-ce qu'il prend de la... un petit peu de... Est-ce qu'il y en a de plus en plus ? Parce que le salariat, quand même, ça permet d'avoir des vacances, ça permet d'avoir des week-ends.

5:43
Invité

Oui, bien entendu. Et dans notre coopérative, on a engagé... D'ailleurs, on a une petite mesure qui s'appelle cap sur l'emploi laitier où on accompagne nos producteurs à devenir des employeurs de main d'oeuvre. sur des sujets de formation, de rédiger une offre d'emploi. Et puis, d'accompagner, c'est beaucoup plus agréable de travailler à plusieurs. Travailler en collectif, c'est un peu la force et l'ADN de notre coopérative. Dans nos fermes, mais aussi dans ce grand collectif où nous sommes 15 000 producteurs.

Et je veux juste signaler à vos auditeurs, notre stand, il est animé par des éleveurs qui sont derrière nous et des collaborateurs qui vont au contact des consommateurs pour leur expliquer notre modèle, la valeur de nos marques quand il y aille au plein entremont et la force de ce collectif.

6:27
Présentateur

C'est aussi l'objectif de ce salon de l'agriculture. C'est rencontrer les consommateurs. Quel accueil vous font-ils ?

6:35
Invité

Je crois que nos concitoyens adorent l'agriculture. Nous, ce qu'on souhaite, c'est leur expliquer la singularité de notre modèle. À travers l'achat de nos produits qu'on trouve dans les rayons, que ce soit du lait, de la crème, du beurre, du fromage, sous toutes ses formes, je voudrais vous signaler au passage que nous avons eu 32 médales au concours général. Donc, nous avons des savoir-faire que nous défendons sur l'ensemble des territoires. Et tout ça, ça a de la valeur. Et dans notre coopérative, 100% des bénéfices vont aux éleveurs. Sur une partie en redistribution, une partie en réserve indivisible qui permet de moderniser nos outils et d'assurer l'avenir de notre lait.

7:14
Présentateur

Bon, Sodial et sur le salon de l'agriculture, on l'a bien compris, un mot quand même de votre concurrent, Lactalis, le numéro 1 en France, qui n'est pas sur ce salon, parce que l'an dernier, ça s'était plutôt mal passé pour lui, et surtout pas le bienvenu aujourd'hui, puisqu'il avait annoncé cette baisse de la collecte en France, 272 éleveurs qui s'étaient retrouvés sur le carreau. Est-ce que vous en avez repris certains, puisque des solutions ont été trouvées pour eux ? Ce que je vais vous faire,

7:41
Invité

je vais utiliser mon joker, et je vais vous parler de la coopérative Sodial, qui nous s'engage pour accompagner ces éleveurs, les jeunes éleveurs, avec un process qui s'appelle la Sodial Box, où on accompagne 250 éleveurs par an, et ça représente une enveloppe de 2,5 millions. On veut accompagner la décarbonation des fermes, avec une prime durabilité qu'on a mise dans les élevages, et ça représente une enveloppe de 10 millions d'euros. Donc, on est engagé auprès de nos éleveurs. Et ce que je voulais vous dire à cet instant du match, c'est notre slogan,

8:12
Présentateur

c'est « Oui au lait français ! » Voilà, il y a de l'ambiance sur le stand de Sodial, au Salon de l'Agriculture. Merci beaucoup, Jean-Michel Javel, président de cette coopérative Sodial, la première laitière française. Merci d'avoir été l'invité éco sur France Info. Sous-titrage Société Radio-Canada