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ChroniqueRMC — Face à Face (sur Podcast)· 1 juin 2020 9 minActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Le journal de 8h - 01/06

Source d'origine 2 locuteurs

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  • 0:30InvitéChiffre
    « Le plafond du ticket resto passe à 38 euros »
  • 5:34InvitéChiffre
    « Pendant le confinement, il y a peu plus d'un milliard d'euros qui n'ont pas été utilisés en titre au restaurant. »
  • 6:34Cécile FuchéChiffre
    « Ça veut dire pour une entreprise comme la nôtre aujourd'hui, payer plus de 5000 euros d'activité partielle. »

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Présentateur

Vous écoutez RMC, lundi 1er juin, l'info sur RMC. Merci, merci d'être avec nous 8h01, Céline Calman est là pour les dernières infos, Céline, bonjour.

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Invité

Bonjour Jean-Jacques, bonjour à tous. La colère se propage aux Etats-Unis une semaine après la mort de George Floyd. Couvre-feu et pillage dans tout le pays, des milliers de soldats de la garde nationale déployés dans 15 états et à Washington. En France, phase 2 du déconfinement bientôt enclenché, restaurants et bars ouverts dès demain. Le plafond du ticket resto passe à 38 euros pour permettre d'accélérer la reprise du secteur. Quant au chômage partiel, les entreprises assument désormais 15% de son coût à partir d'aujourd'hui. Bienvenue à tous sur RMC. La contestation aux Etats-Unis peut-elle gagner l'Europe ? Des affrontements très violents se sont déroulés à travers tout le pays.

Une vague de colère, partie de Minneapolis il y a une semaine après la mort de George Floyd et qui a touché New York, San Francisco, Miami, Philadelphie, Chicago ou encore Los Angeles. Désormais, la colère s'exprime partout pour dénoncer les bavures policières et les disparités raciales. Cette nuit, un couvre-feu a même été décrété à Washington après de nouvelles manifestations près de la Maison Blanche. Paul Barcelone. Des mortiers d'artifices explosent dans le ciel de Washington et sous les fenêtres de la Maison Blanche, des manifestants crient leur colère. Malgré le couvre-feu imposé des 23 heures, toujours les mêmes scènes, pillages, voitures incendiées.

Certains manifestants brûlent un drapeau américain, d'autres jettent des cocktails Molotov en direction des soldats de la Garde nationale déployés dans les rues. Des tensions que Donald Trump attribue à des gauchistes radicaux. Muriel Bowser, la maire de Washington, regrette ces violences. Nous comprenons les mouvements de protestation, mais pas les destructions de la ville. Je pense que le rôle du président Trump serait plutôt d'aider à retrouver le calme et la sérénité dans toutes les villes d'Amérique. Selon le New York Times, le président américain a été emmené à l'abri dans un bunker de la Maison Blanche lors d'une manifestation similaire vendredi soir.

Un bunker habituellement utilisé en cas d'attaque terroriste. L'ex-policien impliqué dans la mort de George Floyd va comparaître aujourd'hui pour la première fois devant le tribunal. Derek Chauvin est incarcéré depuis vendredi dans une prison de Minnesota à Saint-Paul, ville collée à Minneapolis, là où a été tué George Floyd. On retrouve l'envoyé spécial de RMC sur place, Cédric Fech. Cédric, la situation dans la ville a encore été très tendue et ça a fini par se calmer. La situation est désormais sous contrôle à Minneapolis. La police a mis 4 heures à ramener le calme derrière moi parce qu'ici, pendant une bonne partie de la journée, il y a eu une manifestation.

Et quand est arrivée 20h lors du début du couvre-feu, certains manifestants n'ont pas voulu partir et ils ont été arrêtés. D'autres ont dû essuyer même des tirs de balles en caoutchouc. Mais le gouverneur du Minnesota est satisfait parce qu'il dit qu'il n'y a pas eu trop de blessés, contrairement à la journée de la veille où les policiers avaient été particulièrement violents. Sinon, dans la journée, Minneapolis est plutôt calme. Mais quand même, la population est très remontée contre la police qui, du coup, ne se montre pas trop pour ne pas envenimer la situation. Et du coup, une partie de la population fait des bêtises, grille les feux rouges, monte sur les toits.

Et le problème, c'est qu'il risque d'y avoir des dérapages qui rendraient la situation incontrôlable. Ça aurait pu être le cas, par exemple, avec ce camion qui a foncé sur la foule dans l'après-midi. Heureusement, il n'y a pas eu de blessés. Cédric Fech, envoyé spécial de RMC à Minneapolis. Cinq mois avant la présidentielle américaine, cette contestation conjuguée à la crise du coronavirus, au chômage, bientôt 20% de chômeurs dans le pays, pourrait avoir un impact dans les urnes. Jean-Éric Branat, maître de conférence à l'Université Paris 2, spécialiste des États-Unis, était ce matin sur RMC.

Il n'y aurait certainement pas cette réaction aujourd'hui s'il n'y avait pas eu la crise sanitaire juste avant. C'est évidemment ce confinement qui a fait que les gens sont coincés chez eux pendant un moment, mais en même temps subissent l'ensemble de ces crises. La crise sanitaire, la crise économique qui arrive, et c'est ces populations fragilisées qui sont les premières touchées, bien sûr. Le chômage, c'est eux. Les problèmes d'assurance santé, c'est eux. La pauvreté, c'est encore eux.

Et bien évidemment, c'est la goutte qui fait déborder le vase avec ce problème de violence policière et surtout l'appréhension qu'il n'y aura pas de justice derrière, que c'est encore une fois eux qui sont touchés et que ça va passer à l'asse. Et puis le geste de plusieurs footballeurs ce week-end en Bundesliga, dont Marcus Thuram, le fils de Lilian Thuram, qui est très investi sur les questions de racisme. Après avoir inscrit le deuxième but de son équipe, il s'est agenouillé en penchant la tête vers le bas. C'est un geste devenu symbolique aux Etats-Unis. RMC, 8h06, ce n'est plus qu'une question d'heure. Demain, les bars et restaurants vont pouvoir ouvrir légalement.

Ce week-end, certains n'ont pas pu résister, n'ont pas attendu. Une dizaine d'établissements verbalisés à Paris. Réouverture des restaurants demain, donc avec le plafond du ticket resto qui augmente et passe de 19 à 38 euros pour encourager la reprise. Jean-Baptiste Bourgeon. Farida est responsable d'une pizzeria. Pour cette restauratrice, le déplafonnement des titres restaurants incitera les clients à relancer le secteur. Les gens seront peut-être amenés à pouvoir aller dîner ou aller déjeuner. Mais j'ai eu certains clients qui m'ont dit qu'il y avait 400, 300 euros dessus, qu'il faut forcément liquider. Que ça passe à 38 euros, ça permettra un relancement dans la restauration.

Une mesure qui ravit Théo, étudiant. Ça permet aussi de pouvoir aller peut-être au restaurant le midi et le soir pour ne pas faire un petit peu de course. Je trouve ça vraiment bien. Le déplafonnement est surtout une aubaine pour tout le secteur. En cette période difficile, martèle Romain Vidal du syndicat GNI qui représente les restaurateurs. Pendant le confinement, il y a peu plus d'un milliard d'euros qui n'ont pas été utilisés en titre au restaurant. Cet argent-là est une manne en attente pour les petits commerçants comme les restaurateurs notamment. Et on a besoin de cet argent-là pour lancer l'activité économique.

38 euros quotidiens, un montant raisonnable qui offre la possibilité de payer un repas pour deux, ajoute ce syndicaliste. Et dès demain fini, la politique d'un siège sur deux dans les trains. Retour à 100% du trafic sur les TER. Il faudra attendre le 24 juin pour les TGV dans l'aérien. Les nouvelles règles sanitaires seront publiées aujourd'hui. Entrant en vigueur ce lundi aussi de nouvelles règles, des nouvelles règles du chômage partiel. Les entreprises assument dorénavant 15% du coût, 85% restant toujours à la charge de l'État et de l'UNEDIC. Beaucoup d'entreprises n'ont pas encore retrouvé une activité normale et vont devoir puiser dans leur trésorerie pour éviter de licencier Rémi Inc.

Cécile Fuché dirige une imprimerie en Côte d'Or. 43 salariés, les trois quarts en activité partielle. La reprise tarde à venir et ces 15% du chômage partiel à assumer désormais lui font craindre le pire. Ça veut dire pour une entreprise comme la nôtre aujourd'hui, payer plus de 5000 euros d'activité partielle. Forcément, tout va se remettre en route, mais en route très doucement. Donc, laissez-nous le temps de reprendre pied. Ce qu'on ne veut pas, c'est arriver et personne ne le souhaite, arriver au licenciement. Autre problème, les salariés qui ont des enfants, qui n'ont pas pu reprendre l'école, seront au chômage partiel. Mais la part payée par les entreprises restera la même.

La double peine pour Cécile Fuché. On va avoir un double problème, c'est que quand on aura besoin d'eux, à la fois, ils ne pourront pas être dans l'entreprise. Et le deuxième problème, c'est qu'effectivement, on devra payer cette partie qui ne devrait pas nous incomber. Je pense que ce n'est pas aux entreprises à payer la défaillance des crèches, des écoles, des garderies. Les organisations patronales réclament donc une prise en charge à 100% du chômage partiel pour les parents qui doivent garder leurs enfants. La situation épidémiologique s'améliore dans notre pays. 31 décès en 24 heures à l'hôpital. Les victimes en EHPAD n'ont pas été actualisées dans les EHPAD.

Oui, il faudra encore attendre pour que les familles se serrent dans les bras. Aucune date officielle pour la reprise des visites habituelles. Des règles toujours très strictes, ce qui devient insupportable pour les résidents et leurs proches. Nicolas Trénault et Margot Bédé ont pu le constater dans le Grand Est, dans un établissement près de Mulhouse. Depuis sa chambre au rez-de-chaussée, Louis a vu sur un parterre de fleurs sauvages. Une fois par semaine, sa fille l'écueille et lui dépose sous sa fenêtre, à défaut de le prendre dans ses bras. Ah voilà, merci Daniel. C'est une manière de te dire bonjour. Daniel espérait aujourd'hui voir son père autrement.

Moi je m'attendais à ce qu'on puisse rentrer au moins avec des masques ou éventuellement les sortir un petit peu dehors. Parce que là, ça donne parfois l'impression d'un zoo. A bientôt. A bientôt, oui. Comme Louis, les 65 autres résidents de cette EHPAD se languisent de leur famille. Trois présentent même des signes d'affaiblissement. Des symptômes qui ne trompent pas pour Valérie Véguerich, médecin-coordinateur de l'établissement. C'est vrai que l'impact est très important au niveau du moral de nos résidents. Certains refusent même de manger. Les gens se laissent littéralement mourir. Sans réponse à donner aux familles, la directrice Martine Vanza attend des consignes du gouvernement.

On n'est plus crédibles actuellement, donc il faut absolument que mardi, nous ayons des dates fixes pour pouvoir dire aux familles. À partir de telle date, vous pourrez rentrer dans la structure avec bien sûr toutes les consignes de sécurité. Cette directrice a déjà rédigé un mail pour prévenir les familles. Il ne manque plus que le feu vert des autorités pour l'envoyer. Dans l'actualité également, à partir d'aujourd'hui, si vous souhaitez passer le permis de conduire, plus de mauvaise surprise, votre auto-école doit obligatoirement vous présenter un contrat qui devra mentionner le nombre d'heures de formation nécessaire et surtout le prix total.

9:09
Présentateur

Merci Céline.