Le peuple face à Macron - Thomas Porcher : « Pourquoi il ne faut rien lâcher »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:20ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet.
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Alors selon le ministère de l'Intérieur, les manifestants étaient 1,1 million et selon la CGT, plus de 2 millions.
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Voyons maintenant la réponse du président de la République.
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Bon, c'est dans le projet qu'une partie des Français a voté, même si, après son élection en avril, Emmanuel Macron disait ça.
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Thomas, pour toi, est-ce qu'il ne faut rien lâcher là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« En fait c'est faux, c'est-à-dire que chaque fois qu'il y a une manifestation, il y a des gens qui prennent un jour de grève. »
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« Quand ils prennent un jour de grève, ils perdent sur leur fiche de paix à la fin du mois dans un contexte où tous les prix augmentent. »
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« Selon Harris Interactive Toluna, plus de 2 Français sur 3 soutiennent les mouvements de grève. »
- 1:46InvitéFait
« Nous rentrons maintenant dans le temps de la proposition du gouvernement. »
- 2:17InvitéFait
« Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Là, on a Emmanuel Macron qui n'est pas face à un enjeu de réélection et qui veut tenir pour rentrer dans l'histoire. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Là, j'ai réformé les retraites, le marché du travail, j'ai baissé le déficit et en plus, je vais avoir un beau taux de chômage en radiant tout le monde. »
- 6:46InvitéChiffre
« Les 40 plus grandes entreprises ont versé 80,7 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. »
- 7:37InvitéFait
« Ma retraite à taux plein sera entre 65 et 66 ans. »
- 8:59InvitéFait
« 80% des Français n'ont pas les moyens de se payer des séjours en réanimation s'ils leur arrêtent quelque chose. »
- 9:03InvitéChiffre
« 24 heures en réanimation, c'est plus de 2500 euros. »
- 11:41PrésentateurChiffre
« Les 1% les plus riches ont capté 63% des richesses produites, donc les 99% autres se sont partagés les 37% restants. »
- 12:35PrésentateurChiffre
« La fortune des 43 milliardaires français a augmenté de plus de 200 milliards d'euros, soit une hausse de 58%. »
- 12:42PrésentateurChiffre
« Les 95 plus grandes entreprises de l'énergie et l'agroalimentaire ont multiplié leurs profits par 2,5. »
Temps de parole
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On a l'impression que c'est un combat syndicat contre gouvernement. En fait c'est faux, c'est-à-dire que chaque fois qu'il y a une manifestation, il y a des gens qui prennent un jour de grève. Quand ils prennent un jour de grève, ils perdent sur leur fiche de paix à la fin du mois dans un contexte où tous les prix augmentent. Ils jouent sur la résignation. Alors ils ont été surpris là parce qu'ils pensaient qu'il n'allait pas avoir autant de gens. Ils l'avaient dit. Ils l'avaient dit, oui, il y aura une poignée de gens qui vont manifester, c'est toujours les mêmes, les syndicats, etc. Ils ont été surpris.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porchet. Je suis ravie de vous retrouver. L'Instant Porchet, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous avec Thomas Porchet chaque semaine pour décrypter l'actualité car les discours sont politiques et les comprendre est une véritable arme démocratique. Je vous le rappelle, le média ne dépend que de votre soutien, vos abonnements et vos dons. Rendez-vous sur onarrive.lemédiatv.fr pour nous soutenir. Ce projet de télélibre et indépendante ne peut se faire sans vous.
Au programme aujourd'hui, le retour de manif de Thomas Porchet et ce rapport Oxfam qui montre que les infimes plus riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. Entre 1 et 2 millions de personnes dans les rues françaises et pas que la métropole jeudi dernier pour la grosse journée de grèves et manifestations contre la réforme des retraites. Alors selon le ministère de l'Intérieur, les manifestants étaient 1,1 million et selon la CGT, plus de 2 millions. Les rues étaient noires de monde, évidemment on y était. Avec le média, j'y étais, tu y étais aussi Thomas. Selon Harris Interactive Toluna, plus de 2 Français sur 3 soutiennent les mouvements de grève.
Le nom des Français a l'air assez catégorique. Voyons maintenant la réponse du président de la République.
Il y a, comme vous le dites, dans une démocratie des règles et un bon fonctionnement. Il faut que les choses soient dites au moment où les choix démocratiques sont faits. Et à l'élection présidentielle qui s'est tenue, somme toute, il n'y a que quelques mois. Et aux élections législatives qui ne se sont tenues, y compris qu'il y a quelques mois, les choses ont été dites clairement. Elles ont ensuite été négociées dans un temps que nous avons laissé avec les forces syndicales et patronales. Nous rentrons maintenant dans le temps de la proposition du gouvernement.
Elle va donner lieu à un travail démocratique parlementaire qui permettra à toutes les forces politiques, à l'Assemblée et au Sénat, de s'exprimer, d'enrichir le projet et de pouvoir aller au terme d'une réforme qui est une réforme qui a donc été démocratiquement présentée, validée, qui est une réforme surtout juste et responsable.
Bon, c'est dans le projet qu'une partie des Français a voté, même si, après son élection en avril, Emmanuel Macron disait ça.
Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite. Et je veux ici les remercier et leur dire que j'ai conscience que ce vote m'oblise pour les années à venir. Je suis dépositaire de leur sens du devoir, de leur attachement à la République et du respect des différences qui se sont exprimées ces dernières semaines.
Le gouvernement campe sur ses positions. L'intersédicale annonce, elle, une nouvelle journée de mobilisation le 31 janvier. Thomas, pour toi, est-ce qu'il ne faut rien lâcher là ?
Il ne faut rien lâcher du tout. Alors ça va être très difficile parce que le contexte n'est pas le même que 95. 95, il n'y avait pas l'inflation, il n'y avait pas la chute du pouvoir d'achat comme on a vécu ces derniers mois avec la hausse des prix. Et il a fallu quand même un mois de mobilisation où il n'y avait pas du tout de transport en commun pour que le gouvernement lâche. Là, on a Emmanuel Macron qui n'est pas face à un enjeu de réélection et qui veut tenir pour rentrer dans l'histoire. On l'a déjà dit ici, le but pour lui, c'est d'arriver à la fin de son mandat et de dire à la Thatcher, j'ai réformé contre les miniers, c'est ce que disait Thatcher.
Là, j'ai réformé les retraites, le marché du travail, j'ai baissé le déficit et en plus, je vais avoir un beau taux de chômage en radiant tout le monde. Donc, j'ai été au bout de ce que j'ai fait. Donc, le combat va être dur. Et c'est pour ça qu'entre les deux manifestations, c'est bien qu'il y a un certain nombre de choses, moi, je trouve, qui s'organisent, comme ça me dit avec la LFI. Il faudrait que toutes les gauches se joignent à ça. Il ne faut plus faire de politique, là. Je veux dire, les deux tiers des Français sont opposés à cette réforme, qu'ils soient de gauche, de droite ou d'ailleurs. Donc là, le but, c'est de se concentrer, de frapper et d'arrêter Macron sur cette réforme-là.
Donc, c'est bien qu'il y ait des mouvements entre les deux dates qui soient organisés et que la grève continue. Il faut que ce soit vraiment un phénomène multiplicateur et pas un phénomène où il y a une espèce de grève perlée où on fait un jour, puis tout redevient normal, on pense à autre chose et on refait un autre jour. Il faut vraiment que le gouvernement entende qu'il y ait une colère.
Du coup, tu prévois comment les prochaines semaines ?
Je pense que ça va être très douloureux parce qu'en fait, ce n'est pas un combat à égalité. Là, on a l'impression que c'est un combat syndicat contre le gouvernement. En fait, c'est faux. C'est-à-dire que chaque fois qu'il y a une manifestation, il y a des gens qui prennent un jour de grève. Quand ils prennent un jour de grève, ils perdent sur leur fiche de paix à la fin du mois dans un contexte où tous les prix augmentent, où la majorité des salariés sont déjà pris à la gorge. Alors que le gouvernement, lui, quand il joue la montre, il ne paie rien. Il ne paie rien. Quand vous faites un plateau télé, c'est leur métier même. Donc, ils ne perdent rien.
Donc, qu'est-ce que va faire Macron et le gouvernement ? Il va essayer de jouer sur le temps comme ça. Ils jouent sur la résignation. Alors, ils ont été surpris là parce qu'ils pensaient qu'ils n'allaient pas avoir autant de gens. Ils l'avaient dit. Ils l'avaient dit, oui, il y aura une poignée de gens qui vont manifester. C'est toujours les mêmes, les syndicats, etc. Ils ont été surpris. Mais là, ils savent très bien que sur le temps, il y a une partie des gens qui soutiennent les manifestations, mais qui ne pourront pas se déplacer. Ils vont se dire, regardez, ça s'estompe. C'est qu'une poignée de gens un petit peu radicaux, la CGT, qui veulent aller au combat.
Et les autres, en fait, ils sont repris de travail tranquillement. Ce sont des bons Français, etc. Donc, lui, il va jouer la montre. Et là, ça va être un contexte très difficile parce qu'en fait, personne n'a de temps. Parce que le temps, c'est perdre de l'argent dans un contexte extrêmement difficile qu'il n'y avait pas en 1995. Donc, c'est pour ça qu'il faut concentrer l'effort sur le début. Il faut vraiment que les luttes s'agrègent. Et même, je trouve ça bien, moi, que les syndicats soient d'accord.
Et si on peut agréger d'autres revendications, à côté de ça, les artisans, la jeunesse, etc., ça fait un petit peu, comment vous dire, une espèce d'agrégation de lutte qui est un peu moins délimitée que Macron crée un peu plus. Parce que là, il ne sait plus qui sont les interlocuteurs. Il y a les syndicats, c'est très simple, on peut leur parler. Puis après, il y a des gens, on ne sait plus vraiment qui sont les interlocuteurs. On a un petit peu peur de cette colère-là. Et donc, il faut vraiment là qu'il faut y aller. Il ne faut pas se dire que c'est une journée et puis une autre journée dans deux, trois semaines. Là, il faut y aller.
Il faut que ce soit quasiment tous les jours qu'on ait l'impression que tous les jours, il y a ce combat sur les retraites pour ne pas qu'ils lâchent. Parce qu'eux, ils vont jouer le temps pour que, justement, passaient leurs lois et que les gens se découragent.
Il faut qu'on mette un coup d'arrêt à ce gouvernement en stop. Cette réforme, c'est une énième attaque de plus qui a un but simple. Baisser les pensions. Voilà. Prendre des économies sur notre dos. Oui, on va travailler plus longtemps, mais surtout, les gens, ils vont devoir partir en retraite en super avant ou vont perdre leur emploi avant et donc vont devoir partir avec des retraites de misère. Il faut qu'ils comprennent, c'est ça qu'ils veulent faire. Alors que le CAC 40, les 40 plus grandes entreprises, ont versé 80,7 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. La planète ne va pas bien. Le monde ne va pas bien. Mais eux, ils se mettent plein les poches.
Et nous, on devrait accepter une énième réforme. Il faut une grève générale contre ce gouvernement. Il faut un plan de bataille de grève au conductible. Que les secteurs convergent, les agents interpros, comme en 2019. Mais plus fort. C'est ça qu'on doit construire. Et la jeunesse a toute sa place là-dedans. Mais c'est surtout plus grave que ça. Si on laisse passer cette réforme, c'est quoi celle d'après ? C'est quoi la mesure d'après ? Il va s'attaquer à quoi ? Les frais d'inscription ? Les PAC ? Les privatisés ? Tout le service public ? C'est une question politique. C'est une question de classe.
Si aujourd'hui, on leur met un coup d'arrêt, c'est la possibilité pour nous de changer cette logique. Je suis infirmier aux urgences. Ça fait 11 ans que je travaille de nuit aux urgences. Et ma retraite à taux plein sera entre 65 et 66 ans. Autrement dit, je ne serai pas en vie si je continue aux urgences pour faire ça, très clairement. À l'heure actuelle, à l'hôpital public, c'est de la maltraitance. C'est de la maltraitance à tous les niveaux. Les professionnels sont maltraités. Les patients finissent par devenir maltraités aussi. Aujourd'hui, vous disiez tout à l'heure l'intérêt de la grève.
Si on avait les capacités, et je remercie les camarades de la CGT et de la SNCF, si on avait les capacités de bloquer nos hôpitaux, aujourd'hui, les gens ne mourraient pas dans les brancards. Aujourd'hui, pour défendre ça, on est obligé de tous se mettre en arrêt maladie pour dire stop. Parce que ça devient intolérable ce qui est en train de se passer. Et le problème, ce n'est pas l'hôpital, c'est le gouvernement qui ne nous écoute pas. Ça fait 4 ans avec le collectif Interurgence qu'on demande les mêmes choses. Plus de personnel, plus de salaire, plus de lits. À aucun moment, le gouvernement n'a ouvert des lits. On était un an avant la pandémie.
Ils sont totalement responsables de ce qui s'est passé pendant cette pandémie. On a eu une chance extraordinaire, un mouvement médical un an avant une pandémie qui est historique en France. Ça fait depuis des années 80 qu'on n'avait pas vu ça. Leur réponse a été tellement insuffisante qu'on a été dans la même panade que tous les autres pays européens qui, eux, n'avaient pas eu de mouvement pour la santé. C'est vous dire s'ils n'ont pas du tout répondu à la question qu'on leur avait posée. Donc aujourd'hui, je n'attends plus rien de ce gouvernement.
La réforme de la retraite, c'est une continuité de ce qui a été fait depuis le début qui vise à détruire à peu près tous les fondements qu'on a réussi à avoir avec la Sécurité sociale ou parlier du Conseil de la Résistance. Mais le but du jeu à l'heure actuelle, c'est de détruire ce Conseil de la Résistance, de faire en sorte que tout soit capitalisé et que tout soit privé. Alors je vous le dis tout de suite, si vous voulez une santé privée, il n'y a pas de souci. 80% des Français n'ont pas les moyens de se payer des séjours en réanimation s'ils leur arrêtent quelque chose. Je vous le dis tout de suite, 24 heures en réanimation, c'est plus de 2500 euros. D'accord ?
Donc vous calculez très vite, 2500 euros, ce n'est même pas le salaire moyen en France. Donc oui, il faut protéger ce système-là et tant que le gouvernement rentrera dans une confrontation entre nous, le capital, et qu'il essaiera de privatiser à tout prix tout ce qu'il voit entre lui, c'est-à-dire la retraite, l'hôpital, l'école.
Entre les jeunes qui se mobilisent fortement ou encore les soignants qui poussent des cris d'alarme, est-ce que le malaise, le mal-être ne sont pas bien plus profonds que seulement la réforme des retraites qui serait comme un coup de grâce en fait ?
Déjà, moi j'ai entendu beaucoup de critiques sur les jeunes, notamment en leur disant mais ils vont manifester, ils n'ont pas eu le bac, ils ne comprennent rien à cette réforme des retraites. Mais je crois qu'on n'a pas besoin de comprendre tout. Il y a même des gens du gouvernement, je pense qu'ils ne comprennent pas trop cette réforme des retraites parce qu'il y a beaucoup de points obscurs. Je pense que si demain on prenait un député en marche comme ça au hasard, on lui demandait de nous l'expliquer, je pense que même lui il ne serait pas très à l'aise. Donc la réalité des faits c'est que cette réforme elle a pour but de faire des économies.
On l'a dit plein de fois et même Bruno Le Maire a dit tous les amendements sont possibles à condition qu'on respecte cette économie de 10 milliards qui est une économie qui vient vraiment compenser les baisses de fiscalité notamment d'impôts de production qui ont été faits sur les entreprises. Mais ce que je veux dire c'est qu'on n'a pas besoin d'être un spécialiste de la retraite ou d'être un spécialiste de l'économie pour comprendre que là il y a quelque chose qui se passe qui n'est pas bien.
Les gens aujourd'hui ont des yeux, ont des oreilles, ils voient très bien les bénéfices records du 440, ils voient très bien les inégalités, il n'y a pas besoin de faire des études randomisées sur 20 ans pour se rendre compte qu'il y a des inégalités. Vous sortez dans la rue vous les voyez tout de suite, vous les percevez tout de suite.
Vous regardez le prix de l'immobilier, vous voyez des gens qui arrivent à acheter des appartements quand d'autres n'arrivent même pas à en louer parce qu'ils n'ont pas trois fois plus et toutes les garanties donc les inégalités elles sont criantes aujourd'hui et là on se rend compte qu'il y a eu des cadeaux fiscaux qui ont été faits très fortement, il y a eu des gens qui se sont enrichis très fortement, on va le voir avec le rapport d'Oxfam et puis de l'autre côté il y a des économies qui sont toujours demandées au même et avant cette réforme-là il y a eu la réforme de l'assurance chômage on a demandé des économies aux chômeurs maintenant on demande des économies aux vieux et demain ça va être quoi ?
On a demandé avant des économies à la santé à l'hôpital avant le Covid puis après c'est quoi ?
Les dernières aides sociales au handicap etc donc il y a une forme d'injustice et je vais dire qui est perceptible maintenant qui est dans l'air qui est même plus cachée et les gens le ressentent donc il y a une forme de colère et Macron a peur de ça et il a passé cette réforme maintenant parce qu'il a fait encore une fois ce pari de la résignation les gens n'iront pas parce qu'ils ne veulent pas perdre du temps de travail parce que c'est l'inflation donc c'est le bon moment de la passer en réalité il se rend compte et c'est là qu'il est surpris que les gens ont quand même pour le moment il faut que ça continue la colère qui dépasse la résignation
Je ne comprends pas pourquoi on prend sur nos retraites sur nos santé quand on sait que de l'argent il y en a voilà la phrase que j'ai le plus entendue lors de la manifestation contre la forme des retraites jeudi dernier et cette dernière actualité ne fait que l'illustrer les 1% les plus riches ont capté 63% des richesses produites donc les 99% autres se sont partagés les 37% restants on a appris ça lundi dernier dans le dernier rapport Oxfam la loi du plus riche mais attention soyons précis car quelques raccourcis peuvent être fait on ne parle pas de qui détient la richesse on parle de qui capte la nouvelle richesse produite depuis 2020 donc en gros le surcroît de richesse produite par rapport à l'année d'avant pendant les crises Covid d'inflation de guerre les infimes plus riches s'en sont très bien sortis et les crises leur ont même été profitables les milliardaires ont enregistré des profits records pendant la pandémie Oxfam écrit l'afflux d'argent public injecté dans l'économie par les pays riches qui était nécessaire pour soutenir leurs citoyens citoyennes a également alimenté la hausse des prix des actifs et avec elle la fortune des milliardaires en l'absence de fortune ont donc amassé des richesses sans précédent prenons nos milliardaires français les 10 premiers sont plus riches qu'avant épidémie qu'avant crise depuis 2020 la fortune des 43 milliardaires français a augmenté de plus de 200 milliards d'euros soit une hausse de 58% les 95 plus grandes entreprises de l'énergie et l'agroalimentaire ont multiplié leurs profits par 2,5 plus de 300 milliards d'euros et 84% des profits supplémentaires ont été reversés aux actionnaires alimentant la fortune des milliardaires de ces secteurs ces profits tombés du ciel ou plutôt de la plèbe de la guerre ne sont pas sans conséquence l'énergie a connu une augmentation de 28% de nombreux aliments de première nécessité de 12% en France plus de la moitié de l'augmentation du prix de l'énergie serait due aux marges exceptionnelles de ces quelques entreprises et près de 40% du prix pour les transports avec les répercussions sur l'essence le gaz mais aussi l'alimentation qu'on connaît rapporte Oxfam de l'autre côté la pauvreté gagne du terrain pour la première fois en 25 ans montre Oxfam la lutte contre la pauvreté dans le monde a connu son plus grand recul depuis la seconde guerre mondiale écrive-t-il et d'après le FMI un tiers de l'économie mondiale sera en récession en 2023 pour la première fois le PNUD programme des Nations Unies pour le développement a constaté que le développement humain est en recul dans 9 pays sur 10 Thomas pourquoi les inégalités ont-elles autant augmenté ?
Déjà elles augmentent depuis une trentaine d'années en fait il y a eu un changement dans le fonctionnement des entreprises et des grandes entreprises qui a fait qu'on est passé alors de ce qu'on appelait un capitalisme managérial où il y avait le chef qui avait un salaire où les actionnaires à l'époque récupéraient 35-45% des profits et où on voulait en fait comme il y avait un ennemi qui était l'URSS on voulait faire une forme de capitalisme de la séduction c'est-à-dire qu'il fallait que tout le monde ait son gain les ouvriers dans l'image de l'américain l'ouvrier avait sa maison sa voiture ses enfants pouvaient aller à l'université le patron gagnait mieux et l'actionnaire se portait bien mais il n'y avait pas des déséquilibres complètement fous comme on le trouve aujourd'hui qu'est-ce qui s'est passé dans les années 80 ?
Toute la logique de l'entreprise a été chamboulée on est passé dans la logique actionnariale c'est-à-dire que le patron d'une entreprise aujourd'hui a un salaire en fonction de ce qu'il donne aux actionnaires donc toute l'entreprise s'est mise au service des actionnaires et dans les profits que génère une entreprise ou les bénéfices un actionnaire récupère aujourd'hui 60% à 80% parfois le reste ça va aux salariés et à l'investissement donc tout est concentré en fait sur l'actionnaire ce qui veut dire que les salaires des grands patrons se sont envolés dans les années 60-70 vous aviez un différentiel de 40 entre un salaire moyen et un patron dans une entreprise aujourd'hui il est de 200 à 300 vous voyez donc les salaires des grands patrons se sont envolés et les salaires des détenteurs d'action se sont également envolés et ça s'est envolé par cette logique-là et par la mondialisation qui a fait qu'on pouvait constamment compresser les coûts au début les usines étaient en France donc ça dégage un certain profit vous compressez les coûts vous mettez les usines en Roumanie ou en Asie vous avez des coûts encore plus faibles plus de profits plus de profits plus grosse part qui va aux actionnaires et les actionnaires s'enrichissent alors même qu'ils ne connaissent rien à l'entreprise donc il y a eu en fait tout un tas de règles qui ont été mises en place qui ont servi les plus riches avec cette idée en fait que plus il y a des riches plus ça ruissellera et la société ira mieux or on se rend compte aujourd'hui et là on le voit bien dans ce dernier rapport c'est qu'il n'y a pas de ruissellement c'est-à-dire qu'il y a la pauvreté qui augmente en même temps que la richesse augmente donc c'est l'inverse du ruissellement donc il y a eu vraiment tout un tas de choses qui ont été mises en place d'idées même d'idéologies d'idées très très très présentes dans l'esprit des dirigeants comme quoi il fallait avantager les plus riches même si les conséquences sont mauvaises et on se souvient de Macron il faut toujours le rappeler ne jamais l'oublier Macron il a quand même offert 4 milliards de baisse de fiscalité aux 1% les plus riches qui détiennent déjà 25% du patrimoine français c'est-à-dire ce qu'il y a dans les comptes en banque et ça c'est impressionnant et ce qu'il y a en immobilier et là il leur a donné 4 milliards de baisse de fiscalité avec cette idée qu'ils allaient investir et nous savons aujourd'hui qu'ils n'ont pas investi il y a 3 ou 4 rapports de France Stratégie qui le disent donc on voit bien que l'idée reste dans la tête qu'il ne faut surtout pas taxer les plus riches parce qu'ils sont créateurs de richesses d'emplois que ça va ruisseler mais les faits montrent que c'est faux
la hausse des inégalités c'est un constat partagé tu l'as dit juste avant pourquoi le gouvernement ne veut pas taxer les plus riches avec tout ce qu'on a entendu là sur les super profits ou encore ce que tu viens de dire sur l'ISG
il y a même des riches qu'on demandait à Davos il y a une tribune signée par 200 millionnaires et milliardaires qui ont demandé à être taxés parce qu'ils se rendent compte que la situation va mal Warren Buffett disait que lui il avait une taxation plus faible Warren Buffett un milliardaire à un moment qui était première fortune mondiale disait qu'il avait les professions libérales les auto-entrepreneurs le chauffeur de Uber a une pression fiscale plus forte qu'une société du 440 le chauffeur de Uber a une pression fiscale plus forte que la plateforme qu'il emploie Uber donc il y a une vraie injustice fiscale aujourd'hui qui mine le consentement à l'impôt il y a plein de gens qui ne veulent plus payer d'impôt parce qu'ils disent pourquoi moi je devrais payer alors que lui qui est plus riche ne paye pas donc on revient un peu dans un système du Moyen-Âge où les très riches ne payent pas d'impôt et les plus pauvres payent des impôts pour que la société puisse fonctionner et donc il y a un vrai problème il faut que les riches contribuent il faut que ce soit un impôt qui soit progressif je veux dire un riche qui va perdre quelques millions un riche qui a une fortune de 20, 30, 40, 50, 60, 70 millions qu'il ait une fortune de 70 ou 71 à la fin de l'année plutôt que 75 ça ne change rien à sa vie par contre si on taxe ce supplément et qu'on l'injecte dans des services publics là ça profite à tous il ne faut jamais oublier que le patrimoine du pauvre c'est le service public et que le service public il faut le financer le pauvre le finance suffisamment la pression fiscale d'en haut n'est pas assez élevée il faut l'augmenter
Oxfam met en avant la fiscalité est-ce que ce ne serait pas la clé de voûte on peut regarder par exemple ce graphique on peut voir sur qui pèse la fiscalité dans le monde ou encore ces éléments que l'ONG nous apprend entre 2014 et 2018 Elon Musk l'un des hommes les plus riches au monde a bénéficié d'un taux d'imposition réel dépassant à peine 3% Albert Christine qui vend du riz de la farine et du soja sur un marché du nord de l'Ouganda décage 80 dollars de bénéfices par mois elle est imposée elle à 40% c'est bien ce genre de différence qui est pointée ici tu as commencé à en parler qu'est-ce que tu en penses de ça ?
Surtout qu'il ne faut jamais oublier qu'Elon Musk dans beaucoup de ses investissements il a été soutenu par l'Etat Elon Musk a reçu beaucoup de subventions pour ses entreprises SpaceX Tesla il a reçu énormément de subventions de l'Etat et d'aides de l'Etat donc sa fortune est conditionnée en amont à des subventions de l'Etat et à des aides de l'Etat et donc il ne faut jamais oublier ça c'est qu'à un moment quand vous êtes partie prenante d'une réussite il faut aussi que la réussite redistribue ça peut être le gars des grands acteurs ou des grands chanteurs français un chanteur français a bénéficié souvent d'aides de salles publiques mises à sa disposition parfois il y a de la publicité sur des télés publiques et après il doit aussi payer des impôts ça fait partie du jeu c'est les français qui achètent ses disques grâce parfois même à des prestations sociales et ainsi de suite donc il doit payer donc ça c'est important d'avoir ça en tête c'est-à-dire qu'une réussite n'est jamais individuelle parce qu'on a mis ça dans la tête des gens une réussite est individuelle donc à partir du moment où c'est individuel c'est lui c'est son mérite pourquoi on veut le voler en le taxant c'est ça la base de la réflexion alors qu'en réalité une réussite n'est jamais individuelle et donc il faut que la collectivité récupère une partie qui ne va pas appauvrir complètement la personne mais une partie de sa richesse après comment faire alors il y a beaucoup de gens qui vont vous dire pour qu'il y ait plus d'égalité il faut qu'il y ait moins de pauvres donc il faut qu'il y ait de la formation etc.
d'accord mais à un moment quand la distribution est inégalitaire l'économie c'est tu crées une valeur c'est la première chose tu crées une valeur la plus grosse possible et cette valeur tu la redistribues valeur et répartition c'est les deux bases de l'économie une fois que tu as créé cette valeur comment tu fais pour la répartir équitablement si tu as 1% de cette valeur c'est une grosse partie de la valeur captée par 1% je ne vois pas autre chose moi que l'impôt je ne vois pas autre chose que l'impôt pour rééquilibrer l'impôt tu prélèves à celui qui a beaucoup gagné et tu redonnes sous forme de prestations ou de services publics à celui qui a moins tu investis dans l'éducation pour qu'il augmente l'hôpital tu lui permets d'avoir une fin de vie la fin de vie de carrière jusqu'au cimetière dans des bonnes conditions avec les retraites et ainsi de suite donc la fiscalité est une des meilleures armes et normalement c'est au gouvernement à l'état d'imposer ça c'est pas aux milliardaires de choisir à qui ils veulent donner de l'argent à Notre-Dame quand ça brûle et ailleurs et c'est pas aux milliardaires de dire nous on veut être taxés c'est à l'état normalement de le fixer mais nos états font l'inverse depuis des années c'est la concurrence fiscale et le nivellement vers le bas en Europe qui se passe
sachez chez vous que cela fait déjà 4 mois que nous tenons le défi d'être diffusé en 24-7 sur Youtube et Dailymotion nous avons coutume de dire ils ont des milliards pour le coup mais nous sommes des millions qui dit information indépendante dit besoin de vous le média votre média ne dépend que de votre soutien vos abonnements et vos dons pour être pérenne et de venir dans la durée pour faire vivre toute l'équipe que vous ne voyez pas et qui travaille d'ARHP pour vous offrir de l'info indépendante nous avons absolument besoin de vos abonnements à partir de 5 euros par mois ou encore de dons réguliers pour ceux qui le peuvent rendez-vous sur onarrive.lemédiatv.fr pour nous soutenir ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous chaque geste compte alors vos j'aime partage et pub autour de vous c'est également indispensable nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et vos postes à l'heure sous la vidéo spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine