Interview Louis Aliot - BFM Story - Mercredi 20 novembre 2019
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Louis AliotFait
« Il dit 40 annuités. Il ne dit pas que 60 ans. »
- Louis AliotFait
« Il manque la moitié, pratiquement, des postes de médecins. »
- Louis AliotChiffre
« On va tenter de donner 80 euros par mois à certaines professions. »
- Louis AliotChiffre
« 200 personnes qui viennent par jour et qu'il n'y en a que 20% hospitalisées »
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La suite de BFM Story. Louis Alliot est mon invité politique ce soir. Bonsoir.
Bonsoir. Écoutez RN des Pyrénées-Orientales, candidat à la mairie de Perpignan. On a appris aujourd'hui que des policiers ont décidé de rejoindre la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites.
Deux syndicats en tout cas, Alliance Police Nationale et l'UNSA Police. Vous les comprenez ? Je comprends qu'il y ait un mécontentement général, oui, dans la police aujourd'hui.
Pas que d'ailleurs. Il pourrait y avoir les pompiers, il pourrait y avoir les hospitaliers, il pourrait y avoir beaucoup de professions aujourd'hui. qui sont très en colère contre la politique de l'État.
Ce qui est à craindre, c'est que précisément, cette journée au départ qui était celle des cheminots ne se transforme en journée du ras-le-bol général. Et je crains que le gouvernement, dans cette affaire, n'ait pas les moyens d'y répondre. Mais vous soutenez, vous, ce mouvement du 5 décembre qui est au départ un mouvement contre la réforme des retraites.
Le Rassemblement National soutient ? Moi, je pense que la grève n'est plus le moyen adapté à faire entendre ses revendications. Mais là, ce n'est plus que la grève du 5 décembre des cheminots.
Là, ça devient un ras-le-bol complet de plusieurs professions. Mais est-ce que vous le soutenez, ce ras-le-bol ? Parce que ce n'est pas très clair.
Marine Le Pen semble dire que c'est une bonne idée de se mobiliser. Mais en même temps, elle ne veut pas se retrouver, si j'ai bien compris, avec Philippe Martinez de la CGT dans la rue. — Exactement.
Pourquoi ? Mais pourquoi ? Parce que ça fait des années et des années que ces mobilisations ne mènent à rien.
Et que quand on peut changer les choses, c'est-à-dire au moment des scrutins et des élections, les mêmes qui manifestent aujourd'hui dans la main les syndicats appellent à voter pour nos adversaires politiques. Donc, je veux dire, à un moment donné, il faut être clair et il faut être cohérent. Ces gens-là ne sont pas cohérents.
Oui, il y a des problèmes. Oui, il faut les régler. Mais ce sont les élections qui règlent les problèmes.
Et ce n'est pas la rue. Maintenant, si tout le monde va dans la rue le même jour pour faire entendre sa voix, il est évident que cette voix, elle va porter. — Cette réforme des retraites, elle n'est pas bonne ? — Non, elle n'est pas bonne.
Elle est mal préparée. Elle a été mal annoncée. Elle est très compliquée.
Et j'ai l'impression que les Français considèrent qu'ils ont tout à y perdre. Donc je pense que le gouvernement, là encore, après un effet d'annonce de M. Macron, va faire machine arrière.
Parce qu'en fait, les Français n'y sont pas préparés. Et j'ai l'impression que le gouvernement non plus. car il ne sait pas dans quelle direction il veut aller.
Et on ne résumera pas tout cela en essayant de diviser les Français avec la fin des régimes spéciaux. Ce n'est qu'une petite partie, les régimes spéciaux de l'ensemble. — Oui, mais il faut trouver de l'argent.
C'est ce que vient de dire le rapport du corps. Il faut de l'argent. Le système, aujourd'hui, n'est pas financé.
Alors comment on fait ? — Non mais d'accord. Il faut de l'argent.
Mais encore faut-il faire des économies là où il faut faire des économies. — Il ne faut pas travailler un peu plus ? — Mais je ne dis pas qu'il ne faut pas travailler plus.
D'abord, faisons des économies. — Parce que Région nationale dit retraite à 60 ans. Alors je ne comprends pas. — Non.
Il dit 40 annuités. Il ne dit pas que 60 ans. — C'est moi que... — Si vous voulez partir à 60 ans, vous partez à 60 ans au prorata de ce que vous avez cotisé.
C'est pas la même chose. — Donc aujourd'hui, c'est 43 ans. — Le principe, c'est la liberté.
Voilà. Vous partez à 60 ans si vous le voulez. Mais vous partez avec vos X années de cotisation dans votre vie professionnelle.
C'est pas la même chose. Et l'argent, il fallait le chercher. La fraude sociale, tout ce qu'il y a aujourd'hui, de défiscalisation que nous pouvons refiscaliser.
Toutes les entreprises qui vont mettre de l'argent placé à l'étranger. Enfin je veux dire, il y a beaucoup de choses à faire, et des économies surtout, sur l'immigration, qu'on ne fait pas. Et une fois qu'on sera allé chercher ces économies dans les niches, là où elles sont, peut-être à ce moment-là, il sera utile de demander aux Français de faire un effort nécessaire.
Mais pour l'instant, cet effort, il n'est pas fait. — Alors il y a donc la colère contre la réforme des retraites. Il y a aussi la colère du monde de l'hôpital.
Le gouvernement a annoncé un troisième plan aujourd'hui d'urgence pour l'hôpital. Ce plan est-il suffisant ? Visiblement, ceux qui sont en grève estiment que ce n'est pas suffisant. — Il n'est pas adapté.
Il essaye d'acheter, encore une fois, la paix sociale. On va tenter de donner 80 euros par mois à certaines professions. 100 euros par mois, j'ai vu, pour la gériatrie.
Dans certaines régions, on va donner plus que dans d'autres. Encore une fois, ce n'est pas adapté. C'est le problème de la santé qu'il faut poser.
Moi, je peux vous dire, j'ai reçu les urgentistes à Perpignan, à l'hôpital de Perpignan. Il manque la moitié, pratiquement, des postes de médecins. Que fait-on ?
On est obligé de faire appel à des intérimaires qui coûtent beaucoup plus cher. — Pendant ce temps-là, on ne peut pas embaucher du personnel soignant. — Il faut en trouver. — Mais il y en a.
C'est pas vrai. Il faut en former. — Mais ça, on ne forme pas un médecin du jour au lendemain.
Il faut 10 ans. — Ça, c'est une faillite de notre système de santé. Ce qui tente à prouver que notre élite n'a pas été au niveau des enjeux et de la situation dans laquelle nous sommes, c'est qu'il faut tout reprendre.
Mais encore une fois, quand vous avez, par exemple, dans des urgences comme à Perpignan, 200 personnes qui viennent par jour et qu'il n'y en a que 20% hospitalisées, ça pose aussi le problème de savoir qui on reçoit aux jurzances et qui on ne reçoit pas. Et la problématique aussi qu'il va falloir travailler maintenant dans les municipalités, des maisons médicales. On manque de médecins en ville.
Ce qui est quand même assez incroyable. Et je pense que les mairies et les prochaines élections municipales seront l'occasion aussi de répondre à ces questions-là. — Justement, vous êtes candidat à la mairie de Perpignan.
Que peut faire le maire ? — Le maire, il peut créer des maisons médicales dans certains quartiers. — Il faut trouver aussi des médecins qui ont envie de travailler dans ces maisons. — Il y en aura.
On en trouvera. Le tout. — Les médecins étrangers ? — Non.
Le tout. — On va souvent les chercher à l'étranger parce qu'on ne rentre pas chez nous. — Oui, parce que précisément, notre système avait failli.
Mais je pense qu'on peut aussi utiliser des médecins qui sont aujourd'hui à la retraite et qui pourraient, le cas échéant, faire des remplacements dans ces maisons médicales. Il y a plusieurs moyens de se rendre utiles dans notre société pour des gens qui ne sont plus en poste. Mais essayons justement, j'allais dire, de mettre autour d'une table toutes les bonnes volontés. — Alors les municipales, c'est dans quelques mois, au mois de mars.
Vous êtes vous-même candidat. Les maires sont réunis en congrès en ce moment même. D'ailleurs, ce soir, 1 500 d'entre eux sont invités à l'Élysée.
Emmanuel Macron leur a parlé hier. Il a plutôt été dans le sens des maires en disant qu'ils avaient besoin de ces maires, notamment des maires dans les campagnes, dans ces territoires éloignés. C'est le maire qui tient la République. — Ah oui, c'est le maire qui tient la République.
Mais il n'a pas les moyens pour la tenir. Car on lui demande toujours plus de charges. On lui demande toujours plus de complexité de son métier.
Et l'État se désengage de plus en plus. Donc effectivement, le maire se retrouve en première ligne de toutes les préoccupations et de toutes les questions des populations. Et de ce point de vue-là, il a été longtemps abandonné.
Et en plus, maintenant, avec les intercommunalités, on le dépossède d'une partie de son pouvoir. C'est pour cela qu'il y a beaucoup de maires qui ne veulent pas se représenter aux prochaines élections. — Le Rassemblement national va créer la surprise.
A priori, les municipales, c'est pas votre scrutin. — Non. Mais vous savez, nous progressons élection après élection.
Nous présenterons un maximum de listes. Et nous aurons évidemment des élus et des municipalités. D'ailleurs, les municipalités que nous gérons aujourd'hui se comportent, on va dire, beaucoup mieux que d'autres, puisque les maires, en général, sont portés lors des élections locales par un fort mouvement d'adhésion. — Merci, Louis Alliot.
Merci d'être venu sur le plateau de BFM Story.
Louis Aliot