Le parti-pris : "Augmenter le Smic n'est pas la solution pour acheter la paix sociale !" - 26/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
Pour vous, augmenter le salaire minimum, ça n'est pas la solution pour acheter la paix sociale ?
- 0:20RelanceRéponse directe
C'est comme ça que vous le voyez ?
- 0:40RelanceRéponse directe
ne créera que des frustrations ?
- 0:54ComplaisanteÉludée
pour celui qui est payé au SMIC, ça ne sera pas de la frustration, ça sera toujours ça de pris.
- 2:15OuverteRéponse directe
vous avez l'impression que c'est uniquement pour, d'un côté, acheter la paix sociale et de l'autre, remplir les caisses de l'État ?
- 2:35RelanceRéponse directe
Mais il faudra bien augmenter les salaires.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36InvitéFait
« les partenaires sociaux, CGT, CFDT, le niveau d'augmentation qu'ils souhaitent, on ne peut pas y aller. »
- 0:56InvitéChiffre
« le SMIC a augmenté d'un peu plus de 2,40 en juillet, 1,18 en janvier. »
- 1:20InvitéChiffre
« Et vous avez aujourd'hui 78 000 défaillances. »
- 1:40InvitéFait
« En même temps, on n'a pas vu non plus des créations d'emplois avec des allégements de cotisation, avec le CICE, avec d'autres baisses fiscales pour le patronat. »
- 2:32InvitéChiffre
« Le coût des allégements généraux de charges, le transfert vers les entreprises de toute une série de mesures du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, c'est 550 euros par salarié. »
- 5:16InvitéChiffre
« d'après l'INSEE, le pouvoir d'achat en 2025 a baissé de 0,5 points. Et en 2026, il prédit une baisse du pouvoir d'achat global, pas uniquement pour le SMIC, de 0,6 points. »
- 6:56InvitéChiffre
« le SMIC ne concerne que 15% des salariés de ce pays. »
Temps de parole
- Invité55 %
- Présentateur13 %
- Invité 213 %
- Invité 311 %
- Auditeur5 %
- ?3 %
≈ 16,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC. 8h12 sur RMC, le SMIC revalorisé, plus vite que prévu. L'idée est sur la table, c'est ce qu'est sur le gouvernement. Bonjour Michel Picon. Bonjour. Vous êtes le représentant de l'U2P, c'est l'Union des entreprises de proximité. Pour vous, augmenter le salaire minimum, ça n'est pas la solution pour acheter la paix sociale ? C'est comme ça que vous le voyez ?
Non, ce n
'est
pas la solution première, parce que la situation aujourd'hui du pays crée des attentes au-delà de ce qui est envisagé comme augmentation du SMIC. Je veux dire, quand j'entends les partenaires sociaux, CGT, CFDT, le niveau d'augmentation qu'ils souhaitent, on ne peut pas y aller. Donc ça
ne créera que des frustrations ?
Ça ne créera que des frustrations. Et puis ça va créer aussi un certain nombre d'entreprises qui vont disparaître, encore plus que ceux qui l'ont disparu
aujourd'hui. J'ai envie de vous
dire, pour celui qui est payé au SMIC, ça ne sera pas de la frustration, ça sera toujours ça de pris.
Non,
mais évidemment, mais depuis le 1er janvier, le SMIC a augmenté d'un peu plus de 2,40 en juillet, 1,18 en janvier.
Donc en réalité, il y a eu deux
augmentations
cette année,
dans les cinq dernières années.
Enfin, c'est des augmentations
pour suivre l'inflation.
Oui, bien sûr, c'est ce qui a été fait. Mais les entreprises n'ont pas augmenté leur prix de main d'œuvre à ce niveau-là. Et vous avez aujourd'hui 78 000 défaillances. Ce n
'est
pas parce qu'elles sont en bonne santé. Oui, mais en même temps, augmenter le salaire, le SMIC en l'occurrence ici, mais peut-être d'autres salaires, pourrait soutenir le pouvoir d'achat et avoir une augmentation supérieure à l'inflation pour garantir les débouchés, augmenter vos ventes et augmenter vos marges. Oui, mais ça, on ne l'a pas vu. En même temps, on n'a pas vu non plus des créations d'emplois avec des allégements de cotisation, avec le CICE, avec d'autres baisses fiscales pour le patronat. La situation aujourd'hui des entreprises, on peut me raconter ce que l'on veut, elle ne s'est pas améliorée.
Quand vous déposez votre bilan et que vous êtes une petite entreprise, vous perdez tout. Donc, on ne peut pas dire qu'il y ait une dissimulation, quelle qu'elle soit. Les entreprises sont fragiles en ce moment. On ne peut pas demander à la fausse entreprise de revaloriser les salaires et dans le même temps de les mettre à contribution pour équilibrer le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
Parce
que vous avez l'impression que c'est uniquement pour, d'un côté, acheter la paix sociale et de l'autre, remplir les caisses de l'État ? Oui,
mais
bien sûr, remplir, du moins équilibrer leurs pertes. Le coût des allégements généraux de charges, le transfert vers les entreprises de toute une série de mesures du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, c'est 550 euros par salarié.
Mais il
faudra bien augmenter les salaires.
Oui, mais bien sûr qu'il faudra augmenter les salaires parce que je comprends la difficulté de la vie de ceux qui doivent vivre avec le niveau des salaires aujourd'hui. Mais c'est un autre modèle de financement de notre protection sociale qui permettra de le faire. Tant qu'on est dans cette espèce de tonneau de Danaïde où, sans arrêt, on fait peser sur le travail l'augmentation des budgets sociaux du pays, on n'en sortira pas. Alors, moi, je comprends ce que vous dites. Évidemment, pourquoi ne pas imaginer ? Quelque chose, on fait baisser le brut, donc baisser les cotisations sociales pour augmenter les salaires. Il est normal que l'État prenne sa part.
Et d'ailleurs, dans le pouvoir d'achat, il
y
a pouvoir. Donc, c'est du pouvoir donner aux individus, leur rendre leur argent. Ça, d'accord. Mais d'un autre côté, quand vous dites, et je sais que ce n'est pas dit méchamment dans votre bouche, mais quand vous dites, les gens ont des difficultés, non, les gens n'ont pas des difficultés. Les gens ne peuvent plus se loger et
ne peuvent plus se nourrir. C'est pas juste des difficultés,
c'est des blocages réels.
On
passe notre temps à commenter ici des statistiques délirantes sur le fait que les gens sont obligés de renier sur leurs dépenses de nourriture, qu
'ils
ne se nourrissent plus comme ils
devraient
se nourrir. Le contrat social de ce pays, il est obsolète. C'est ça la vérité. Un travail qui ne paye plus, ça veut dire que du coup, ce n
'est
plus des salaires. C'est un dédommagement qu'on donne aux gens. Ça n'est pas envisageable. Et ce que je veux dire,
c
'est que tôt ou tard, la situation va se retourner. Ça va créer une vraie colère sociale, et cette fois-ci, inarrêtable. Donc, en fait, il faut vraiment se réveiller sur cette question des salaires. C'est très important, c'est une question de société. Vous le
savez aussi bien que moi. Bien
sûr que je le sais. Et on le sait d'autant plus que les entreprises de proximité, elles ont deux proximités. La proximité avec leurs clients et la proximité avec leurs salariés. Donc, les fins de mois de nos salariés qui viennent, dès le 20 demandé, ou parfois même avant, un accompte, ça ne nous est pas étranger. Et on comprend ces difficultés-là. Mais comprenez que l'équilibre d'une entreprise, c'est des charges et des recettes. Parce que vous n'avez pas de recettes, et que vos marges sont rognées, vous n'avez pas la capacité d'augmenter les salaires. Donc, il faut imaginer une autre mécanique.
Michel Picon, vos propos, il faut en réagir. Ludo, qui nous a appelé au 32-16, qui vit dans le 13e arrondissement de Paris. Bonjour, Ludo.
Bonjour.
Ludo, cette augmentation du SMIC, pour ou contre vous
?
Je suis plutôt pour. En fait, je ne saurais pas dire mieux que votre historien.
Je
trouve qu'il a très bien résumé la situation. Arthur
Chevalier. Oui, le
pouvoir d'achat que d'assumer une déconsommation générale.
C'est ça le risque aujourd
'hui, Ludo
?
Ah bah oui, on le voit. Après la vague d'inflation de 2022,
il
y a eu déjà une première vague de déconsommation. L'essence, enfin je dois en oublier, mais oui, à chaque fois, ça mène là.
Je
rappelle que
d'après l'INSEE, le pouvoir d'achat en 2025 a baissé de 0,5 points. Et en 2026, il prédit une baisse du pouvoir d'achat global, pas uniquement pour le SMIC, de 0,6 points. Donc il y
a
aussi une question de déboucher sur le salaire. Le SMIC a augmenté et plus vite que l'inflation.
Michel Picon.
Mais oui, moi je comprends tout ce que vous dites. Et très franchement, les entreprises, elles aimeraient augmenter leur salaire. Mais qu'est-ce qu'on aura gagné, si on a une masse salariale aujourd'hui qui fait fois deux, je le rappelle, qu'est-ce qu'on aura gagné quand on n'aura pas 78 000 entreprises en défaillance, mais 150 ou 180 000 ? Il y a 200 000 emplois qui risquent d'être télescopés par les mesures du PLFSS aujourd
'hui.
Avec une question d'ailleurs, Pierre Rondeau, est
-ce
que vous pouvez nous redonner les chiffres exacts ? C'est-à-dire que s'il y avait une augmentation, mettons de 100 euros du SMIC, pour le salarié,
ça coûte combien ? Alors, si
on est au SMIC aujourd'hui, à environ 1 400 euros, et qu'un patron décide de l'augmenter de 100 euros, donc sortir du SMIC, donc perdre les allègements de cotisation sociale, patronale et salariale, augmenter de 100 euros le salaire d'un salarié coûterait en superbrue, donc pour le patron, en moyenne 246 euros. Donc c
'est
vrai qu'une question se pose à ce niveau-là, dans le financement, vous l'avez rappelé, du financement de l'État-providence et de l'État-social, est-ce que le salarié et le patron doivent prendre en charge l'intégralité du financement de la sécurité ?
Michel Picot.
Bien sûr, c'est le fond du sujet, c'est que le salaire net que l'on peut donner, puis 100 euros, je ne sais pas si vous le voyez, mais c'est beaucoup, et pas beaucoup pour le salarié qui va recevoir un net, il n'aura pas lui, c'est 100 euros. Moi, ce que je voudrais vous dire, c'est 246 euros, donc payés par le patron. Oui, il y a 340 euros de plus entre 2021 et 2026.
Les
augmentations de SMIC, on l
'a
fait. Je rappelle que le SMIC ne concerne que 15% des salariés de ce pays. Donc il faudrait aussi que si le SMIC augmente... Absolument, ça concerne tous les salaires. Voilà. Donc c'est toute la masse salariale du pays qu'il faudrait augmenter. Mais les entreprises, ça va tomber comme un grave lot. Je vous alerte. Je vous alerte de leur situation. Donc la générosité de payer mieux, mais qui peut être contre ? Qui peut être contre ? Vous savez, dans les petites boîtes, on ne se met pas dans la poche des millions. Regardez le dernier sondage qui vient de sortir. Dans les commerçants, les artisans, il n
'y
en
a
plus de la moitié qui se payent au-dessous du SMIC. Quand ils ont tout payé, c'est ce qui leur reste en net. Et comment voulez-vous qu'ils aillent plus loin ? La coiffeuse, la petite vendeuse dans un commerce, dans une boulangerie ou dans une boucherie ? On n'arrive pas à aller au-delà. Donc il faut
que
l'État abaisse le poids des prélèvements sociaux sur les salaires pour qu'on puisse les revaloriser.
Merci beaucoup, Michel Picon, d'avoir été notre invité ce matin. Président de l'UDEP et l'Union, des entreprises de proximité. Merci aussi à Ludo pour ses réactions au 32-16.