Marine Le Pen, invitée du grand entretien
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Le 7-9
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien la présidente du Rassemblement National. Vous pouvez évidemment intervenir, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application France Inter. Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Et merci d'être au micro de France Inter. Commençons tout de suite par le dossier des carburants. Hier, la métropole du Grand Paris, qui regroupe les dizaines de communes autour de la capitale, a voté gauche et droite confondus pour interdire les véhicules diesel immatriculés avant 2001. En juillet prochain, ils ne pourront plus circuler. Est-ce que vous vous réjouissez de cette décision ?
Pas du tout. Je la trouve profondément scandaleuse. Dans la droite lignée, d'ailleurs, des décisions qui ont été prises récemment. Soyez quand même conscients que tous ces gens qui viennent de voter cette décision sont les mêmes qui, depuis 20 ans, ont poussé, à coup d'incitation fiscale, les Français à acheter des voitures diesel.
Et qui, du jour au lendemain, brutalement, dans le cadre de ce qui ne correspond pas du tout à une transition, parce que dans le terme transition, il y a quand même un concept de longueur, dans le cadre d'une rupture brutale, leur expliquent que le prêt qu'ils ont effectué, qui est souvent lourd sur le budget des ménages pour acheter leur voiture, eh bien, n'a servi à rien, puisque leur voiture, ils ne pourront plus l'utiliser. C'est un véritable scandale. Et toutes les réponses qui sont apportées sont des réponses qui sont rejetées. Et qui sont ressenties comme une brutalité par les Français.
Parce que ça vient en plus de, évidemment, cette loi transition énergétique taxe carbone, décidée en 2014. Monsieur Macron était déjà dans le circuit, si je puis me permettre, et qui a créé une fiscalité qui est punitive.
Oui, mais Marine Le Pen, ce sont des réponses à un fait qui est que le diesel, ça tue. Les voitures diesel sont sur les routes. S'il y a des particules fines qui sont partout, que vos enfants respirent, 42 000 morts prématurées en France, ce sont des faits, et il faut apporter des réponses. Si vous étiez au pouvoir, si vous étiez présidente aujourd'hui, vous diriez quoi ? On continue à rouler au diesel, on ne change rien, surtout on ne change rien, gardez vos voitures au diesel ?
Non mais, écoutez, surfer sur la peur, comme on fait aujourd'hui pour justifier ce qui est injustifiable, c'est-à-dire la brutalité de la hausse de la fiscalité, évidemment c'est honteux. Parce que si vous partez de là... Surfer sur la peur, c'est de dire 42 000 morts par an ? C'est un fait qu'il y a un problème de pollution. Il y a aussi un problème de maladies cardiovasculaires, avec le sucre, avec le gras, avec... On peut faire, si vous voulez, cette opération sur énormément de choses. Expliquer aux gens qu'à partir de demain, ils ne pourront plus manger de gras, de beurre, de sucre, parce que sinon, ils vont en mourir. Donc il y a un problème. La pollution, c'est la même chose.
Non, la pollution, il y a un problème. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut plus faire une transition qui soit une transition raisonnable et supportable pour les Français.
Alors vous proposez quoi ? Vous me répondez pas. Vous seriez au pouvoir ?
D'abord, je propose de revoir l'aménagement du territoire. Parce que ce sont les mêmes qui, aujourd'hui, punissent les Français, qui ont créé les conditions pour qu'on ne puisse pas vivre là où on travaille. Ils ont fait des quartiers pour travailler, et puis des quartiers pour vivre, le plus loin possible d'ailleurs, pour obliger en réalité les Français à utiliser leur voiture. Deuxièmement, je m'interrogerais sur...
Rapprocher les lieux de travail des lieux d'habitation, c'est ce que vous avez dit sur Radio Classique.
Bien sûr, c'est un problème d'aménagement du territoire.
Vraiment ? Vraiment ?
Oui, vraiment. C'est ça la solution ?
Non, mais il n'y a pas...
Mais il y a toujours eu des mobilités. Mais laissez-moi terminer. On ne peut pas tous travailler à cinq minutes de chez soi. Mais laissez-moi terminer. On augmente le prix, encore une fois, de l'essence, du carburant, de manière spectaculaire, alors que dans le même temps, on baisse l'offre de mobilité, et notamment les services publics, et le train, et j'en passe. Et je parle ici des campagnes. Est-ce que vous ne croyez pas qu'il n'y a pas un problème ?
Troisièmement, nous avons adopté depuis des années un modèle économique, qui est un modèle économique meurtrier pour la planète, hyper polluant, qui est le libre-échange total, qui fait qu'encore une fois, on va chercher à des dizaines de milliers de kilomètres ce que l'on consomme ici, en mettant les productions sur des super-tankers, dont on sait que quelqu'un d'un d'entre eux pollue plus en particules fines que l'intégralité des voitures françaises. Vous voyez ce sentiment d'injustice, si vous voulez, que les Français ressentent. Oui, il faut tourner le dos. Oui, il faut faire du localisme.
Oui, il faut essayer de consommer ce que nous produisons au plus près, et retraiter sur place, parce que c'est ça la véritable écologie.
Est-ce que vous êtes pour la décroissance, par exemple, quand je vous écoute parler ?
Mais pourquoi le fait de produire ici serait de la décroissance ? Ce n'est pas de la décroissance. Aujourd'hui, on a adopté un modèle mondialiste, dont je dis depuis des années, qui consiste à faire fabriquer par des esclaves pour vendre à des chômeurs. Je crois que jamais je n'ai eu autant raison qu'aujourd'hui. Alors, le monde... Le monde entier est en train, en réalité, de tourner le dos à cette mondialisation sauvage au libre-échange. Il n'y en a qu'un qui, aujourd'hui, continue à défendre de manière inouïe ce modèle, c'est Emmanuel Macron.
Il a changé, vous l'avez noté, il y a deux, trois jours, il a dénoncé l'Europe ultralibérale.
Est-ce que vous lui reconnaissez d'amender sa position ? Non, je lui reconnais de tourner sur lui-même comme une toupie, au point que les Français en ont mal à la tête, car en réalité, il prononce des propos qui sont des propos électriques. Il n'y a pas d'exemple d'électoralisme, car il sait bien que les Français sont opposés à cet ultralibéralisme, mais il en est le symbole, il en est le symbole politique. Et tout ce qu'il fait, tout ce qu'il décide, vise en réalité à défendre une politique que j'appelle une politique nomade, contre une politique enracinée.
On va y revenir à la question de l'Europe et des Européennes. Quelques questions tout de même encore sur le carburant. Bruno Le Maire, hier, à ce micro, disait que le gouvernement, très certainement en attendant les arbitrages, travaillait sur le chèque énergie, la prime à la conversion. Ça va dans le bon sens ?
Mais est-ce que M. Le Maire peut prendre conscience que la moindre voiture hybride aujourd'hui coûte au bas mot 20 000 euros ? Est-ce qu'il croit qu'avec ses primes de 1 000, 1 500 ou même, imaginons, 2 000 euros, il va permettre à des dizaines de milliers de foyers français de changer leur voiture, c'est-à-dire de sortir les 18 000 euros ou les 19 000 euros nécessaires ? Ils n'en ont plus les moyens. Et vous savez pourquoi ? Parce que tout a augmenté. Parce que le gaz a augmenté. Parce que le fuel a augmenté. Parce que les mutuelles ont augmenté. Parce que les assurances ont augmenté.
Parce qu'ils n'ont pas revalorisé les allocations familiales et les retraites qui sont revalorisées de 0,3% alors que l'inflation est de 2,2%. Vous me direz, pour le demandeur d'asile, ça a été 1,6%. Donc on voit où sont les priorités, en l'occurrence, du gouvernement. Parce que... On continue avec le gel du point d'indice des fonctionnaires. Comment voulez-vous que les Français fassent face à cela ? Il y a, c'est vrai, un ras-le-bol fiscal total, mais ce n'est pas un ras-le-bol de mauvaise humeur. C'est une impossibilité, aujourd'hui, de faire face à leur charge. Marine Le Pen, vous avez... C'est pour ça qu'à mon avis, la mobilisation du 17 sera importante.
Vous avez déclaré que vos cadres, vos élus, seront dans la rue le 17, samedi prochain. Vous tractez, vous encouragez les gens à y aller. Mais vous, vous n'y allez pas. Pourquoi ? C'est incohérent.
Parce que je suis chef de parti. Et comme je l'ai fait au moment de la manif pour tous, j'ai expliqué que je crois que la place d'un chef de parti n'est pas au sein des manifestations. Moi, je suis celle qui organise... Laurent Wauquiez va y aller.
Laurent Wauquiez va y aller. Jean-Louis Mélenchon devrait y aller.
Vous savez qu'un certain nombre de personnes courent après ce qui est en train de se passer. Après avoir d'ailleurs eu, sur cette manifestation, des propos pour le moins prudents, ou même des réserves et des distances. C'est leur problème. Moi, j'assume ma position. Une fois, je respecte aussi le caractère apolitique de cette manifestation. C'est-à-dire que, par exemple, nous, nous tractons depuis déjà des semaines sur ce sujet des carburants. Nous tracterons toute la semaine, mais nous ne tracterons pas le 17. Parce que le 17, c'est une grande manifestation qui vise à réunir tous les Français qui sont en opposition avec cette politique, quels que soient leurs bords politiques.
Les syndicats n'en seront pas non plus parce que, j'en cite un, ces blocages, ils sont récupérés par l'extrême droite et peut-être un peu plus. Ça, c'est Laurent Berger de la CFDT. Que lui répondez-vous sur ce point ?
Je pense que les syndicats se sont totalement décrédibilisés dans cette affaire. La CGT avait sorti un communiqué proprement ahurissant où ils expliquaient, en quelque sorte, ce que nous disons d'ailleurs depuis longtemps, c'est que le rôle des syndicats, c'est de canaliser la colère. Mais surtout, c'est de la faire stopper au moment où ils ont passé un accord avec le gouvernement. Et les syndicats ne détestent rien de plus que lorsque le peuple défend, aussi, ses intérêts. Et bien, ceci démontre de quel côté de la rive ils sont.
Ça, c'est plus efficace que le travail des syndicats.
Non, mais de quel côté de la rive ils sont ? Ils sont du côté, en l'occurrence, des élites. Ils sont du côté du système, ces syndicats, qui sont main dans la main, il faut bien le dire, avec tous les gouvernements successifs depuis des décennies.
Marine Le Pen, est-ce que vous dites, comme Jean-Luc Mélenchon, qu'il faut que les européennes qui arrivent soient un référendum contre Emmanuel Macron ?
Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Je pense qu'il faut que ce soit un référendum contre l'Union européenne. Si vous voulez, moi, je ne me trompe pas de combat. Je ne suis pas en train de refaire une élection, et notamment l'élection présidentielle. Je pense qu'Emmanuel Macron, incontestablement, aujourd'hui, symbolise le choix d'une Europe fédérale, qui a fait beaucoup de mal, qui a imposé une austérité, qui se constitue comme un empire, qui avance contre les peuples, c'est même plus sans les peuples, aujourd'hui, c'est contre les peuples, et il en est. C'est le symbole.
Mais c'est contre l'Union européenne que nous luttons. Parce que le combat des Européennes, c'est un combat d'indépendance, si vous voulez. C'est le combat de l'indépendance des nations, et c'est le combat de la démocratie, c'est-à-dire du peuple contre ceux qui cherchent à imposer au peuple leur volonté.
Vous avez déclaré à Verdun la chose suivante, c'était le 10 novembre. « La liberté, c'est le droit de décider pour soi-même, c'est aussi le droit de rester soi-même. Nous voulons réconcilier la soif d'indépendance et le besoin de la liberté. Le besoin d'appartenance. » Et j'ai pas compris. Ça veut dire quoi, Marine Le Pen ? Ça m'étonne pas ! Vous sortez de l'Europe, vous allez m'expliquer. Vous sortez de l'Europe, vous y restez, vous faites un référendum, vous faites quoi ? Je comprends pas si cette phrase peut dire tout et son contraire.
Non mais cette phrase n'est pas un calendrier de ce que je compte faire. Cette phrase, c'est la philosophie que je défends. C'est-à-dire la France et les Français ont le droit de décider pour eux-mêmes et non pas à se voir soumettre à des décisions. Des décisions prises par des technocrates européistes non-élus, mais ils ont aussi le droit d'être eux-mêmes. Être eux-mêmes, ça veut dire défendre leur culture, leur mode de vie et s'opposer à une immigration massive qui aujourd'hui ressemble de plus en plus à une submersion migratoire et qui vise progressivement à leur imposer une manière de vivre qui n'est pas la leur.
Donc ça n'est pas un programme de gouvernement ou de réforme ?
Je vais pas vous dire ça à France Inter puisque vous avez longuement interrogé monsieur Davet et l'homme qui sont venus expliquer ce que nous disons depuis des années sous les injures et les critiques d'une partie de la classe politique et médiatique, à savoir la montée en puissance du fondamentalisme islamiste, notamment en Seine-Saint-Denis, mais ils se sont limités, eux, à la Seine-Saint-Denis, moi je viens vous dire que cette montée du fondamentalisme islamiste, elle existe dans des centaines de quartiers et de villes en France aujourd'hui.
Pardonnez-nous d'être bas de plafond et limité mais on va reposer la question sur votre position sur les européennes, Marine Le Pen, pendant la campagne présidentielle vous avez défendu une position qui était on sort de l'euro, on sort de l'Union européenne, aujourd'hui vous avez évolué, qu'est-ce que vous dites ? Est-ce que vous dites on reste dans l'euro mais il faut sortir de l'Union européenne ? Est-ce que vous dites on négocie à l'intérieur de l'Union européenne ? Qu'est-ce que vous dites précisément derrière les mots d'indépendance, de souveraineté ?
Je vais vous le dire et je l'ai dit cent fois, la situation a changé et je pense que la grandeur d'un parti politique c'est de s'adapter à la situation actuelle et pas à celle d'hier.
Nous n'avions pas d'autres choix, nous n'avions pas des alliés assez puissants au sein de l'Europe pour pouvoir faire changer l'Union européenne, donc soit on se soumettait à l'Union européenne et il n'en est pas question, compte tenu de tout ce qui est décidé et ce dont nous souffrons dans notre quotidien, soit on en sortait, mais la situation a profondément changé, la montée en puissance en Europe de l'ensemble des mouvements politiques qui pour certains arrivent au gouvernement et qui sont sur la même longueur d'onde que nous.
C'est-à-dire qui défendent l'indépendance de leur nation, qui veulent une Europe des nations et pas une Europe des technocrates, qui s'opposent à Bruxelles, qui s'opposent à l'immigration massive, qui s'opposent aux folles politiques d'austérité qui ont mené l'Union européenne dans une situation économique et sociale qui n'est pas enviable.
Il faut arrêter avec la Commission européenne, il faut la supprimer ?
Oui je pense qu'il faut en faire un simple secrétariat du Conseil, ce sont les nations qui doivent reprendre la main parce que derrière les nations ce sont les peuples qui reprennent la main. Si vous voulez, ce changement de poids politique nous permet aujourd'hui d'envisager effectivement de transformer l'Union européenne en une alliance européenne des nations qui est l'aspiration je le crois aujourd'hui des peuples en Europe.
Mais c'est ce qui existait avant comme la communauté européenne du charbon et de l'acier mais c'est-à-dire une forme d'organisation minimale d'État-nation, c'est ça ce que vous voulez ? On démonte le reste.
Une organisation minimale, c'est-à-dire une organisation où vous n'êtes pas obligé de vous voir imposer des décisions qui vont arriver. Je crois à la coopération entre les nations, je crois à l'amitié entre les nations. Mais est-ce qu'il y a un parlement européen ou vous le supprimez le parlement européen ? Non, on peut parfaitement avoir un parlement européen, c'est d'ailleurs lui qui peut avoir l'initiative puisque la commission ne l'aura plus. Mais encore une fois il y a les nations et il y a le parlement européen. Mais il n'y a pas ce nombre absolument inouï de technocrates qui n'ont de comptes à rendre à personne et qui imposent leurs décisions.
Mais est-ce qu'il y a des règles communes ? Par exemple sur le glyphosate, chacun a fait ce qu'il veut dans son pays ou est-ce qu'il y a des règles communes qui s'imposent
votées par le Conseil des Nations ? Il y a toute une série de domaines dans lesquels les nations peuvent et à mon avis doivent coopérer. Mais Airbus et Ariane, comment ça s'est fait ? Eh bien un projet a été mis sur la table et on a dit quelles sont les nations qui veulent y participer. Et un certain nombre de nations ont dit « nous, nous voulons y participer ». Personne n'a été forcé d'y participer et chacun en l'occurrence peut en sortir. Ça s'appelle la liberté. Et c'est ce que je plaide, je suis moi la candidate dans ces élections européennes de la liberté retrouvée des nations et donc des peuples qui les composent.
Allez, on file au standard de France Inter pour donner la parole aux auditeurs. Bonjour Claude. Oui, bonjour. Et bienvenue, on vous écoute.
Alors je voudrais poser deux questions à Marine Le Pen. Une première question concernant le prix de l'essence. En Italie, l'essence est plus chère qu'en France. Qu'est-ce qu'elle dit à ce sujet à Mario Salvini ?
Mais permettez-moi de vous dire que ça n'est pas mon problème.
Merci Claude pour la question.
Marine Le Pen. Claude, c'est le problème de Matteo Salvini. Moi, je suis un défenseur de la souveraineté des nations. Je veux qu'on se comprenne bien. Mon objectif n'est pas de remplacer un empire par un empire. Mon objectif n'est pas d'imposer mon modèle aux autres. Mon objectif, c'est de défendre la liberté de pouvoir choisir notre modèle, nous, en France. C'est ça ce qui nous différencie fondamentalement de l'Union européenne. Donc, Matteo Salvini. Il fait ses choix, il fait ses choix fiscaux et je crois qu'aujourd'hui, ses choix budgétaires vont à l'encontre des exigences de l'Union européenne.
Moi, ce que je dis, c'est que la taxe carbone était de 7 euros par tonne en 2014 et qu'elle sera de 65 euros par tonne en 2022. Voilà, c'est ça que je dis et que ce sera insupportable. Nous allons d'ailleurs proposer une loi, nous allons faire une proposition de loi au Rassemblement national. C'est-à-dire qu'on va demander à l'Union européenne pour demander la suppression de la TVA sur les taxes, car figurez-vous, peut-être beaucoup ne le savent pas, mais nous payons dans l'essence des TVA, non pas sur le produit carburant, mais sur le produit carburant plus les taxes. Donc, nous payons des taxes sur les taxes.
Eh bien, moi, je crois qu'il faut supprimer ce qui relève d'une véritable injustice fiscale et ceci permettra d'alléger évidemment le prix du carburant à la pompe.
Donc, le tweet de Donald Trump quand il tweet que la France est insultante avec la décision d'Emmanuel Macron de créer une armée européenne, vous comprenez son tweet à Donald Trump ?
Bien sûr, je le comprends, évidemment que je le comprends et ce que je n'ai pas compris, c'est ce bellicisme d'Emmanuel Macron. Enfin, écoutez, voilà un homme qui veut faire croire qu'il défend la paix et qu'il n'a eu de cesse depuis son arrivée à l'Élysée que d'aggraver les tensions avec un nombre de pays de plus en plus importants. Il insulte les homologues européens. Ça fait une politique étrangère, ça, de traiter les gens de fous, de lépreux et j'en passe et des meilleurs. Et aujourd'hui, il vient dire à des pays dont un qui est un allié, nous allons construire une armée européenne car nous considérons que la grande menace de demain, c'est vous, les États-Unis. Non, il n'a pas dit ça.
Non, non, non. Si, c'est cela. Mais évidemment que oui. Il a dit face à la montée de la Russie. Il n'a pas parlé des États-Unis. Non, non, non. Il a parlé des États-Unis et vous le savez. Il a parlé de la Chine. Non, il a parlé de l'OTAN. Il a parlé de la Russie. Il a parlé des États-Unis. Bon. Pourquoi, pourquoi, encore une fois, vouloir entrer en guerre, même si c'est une guerre diplomatique avec le monde entier ? Est-ce que vous croyez sincèrement que la Russie est le pire danger aujourd'hui ? Moi, je crois que le pire danger, c'est le fondamentalisme islamiste.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'avais demandé que l'OTAN change de nature et que l'OTAN, définitivement, devienne une structure pour lutter contre le fondamentalisme islamiste avec l'aide, évidemment, des nations qui le composent.
On retourne au standard. Bonjour, Zachary, et bienvenue à l'antenne d'Inter.
Bonjour. Bonjour, Madame Le Pen. On voit dans votre discours que, justement, l'idée de nation est assez segmentante aujourd'hui. Et, justement, avec la confrontation entre M. Trump et M. Macron ce week-end, Bolsonaro au Brésil et M. Salvini en Italie, est-ce que vous vous réjouissez, vous, de cette formation, un petit peu, de cette internationale nationaliste dans le monde ?
Merci, Zachary, pour cette question, donc, sur l'internationale nationaliste en train de se former. Selon notre auditeur.
Moi, je ne cherche pas à la création d'une internationale nationaliste. Moi, ce que je vois et ce que, manifestement, certains ne veulent pas voir, c'est que le monde est en train de tourner le dos à la mondialisation sauvage. Voilà, c'est clair. La mondialisation sauvage en est arrivée au bout. On a vu les ravages sur le plan du droit social, sur le plan du bonheur des populations, sur le plan des équilibres budgétaires, financiers qui en sont. Et sur le plan, aussi, des déséquilibres culturels et des grandes migrations qui en sont les conséquences. Donc, le monde est en train de tourner le dos.
La Chine, la Russie, les États-Unis et toute une série de pays en Europe sont en train de dire, maintenant, la mondialisation sauvage, stop. La meilleure protection, c'est la nation. Et nous souhaitons retrouver les attributs de souveraineté de nos nations respectives parce que de ces attributs de souveraineté dépendent les protections que la nation peut offrir à ces... Mais vous vous sentez proche ? C'est ça.
Mais vous vous sentez proche, à défaut d'une internationale qui serait structurée, est-ce que vous vous sentez proche de tous ces pays, de tous ces dirigeants-là ? Est-ce que vous avez une vraie proximité avec eux, intellectuels et politiques ?
Mais intellectuels et politiques, en tout cas pas économiques. Vous voyez, il y a, par exemple, des divergences très importantes, y compris, je vous signale, au sein même, encore une fois, de notre groupe au Parlement européen. Nous avons, avec l'Autriche, des divergences sur le plan économique. Mais est-ce que ce sont vraiment des divergences ? Non. C'est le simple respect de leurs droits. Leur droit à choisir leur économie, à défendre leur identité économique, à choisir leur modèle social. Et le droit de la France à faire de même. Donc, nous n'avons pas de confrontation. Je note seulement qu'encore une fois, nous assistons au grand retour des peuples et au grand retour des nations.
Et qu'à mon avis, c'est cela, en l'occurrence, aujourd'hui, le sens de l'histoire.
Encore une question au standard. Léo, bonjour.
Bonjour. Bonjour Madame Le Pen. Je voulais savoir ce que vous pensiez de... Ce que vous pensiez de l'hommage de Monsieur Macron la semaine dernière au maréchal Pétain. Et de si vous adhériez à la thèse du bouclier et de l'épée.
Merci Léo pour cette question. On me dit que vous avez 18 ans. L'hommage d'Emmanuel Macron au maréchal Pétain ? Point d'interrogation. Ça réfère à la polémique de la semaine dernière.
Je pense qu'Emmanuel Macron a été extrêmement maladroit. Car s'il y a bien un moment où il devait à tout prix préserver l'unité de la nation, c'est bien dans ce moment de commémoration de la première guerre mondiale. Commémoration sur laquelle il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire dans son organisation.
Permettez-moi, je reviens à votre question après, mais j'ai été extrêmement frappé et choqué, je dois le dire, de la manière dont le président serbe a été traité, mis en dehors de la tribune officielle, alors même que le président du Kosovo, qui n'existait pas en 2014, était derrière le président Macron, tout en rappelant que la Serbie a perdu le plus fort taux de pourcentage de sa population dans cette première guerre mondiale. Un quart de sa population est morte au cours de la première guerre mondiale.
Votre père, Jean-Marie Le Pen, pense qu'il fallait faire un hommage au maréchal Pétain.
Il ne vous a pas échappé que mon père et moi, avons sur ces sujets des divergences qui ont été exprimées. Donc je pense encore une fois qu'Emmanuel Macron a eu tort de créer les conditions d'une polémique et d'une division à ce moment-là de commémoration de notre histoire.
Une question sur la loi de 1905. Elle va être amendée, Nicole Belloubet nous l'a confirmé la semaine dernière, notamment pour mieux autofinancer les cultes et contrôler qu'on ne fait pas de politique dans les mosquées, dans les lieux de culte notamment. Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce qu'il faut amender la loi de 1905 ?
Non mais... enfin... Moi, je ne vais pas rentrer objectivement participer à la séance de communication du gouvernement visant à faire croire qu'il s'agit là d'empêcher les prêches radicaux, etc. C'est un véritable mensonge. D'ailleurs, on le voit bien. Combien de mosquées salafistes ont été fermées ? Il paraît qu'il y en a 100 ou 130. On en a fermé combien là ? Au début, ils nous disaient, oui mais là, vous comprenez, on vient d'arriver. Mais là, maintenant, ça fait un an et demi.
Donc on ne fait rien ? On laisse l'Islam de France financer ? On laisse l'Arabie Saoudite construire des mosquées, Marine Le Pen ? Non, non, pas du tout. Ou est-ce qu'on s'attaque au sujet ? Ceci n'a rien à voir avec la loi sur la laïcité.
Moi, je pense que la loi française doit interdire le financement étranger des mosquées. Voilà, c'est clair. Parce qu'aujourd'hui, la France est devenue le terrain de jeu des influences de toute une série de pays.
Donc réformer la loi de 1905 pour permettre l'autofinancement des cultes, ça n'est pas non plus une possibilité pour vous ? Non, on ne touche pas à la loi de 1905.
Pas de financement étranger, pas de financement national. On ne fait rien. Non seulement on n'y touche pas, mais on l'applique. Ce qui n'est pas le cas. Car aujourd'hui, il y a un certain nombre de collectivités qui financent par des biais détournés le culte musulman. Et ça n'est pas admissible. Et puis, je vous signale que dans cette proposition, il y a aussi la taxe halal. Ah non ? Oui. Non, non, ils ne l'ont pas reprise. Ils ne l'ont pas reprise. Bon, vous voyez comme quoi le pire n'est pas obligatoirement toujours sûr. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on va créer les conditions du développement, de l'influence, notamment, il faut bien le dire, de l'UE.
Qui a beau changer de nom, qui ne change pas de nature sur la vie culturelle française. Ce qui me permet d'exprimer les inquiétudes que j'exprime depuis encore une fois déjà bien longtemps.
Marine Le Pen, merci d'avoir été au micro de France Inter. Je rappelle que vous êtes présidente du Rassemblement National, ex-Front National. 8h46.
Marine Le Pen