Régis Lebrun, DG de Fleury Michon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Quelles sont les propositions du numéro 1 français de la charcuterie alors que les éleveurs de porc manifestent aujourd'hui ?
- 0:21OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez le désarroi des éleveurs de porc quand ils disent qu'ils ne vendent pas leur viande à un prix suffisant ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Pour résoudre ce problème des éleveurs de porc, quel type de contrat vous leur proposez ce matin ?
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C'est-à-dire un prix à combien ? Il est aujourd'hui à 1,40€ le kilo ?
- 2:01FerméeRéponse directe
Donc, vous voulez leur garantir les prix ?
- 2:23FerméeRéponse partielle
Lorsqu'on entend en coulisses que vous seriez prêt à mettre 10 centimes d'euro le prix au kilo pour le porc, on est dans cette marge de proposition ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48InvitéFait
« on voit bien qu'il y a un problème, qu'aujourd'hui, ils font beaucoup d'efforts et que malheureusement, les niveaux de prix ne sont pas au niveau où ils devraient être. »
- 1:45InvitéFait
« Le prix, dans l'absolu, il ne veut rien dire puisqu'il est fortement impacté par le cours des céréales, par le cours des carburants. »
- 2:42InvitéChiffre
« Dans la contractualisation, on va proposer une prime supplémentaire de 7,50 euros par carcasse à chaque éleveur. »
- 3:22InvitéFait
« Oui, il va payer plus cher, mais il est prêt à payer plus cher le consommateur. »
- 3:56InvitéFait
« Pas de traitement antibiotique après le sevrage. »
Temps de parole
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Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Régis Lebrun, le directeur général de Fleury-Michon. Oui, quelles sont les propositions du numéro 1 français de la charcuterie alors que les éleveurs de porc notamment manifestent aujourd'hui à Paris ? Bonjour Régis Lebrun.
Bonjour.
Et merci parce que c'est la première fois que vous vous exprimez sur la crise de cette filière porcine et c'est donc sur France Inter. D'abord, est-ce que vous comprenez le désarroi des éleveurs de porc quand ils disent qu'ils ne vendent pas leur viande à un prix suffisant ?
Bien sûr. Vous savez, Fleury-Michon est installé en Vendée. Moi, j'habite dans un petit pays qui s'appelle la Châtaignurée qui est en pleine région d'élevage bovin notamment et également en Porcin. Et donc, on voit leur vie au quotidien. On les côtoie dans notre relation et dans notre approvisionnement. Et on voit bien qu'il y a un problème, qu'aujourd'hui, ils font beaucoup d'efforts et que malheureusement, les niveaux de prix ne sont pas au niveau où ils devraient être.
Alors, pour résoudre ce problème des éleveurs de porc, quel type de contrat vous leur proposez ce matin ?
Alors, nous, en fait, on n'achète pas directement de porc puisqu'on est transformateur de charcuterie et on achète des pièces. C'est-à-dire qu'on est plutôt acheteur de jambon. On achète à des abattoirs qui, eux-mêmes, contractualisent. Et c'est là aussi un sujet important parce qu'entre nous et les éleveurs, il y a ces abattoirs. Et ces abattoirs ont un équilibre à trouver sur le prix. Donc, il y a une nécessité à ce que nous nous rapprochons des éleveurs et que nous allions vers la contractualisation. C'est-à-dire que nous puissions, quelque part, leur donner de la visibilité puisque nous, on connaît ce qui va se vendre. Et donc, d'aller vers un prix avec un peu plus d'anticipation.
C'est-à-dire un prix à combien ? Il est aujourd'hui à 1,40€ le kilo ?
Le prix, dans l'absolu, il ne veut rien dire puisqu'il est fortement impacté par le cours des céréales, par le cours des carburants. Donc, il faut un prix qui leur permette de vivre. Ce n'est pas normal que quelqu'un travaille sans revenu et ensuite leur permette d'investir.
Donc, vous voulez leur garantir les prix ?
Non, pas leur garantir les prix, mais mettre au point des mécanismes de prix qui tiennent contre des cours de matières premières et qui leur permettent également d'avoir un revenu supplémentaire lié à la qualité. Puisque nous, on défend une politique qui est sur l'amélioration des produits. Et donc, il faut que ce surplus de qualité soit rémunéré.
Mais lorsqu'on entend en coulisses que vous seriez prêt à mettre 10 centimes d'euro le prix au kilo pour le port, même si j'ai bien compris que vous n'achetiez pas directement, on est dans cette marge de proposition ?
Le hasard du calendrier fait qu'on lance une nouvelle gamme courant septembre. C'est quelque chose qu'on a entamé en termes de travaux depuis maintenant 3 ans. Dans la contractualisation, on va proposer une prime supplémentaire de 7,50 euros par carcasse à chaque éleveur. Donc, ils sont assurés d'avoir cette rémunération pour la qualité supérieure qu'ils vont nous proposer.
Cette contractualisation que vous proposez, ça va être en échange de quoi pour les éleveurs ? Qu'est-ce que vous leur demandez en échange ?
On va leur demander finalement de mettre en production des animaux selon les attentes des consommateurs. Parce que ça, c'est un des grands problèmes. Moi, ce qui me frappe dans cette affaire, c'est que le consommateur est complètement absent des débats.
Mais il va payer plus cher donc aussi à son tour ?
Oui, il va payer plus cher, mais il est prêt à payer plus cher le consommateur. Aujourd'hui, il y a des attentes qui sont fortes sur la santé. Le consommateur a compris qu'il y avait un lien très fort entre alimentation et santé. Et il veut qu'on améliore les produits. Il est intéressé par les conditions d'élevage, par l'alimentation.
Ça veut dire, parlons concrètement, des jambons bio ?
Non, ce sont des jambons issus de porcs. Sans OGM ? Sans antibiotiques ? Exactement. On aura une vision, une attention particulière au mode d'élevage, avec une alimentation sans OGM. Pas de traitement antibiotique après le sevrage. Donc des produits qui sont complètement en phase avec les attentes des consommateurs.
Pour l'instant, vous êtes le seul industriel à vous exprimer de cette manière. Vous ne vous sentez pas un peu seul ?
Non, vous savez, Fleury-Michon, on est dans notre 110e année. Donc ce qui nous caractérise, c'est qu'on a su, au fil du temps, toujours s'adapter à la situation. Je pense que la crise a été très violente au départ. On cherchait des coupables. Donc je pense que beaucoup ont préféré ne pas parler. Et aujourd'hui, on se rend compte que le problème, il est très complexe. Il ne suffit pas de stigmatiser quelqu'un pour résoudre le problème.
La réaction de la FNSEA à vos propositions ?
On n'a pas eu de réaction officielle. Mais vous savez, nous, on n'est pas dans les faits d'annonce. On travaille. Ce que je vous exprime aujourd'hui, c'est notre travail de tous les jours, depuis des années. C'est la continuité depuis les années 80, en fait.
Eh bien, merci. Régis Lebrun, directeur général de Fleury-Michon, qui s'est exprimé pour la première fois sur France Inter, sur cette crise porcine.